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  • il y a 20 heures
Jeudi 23 mars, l'Humanité a publié un dossier "Ils font face au FN". À cette occasion, Patrick Apel-Muller, le directeur de la rédaction de l'Humanité a répondu à vos questions en direct sur la page facebook de l'Humanité.

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Transcription
00:00C'est parti pour notre troisième direct. Bonjour Patrick Appelmuller.
00:04Bonjour Laurence, bonjour à tous.
00:06En fait, je vous ai vu ce matin puisqu'on travaille tous les deux à l'Humanité,
00:09sauf que vous, vous êtes le chef, le directeur de la rédaction,
00:12et vous êtes en direct avec les internautes jusqu'à 19h.
00:17Les internautes, bonsoir.
00:18Vos commentaires, vos questions sont les bienvenues, c'est évident.
00:21Utilisez la partie commentaires pour communiquer avec nous en direct.
00:26Et ce soir, c'est de lutte contre le FN dont il est question,
00:28même si avec un journaliste, on peut parler de tout a priori.
00:31Et pourquoi on a choisi ce sujet ?
00:33C'est parce que ce matin, le journal donnait la parole à ceux qui font face au FN.
00:40Et puis parce qu'on est à un mois d'un premier tour,
00:42qui met la candidate frontiste en tête de tous les sondages.
00:46Et dans l'Huma, le titre du lead, c'est comme ça qu'on dit, l'article principal,
00:52c'est une citation d'un militant qui dit
00:56« Rabâcher que ce sont des fascistes ne sert à rien ».
01:00Alors, quel est le rôle de l'Huma dans ce contexte ?
01:04À quoi il sert l'Huma ?
01:06Le journal sert à plusieurs choses.
01:08D'une part, il a une fonction de décryptage.
01:10Il s'agit de montrer ce que sont réellement les propositions du FN,
01:14pourquoi elles présentent de très graves dangers pour les salariés,
01:19pour la population et pour l'avenir du pays.
01:23Et je dirais même pour la conception de la société que nous avons,
01:26la conception du vivre ensemble.
01:28La deuxième chose, c'est montrer également comment le FN porte ses propositions,
01:37ses campagnes, son activité.
01:39Et puis, la troisième chose, c'est surtout faire naître une espérance,
01:45montrer qu'il n'y a pas que l'impasse du FN quand on est en colère,
01:49mais qu'au contraire, il existe des propositions de transformation de la société,
01:53de règlement des questions urgentes qui préoccupent les gens,
01:57et que ces solutions ne sont pas précisément du côté du FN.
02:01Alors, cet après-midi, on a annoncé avec un petit clip notre rendez-vous de ce soir,
02:06et un internaute en sont venu à imaginer
02:09que si l'humain s'engage dans la lutte contre le FN,
02:13c'est que l'humanité appelle implicitement à voter Macron.
02:17Certes non, mais je dirais qu'ils sont les deux phases d'une même pièce,
02:21d'une pièce dans laquelle les Français n'auraient finalement pas grand-chose à dire.
02:25D'un côté, un Emmanuel Macron qui porte les conceptions du capitalisme mondialisé,
02:32de l'autre côté, une Marine Le Pen qui porte la conception
02:35d'un capitalisme étroitement enfermé dans ses frontières.
02:39Je dirais que c'est l'histoire du renard libre dans le poulailler tricolore libre,
02:44où des patrons français pourraient exploiter comme ils le veulent
02:47les salariés français, d'ailleurs qu'ils soient français ou immigrés.
02:52En fait, le débat tel qu'il se dessinerait entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen
02:59exclurait toute véritable possibilité de transformation.
03:02D'ailleurs, les uns et les autres sont d'une indulgence frappante
03:05à l'égard du patronat.
03:07Donc nous sommes tout à fait opposés à la conception que porte Emmanuel Macron,
03:12qui s'est traduite d'ailleurs par la loi Macron, par la loi El Khomri,
03:15qui sont des sujets sur lesquels l'humanité a été à la fois très précise,
03:19très mobilisée, aux côtés des salariés qui refusaient ces deux projets,
03:24très dangereux, et en même temps très mobilisés contre des propositions du Front National.
03:29L'un et l'autre sont en fait les grands communs diviseurs de cette campagne.
03:34Ils visent à éviter que, d'un côté, les gens mécontents puissent trouver un débouché
03:40à leur colère, à leur mécontentement, et de l'autre, qu'ils confortent le système
03:46d'une manière ou d'une autre.
03:47Alors il y a eu une question, pour tout expliquer aux internautes,
03:50on a les questions en tout petit qui s'affichent en bas à gauche,
03:54mais elles disparaissent assez vite.
