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  • il y a 20 heures
Dans le cadre du débat organisé par la Fête de l’Humanité, Gilles Martinet, doctorant en géographie, a développé les dangers qui menacent l’enseignement supérieur et la recherche en France avec le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Une loi qui renforcerait la concurrence dans la recherche au bénéfice du privé et qui aggraverait davantage la précarisation de nombreux enseignants.

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Transcription
00:06On combat la LPPR parce que la LPPR pour nous ça signifie loi de privatisation et de précarisation de la
00:10recherche.
00:11C'est une loi qui favorise le financement par l'état de la recherche privée qui sert des intérêts privés,
00:17le transfert des résultats de la recherche publique vers le privé
00:20et c'est également une loi qui précarise encore plus à la fois les travailleurs et les travailleuses de l
00:24'université de la recherche
00:25mais également les financements de la recherche.
00:27Cette loi accroît la part des financements par projet dans le total des financements
00:33et plus la recherche est financée par projet et moins la recherche ne peut être de qualité
00:39puisque les projets de recherche sont moins pérennes, ils sont interrompus en fonction de la mode,
00:45des idératas de telle ou telle agence de financement public ou privé
00:49et s'ils ne sont pas les chercheurs et les chercheuses qui définissent eux-mêmes quels sont les sujets qui
00:55sont dignes d'intérêt
00:56alors forcément la recherche est de moins bonne qualité.
00:58Aujourd'hui l'entrée en poste titulaire en moyenne c'est 34 ans en France.
01:03C'est-à-dire que jusqu'à 34 ans on ne peut pas louer un appartement sans garant,
01:07on ne peut pas faire de crédit bancaire évidemment,
01:09on est précaire jusqu'à son premier poste de titulaire à 34 ans en moyenne.
01:13Donc c'est déjà un problème.
01:15Évidemment il y a des degrés de précarité différentes mais il y a une part croissante de chercheurs et chercheuses
01:20qui sont financées par le RSA et pour les plus chanceux et chanceuses par l'assurance chômage.
01:26Et puis il y a une petite élite qui parvient à avoir des contrats courts d'attachés temporaires d'enseignement
01:31et de recherche
01:32ou de post-doc.
01:33Évidemment quand je dis petite élite, j'utilise le terme entre guillemets.
01:37Évidemment cette hiérarchisation-là des chercheurs et des chercheuses, je ne la reprends pas à mon compte
01:41mais c'est la façon dont résonne Frédéric Vidal et dont résonne ce gouvernement.
01:44Dans un système précarisé, la recherche est moins efficace, elle est de moins bonne qualité.
01:50Parce qu'évidemment quand on est rentré sur un projet de recherche pour quelques mois,
01:55on a mis énormément d'efforts, on a probablement travaillé 70 heures, 80 heures par semaine
02:00pour rattraper sa connaissance de la thématique de recherche, du projet de recherche en particulier.
02:05On a investi énormément de temps sur les premiers mois
02:07et puis au bout de six mois, un an, on doit changer de projet de recherche
02:10parce que notre contrat n'est pas renouvelé.
02:11Et ça c'est énormément d'énergie perdue.
02:14Donc c'est évidemment des drames humains pour les chercheurs et pour les chercheuses
02:17mais c'est surtout une perte colossale pour la société.
02:20S'il n'y a plus de liberté de recherche, alors on peut contraindre les chercheurs et les chercheuses
02:23à se concentrer uniquement sur ce qui va être pensé comme rentable, comme rentable à court terme
02:28et dans une logique simplement d'innovation pour les entreprises,
02:31pour transférer le plus rapidement possible les fruits de la recherche publique
02:35vers le privé qui va le breveter et qui va en tirer profit.
02:39Donc les attaques répétées contre le statut qui protège les enseignants et enseignantes,
02:46chercheurs et chercheuses, les chercheurs et chercheuses,
02:48ce sont des attaques qui sont extrêmement graves parce qu'elles menacent l'intégrité de la recherche scientifique.
02:53D'abord je suis très content de savoir que la fête de l'humanité aura bien lieu,
02:56à la fois avec les outils numériques mais aussi dans quelques lieux à Paris.
03:02Ce que j'en attends c'est, comme chaque année, à la fois d'échanger,
03:06de discuter entre camarades pour voir comment on peut s'organiser, comment on peut lutter.
03:10On vit tous et toutes dans tous les secteurs de la société aujourd'hui une crise extrêmement violente,
03:15qui est une crise sanitaire mais qui est aussi une crise économique et politique extrêmement importante,
03:20sans parler de la crise écologique à laquelle on doit aussi se confronter.
03:24Donc évidemment c'est un espace d'échange pour se ressourcer, pour s'organiser collectivement,
03:29qui est extrêmement important et donc j'espère que cette année, comme toutes les années,
03:32on pourra le faire avec les outils numériques.
03:35Quand on était mobilisés cet hiver, on a continué à se mobiliser avec les outils numériques,
03:39c'est un peu frustrant mais malgré tout ça permet de continuer la lutte et puis de se rester organisé
03:43et prêt
03:43pour le moment où on pourra collectivement, massivement, rejoindre à nouveau les rues.
03:47Et puis juste après la fête de l'Humanité, il y aura le 17 septembre qui est un grand rendez
03:52-vous,
03:52donc espérons aussi que la fête de l'Humanité servira de tremplin pour ce 17 septembre.

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