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  • il y a 10 heures
Entre autorité et austérité.
Nos journalistes Julia Hamlaoui et Cyprien Caddeo écoutent et décryptent le discours de politique générale de Michel Barnier du 1er octobre.

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Transcription
00:00On a entendu bravo Macron dans le public, c'est ce que je disais tout à l'heure.
00:03En réalité, ils ont vidé les caisses de l'État et ils soufflent jusqu'aujourd'hui
00:07de ne pas trouver de recettes à la hauteur de ce qui est nécessaire.
00:09Ces choix, nous les ferons avec les collectivités locales, pas contre elles ni sans elles.
00:15Ça, ils l'ont tous dit à chaque fois, et à chaque fois, les dotations pour les collectivités locales ont
00:18baissé.
00:19Là, comme ça, vous t'appelez sur combien de durées de vie pour ce gouvernement ?
00:22Ce serait surprenant que ça dure plus d'un an, on va dire.
00:24Le RN étant celui qui peut tout arrêter, je ne vois pas pourquoi le RN déciderait vraiment une dissolution à
00:30nouveau possible,
00:31de le laisser continuer, ou alors il considère qu'il a tout obtenu et qu'il peut encore obtenir plein
00:35de trucs.
00:35Ça voudrait dire que Barnier a vraiment s'aider sur plein de choses.
00:37Si le RN ne le débranche pas au bout d'un an, c'est que vraiment, il aura tout laissé
00:41passer.
00:42J'ai conscience de la gravité et de l'importance de ce moment pour notre action commune,
00:47au service du pays et pour les Français qui nous regardent.
00:50J'ai en mémoire l'ordre de mission que le général de Gaulle, de sa propre main, a adressé en
00:55mai 1942.
00:57Et le général écrivait « Je vous demande de faire beaucoup avec peu et en partant de presque rien. »
01:05Des décennies plus tard.
01:07Donc là, il a fait une référence à de Gaulle, mais de Gaulle pendant la résistance.
01:12Et c'est l'un des membres insoumis, je crois.
01:14On le rétorque que ce n'est pas tout à fait compatible avec le fait de s'accorder avec Marine
01:17Le Pen pour...
01:18De lui dire pardon.
01:19Voilà, et de s'excuser auprès d'elle.
01:21Les policiers, les gendarmes, les pompiers, les militaires qui assurent nos sécurités dans des conditions...
01:31C'est des cartes électorales brondies par les insoumis.
01:33Un symbole vraisemblablement du Front républicain et de la victoire de la gauche qui n'a pas été respectée.
01:38Et de manifestants qui avaient brondi et voire déchiré parfois leurs cartes électorales lors des cortèges après la nomination de
01:42Barnier.
01:42Je pars avec le gouvernement d'un vote populaire qui vous a élu, mesdames et messieurs les députés...
01:52Alors ça, c'est clairement... Pour la gauche, c'est clairement une provocation.
01:55C'est-à-dire dire... Je pars avec un gouvernement qui a été populaire, qui a été élu, alors que
02:00son gouvernement est...
02:02Enfin, encore une fois, ils n'ont pas gagné les législatifs. Ça ne vous aura pas échappé.
02:05Sa formation a fait moins de 6%.
02:08Et il y a quelqu'un qui, sur le tchat, il dit « La France d'Andat, écoute, Michel ».
02:12C'est une référence à son discours lors de la passation de pouvoir, puisque...
02:17Le grand moment de méfri de classe.
02:18Exactement, le grand moment de méfri de classe, où il avait effectivement utilisé cette expression,
02:22disant qu'il y avait parfois de bonnes idées qui en venaient.
02:24Et en fait, là, quand il parle du mérite de ces enfants des quartiers populaires qui arrivent à s'en
02:30sortir,
02:30c'est un peu la même logique.
02:31C'est-à-dire que c'est une façon, dans ce monde-là, de renvoyer la responsabilité de leur échec
02:37à ceux qui galèrent, tout simplement, au quotidien, en évitant surtout de parler des inégalités et de lutter contre.
02:43Nous partons d'une France qui, ces dernières années, je le dis comme je le pense, objectivement,
02:48a progressé sous l'impulsion du chef de l'État et de ses différents gouvernements.
02:54C'est un peu une tradition de commencer par encenser le bilan précédent.