03:55Donc il faut aller doucement pour les poser, mais en tout cas j'en ai repéré une.
03:58Qui a fait le lit du FN ?
04:00Moi je suis d'une génération qui disait c'est François Mitterrand.
04:03François Mitterrand a effectivement mis en scène le Front National à un certain moment
04:07pour diviser la droite.
04:08Et ensuite ce sont des politiques qui ont déçu très profondément des électeurs,
04:14notamment dans l'électorat populaire.
04:17Ce sont des politiques qui ont repris les mots de la droite,
04:20pour parler par exemple de l'immigration,
04:22qui ont repris des mots de la droite pour diviser des salariés
04:28en prétendant que ceux qui ont des difficultés sont des assistés,
04:31ceux qui sont chômeurs ne voudraient pas travailler, etc.
04:34C'est tout ce vocabulaire, toute cette admission par une série de forces politiques
04:38qui ont légitimé les thèses du Front National.
04:40Et puis après, des politiques extrêmement brutales,
04:44d'une alternance de la droite et du Parti Socialiste
04:48qui ont vu mettre en œuvre des politiques très voisines, très identiques.
04:53Qui a intérêt aujourd'hui, politiquement,
04:55je parle dans les familles politiques identifiées, on va dire,
04:58qui a intérêt à ce que le FN fasse un bon score aujourd'hui ?
05:02Je pense que d'un certain nombre de forces politiques ont fait le pari
05:05que pour être élu, il valait mieux être en face de Marine Le Pen.
05:09Qu'effectivement, grande partie des Français se dresseraient
05:14et seraient obligés de voter contre Marine Le Pen plutôt que pour leurs idées.
05:20C'est un pari politique qui existe depuis un moment.
05:23C'est celui qui avait amorcé à un certain moment François Mitterrand.
05:27Il s'est poursuivi par de nombreuses forces politiques depuis.
05:32Vous êtes attendu au tournant par des militants, des supporters,
05:37je ne sais plus comment dire moi, de la France insoumise,
05:40qui vous dit, de votre point de vue, est-ce qu'un programme comme celui
05:43porté par la France insoumise peut constituer un rempart contre le FN ?
05:48Oui, je crois que le programme qui est porté par Jean-Luc Mélenchon,
05:54par les forces qu'il soutienne, qui apportent les unes et les autres
05:56leurs propres préoccupations, leurs propres suggestions,
06:00sont de nature à répondre à ça.
06:02D'abord, en s'attaquant aux mots qui préoccupent le plus l'électorat populaire
06:07qui va du côté du FN.
06:08Il n'y a pas que de l'électorat populaire.
06:10Oui, j'allais dire, c'est qui l'électorat du FN ?
06:12Il est très composite.
06:14En 2017, aujourd'hui.
06:15Oui, on y trouve à la fois des gens qui sont très bien installés
06:20et qui trouvent dans le FN un parti de l'ordre
06:22qui éviterait de déranger la société
06:25et qui mettrait tous ces gens qui ne sont pas d'accord
06:28ou qui protestent sous une poigne de fer.
06:30Et puis, il y a également des gens qui portent naturellement
06:34un racisme profond et depuis longtemps.
06:37Et puis, il y a un électorat populaire qui désespère
06:40de trouver des solutions, qui souvent a voté Nicolas Sarkozy
06:45en s'imaginant qu'il s'occuperait convenablement du travail.
06:48Travailler plus pour gagner plus.
06:50Et puis, retrouver avec leur travail, etc.
06:53Bon, on s'est aperçu que c'est essentiellement
06:56les actionnaires du CAC 40 qui se sont retrouvés
06:58et puis les gens qui ont voté François Hollande
07:00en se disant, il est temps d'en finir avec une politique de droite
07:03qui nous écrase.
07:04Et ils se sont retrouvés dans des situations aussi difficiles.
07:06C'est cette combinaison des électorats
07:08qui, pour l'instant, fait l'influence du FN.
07:12Il y a le mot peur qui s'accompagne souvent
07:15de commentaires vis-à-vis du FN.
07:17On en a peur, on a raison, on a c'est quoi ?
07:19Je crois qu'effectivement, on a raison d'avoir peur
07:22des solutions qu'ils mettraient en œuvre.
07:25D'abord parce qu'elles auraient toujours tendance
07:27à faire de l'étranger le bouc émissaire.
07:30Si c'était l'immigré voisin qui travaille dans la même usine,
07:35qui habite le même quartier,
07:36qui décidait des choix politiques.
07:37Et pas ces grandes banques, ces actionnaires,
07:41ces milliardaires qui n'ont jamais été aussi riches.
