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  • il y a 3 heures
Youlie Yamamoto est porte-parole d'Attac et co-fondatrice des Rosies, avec ce collectif, elle cherche à dynamiser dans la joie les cortèges militants. Et le pari est réussi ! On la reçoit dans Le Torchon Brûle. Dans cet épisode post 8-mars, on discute des offensives de l'extrême droite, de la colère sublimée en joie dans le militantisme et de la nécessaire intégration des luttes sociales dans le féminisme.

Avec Violaine de Filippis Abate, Kareen Janselme, Mathilde Gros.

00:00 Présentation de l'invitée
01:39 Les Rosies
08:06 Le déclic féministe de Youlie
13:12 L'offensive de l'extrême droite contre le féminisme
38:57 Combattre la résignation militante
55:53 La chronique humoristique d'Hélène Vézier
01:07:08 Recommandations culturelles

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News
Transcription
00:00:00On a le plaisir de recevoir Yuli Yamamoto.
00:00:03Yuli, tu es porte-parole d'attaque et cofondatrice des Rosy.
00:00:06On l'a déjà dit, mais on le redit pour les amis qui nous rejoignent.
00:00:10Les Rosy, si vous êtes habitués des manifs,
00:00:12normalement, vous ne les avez pas manquées.
00:00:13Elles sont très reconnaissables.
00:00:15C'est généralement là où ça chante.
00:00:18Comment tu l'as vécu, ton 8 mars, toi ?
00:00:20Quand mĂŞme, je me suis dit, ce n'est pas facile,
00:00:24parce que vraiment, là, ça a été abordé sur la question de l'extrême droite
00:00:27qui arrive en force parce qu'il y a un vent international
00:00:33masculiniste, virilofasciste.
00:00:33On ne sait mĂŞme plus comment le qualifier,
00:00:35mais il se passe bien quelque chose.
00:00:36Il y a trop de mots valides.
00:00:37Le fait que Nemesis n'a aucun complexe à se présenter
00:00:40avec des revendications ridicules,
00:00:43jusqu'à instrumentaliser le portrait de Gisèle Pellicot,
00:00:45c'est ignoble.
00:00:48C'est bien qu'il y ait un contexte qui permet cela.
00:00:50Reste qu'on peut quand mĂŞme voir cette marche comme une victoire
00:00:53parce que si on dit 250 000 en France et 120 000 Ă  Paris,
00:00:57c'est quelque chose.
00:00:57C'est parce que finalement, le 8 mars, c'est un préavis de grève nationale
00:01:00que depuis 2018.
00:01:02Il faut le savoir quand mĂŞme.
00:01:04Et en 2020, il pleuvait beaucoup.
00:01:08En 2020, on était 60 000 et c'était un record historique.
00:01:11Donc, on peut noter que cinq ans plus tard, on a doublé.
00:01:14Donc, ça, c'est un signal extrêmement fort.
00:01:16Effectivement, ça va avec cette montée des idées réactionnaires.
00:01:19On voit que les droits des femmes sont imminemment menacés
00:01:22et des minorités, évidemment.
00:01:24Et donc, c'est ça que ça signe.
00:01:26Ă€ la fois, c'est une vraie victoire.
00:01:27On se rend compte qu'on compte, on se compte et on se compte bien.
00:01:30Et on sait qu'on va pouvoir compter les unes sur les autres.
00:01:32Et en mĂŞme temps, c'est un signal politique
00:01:34qu'il se passe quelque chose de grave d'une manière générale
00:01:37et qui va concerner particulièrement les femmes et les minorités.
00:01:39Eh bien, moi, bonjour.
00:01:41Donc, je m'appelle Karine.
00:01:43Et je serais vachement intéressée.
00:01:45Je pense que tout le monde ne se souvient pas
00:01:47de comment sont nées les rosies.
00:01:49Parce que là, on parle de féminisme.
00:01:51Mais les rosies, ce n'est pas simplement le féminisme.
00:01:53C'est aussi, c'est apparu dans des luttes sociales.
00:01:56Donc, ce serait pas mal que tu nous rappelles un peu
00:01:58comment en 2019, cette idée est née
00:02:00et comment ça a pris sa place.
00:02:02Cette idée, elle est née de l'indignation.
00:02:04Parce que finalement, ça a été aussi évoqué tout à l'heure.
00:02:06Le mouvement MeToo a créé un espace
00:02:07où on peut traiter les questions féministes
00:02:11sans que ce soit un tabou
00:02:12et que ça devienne un sujet de société.
00:02:14Eh bien, la réforme des retraites,
00:02:16ce qui nous a fait réagir,
00:02:17c'est quand Héctor Philippe a osé dire en 2019
00:02:19que les femmes seraient les grandes gagnantes.
00:02:21Alors, c'était tout l'inverse.
00:02:22Puisque c'était en gros basé sur le salaire.
00:02:25Et comme les femmes ont des plus petits salaires
00:02:27pour différentes raisons structurelles,
00:02:29c'est les femmes qui allaient ĂŞtre les plus perdantes dans l'histoire.
00:02:31Et donc, ça a suscité une telle indignation
00:02:33dans le mouvement social féministe
00:02:36qui nous a aussi emportés.
00:02:38Et en mĂŞme temps, il y avait eu aussi
00:02:41la flash mob, l'Astésis.
00:02:43Vous savez, les Chiliennes,
00:02:44qui est El violador en tout Camino.
00:02:46Et ça avait fait un vent international féministe
00:02:48comme ça pour montrer et s'afficher,
00:02:50afficher ses revendications différemment,
00:02:52s'imposer dans l'espace.
00:02:53Et on s'est dit que, bon,
00:02:55les planètes étaient alignées peut-être
00:02:56pour dire que traiter une question sociale,
00:02:59donc la réforme des retraites
00:03:00sous un angle féministe,
00:03:01c'était une bonne façon de faire.
00:03:02Ça n'allait pas diviser la lutte,
00:03:04au contraire, ça allait la renforcer
00:03:06parce que tous les arguments et cas pratiques femmes
00:03:08montraient à quel point les femmes étaient grandes perdantes
00:03:10et donc montraient l'aberration
00:03:12et l'injustice de cette réforme.
00:03:14Et on a décidé de le faire
00:03:17encore une fois avec cette inspiration,
00:03:19finalement, de l'Astésis.
00:03:21On s'est dit, on va essayer de montrer en une image
00:03:24que c'est une revendication féministe
00:03:25au travail.
00:03:27En gros, que le féminisme sans lutte des classes,
00:03:29c'est du développement personnel.
00:03:30C'est ça qu'on a voulu un peu tout incarner
00:03:32en reprenant l'identité visuelle de Rosy Larifteuse,
00:03:36en y ajoutant quelques éléments.
00:03:38Et puis, bien sûr,
00:03:39ce que les féministes sont obligées de faire,
00:03:41s'imposer dans l'espace,
00:03:42s'imposer dans la rue.
00:03:44Et lĂ , on l'a fait par nos corps,
00:03:45par nos voix,
00:03:45avec des chansons aux paroles détournées
00:03:47qui montrent l'injustice de la réforme.
00:03:49Et finalement, ça a si bien marché
00:03:52que ça a dépassé la question
00:03:54de la réforme des retraites.
00:03:55Et maintenant, les Rosy,
00:03:57c'est un mouvement pour rendre visible
00:03:59la question des droits des femmes
00:04:00dans les mouvements sociaux.
00:04:02Et elles sont très présentes, évidemment,
00:04:03dans les grands temps forts féministes.
00:04:05Alors, justement, je rebondis
00:04:07parce que tu disais
00:04:07s'imposer dans l'espace,
00:04:09s'imposer dans les rues.
00:04:10Et finalement, c'est le cas
00:04:13pendant les mouvements collectifs.
00:04:15Mais ça peut aussi être le cas
00:04:16de s'imposer dans la rue et l'espace,
00:04:18aussi Ă  titre personnel,
00:04:19dans sa vie.
00:04:19Et il y avait ce slogan des années 70.
00:04:23Peut-ĂŞtre que vous vous en souvenez aussi,
00:04:25celles et ceux qui nous regardaient,
00:04:28qui nous regardent, pardon.
00:04:30Vous savez, ce slogan qui disait
00:04:31« Le privé est politique ».
00:04:34Est-ce que tu as un avis lĂ -dessus ?
00:04:36Pour toi, le privé est-il politique ?
00:04:38Et comment est-ce que tu vis,
00:04:39justement, ton engagement au quotidien ?
00:04:41C'est profondément féministe, en fait.
00:04:43Le privé est politique.
00:04:44Et d'ailleurs, très récemment,
00:04:47un député du Rassemblement national
00:04:50pour justifier le fait
00:04:51qu'il ne voulait pas de progrès
00:04:54sur les luttes contre les violences conjugales.
00:04:58C'est parce que la société,
00:05:01enfin, les politiques publiques,
00:05:02n'avaient pas Ă  se mĂŞler
00:05:03des problèmes de voisinage.
00:05:05Donc ça, c'est hyper parlant, quoi.
00:05:06Donc, oui, le privé,
00:05:09c'est hautement politique,
00:05:10mais c'est très féministe
00:05:11puisque les femmes,
00:05:12on les relègue à la maison.
00:05:13Les femmes, elles doivent être cachées,
00:05:15elles sont dans la maison,
00:05:16elles s'occupent des enfants,
00:05:17voilĂ .
00:05:18Donc, on ne peut pas se rendre compte
00:05:20de ce qu'elles vivent et subissent.
00:05:21Donc, c'est éminemment,
00:05:22enfin, le privé est éminemment politique
00:05:25dans le sens oĂą, en fait,
00:05:26c'est finalement par le privé
00:05:27qu'on se rend compte
00:05:28à quel point la société est patriarcale.
00:05:30Oui, complètement d'accord.
00:05:33D'ailleurs, je ne sais pas
00:05:33si vous vous souvenez,
00:05:34mais il y avait cette mesure
00:05:35qui est passée un peu inaperçue
00:05:36dans le programme de Marine Le Pen
00:05:38à la présidentielle de 2022
00:05:40ou dans son volet famille.
00:05:41D'ailleurs, c'est encore consultable
00:05:42sur Internet, je crois,
00:05:44si vous allez sur le site
00:05:45de campagne de l'époque,
00:05:47eh bien, elle proposait
00:05:48des mesures fiscales
00:05:49très avantageuses.
00:05:50Si un couple de moins de 30 ans
00:05:52allait jusqu'Ă  trois enfants,
00:05:55on pouvait...
00:05:56Trois enfants avant 30 ans ?
00:05:57Trois enfants avant 30 ans,
00:05:57ouais, tu vois.
00:05:58Donc, reste Ă  la maison
00:05:59et fais des enfants
00:06:00et tu auras des mesures fiscales
00:06:01avantageuses.
00:06:02C'est-ce que c'est que la politique
00:06:03fiscale influence, bien sûr,
00:06:05le privé et donc, au travers de ça,
00:06:07transpire finalement cette vision
00:06:09de la femme, comme tu disais,
00:06:11reléguée chez elle ?
00:06:12Oui, vraiment, une politique...
00:06:14Sargent, enfin, la vision nataliste,
00:06:17le ventre des femmes serait une utilité
00:06:21pour le Rassemblement national.
00:06:25Mais, effectivement,
00:06:26sur cette mesure-lĂ ,
00:06:28on se rend compte que c'est oublié
00:06:30que c'est les femmes
00:06:31qui prennent essentiellement
00:06:32en charge les enfants,
00:06:33qu'il n'y a pas de dispositif
00:06:34d'accueil pour les enfants,
00:06:35donc elles sont obligées
00:06:37de s'en occuper.
00:06:37Donc, c'est vraiment
00:06:38mettre les femmes Ă  la maison
00:06:39et bénéficier de son travail gratuit.
00:06:42Et c'est lĂ  qu'on voit
00:06:42que les idées d'extrême droite
00:06:44rejoignent évidemment
00:06:47le néolibéralisme,
00:06:48parce que ce travail gratuit,
00:06:51l'extrĂŞme droite
00:06:51s'en accommode très bien.
00:06:53Et sur ça, justement,
00:06:54les enfants Ă  la maison,
00:06:55ça continue,
00:06:56cette façon d'utiliser les femmes
00:06:59et leur travail gratuit.
00:07:00Par exemple, dans le cadre du budget,
00:07:03la Cour des comptes,
00:07:04pour faire des économistes,
00:07:05a dit, tiens,
00:07:05si on en faisait sur le dos des femmes,
00:07:07a dit, comme proposition,
00:07:09pourquoi pas allonger
00:07:10le congé maternité
00:07:11et pas du tout aborder
00:07:13le congé paternité.
00:07:15Il ne faut pas que les hommes
00:07:16ne peuvent pas changer les couches.
00:07:18Le congé parentalité, j'imagine.
00:07:20Non, non, non.
00:07:22Maternité, c'est vraiment très clair.
00:07:23Et c'est quand mĂŞme hallucinant.
00:07:25Donc, c'était en 2024, là, récemment,
00:07:28mais dans le cadre du budget.
00:07:30VoilĂ , 2024,
00:07:31ici, on a encore des idées comme ça
00:07:35pour soi-disant résoudre le problème
00:07:39et mettre l'austérité
00:07:40sur le dos des femmes.
00:07:41Et sans rien proposer
00:07:42de services publics
00:07:43de la petite enfance.
00:07:44C'est ça.
00:07:45Évidemment, il n'y en aurait plus besoin.
00:07:47Non, il n'y a rien.
00:07:48Oui, c'est s'occuper des enfants
00:07:51non nés,
00:07:52mais une fois qu'ils sont nés,
00:07:53par contre,
00:07:55il est Ă  la maison.
00:07:56Oui, c'est ça.
00:07:57Et puis des enfants français,
00:07:58quand mĂŞme.
00:07:58Il ne faut pas déconner.
00:08:00Et toi, Yuli,
00:08:01ton déclic féministe,
00:08:03c'est quoi ton histoire ?
00:08:04D'oĂą tu viens
00:08:05et comment tu es devenue féministe ?
00:08:06Moi, je ne suis pas tombée
00:08:08dans la soupe du féministe
00:08:09quand j'étais toute petite,
00:08:11ni mĂŞme de l'engagement.
00:08:13Je suis issue d'un milieu populaire
00:08:16et il n'y avait rien de politisé
00:08:18entre guillemets autour de moi.
00:08:19Finalement, avec le recul,
00:08:22il y avait des comportements politiques
00:08:24et féministes à analyser
00:08:25dans ma famille,
00:08:27dans ma construction sociale,
00:08:28mais je ne le voyais pas comme ça.
00:08:30Et le féminisme,
00:08:31en fait, je l'ai découvert en réaction
00:08:33Ă  ce que je vivais dans l'engagement.
00:08:35J'ai commencé l'engagement
00:08:36par le milieu plutĂ´t autonome,
00:08:38artiviste,
00:08:39dans le cadre de la COP21 notamment.
00:08:41J'ai adoré comment alerter
00:08:44sur la crise écologique
00:08:46par d'autres façons, etc.
00:08:49Et en fait,
00:08:50comme j'ai commencé
00:08:50par plutĂ´t le milieu autonome
00:08:53avec des revendications
00:08:54en fait très avant-garde,
00:08:55moi, j'ai cru que c'était
00:08:56les revendications normales
00:08:58du mouvement social.
00:09:00Et c'est en fait,
00:09:03en me confrontant
00:09:04dans un engagement
00:09:05un petit peu plus institutionnel,
00:09:06dans des syndicats,
00:09:08dans des associations,
00:09:10avec certaines idées
00:09:11que j'avais naturellement,
00:09:12quoi, croyant que c'était
00:09:13des idées féministes normales,
00:09:16quoi, entre guillemets.
00:09:17Et c'est confronté en fait
00:09:18à la réaction
00:09:19dans le milieu de l'engagement
00:09:20que j'ai compris
00:09:22qu'il y avait du boulot.
00:09:23Il y avait du boulot.
00:09:24Et dans le cadre des Rosy,
00:09:25on a pu l'éprouver également.
00:09:27Alors évidemment,
00:09:28tout ce qui est centre droit,
00:09:30il y a eu de la réaction
00:09:31vraiment,
00:09:33vraiment,
00:09:34une surenchère de sexisme,
00:09:35c'était assez,
00:09:38enfin, drôle, évidemment.
00:09:39Dès le départ des Rosy ?
00:09:40Oui, dès le départ des Rosy,
00:09:41vraiment.
00:09:42Donc lĂ , oui.
00:09:42En interne ?
00:09:43Non, en interne,
00:09:44ce n'était pas le sexisme potiche
00:09:46ou le sexisme petite conne
00:09:47ou tout ça,
00:09:48mais c'était quand même,
00:09:49ce n'est pas comme ça
00:09:50qu'on fait la révolution,
00:09:52ce n'est pas une bonne façon
00:09:53de manifester.
00:09:53Ce n'est pas pris au sérieux,
00:09:55Il ne faut pas genrer
00:09:55une question sociale
00:09:57parce que c'est diviser la lutte,
00:09:59etc.
00:10:00Donc voilĂ .
00:10:01Et en fait,
00:10:01non,
00:10:01mon féminisme,
00:10:02je l'ai découvert sur le terrain.
00:10:03C'est un féminisme de terrain.
00:10:05Je n'ai pas lu dans les bouquins.
00:10:09Et c'est en me projetant,
00:10:11en construisant du coup
00:10:12du politique avec tout le monde
00:10:13que j'ai remarqué
00:10:15qu'effectivement,
00:10:15il y avait du boulot.
00:10:17Oui, en créant du commun finalement.
00:10:18Oui.
00:10:19Et je me permets de rebondir
00:10:20parce que tout Ă  l'heure,
00:10:21tu nous sortais ce qu'on dit
00:10:22souvent dans les milieux
00:10:23féministes un peu radicaux.
