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  • il y a 2 semaines

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00:01Europe 1 Soir, 18h, 20h, Maël Laurent.
00:05Deuxième heure d'Europe 1 Soir avec à mes côtés jusqu'à 20h, Jean-Michel Salvatore, chroniqueur politique et communicant.
00:10Bonsoir Jean-Michel.
00:11Bonsoir Maël.
00:12J'accueille également Eric Level, journaliste. Bonsoir Eric.
00:15Bonsoir Maël.
00:16Et bonsoir à vous, Bruno Fuchs.
00:19Ah Bruno, bonsoir.
00:20Merci d'avoir accepté l'invitation d'Europe 1 Soir.
00:23Vous êtes député Modem du Haut-Rhin.
00:25Vous êtes justement en duplex de l'Île-sur-la-Sorgue dans le Vaucluse pour les universités de rentrée de
00:30votre parti.
00:30Un moment que vous décrivez comme particulièrement important pour votre famille politique.
00:35Important peut-être parce que c'est le moment de vérité pour votre stratégie en vue de 2027, Bruno Fuchs.
00:41Oui, merci beaucoup en tout cas de m'inviter.
00:44Je suis effectivement, on sort d'une grande plénière sur toute la journée et sur l'avenir de la France
00:52et comment la France peut se développer et quel est son rôle également dans le monde.
00:57Parce que la France a un rôle aussi, une influence dans le monde.
01:00Alors c'est un moment d'université.
01:01Donc l'université, on est là pour se réunir, pour parler, pour penser.
01:04Et comme vous l'avez dit, pour réfléchir à la mise en œuvre qui va bientôt arriver des stratégies pour
01:122027.
01:12Mais plus largement sur le type de société dans laquelle on veut que la France et nos concitoyens puissent vivre.
01:20Et donc vous noterez que nous avons eu comme invités Bernard Cazeneuve, Jean-Louis Bourleau, Xavier Bertrand,
01:27Hervé Marseille, Elisabeth Borne.
01:29Donc l'ensemble des personnalités qui, de la droite à la gauche, ont comme point commun,
01:36d'une part de refuser toute alliance avec LFI et l'extrême droite, l'extrême gauche et l'extrême droite,
01:42mais également d'essayer de trouver au centre une plateforme commune, une plateforme commune,
01:47et donc de réunir et de rassembler.
01:49Et comme le modem n'a pas de candidat à l'élection présidentielle,
01:54il est plus facile pour lui de trouver ses modalités de rassemblement.
01:59Mais également, c'est son ADN.
02:01Parce qu'effectivement...
02:02Même au centre, les gens ne se parlent pas suffisamment.
02:03Votre président François Bayrou ne sera pas candidat en 2027, il l'a annoncé la semaine dernière.
02:09Est-ce que certains ont peut-être essayé ce week-end de le faire changer d'avis pendant ces universités
02:13de rentrée ?
02:14Non, on est très loin là pour l'instant des personnalités qui pourraient porter la candidature du centre.
02:21Donc ce n'est pas une question qui lui a été posée.
02:23On est là pour construire une problématique avec trois grandes, à mon avis, trois grandes priorités.
02:29D'abord, bien sûr, le redressement de la France et sa capacité à assurer pour les générations à venir un
02:36futur
02:37et un avenir radieux, en tout cas de confiance.
02:40Et également, on le voit dans le débat public, la question de l'unité de la France.
02:44Car pour l'instant, on voit bien qu'avec l'extrême droite et l'extrême gauche,
02:50on risque une explosion de la France, une explosion en communauté d'origine.
02:56Les deux extrêmes ne garantissent pas, au contraire, ils attisent dans le débat public
03:00les confrontations entre les communautés, entre les origines.
03:04Et donc, il faut un centre humaniste, démocrate, un centre qui est là pour la paix,
03:09la paix sociale mais la paix en général, pour réunir l'ensemble des communautés françaises,
03:14quelle que soit leur origine et quelle que soit leur identité et façon de penser.
03:18Et il n'y a qu'aujourd'hui, le centre large, je dis, gauche et droite, en dehors des extrêmes,
03:25pour garantir cela.