07:43Rendez-vous compte, il y a cinq familles en France
07:46qui possèdent l'équivalent du patrimoine de 30% des Français les plus pauvres.
07:50C'est quand même invraisemblable.
07:53Les problèmes, ils sont de ce côté-là,
07:54dans cette accumulation incessante d'argent à un pôle de la société,
07:59tandis que l'autre s'appauvrit.
08:02On parle beaucoup de vote utile en ce moment.
08:05Est-ce qu'en 2017, sur cette élection,
08:08la notion de vote utile, vous la sentez comme d'habitude ?
08:13C'est-à-dire, le FN, imaginons-le, est en tête
08:15et tout le monde se rassemble.
08:16Et comme un seul homme, on va lutter contre le FN.
08:19Je crois que de plus en plus de Français répugnent
08:22à voter simplement contre pour éviter le pire
08:25et qu'ils auraient envie de voter pour les idées auxquelles ils adhèrent.
08:30Pour l'instant, je dirais, c'est notamment François Fillon
08:35qui en a écrit le scénario,
08:36les affaires ont occupé beaucoup de place sur la scène politique.
08:40Je crois qu'il est temps de revenir à un débat politique
08:44qui nous permette de mettre en avant des propositions,
08:47des alternatives,
08:48et ne pas enfermer les Français finalement
08:52dans un choix qui n'en est pas un,
08:54celui de voter pour Marine Le Pen,
08:57ce qui provoquerait pour eux de grandes difficultés
09:00pour la majorité d'entre eux,
09:01et puis de l'autre côté, voter contre
09:04et laisser passer des politiques
09:05qui leur promettent le pire également.
09:07Il y a Pierre qui nous dit, là, en ce moment même,
09:10que Le Pen n'est pas une menace,
09:11qu'elle ne passera jamais les deux tours.
09:13Vous en êtes convaincu, vous aussi, ou pas ?
09:15Je l'espère.
09:16Je crois que ça n'est jamais gagné d'avance.
09:21Mais même si elle ne passait pas au second tour,
09:24si l'alternative à Marine Le Pen
09:27était une politique ultra-libérale,
09:30ça ne serait pas satisfaisant pour les Français.
09:32Évidemment, Marine Le Pen présente des dangers
09:35sans doute plus grands que la plupart des autres candidats,
09:38mais il n'empêche qu'il faudrait que les solutions
09:42auxquelles les Français aspirent,
09:43et on voit bien dans toutes les enquêtes d'opinion
09:45que les questions des urgences sociales, du chômage,
09:48de la feuille de paye, de la protection de la sécurité sociale,
09:52de la production du chômage,
09:54une meilleure répartition des richesses,
09:56sont au cœur des préoccupations des Français.
09:59Et donc ça, il faut que les gens puissent trouver
10:01l'espace pour le faire.
10:03Le premier tour leur sert à ça.
10:05Ils verront la question du vote,
10:09éventuellement pour faire barrage à Marine Le Pen
10:11pour se poser au second tour,
10:12mais surtout pas au premier.
10:14Nombre de militants se sentent démunis
10:16face aux fausses informations qui circulent
10:18sur les réseaux sociaux,
10:19et par mail caché, surtout,
10:21parce qu'il y a ce qu'on voit,
10:22il y a aussi tout ce que reçoivent les gens
10:23par des chaînes,
10:25avec des chiffres complètement farfelus,
10:27avec des images choquantes.
10:28Est-ce que c'est sur Internet
10:29que tout se joue aujourd'hui ?
10:31La presse écrite là-dedans,
10:33elle se vend moins bien ?
10:36Est-ce qu'on est en panne de quelque chose ?
10:39Je crois que les Français sont en panne
10:42d'une information pluraliste,
10:44approfondie.
10:45Je crois que pour se faire son idée
10:47dans un contexte mondial et national,
10:50européen, dans des contextes qui sont
10:53de plus en plus compliqués,
10:54ils ont besoin d'une information étendue
10:56pour appliquer toute l'étendue
10:59de leur citoyenneté.
11:01Je pense notamment,
11:03quand on parle des questions du climat,
11:04on voit bien que c'est à l'échelle planétaire
11:07que la question se pose,
11:08ça demande d'énormes informations.
11:11Pour penser les réalités économiques,
11:13quand un certain nombre d'experts
11:14s'attachent à noyer le poisson
11:17des responsabilités dans la crise,
11:19ou présentent des solutions d'austérité
11:21comme une fatalité,
11:23eh bien il est important de disposer
11:25d'une information approfondie.
