00:00Un point fr, Europe 1 Soir, 18h, 20h, Hélène Roué.
00:05Vous écoutez Europe 1, il est 18h16, bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez.
00:09J'accueille mes débatteurs du soir, Gilles Boutin, journaliste en politique économique au Figaro.
00:13Bonsoir Gilles.
00:14Bonsoir Hélène.
00:14Ainsi que Michel Fayad, analyste politique et géopolitique.
00:18Bonsoir Michel.
00:18Bonsoir Hélène.
00:19Nous accueillons avec nous Jérémy Patry, l'étuse, député horizon du Calvado,
00:23c'est vice-président de la commission des affaires culturelles et de l'éducation à l'Assemblée nationale.
00:28Bonsoir.
00:29Bonsoir.
00:30Alors pompiers, policiers, enseignants, proviseurs, journalistes, tous les médias, BFM, M6, Frontières,
00:37les lycéens et les casseurs s'en prennent à tout le monde, parfois avec une grande violence.
00:41Rappelons-le, demain entre 400 et 500 établissements seront fermés.
00:45Gilles, question, est-ce que vous êtes inquiet, notamment en vue de la mobilisation mardi
00:50qui s'annonce encore plus massive que celle de demain ?
00:53Inquiet aussi sur ce que ces mobilisations disent du pays et aussi notre vie politique.
00:58Quand on voit l'instrumentalisation qui est faite par certains responsables politiques,
01:02comme elle est fille, peut-être qu'on en reparlera.
01:04Elle dit aujourd'hui un état d'instrumentalisation aussi de la colère étudiante,
01:09d'une partie de la jeunesse qui préfère dégrader, saccager nos biens publics.
01:14Je crois que le ministre de l'Education nationale disait tout à l'heure qu'une trentaine de lycées
01:18ont été soit saccagés, soit détruits, soit...
01:20Des collèges aussi.
01:21Et des collèges d'établissements scolaires.
01:24Et donc effectivement, un quai de cette dégradation, de ces saccages, de ces pillages,
01:29de ces scènes de violence que l'on voit en plein Paris et partout en France.
01:34Est-ce que vous avez le sentiment que cette jeunesse est rattrapable ?
01:38C'est vrai, quand on en interroge quelques-uns,
01:40on a quand même le sentiment que ça a vraiment gangréné, en tout cas, nos lycées.
01:43Et puis surtout, le lancinant sujet de l'ultra-violence des mineurs qui revient en permanence.
01:48Mais est-ce que ces jeunes-là, qui parfois ont 13, 14, 15 ans, est-ce que c'est rattrapable
01:52?
01:52Mais c'est il y a plusieurs années qu'on dit qu'il y a une jeunesse, une partie de
01:54la jeunesse.
01:55C'est une minorité violente.
01:57Heureusement que ça ne concerne pas l'ensemble de la jeunesse de notre pays.
01:59Nous avons tous des enfants, des familles.
02:02Et heureusement que ce n'est pas l'ensemble de la jeunesse du pays.
02:05Mais on le dit depuis quelques années maintenant,
02:06il y a des jeunes, de plus en plus jeunes et de plus en plus violents.
02:10Moi, je me souviens de cette bande de jeunes qui avaient violé une jeune fille juive de 12 ans,
02:14il y a quelques années, en banlieue parisienne.
02:17Et donc, effectivement, il faut traiter cette délinquance des mineurs avec des mineurs,
02:21je le redis, de plus en plus jeunes et de plus en plus violents.
02:24Maintenant, ça ne concerne pas toute la jeunesse du pays.
02:26Il y a heureusement une jeunesse qui ne s'accage pas, qui ne pille pas,
02:30qui est une jeunesse qui s'inquiète.
02:31Quand vous avez grandi avec des attentats terroristes,
02:34quand vous avez grandi avec la crise du Covid,
02:36vous avez effectivement des jeunes aujourd'hui qui s'interrogent,
02:39qui s'inquiètent de leur avenir, ces jeunes-là.
02:40Et ce n'est pas ceux qui pillent, ce n'est pas ceux qui dégradent,
02:42ce n'est pas ceux qui saccagent.
