00:00Oui, bonsoir Thierry Cabane, bonsoir à vos invités.
00:04Déjà, ça va être trois fois plus au moins, c'est-à-dire que 30 millions,
00:08non, c'est au moins 100 millions d'euros.
00:11Alors pourquoi ? Parce qu'en fait, quand on parle de 30 ou 40 millions,
00:15on parle de ce qu'on appelle les coûts visibles,
00:17c'est-à-dire les dégradations de lycées, de bâtiments publics,
00:21sur quoi on va pouvoir faire un devis, des factures, des budgets.
00:26Mais la part principale, c'est ce qu'on appelle les coûts cachés.
00:29Vous en avez un peu parlé en disant les coûts indirects.
00:31Mais les principaux coûts cachés, en fait, c'est les heures d'enseignement
00:35qui sont envolées, qui ne servent à rien.
00:37Une heure d'enseignement dans un lycée, pour un lycéen, c'est 13 euros.
00:42Donc une journée de blocage de 500 lycées, c'est à peu près les ordres de grandeur.
00:46Tout ça, c'est les ordres de grandeur, bien entendu, à ce stade.
00:50Donc 500 lycées, 800 lycéens, 6 heures d'enseignement qui partent en fumée,
00:56c'est 30 millions, 30 millions la journée, si vous voulez.
00:59À ça, il faut ajouter, bien évidemment, vous n'en avez pas parlé,
01:02il faut quand même le dire, les blessés.
01:05Il y a 700 policiers blessés et 200 au moins étudiants.
01:10Il faut les soigner.
01:11Concernant les policiers, les arrêts de travail,
01:13tout ça coûte très cher en indemnité, etc.
01:17Donc, en fait, on va arriver au moins, à date,
01:22si ça continue, ce sera encore pire,
01:24mais au moins à 100 millions et sans doute beaucoup plus.
01:28Laurent Gabelli, ça va impacter notre économie
01:31et ça ne nous a pas échappé.
01:33On n'en a pas besoin, on n'en avait pas besoin.
01:36Alors, bien sûr, ça impacte l'économie.
01:39Alors, notamment cet aspect, en fait, de coût caché,
01:43c'est-à-dire que les heures d'enseignement qui ne sont pas données correctement,
01:47il y a un moment donné où ça produit des lycéens, en fait,
01:51qui, alors ça se traduit après dans les classements PISA,
01:55ça se traduit après dans l'intégration dans les entreprises,
01:59ça se traduit après dans les mauvais scores en université.
02:02Il y a bien un moment donné où ça impacte, en fait, bien entendu,
02:05tout ça impacte, en fait, la socio-économie, on va dire, du pays.
02:09Alors, qui va payer ?
02:10Je crois que vous l'avez dit, en fait,
02:13sauf à retrouver les quelques lycéens qui ont dégradé eux-mêmes
02:19et effectivement appliquer à ce moment la règle,
02:23casseurs-payeurs, encore faudrait-il qu'ils soient solvables,
02:25si vous voyez ce que je veux dire,
02:27eh bien, en fait, ça va être les régions,
02:30ça va être les assurances,
02:32je n'ai pas parlé non plus des commerces qui se situaient,
02:34en fait, sur les parcours, en fait, des manifestations,
02:37les bâtiments publics, on a vu des arrêts de bus, etc.,
02:42fracassés, en fait, oui, au bout du compte, c'est le contribuable,
02:47c'est nous et on n'en a pas besoin, bien entendu.
02:50Et le gouvernement souhaite accélérer les choses sur cette fameuse loi
02:53casseurs-payeurs ?
02:55Eh bien, il peut, mais n'empêche que les…
02:58Oui, oui, alors oui, il faudra voir le résultat.
03:00Sur le principe, on ne peut être que d'accord,
03:03mais ce qu'il faut absolument…
03:04Ça a été dit par un de vos invités, Olivier Benkemun,
03:08avec le déçu d'accord,
03:09ce qu'il faut absolument travailler, c'est la prévention de ça.
03:12C'est éviter que ces mouvements, en fait,
03:15apparaissent tous les trois ans ou quatre ans,
03:17j'ai fait le compte, il y en a deux à trois par décennie,
03:20et ça se joue, en fait, dans les lycées,
03:22c'est-à-dire que c'est dans les lycées,
03:24de façon décentralisée, concertée avec l'État et les régions,
03:28il faut que les proviseurs avec les équipes enseignantes
03:30traitent les problèmes, dialoguent avec les étudiants,
03:33les lycéens, ça a été dit aussi sur votre plateau.
03:35Les problèmes, en fait, qui sont très basiques,
03:37c'est des problèmes de conditions de travail,
03:39j'allais dire, scolaires, en fait,
03:42les toilettes qui sont bouchées,
03:43les plannings qui ne sont pas bien faits,
03:44les profs qui sont absents,
03:45tout ça, c'est très local.
03:48La réponse politique, en fait,
03:49elle doit être, je vais dire un gros mot,
03:52managériale.
03:53C'est un problème de gestion, d'organisation,
03:55et ça se joue au niveau local,
03:58dans les lycées.
03:59Les lycées sont organisés,
04:00ce n'est pas une organisation digne du XXIe siècle.
04:03Ils sont organisés de façon centralisée, etc.
04:06Qu'est-ce qui se passe, donc ?
04:07Il y a du mécontentement qui monte,
04:09ça se fait de façon larvée,
04:10et puis ça pète tous les trois, quatre ans.
04:12Voilà.
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