11:27Et la presse écrite a cet immense avantage,
11:29c'est qu'elle permet d'aller sur le fond,
11:32de trouver des angles différents,
11:33elle ne joue pas sur la seule information.
11:35Et puis l'autre aspect très important,
11:38c'est qu'il faut vérifier l'information,
11:41vérifier des sources.
11:42Et ça c'est un travail,
11:43c'est un travail de journaliste.
11:45Je ne dis pas que les réseaux sociaux
11:46ne portent pas des informations intéressantes,
11:48ils le font,
11:48et les journalistes ont besoin
11:50d'être attentifs à cette information.
11:53Elle fait partie...
11:53Mais eux-mêmes se font berner quelques fois.
11:55Mais justement,
11:56quand ils ne font pas leur travail pleinement,
11:58c'est-à-dire quand ils ne font pas le travail
11:59de vérification de l'information,
12:00vérification des sources,
12:01ils peuvent se faire berner
12:03comme beaucoup d'internautes le sont aujourd'hui.
12:07Donc, se tourner vers une information sourcée
12:11de qualité pluraliste,
12:13et dans ce pluralisme,
12:13il faut bien dire que le paysage de la presse française
12:15a beaucoup perdu dans les dernières années.
12:19Nous sommes l'humanité aujourd'hui
12:20le seul quotidien indépendant,
12:23avec la croix qui appartient
12:24à une congrégation insomptionniste,
12:27appuyée sur le groupe Bayard,
12:28mais nous sommes le seul quotidien
12:30indépendant du CAC 40 avec la croix.
12:33Tous les autres sont passés dans les mains
12:35soit de patrons de l'armement,
12:38de patrons des télécoms,
12:42patrons du luxe, etc.
12:43Et ces gens n'achètent pas
12:45la presse écrite nationale,
12:47qui est déficitaire dans son économie,
12:51uniquement pour faire de l'argent.
12:53Ils le font pour avoir un outil d'influence
12:56qui leur permette de peser sur l'opinion,
12:58et donc de soutenir leur choix.
13:00Chers amis, nous dit un internaute,
13:02n'oubliez pas qu'il y a d'autres candidats
13:04que les cinq qui étaient sur le plateau de TF1.
13:06Est-ce que l'humanité a,
13:08dans ses projets éditoriaux,
13:09des semaines à venir,
13:13l'idée de donner la parole
13:14à d'autres candidats ?
13:15J'ai même une question un peu plus directe.
13:17Est-ce que le fait d'interviewer
13:20les responsables du Front National
13:22dans l'humanité,
13:23ça a déjà été envisagé ?
13:25Est-ce que c'est un débat ?
13:27Non, ce n'est pas un débat.
13:28Et d'une certaine manière,
13:29personne n'a posé la question
13:30de donner la parole
13:32à les responsables du Front National
13:34qui l'ont par ailleurs
13:35très abondamment dans l'ensemble de la presse.
13:38Le tandem Marine Le Pen-Florien-Philippo
13:41passe d'une chaîne à l'autre tous les soirs.
13:43Et on ne peut pas dire que les Français
13:46soient frustrés, sevrés de cette parole.
13:50Ils ne manquent pas.
13:50En revanche, il est évident
13:52que lorsque nous produisons une enquête
13:54sur le Front National,
13:56nous tournons vers les sources du Front National.
13:58Nos journalistes vont aux conférences nationales
14:01du Front National,
14:03ils interrogent ses dirigeants,
14:06ils construisent leur information
14:07comme sur d'autres sujets.
14:10Mais il est vrai que nous refusons
14:13que notre journal soit à l'espace
14:14d'une parole raciste,
14:16d'une parole de haine.
14:18Les internautes suivent,
14:19parce qu'ils ont bien relevé
14:21l'idée d'indépendance d'un journal.
14:23Indépendant, oui, l'humain,
14:25mais orienté politiquement.
14:26Oui, mais je crois que tous les journaux
14:28sont orientés politiquement.
14:31Le fait même de prétendre
14:32ne pas prendre de position,
14:33mais légitimer les politiques d'austérité,
14:36est une position politique.
14:38Le fait d'avancer masqué
14:39me paraît bien moins honorable
14:41que d'afficher ses choix.
14:43Vous savez, quand on prend
14:44quelques grandes échéances
14:46des dernières années,
14:47prenons le référendum
14:48de la Constitution européenne de 2005,
14:50tous les quotidiens nationaux
14:52ont soutenu le oui au référendum.
14:55Un seul quotidien national
14:57appuyait le non,
14:58c'était l'humanité.
