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  • il y a 11 heures
Lundi 5 octobre 2026, retrouvez John Plassard (Associé et responsable de la stratégie d'investissement, Banque Cité Gestion) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Pauline Gratelle.

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Transcription
00:00Générique
00:06...
00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne consacrée à l'écoute des marchés.
00:12Chaque jour, vous nous suivez en direct à la télévision à midi 30 et à 17h30.
00:17Vous pouvez nous retrouver en rattrapage, en replay sur notre site bismart.fr
00:21et vous pouvez également nous écouter en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:26Et au sommaire de cette édition, ce midi, l'euro devise des vis face aux grandes devises mondiales
00:33et notamment face au dollar.
00:35L'euro qui atteint son plus bas niveau depuis le mois de mai 2025, depuis 17 mois,
00:42alors que la crise budgétaire s'aggrave en France et qu'on s'attend à des nouveaux remous politiques dans
00:47la région.
00:49Tout ça a bien secoué les marchés européens.
00:52Le marché français, on y reviendra plus en détail.
00:55L'euro a perdu donc jusqu'à 0,8%, près de 1% de chute et s'est retrouvé à
01:011,1161 contre dollar.
01:04Ça a baissé juste au moment justement où le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez
01:08a annoncé des élections anticipées pour le 29 novembre.
01:13Forcément, tout ça rajoute une couche de stress sur les marchés,
01:17déjà bien secoué par la dette française et celle d'autres pays fragiles et endettés
01:22comme l'Italie ou encore la Belgique.
01:24Par exemple, justement, sur le cas français, l'inquiétude grandit.
01:29On le disait, le rendement français à 10 ans continue de se tendre.
01:33Autour de 4,90%.
01:35Il flirte avec ce seuil de 5%.
01:37Et l'écart entre les rendements français et allemands continue de se tendre et s'établit aujourd'hui à environ
01:45150 points de base.
01:46Alors, est-ce que la BCE va agir et va se pencher sur ce sujet ?
01:52La BCE dispose justement de plusieurs outils si besoin pour agir.
01:58Discussion à suivre dans un instant sur ce plateau.
02:01Et puis pendant ce temps-là, le CAC 40 est le seul indice européen à être en repli depuis le
02:06début de l'année.
02:07L'indice français qui cède encore 1% à la mi-séance et évolue désormais à 7 800 points pénalisés
02:14par la lourde chute de Schneider Electric qui décroche de 10%.
02:19Schneider frappe un grand coup et réalise la plus grosse acquisition de toute son histoire.
02:25Le français rachète l'américain PTC entièrement en numéraire.
02:30PTC, c'est un spécialiste des logiciels industriels.
02:33La somme d'ailleurs astronomique de cette acquisition s'établit à 22,6 milliards de dollars.
02:41Ça fait environ un peu plus de 20 milliards d'euros.
02:45L'objectif de Schneider s'est accéléré massivement dans le numérique et l'intelligence artificielle.
02:50Sur le papier, le projet est très ambitieux.
02:52Le groupe vise 250 millions d'euros d'économies de coût et près de 800 millions d'euros de synergie
02:59de chiffre d'affaires.
03:00Mais bon, on le disait, c'est un accueil glacial sur les marchés.
03:04Les investisseurs tordent un peu du nez face au prix fort payé.
03:07Une prime de plus de 40% par rapport au dernier cours de clôture et au niveau d'endettement nécessaire
03:13pour boucler ce deal.
03:16Affaire à suivre donc d'ici la clôture de la transaction prévue pour mi-2027.
03:31Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux de la séance, les enjeux de cette semaine.
03:37Et le lundi, c'est John Plassard, associé et responsable de la stratégie d'investissement pour la banque Cité Gestion.
03:44Bonjour John.
03:46Bonjour Pauline.
03:47Et bienvenue dans un monde, John, je le disais en intro, où l'euro a chuté de près de 1
03:53% face au dollar, son plus bas niveau en 17 mois,
03:56à cause du risque politique global de la zone euro, John, à 1,1160.
04:02Pourquoi la devise a-t-elle autant chuté dans les détails ?
04:07Écoutez, d'abord, vous l'avez dit très justement, lorsqu'on a une devise qui baisse par rapport à une
04:13autre,
04:13on se dit que c'est peut-être le dollar qui monte, puisque c'est une par rapport à l
04:18'autre.
04:18Et là, on voit qu'on a une chose un peu différente depuis quelques semaines,
04:22parce qu'on a une prime de risque qui est propre à la zone euro.
04:27Et ça, c'est très important, c'est un changement total.
04:29Vous vous souvenez, on parlait de prime de risque sur le Moyen-Orient, prime de risque géopolitique.
