00:01Tout pour investir, le coffre-fort.
00:05Bon, ça va être absolument passionnant ce coffre-fort. Déjà parce qu'on reçoit Frédéric Laperre,
00:10d'Interanchère, bonjour. Et puis il n'est pas venu seul parce que sur le plateau il y a plein
00:14d'objets. Et ça c'est très intéressant. On va s'intéresser aujourd'hui au Swatch. Alors je sais,
00:20vous allez me dire, ah oui les Collab, Omega, Blampin, Audemars Piguet là, c'est la dernière là,
00:28qui était un peu montre de poche, on n'a pas bien compris. Non, moi je vous parle des Swatch,
00:34des petites Swatch, les Swatch qui sont des petites montres pas chères, stylées, qu'on peut mettre
00:38tout le temps. Waouh ! Il y en a, quand on regarde les ventes aux enchères, qui peuvent atteindre
00:44des sommes totalement dingues, comme des Rolex ou des Patek Philippe, qui peuvent atteindre
00:52des sommes très très conséquentes. Frédéric Laperre, alors déjà est-ce que vous pouvez nous
00:58présenter les objets que vous avez là ? Oui, très bien. Évidemment, tout est Swatch.
01:01Tout est Swatch. Alors Swatch, justement dans les années 80, 90, 2000, 2010, dans son évolution,
01:10a construit son ADN sur des collaborations et sur une porte d'entrée à l'art contemporain.
01:16Oui. Donc, quelques illustrations ici. Je ne sais pas si on le voit bien à la caméra,
01:20mais je dévoile. Si on le voit bien, alors déjà, waouh ! Le petit packaging autour d'une
01:27collaboration avec un artiste, un designer qui s'appelle Fred Butler, qui est un britannique,
01:32qui a exploité les prismes de couleurs. Donc là, on peut le voir, c'est une Swatch tout à fait
01:37particulière. J'allais avoir une réflexion de Béossien, mais je pensais qu'il y avait encore des
01:41petites boîtes autour de la Swatch en dessous. Non, c'est ça, sa forme. Elle a une forme totalement
01:46hexagonale, en relief. On dirait un ovni. Elle est absolument sublime. Pour ceux qui nous écoutent
01:53à la radio, parce que ceux qui... Ouais, on la voit bien à l'écran. Elle est magnifique. Elle est
01:57magnifique. L'artiste, c'est qui, rappelez-nous ? Fred Butler, un designer britannique, qui exploitait
02:02justement les prismes de couleurs, les prismes colorés. À travers un objet populaire, qui est la Swatch.
02:08Et là, il y a un souci totalement warholien ou Roy Lichtenstein, c'est-à-dire de rendre le produit
02:15de masse exceptionnel grâce à l'art. Il y a eu des collaborations avec Kiss Haring,
02:23notamment Swatch, qui avait sponsorisé le premier championnat du monde de breakdance en 84. C'était
02:27avec Kiss Haring. Culture hip-hop à fond. Tout à fait. L'objectif de Kiss Haring, c'était de faire
02:32sortir l'art des galeries, donc de le rendre accessible. C'est tout à fait dans le mouvement de ce
02:37que vous
02:37citez. Alors ici, il y a autre exemple. C'est tout à fait étonnant et atypique. Ça, c'est un
02:45architecte italien qui s'appelle Mendini, qui a fait la Mendini Tower avec Swatch. Il a détourné une
02:51horloge comptoise bien traditionnelle. Alors, il a mis du plastique pour faire du simili marbre. C'est un
02:59luxe qui se moque de lui-même. C'est ça qui est génial dans l'art et dans... Bah oui,
03:04voilà. Même
03:05collection, c'est Swatch & Art. Et puis, on a même ici une styliste créatrice chinoise. Alors, je ne
03:12sais pas si on le voit à l'écran, mais on voit bien que c'est Swatch avec un numéro
03:15de série limitée,
03:18777 exemplaires. D'accord. Le numéro d'expertise. Parce que ça, beau être des montres qui ne valent pas
03:24très chers en valeur faciale, ce sont devenus exactement, comme vous le dites, des objets
03:30de collection. Donc, qu'on expertise, qu'on numérote, qu'on met sous verre et qu'on vend aux
03:34enchères. Voilà. Complètement. Et donc ici, ce n'est pas la montre de Batman, mais c'est une
03:40collaboration avec une créatrice de mode. Un noir très, très profond. Ma Wang, chinoise, et qui a fait
03:46de la montre un vêtement. Comme c'est une styliste, elle est elle-même jusqu'à, en détail,
03:52transformer les aiguilles en épingle à nourrice. Je ne pense pas qu'on puisse zoomer et voir le
03:57détail, mais... C'est difficile, mais ouais, ouais. On devine quand même la forme de l'aiguille.
04:02Et puis donc, ce bracelet qui est une sorte de... C'est un vêtement. De poignée. Voilà.
04:05Absolument. C'est une deuxième peau. Alors là, du noir sur noir, c'est d'une classe folle. Et ça,
04:11c'est édition limitée, exemplaire unique ? C'est 777 exemplaires. C'est le 306e, je crois, c'est marqué
04:18dessus.
04:20305e. Voilà. Donc, ça reste des éditions très limitées, mais la Swatch garde toutes ses qualités
04:27de montres pratiques. Absolument.
04:30Facile à mettre. Et c'est ça qui, finalement, crée l'exceptionnel à l'intérieur du produit en masse.
04:37Tout à fait. Tout à fait. Alors, je précise que ces objets sont à vendre par la maison de vente
04:41Couton-Jameau. Et on est le 20 octobre à Nantes et en direct sur interenchères.com.
04:48On voit... En fait, on voit l'évolution de cette marque-là. Peut-être que je peux rappeler,
04:52en fait, la naissance de la marque. Mais bien sûr, oui !