14:59Quand on prend la loi El Khomri,
15:01tous les quotidiens ont multiplié
15:04l'argumentation en faveur de cette loi
15:06qui pourtant détruisait
15:07des conquêtes sociales,
15:08détruisait des droits des salariés,
15:09à l'exception de l'humanité.
15:12C'est vrai sur de grands sujets
15:13de ce type.
15:15Les autres journaux
15:16prennent des positions.
15:17Ce n'est pas parce qu'ils sont
15:18une légion fournie,
15:20je le disais,
15:21dans le paysage de la presse
15:23et de l'information nationale,
15:27que leur opinion est la seule acceptable
15:29et la seule justifiable.
15:31Nos internautes ont l'air d'écouter
15:33plus qu'ils ne commentent.
15:34C'est intéressant.
15:36Du coup, moi, j'avais préparé
15:37deux, trois questions
15:38et j'en avais une.
15:39Le FN a des députés,
15:40des conseillers régionaux,
15:42des maires,
15:42des parlementaires européens.
15:44Il a donc un bilan politique.
15:46Pourquoi on parle beaucoup
15:47du bilan de Hollande,
15:49du bilan du gouvernement socialiste,
15:52de chaque...
15:52Et on parle quand même
15:53assez rarement
15:55du bilan
15:57de ces élus FN
15:59qui sont au pouvoir aujourd'hui.
16:01Oui, mais...
16:02Parce que tout est clean, peut-être ?
16:03Tout va bien ?
16:04Ils sont au pouvoir
16:05à des échelles locales.
16:06Il est bien normal
16:06quand une échéance nationale
16:08et des élections nationales
16:09ont lieu
16:10qu'on parle d'un bilan
16:12politique national,
16:13d'une politique
16:13qui a été conduite
16:14par un gouvernement,
16:15par une majorité
16:16à l'Assemblée nationale.
16:17Mais nous,
16:18nous sommes allés regarder aussi
16:19le bilan du FN
16:20dans les villes
16:22qu'ils dirigent.
16:22Il n'est pas spécialement
16:23brillant.
16:24Ils sont au contraire
16:25pratiqués des politiques
16:27de discrimination,
16:28que ce soit
16:29à l'égard d'associations,
16:31à l'égard de citoyens,
16:33et des politiques
16:34qui ne sont pas
16:35d'une belle efficacité,
16:36bien au contraire.
16:39Les journalistes de l'humanité,
16:40quand ils enquêtent
16:41ou quand ils se rendent
16:42sur un meeting
16:43du FN,
16:45comment ça se passe ?
16:45Ça se passe normalement ?
16:48Je veux dire,
16:49ils...
16:50Ils ne sont pas accueillis
16:51chaleureusement.
16:52Les journalistes de l'humanité,
16:53quand ils vont dans un meeting
16:54du FN,
16:54il y a même une période
16:56où c'était très dur.
16:57En ce moment,
16:58Marine Le Pen
16:58essaie de donner
16:59une image moins violente,
17:01moins brutale
17:01de ce qu'est le FN.
17:03Donc,
17:04les incidents sont moindres,
17:07mais on ne peut pas dire
17:08qu'on soit accueillis
17:09chaleureusement.
17:11Je vois un internaute
17:13qui dit
17:13« Que pensez-vous
17:14de l'initiative du Monde
17:15avec les décodeurs
17:16de l'actualité ? »
17:17Qui est effectivement
17:19un système
17:20qui passe au crible
17:21des informations
17:21qui sont données,
17:24publiées, etc.
17:25C'est une bonne idée,
17:26mais précisément
17:26parce que le Monde
17:27est un journal engagé,
17:29il a par exemple
17:30tendance à sélectionner
17:33positivement,
17:34à donner des bons points
17:36uniquement aux journaux
17:36qui sont proches de lui.
17:38Un journal comme
17:39« Fakir »
17:40qui est animé
17:41par le journaliste
17:42François Ruffin
17:43qui a réalisé
17:44un film
17:45« Merci patron »
17:46qui revenait
17:47sur l'itinéraire
17:48d'une famille licenciée.
17:50Ce journal est mal noté
17:52par les décodeurs.
17:53Je crois que ça marque
17:54effectivement
17:55que ce décodage
17:56est aussi un codage.
17:57Oh, mais je n'avais pas vu.
17:59Je n'avais pas repéré, moi.
18:01Alors, il y a des élections
18:03présidentielles
18:03et derrière,
18:04il y aura des élections
18:05législatives.
18:06Et je pense que l'humanité
18:07ne l'oublie pas.
18:08Non, mais pour nous,
18:09c'est un peu la même campagne.