04:33Là, on parle de la prime de risque sur la zone euro,
04:37puisqu'il y a cette crainte d'une fragmentation financière européenne, et c'est très important.
04:43Alors, bien évidemment, au cœur de cette tempête, vous avez la France,
04:49avec, je ne vais pas le répéter, mais on a quand même un déficit qui est difficile à réduire,
04:54une dette très élevée, un Parlement bloqué, et puis les présidentielles, bien évidemment, en 2027.
05:01On est dans une situation où ce n'est pas seulement la France.
05:06Elle est au cœur, mais vous l'avez dit, il y a une autre chose qui arrive,
05:10c'est l'Espagne, qui est aussi au cœur des tourments,
05:15puisqu'il y a une nouvelle élection où on ne connaît bien évidemment pas l'issue, le 29 novembre.
05:22Alors, c'est difficile à comparer l'Espagne et la France.
05:25Pourquoi ? Et ça paraît bizarre aujourd'hui quand on le dit, mais l'économie espagnole est beaucoup plus dynamique
05:31que l'économie française, mais ça ajoute une échéance politique dans la périphérie,
05:39et puis ça élargit le doute sur la capacité de la zone euro à conserver un cap budgétaire et politique
05:45stable,
05:46et on peut, cerise sur le gâteau, dire que l'année prochaine, on a des élections en Italie.
05:50Et rajouter une deuxième cerise sur le gâteau en disant que dans toutes les élections qu'on a eues en
05:58Allemagne,
05:59c'est l'AFD, l'extrême droite, qui est nettement au-dessus du parti politique en place.
06:05Donc, on est vraiment ici dans une question de, et je vous excuse, je me répète Pauline,
06:12mais dans une question de crise, et on peut le dire, et de risque propre,
06:21prime de risque propre à la zone euro qui vient d'arriver, malgré qu'on le savait.
06:25Avant, on ne disait pas ça, on disait, bon, l'Europe, la valorisation est un peu moins chère,
06:30donc c'est sympa, bon, on connaît qu'il y a quelques risques,
06:33mais là, on est vraiment dans une prime de risque qui est très importante.
06:36Oui, une prime de risque, vous le disiez, John, global à cette zone euro,
06:40avec tous ces changements politiques qui arrivent, l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne,
06:46et puis évidemment la France, avec ces élections, vous le disiez, dans quelques mois seulement.
06:52Et puis, John, est-ce qu'on parle aussi d'une prime de risque sur ces rendements obligataires ?
06:57Alors, les rendements obligataires se stabilisent, je pense aux 10 ans américains, par exemple,
07:01qui évoluent sur ces niveaux à 5,25, voilà, en revanche, le rendement français à 10 ans,
07:08lui, il continue de se tendre, c'est d'ailleurs un des seuls rendements de la zone euro qui continue
07:12de se tendre,
07:13il flirte avec les 5%, alors il n'a pas encore dépassé ce seuil, si je ne dis pas de
07:17bêtises.
07:18Est-ce que le spread franco-allemand a 150 points de base, John ?
07:23C'est du jamais vu depuis 15 ans, depuis 2011, est-ce que c'est inquiétant ?
07:27Est-ce que la BCE pourrait-elle agir et mettre en place, justement, les outils dont elle dispose pour ?
07:36Alors, pour répondre à votre première question, évidemment, c'est inquiétant.
07:41Au-delà de 5%, 150 points de base, alors il faut quand même rappeler une chose,
07:45parce que souvent on fait la comparaison avec l'Italie en 2011, on était au-delà des 200 points,
07:50donc ce n'est pas comparable, on est quand même à remettre l'économie où elle est,
07:56et on sait que le potentiel de croissance français est assez énorme,
08:00même s'il est mal canalisé aujourd'hui.
08:02Alors, ça c'est la première des choses.
08:03Alors oui, c'est inquiétant, oui, ça reflète ce qui est en train de se passer aujourd'hui,
08:07oui, ça reflète les derniers sondages qui mettent un parti d'extrême au pouvoir l'année prochaine,
08:14en l'occurrence, aujourd'hui, selon les statistiques, ce serait Marine Le Pen et selon les sondages,
08:20mais l'autre chose, c'est qu'évidemment, on se dit toujours, et on se souvient en 2012,
08:26lorsque la BCE dit « whatever it takes », on va tout faire pour sauver la zone euro,
08:31eh bien, il y a ce fameux, et j'imagine que c'est ça dont vous, ce que vous pensiez,
08:38Pauline,
08:38c'est le fameux TPI.
08:39Oui, c'est ça, exactement, John.
08:41De transmission, évidemment, destinée à empêcher une crise de dette injustifiée,
08:47c'est dans les termes, dans un pays de la zone euro, il y a quand même un problème là
08:51-dessus,
08:52parce qu'en fait, le pays qui est sauvé par ce TPI, eh bien, potentiel,
09:00doit respecter le cadre budgétaire européen et puis présenter une dette soutenable.