04:54C'est intéressant de savoir que dans les années 70, l'horlogerie suisse se porte moyennement
05:00parce qu'elle est mise à mal par l'arrivée sur le marché de montres japonaises à quartz.
05:05On précise, pas cher. Et la réponse a été, en 1983, Swatch.
05:12Le concept de Swatch, c'était une montre accessible en plastique, avec des composants basiques,
05:18mais qui fonctionnent. Donc, c'est-à-dire une montre accessible, finalement,
05:22qui vient de concurrencer les montres japonaises.
05:25Avec l'argument de vente aussi, montre suisse, donc avec des mécanismes tout à fait précis
05:31et irréprochables.
05:32Complètement. Mais le génie, c'était donc pas une révolution technologique,
05:37mais plutôt une révolution marketing.
05:39Voilà.
05:39Parce que Nicolas Hayek, son fondateur, a imaginé des collections saisonnières,
05:46comme la mode, printemps-été, automne-hiver, des collaborations avec,
05:51on l'a vu, avec des artistes, des collaborations avec des marques aussi.
05:54Il a lancé la Smart avec Mercedes.
05:57Mais totalement !
05:58Voilà.
05:59Absolument.
05:59Avec le même concept.
06:00MMC, c'était son idée.
06:01Voilà. Alors, il a essayé avec Renault, Peugeot, il a essayé avec Volkswagen.
06:06Finalement, il a conclu avec Mercedes.
06:08D'où Smart, quand même, Swatch, Mercedes, Art.
06:10Il y a toujours le mot Art.
06:11Et ça existe encore, maintenant c'est chinois, mais ça existe encore et avec un vrai succès.
06:15Il est parti en 98 de l'affaire, mais c'est lui qui a lancé ça.
06:19Et ça fait partie, en fait, de ces objets qui sont un peu des objets d'identité,
06:25qui correspondent à cette époque-là, de se dire que, on va dire, que la reproduction industrielle
06:31sont des vecteurs d'identité un peu personnels, puisque c'est un moment où on change comme de tenue.
06:36Oui, tout à fait.
06:36À l'époque, il y avait des couleurs, il y avait beaucoup de dynamisme, etc.
06:40Et ce sont aujourd'hui des objets d'identité.
06:44Et donc, moi, je pourrais dire que, finalement, le génie de ce créateur,
06:49c'est de ne pas forcément avoir rendu une montre, mais presque 600 millions,
06:53on ne connaît pas le chiffre exact, 600 millions d'exemplaires d'une marque d'objets d'identité.
06:59C'est ça qui est extraordinaire.
07:00Absolument.
07:01Et il y a eu deux phases, en fait, un peu comme vous le dites,
07:04il y a eu une phase un peu spéculative, dans les années, fin des années 80, 95,
07:08jusqu'en 95, à peu près, où il y avait la bulle de la montre Swatch.
07:14Et puis après, ça s'est un petit peu aplani, et je dirais plutôt,
07:18maintenant, c'est un marché de collectionneurs.
07:20Oui, oui, complètement.
07:23Donc, voilà, on va dire que c'est toujours pareil, la spéculisation, ça dure un été,
07:27la collection, ça dure une vie.
07:28Donc, forcément, ce ne sont pas les mêmes objectifs.
07:31Oui, l'art, ça s'inscrit dans le temps.
07:33Et c'est vrai, pour terminer, est-ce qu'on peut parler éventuellement de certains modèles
07:38qui ont pu atteindre des prix remarquables ?
07:42Oui, alors, il y a eu un modèle qui avait été fait en collaboration avec Kiki Picasso,
07:47qui était une figure de l'un d'un grand Parisien, BD, etc.,
07:50qui avait atteint un peu plus de 40 000 euros.
07:53Et alors, actualité papale, j'allais dire,
07:56puisqu'on en a parlé le week-end dernier,
07:59la montre Swatch qui a atteint le plus gros montant,
08:0356 250 dollars.
08:05C'est une montre qui valait moins de 100 euros en valeur faciale,
08:10que le pape François a donnée à une association,
08:13qui a été vendue aux enchères pour récolter des fonds.
08:16C'était en 2022-2023, plus de 55 000 dollars.
08:20Donc, c'est à ce jour, la Swatch la plus chère.
08:26Oui, le pape qui s'amuse aussi quand on lui offre une Lamborghini,
08:29il la vend aux enchères, et il vend aussi une Swatch.
08:33Et la Swatch prend tout son sens d'objet à la fois artistique,
08:37un petit peu exceptionnel, au milieu de la production de masse,
08:40mais avec ce petit côté art de vivre et pratique.
08:44Voilà.
08:46Waouh, c'était passionnant.
08:47Ça vous change de votre chrono de régie qui est en digite rouge sur fond noir.
08:51Oh, mais vous savez, comment s'appelaient ces horloges ?
08:57J'ai un trou de mémoire, c'est absolument abominable.
09:00L'horloge, c'est des horloges des pays de l'Est qui étaient spécialisées.
09:05Vous voyez, celle avec le...
09:07Ah oui.
09:08La gorgie.
09:09La gorgie.
09:11Et c'est aussi un objet culte pour qui travaille dans les médias.
09:14Absolument.
09:14La gorgie.
09:16Ah, voilà, ça y est.
09:17Bon, je termine quand même sur un souvenir retrouvé.
09:19Frédéric Lappert, merci infiniment, c'était passionnant.
09:22Donc, Interanchère vante le 20 octobre à Nantes de cette collection Couteau Jameau.
09:28Il y a 274 pièces.
09:29Et donc, regardez un petit peu dans vos armoires les Swatch que vous gardez.
09:34Elles peuvent valoir parfois des fortunes.