18:11Parce que comment peut-on
18:14imaginer une politique
18:16qui permette à la fois
18:17de protéger,
18:19défendre les travailleurs,
18:21les citoyens,
18:22les jeunes
18:24qui ne s'intéresseraient pas
18:25aux décisions
18:26qui sont prises
18:26à l'Assemblée nationale.
18:28À l'Assemblée nationale,
18:29la loi El Khomri
18:30est passée parce que
18:32il n'y a pas eu
18:33assez de députés
18:34mobilisés
18:34contre une motion de censure.
18:35Mais on a vu
18:36qu'à l'Assemblée,
18:37par exemple,
18:38les élus Front de Gauche
18:38ont bataillé
18:39contre cette loi El Khomri
18:42au point que
18:43Manuel Valls
18:44n'a eu de solution
18:45que d'imposer
18:47le 49-3,
18:48une méthode antidémocratique
18:49puisque ça clouait
18:50et ça interdisait
18:51toute discussion.
18:52Donc je pense que
18:55pour avoir une politique
18:56qui est influée
18:57sur les rapports
18:58de force politique,
19:00il est important
19:00de s'intéresser
19:00aussi bien
19:02à l'Élysée
19:03qu'au panier Montréal.
19:05Je voudrais qu'on revienne
19:06sur l'amalgame
19:08entre les extrêmes
19:09parce que quand même
19:10on a vu
19:10un journaliste,
19:12donc un confrère à nous,
19:13François Langlais,
19:13faire une démonstration
19:15en débat
19:16quand Jean-Luc Mélenchon
19:17était l'invité
19:18de...
19:20Comment ça s'appelle
19:21cette émission ?
19:22Politique sur France 2,
19:24bref,
19:24François Langlais
19:25démontre que Mélenchon
19:27et Le Pen
19:27ont des programmes
19:28avec beaucoup
19:28d'éléments communs.
19:31Est-ce que c'est...
19:32Et dans le dernier débat,
19:35on s'employait plutôt
19:37à montrer
19:38que c'est François Fillon
19:39et Marine Le Pen
19:39qui avaient des points communs
19:41puisqu'ils sont
19:42tous les deux
19:42mis en examen.
19:43Je voudrais qu'on revienne
19:44sur un petit fait,
19:45c'est que
19:46quand François Fillon
19:47a parlé d'assassinat politique
19:49sur Twitter,
19:51c'est une une
19:51de l'humanité
19:53qui annonçait
19:54l'assassinat de Jaurès
19:56qui a immédiatement
19:56servi à la réplique.
19:58Est-ce que
19:59François Fillon
20:00et Marine Le Pen
20:01pour le coup,
20:02vu le tempo,
20:03le tempo judiciaire
20:05qu'ils mettent en cause,
20:06est-ce que François Fillon
20:07et Marine Le Pen
20:07sont victimes
20:08d'un complot
20:10juridico-médiatico-politico-socialo-communiste-écolo ?
20:14Non, mais évidemment non.
20:16Il y a aujourd'hui
20:17des présomptions sérieuses
20:20qui pèsent
20:20sur l'un et sur l'autre.
20:23Les épisodes
20:23qui se sont multipliés
20:25autour de François Fillon
20:27montrent qu'il a
20:27un lien,
20:28un amour particulier
20:29pour l'argent
20:30et c'est donc
20:33il a à répondre
20:34de cela devant la justice
20:35et de la même façon
20:38une série de faits
20:39concordants
20:40conduisent à justice
20:41à s'intéresser
20:42à Marine Le Pen.
20:44Donc ça,
20:44c'est leur responsabilité.
20:46Je pense qu'en revanche,
20:48il est nécessaire
20:48que la presse
20:49ne s'intéresse pas seulement
20:50aux affaires.
20:51Elles sont éclairantes
20:53sur des personnages,
20:54sur des pratiques.
20:55On s'aperçoit
20:55qu'il est bien temps
20:56que la République
20:57rompe avec l'argent.
20:59Mais
21:02je crois que
21:03ça ne peut pas résumer
21:03le débat public
21:05ou l'appréciation publique
21:06sur les programmes.
21:06On a vu par exemple
21:07que François Fillon
21:09veut supprimer
21:11500 000 postes
21:12de fonctionnaires,
21:13réaliser des économies
21:14monstrueuses,
21:15notamment sur les services
21:17publics,
21:17menacer la sécurité sociale.
21:20À cela,
21:20il faut s'intéresser
21:21et les Français
21:21doivent être informés
21:23de ce type de choix.
21:24Je voulais revenir
21:25sur votre remarque
21:27concernant François Langlais
21:29et son accusation
21:30ou son parallèle.
21:31On me signale
21:31qu'il n'est pas journaliste.
21:34On ne sait plus trop.