00:10:26Le féminisme sans lutte des classes,
00:10:28c'est du développement personnel.
00:10:29Est-ce que pour toi,
00:10:30le féminisme doit être anticapitaliste ?
00:10:33Ah oui.
00:10:33Enfin, capitaliste,
00:10:35patriarcat,
00:10:35mĂŞme combat.
00:10:36Je l'ai un peu évoqué tout à l'heure,
00:10:37mais en fait,
00:10:38le capitaliste,
00:10:39ça commode très bien
00:10:40du travail gratuit des femmes,
00:10:41en fait.
00:10:41Donc,
00:10:42elle s'occupe de...
00:10:43Donc,
00:10:45quand on dit aussi féministe
00:10:46sans lutte des classes,
00:10:46c'est du développement personnel,
00:10:48il y a cette question-lĂ .
00:10:49Évidemment,
00:10:49qu'est-ce qu'on fait de ce travail
00:10:50oĂą les femmes
00:10:51assurent l'essentiel des tâches ménagères,
00:10:53des enfants,
00:10:54tout ça n'est pas rémunéré,
00:10:55mais prennent soin de la société.
00:10:57Donc,
00:10:57elles prennent soin de la société,
00:10:58c'est-Ă -dire qu'on voit
00:10:59que ce sont les aidantes,
00:11:00les soignantes,
00:11:01du papy,
00:11:02de la mamie,
00:11:02tout ça,
00:11:03mĂŞme au travail,
00:11:04les métiers les moins valorisés
00:11:06qui ont le moins
00:11:07de reconnaissance salariale,
00:11:09c'est les aides-soignantes,
00:11:10c'est les auxiliaires de vie
00:11:12et tout ça,
00:11:12et ça donne des salaires misables
00:11:14parce que leur utilité sociale
00:11:15n'est pas reconnue.
00:11:16Et c'est le patriarcat
00:11:20qui ne les reconnaît pas,
00:11:21avec l'aide,
00:11:22évidemment,
00:11:22du capitalisme
00:11:23qui considère
00:11:24que l'utilité sociale
00:11:25n'est pas rentable.
00:11:27Les premières de corvée.
00:11:28Première de corvée,
00:11:29c'est un de nos tubes,
00:11:30d'ailleurs.
00:11:31Tu as adapté
00:11:31sur quelle chanson,
00:11:32Première de corvée ?
00:11:33En fait,
00:11:33on a repris
00:11:34à cause des garçons
00:11:35qu'on a fait
00:11:35en Ă  cause de Macron.
00:11:38Et finalement,
00:11:39justement,
00:11:39dans le cadre du Covid,
00:11:40on a vu les fameuses essentielles,
00:11:42ces fameuses premières lignes,
00:11:43on s'est dit,
00:11:43tiens,
00:11:43la société ne peut pas
00:11:44tourner sans elle,
00:11:45c'est marrant.
00:11:46Et on a,
00:11:47pendant le Covid,
00:11:47pendant le confinement,
00:11:48fait ce tube
00:11:49première de corvée.
00:11:50Et c'était plus simple
00:11:51de reprendre
00:11:51une chanson,
00:11:54une instru
00:11:54qu'on avait déjà tout ça.
00:11:55Et c'était sur les réseaux,
00:11:56en plus,
00:11:56du coup,
00:11:56comme c'était le confinement,
00:11:57non ?
00:11:57Vous n'avez pas fait
00:12:18une chanson de manif ?
00:12:19On a collé les soutenir,
00:12:19donc on a fait
00:12:20première de corvée.
00:12:21Et puis après,
00:12:21ça collait bien
00:12:22pour les retraites.
00:12:23Ah,
00:12:23tout collait.
00:12:24Tout collait.
00:12:24Planète alignée.
00:12:25Ouais.
00:12:26Mais c'est vrai
00:12:27qu'en termes de timing,
00:12:29ça paraît quand même...
00:12:30Bon,
00:12:31c'était...
00:12:31VoilĂ ,
00:12:32ça venait d'une lignée
00:12:33d'événements
00:12:34assez traumatiques,
00:12:35mais pour vous,
00:12:36ça a été un peu...
00:12:38C'est très lisible,
00:12:39quoi,
00:12:40comme bataille,
00:12:40je trouvais.
00:12:41Et tu disais
00:12:42que ça faisait assez longtemps
00:12:43que tu militais,
00:12:44finalement.
00:12:45Est-ce que...
00:12:46J'avais lu que
00:12:46t'as commencé
00:12:47avec Nuit debout aussi ?
00:12:49Et est-ce que toi,
00:12:50du coup...
00:12:50Avant,
00:12:50je me baladais en ours polaire
00:12:51dans des centres commerciaux,
00:12:53mais...
00:12:54Mais si...
00:12:55Vraiment dans un...
00:12:56Est-ce que c'est de l'amour
00:12:57que te vient l'amour
00:12:58du déguisement
00:12:58en Rosie the Rifter ?
00:13:00Ou...
00:13:00J'ai commencé par ça,
00:13:02que par l'artiviste,
00:13:03les déguisements,
00:13:03je me déguisais en tout.
00:13:04Pendant les manifs de travail,
00:13:06je me déguisais en code
00:13:06du travail géant.
00:13:08J'ai toujours adoré ça,
00:13:09j'avoue.
00:13:10Et du coup,
00:13:10toi,
00:13:10forte de cette décennie
00:13:12de militantisme,
00:13:13mais est-ce que tu t'attendais
00:13:14Ă  ce que l'extrĂŞme droite
00:13:15prenne autant de pouvoir
00:13:17sur ces dernières années,
00:13:18qu'elle monte autant en puissance,
00:13:19que ce soit dans le débat public,
00:13:21dans les urnes ?
00:13:23Bah...
00:13:23Sous Macron,
00:13:25oui.
00:13:25Quand Macron est arrivé,
00:13:26quand mĂŞme,
00:13:26Ă  partir de 2017,
00:13:27et que sa première mesure,
00:13:28c'était supprimer l'impôt
00:13:30sur la fortune,
00:13:32mettre en place
00:13:33la flat tax,
00:13:34donc c'est-Ă -dire,
00:13:34en gros,
00:13:36permettre aux revenus financiers
00:13:39d'échapper mieux
00:13:40finalement Ă  l'impĂ´t.
00:13:41C'est pas comme ça,
00:13:41je fais un raccourci,
00:13:42mais voilĂ .
00:13:44Et aussi,
00:13:45évidemment,
00:13:45sur la loi travail,
00:13:46qui était déjà
00:13:46une catastrophe,
00:13:48d'un point de vue...
00:13:49VoilĂ  comment...
00:13:50Enfin,
00:13:50d'un point de vue social.
00:13:51Du droit des salariés.
00:13:52C'est une catastrophe,
00:13:53mais lui,
00:13:54il a fait quoi ?
00:13:54Paf,
00:13:54il supprime les quatre critères
00:13:56de pénibilité, quoi.
00:13:57Donc,
00:13:58qui,
00:13:59qui,
00:14:00produisent des effets ignobles
00:14:01en allongeant du coup
00:14:02la retraite Ă  64 ans.
00:14:04VoilĂ ,
00:14:05on allonge le départ à la retraite,
00:14:06on supprime...
00:14:07Donc,
00:14:07on a compris,
00:14:08voilĂ ,
00:14:09sous Macron,
00:14:09qu'en tout cas,
00:14:11au niveau français,
00:14:13ça allait favoriser mécaniquement.
00:14:16Ça allait faire le tapis rouge
00:14:18Ă  l'extrĂŞme droite,
00:14:19puisqu'il y aurait du ressentiment,
00:14:21parce que quand on détruit
00:14:22les services publics,
00:14:23quand on détruit la protection sociale,
00:14:25eh bien,
00:14:26des gens vont mal.
00:14:28VoilĂ .
00:14:29Et malheureusement,
00:14:30le Rassemblement national,
00:14:32c'est l'instrumentalisé,
00:14:34notamment récemment.
00:14:35Enfin,
00:14:36il parle que du pouvoir d'achat.
00:14:37on peut lui parler de tout,
00:14:37mais Ă  chaque fois,
00:14:38il va parler du pouvoir d'achat,
00:14:40le pouvoir d'achat,
00:14:40parce qu'il a compris
00:14:41que c'était un levier
00:14:42et que nous,
00:14:43justement,
00:14:43on essaye de dire,
00:14:44mais le pouvoir d'achat,
00:14:46enfin,
00:14:46il y a aussi les services publics,
00:14:47ça ne se voit pas,
00:14:48c'est pas une...
00:14:49Il y a aussi les services publics,
00:14:50tout ça,
00:14:50et c'est...
00:14:51mais au niveau international,
00:14:54je pense que ça s'est considérablement accéléré.
00:14:59Ça s'est considérablement accéléré.
00:15:03Et effectivement,
00:15:05il y a du boulot.
00:15:07Mais je pense que la question féministe
00:15:10peut vraiment nous rassembler.
00:15:11C'est-à-dire que ça s'observe
00:15:15dans des endroits
00:15:17oĂą l'extrĂŞme droite a le pouvoir,
00:15:18eh bien,
00:15:19il y a quand mĂŞme
00:15:21une réaction féministe,
00:15:23enfin,
00:15:23réaction sans réaction,
00:15:24mais voilĂ .
00:15:25Une résistance féministe.
00:15:26Une offensive.
00:15:27Il y a quelque chose qui se passe
00:15:28qui peut beaucoup passer...
00:15:34On se laisse pas faire, quoi.
00:15:40Mais on a beaucoup craint
00:15:42que cette manif du 8 mars,
00:15:44il y avait plein de rumeurs
00:15:45qu'elle voulait s'imposer, etc.
00:15:47Finalement,
00:15:48elles ont rien réussi à instrumentaliser.
00:15:51C'était Peanuts.
00:15:52Elles étaient pas très nombreuses,
00:15:53notamment Ă  Paris,
00:15:54puisqu'ailleurs,
00:15:55elles n'étaient même pas là.
00:15:56Et donc,
00:15:57ceux qui ont manifesté
00:15:58se sont mĂŞme pas rendus compte
00:15:59qu'elles étaient là.
00:16:02Finalement,
00:16:02c'est plutĂ´t une bonne nouvelle.
00:16:05Alors déjà,
00:16:05je voulais dire,
00:16:06pour la manifestation parisienne,
00:16:08effectivement,
00:16:08où elles étaient là,
00:16:09un grand bravo
00:16:10Ă  l'organisation,
00:16:13aux organisatrices
00:16:14de la manifestation
00:16:15et au service d'ordre
00:16:15qui n'était pas immense,
00:16:18mais qui a vraiment
00:16:19tenu les rangs.
00:16:20C'était impressionnant
00:16:21parce que ça a duré des heures.
00:16:22Nous, on était là à l'érosion.
00:16:23On est resté 5 heures
00:16:24place de la République.
00:16:26Et c'est parce qu'ils tenaient
00:16:27coûte que coûte
00:16:28toutes les artères
00:16:28pour pas que l'extrĂŞme droite passe.
00:16:31Et ce qu'il faut signaler,
00:16:31c'est quand mĂŞme
00:16:32la protection policière.
00:16:33Il y a quand mĂŞme eu
00:16:34de la répression
00:16:35envers les personnes
00:16:36du service d'ordre,
00:16:37notamment une garde Ă  vue
00:16:38d'une personne
00:16:39du syndicat solidaire.
00:16:40Donc, bon, voilĂ ,
00:16:42ça reste ça.
00:16:44Oui, elles sont minoritaires,
00:16:45oui, mais ce n'est pas
00:16:46une bonne nouvelle
00:16:47pour de choses.
00:16:47Je trouve que c'est quand mĂŞme
00:16:48déjà d'une part,
00:16:49ça a pris trop de place
00:16:49dans les médias
00:16:50avant et après.
00:16:51Parce que comme elles ont fait
00:16:52exprès de l'annoncer,
00:16:53de le mettre en scène,
00:16:56les médias ont traité
00:16:57cette question-lĂ 
00:16:58parce qu'encore une fois,
00:16:59ça signale politiquement
00:17:00quelque chose.
00:17:00Si l'extrĂŞme droite
00:17:01s'invite dans les questions,
00:17:02enfin, dans la question
00:17:03des droits des femmes,
00:17:04c'est bien parce que lĂ ,
00:17:05il y a un levier,
00:17:06il y a un marché finalement
00:17:09électoraliste
00:17:10Ă  se mettre sous la dent.
00:17:11VoilĂ .
00:17:11Il y a leur agenda
00:17:12Ă  servir, quoi,
00:17:13et les questions
00:17:14des droits des femmes
00:17:14peuvent servir leur agenda
00:17:16raciste et classiste.
00:17:18Et sur...
00:17:19VoilĂ .
00:17:20Ce qui est tout neuf,
00:17:21en plus,
00:17:21parce qu'avant Némésiste,
00:17:23tous les mouvements
00:17:24de femmes
00:17:24n'étaient pas féministes,
00:17:26tous les mouvements
00:17:26de femmes
00:17:26d'extrĂŞme droite.
00:17:28Némésiste,
00:17:28c'est le premier
00:17:28qui s'affirme
00:17:29comme un mouvement
00:17:31féministe identitaire.
00:17:32En fait,
00:17:33il s'affirme féministe.
00:17:35Est-ce que tu trouves
00:17:36qu'il y a du féministe
00:17:37de droite,
00:17:38du féministe d'extrême droite,
00:17:39pour toi, ça existe ?
00:17:40Non, c'est impossible,
00:17:40c'est incompatible.
00:17:41Le féminisme,
00:17:42c'est l'émancipation.
00:17:44Donc, c'est impossible,
00:17:46c'est nécessairement
00:17:48incompatible, quoi.
00:17:48Donc,
00:17:50elles se disent féministes
00:17:51parce qu'encore une fois,
00:17:52c'est de l'instrumentalisation.
00:17:53C'est parce qu'elles sont
00:17:54des femmes cĂ´te Ă  cĂ´te,
00:17:55donc elles sont féministes.
00:17:56Ce n'est pas vrai.
00:17:57Il faut porter,
00:17:58évidemment,
00:17:58des...
00:17:59Il faut que les revendications,
00:18:00ce soit vraiment
00:18:01de la transformation sociale,
00:18:03de la justice sociale,
00:18:04de l'émancipation.
00:18:05Ça ne peut pas être...
00:18:06Puis,
00:18:07en plus,
00:18:07au-delà de la question féministe,
00:18:08c'est qu'elles sont vraiment
00:18:09sur la question identitaire,
00:18:13raciale.
00:18:13Et quand elles parlent
00:18:15de les luttes
00:18:16contre les violences sexistes
00:18:17et sexuelles,
00:18:18elles n'en parlent jamais.
00:18:20Elles n'ont aucune
00:18:21revendication féministe,
00:18:22en fait.
00:18:23Par exemple,
00:18:24vraiment,
00:18:24si on veut avoir
00:18:25des revendications féministes
00:18:26aujourd'hui,
00:18:27il faut impérativement
00:18:27aborder la question sociale.
00:18:29C'est obligatoire.
00:18:30Il faut aborder
00:18:31les réformes injustes
00:18:32qui empĂŞchent les femmes
00:18:33de s'émanciper,
00:18:34de vivre dignement,
00:18:35d'une manière structurellement.
00:18:37C'est une chape de plomb.
00:18:38Et d'être indépendante
00:18:39économiquement.
00:18:40Donc, en fait,
00:18:41le féminisme,
00:18:42il peut difficilement
00:18:43se dissocier
00:18:44de la contestation
00:18:45des politiques libérales,
00:18:47évidemment,
00:18:48de la lutte antiraciste.
00:18:49Enfin, voilĂ .
00:18:49Donc, non,
00:18:50c'est totalement incompatible.
00:18:52Mais lĂ  oĂą je vois
00:18:53un gap qui a été franchi,
00:18:54et je le signale,
00:18:55je vous fais passer un message,
00:18:56mais c'est quand mĂŞme
00:18:57qu'avant,
00:18:57elles avaient les portraits
00:18:58de femmes soi-disant violées
00:19:00par des...
00:19:01Enfin,
00:19:01de femmes violées
00:19:02soi-disant par des étrangers
00:19:03ou personnes issues
00:19:04d'immigration
00:19:04ou des quartiers.
00:19:05Et lĂ ,
00:19:07elles mettent maintenant
00:19:07le portrait de Gisèle Pellicot
00:19:09pour dire qu'elles sont vraiment...
00:19:12Elles dénoncent vraiment
00:19:13les violences.
00:19:14Toutes les violences.
00:19:15Et lĂ ,
00:19:15il se passe quelque chose.
00:19:17Et l'extrĂŞme droite,
00:19:19elle a sa stratégie
00:19:20parce que très récemment,
00:19:22je ne sais plus si c'était...
00:19:23Je ne sais plus.
00:19:24Très récemment,
00:19:24en Italie,
00:19:26il y a un amendement
00:19:28du gouvernement Mélonie
00:19:30qui a...
00:19:31qui autorise les antichoits
00:19:33Ă  rentrer
00:19:35dans les centres IVG
00:19:36pour dissuader les femmes
00:19:37d'avorter.
00:19:39Sachant que déjà,
00:19:40au niveau des médecins,
00:19:42une majorité refuse
00:19:43de le pratiquer, etc.
00:19:44Donc déjà,
00:19:44c'est compliqué.
00:19:45Plus, plus, plus.
00:19:46Mais alors qu'elle a affirmé
00:19:48politiquement
00:19:48que jamais elle toucherait
00:19:49Ă  la loi avortement.
00:19:50Donc oui,
00:19:51elle ne touche pas
00:19:51Ă  la loi avortement.