09:05Alors, lorsque je vous dis ça, est-ce que la France, aujourd'hui, est qualifiable théoriquement pour le TPI ?
09:12Non, elle ne l'est pas.
09:13Donc, on est dans une situation où, malgré la zone, la BCE, qui est toujours prête à intervenir là-dessus,
09:21elle ne pourrait pas intervenir.
09:23Alors, il y aura certainement d'autres mécanismes qui seront mis en place,
09:26mais, pour l'instant, c'est très difficile.
09:29Et c'est ça, le problème, parce que les investisseurs, pas mal de hedge funds qui travaillent sur la baisse,
09:37vous savez qu'il y a des agences de dotation qui se réunissent bientôt
09:40et qui pourraient mettre encore plus de pression sur la France.
09:44Évidemment, les hedge funds tapent dessus parce qu'ils veulent que ça aille plus loin
09:47et que, d'une certaine manière, ça déborde.
09:49Mais, je dirais, pour répondre très clairement à votre question,
09:54c'est qu'aujourd'hui, ce qui se passe, le spread, et puis le 10 ans, par exemple, français,
09:58qui monte très fortement, eh bien, ça reflète exactement la situation politique française et économique aussi,
10:05puisqu'on a vu que les projections économiques étaient de 0,5% cette année, voire en dessous.
10:10Oui, si on sort, on a parlé beaucoup de la France, de la zone euro.
10:14John, si on sort et qu'on part de continent pour aller jusqu'au Brésil,
10:18Alors, là aussi, justement, il y a une actu politique, vous allez nous en parler.
10:23C'est une surprise politique au Brésil avec Bolsonaro, mais fils, cette fois-ci.
10:30Oui, tout à fait. Premier tour, un peu plus de 47% des voix contre un peu plus de 45
10:36% pour Lula.
10:38Donc, évidemment, on va avoir un deuxième tour qui sera dans trois semaines,
10:42mais c'est une surprise totale.
10:43Tout le monde disait exactement le contraire, que ce serait Lula qui aurait environ 48% et puis Bolsonaro 44%.
10:51Donc, on voit qu'il y a un changement ici.
10:53C'est un éclair qui est assez faible, mais ça renforce la probabilité d'une alternance au second tour,
11:00qui sera à la fin du mois, le 25 octobre.
11:03Alors, évidemment, la première conséquence, puisque c'est ce qui nous intéresse, c'est la conséquence boursière.
11:10Oui, c'est ça.
11:10Puisqu'on a vu que sur les futurs, sur l'indice brésilien, on est à près de 12% de
11:16hausse.
11:16Et puis, on sait que c'est notamment les banques, les valeurs domestiques qui vont en bénéficier très certainement.
11:25Mais est-ce qu'on est dans une situation où on va inverser totalement la tendance de la dette et
11:34de l'inflation au Brésil ?
11:36J'en suis pas sûr.
11:37Il y avait cet espoir d'une certaine partie de la population que Lula pourrait, en revenant au pouvoir, inverser
11:43la tendance économique.
11:45Ça ne l'a pas été.
11:46Donc, on va potentiellement aller choisir un ami de Milley.
11:51Et aussi, et ça c'est très très important de le noter, il est assez proche de Donald Trump.
11:56Et ça changerait totalement, s'il était élu, l'équation en Amérique latine,
12:02puisqu'on rappelle quand même que le Brésil est le plus grand pays d'Amérique latine,
12:06qui, cette fois-ci, irait plutôt vers les États-Unis.
12:10Alors que Lula était un défenseur du Brésil sans les Américains.
12:16Oui, on va suivre l'ouverture des marchés brésiliens.
12:20John, cet après-midi, pour l'instant, vous le disiez, sur les futurs, plus de 10% de hausse.
12:25On va regarder si tout ça se concrétise tout à l'heure.
12:29Merci beaucoup, John.
12:29John Passart, associé et responsable de la stratégie d'investissement pour la banque Cité Gestion.
12:34Merci d'être avec nous tous les lundis.
12:36John, à suivre cette semaine, les marchés chinois sont toujours fermés,
12:41jusqu'à mercredi inclus pour la Golden Week, la fête nationale.
12:45On va regarder l'ISM Service américain cet après-midi pour le mois de septembre.
12:50Et puis, cette semaine, on va suivre aussi les minutes de la Fed
12:54et le compte-rendu de la BCE sur les réunions passées au mois de septembre.
13:00Merci à tous de nous avoir suivis.
13:01On se retrouve ce soir à 17h30.
13:06Sous-titrage Société Radio-Canada

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