21:36Il est placé
21:37dans cette fonction
21:39et effectivement,
21:41il s'attache
21:41assez systématiquement
21:42à essayer
21:43de tracer
21:43un parallèle
21:44entre Marine Le Pen
21:45et Jean-Luc Mélenchon
21:47et un parallèle
21:47qui ne tient pas.
21:49On le voit bien
21:50par exemple
21:51sur la retraite
21:54sur la retraite
21:54à 60 ans.
21:54La retraite
21:55à 60 ans,
21:57Marine Le Pen
21:57la propose
21:59qu'à condition
21:59de démolir
22:00l'assurance retraite
22:01en supprimant
22:02les cotisations
22:02sociales du patronat
22:04pour se diriger
22:06vers une retraite
22:07par capitalisation
22:09qui menacerait
22:10le programme.
22:12De la même façon,
22:14sur les questions
22:14européennes,
22:15ce qui est
22:16le repli haineux
22:18sur des frontières
22:19nationales
22:20que porte Marine Le Pen
22:21n'a strictement
22:22rien à voir
22:22avec la volonté
22:24portée par Jean-Luc Mélenchon
22:25que les peuples européens
22:26soient entourés
22:27tendus dans leur volonté
22:28de mettre fin
22:29à l'austérité.
22:30Donc ce parallèle
22:32est un abus,
22:33ce parallèle
22:34est une malhonnêteté
22:35intellectuelle
22:36et il est important
22:38précisément
22:39de montrer
22:39et nous y attachons.
22:40Nous avons
22:41notamment publié
22:42il y a
22:43deux semaines
22:44je crois
22:44un quatre pages
22:46qui démontait
22:46les propositions
22:47de Marine Le Pen.
22:48Nous allons traiter
22:49cette question
22:49des retraites
22:50dans les jours qui viennent.
22:51Nous voulons donner
22:52les cartes en main
22:53aux électeurs,
22:54aux citoyens
22:54pour qu'ils décident.
22:55Alors il faut démasquer
22:56d'un côté et on le voit
22:58dans les témoignages
22:59qu'on a aujourd'hui
22:59dans l'humanité,
23:00il faut aussi donner
23:00de l'espoir.
23:02Mais quand on fait
23:03des reportages
23:04qui donnent de l'espoir,
23:06c'est beaucoup moins
23:06vendeur qu'une révélation
23:08sur les emplois fictifs.
23:10Non, ce n'est pas forcément
23:12moins vendeur.
23:13Une révélation évidemment
23:14sur les emplois fictifs
23:15s'intéresse
23:17et nos lecteurs
23:18Ils ont raison
23:19de s'y intéresser
23:19les lecteurs.
23:20Ils ont été intéressés
23:20par ça
23:21et nous avons
23:22évidemment
23:23informé
23:24les développements
23:25de ces affaires.
23:26Mais pour nous
23:27ça ne reste pas
23:28et ça ne demeure pas
23:29l'essentiel
23:30de ce qui peut être
23:31l'intervention
23:32des citoyens,
23:33des électeurs
23:33dans une élection
23:35présidentielle.
23:35Donc nous avons mis
23:37en place
23:37notamment
23:39des reportages
23:41dans le journal
23:41sur des expériences
23:43citoyennes
23:44de mobilisation
23:45sur des grands sujets
23:46quelquefois
23:46sur des sujets
23:47plus de proximité
23:48mais qui montrent
23:49que les Français
23:51les citoyens
23:52sont capables
23:52d'exercer
23:53un pouvoir démocratique
23:54sont capables
23:55de changer des choses
23:56de les transformer
23:57et c'est précisément
23:58cette intervention
23:59possible
24:00dans le champ
24:00de la politique
24:01qui peut modifier
24:03la donne
24:06on vote
24:06pour des candidats
24:07on vote
24:08pour des programmes
24:10mais c'est la mobilisation
24:12des citoyens
24:12qui décidera
24:13de leur existence
24:14ou pas.
24:15Est-ce qu'on est en train
24:16de parler du Front National
24:17depuis presque
24:18plus de 25 minutes
24:20est-ce qu'on est en train
24:20de lui faire de la pub ?
24:22On a l'impression
24:23que quoi qu'on dise
24:24quoi qu'on en pense
24:27dès qu'on en parle
24:28c'est lui faire de la pub
24:30est-ce qu'on devrait se taire
24:31et l'ignorer
24:31est-ce qu'on peut le faire ?