00:19:52Mais derrière,
00:19:53il y a d'autres façons de faire.
00:19:54Et cette façon d'avancer
00:19:56en double visage
00:19:57qui doit vraiment nous alerter.
00:20:00LĂ ,
00:20:00le fait de voir
00:20:00le portrait de Gisèle
00:20:01dans un cortège
00:20:02fémon nationaliste,
00:20:03ça doit vraiment
00:20:04nous alerter.
00:20:05Et tu parlais
00:20:06de l'avortement
00:20:07et du fait
00:20:08que Némésis
00:20:10effectivement
00:20:11ne porte pas
00:20:12des combats féministes.
00:20:13Donc je fais le lien
00:20:14avec ce qu'on disait
00:20:14en début d'émission
00:20:16qu'effectivement,
00:20:17sur leur page,
00:20:17elles reconnaissaient
00:20:18elles-mĂŞmes
00:20:18qu'elles n'ont pas
00:20:19de position
00:20:19sur l'avortement
00:20:20parce que leurs militantes
00:20:21ne sont pas d'accord.
00:20:23Et finalement,
00:20:24alors je ne sais pas
00:20:24ce que tu en penseras,
00:20:25justement,
00:20:26ça nous intéresse,
00:20:27ça semble un peu rappeler
00:20:29le mouvement
00:20:30post-année 70-80,
00:20:32c'est-à-dire fin des années 80,
00:20:34début 90,
00:20:35oĂą il y a eu des luttes
00:20:37anti-avortement
00:20:37très fortes,
00:20:38postérieures
00:20:39aux avancées
00:20:40des féministes
00:20:40des années 70.
00:20:42C'est ce que Suzanne Faludi
00:20:43appelait le backlash
00:20:45dans son livre
00:20:46du mĂŞme nom,
00:20:47c'est-Ă -dire qu'il y avait
00:20:47beaucoup de fausses vérités
00:20:49qui étaient brandies
00:20:50comme ça,
00:20:52notamment,
00:20:52et c'est un peu
00:20:53ce que tu disais aussi,
00:20:54voilĂ ,
00:20:54qu'il y aurait des pressions
00:20:57comme en Italie,
00:20:58si les anti-avortements
00:20:59peuvent aller dans les cliniques,
00:21:00c'est aussi pour dire aux femmes
00:21:01« Attention,
00:21:02vous allez déprimer
00:21:03si vous avortez,
00:21:04pour les dissuader. »
00:21:05Et alors,
00:21:06dans les années,
00:21:07fin d'année 80,
00:21:08début 90,
00:21:08il y avait aussi des médias
00:21:09qui affirmaient
00:21:10ces contre-vérités
00:21:12en disant
00:21:12que le féminisme
00:21:13provoquait l'infécondité
00:21:15et allait mĂŞme
00:21:16jusqu'Ă  provoquer
00:21:17une pénurie
00:21:18d'hommes Ă  marier.
00:21:20VoilĂ .
00:21:22C'était ça
00:21:22dans les années,
00:21:23début des années 90,
00:21:24fin des années 80
00:21:25aux États-Unis
00:21:26parce que Suzanne Faludi
00:21:27s'était penchée
00:21:28sur la réaction
00:21:29réactionnaire
00:21:29aux États-Unis.
00:21:30Les toccards quand mĂŞme.
00:21:32Et finalement,
00:21:33Suzanne Faludi
00:21:33a été interviewée
00:21:34après MeToo
00:21:36au début d'année 2020
00:21:36et la journaliste
00:21:37lui a demandé
00:21:38si elle pensait
00:21:39que c'était
00:21:39un nouveau backlash
00:21:40qu'on vivait aujourd'hui
00:21:41et elle disait que oui
00:21:42de manière encore
00:21:43plus violente
00:21:44d'après elle
00:21:44que dans les années 80,
00:21:4690.
00:21:46Est-ce que toi,
00:21:47justement,
00:21:48tu dirais
00:21:48qu'on est en backlash
00:21:49aussi ou pas ?
00:21:50Tracer la question.
00:21:54La question Ă  laquelle
00:21:55on n'a pas envie
00:21:55de répondre.
00:21:56Si on essaie,
00:21:57j'essaie de voir,
00:21:59merci,
00:21:59on voit donc
00:22:00le club des bro,
00:22:01la brolygarchie,
00:22:03c'est-Ă -dire
00:22:04le club des milliardaires,
00:22:07Trump,
00:22:08Musk,
00:22:09Zuckerberg,
00:22:11Zuckerberg
00:22:11qui a eu
00:22:12ses propos masculinistes
00:22:14tout de suite
00:22:14à l'élection de Trump.
00:22:17Trump ou un influenceur
00:22:19masculiniste
00:22:19a repris
00:22:21le fameux slogan
00:22:22« mon corps,
00:22:23mon choix »
00:22:23et a dit
00:22:24« ton corps,
00:22:25mon choix ».
00:22:26VoilĂ .
00:22:27Quand on voit ça,
00:22:29effectivement,
00:22:30on peut se dire
00:22:30que le backlash
00:22:31va ĂŞtre costaud
00:22:33parce qu'on parle
00:22:34de personnes
00:22:35qui ont
00:22:35les pouvoirs politiques,
00:22:36les pouvoirs économiques
00:22:37et les pouvoirs médiatiques
00:22:38entre les mains.
00:22:39Donc,
00:22:39effectivement,
00:22:40ça,
00:22:40ça fait peur.
00:22:41après,
00:22:43reste que
00:22:44ce que je constate,
00:22:45si on est tangible,
00:22:47parce que je ne vais pas faire de…
00:22:48Mais reste qu'on était
00:22:50250 000 samedis.
00:22:51Et donc,
00:22:52c'est quand même…
00:22:52VoilĂ .
00:22:53C'est quand mĂŞme
00:22:54quelque chose,
00:22:55c'est tangible, ça.
00:22:55Ça veut bien dire.
00:22:57Et mĂŞme dans le cadre,
00:22:58en fait,
00:22:59des législatives,
00:23:00il y a eu
00:23:00donc le nouveau
00:23:02Front populaire,
00:23:03il y a eu
00:23:03des mobilisations,
00:23:04etc.
00:23:05Eh bien,
00:23:05la deuxième manifestation officielle,
00:23:07c'était les alertes féministes.
00:23:09Exactement.
00:23:09C'était bien
00:23:10les alertes féministes qui…
00:23:12C'est une vraie force aussi.
00:23:12Donc,
00:23:13il y a une vraie…
00:23:14En fait,
00:23:17le féminisme
00:23:18est presque lĂ 
00:23:19pour lutter
00:23:21contre l'extrĂŞme droite,
00:23:22pour montrer
00:23:22tous les visages,
00:23:24tout ce que peut faire
00:23:25de mal l'extrĂŞme droite.
00:23:26Le féminisme,
00:23:26c'est ça,
00:23:27parce que derrière
00:23:28le féminisme,
00:23:28il n'y a pas que
00:23:29la question des femmes,
00:23:30il y a la question,
00:23:30évidemment,
00:23:31des minorités,
00:23:32il y a la question
00:23:33des enfants.
00:23:34Ça traite
00:23:35toutes les personnes
00:23:36opprimées,
00:23:36en fait,
00:23:37la question féministe,
00:23:38la question LGBT,
00:23:41donc c'est ça
00:23:42qu'il y a d'ailleurs.
00:23:42En fait,
00:23:43le combat féministe
00:23:44est structurellement,
00:23:45profondément
00:23:45le levier
00:23:48pour combattre
00:23:49l'extrĂŞme droite.
00:23:50puis d'ailleurs,
00:23:51pour le 7 mars,
00:23:52on peut le retourner
00:23:53comme ça,
00:23:53parce que cette fameuse
00:23:54manif du 7 mars,
00:23:55donc la manif nocturne,
00:23:58qui existe depuis
00:23:594-5 ans,
00:24:01a failli ĂŞtre interdite
00:24:02par la préfecture de Paris,
00:24:03et finalement,
00:24:04il y avait quand mĂŞme
00:24:05beaucoup de féministes
00:24:06qui étaient là
00:24:06et au in extremus,
00:24:07au dernier moment,
00:24:08le tribunal administratif
00:24:09a levé l'interdiction.
00:24:11Donc,
00:24:12est-ce que c'est dĂ»
00:24:13Ă  un rapport de force ?
00:24:14En tout cas,
00:24:15ça montre bien aussi
00:24:16qu'il y a un pouvoir
00:24:17aussi possible
00:24:18des femmes
00:24:18et des féministes
00:24:20Ă  imposer.
00:24:22Déjà,
00:24:22c'est historique.
00:24:23C'est vrai qu'elle n'est pas
00:24:23très longue,
00:24:24ça ne fait pas très longtemps,
00:24:25mais ça reste quand même
00:24:26historique d'interdire
00:24:27une manifestation féministe.
00:24:30Et c'est liberticide déjà
00:24:32parce que quand mĂŞme,
00:24:34ce pouvoir a l'habitude
00:24:35fâcheuse
00:24:36de trop interdire
00:24:38de manifestation,
00:24:39Ă  un point que se fasse
00:24:40l'objet de signalements
00:24:41au niveau des instances
00:24:42nationales,
00:24:43européennes et internationales,
00:24:44pour dire qu'il y a
00:24:44de vraies difficultés
00:24:46Ă  ce que la population
00:24:47française puisse faire
00:24:48exercer son droit
00:24:49de manifestation,
00:24:50sa liberté d'expression.
00:24:51C'est vraiment
00:24:52jusque dans,
00:24:54voilĂ ,
00:24:54toutes les instances.
00:24:55Donc,
00:24:55il y a un vrai problème.
00:24:56Bon,
00:24:57mais sur la marge du 7,
00:24:58oui,
00:24:59bon,
00:24:59ben voilĂ ,
00:24:59c'est un fait historique,
00:25:01c'est liberticide,
00:25:02mais pareil,
00:25:03ça dit quelque chose,
00:25:04ça dit que les féministes
00:25:06et leurs revendications
00:25:07sont bien visées.
00:25:09Elles sont visées,
00:25:10elles sont source,
00:25:11en fait,
00:25:12de déstabilisation
00:25:13du pouvoir.
00:25:14Et donc,
00:25:15il faut étouffer
00:25:17leur révolte
00:25:18dans l'œuf,
00:25:18quoi.
00:25:19Donc,
00:25:19la manifestation nocturne
00:25:21parisienne,
00:25:22elle rassemble quand mĂŞme
00:25:23du monde,
00:25:25mais lĂ ,
00:25:26de plus en plus.
00:25:27LĂ ,
00:25:28elles étaient 3500,
00:25:29c'est énorme
00:25:29par rapport Ă  l'an dernier.
00:25:31On rappelle juste
00:25:32dans le chat
00:25:33que ça concerne,
00:25:35on va dire,
00:25:36c'est le penchant
00:25:36plus radical
00:25:38du 8 mars,
00:25:38la marge nocturne
00:25:39du 7 mars.
00:25:39On peut dire ça comme ça.
00:25:41Oui,
00:25:41après,
00:25:42c'est pour ça
00:25:42que les marches nocturnes
00:25:44ou des nuits,
00:25:45pour pas que ça fasse trop...
00:25:46Oui,
00:25:47mais effectivement,
00:25:48c'est...
00:25:48Je peux dire radical
00:25:48dans le bon sens du terme.
00:25:50Attention.
00:25:51Traditionnellement,
00:25:52c'est ça,
00:25:52c'est avec des revendications
00:25:55plus avant-gardes,
00:25:57plus poussées,
00:25:59et puis une forme aussi,
00:26:00c'est une façon
00:26:01de faire la nuit,
00:26:02on s'impose la nuit,
00:26:03la nuit est Ă  nous.
00:26:04L'espace,
00:26:05la nuit est Ă  nous.
00:26:07VoilĂ ,
00:26:07c'est un style,
00:26:08mais voilĂ ,
00:26:09cette interdiction,
00:26:10elle doit vraiment nous alerter,
00:26:11elle signale quelque chose.
00:26:12La réponse,
00:26:13il y a eu du monde,
00:26:13le soir mĂŞme,
00:26:14puis le lendemain,
00:26:15il y a eu du monde.
00:26:17Donc voilĂ ,
00:26:18mais ce que je voulais dire,
00:26:18pour revenir sur le backlash,
00:26:20oui,
00:26:20effectivement,
00:26:21on va le...
00:26:22Mais justement,
00:26:23il faut vraiment
00:26:24consolider nos rangs
00:26:25et ĂŞtre en conscience
00:26:27de ce que la puissance
00:26:29de la solidarité féministe
00:26:31fait que ça fait peur
00:26:33au pouvoir,
00:26:34en tout cas.
00:26:35Donc ça,
00:26:36il faut en avoir conscience
00:26:38et que...
00:26:40Il y a une forme de résistance
00:26:41qui est en train
00:26:42de se mettre en place,
00:26:43on va dire.
00:26:44Il y a une conscientisation
00:26:45des enjeux
00:26:47avec vraiment
00:26:47cette accélération.
00:26:48Enfin,
00:26:49on constate que ça s'accélère,
00:26:50ça s'aggrave.
00:26:52Et donc,
00:26:53ça ne nous étonne presque pas
00:26:54qu'ils aient essayé
00:26:56d'interdire cette marche.
00:26:58C'était...
00:26:59De toute façon,
00:27:00le nombre de manifestations
00:27:02interdites,
00:27:02dès lors que ça ne sert pas
00:27:04le logiciel et le narratif
00:27:05du gouvernement,
00:27:06c'est interdit par principe.
00:27:08Et en dehors des...
00:27:09Non, je pensais...
00:27:11Parce que je repensais
00:27:12Ă  cette manif,
00:27:13je ne sais plus,
00:27:13je crois que c'est en 2020,
00:27:14où il y avait une énorme répression.
00:27:16Et moi,
00:27:17je me souviens
00:27:17des femmes
00:27:18qui s'étaient...
00:27:20les flics...
00:27:21traînées dans les escaliers
00:27:23de métro
00:27:23par les cheveux,
00:27:24il y avait eu des gaves,
00:27:26il y avait eu des interpellations
00:27:27et en fait,
00:27:28personne n'avait été...
00:27:28Et un narratif incroyable,
00:27:30je me rappelle,
00:27:30Marlène Schiappa,
00:27:32qui avait dit que de toute façon,
00:27:33c'était interdit,
00:27:34c'était une manifestation sauvage.
00:27:36Donc,
00:27:36elle avait justifié
00:27:37les violences
00:27:39sur un fait faux,
00:27:40c'est-Ă -dire
00:27:41qu'elle n'aurait pas suivi
00:27:42le parcours.
00:27:43Bon,
00:27:43déjà,
00:27:43quand bien mĂŞme,
00:27:44elle n'aurait pas suivi le parcours
00:27:45et ça aurait été
00:27:45une manifestation sauvage.
00:27:47Tu ne tires pas les cheveux.
00:27:48Mais c'est...
00:27:48Ce n'est pas des techniques
00:27:49de maintien de l'ordre,
00:27:50normalement,
00:27:51tirées par les cheveux,
00:27:52il me semble.
00:27:53Non,
00:27:53a priori,
00:27:53ce n'est pas une technique
00:27:55reconnue,
00:27:55non.
00:27:59Non,
00:27:59mais du coup,
00:28:00c'était exactement
00:28:00la mĂŞme question.
00:28:01Enfin,
00:28:01je voulais savoir si...
00:28:02Mais la réponse est oui.
00:28:03Malheureusement,
00:28:04si tu avais vu
00:28:06une évolution
00:28:07de la...
00:28:08une prise de puissance,
00:28:09en fait,
00:28:10de la répression policière
00:28:11aujourd'hui.
00:28:12D'une manière générale ?
00:28:13Oui.
00:28:14Oui.
00:28:15Enfin,
00:28:15dans les manifestations,
00:28:16tout ça,
00:28:16est-ce que tu as souvenir
00:28:17du moment où c'était
00:28:18beaucoup...
00:28:19Mais tu as eu des espoirs.
00:28:20Toi,
00:28:20tu as été même...
00:28:22En garde Ă  vue ?
00:28:23Oui.
00:28:24Oui.
00:28:25Oui.
00:28:26C'est systématique maintenant.
00:28:27Ça fait système.
00:28:28C'est-Ă -dire que
00:28:31ce n'est pas nous
00:28:31qui le disons.
00:28:33C'est la contrôleuse générale
00:28:35des lieux de privation
00:28:36de liberté.
00:28:36Donc,
00:28:37l'institution officielle
00:28:38en France
00:28:38qui mesure
00:28:39les gardes Ă  vue
00:28:40et qui dit
00:28:41qu'il y a une instrumentalisation
00:28:42politique.
00:28:43Dans son dernier rapport,
00:28:44il y a une instrumentalisation
00:28:45politique des gardes Ă  vue.
00:28:46Donc,
00:28:47aujourd'hui,
00:28:48oui,
00:28:48tout l'arsenal judiciaire,
00:28:50législatif,
00:28:51policier
00:28:53est fait
00:28:54pour
00:28:56être utilisé
00:28:57politiquement.
00:28:57C'est-Ă -dire,
00:28:58quand ça conteste
00:28:59un petit peu trop
00:29:00le pouvoir,
00:29:01eh bien,
00:29:01ils peuvent être utilisés
00:29:02Ă  des fins politiques
00:29:03et pas des fins
00:29:04de maintien de l'ordre.
00:29:05Parce que,
00:29:05normalement,
00:29:06la garde Ă  vue,
00:29:07c'est parce qu'il y a
00:29:08un délit
00:29:09ou une menace,
00:29:11une interdiction
00:29:12de manifestation,
00:29:13c'est parce qu'il y a
00:29:13vraiment un risque
00:29:15important Ă  l'ordre public,
00:29:17etc.