02:44Et ils appellent aussi à des réponses.
02:46Et leurs revendications, elles doivent être entendues.
02:49Mais je vous le dis très clairement,
02:52aussi légitimes soient les revendications
02:53que les jeunes ont à formuler au pays et aux responsables politiques que nous sommes,
02:56rien ne justifie de saccager,
02:59de détruire et de piller des établissements publics et des biens publics.
03:02Vous diriez aujourd'hui qu'il y a deux jeunesses de France
03:05qui même parfois se font face ?
03:06On entend cette petite musique depuis quelques jours ?
03:09Il y a même trois jeunesses.
03:10On le voit, il y a une jeunesse qui va bien,
03:13qui ne demande qu'à aller en cours, à étudier,
03:16qui sait ce qu'elle va faire dans la vie.
03:17Et puis il y a une jeunesse silencieuse, sans doute,
03:19qui ne manifeste pas, mais qui est préoccupée.
03:22On sait que l'état de santé mentale de certains jeunes est très préoccupant.
03:26Moi, j'ai visité il y a quelque temps la maison de Solène à Paris,
03:28qui accueille des étudiants et des jeunes,
03:30d'ailleurs en conditions psychiques et psychologiques fragiles.
03:33Et donc il y a aussi une jeunesse qui s'inquiète,
03:35qui se préoccupe, qui a une santé mentale difficile.
03:38Et puis il y a des jeunes qui ont décidé d'en découdre,
03:40qui ont décidé de piller, de saccager,
03:42de détruire des biens publics.
03:43Une jeunesse violente et qui est aujourd'hui radicalisée,
03:47instrumentalisée par certains élus cadres de la France insoumise.
03:51Jérémy Patrie-Létieu, je voulais également évoquer avec vous
03:53le principe de la loi casseur-payeur.
03:56Alors le gouvernement veut remettre au goût du jour la loi.
03:58Elle devrait être examinée au Sénat en octobre, donc ce mois-ci.
04:02Éric Ciotti, lui, propose carrément de supprimer les aides.
04:05Il va un peu plus loin.
04:06Et Édouard Philippe sur X a dit
04:08« Je propose que le maire puisse mettre une amende
04:10aux parents des mineurs perturbateurs sur le modèle britannique. »
04:14Est-ce que c'est suffisant de mettre une amende ?
04:16En tout cas, c'est essentiel qu'elles existent, ces amendes.
04:18On va essayer, on verra si ça produit des essais.
04:21Moi, je suis persuadé que tant qu'on n'ira pas chercher les parents de ces élèves mineurs,
04:26enfin les Français, comme nous ici, sont scandalisés de voir des jeunes de 12 ans, de 13 ans.
04:31Moi, je l'ai vu à Lisieux, la ville que je représente à l'Assemblée nationale,
04:35lors des manifestations, de voir des jeunes dans la rue à 12 ans, voire même à 11 ans, à 23
04:39heures, à minuit.
04:40Et je pense que les parents, et les Français nous le disent, doivent aussi prendre leurs responsabilités.
04:44Et donc, effectivement, l'amende que propose Édouard Philippe est essentielle pour que les maires,
04:50et c'est important que les maires puissent le faire, parce que les maires, ils connaissent leur population.
04:53Ils savent, ces jeunes qui, effectivement, j'allais dire, manifestent une fois, font un écart une fois,
04:57et puis ces jeunes que l'on retrouve, manifestation après manifestation, qui pillent, qui saccagent, qui détruisent,
05:02jour après jour, semaine après semaine.
05:04Et c'est important aussi de donner aux maires ces pouvoirs de police,
05:07et de pouvoir, effectivement, mettre une amende aux parents de ces élèves violents, perturbateurs, casseurs.
05:12Je pense que c'est, effectivement, une bonne mesure.
05:14Michel Fayad.
05:16Oui, moi, je voudrais, en fait, aussi penser au fait qu'il n'y a pas que des jeunes qui
05:22sont manipulés par LFI,
05:24puisque dans le mouvement, on a vu qu'il y avait des membres, également, des étudiants musulmans de France,
05:28c'est-à-dire la branche jeune de musulmans de France, qui est l'ex-OUF, c'est-à-dire
05:33la branche française des frères musulmans.