24:32Non je crois
24:33qu'on ne peut pas
24:34taire et ignorer
24:35le Front National
24:35il est une réalité
24:36donc il serait vain
24:39de faire l'autruche
24:40et de plonger la tête
24:41dans le sable
24:42bien au contraire
24:43mais il ne suffit pas
24:44de prononcer
24:46des invectives
24:47de répéter
24:48le Front National
24:49est un parti fasciste
24:50il faut montrer
24:51le danger
24:52de ses propositions
24:52et il faut surtout
24:53montrer que
24:54des propositions
24:55beaucoup plus riches
24:56qui permettraient
24:56de se retrouver ensemble
24:57qui permettraient
24:58de fraterniser
24:59qui permettraient
25:00de développer
25:01ce qui est la devise
25:01de la République
25:02la liberté
25:03l'égalité
25:04la fraternité
25:05que ces solutions
25:06sont possibles
25:06alors comment va se passer
25:08le dispositif de campagne
25:10pour l'humanité
25:11qu'est-ce qui se passe ?
25:12c'est pas
25:13qu'est-ce qui va se passer
25:14il est en place
25:15il est en place
25:16ouf
25:16nous la traitons
25:19très régulièrement
25:21dans ses différents aspects
25:22là nous nous sommes
25:23intéressés
25:24le week-end dernier
25:25à la marche
25:26qui était organisée
25:28pour une sixième république
25:29autour de Jean-Luc Mélenchon
25:30nous nous sommes intéressés
25:32au meeting de Bercy
25:34avec Benoît Hamon
25:35nous nous intéressons
25:36à l'ensemble
25:37des propositions
25:38des épisodes
25:39de cette campagne
25:40et puis nous essayons
25:41d'apporter
25:42un décryptage
25:43des analyses propres
25:44des reportages de terrain
25:47et souvent une image
25:48qui n'a pas grand chose
25:49à voir avec
25:50ce que donnent les médias
25:51aujourd'hui
25:52sur les français
25:53nous avons mis en place
25:54un petit dessin
25:56enfin un dessin
25:57de Baudouin
25:58qui est un grand dessinateur
26:00de bandes dessinées
26:01qui a fait
26:02un travail assez formidable
26:03il est allé
26:04dans une ville
26:06de la Nièvre
26:06Clamcy
26:07une ville qui a été touchée
26:08par les désertifications
26:10et tous les jours
26:11il a dessiné
26:14un habitant
26:15de Clamcy
26:15et il lui a
26:17fait parler
26:18de ses rêves
26:18de ses espérances
26:19de ses souhaits
26:20pour la vie ensemble
26:21et donc
26:24je trouve que c'est
26:25un tableau
26:25très riche
26:26très chaleureux
26:28qui montre
26:29que
26:30l'humanité
26:31est très forte
26:33dans les citoyens
26:34aujourd'hui
26:34et qu'elle
26:36cherche à
26:36s'exprimer
26:37à se trouver
26:38je trouve que
26:38c'est une manière
26:39de regarder
26:39la France
26:40de regarder la campagne
26:41électorale
26:42qui est très riche
26:42il n'y aura pas
26:44de sondage
26:44dans l'humanité
26:46non
26:47les sondages
26:47à la fois
26:48les sondages
26:48sont chers
26:49et on voit
26:49que dans une situation
26:51politique extrêmement
26:52mouvante
26:53indécise
26:53ils sont peu fiables
26:54ils ont été
26:57très discutés
26:58autour des primaires
26:59je crois que
27:02la multiplication
27:03des sondages
27:04est aussi
27:05une manière
27:06d'intervenir
27:06sur le choix
27:08des citoyens
27:08dans les circonstances
27:09nous sommes
27:10je ne dis pas
27:11que nous ne les regardons
27:11pas
27:12nous regardons
27:13évidemment
27:14les courbes
27:15qui peuvent donner
27:16mais c'est
27:18apprendre
27:18avec beaucoup
27:19de pincettes
27:20et beaucoup
27:20de prudence
27:21nous nous avons
27:22préféré
27:22aller voir
27:24des citoyens
27:25aller voir
27:25des travailleurs
27:26aller sur le terrain
27:26je vous laisse en direct
27:28dire au revoir
27:28peut-être une adresse
27:30directe aux internautes
27:31qui nous suivent
27:31on a encore
27:32les moyens du bord
27:33on est en train
27:33d'aménager un beau studio
27:35pour faire des vrais
27:36beaux directs
27:37je pourrais leur dire
27:39lisez l'humanité
27:40si vous ne la connaissez pas
27:41lisez-la régulièrement
27:42si vous la connaissez
27:43je crois que
27:44le journal sera
27:45particulièrement utile
27:47à tous
27:47pendant cette période
27:48de campagne électorale
27:50présidentielle
27:50et législative
27:51alors au revoir

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