00:29:17LĂ ,
00:29:18tous les arguments
00:29:20sont politiques,
00:29:21en fait,
00:29:21et ce n'est pas pour des raisons
00:29:23de maintien de l'ordre.
00:29:24Et lĂ ,
00:29:25ça a vraiment augmenté.
00:29:26Encore une fois,
00:29:27il y a eu différents rapports
00:29:28au niveau de toutes les instances
00:29:29qui montrent qu'il y a un problème
00:29:31de liberté d'expression,
00:29:33de manifestation
00:29:33et de violence policière
00:29:36en France.
00:29:36Et oui,
00:29:37d'ailleurs,
00:29:37je suis allée chercher récemment
00:29:38une amie militante,
00:29:40artiste,
00:29:40féministe en garde à vue,
00:29:42après une représentation
00:29:43de sa part
00:29:44qui n'était pas du tout
00:29:46violente.
00:29:46C'était une représentation
00:29:47hyper pacifiste.
00:29:48Vous pouvez aller voir sa page
00:29:49d'ailleurs,
00:29:49c'est Marie Pervenche.
00:29:50Et j'y pense parce que
00:29:51ça fait complètement écho
00:29:52Ă  ce que tu dis.
00:29:53C'est-Ă -dire que peut-ĂŞtre
00:29:54qu'il y a quelques années,
00:29:55elle ne se serait pas retrouvée
00:29:56en garde à vue pour ça.
00:29:57Elle s'était simplement
00:30:00assise devant la Joconde,
00:30:01mais bien avant,
00:30:02elle n'a pas dépassé
00:30:03les fils de sécurité.
00:30:04Donc,
00:30:05elle s'est assise devant le poteau.
00:30:06Elle ne bougeait pas.
00:30:08Alors certes,
00:30:08elle commençait à enlever
00:30:09son t-shirt,
00:30:09mais elle était de dos.
00:30:10Et c'était pour protester
00:30:11contre le manque de femmes
00:30:12exposées au Louvre.
00:30:13Et lĂ ,
00:30:14la sécurité lui a atterri dessus.
00:30:16Et on le voit sur les vidéos
00:30:17parce que
00:30:18quelqu'une avait fait une vidéo,
00:30:20je crois que c'était
00:30:20la photographe
00:30:21qui était là pour photographier
00:30:22la performance filmée.
00:30:24Et on voit qu'ils arrivent sur elle
00:30:26et on l'entend dire
00:30:27« Non mais moi,
00:30:27de toute façon,
00:30:29c'est bon,
00:30:30je ne vais rien faire au tableau,
00:30:31ni rien,
00:30:32je suis pacifiste.
00:30:33Et la plaque au sol,
00:30:34c'est ultra violent.
00:30:36Et ensuite,
00:30:36ils la mettent en garde Ă  vue.
00:30:37La police arrive
00:30:38et donc forcément,
00:30:39ce n'est pas la sécurité interne du Louvre
00:30:40qui décide de la mettre en garde à vue.
00:30:41Mais en tout cas,
00:30:42le parquet la fait mettre en garde Ă  vue.
00:30:44La police la met en garde Ă  vue.
00:30:46Ensuite,
00:30:46le parquet fait durer la garde Ă  vue
00:30:48jusqu'Ă  la fin des 24 heures.
00:30:49Donc,
00:30:49elle passe la nuit en prison pour ça.
00:30:52Et puis,
00:30:53moi,
00:30:53j'arrive donc au moment oĂą,
00:30:55avant son audition,
00:30:57oĂą je l'informe de ses droits,
00:30:58etc.
00:30:59Et effectivement,
00:31:00je me dis,
00:31:01mais si demain,
00:31:02on est sous une présidence RN
00:31:05après 2027,
00:31:06ça va être encore pire
00:31:07pour les militantes
00:31:08et les militants de gauche.
00:31:09Pardon.
00:31:10Non, non,
00:31:10tu avais fini ?
00:31:12Oui,
00:31:12j'ai fini,
00:31:12j'ai fini.
00:31:13Ok,
00:31:13mais juste pour dire,
00:31:14la garde Ă  vue en plus,
00:31:15celle qu'on a faite,
00:31:15c'est les rosies.
00:31:17C'est-à-dire qu'on a été le jour
00:31:18de l'ouverture des débats
00:31:19de la réforme des retraites.
00:31:21On a compris que les débats
00:31:22allaient être compliqués.
00:31:24Que ça sentait le 49-3.
00:31:26Donc,
00:31:26on s'est dit,
00:31:27on va aller devant l'Assemblée nationale
00:31:28et on a dansé devant l'Assemblée nationale.
00:31:30Sur la statue de la loi,
00:31:31on a mis une chasuble.
00:31:32C'est violent,
00:31:32c'est violent la danse.
00:31:34Et on a mis une chasuble
00:31:36Ă  la statue de la loi.
00:31:37Et puis,
00:31:38sur les portes de l'Assemblée nationale,
00:31:39on a écrit à la craie 60 ans
00:31:41pour demander la retraite Ă  60 ans.
00:31:44De la craie ?
00:31:45De la craie ?
00:31:46Et donc,
00:31:47pour cela,
00:31:48on a dansé la craie,
00:31:49on a été interpellé,
00:31:51on a été placé en garde à vue.
00:31:53Et deux parmi nous,
00:31:54on a eu un procès.
00:31:55VoilĂ .
00:31:56Donc,
00:31:56de la craie et une danse.
00:31:57Et ça fait l'objet d'ailleurs
00:31:58d'une animation dans nos cortèges.
00:32:00On lance des craies,
00:32:02on leur explique ce qui s'est passé
00:32:03pour montrer
00:32:05ce qui se passe au niveau de la répression.
00:32:07Que voilĂ ,
00:32:07la répression est systématique
00:32:09dès lors que c'est politique.
00:32:11Et on jette des craies dans les cortèges
00:32:13et les gens écrivent leurs espoirs,
00:32:15mais aussi leur colère au sol.
00:32:16Ça donne des choses super chouettes.
00:32:18Et celles qui ont été renvoyées
00:32:20devant le tribunal correctionnel,
00:32:21tu te souviens du motif de l'infraction ?
00:32:24Comment est-ce qu'ils avaient réussi
00:32:25à caractériser ça ?
00:32:27Dégradation.
00:32:27Au début,
00:32:28ils voulaient mettre
00:32:31patrimoine,
00:32:31mais en fait,
00:32:32c'était pas classé.
00:32:33Enfin,
00:32:33je ne sais plus.
00:32:34Ils étaient trompés
00:32:34sur la qualification juridique.
00:32:36Et finalement,
00:32:37ils ont mis,
00:32:38oui,
00:32:38dégradation.
00:32:39Mais le problème,
00:32:40c'est qu'il n'y avait pas de dégradation
00:32:41puisque la craie,
00:32:42ça part.
00:32:43Donc,
00:32:43c'est ridicule.
00:32:44Et le tribunal est entré
00:32:45en vote de condamnation
00:32:46ou elles ont été acquittées ?
00:32:48Non,
00:32:48c'était 400 euros d'amende.
00:32:52D'accord.
00:32:52400 euros d'amende.
00:32:53Vous savez que c'est lĂ 
00:32:53oĂą tu parlais
00:32:54des dispositifs de répression,
00:32:56mais ils sont très nombreux.
00:32:57Et justement,
00:32:59maintenant,
00:32:59il y a l'alternative aux poursuites.
00:33:01Ah oui,
00:33:01donc elles ont une alternative aux poursuites.
00:33:02Les alternatives aux poursuites,
00:33:04c'est vraiment le truc massif actuellement
00:33:06qui est en train d'avoir un impact majeur
00:33:09sur l'activité des associations,
00:33:10des collectifs,
00:33:11puisqu'en fait,
00:33:14on veut un vrai procès à la rigueur
00:33:15pour justifier politiquement le gagner.
00:33:17C'est le cas Ă  Attaque France.
00:33:18On a eu un procès contre Apple International.
00:33:20On l'a gagné pour justifier
00:33:21pourquoi on envahissait ces Apple Store.
00:33:24Ça fait une tribune.
00:33:25Ça fait une tribune.
00:33:26C'est l'occasion d'un message politique.
00:33:27Et il y a plein de procès comme ça
00:33:28oĂą on s'en sert.
00:33:29Mais maintenant,
00:33:29il y en a trop,
00:33:30entre guillemets.
00:33:31Et surtout,
00:33:31ils ne veulent pas ce moment politique-lĂ .
00:33:33Ils ont compris.
00:33:34Ils font l'alternative aux poursuites.
00:33:35Et ça,
00:33:36qu'on le veuille ou non,
00:33:37c'est le gouvernement
00:33:39qui fait cette prescription-lĂ 
00:33:40pour qu'il y ait des alternatives aux poursuites.
00:33:42Ça veut dire
00:33:43vous payez une petite amende
00:33:44et puis on s'arrĂŞte lĂ .
00:33:46Mais en fait,
00:33:46c'est reconnaître les faits.
00:33:47Ça peut aussi être
00:33:48des mesures de type
00:33:50ne pas avoir à se présenter
00:33:51Ă  tel endroit.
00:33:52Effectivement,
00:33:52ça empêche,
00:33:54mais des guillemets,
00:33:54parce que,
00:33:55effectivement,
00:33:55ce n'est pas le terme juridique,
00:33:56mais ça empêche,
00:33:57pour dire les choses
00:33:58de manière vulgarisée,
00:33:59ça empêche le procès, quoi.
00:34:01Et Marie Pervin,
00:34:02cet artiste
00:34:02dont je vous parlais tout Ă  l'heure,
00:34:03elle a une interdiction
00:34:04de se présenter à Paris
00:34:05pendant six mois.
00:34:07Mais Ă  Paris,
00:34:07pas juste au Louvre.
00:34:08Donc,
00:34:08c'est là où on voit le délire.
00:34:10C'est très médiéval, quoi.
00:34:11Banni de la ville, en fait.
00:34:13J'ai fait comme les tendères.
00:34:14VoilĂ , aux portes.
00:34:16Mais lĂ ,
00:34:17juste petit,
00:34:18j'ai remarqué,
00:34:19donc au 8 mars,
00:34:20lĂ ,
00:34:20c'est la première fois
00:34:21que je vois la Brave M,
00:34:22place de la République
00:34:23pour une manifestation féministe.
00:34:24Je pense que c'est la première fois
00:34:25que ça existe.
00:34:26La Brave M,
00:34:28on l'a jamais...
00:34:28Enfin,
00:34:28les manifestations féministes
00:34:30sont toujours pacifistes.
00:34:31LĂ ,
00:34:34les CRS ont fermé la marche,
00:34:35ce qui ne se fait jamais.
00:34:36Ils ont bien été présents.
00:34:38Mais en plus,
00:34:39la Brave M,
00:34:39c'est quand même inquiétant.
00:34:41Oui,
00:34:41c'est un signal.
00:34:42La marche féministe
00:34:43de la veille a été interdite.
00:34:45La police a protégé,
00:34:47bien que les organisatrices
00:34:49qui ont déposé
00:34:51à la préfecture
00:34:52ont dit
00:34:53« Nous refusons
00:34:54que l'extrême-droite rentre. »
00:34:56sachez qu'elles ne font pas partie
00:34:57de la manifestation.
00:34:58Ces organisations ne font pas partie.
00:34:58Merci de les empĂŞcher.
00:35:00Alors,
00:35:00ils ne les ont pas empêchées,
00:35:01ils les ont protégées.
00:35:02Et après,
00:35:03ils leur ont permis
00:35:03de s'insérer quand même
00:35:04Ă  un moment,
00:35:05Ă  la fin.
00:35:06Enfin,
00:35:06c'était un peu...
00:35:07Et donc,
00:35:07oui,
00:35:07la Brave M,
00:35:08c'est un signal,
00:35:09bien sûr.
00:35:10Toutes les manifestations retraites,
00:35:11il y avait la Brave M.
00:35:12Donc,
00:35:13voilĂ ,
00:35:14ça se durcit,
00:35:14évidemment.
00:35:15C'est ça que tu disais,
00:35:16Vélène,
00:35:16sur s'il y a l'extrĂŞme-droite.
00:35:18Évidemment,
00:35:19ça va être une catastrophe
00:35:20parce qu'il y a une succession
00:35:22de lois répressives.
00:35:26Il y a,
00:35:26pour les associations,
00:35:28le contrat d'engagement républicain.
00:35:30Enfin,
00:35:30tous les dispositifs
00:35:31font que,
00:35:34voilĂ ,
00:35:36contester pour le progrès social
00:35:37va devenir
00:35:39impossible.
00:35:40Déjà que ce n'est pas facile.
00:35:41Il va y parler
00:35:42sur les subventions publiques,
00:35:44sur la défiscalisation
00:35:45des dons,
00:35:46sur...
00:35:46VoilĂ ,
00:35:47ça va être...
00:35:48Et tout est en place
00:35:49pour Ă  la fois...
00:35:51Les esprits sont préparés
00:35:53pour Ă  la fois
00:35:53choisir politiquement
00:35:54qu'il est acceptable,
00:35:55pas acceptable,
00:35:55puis l'empĂŞcher d'agir.
00:35:57Et ensuite,
00:35:58si jamais
00:36:01on agit quand mĂŞme,
00:36:02eh bien,
00:36:02il y aura tout ce qu'il faut
00:36:03pour réprimer.
00:36:04Et il y a tout ce qui n'est pas,
00:36:05effectivement,
00:36:06de l'ordre du législatif aussi
00:36:07parce que,
00:36:09sans mĂŞme changer,
00:36:10finalement,
00:36:10sans mĂŞme avoir
00:36:11Ă  changer les lois
00:36:13quand un parti politique
00:36:15extrémiste est au pouvoir,
00:36:16il a aussi d'autres moyens
00:36:17d'agir
00:36:18sans avoir mĂŞme
00:36:19à passer par l'Assemblée nationale
00:36:21le débat éclatif.
00:36:22Je m'explique
00:36:22et je donne un exemple
00:36:24rapide.
00:36:24Par exemple,
00:36:25sur les enquĂŞtes
00:36:26dans les violences faites aux femmes,
00:36:28aujourd'hui,
00:36:30il y a quand mĂŞme eu
00:36:30une circulaire
00:36:31il y a quelques années
00:36:32du ministère
00:36:32qui disait
00:36:33d'ouvrir des enquĂŞtes
00:36:34mĂŞme quand les faits
00:36:34paraissaient prescrits
00:36:36pour s'assurer,
00:36:37par exemple,
00:36:37qu'il y avait des faits
00:36:38qui n'étaient peut-être
00:36:38pas prescrits.
00:36:39Enfin,
00:36:39en tout cas,
00:36:39pour essayer
00:36:40de voir
00:36:41un début d'enquête
00:36:43pour permettre
00:36:44de voir
00:36:44s'il y a d'autres victimes
00:36:45peut-ĂŞtre
00:36:45qui ne seraient pas prescrites,
00:36:46typiquement,
00:36:47c'est de l'ordre
00:36:47de la circulaire,
00:36:48donc c'est comme tu disais
00:36:49des prescriptions.
00:36:50Donc,
00:36:50sans mĂŞme avoir
00:36:51Ă  changer la loi,
00:36:52si les informations
00:36:52données par le pouvoir politique
00:36:54au pouvoir judiciaire
00:36:56changent,
00:36:56on voit que c'est
00:36:57des changements
00:36:57de priorité.
00:36:58Alors,
00:36:58en plus,
00:36:59aujourd'hui,
00:36:59autant ĂŞtre transparente,
00:37:02aujourd'hui,
00:37:02les enquĂŞtes
00:37:03sont déjà très peu dotées
00:37:04en termes de moyens
00:37:05humains et financiers.
00:37:06Donc,
00:37:06si demain,
00:37:07il y en a encore moins
00:37:07de moyens humains
00:37:08et financiers
00:37:09pour investiguer
00:37:10dans les dossiers
00:37:11de violences
00:37:11faites aux femmes
00:37:13et plus largement
00:37:13aussi pour les militants
00:37:14et les militantes
00:37:15quand elles sont
00:37:17victimes de violences
00:37:17en manif,
00:37:18etc.,
00:37:19en fait,
00:37:19vous pourrez aller déposer
00:37:21plainte,
00:37:21mais ensuite,
00:37:21il ne se passera rien.
00:37:22Et déjà,
00:37:22aujourd'hui,
00:37:23il ne se passe pas grand-chose
00:37:24puisque la plupart
00:37:24des enquĂŞtes
00:37:25sont sous-dotées,
00:37:25je le redis,
00:37:26en matière d'actes
00:37:27d'investigation.
00:37:28Donc,
00:37:28demain,
00:37:28ce sera encore pire
00:37:30puisqu'il y aura encore
00:37:30moins de budget pour ça
00:37:31et il n'y aura mĂŞme pas eu
00:37:32besoin de changer la loi.
00:37:33C'est vraiment inquiétant.
00:37:35Et on attend toujours
00:37:36les 3 milliards
00:37:37pour la lutte
00:37:38contre les violences
00:37:38sexistes et sexuelles.
00:37:40Nemesis a empêché,
00:37:41par exemple,
00:37:41d'entendre ses revendications,
00:37:43Ă  traiter la question
00:37:44de l'extrĂŞme droite.
00:37:45Eh bien,
00:37:45les revendications
00:37:46pour l'égalité au travail
00:37:47dans la société,
00:37:48etc.,
00:37:49n'ont pas été si vues
00:37:50que ça,
00:37:51alors qu'on est en train
00:37:52de subir des politiques
00:37:53très, très injustes
00:37:55qui impactent très fortement
00:37:57les femmes
00:37:57et les minorités.