05:36Donc, il n'y a pas qu'un côté juste partisan politique, une bataille avec LFI.
05:40Il y a quelque chose qui va même au-delà.
05:42Il n'y a pas qu'une bataille contre la gauche, si vous voulez.
05:45Il y a quand même une influence désormais islamiste sur le terrain.
05:48Il y a eu un article de Nora Bussini dans Le Point, cette semaine,
05:52mais moi, j'en ai également parlé avec les renseignements français,
05:54qui sont très préoccupés du fait qu'il y ait non seulement les gauchistes, entre guillemets,
05:59mais également les islamistes.
06:02Une influence, Nora Bussini parle d'une certaine influence,
06:04notamment des frères musulmans sur la généralité du mouvement et les collectifs qui sont autour de ces lycéens.
06:09Parce que dans ce collectif, il y a donc EMF, étudiants musulmans de France,
06:12qui est l'ex-OUF, donc la branche française des frères musulmans.
06:15Donc c'est extrêmement grave, on n'est en train que de parler de l'aspect partisan,
06:18mais il y a un autre aspect qui est donc une participation des islamistes,
06:22parce que c'est ce qu'ils sont, dans les cassures, les cassages de lycées, de collèges, etc.
06:28Et là, on entend moins un peu nos dirigeants.
06:32Dans la commission des affaires cultes à l'éducation,
06:34il y avait eu un rapport il y a quelques mois qui alertait, par exemple,
06:37sur l'entriste des frères musulmans dans le monde du sport, dans le monde associatif,
06:40qui contribue à... Il faut continuer de lutter contre le terrorisme islamiste,
06:46contre l'islamiste, deux choses différentes,
06:48contre cette entriste, fermer des associations, dissoudre des associations,
06:51dissoudre des associations qui, sous couvert d'associations sportives ou culturelles,
06:56contribuent à radicaliser la jeunesse.
06:59Et donc, il faut aller plus loin.
07:00Jérôme Darmanin avait mis en place une loi, d'ailleurs, sous Édouard Philippe comme Premier ministre,
07:05pour dissoudre beaucoup plus facilement ces associations.
07:07et il faut continuer de le faire, mieux les repérer, donner plus de moyens à l'État,
07:11au préfet, qui est le représentant de l'État.
07:12Est-ce que vous êtes prêts à demander la dissolution de musulmans de France,
07:16donc qui est la branche française et frères musulmans ?
07:18Il faut regarder leur rôle dans ces manifestations.
07:22Il est vraiment affiché.
07:23Vous le dites, je ne l'ai pas vu, je ne l'ai pas lu.
07:27Il faut effectivement que toutes les associations qui contribuent aujourd'hui à ces violences,
07:32qui radicalisent la jeunesse, qui dégradent et qui pillent,
07:34sont soumises aux lois de la République.
07:35Et je le redis, Gérald Darmanin avait fait voter une loi qui, aujourd'hui, existe,
07:39a produit ses effets, qui permet de dissoudre très rapidement
07:42des associations qui ne respectent pas les lois de la République.
07:44Donc, je n'ai pas de pudeur là-dessus.
07:47Parlons de LFI.
07:48Édouard Philippe parle d'une responsabilité politique qu'ils devront assumer.
07:52Est-ce que vous pouvez préciser ces propos ?
07:54C'est-à-dire une responsabilité qu'il faut assumer.
07:56Par quoi ça passerait ?
07:57On a entendu certains qui appellent à la démission de Balibagayoko.
08:01Par quoi ça passerait ?
08:02Je pense que prendre ces responsabilités, c'est parler aux Français,
08:06effectivement, de la manière dont ils conceptualisent aujourd'hui,
08:09et qui présentent clairement leur projet politique.
08:11Est-ce que leur projet politique, aujourd'hui, c'est de détruire l'esprit républicain,
08:15de détruire ce qui reste d'universaliste dans le pays ?
08:18C'est un avant-goût de 2027 si Jean-Luc Mélenchon gagnait ?