03:26Et puis, le troisième élément, c'est la souveraineté du pays.
03:29Parce que si vous élisez un candidat d'extrême droite ou d'extrême gauche,
03:33eh bien, on perdra notre indépendance, on perdra notre souveraineté au profit de puissances internationales.
03:41On va continuer à en parler, Bruno Fox, notamment des solutions un peu plus concrètes que vous avez pour le
03:45pays.
03:46Mais d'abord, Jean-Michel Salvatore a une première question à vous poser.
03:49Oui, vous parlez de l'avenir, mais c'est vrai qu'on pourrait aussi parler d'abord du bilan de
03:5410 ans de macronisme,
03:55puisque quand on regarde un petit peu l'histoire, tout le monde se souvient que, d'une certaine façon,
03:59c'est grâce à François Bayrou qu'Emmanuel Macron a pu être élu président de la République en 2017.
04:05C'est vrai que quand on regarde le bilan de notre fenêtre à nous, journalistes,
04:08on se rend compte qu'il y a beaucoup d'échecs en matière d'économie, en matière de dette,
04:13on va sans doute en parler, en matière de sécurité, d'immigration, d'école.
04:18Tout le monde se souvient du classement PISA qui a été dévoilé la semaine dernière.
04:22Vous, quel bilan faites-vous du macronisme ?
04:24Est-ce que vous considérez que l'échec du macronisme, qui est quand même assez partagé dans l'opinion,
04:29est aussi un peu l'échec du modem ?
04:31Bruno Fox.
04:33Il y a les deux. D'abord, je ne pense pas qu'il faille être aussi noir que cela.
04:37Aujourd'hui, bien sûr, la question de la dette est centrale,
04:40parce que de cette dette-là, va découler une perte de souveraineté.
04:46C'est-à-dire investir pour l'avenir, dépendre des autres, etc.
04:49Bien sûr, la question de la dette est cruciale.
04:51Et on arrive à l'inverse des propositions et des promesses du président Macron de 2017.
04:56Mais il y a eu aussi beaucoup de facteurs extérieurs, de crise, etc.
05:00Donc, le bilan, quand on regarde, il n'est pas le faire là, mais il y a beaucoup de points
05:05sur lesquels on a.
05:06Le pays a avancé, le pays s'est développé, et puis d'autres, effectivement, sur lesquels,
05:11notamment la question de la dette, notamment la question de la souveraineté,
05:16qui est en train de s'effriter, sur lesquels...
05:18Alors, la question du modem, oui, bien sûr, on assume, moi j'assume les choix que j'ai faits,
05:25mais il y a d'autres choix sur lesquels, dès le début, dès 2017,
05:28le modem était opposé aux choix qui ont été faits.
05:31La question de l'impôt sur la fortune productive ou l'impôt productif,
05:35le modem était opposé, c'était une mesure qui n'était pas juste.
05:39Il y a eu de nombreuses mesures qui ont été prises, dans lesquelles nous étions opposés,
05:43alors après, la majorité a voté, mais ont été opposés à des tas de mesures qui n'étaient pas justes.
05:47La question de la CSG sur l'ensemble des retraités en 2017,
05:53j'ai voté contre, il y a eu des amendements pour ce qui a été fait après au mois des
05:58Gilets jaunes,
05:59qui sont en train de revenir, que pour les retraites...
06:02Oui, Eric Revelle a une question pour vous.
06:04Oui, Bruno Fuchs, bonjour, monsieur le député, avec beaucoup de respect,
06:06vous dites qu'il y a quelques échecs, mais il y a eu beaucoup de satisfaction.
06:12Alors, je vais avoir la cruauté de vous rappeler, tiens, les cinq chiffres,
06:163500 milliards d'euros de dettes, 130 milliards de déficit budgétaire,
06:2080 milliards de déficit commercial, des taux d'intérêt qui n'ont jamais été aussi élevés,
06:25c'est-à-dire la défiance des marchés sur la politique menée depuis dix ans,
06:27et un chômage qui va être à 9% à la fin du quinquennat.
06:31C'est-à-dire pire que ce qu'Emmanuel Macron a trouvé en arrivant.
06:34Oui.