00:37:59Et Nemesis a quand mĂŞme
00:38:01réussi à agiter
00:38:03le chiffon rouge
00:38:03et ne pas rendre visibles
00:38:05ces revendications
00:38:05au moment oĂą
00:38:06on n'a pas particulièrement
00:38:10besoin que ces revendications
00:38:11soient visibles.
00:38:12D'autant que Nemesis
00:38:13n'existe que par le buzz
00:38:14et que s'ils étaient
00:38:17vraiment très peu nombreux,
00:38:18ils commencent Ă  avoir
00:38:18des unions locales.
00:38:21Enfin,
00:38:21je ne sais pas
00:38:21comment on appelle ça
00:38:22des antennes.
00:38:22Le problème,
00:38:23c'est que les réseaux sociaux
00:38:25sont aussi une vitrine
00:38:26de la vraie vie.
00:38:27parce qu'on nous pose
00:38:28souvent Internet
00:38:29et le terrain
00:38:29et aujourd'hui,
00:38:30les deux se répondent.
00:38:31Et par ces mouvements,
00:38:33elles font aussi
00:38:33du recrutement.
00:38:35Mais c'est exclusivement
00:38:36par Instagram
00:38:36qu'elles font le recrutement.
00:38:38C'est quand mĂŞme
00:38:38très, très...
00:38:38Oui, oui,
00:38:39c'est très réseau-suit,
00:38:40mais elles le font
00:38:41et elles sont
00:38:42de plus en plus visibles.
00:38:43Et enfin, voilĂ ,
00:38:44il y a un peu
00:38:45un effet boule de neige
00:38:45derrière
00:38:46qui est assez inquiétant.
00:38:49Et justement,
00:38:51ben voilĂ ,
00:38:52c'est des sujets
00:38:52qu'il faut absolument
00:38:53adresser
00:38:53parce qu'il faut qu'on puisse
00:38:55en fait contrer
00:38:55le narratif
00:38:56d'extrĂŞme droite
00:38:57mais c'est vrai que
00:38:59pour pas tomber
00:39:00dans une résignation
00:39:01qui serait mortifère
00:39:02en fait pour le mouvement,
00:39:04quel genre de technique
00:39:04on peut déployer
00:39:05nous pour continuer
00:39:06Ă  porter les luttes,
00:39:07Ă  militer ?
00:39:09Est-ce que toi,
00:39:10par exemple,
00:39:10t'as pu souffrir de...
00:39:13Certains appellent ça
00:39:13le burn-out militant
00:39:14mais sans aller jusque-lĂ 
00:39:15de...
00:39:16Ouais, de...
00:39:18De dire
00:39:18on va pas...
00:39:19Enfin, on va pas y arriver, quoi.
00:39:20Et comment on contre ça ?
00:39:22Ben, faut le faire.
00:39:24Il faut pas se poser
00:39:25de questions.
00:39:26Moi, je fais une incise personnelle
00:39:28mais c'est vrai que moi,
00:39:29je suis hyper sensible.
00:39:30Ça veut dire que
00:39:31je ressens plusieurs fois par jour
00:39:33beaucoup d'émotions négatives
00:39:34que j'ai beaucoup de mal à gérer.
00:39:36Et c'est en trouvant l'engagement
00:39:37que j'ai réussi à en faire quelque chose,
00:39:39Ă  le transformer en quelque chose
00:39:40de...
00:39:41oĂą on agit,
00:39:42oĂą on porte,
00:39:42oĂą on le subit pas, en fait.
00:39:46Parce que sinon,
00:39:47j'aurais vraiment
00:39:48pourri tous les autres collectifs.
00:39:50Je sais pas comment dire
00:39:50tellement je gérais mal
00:39:51ces émotions négatives.
00:39:53Je trouvais tout affreux,
00:39:54je trouvais tout injuste.
00:39:56Et donc,
00:39:57c'est dans la combativité
00:39:59que j'ai réussi à...
00:40:02Ă  en faire quelque chose.
00:40:04Donc, je pense que
00:40:05oui, ça fait peur.
00:40:06Oui, c'est très grave.
00:40:07Mais il ne faut pas réfléchir à ça
00:40:09parce que sinon,
00:40:09ça neutralise,
00:40:10ça tétanise
00:40:11et on n'agit pas.
00:40:12Il faut croire
00:40:13en notre pouvoir.
00:40:14C'est-Ă -dire que justement,
00:40:15encore une fois,
00:40:16quand on voit que
00:40:18il y a une floraison
00:40:20de collectifs féministes,
00:40:22une floraison de médias féministes,
00:40:25de...
00:40:28d'associations...
00:40:29Enfin, ça fleurit quand même.
00:40:31Et en plus,
00:40:31ça se ressent dans la rue,
00:40:33ça se ressent aussi
00:40:34dans la façon
00:40:34dont c'est traité
00:40:35quand même médiatiquement,
00:40:36etc.
00:40:37Donc, il se passe bien
00:40:38quelque chose
00:40:38au niveau des féministes
00:40:40et il suffit simplement,
00:40:42entre guillemets,
00:40:42c'est facile de dire ça,
00:40:43mais il faut continuer,
00:40:44il faut y aller,
00:40:45mais pas penser à « et si », quoi.
00:40:46Parce que si...
00:40:47Avec ça, en fait,
00:40:48on ne fait rien,
00:40:49on est tétanisé, quoi.
00:40:51Donc, déjà là,
00:40:52par exemple,
00:40:52je pense qu'il y a un enjeu,
00:40:53ce serait peut-ĂŞtre
00:40:55réactiver
00:40:55les alertes féministes, justement.
00:40:58Elles sont nées
00:40:58dans un contexte
00:40:59de péril imminent
00:41:00et le péril,
00:41:02il est lĂ ,
00:41:02il est imminent
00:41:03en permanence, en fait,
00:41:04et au contraire,
00:41:05ça s'est même accéléré.
00:41:06Et je pense qu'il y aura
00:41:07un enjeu,
00:41:08déjà relancer des mobilisations,
00:41:10peut-être plus régulière
00:41:11des rencontres
00:41:11et puis aussi,
00:41:12peut-ĂŞtre,
00:41:13appeler Ă  ce qu'on se rencontre
00:41:15entre nous
00:41:16sur les territoires, quoi.
00:41:18Par exemple,
00:41:18il y a eu,
00:41:20je ne sais pas
00:41:21si vous voyez
00:41:21les soulèvements de la terre
00:41:23qui...
00:41:23VoilĂ .
00:41:24Quand il y a eu
00:41:27les législatives,
00:41:28ils avaient fait un appel
00:41:29antifasciste
00:41:29avec plusieurs propositions.
00:41:31Ce sont des méthodes
00:41:31qui peuvent sembler simples
00:41:33mais qui marchent,
00:41:33c'est-à-dire de recréer
00:41:35des espaces
00:41:35oĂą les gens se rencontrent,
00:41:36se voient,
00:41:37que ce soit des bals,
00:41:39des cafés,
00:41:41des...
00:41:41VoilĂ .
00:41:42Essayer de faire se rencontrer
00:41:43les gens.
00:41:43Du lien social.
00:41:44VoilĂ .
00:41:45Par exemple,
00:41:46il me semble que c'est
00:41:46les chiliennes
00:41:47qui,
00:41:47sans se revendiquer
00:41:48féministes,
00:41:50allaient dans les parcs
00:41:50pour enfants,
00:41:52en fait,
00:41:52et faisaient du lien
00:41:53comme ça,
00:41:53parcs pour enfants,
00:41:54puis finalement,
00:41:55elles ont pu créer
00:41:56d'immenses solidarités.
00:41:58Mais je pense,
00:41:59voilĂ ,
00:41:59il y a deux choses Ă  faire.
00:42:00C'est Ă  la fois
00:42:03imaginer des mobilisations
00:42:04entre guillemets
00:42:04permanentes
00:42:05parce que le risque,
00:42:06il est imminent,
00:42:07permanent
00:42:07et c'est maintenant
00:42:08qu'il faut résister.
00:42:09Et en mĂŞme temps,
00:42:10sur les territoires,
00:42:11vraiment,
00:42:12faire se rencontrer les gens.
00:42:15Ouais,
00:42:15faire se rencontrer les gens
00:42:16et je pense que du coup,
00:42:18justement,
00:42:19un espace féministe
00:42:20pourrait très,
00:42:20très bien fonctionner.
00:42:22Et d'ailleurs,
00:42:22dans le chat,
00:42:23il y a une question
00:42:23sur ces sujets
00:42:24puisque tu parlais
00:42:25du fait que se regrouper,
00:42:27c'était important ensemble.
00:42:30Et la question,
00:42:31c'est,
00:42:31on constate de plus en plus
00:42:32d'agressions commises
00:42:33par des militants
00:42:34d'extrĂŞme droite.
00:42:34Ă€ quel point est-ce que
00:42:35ça se ressent
00:42:36dans les milieux militants ?
00:42:37On avait déjà des personnes
00:42:39qui nous aient pu aller
00:42:39en manif retraite
00:42:40par peur des flics.
00:42:41Est-ce qu'il y a le mĂŞme effet
00:42:41vis-Ă -vis de l'extrĂŞme droite ?
00:42:43Qu'est-ce que tu en penses ?
00:42:44Est-ce que justement,
00:42:45c'est un frein ?
00:42:46Ah,
00:42:47la répression de...
00:42:49Ah oui,
00:42:49la peur d'être frappée.
00:42:50Bien sûr,
00:42:51mais c'est pour ça
00:42:52que par exemple,
00:42:53c'est pas tant
00:42:53par rapport Ă  l'extrĂŞme droite
00:42:54pour le cas des Rosy,
00:42:55mais c'était vraiment
00:42:56par rapport à la répression policière
00:42:58que nos cortèges,
00:42:59on les voulait safe,
00:43:02safe de plusieurs choses,
00:43:03de la domination masculine,
00:43:06du virilisme,
00:43:07du sexisme,
00:43:07mais safe aussi
00:43:08parce qu'en capacité
00:43:10de se comprendre
00:43:10les unes les autres
00:43:11en cas de besoin,
00:43:12je sais pas,
00:43:13par rapport à nos règles,
00:43:14nos enfants,
00:43:14on peut pas se permettre
00:43:15d'avoir une garde Ă  vue
00:43:16ou des choses comme ça,
00:43:17mais aussi se protéger
00:43:19en fait entre féministes,
00:43:22on aura plus ce réflexe
00:43:23de se protéger
00:43:23les unes les autres
00:43:24et on se sentira mieux
00:43:26en sécurité ensemble.
00:43:27Donc ça,
00:43:27dans nos cortèges
00:43:28par rapport Ă  la police,
00:43:29c'était dans cet esprit-là.
00:43:30Par rapport Ă  l'extrĂŞme droite,
00:43:32oui,
00:43:33il y a une réalité,
00:43:34c'est qu'il va falloir
00:43:35l'extrĂŞme droite
00:43:37et en roue libre,
00:43:38elle a le vent dans le dos.
00:43:39Il y a eu donc récemment
00:43:41une attaque
00:43:41de Young Struggle Paris,
00:43:44il diffusait un film
00:43:45avec des travailleurs
00:43:48et travailleuses migrants,
00:43:49c'est l'accord,
00:43:51non,
00:43:51c'est l'accord,
00:43:52ah,
00:43:53si,
00:43:53c'est l'accord
00:43:54et donc il y a une attaque
00:43:57de néo-nazis
00:43:59avec deux personnes
00:44:00parties donc Ă  l'hĂ´pital,
00:44:02dont le pronostic vital
00:44:04a été engagé temporairement.
00:44:05Quelqu'un qui a été
00:44:06poignardé.
00:44:07Alors c'était,
00:44:08oui,
00:44:09il y avait des tessons de bouteille,
00:44:11je ne sais plus
00:44:12si c'était une arme blanche.
00:44:13ils avaient des couteaux,
00:44:14des normes blanches.
00:44:14On avait reçu Milos,
00:44:16un des jeunes qui étaient présents.
00:44:16Mais il faut savoir
00:44:17que normalement,
00:44:19ça se fait,
00:44:20ça doit être condamné
00:44:21politiquement,
00:44:21publiquement,
00:44:23particulièrement
00:44:23par le ministère de l'Intérieur.
00:44:25Il n'y a rien eu.
00:44:27La personne qui est le plus condamnée,
00:44:28on va dire publiquement,
00:44:30en dehors des médias indépendants,
00:44:32c'est Costa Gavras
00:44:33pendant son discours au César
00:44:35parce que c'était son film.
00:44:37Ça dit beaucoup.
00:44:38Je pense au planning familial,
00:44:40par exemple,
00:44:40après la constitutionnalisation
00:44:42de l'IVG,
00:44:43a vu plusieurs de ses locaux
00:44:45sur toute la France
00:44:46être saccagés.
00:44:48MĂŞme en amour.
00:44:50La peur,
00:44:50elle est réelle.
00:44:51C'est sûr qu'elle n'est pas fictive.
00:44:53Il y a une peur réelle.
00:44:54Mais du coup,
00:44:55il faut ĂŞtre en conscience de cela.
00:44:58Il faut s'organiser.
00:44:59Nous, par exemple,
00:44:59Ă  TAC,
00:45:00on essaie de faire
00:45:01des formations,
00:45:02des guides,
00:45:03etc.
00:45:05Et effectivement,
00:45:06il faut avoir conscience de ça
00:45:07dans ce qu'on propose.
00:45:08Est-ce que la forme
00:45:09justement des Rosy,
00:45:10le côté joie,
00:45:12le côté,
00:45:13on prend la place
00:45:14et on vous sourit
00:45:15et on danse
00:45:16et on montre
00:45:17qu'on existe,
00:45:18qu'on est joyeux ?
00:45:18Je pensais,
00:45:19par exemple,
00:45:21l'Ibisbatignol,
00:45:23les femmes du ménage
00:45:24expliquaient que justement,
00:45:25Ă  danser devant les patrons,
00:45:27Ă  montrer,
00:45:27ben non,
00:45:27on n'est pas fatigué.
00:45:28Nous,
00:45:29on a encore l'énergie
00:45:30pour danser
00:45:31malgré des mois
00:45:31et des mois de grève.
00:45:32c'était une force
00:45:33et en mĂŞme temps,
00:45:34c'était une façon,
00:45:36c'était une arme,
00:45:37c'était une arme de lutte
00:45:38qui était intéressante.
00:45:39Oui.
00:45:40Et vous aussi,
00:45:41je pense.
00:45:41Oui,
00:45:42complètement.
00:45:43Ă€ la fois,
00:45:44ça permet de désarmer la peur,
00:45:45la peur soi-mĂŞme
00:45:46pour soi,
00:45:47et puis aussi,
00:45:48créer une ambiance particulière
00:45:50qui fait qu'on se sent
00:45:52plus protégé
00:45:53ou moins menacé.
00:45:55Et puis,
00:45:56la joie,
00:45:56ça peut être aussi désarmant
00:45:57face à la répression.
00:45:58C'est-Ă -dire que
00:45:59c'est un peu comme
00:46:00les techniques des clowns activistes
00:46:02ou tout ça.
00:46:02La joie,
00:46:03c'est quand mĂŞme quelque chose
00:46:05qui peut dérouter.
00:46:06Donc,
00:46:06ça peut créer des conditions,
00:46:08on va dire,
00:46:08moins répressives.
00:46:10Et puis,
00:46:10non,
00:46:10nous,
00:46:11tu as parlé d'Ibisbatignol,
00:46:12c'est-Ă -dire qu'avec les Rosy,
00:46:13on leur avait fait un tube
00:46:15et on avait occupé des hôtels
00:46:17avec elles.
00:46:19Et on voit Ă  quel point,
00:46:20oui,
00:46:20la joie,
00:46:21c'est un moteur
00:46:21qui permet de résister,
00:46:23en fait,
00:46:23parce que pour le cas des féministes,
00:46:25souvent,
00:46:25on m'a posé la question,
00:46:26mais pourquoi la joie,
00:46:29le chant,
00:46:29enfin,
00:46:30pourquoi ça ?
00:46:31Et je disais,
00:46:32Ă  la base,
00:46:32c'est un moyen de fortune.
00:46:33C'est parce que les femmes
00:46:34sont tellement invisibilisées
00:46:35qu'il faut qu'elles puissent s'imposer,
00:46:37qu'elles aient une façon
00:46:38de s'imposer.
00:46:39Donc,
00:46:39c'est un peu un moyen de fortune,
00:46:39mais en vrai,
00:46:40c'est aussi un moyen de tenir,
00:46:42quoi.
00:46:42La joie,
00:46:43c'est une sensation
00:46:44qui est positive,
00:46:45c'est une émotion
00:46:46physiquement
00:46:47qui apporte
00:46:49du bien-ĂŞtre.
00:46:49C'est un moteur,
00:46:50c'est une ressource,
00:46:51en fait.
00:46:52Et justement,
00:46:53plus c'est difficile,
00:46:54plus la joie peut ĂŞtre
00:46:54un moteur pour résister.
00:46:56Et moi,
00:46:58je le vois vraiment
00:46:58comme une arme de résistance
00:46:59féministe,
00:47:00c'est-à-dire une arme de résistance
00:47:01d'une manière générale,
00:47:02mais féministe particulièrement,
00:47:04puisque les femmes
00:47:05subissent des situations
00:47:09entre les violences sexistes
00:47:10et sexuelles
00:47:10et les violences sociales
00:47:11et économiques.
00:47:13Il faut s'accrocher,
00:47:14donc la joie,
00:47:16c'est une façon
00:47:16de s'accrocher.
00:47:17Oui,
00:47:17puis on l'a vu
00:47:18avec les invertis aussi,
00:47:19par exemple,
00:47:20c'était aussi
00:47:21une question
00:47:21de montrer aussi
00:47:23qu'on existe,
00:47:24les trans,
00:47:25la fierté,
00:47:26les couleurs,
00:47:27la pride,
00:47:28exactement.