02:59C'est exactement ce qu'avait fait Gabriel Attal pendant de longues minutes lors de la précédente déclaration de politique
03:05générale.
03:05Les progrès, là, dont il parle, il cite notamment les Outre-mer.
03:09Les Martiniquais, on a rejoint Naïm tout à l'heure, se mobilisent depuis des jours et des jours
03:15parce qu'ils n'arrivent tout simplement plus à faire des recourses dans les supermarchés au vu des prix qui
03:19s'y pratiquent.
03:20C'est quand même un peu...
03:22Là, ça prouve bien que c'est pas un...
03:23Alors, ils l'ont dit eux-mêmes, mais c'est pas un gouvernement de cohabitation,
03:26c'est juste que le premier ministre de rupture encense le bilan précédent.
03:28Quelqu'un disait que c'est un gouvernement de colocation.
03:30Oui, c'est ça.
03:31Et là, sur la tête de la France et des Français, dès aujourd'hui,
03:36et faute d'action, faute de courage maintenant,
03:40je suis sûr d'une chose, c'est que cette épée de Damoclès pèsera beaucoup plus gravement demain
03:45sur nos enfants et nos petits-enfants.
03:47La véritable épée de Damoclès, c'est notre dette financière colossale.
03:50Donc, il parle de double dette à la base.
03:52Il parle de dette financière et écologique.
03:53Vous noterez que la première dont il parle, la plus importante à ses yeux,
03:56c'est la dette financière.
03:59Sachant que c'est aussi incompatible...
04:01S'adapter à la transition écologique, ça va aussi faire des investissements.
04:05Donc, c'est un peu incompatible avec la contraction de défense publique.
04:08Et effectivement, il reprend ce qu'on avait prédit quelque part sur la question de la dette et du déficit.
04:12On a entendu bravo Macron dans le public.
04:14C'est ce que je disais tout à l'heure.
04:15En réalité, ils ont vidé les caisses de l'État et ils souffrent jusqu'aujourd'hui de ne pas trouver
04:20de recettes à la hauteur de ce qui est nécessaire.
04:22Les près de 200 milliards d'aides aux entreprises sans condition, je le disais tout à l'heure.
04:26Les quelques 73 milliards de cadeaux aux plus riches.
04:29Et puis, il faut se rappeler, quand on agite le spectre de la dette, il y a quand même des
04:33chiffres à retenir.
04:34D'abord, celui des 500 plus grosses fortunes.
04:36On est passé en 2007 de 270 milliards de patrimoine pour ces 500 plus grosses fortunes à aujourd'hui plus
04:44de 1 200 milliards.
04:45Donc, de l'argent, il y en a quand même quelque part.
04:47C'est la même chose sur les grosses entreprises.
04:50Je recherche précisément le chiffre, ce que je ne voudrais pas dire de bêtises.
04:57Mais sur les bénéfices du CAC 40, c'est près de 100 milliards d'euros qui ont été versés en
05:032023 en dividendes et en rachat d'actions aux actionnaires.
05:07Donc, au-delà des bénéfices des boîtes qui permettent l'investissement, etc., on voit bien qu'il y a une
05:12captation de l'argent au profit d'une poignée de personnes aujourd'hui.
05:17Vous voyez pourquoi faire de la hausse des impôts, une ligne rouge, c'est un problème.
05:21C'est-à-dire qu'on ne peut pas se plaindre de l'augmentation de la dette et refuser tout
05:26mécanisme d'augmentation des recettes, c'est-à-dire de prélèvements.
05:29Il ne s'agit pas d'imposer les plus pauvres, évidemment, mais d'aller chercher l'argent là où il
05:34est, comme l'a dit Julia.
05:35Est-ce que la parole a réussi à faire de l'impôt un tabou ou quelque chose de foncièrement négatif
05:38?
05:38C'est le mot « charge » souvent qui est utilisé.
05:40En fait, l'impôt, quand ça sert à financer des écoles, des routes, des hôpitaux, tout le monde est content.
05:48Donc, il y a une falsification de ce que c'est que l'impôt.
05:51Ces choix, nous les ferons avec les collectivités locales, pas contre elles ni sans elles.
05:56Ça, ils l'ont tous dit à chaque fois. Et à chaque fois, les dotations pour les collectivités locales ont
05:59baissé.
06:01Et quand on parle des dotations aux collectivités locales, c'est les services publics de proximité ?