08:21Et c'est ça que voulait dire Édouard Philippe.
08:22C'est charge aujourd'hui à Jean-Luc Mélenchon d'expliquer ce qu'il souhaite faire de cette jeunesse,
08:26et ce qu'il souhaite fracturer cette jeunesse, et ce qu'il souhaite fracturer le pays.
08:30Il y a eu des propositions d'interdire LFI.
08:32Vous ne m'avez pas posé la question, vous voyez, je devance peut-être votre question.
08:34Par Bruno Retailleau.
08:35Moi, je pense qu'il faut combattre LFI dans les urnes, combattre LFI à l'Assemblée nationale.
08:40Idée contre idée, projet contre projet.
08:42Je pense que c'est important en démocratie de combattre nos adversaires politiques dans le champ politique.
08:48Et donc, les interdire, pour moi, c'est un aveu de faiblesse des responsables politiques.
08:52En revanche, est-ce que la loi est suffisante pour condamner des élus,
08:56c'est-à-dire des représentants de la nation,
08:58qui se livrent à des violences ou qui participent à des violences ?
09:01La réponse est non.
09:01Moi, je suis en train de réfléchir à l'Assemblée nationale.
09:04C'est une initiative personnelle pour renforcer les critères d'inégibilité
09:08pour celles et ceux qui nous écoutent,
09:09c'est-à-dire pour que le juge puisse rendre inéligible des élus
09:12qui se seraient livrés à des violences ou qui les auraient radicalisées.
09:16Puis surtout, on sait très bien comment ça se passe.
09:18Patrice Faure a fait une saisine de l'article 40,
09:21notamment contre Bali Bagayoko.
09:22On rappelle que Bali Bagayoko, le maire de Saint-Denis,
09:25avait eu des propos également assez violents
09:27quand il dit que la violence est légitime.
09:29Mais Jérémie Patryletus, on sait très bien comment ça se passe à chaque fois avec la justice.
09:33Vous avez ces signalements qui sont en réalité rangés au fond d'un tiroir.
09:36Peut-être que dans des années, quelqu'un se penchera dessus.
09:39Et c'est comme les plaintes pour apologie de terrorisme,
09:41c'est exactement la même chose.
09:42On a quand même le sentiment,
09:43est-ce que vous, vous faites confiance à la justice,
09:45déjà de ce côté, notamment à LFI,
09:47pour véritablement les punir, s'ils doivent être punis ?
09:50Et il y a également le volet justice des mineurs.
09:52Gabriel Attal, on se souvient,
09:54je ne vais pas dire adversaire,
09:55je vais dire concurrent d'Edouard Philippe à la candidature à la présidentielle,
09:59lui veut s'occuper de ce sujet de la justice des mineurs
10:01pour véritablement la rendre beaucoup plus ferme.
10:03Je vous l'ai dit, il y a des déliés aujourd'hui
10:04qui conduisent les élus à être inéligibles.
10:07On l'a vu avec Marine Le Pen,
10:08c'est-à-dire que la délinquance en col blanc,
10:10la corruption, l'abus de biens sociaux,
10:12le détournement d'argent public,
10:13tous ces délits-là, aujourd'hui,
10:14peuvent conduire, s'il y a une condamnation judiciaire,
10:17à de l'inéligibilité.
10:18Il faut élargir ces délits
10:20qui peuvent rentrer,
10:21qui peuvent conduire à une inéligibilité.
10:23Et moi, je vous le dis,
10:24je pense que quand un élu participe à des violences,
10:27incite à des violences,
10:28on doit pouvoir poser la question de son inéligibilité.
10:31Et je pense qu'il faut renforcer la loi
10:32de ce point de vue-là.
10:33Jérémy Patrie,
10:34député Horizon du Calvado,
10:36je vous propose de rester avec nous.
10:37Nous allons parler économie
10:39en deuxième partie de cette interview.
10:41Nous parlerons bien sûr des retraites.
10:42Édouard Philippe, le candidat que vous soutenez,
10:44est revenu sur son projet des retraites.
10:46On parlera également du budget.
10:48A tout de suite sur Europe 1.
10:49Sous-titrage Société Radio-Canada