00:47:29On est dans le mĂŞme esprit.
00:47:30Ou il y avait le pink bloc
00:47:32pendant la réforme der 13.
00:47:32Le pink bloc,
00:47:33je disais les invertis,
00:47:34mais évidemment,
00:47:35le pink bloc.
00:47:36Cette fierté,
00:47:37cette façon
00:47:37de retourner
00:47:39les moqueries,
00:47:40les rageux,
00:47:41tout ça,
00:47:41on le retourne,
00:47:42en fait.
00:47:42C'est reprendre la main,
00:47:44c'est reprendre le pouvoir.
00:47:45Moi,
00:47:46je vois vraiment la joie
00:47:47comme un pouvoir,
00:47:48un pouvoir politique,
00:47:49en fait.
00:47:50Et dans l'histoire
00:47:51des mouvements sociaux,
00:47:52la joie a été un ressort
00:47:54important
00:47:55dans plein de luttes
00:47:56de personnes opprimées.
00:48:03Tu nous coupes le sifflet.
00:48:06C'est quand mĂŞme un discours
00:48:07qui fait plaisir
00:48:08et qui rentre en écho
00:48:09avec celui qui a eu blanche
00:48:10sur la dernière,
00:48:12notamment sur la dernière émission
00:48:13Le Torchon Brûle,
00:48:15oĂą elle disait aussi comme toi,
00:48:16dire,
00:48:16moi,
00:48:17ce qui me remotive,
00:48:17c'est d'aller parler
00:48:18Ă  des gens,
00:48:19en fait.
00:48:20Et on disait
00:48:21qu'Ă  l'attaque,
00:48:23vous faites des rencontres
00:48:28en face-to-face,
00:48:30des rencontres.
00:48:31Ça ne dit rien ?
00:48:32Non, c'était pas ça,
00:48:32ce que tu as dit ?
00:48:33Non, non, non,
00:48:34non, pardon.
00:48:35Non, c'était pas ça,
00:48:36non, ce qu'on disait,
00:48:36c'était que justement,
00:48:37pour remobiliser,
00:48:38c'était bien d'aller voir
00:48:40les gens
00:48:40et d'avoir les différents groupes
00:48:42et d'en parler.
00:48:43Et même si on n'était pas
00:48:44dans le mĂŞme...
00:48:45De multiplier
00:48:46les rendez-vous,
00:48:49pour dire
00:48:49on est dans le mĂŞme bateau,
00:48:52comment on se regroupe,
00:48:54comment on converge,
00:48:54en fait.
00:48:55Et d'arriver à dépasser
00:48:56les luttes
00:48:56qui parfois sont internes
00:48:58Ă  certains de nos mouvements,
00:49:00parce que chacune
00:49:01et chacun a aussi
00:49:02ses propres convictions
00:49:03qui peuvent parfois
00:49:04être différentes
00:49:05et c'est arrivé
00:49:05Ă  se regrouper
00:49:06justement autour
00:49:06de luttes communes
00:49:07qui doivent finalement
00:49:09dépasser
00:49:10ces divergences.
00:49:11LĂ , tu prĂŞches...
00:49:12Je prĂŞche un peu un cube,
00:49:13on t'en mire.
00:49:14Je prĂŞche un peu un cube,
00:49:15Des fois,
00:49:15on va me traiter
00:49:17de naĂŻve
00:49:18et tout ça,
00:49:18mais je m'en fiche.
00:49:20Oui, je suis Ă  fond
00:49:21unité et tout ça,
00:49:22parce qu'en fait,
00:49:23si on est négatif,
00:49:24enfin, en fait,
00:49:25ça ne marche pas.
00:49:26Ça ne marche pas,
00:49:27si on dit
00:49:27allez, on y va,
00:49:28mais on va perdre,
00:49:29on va en prendre plein la gueule,
00:49:30ça va très mal se passer.
00:49:32Ben non, ça ne marche pas.
00:49:33Il faut y croire, quoi,
00:49:34sinon ça ne sert à rien.
00:49:36Et non,
00:49:37c'est quoi que tu disais ?
00:49:38Par rapport Ă  arriver
00:49:39à dépasser
00:49:40certaines divergences
00:49:40pour militer ensemble.
00:49:41Oui, et lĂ , effectivement,
00:49:42c'est un peu ce qui est sorti aussi
00:49:43avec l'extrait,
00:49:44enfin, la dissolution.
00:49:47Les alertes.
00:49:48On s'en gueulera plus tard
00:49:49et la règle est ressortie
00:49:49en disant,
00:49:50oh lĂ , peut-ĂŞtre qu'on va,
00:49:51hein, on va,
00:49:52on va relire plein d'angles.
00:49:53Il y a péril,
00:49:54on la demeure d'avant.
00:49:54VoilĂ , on ne va pas
00:49:55aborder tout ce qui fâche
00:49:56et puis on va se concentrer
00:49:58sur ce qui fâche moins
00:49:58et puis voilĂ .
00:49:59Je pense que pour le féminisme
00:50:01aussi, c'est pareil,
00:50:02peut-ĂŞtre que lĂ ,
00:50:02il y a des grandes questions
00:50:04où les féministes
00:50:06ne sont pas d'accord
00:50:07et c'est très bien
00:50:07parce que c'est ça
00:50:08qui permet de faire avancer,
00:50:09en fait,
00:50:09c'est par la confrontation,
00:50:11parce qu'on n'est pas d'accord
00:50:11qu'on dégage du commun
00:50:12et qui permet de faire
00:50:14vraiment changer la société.
00:50:16Et lĂ , par contre,
00:50:17il ne faudrait pas que,
00:50:18il ne faut pas que ce soit
00:50:19des forces négatives
00:50:20qui nous divisent du coup
00:50:21et qu'au contraire,
00:50:22ce soit une force
00:50:22oĂą on la projette
00:50:23sur le combat.
00:50:26C'est-Ă -dire,
00:50:26et donc lĂ ,
00:50:26je pense que,
00:50:27moi, le message
00:50:28que j'aimerais faire passer,
00:50:29c'est qu'effectivement,
00:50:30sans renier ses convictions
00:50:32et son fond,
00:50:33peut-ĂŞtre un chouille
00:50:34plus d'ouverture
00:50:36dans le dialogue,
00:50:36un chouille plus de souplesse
00:50:37et pas ĂŞtre trop en opposition
00:50:40parce que le péril
00:50:41qu'on a ressenti
00:50:42qui fait qu'on a eu
00:50:43ce fameux sursaut sursis,
00:50:45en fait,
00:50:45il n'a pas bougé
00:50:46et il s'est même aggravé.
00:50:47C'est juste qu'on n'est pas
00:50:48dans un schéma électoraliste
00:50:50qui fait qu'on s'en rend compte.
00:50:51Mais en fait,
00:50:52on est exactement
00:50:53dans les mĂŞmes dangers
00:50:55et le déploiement
00:50:58sur le territoire
00:50:58qu'on peut ĂŞtre fait
00:50:59au niveau électoraliste,
00:51:00il peut ĂŞtre tout Ă  fait
00:51:00au niveau non électoraliste,
00:51:02c'est-Ă -dire se faire se rencontrer,
00:51:04faire de l'éduc-pop,
00:51:05dire aux gens
00:51:05« Vous avez vu,
00:51:07l'extrĂŞme droite,
00:51:07c'est quand même ça,
00:51:08c'est quand même ça,
00:51:09c'est comme ça.
00:51:10Apparemment,
00:51:11vous préférez ça,
00:51:12vous préférez ça,
00:51:12vous préférez ça. »
00:51:14Donc voilĂ .
00:51:14Et cette façon de faire,
00:51:16si arrivent des élections,
00:51:19les gens se connaîtront déjà,
00:51:21des méthodes existeront déjà
00:51:23et c'est pour ça
00:51:24qu'il ne faut pas lâcher.
00:51:25Mais ça veut dire effectivement
00:51:28trouver ce qui fait commun
00:51:29et puis peut-ĂŞtre
00:51:31ĂŞtre un peu plus
00:51:33moins tendu
00:51:34sur ce qui...
00:51:35LĂ , on n'est pas d'accord.
00:51:36Ça ne veut pas dire
00:51:37compromettre.
00:51:38vraiment pas du tout.
00:51:39Il faut ĂŞtre fier
00:51:40de ses revendications,
00:51:41tout ça.
00:51:41Mais simplement,
00:51:42voilĂ ,
00:51:43pour au moins
00:51:44faire de l'éduc-pop,
00:51:46eh bien,
00:51:47on va parler
00:51:48comme a fait le programme
00:51:49du NFP
00:51:50oĂą il y a plein de choses
00:51:51où ils n'étaient pas d'accord
00:51:52et finalement,
00:51:53ils en ont trouvé.
00:51:54MĂŞme nous,
00:51:56on reconnaissait des choses
00:51:57dans le programme
00:51:57et il y a des choses
00:51:58oĂą on ne les reconnaissait pas,
00:51:59mais on s'est dit
00:52:00« On verra plus tard. »
00:52:02VoilĂ , on insistera
00:52:03sur la radicalité
00:52:04de certaines propositions
00:52:05plus tard.
00:52:06Et c'est à ça
00:52:07que sert le mouvement social
00:52:08quand mĂŞme,
00:52:09donc heureusement.
00:52:10Et tu es assez optimiste
00:52:11lĂ -dessus,
00:52:12tu crois,
00:52:12sur la capacité
00:52:13du mouvement féministe
00:52:14Ă  passer outre
00:52:14ces points de divergence
00:52:16justement sur de certaines questions ?
00:52:17Tu penses que c'est faisable
00:52:19en tout cas
00:52:19pour lutter contre l'extrĂŞme droite ?
00:52:20Je pense que c'est nécessaire.
00:52:22Nécessaire, ça c'est sûr,
00:52:23je suis hyper d'accord avec toi.
00:52:25Et vraiment,
00:52:25lĂ , il n'y a plus le choix.
00:52:28Mais faisable,
00:52:29mais carrément,
00:52:30parce que quand je vois
00:52:31la créativité,
00:52:32la force,
00:52:32la puissance,
00:52:33l'ingéniosité,
00:52:35des mobilisations féministes,
00:52:37je ne doute pas une seconde
00:52:38que...
00:52:39Et peut-ĂŞtre mĂŞme
00:52:40qu'encore une fois,
00:52:41c'est par les mobilisations féministes
00:52:43peut-être que ça va fonctionner
00:52:45en fait.
00:52:46J'espère.
00:52:47On croit que je le souhaite.
00:52:48Je pense qu'on est toutes
00:52:49assez convaincues
00:52:50sur ce plateau.
00:52:51Yep.
00:52:52Sur ces choses-lĂ .
00:52:53En tout cas,
00:52:54c'est un bel appel.
00:52:55Si certaines,
00:52:56voilĂ ,
00:52:56t'entendent,
00:52:57c'est un appel
00:52:59Ă  se rassembler,
00:53:00peu importe
00:53:01certains points
00:53:01de division.
00:53:02VoilĂ .
00:53:03Et puis,
00:53:03non,
00:53:04la résistance,
00:53:04ça fait peut-être un peu...
00:53:06On n'est pas,
00:53:07effectivement,
00:53:07mais il faut quand mĂŞme
00:53:08ĂŞtre en conscience
00:53:09qu'il va falloir
00:53:11se mobiliser lĂ .
00:53:12Enfin,
00:53:12il faut se mobiliser
00:53:13dès maintenant en fait.
00:53:15Pas attendre quelque chose,
00:53:16il faut le provoquer.
00:53:18Et pas se faire
00:53:19instrumentaliser.
00:53:20La division,
00:53:20c'est aussi
00:53:21une instrumentalisation.
00:53:22C'est ça.
00:53:23chers camarades,
00:53:24on arrive Ă  la fin
00:53:25de cet entretien.
00:53:26Est-ce qu'il y a
00:53:27quelqu'un
00:53:28un dernier mot,
00:53:29une dernière question ?
00:53:31Est-ce que le chat,
00:53:31vous avez une dernière question ?
00:53:33T'appes très vite,
00:53:33par contre.
00:53:36moi,
00:53:37je voulais te demander,
00:53:39donc,
00:53:39t'es engagée
00:53:40sur le social,
00:53:41le féminisme,
00:53:41le climat.
00:53:42Quand est-ce que tu dors,
00:53:43Julie ?
00:53:45Est-ce que tu dors ?
00:53:46Non,
00:53:46je dors bien.
00:53:47J'ai de la chance
00:53:47de bien dormir.
00:53:49Mais,
00:53:49j'ai le feu,
00:53:51j'ai le feu de la justice.
00:53:53En fait,
00:53:54encore une fois,
00:53:54c'est même presque égoïste
00:53:56parce que je vis mal
00:53:56mes émotions négatives
00:53:57et j'ai réussi
00:53:58Ă  les transformer
00:53:59en quelque chose.
00:54:00mais,
00:54:01non,
00:54:02je suis tellement animée
00:54:03par la volonté
00:54:04de faire les choses bien
00:54:07et que ça aille mieux.
00:54:08Puis,
00:54:08je suis maman aussi,
00:54:09donc,
00:54:10j'avoue que c'est aussi
00:54:11parce que j'ai envie
00:54:11que mon enfant
00:54:13ait un avenir
00:54:13sur cette planète.
00:54:15Oui,
00:54:15mais ça donne une raison
00:54:17encore plus
00:54:18de se battre,
00:54:19en fait.
00:54:19Donc,
00:54:20oui,
00:54:20mais après,
00:54:21oui,
00:54:21je fais ça tout le temps.
00:54:22Je n'ai pas d'autres loisirs,
00:54:23j'avoue.
00:54:26Après,
00:54:27apprendre à décorer,
00:54:28c'est un loisir.
00:54:28Mais voilĂ ,
00:54:29exactement.
00:54:30Justement,
00:54:30l'érosie,
00:54:31c'est une façon
00:54:31de joindre l'utile
00:54:32à l'agréable
00:54:34et des fois,
00:54:34on fait des choses
00:54:35très dures,
00:54:35très confrontatives
00:54:36et on traite des sujets
00:54:37vraiment chiants.
00:54:38Et puis,
00:54:38Ă  l'inverse,
00:54:39l'érosie,
00:54:40c'est la parenthèse
00:54:41qui permet de dire des choses
00:54:42et en mĂŞme temps,
00:54:43de le faire d'une façon,
00:54:44ça fait du bien.
00:54:46Il y a Zoub Daoub Choup
00:54:47qui nous dit
00:54:48non,
00:54:48mais merci pour votre engagement,
00:54:50ça fait chaud au cœur
00:54:51Ă  voir
00:54:51et encore plus
00:54:52de vous croiser en manif.
00:54:53Merci,
00:54:53c'est clair.
00:54:54Ça m'a tellement du bien
00:54:55de vous voir en manif.
00:54:57Merci beaucoup.
00:54:57Ma fille vous adore,
00:54:58je précise.
00:55:00Et à quel âge ?
00:55:01Elle a 6 ans.
00:55:02Mais c'est génial.
00:55:03On a le temps de faire les chorés.
00:55:05Parfait.
00:55:06Just Dance édition,
00:55:07l'érosie.
00:55:10Karine,
00:55:11merci beaucoup.
00:55:12Je me suis rendu compte
00:55:12que j'avais totalement oublié
00:55:13de te présenter au début.
00:55:15Je manque Ă  tous mes devoirs.
00:55:16Mais du coup,
00:55:17Karine,
00:55:18qui travaille à l'humanité
00:55:19à la rubrique société,
00:55:20si je ne me trompe pas,
00:55:21et qui suit les procès,
00:55:23notamment sur les questions
00:55:25de violences sexistes
00:55:26et sexuelles.
00:55:26T'es sur quoi comme dossier
00:55:28en ce moment ?
00:55:28Parce que tu as suivi
00:55:29toute l'affaire Pellico.
00:55:30Ouais,
00:55:31en fait,
00:55:32je suis en charge
00:55:32des féminismes,
00:55:33questions de genre,
00:55:34etc.
00:55:34Mais lĂ ,
00:55:35effectivement,
00:55:35je suis encore sur un procès
00:55:36sur l'affaire
00:55:37le Square Neck Ă  Vannes.
00:55:39Donc,
00:55:40j'ai aussi entre Paris et Vannes.
00:55:42Mais voilĂ ,
00:55:42quoi.
00:55:43Des choses joyeuses Ă  nouveau.
00:55:44Eh oui,
00:55:45Ă  propos de choses joyeuses,
00:55:46je suis désolée
00:55:47parce que ça va être
00:55:47la pire transition.
00:55:49Mais,
00:55:50merci beaucoup,
00:55:51en tout cas,
00:55:52pour cette interview.
00:55:53Et je vais appeler
00:55:54Hélène Vézier,
00:55:55alias Madame Meuf,
00:55:57qui,
00:55:57après toutes ses turpitudes,
00:55:59va essayer de nous faire rire.
00:56:00Et je pense qu'elle va y arriver
00:56:01car elle est très forte.
00:56:03et effectivement,
00:56:03j'arrive avec un petit peu de joie,
00:56:04j'espère.
00:56:05Et vous avez vu,
00:56:06je suis venue aussi
00:56:06en pink block.
00:56:08Oh lĂ  lĂ  !
00:56:09Ça donne de la joie.
00:56:10C'est pour la joie.
00:56:11Non,
00:56:12je suis venue avec un petit jeu,
00:56:13effectivement,
00:56:13un petit jeu de joie.
00:56:14Un petit jeu
00:56:15que j'ai appelé
00:56:16« Dis-moi qui tu aimes,
00:56:17je te dirai qui tu es ».