06:35Bruno Fuchs.
06:37Oui, bien sûr, je suis d'accord avec vous sur ces chiffres-là.
06:41Après, je ne vais pas rentrer là-dedans, mais il y a quand même beaucoup d'éléments
06:46sur lesquels les choses ont été faites au bénéfice des Français,
06:51sur les demandes des classes, sur la question de l'attractivité.
06:55Depuis sept ans, la France est le principal pays d'Europe
06:59dans lesquels les investisseurs étrangers viennent investir.
07:02De quoi êtes-vous le plus fier, monsieur Fuchs ?
07:06De quoi êtes-vous fier, tout court ?
07:10Moi, je ne sais pas si je peux être fier, en tout cas.
07:13Quand on a gouverné dix ans, oui, on peut quand même être fier d'une ou deux réalisations, quand même.
07:18C'est votre président qui était encore Premier ministre il y a un an.
07:22Oui, oui, tout à fait.
07:22Mais je vous dis, la fierté, par exemple, sur la capacité à dédoubler les classes maternelles,
07:32l'idée de lutter contre l'échec scolaire, l'idée de lutter contre l'injustice scolaire,
07:38voilà un des éléments sur lequel je n'ai pas à rougir et sur lequel on s'était engagé au
07:45début.
07:45Par exemple, la suppression de la taxe d'habitation.
07:48Personne ne nous remercie.
07:53En moyenne, c'est 600 euros de pouvoir d'achat.
07:56Donc, il y a eu des choses quand même, quand vous regardez, qui ont été au bénéfice des Français.
08:01Aujourd'hui, quand vous prenez les cinq chiffres d'Éric Revelle, que je respecte et je partage,
08:07il y a effectivement aujourd'hui beaucoup de sujets d'inquiétude, en grande partie aussi, liés au contexte international.
08:14Et peut-être une situation économique, Bruno Fuchs, qui est en train de donner raison à François Bayrou, d'une
08:19certaine façon.
08:20Quand on voit que Sébastien Lecornu, le Premier ministre qui a succédé à François Bayrou,
08:24demande actuellement un effort de plus de 50 milliards pour préparer le prochain budget,
08:28alors même que François Bayrou a chuté pour avoir proposé un plan de redressement
08:32qui était moins ambitieux que celui de François Bayrou aujourd'hui.
08:36Est-ce qu'il n'y a pas peut-être un petit goût de revanche chez François Bayrou ?
08:39Ou alors, il s'est peut-être trompé de méthode en essayant de négocier François Bayrou l'an dernier ?
08:44Je ne pense pas qu'on soit ni dans la revanche, ni peut-être question de méthode.
08:49On regardera, mais la question, elle est plutôt l'engagement que les Français vont devoir tenir ou subir
08:56du fait d'une aggravation de la dette.
09:00L'année prochaine, l'ensemble de la collecte de l'impôt sur le revenu,
09:06donc on voit bien à quel point les Français souffrent,
09:09en tout cas quand ils payent l'impôt sur le revenu, ce n'est pas quelque chose de facile à
09:13faire,
09:13l'ensemble de cette collecte ne va pas servir, ne va suffire à rembourser les intérêts de la dette.
09:20Et ça, c'est votre bilan, cher monsieur ?
09:22Non, oui et non, oui et non.
09:24Regardez, avec François Bayrou, on est sur la question de la dette depuis 20 ans.
09:28Ça fait 20 ans qu'on dit que les politiques publiques menées par la gauche à droite ne prennent pas
09:33en compte.
09:34On parle du modèle social français, mais ce modèle, il fonctionne sur une illusion
09:39qui est celle qu'en permanence, les bailleurs, les banquiers vont financer un modèle
09:45dans lequel on ne travaille pas assez, on ne produit pas assez de richesses
09:47et on n'équilibre pas l'ensemble des dépenses publiques que l'on fait.
09:51Et donc ça, ce n'est pas nouveau.
09:52Nous, on est sur ce sujet depuis longtemps, on alerte depuis longtemps.
09:55Je vous rappelle que depuis plusieurs années, le Parlement ne vote pas le budget.
