00:00Edith nous appelle depuis la Gironde. Bonjour Edith.
00:03Bonjour.
00:04Merci de nous appeler.
00:06Vous avez un mari qui travaille dans un établissement scolaire, professionnel.
00:10Voilà, alors je vais essayer d'être le plus fidèle possible
00:13du récit qu'il m'a fait de sa journée d'hier.
00:16Il est enseignant au lycée des Iris de Lormand,
00:19où hier il y a eu énormément de violence,
00:22qui lorsqu'on zappe sur toutes les chaînes,
00:26a l'air de transparaître, mais beaucoup moins que la réalité.
00:29Donc en fait, pour expliquer la mécanique,
00:31et je l'ai beaucoup écouté, c'est un homme fiable, c'est un homme discret,
00:34c'est pour ça qu'il ne vous appellera pas.
00:36Le matin, la police était là.
00:39Le matin, la police est là pour s'assurer que la rentrée se passe bien,
00:41et ça s'est bien passé.
00:43Hier était une journée de grève.
00:45Il y avait peu d'enseignants et peu d'élèves dans l'établissement,
00:47et heureusement, un peu après 9h30, autour de 10h,
00:52lui était en cours avec les quelques élèves qu'il avait,
00:54ainsi que trois autres de ses collègues,
00:56et M. le proviseur qui était sur place.
00:59Et ils ont commencé à entendre des grands coups violents portés contre les portes.
01:03Donc ils sont sortis, et là, ils ont compris,
01:06il y avait environ 25, je vais dire, casseurs, cagoulés, masqués.
01:13On ne peut pas dire s'il y avait ou pas des élèves au milieu d'eux.
01:15Moi, je vous répète fidèlement, parce que je vais aux nouvelles régulièrement,
01:19parce que je suis très inquiète, moi, quand mon mari rentre tard
01:22ou rentre très tôt parce qu'il n'a pas pu faire court.
01:25Et donc, ils ont été d'une très grande violence.
01:29Ils agissaient surtout sur les vitres, sur les bureaux.
01:32Ils ont commencé à mettre le feu dans deux salles.
01:36Donc, mon mari et ses trois collègues ont réussi à les mettre en fuite.
01:42Après, vraiment, ça a été très, très, très dangereux pour eux,
01:46parce qu'ils avaient des grandes barres de fer.
01:48Ils avaient des poteaux indicateurs sur lesquels on fixe les plaques d'indication des rues.
01:54Voilà.
01:54Il y avait des poteaux de cette taille-là.
01:56Et donc, vraiment, ils ont eu peur.
01:58Ils ont d'abord fait partir leurs élèves.
02:00Il y a des élèves qui sont partis sans leur sac, en pleurs, des jeunes filles.
02:05Il faut savoir que c'est un établissement, vraiment, qui est à la disposition,
02:10qui est vraiment dévoué aux enfants.
02:13C'est un établissement professionnel.
02:15Donc, les professeurs sont très dévoués.
02:17Ils font beaucoup pour leurs élèves.
02:19Il ne manque pas de grand-chose, à part peut-être la climatisation,
02:22qui sera un grand débat par la suite, parce que beaucoup n'en veulent pas.
02:25Mais c'est vrai que l'été, c'est extrêmement difficile, comme dans tous les établissements.
02:29Mais ce sont des professeurs dévoués, qui aident beaucoup leurs élèves,
02:33qui les tirent vers le haut.
02:34Et d'ailleurs, comment dire, vraiment hier, la peur a été d'abord pour les élèves qui étaient là.
02:41Et ensuite, oui, voir le matériel, matériel précieux.
02:46Ils ont cassé la moitié des ordinateurs.
02:48C'est pas la vérité.
02:50Ils en ont emporté la moitié, parce que tout n'a pas été perdu.
02:54Ils ont cassé des vélos.
02:56Et ce matin, comment va votre mari ?
02:58Alors, il n'a pas cours le vendredi.
03:01C'est le seul jour où il n'a pas cours.
03:02Il n'a pas dormi cette nuit.
03:04C'est un homme solide.
03:05C'est un homme vraiment solide.
03:07Et vraiment dévoué son établissement, dévoué son proviseur,
03:11qui était là, qui les a soutenus.
03:12Mais il n'y avait plus que quatre enseignants,
03:14face à ces 25 casseurs d'une violence extrême.
03:18C'est la première fois, et ça fait 20 ans qu'il est dans cet établissement,
03:22que je le vois rentrer dans cet état-là.
03:25Et vraiment.
03:25Et pourtant, je vous dis, c'est quelqu'un de solide.
03:28Et le chef de cet établissement, il était où ?
03:31Il était avec eux.
03:33C'est un monsieur extraordinaire aussi.
03:35Moi, je voudrais peut-être les dires de mon époux,
03:38qui a beaucoup d'admiration et de respect pour lui.
03:40C'est un homme efficace.
03:43Et vraiment, d'ailleurs, il est passé sur les ondes.
03:47Mais après, 4, 5, face à une horde de 25 à 30 types de cette violence.
03:53C'est insupportable.
03:54C'était vraiment...
03:56Vous voyez, rien que de vous en parler,
03:57j'ai à nouveau la tension qui monte.
03:59J'imagine, je l'ai dit.
04:01Voilà.
04:01Et on se demande, qu'est-ce qui va se passer la semaine prochaine ?
04:05Moi, j'ai peur pour les élèves.
04:06Et on ne peut pas dire que ces garçons-là
04:09ont voulu se défendre des policiers.
04:11Les policiers étaient partis.
04:12Ils ont été rappelés.
04:14Ils ont mis 30 minutes à revenir.
04:16Et bien évidemment, les casseurs étaient en fuite.
04:19Et si mon mari et ses collègues
04:21n'avaient pas commencé à éteindre les incendies dans les salles,
04:25eh bien, ce matin, il n'y aurait plus de lycée des iris.
04:28Les pompiers sont arrivés.
04:29Mais il y avait un moment que eux avaient commencé à se battre.
04:32Et monsieur le proviseur leur a dit,
04:34non, là, maintenant, vous ne pouvez plus rien faire.
04:36Et les pompiers sont arrivés.
04:37Mais on est passé vraiment près d'un grand drame hier.
04:40Voilà.
04:40Et heureusement que c'était un jour de grève
04:42parce qu'il y aurait eu beaucoup plus d'élèves.