00:56:19Alors déjà,
00:56:20on a appris que la fille de Violemme
00:56:21aime les rosies.
00:56:22Donc,
00:56:22on imagine que la fille de Violemme
00:56:24Ă  6 ans
00:56:24est déjà
00:56:25sur un très joli chemin.
00:56:27Yulie,
00:56:28moi,
00:56:28j'avais envie de savoir,
00:56:29de ton côté,
00:56:29est-ce qu'il y a quelqu'un
00:56:30qui t'a particulièrement
00:56:31ou quelqu'une
00:56:31qui t'a particulièrement inspiré
00:56:33et un peu pourquoi ?
00:56:34Côté curieuse.
00:56:35alors attention,
00:56:35je vous ai dit,
00:56:36moi,
00:56:37je n'ai pas appris
00:56:38dans les bouquins,
00:56:39mais ça va étonner,
00:56:41mais je m'en fiche,
00:56:41j'assume.
00:56:42Moi,
00:56:42c'était
00:56:43« Docteur Queen,
00:56:44femme médecin »
00:56:44une série sur M6
00:56:46à l'époque
00:56:47quand j'ai été
00:56:48pré-ado
00:56:51et en fait,
00:56:52j'étais mes fans,
00:56:54je ne savais pas pourquoi,
00:56:55mais c'était des combats.
00:56:56voilĂ .
00:56:57Et en fait,
00:56:57j'ai eu l'occasion
00:57:00de…
00:57:00quand on vieillit,
00:57:02on a besoin
00:57:02de revenir un peu
00:57:04sur des choses
00:57:05qui nous font du bien.
00:57:05Donc,
00:57:06je me suis dit
00:57:06« Tiens,
00:57:06j'aime regarder la série. »
00:57:07À quoi ça ressemblait ?
00:57:08Eh bien,
00:57:09j'ai été super surprise
00:57:10parce que franchement,
00:57:11sur plein de choses,
00:57:12c'est propre
00:57:13et je comprends
00:57:14que moi,
00:57:14j'ai regardé ça
00:57:15pendant des années
00:57:16et c'était ça
00:57:17qui m'a mis
00:57:19un petit peu
00:57:20des visions,
00:57:20certaines visions fondamentales
00:57:21d'un point de vue
00:57:22féministe,
00:57:22d'un point de vue
00:57:23antiraciste,
00:57:24d'un point de vue
00:57:25anticolonialiste,
00:57:25d'un point de vue
00:57:26aussi anti-LGBT-phobie
00:57:29parce que,
00:57:29enfin,
00:57:30chaque épisode
00:57:30traite de…
00:57:32et puis,
00:57:33c'est une réalisatrice
00:57:34femme extrĂŞmement rare.
00:57:36Oui,
00:57:37mĂŞme de nos jours.
00:57:38Dans les années 90.
00:57:40Et à cette époque,
00:57:40oui,
00:57:41laisse tomber,
00:57:41c'est clair.
00:57:42Mais voilĂ ,
00:57:42c'est juste se dire
00:57:43qu'il y a eu ça
00:57:43oĂą je vois bien
00:57:44qu'il y avait plein
00:57:44de sujets qui traversaient.
00:57:46J'avais peur
00:57:46de le regarder aujourd'hui
00:57:47avec mes lunettes engagées
00:57:49et j'ai dit
00:57:50« Ah non, ça va,
00:57:51ça tient ».
00:57:52Donc,
00:57:52voilĂ .
00:57:53Oui,
00:57:53c'est rare,
00:57:53elles sont rare Ă  passer
00:57:54encore le cap,
00:57:55je vous en parlerai d'une
00:57:56un peu plus tard,
00:57:56vous allez voir,
00:57:57elle ne passe pas du tout
00:57:58non plus sur ce critère-là.
00:57:59Alors,
00:58:00alors,
00:58:00donc,
00:58:01qu'est-ce que je définis
00:58:02de la femme
00:58:03que tu admires
00:58:03et que tu aimes,
00:58:04que tu es féministe ?
00:58:04Oh lĂ  lĂ ,
00:58:05comme j'avais le nez creux.
00:58:06Je me suis intéressée
00:58:07Ă  Sarah Knafo,
00:58:08je me doutais que tu ne me citerais pas
00:58:10Ă  elle comme exemple.
00:58:12Sarah Knafo,
00:58:12donc,
00:58:13vous la connaissez certainement
00:58:14tous et toutes,
00:58:15elle était samedi
00:58:16avec le petit groupe
00:58:17de Némésis,
00:58:18on en a beaucoup entendu parler,
00:58:20en effet,
00:58:20alors qu'elles étaient
00:58:21malheureusement
00:58:22pas nombreuses.
00:58:24Sarah Knafo,
00:58:24alors,
00:58:25je me suis intéressée
00:58:26Ă  ses amours,
00:58:27un peu comme une sociologue.
00:58:29Knafo,
00:58:29donc quand mĂŞme,
00:58:30je le fais pour tout le monde,
00:58:31c'est une députée européenne
00:58:32reconquĂŞte de 31 ans,
00:58:34nouvelle passionnariat
00:58:35d'extrĂŞme droite
00:58:36aux cheveux longs
00:58:37et bruns
00:58:38et aux idées courtes
00:58:40et brunes,
00:58:41également.
00:58:42Alors,
00:58:42dès sa plus tendre enfance,
00:58:43Sarah Knafo
00:58:44voue une passion
00:58:45à Charles Péguy.
00:58:46Ah,
00:58:47le poète ?
00:58:47Et non,
00:58:48le nationaliste,
00:58:49bien sûr,
00:58:49la version nationaliste.
00:58:50vraiment bien.
00:58:51Ratté !
00:58:52C'est ce versant-lĂ 
00:58:53de Charles Péguy
00:58:53qui inspire également
00:58:54Alain Finkielkraut
00:58:56ou Yann Moix,
00:58:57c'est-Ă -dire
00:58:58cette team
00:58:58de ce qu'on appelle
00:58:59aujourd'hui
00:58:59les belles personnes.
00:59:01Ă€ 21 ans,
00:59:03Ă  21 ans,
00:59:04Sarah Knafo
00:59:05entre aux jeunes
00:59:06avec Henri Guénaud.
00:59:09C'était la blague juste là ?
00:59:11Non,
00:59:11je me permets de laisser
00:59:12un petit temps
00:59:12pour infuser cette idée.
00:59:13Les jeunes
00:59:14avec Henri Guénaud.
00:59:16VoilĂ .
00:59:17C'est-Ă -dire,
00:59:18il n'y a pas besoin de vannes,
00:59:19en fait,
00:59:19pour ceux qui aient fait tout ça.
00:59:21Ă€ 21 ans,
00:59:21on faisait quoi Ă  21 ans ?
00:59:22Violaine,
00:59:23tu faisais quoi ?
00:59:25Je préparais l'examen
00:59:25d'entrée à l'école
00:59:26des avocats,
00:59:27tu es des avocats,
00:59:28et je crois que je n'avais pas
00:59:29encore tout à fait tué
00:59:30le concept du prince charmant.
00:59:31C'était en cours.
00:59:32Ah,
00:59:32c'est beau.
00:59:33Mais est-ce que tu avais profité
00:59:34de ce moment-lĂ 
00:59:35pour créer les jeunes
00:59:36avec Gilbert Collard ?
00:59:37Alors,
00:59:38non,
00:59:39je ne crois pas.
00:59:40Tu vois,
00:59:40tu as manqué une occasion.
00:59:42Je regrette d'un coup.
00:59:43Et d'un coup,
00:59:43je me dis,
00:59:43merde,
00:59:43j'ai loupé un truc.
00:59:44Ben oui.
00:59:45Moi,
00:59:46Ă  21 ans,
00:59:46j'étais à Sciences Po aussi,
00:59:47comme Sarah Knafo,
00:59:48et mon école avait choisi
00:59:49de recevoir Charles Pasquois
00:59:50parce que vraiment,
00:59:52on avait vraiment,
00:59:53c'était un honneur,
00:59:54un véritable honneur.
00:59:54Eh bien,
00:59:54on l'avait reçu
00:59:55avec une très belle pancarte
00:59:56No Pasquois Rannes.
00:59:58On était très fiers
00:59:59et on ne lui a pas fait
01:00:00les jeunes avec Charles Pasquois.
01:00:02Je vous dis la vérité,
01:00:03en fait,
01:00:03moi,
01:00:03Ă  21 ans,
01:00:04surtout,
01:00:04moi,
01:00:04je buvais des Tchoupitos
01:00:05en écoutant Zebda
01:00:06parce qu'en fait,
01:00:07j'habitais Ă  Toulouse,
01:00:08j'étais à Sciences Po Toulouse.
01:00:09VoilĂ .
01:00:10Sciences Po Toulouse
01:00:10par rapport Ă  Sciences Po Paris,
01:00:11pour ceux qui ne l'ont pas,
01:00:13c'est un peu
01:00:13ce que François Hollande
01:00:14est à Jean Jaurès.
01:00:15Les Tchoupitos,
01:00:16c'est quoi déjà ?
01:00:17Les Tchoupitos,
01:00:17c'est des petits shooters,
01:00:19mais Ă  l'espagnol.
01:00:21Ah d'accord.
01:00:21Toulouse, quoi.
01:00:22C'est l'heure de la Pérou, là.
01:00:23J'étais sur la Pérou,
01:00:24Toulouse,
01:00:24je me sens extrêmement attaquée.
01:00:26Non, c'est pas vrai.
01:00:27Non, mais disons,
01:00:28c'est ce que de parler
01:00:29à la présomption d'innocence.
01:00:30Par exemple.
01:00:31C'est ce que Némésis
01:00:32est au féminus,
01:00:33tout simplement.
01:00:35Donc,
01:00:35alors,
01:00:35on prend pour Sarah.
01:00:36Sarah se radicalise
01:00:38assez rapidement,
01:00:38en fait,
01:00:39de plus en plus proche
01:00:40de Sarkozy.
01:00:41Puisque après,
01:00:42les jeunesses
01:00:42avec son conseiller auprès,
01:00:43parce qu'Henri Gueno,
01:00:44c'était le conseiller de Sarko,
01:00:46eh bien,
01:00:46elle entame
01:00:47une très belle histoire d'amour
01:00:48avec le petit
01:00:49Louis Sarkozy.
01:00:51Eh oui,
01:00:52ça nous embouche un coin,
01:00:53mais c'est vrai.
01:00:53Le petit Louis Sarkozy
01:00:54qui a bien grandi.
01:00:55Ah,
01:00:55il a bien grandi.
01:00:56Il a bien grandi.
01:00:57C'est ce qu'on dit souvent
01:00:58du fils Sarko aujourd'hui.
01:01:00C'est un peu comme
01:01:00le cousin un peu con,
01:01:02le petit cousin
01:01:03qui a changé.
01:01:04Et tu sais,
01:01:04on dit,
01:01:04ah,
01:01:04il a bien grandi.
01:01:06Parce qu'on ne peut pas dire,
01:01:07mais il a bien connu.
01:01:09Il a bien connu.
01:01:10Ça ne se fait pas.
01:01:11VoilĂ .
01:01:12Et ensuite,
01:01:13Sarkozy,
01:01:14nouvel amour,
01:01:15la rencontre,
01:01:15Rico,
01:01:16Riri ou la belle vie,
01:01:17Riri brun d'acier.
01:01:19Eh bien,
01:01:20Sarkozy devient
01:01:20la conseillère
01:01:21très,
01:01:22très auprès
01:01:22d'Éric Zemmour.
01:01:24D'autant plus auprès
01:01:25puisque,
01:01:26en plus de faire sa campagne,
01:01:27elle devient sa compagne.
01:01:29Alors,
01:01:30plus récemment,
01:01:31Sarkozy a eu
01:01:32d'autres amours.
01:01:33Elle voue une passion
01:01:34pour eux.
01:01:34Elon Musk
01:01:35pour Donald Trump.
01:01:37Ah,
01:01:37elle veut devenir
01:01:37première dame des Etats-Unis.
01:01:38Elle veut,
01:01:39elle veut,
01:01:39elle veut tout.
01:01:40Elle est surtout
01:01:41beaucoup entourée d'hommes,
01:01:42comme vous l'avez remarqué.
01:01:44C'est certainement
01:01:44ce genre de nana
01:01:45qui dit,
01:01:45ah ouais,
01:01:46mais moi,
01:01:46je n'aime pas trop,
01:01:46je n'ai pas trop de copines
01:01:47parce que les femmes,
01:01:48c'est un peu des connasses.
01:01:50J'aime pas les filles,
01:01:51ça fait des disputes.
01:01:51C'est ça,
01:01:52exactement.
01:01:53Et ça,
01:01:53c'est la sororité
01:01:54qu'on voyait théoriquement
01:01:56dans les séries
01:01:56des années 90.
01:01:57C'est vrai.
01:01:58Et les délégations,
01:01:59c'est ça ?
01:01:59Eh bien,
01:02:00notamment,
01:02:00notamment,
01:02:01moi,
01:02:01je pense que ce qui a inspiré
01:02:02la sororité de Sarah Knafo,
01:02:03c'est la fameuse jurisprudence
01:02:05Brenda versus Kelly.
01:02:07Je ne sais pas
01:02:08si vous avez connu
01:02:09ce Cassius Belli
01:02:09qui était autour de Dylan
01:02:11dans Beverly Hills.
01:02:12Oui, oui.
01:02:12VoilĂ .
01:02:13D'ailleurs,
01:02:14petite parenthèse,
01:02:15petit message,
01:02:15la comédienne qui jouait
01:02:16Brenda est décédée cet été.
01:02:18Brenda,
01:02:18alors qu'on aurait tous préféré
01:02:20que ce soit Kelly,
01:02:20c'est ça ?
01:02:21VoilĂ .
01:02:22VoilĂ .
01:02:22Ça,
01:02:23c'est la base
01:02:24de la sororité
01:02:25selon Sarah Knafo.
01:02:27Et non.
01:02:28Et non,
01:02:28détrompons-nous
01:02:29car elle a des copines.
01:02:30En fait,
01:02:31elle est très copine
01:02:31avec Marion Maréchal-Le Pen.
01:02:33Ça va être sympa
01:02:34les soirées des regroupes.
01:02:36C'est les tic-et-tac.
01:02:38Les tic-et-tac des faf.
01:02:39VoilĂ .
01:02:40Les tic-et-tac des faf
01:02:41ou les Tom et Jerry,
01:02:42quand mĂŞme,
01:02:42parce que la relation
01:02:43est compliquée.
01:02:44Et plus récemment,
01:02:45donc,
01:02:45elle s'est fait une nouvelle copine.
01:02:46Elle est copine
01:02:47avec Alice Cordier
01:02:48de Némésis.
01:02:49Alice Cordier,
01:02:50c'est dommage
01:02:50parce que d'ailleurs,
01:02:51son nom,
01:02:51ça fait un peu
01:02:52série télé
01:02:52avec une femme sympa
01:02:53sur les femmes
01:02:54mais ça n'est pas ça.
01:02:55c'est quand on dit
01:02:56juger flic.
01:02:58remarque,
01:02:58il est tellement sympa.
01:02:59Je nous imagine mal invitées
01:03:00à leur soirée
01:03:01lĂ  tout de suite.
01:03:02On ne voit pas trop lĂ -bas.
01:03:03Je pense qu'on n'a pas
01:03:04envie d'y ĂŞtre sur le jeu.
01:03:05Eh bien,
01:03:05parce que moi,
01:03:06j'avais justement envie
01:03:07de voir si on pouvait s'entendre.
01:03:09Ces trois nanas
01:03:09que tu mets ensemble,
01:03:11Sarah Knafo,
01:03:11Mario Maréchal Le Pen
01:03:12et Alice Cordier,
01:03:14mettons,
01:03:15elles se font un petit groupe
01:03:16après les Outmachines,
01:03:17on les appelle
01:03:18les Fafmachines.
01:03:19C'est sympa.
01:03:20Le racisme dans la peau.
01:03:23Nouvelle chanson.
01:03:24Nouvelle chanson pour les rosies.
01:03:26Nouvelle chanson pour les rosies.
01:03:27En plus,
01:03:28avec un peu d'appropriation culturelle,
01:03:29ce ne serait vraiment pas
01:03:30pour leur déplaire
01:03:31Ă  ces trois-lĂ .
01:03:32Donc,
01:03:32non,
01:03:32j'ai envie de savoir
01:03:33si nous,
01:03:33si on passait une soirée
01:03:34effectivement avec les trois Fafs,
01:03:36lĂ ,
01:03:36les Fafmachines,
01:03:37est-ce qu'on pourrait ĂŞtre copines
01:03:38et avoir des goûts en commun ?
01:03:40Savoir si,
01:03:40voilĂ ,
01:03:41les choses qu'elles aiment,
01:03:42on peut les aimer aussi.
01:03:43Alors,
01:03:43j'ai des petites questions.
01:03:45Enfin,
01:03:45c'est plus des affirmations,
01:03:46des trucs qu'elles ont pu prononcer.
01:03:47Et vous allez me dire,
01:03:48vous pouvez me dire aussi
01:03:49sur le chat,
01:03:49est-ce que c'est copines
01:03:51ou pas copines ?
01:03:52Vous allez voir,
01:03:53c'est assez simple.
01:03:54Nous aimons les femmes libres,
01:03:56celles qui peuvent s'habiller
01:03:57comme elles l'entendent.
01:03:59Copines.
01:04:00Copines.
01:04:02Sauf avec des habits d'arabe.
01:04:04C'est pas copines.
01:04:05C'est pas réellement une citation,
01:04:06mais je ne vous cache pas
01:04:07que c'est quand mĂŞme pas loin
01:04:08de ce qu'elle raconte.
01:04:09J'en ai une autre.
01:04:10Nous voulons la sécurité
01:04:11pour les femmes.