09:59Et donc, moi, je ne peux pas m'engager sur un budget sur lequel je n'ai pas voté depuis
10:072022 très très souvent le budget.
10:10Avec un message de François Bayrou qui explique qu'il faut désormais un nouveau cycle avec un nouveau projet.
10:16Je le cite.
10:17J'aimerais m'adresser à vous, Bruno Fuchs, en tant que président de la Commission des affaires étrangères de l
10:21'Assemblée,
10:22le président de la République sera demain aux côtés du Premier ministre canadien McCartney à Saint-Pierre-et-Miquelon.
10:27Est-ce qu'il a raison de jouer, Emmanuel Macron, le rapport de force avec le Canada face à Donald
10:32Trump
10:33et de montrer des signaux favorables à cette proposition des Canadiens
10:36qui souhaitent un renforcement stratégique avec l'Union européenne ?
10:40D'abord, il est à Saint-Pierre-et-Miquelon pour montrer et incarner la souveraineté française sur ces territoires
10:47et l'importance de tous les territoires français dans l'influence de la France dans le monde.
10:53On est à proximité de l'Arctique, on est à 25 kilomètres du Canada et pas très très loin, bien
10:57sûr, des États-Unis.
10:59Ensuite, je crois qu'on est dans un combat mondial avec un certain nombre de pays nationalistes, impérialistes
11:07qui veulent imposer leurs forces et leurs modèles et un certain nombre, dont nous sommes,
11:13qui veulent défendre les libertés publiques.
11:15Je vous rappelle que dans les pays qui nous agressent, on est très peu souvent sur les réseaux sociaux,
11:21on est très peu souvent en capacité de donner la propre avis.
11:24Donc, les libertés publiques, le droit international et donc qui sont finalement les conditions de la démocratie et de la
11:30paix,
11:30on se bat pour ça et aujourd'hui, un certain nombre de pays nous agressent sur cette dimension.
11:36Eh bien, les autres qui croient à ce que les citoyens peuvent encore déterminer de leur avenir,
11:41je pense qu'en Russie notamment, il y a assez peu de citoyens russes qui sont capables de déterminer leur
11:47propre avenir,
11:48eh bien, on croit à ce que chaque Français qui naisse puisse lui-même déterminer son avenir.
11:54Et ça, ça rentre un modèle de société, un modèle de gouvernance.
11:58Eh bien, tous les pays du monde qui croient en cette vision multilatérale et la démocratie
12:01sont en train de se réunir, le Canada, mais la Corée du Sud, dont le Président était en France il
12:08y a peu de temps,
12:09et d'autres pays qui croient à cette façon de modèle de société auquel nous sommes attachés.
12:15Donc, en quelques secondes, au fond, Bruno Fuchs, l'international, les sujets européens,
12:18c'est peut-être la seule chose que vous sauverez du quinquennat d'Emmanuel Macron,
12:21de son double quinquennat.
12:22C'est ça qu'on retiendra dans les livres d'histoire ?
12:26Je ne sais pas.
12:27Moi, j'essaie de me battre pour mes concitoyens.
12:30Je me bats contre pas mal de choses, l'administration pléthorique
12:32qui entrave l'action des citoyens, de l'injustice, du déclassement.
12:39Moi, je me bats pour mes concitoyens, les livres d'histoire.
12:43Les citoyens feront leur travail.
12:44J'espère qu'on gardera de ces deux quinquennats qu'on a défendu notre indépendance,
12:51qu'on a défendu notre modèle de société,
12:53qu'on a acquis, je vous rappelle, pendant deux guerres mondiales,
12:56avec 10 millions de morts, de gens qui se sont sacrifiés pour la paix,
12:59pour la démocratie, pour la liberté.
13:01C'est ça pour lequel on se bat.
13:02Le contexte international fait que c'est plus difficile que ce qu'on pensait en 2017.
13:06Et ce sera le mot de la fin.
13:07Merci d'avoir été avec nous dans Europe 1.
13:09Merci de l'invitation.
13:10Député du Haut-Rhin et président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée,
13:14Jean-Michel Salvatore, Eric Revelle, je vous garde.
13:16On se retrouve juste après la pub et on poursuit nos débats.

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