00:0011h-13h, Christine Kelly et vous sur Europe 1.
00:04Roger, vous nous avez appelé de la Vienne, vous dites par rapport à la mobilisation...
00:08De Vienne, de Vienne dans l'Isère.
00:10Ah de Vienne dans l'Isère, ok.
00:12Vous nous avez appelé à propos de la mobilisation des lycéens,
00:15vous êtes médecin avec des parents ouvriers,
00:18vous dites que vous avez fait mai 68,
00:20que vous avez eu une formation de gauche,
00:22vous avez arrêté de voter à gauche à un moment donné,
00:25j'ai bien noté tout ça.
00:27Et puis vous dites qu'aujourd'hui,
00:31vous êtes un petit peu écuré par rapport à ce qui se passe mon cher Roger.
00:35Tout à fait, bref retour en arrière,
00:38CP, 51 à la classe, un a fait polytechnique,
00:41deux ont fait Centrale Paris, je suis devenu médecin,
00:43il y a eu des ingénieurs, ainsi de suite,
00:45dans un milieu, encore une fois, ouvrier.
00:47Donc à l'époque, on travaillait, tout le monde travaillait,
00:49il n'y avait pas de problème, y compris pendant les études,
00:51j'ai commencé à travailler à 15 ans, pendant les vacances scolaires,
00:53et puis après pendant l'année, toute l'année,
00:55que Centrailleret, Charpente, Menuiserie,
01:01Raffinerie de Paisin, Infirmier de nuit pendant 4 ans,
01:0312 ans par nuit, 2, 9 sur 4,
01:04à l'époque, on payait mes études de médecine.
01:07Voilà, tout le monde travaillait,
01:08il n'y avait aucun problème,
01:09et personne ne se plaignait,
01:10et on ne demandait rien, on ne demandait rien,
01:12on ne demandait pas d'argent,
01:13on travaillait pour avoir un métier, un bon métier.
01:17Et à 14 ans,
01:18les élèves qui n'étaient pas faits pour les études littéraires,
01:21entre autres,
01:22faisaient se retrouver en apprentissage,
01:24et c'était une super formation,
01:26parce qu'ils ont eu beaucoup de beaux métiers,
01:29plombiers ou autres,
01:30et ils gagnaient de l'argent,
01:32montaient des entreprises,
01:33encore une fois,
01:34avec une formation qui a été supprimée après,
01:36par des imbéciles,
01:37enfin bon, voilà.
01:38Pour en revenir à la situation actuelle,
01:40en fait,
01:41je pense qu'il y a une majorité de jeunes
01:44qui n'ont pas du tout le niveau,
01:45le niveau du bac actuellement,
01:47je pense que c'est le niveau de 5ème à mon époque.
01:48– Mais ce n'est pas le niveau de mai 68,
01:50c'est ce qu'on se disait.
01:50– Voilà, ça c'est sûr,
01:52et il y a des gens qui ne sont pas orientés correctement,
01:55l'orientation,
01:56à mon époque il n'y avait pas d'orientation,
01:57c'était un petit peu à la décision du directeur d'école,
02:01moi je me suis retrouvé par exemple en lycée technique d'État,
02:05la martinière à Lyon,
02:06le meilleur lycée de Lyon,
02:08j'avais 40 heures de cours par semaine,
02:11pour nous signer ce que ça pouvait être comme horaire,
02:14avec des heures dingues,
02:16et encore une fois,
02:16tout le monde se plaignait,
02:17tout le monde bossait.
02:18comme médecin,
02:19il y avait un niveau médical en France,
02:21qui a complètement disparu,
02:23les médecins français de mon époque,
02:24pouvaient aller travailler aux Etats-Unis,
02:26en Allemagne, en Allemagne,
02:27dans n'importe quel pays au monde,
02:29en étant reçu à bois ouvert,
02:31et la médecine française s'est complètement effondrée,
02:34comme tout le reste en France d'ailleurs,
02:35et actuellement c'est une catastrophe sur le plan médical.
02:38– Merci beaucoup mon cher Roger,
02:39d'avoir appelé en direct sur Europe 1,
02:41d'avoir témoigné effectivement,
02:43du fait que les choses ont changé,
02:45avant on avait des parents en vriller,
02:48on pouvait devenir médecin.
02:49Merci infiniment d'avoir appelé au Standard Europe 1,
02:51merci Bruno Pommard,
02:52d'avoir été avec nous en direct sur Europe 1,
02:53d'avoir témoigné,
02:54d'avoir expliqué cette technique de maintien de l'ordre,
02:57c'était un plaisir d'avoir partagé cette heure et demie avec vous,
03:00Bruno Pommard,
03:01ancien instructeur du RAID,
03:03et président de l'association RAID Aventure,
03:06extraordinaire,
03:07association qui vient en aide aux enfants défavorisés,
03:10notamment grâce à des policiers bénévoles,
03:12et on ne parle pas suffisamment de ces policiers bénévoles.
03:15Merci encore.
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