01:04:13Copines.
01:04:14Copines.
01:04:14Copines.
01:04:15vis-Ă -vis des arabes
01:04:17dans la rue.
01:04:18Pas copines.
01:04:19VoilĂ .
01:04:20Nous sommes contre
01:04:21la chasse aux sorcières.
01:04:23Copines.
01:04:24Copines.
01:04:24Copines.
01:04:25Envers les accusés
01:04:26d'agressions sexuelles.
01:04:29Ah oui, non, pas copines.
01:04:30Mais les pauvres,
01:04:31en mĂŞme temps,
01:04:31ça gâche leur vie.
01:04:32C'est vrai.
01:04:33Ils n'ont plus de carrière après.
01:04:34C'est que quand mĂŞme,
01:04:35ils ne sont que dans le Figaro dimanche
01:04:37au week-end de 8 mars.
01:04:38C'est terrible.
01:04:40Il faudrait qu'on la mette derrière
01:04:40avec des fléchettes.
01:04:43Présumption d'innocence.
01:04:45Qui déjà vient de sortir un truc
01:04:46qui s'appelle
01:04:46Vive les Hommes,
01:04:47un truc comme ça ?
01:04:48Non, non, c'était la couverture
01:04:49de Bec BD.
01:04:50En magazine du week-end.
01:04:51C'était ça.
01:04:52Il ne sait plus comment exister,
01:04:54le pauvre.
01:04:54Avec Bec BD.
01:04:55Voilà, il a vu de carrière.
01:04:56Alors, justement,
01:04:57en voilĂ  un qui ne sait plus
01:04:59oĂą se trouvait,
01:05:00c'est Bec BD.
01:05:00Et donc, citation d'une de nos copines,
01:05:02on ne veut pas castrer les hommes.
01:05:05Copine ou pas copine,
01:05:06moins fin.
01:05:06Ça démonquait alors.
01:05:07Ah, totalement.
01:05:08VoilĂ .
01:05:09Sauf s'ils sont au QTF.
01:05:11Alors lĂ ,
01:05:12castration chimique.
01:05:13VoilĂ .
01:05:13Pas copine.
01:05:15Et allez, une petite dernière,
01:05:16nous sommes contre le patriarcat.
01:05:18Super copine.
01:05:19J'avais pas fini,
01:05:19j'avais fini.
01:05:20Contre le patriarcat musulman.
01:05:22Ah.
01:05:23Parce que le patriarcat des Gérards,
01:05:26ça, évidemment,
01:05:27ça va.
01:05:27Je me demande
01:05:28si elles ont déjà dit
01:05:29le mot patriarcat.
01:05:30Mais si, si,
01:05:30le patriarcat musulman,
01:05:32c'est une citation.
01:05:33Mais tout court,
01:05:33le mot patriarcat,
01:05:34tout court,
01:05:34non, ça n'existe pas.
01:05:35Non, parce que ça n'existe pas.
01:05:36Voilà, ça n'existe pas.
01:05:37VoilĂ .
01:05:37Bon, alors,
01:05:38je pense qu'a priori,
01:05:39on ne va pas faire copine.
01:05:40Mais moi,
01:05:40j'ai un petit truc quand mĂŞme.
01:05:41J'ai un petit conseil pour Sarah
01:05:42parce que c'est,
01:05:43voilĂ ,
01:05:44c'est mon petit côté soror,
01:05:45on ne se refait pas.
01:05:46Sarah,
01:05:46pense Ă  quelque chose
01:05:48au niveau du droit
01:05:49et de l'accès à l'IVG,
01:05:51dont elle n'est pas forcément frayande.
01:05:53réfléchis-y quand même
01:05:54Ă  deux fois.
01:05:55En ton âme et conscience,
01:05:56Sarah,
01:05:57tu sors avec Éric Zemmour.
01:05:58Te taper quand mĂŞme
01:05:59un mini ricou.
01:06:01Il faut avoir
01:06:02toutes les fenĂŞtres ouvertes,
01:06:03je pense.
01:06:04VoilĂ .
01:06:04Donc ça,
01:06:05c'était mon cadeau pour Sarah.
01:06:06VoilĂ ,
01:06:07n'hésite pas à contacter
01:06:07le planning familial
01:06:08de ta région
01:06:09pour une aide psychologique.
01:06:11Tu verras,
01:06:11des fois,
01:06:11il est effectivement tagué
01:06:12par des fachos.
01:06:13VoilĂ .
01:06:14C'était mon petit peu.
01:06:16Merci,
01:06:16Hélène.
01:06:17En dehors,
01:06:18tu vas aller prendre l'apéro
01:06:18avec elle,
01:06:19c'est ça ?
01:06:20Écoute,
01:06:20des Chupitos,
01:06:21je pense qu'elles ne le connaissent pas
01:06:23non plus
01:06:23parce que c'est un mot
01:06:23qui vient de l'étranger,
01:06:24donc ce n'est pas beau.
01:06:25Donc je ne suis pas sûre.
01:06:27C'est un peu trop latin
01:06:28pour elle,
01:06:29je pense.
01:06:30Mais en tout cas,
01:06:31alors moi,
01:06:32quand tu nous exposes
01:06:33comme ça,
01:06:33la dating history
01:06:35de Sarah Ktafo,
01:06:36tu m'as dit
01:06:37que j'ai pris
01:06:37vachement moins
01:06:38de mauvaises décisions
01:06:39que ce que je pensais
01:06:40dans ma vie.
01:06:40C'est vrai,
01:06:45peut-ĂŞtre qu'elle aura droit
01:06:46à une série Netflix
01:06:46qui s'appellera
01:06:47Ultra, Ultra Toxique
01:06:48et un jour
01:06:49elle aura une révélation
01:06:50après avoir consulté
01:06:51un psychologue
01:06:51au planning familial,
01:06:52je répète.
01:06:54Non, peut-ĂŞtre,
01:06:54on ne sait pas.
01:06:56Mesdames et messieurs,
01:06:58Hélène Vézier,
01:06:59madame Bézzi,
01:06:59madame Bézzi,
01:06:59sur les réseaux,
01:07:00vous pouvez,
01:07:00on va demander
01:07:01à la modération
01:07:02de mettre les réseaux
01:07:03d'Hélène dans le chat
01:07:03pour que vous puissiez
01:07:04la suivre.
01:07:05Et petite nouveauté
01:07:06par rapport à la dernière,
01:07:08on a demandé
01:07:08Ă  Yuli,
01:07:09Hélène et Violenne,
01:07:10enfin,
01:07:11on s'est demandé
01:07:12toutes les deux,
01:07:13d'apporter une recommandation
01:07:15féministe,
01:07:15culturelle,
01:07:16un essai,
01:07:17une pièce,
01:07:18mĂŞme,
01:07:19enfin,
01:07:19une ville,
01:07:20par exemple,
01:07:21avec un tour
01:07:22que vous aurez bien aimé
01:07:23pour apprendre
01:07:23sur le matrimoine
01:07:24de cette ville
01:07:25ou quoi.
01:07:25Enfin, voilĂ ,
01:07:26c'est ouvert
01:07:27et du coup,
01:07:28je l'ai juste lĂ .
01:07:30Donc, je vais commencer.
01:07:31Je vais essayer
01:07:32de l'attraper sans tomber,
01:07:33ce qui va être compliqué.
01:07:34Merci, Mike,
01:07:34de me suivre avec la caméra.
01:07:37Je voulais vous parler,
01:07:38du coup,
01:07:38de Buffy
01:07:39ou la révolte
01:07:40Ă  coups de pieux.
01:07:40Donc,
01:07:41on parlait tout Ă  l'heure
01:07:42des séries
01:07:42des années 90,
01:07:4490-2000,
01:07:45lĂ ,
01:07:45pour Buffy.
01:07:46Et,
01:07:48pour le coup,
01:07:48moi,
01:07:48j'ai fait tout un rewatch
01:07:49de toute la série
01:07:51dernièrement
01:07:51et ça a super bien vieilli.
01:07:54Et ce livre,
01:07:54du coup,
01:07:55parle de comment
01:07:55Buffy
01:07:56est une icône féministe,
01:07:58en fait.
01:07:58Et ça évoque aussi
01:08:00le fait que
01:08:01Joss Whedon,
01:08:03le showrunner
01:08:04de cette série,
01:08:04a été accusé,
01:08:06en fait,
01:08:06de comportement toxique.
01:08:07Il ne sent pas
01:08:08qu'il a été accusé
01:08:09de VSS,
01:08:09mais il a été accusé
01:08:10de comportement très toxique,
01:08:12notamment envers
01:08:13ses actrices.
01:08:14Et justement,
01:08:14ce livre
01:08:15n'élude pas du tout
01:08:15la question
01:08:16et plonge mĂŞme dedans.
01:08:18Donc,
01:08:18je vous le rappelle,
01:08:19Buffy ou la révolte
01:08:20Ă  coups de pieux
01:08:21de Marion Luté.
01:08:22C'est assez court,
01:08:23ça s'y très vite
01:08:24et ça va vous inciter
01:08:25Ă  vouloir retrouver Buffy
01:08:26et vouloir regarder
01:08:27et se dire
01:08:28« Ah, mais en fait,
01:08:29si ça se faisait maintenant,
01:08:30la série serait taxée
01:08:31de wokisme tout le temps. »
01:08:33Ah ouais.
01:08:34Sacré badass.
01:08:35En fait,
01:08:35ça parle quand même
01:08:36très vite de...
01:08:37VoilĂ ,
01:08:38il y a Willow dedans
01:08:38dont la bisexualité
01:08:41est un sujet
01:08:42pendant quelques épisodes,
01:08:43mais en fait,
01:08:43est acceptée très vite
01:08:44par ses amis,
01:08:45tout ça.
01:08:46Donc,
01:08:46c'est quand mĂŞme,
01:08:46aujourd'hui,
01:08:47on nous dirait
01:08:47« Ah, voilà encore
01:08:48de la propagande LGBT. »
01:08:50Donc, voilĂ .
01:08:50Vous le conseille.
01:08:53Alors, Violaine,
01:08:54vas-y, vas-y.
01:08:54Alors, moi,
01:08:54j'étais en train
01:08:55de chercher
01:08:56pour vous montrer,
01:08:57mais je pense
01:08:57qu'on ne va peut-ĂŞtre
01:08:58pas nécessairement voir
01:08:59la couverture.
01:09:01J'aurais dĂ» la porter.
01:09:02C'est une BD
01:09:02qui s'appelle
01:09:03Petite Grande
01:09:04de Lauriane Chapeau
01:09:05et de Violette Benilan
01:09:09qui parle
01:09:09de pédocriminalité
01:09:11puisque qui aborde
01:09:13le sujet
01:09:13de violences perpétrées
01:09:15par un maître
01:09:15des écoles d'ECP
01:09:16et c'est tiré
01:09:17d'une histoire vraie.
01:09:18J'y ai pensé
01:09:19assez naturellement
01:09:21parce que
01:09:21je les ai rencontrées
01:09:22au Popwoman Festival
01:09:23le week-end dernier
01:09:24et ça peut permettre
01:09:26aussi de prendre conscience,
01:09:28mais bon,
01:09:28beaucoup le savent déjà
01:09:29ici,
01:09:30que les violences sexuelles
01:09:32faites aux enfants,
01:09:32il y en a beaucoup trop
01:09:33et c'est beaucoup trop courant.
01:09:35Ce n'est pas des cas isolés.
01:09:35Donc, voilĂ .
01:09:36Petite Grande,
01:09:37une BD chez Gléna.
01:09:38Je vous invite
01:09:39Ă  aller voir
01:09:40chez votre libraire
01:09:43si vous pouvez.
01:09:43Sinon, sur Google,
01:09:44vous pouvez le commander.
01:09:47Oui, ça me fait penser
01:09:48que je ne voulais pas
01:09:49recommander ça,
01:09:50mais moi,
01:09:51pour mon fils,
01:09:51j'ai Foufoune sexuelle.
01:09:53Ah oui.
01:09:53Ça marche très bien.
01:09:55C'est un livre
01:09:56un peu BD,
01:09:57tout ça,
01:09:58donc sur ça.
01:09:59Et non,
01:10:00moi, ce serait
01:10:01un téléfilm
01:10:02que j'ai vraiment,
01:10:04je l'ai découvert
01:10:05sur Arte.
01:10:05Je ne sais pas
01:10:06s'il est encore disponible.
01:10:07C'est avec Yolande Moureau
01:10:08et Laure Calamie,
01:10:09je ne me laisserai plus faire.
01:10:10Ah oui,
01:10:11c'est super.
01:10:12C'est super.
01:10:13C'est l'histoire
01:10:14un peu de mes tatas,
01:10:16de mes cousines,
01:10:17de mon milieu français
01:10:20issu d'un milieu populaire.
01:10:22C'est bĂŞte,
01:10:22mais ce truc,
01:10:24ça m'a vachement fait penser
01:10:25quand je vois
01:10:26les métiers
01:10:26qu'elles exercent
01:10:27ou ce qu'elles vivent
01:10:30dans leur vie.
01:10:31Et cette façon
01:10:32de se rebeller,
01:10:33d'ĂŞtre subversible,
01:10:34de ne pas se laisser faire,
01:10:35mais en mĂŞme temps,
01:10:35toujours sur la ligne de crĂŞte
01:10:37oĂą c'est suffisamment
01:10:38emmerdant et révoltant
01:10:39pour que ça signifie
01:10:41politiquement quelque chose.
01:10:42Et en mĂŞme temps,
01:10:43c'est quand mĂŞme
01:10:44sur cette ligne
01:10:44oĂą on est juste
01:10:46désarmé
01:10:47de son message.
01:10:50Moi, j'ai vraiment adoré
01:10:52ce petit téléfilm.
01:10:53Je le recommande.
01:10:54C'est top.
01:10:55Et moi,
01:10:56Marocco,
01:10:56c'est pour du théâtre.
01:10:58Moi, je fais partie
01:10:58d'un collectif
01:10:59de seule en scène féminin,
01:11:01parce que moi,
01:11:01je suis comédienne aussi.
01:11:02Et on a monté
01:11:04depuis Avignon dernier
01:11:05Ă  plusieurs,
01:11:06on est de plus en plus nombreuses,
01:11:07un collectif qui s'appelle
01:11:08Sœurs en scène.
01:11:09Et donc,
01:11:10il s'est créé autour
01:11:11du Festival d'Avignon
01:11:11Ă  l'origine,
01:11:12parce que quand tu te lances
01:11:13dans cette aventure avignonnaise,
01:11:14quand mĂŞme,
01:11:15tu es très isolé.
01:11:16Et mĂŞme quand tu as
01:11:16une grosse production
01:11:17ou tous les moyens,
01:11:19en fait,
01:11:20tu peux aussi avoir
01:11:20des problèmes
01:11:21avec ta production,
01:11:22avec les rapports de pouvoir,
01:11:24avec plein de questions.
01:11:25voilĂ .
01:11:26Et donc,
01:11:26on s'est vraiment
01:11:27beaucoup entraînés.
01:11:28Et puis,
01:11:28ce collectif
01:11:29prend de plus en plus forme.
01:11:30Donc,
01:11:31vous pouvez aller regarder
01:11:31sur Instagram
01:11:32Sœurs en scène.
01:11:33C'est vraiment une proposition.
01:11:35Maintenant,
01:11:35je crois qu'on est 70
01:11:36de spectacles
01:11:37de Sœurs en scène
01:11:39qui sont quasiment
01:11:40tous féministes.
01:11:41Ce n'est pas nécessaire,
01:11:42mais c'est quand mĂŞme
01:11:43souvent le cas.
01:11:43Et c'est dans toute la France.
01:11:44Donc,
01:11:44il y a pas mal de recos.
01:11:46Et voilĂ ,
01:11:46vous cherchez une idée
01:11:47de spectacle un jour,
01:11:47vous allez voir sur Insta
01:11:48ce qui se joue en ce moment.
01:11:49Et c'est chouette.
01:11:51VoilĂ .
01:11:51Et c'est les Sœurs
01:11:52sur scène.
01:11:53Super.
01:11:54Si la Modo
01:11:54peut trouver le lien
01:11:55et le mettre dans le chat,
01:11:57on est très preneur.
01:11:58C'est en scène.
01:11:59Mes camarades,
01:12:00c'est le temps
01:12:01de se dire au revoir.
01:12:02Oui, déjà ça.
01:12:02Merci Ă  vous pile,
01:12:03Yuli,
01:12:04d'avoir accepté
01:12:04notre invitation
01:12:05et pour cette discussion
01:12:06extrĂŞmement riche.
01:12:08Merci Ă  Julia et Karine
01:12:09pour leur participation.
01:12:11Et pareil,
01:12:12encore une fois,
01:12:12aux petits oignons,
01:12:13c'était super
01:12:14de préparer cette émission
01:12:15avec vous.
01:12:16Merci beaucoup, Hélène,
01:12:17pour cette chronique
01:12:18et ce jeu
01:12:18copine, pas copine.
01:12:19Ah oui,
01:12:20c'était très chouette
01:12:20comme jeu.
01:12:21Peut-ĂŞtre un banger
01:12:22des soirées antropodes.
01:12:23Et surtout,
01:12:24un petit jeu de cartes,
01:12:27copine, pas copine.
01:12:28Tu sais,
01:12:29ça développe pas mal
01:12:30les jeux de cartes féministes.
01:12:30BientĂ´t
01:12:31aux éditions de l'Huma.
01:12:32VoilĂ .
01:12:33On va en parler
01:12:34Ă  la direction.
01:12:35Le jeu le torchon brûle.
01:12:35Exactement.
01:12:36Ils vont adorer,
01:12:36je pense.
01:12:37Le jeu le torchon brûle.

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