06:06C'est les collectivités locales qui s'occupent des cantines dans les écoles, par exemple,
06:09pour les collèges, pour ce qui est des départements.
06:11Le troisième remède est d'ordre fiscal. Nos impôts sont parmi les plus élevés du monde.
06:18Ce qui est fou, c'est qu'elle vient de le dire. Depuis 7 ans, les impôts ont baissé.
06:20Et en fait, on nous redit, ce qu'on nous disait déjà il y a 7 ans, c'est qu
06:23'on a les impôts les plus élevés.
06:24Soit ils n'ont pas baissé les impôts où on a été floutés, soit c'est un mensonge.
06:28En fait, c'est un mensonge. Premièrement, ce n'est pas vrai. Il y a des pays qui sont plus
06:30imposés que nous.
06:31Le Danemark, la Suède. Et vous savez quoi ? Ces pays-là, ils sont aussi dans les pays les plus
06:35heureux.
06:35Alors, je ne dirais pas qu'il y a un lien direct entre imposition et bonheur. Mais en fait, pourquoi
06:39?
06:39Parce qu'ils ont aussi des services publics de... Voilà, au Danemark, vous avez des crèches, quoi, par exemple.
06:43Vous savez, eux, qu'on prend un exemple, ils ont regardé.
06:45Mais oui, regardez, c'est super. Ils ont 52 semaines de congé paternité.
06:49Enfin, voilà. Et bien, ça, c'est finançable grâce à l'impôt.
06:51Et puis, on fait comme si c'était une charge absolue pour les entreprises.
06:54En réalité, les entreprises, par exemple, pour ce qui est des cotisations, de l'impôt sur les sociétés, etc.,
07:00bénéficient aussi des services publics. On est dans un écosystème en France qui donne de l'efficacité aux entreprises
07:09par la présence aussi de services publics efficaces, de salariés qui ont accès à la santé
07:14et qui, donc, ne sont pas obligés de s'absenter pendant très longtemps pour Malasie, etc., etc.
07:19On n'a pas très bien entendu ce qu'on était en train de se la placer.
07:22Mais j'ai l'impression que là, on parle de la fraude sociale avec le contrôle renforcé des cartes vitales,
07:30etc.
07:30Il y a une étude qui est sortie pas plus tard que la semaine dernière d'un institut public
07:35qui montre que sur les 13 milliards de fraude sociale recensée, fraude dite sociale,
07:4156% sont du fait des entreprises qui ne payent pas leurs cotisations en embauchant des gens en dehors de
07:45tout cadre légaux.
07:47Je souhaite donc que dans les ministères et chez les opérateurs publics soient engagés à un effort de productivité
07:55contractualisé en responsabilisant chacun des directeurs d'administration centrale.
08:01Sauf erreur, ça veut dire travailler plus pour les fonctionnaires.
08:03Parce que j'ai en mémoire, mesdames et messieurs les députés, la recommandation d'un homme d'État que je
08:08respectais et que j'admirais,
08:10Pierre Madès France, qui recommandait de ne jamais sacrifier l'avenir au présent.
08:15C'est pour ça qu'on va démonter les services publics.
08:17Nous pouvons et nous devons faire plus pour lutter contre le changement climatique
08:21et prévenir tous les risques de plus en plus nombreux et violents qu'ils portent en lui.
08:26Préserver la biodiversité, encourager l'économie circulaire.
08:32Biodiversité qui a disparu des instituts et des ministères.
08:35C'est même pire que ça parce que le ministère de la biodiversité qui s'appelle secrétariat d'État à
08:40la mer et à la biodiversité
08:41est devenu le secrétariat d'État à la mer et à la pêche.
08:43C'est pas le même rapport aux ressources.
08:47Résolument, le développement du nucléaire et notamment des nouveaux réacteurs,
08:58mais aussi en poursuivant le développement des énergies renouvelables,
09:03en mesurant mieux, dans certains cas, je pense aux éoliennes, tous leurs impacts.
09:09En fait, il coche un peu la checklist d'Emmanuel Macron sur le nucléaire,
09:13c'est un engagement d'Emmanuel Macron, sur la biomasse, l'avion vert aussi.
09:17C'est un peu la continuité de ce qui a été fait jusqu'à présent.
09:23On n'a pas parlé du casting du ministère avec Agnès Fannier-Runacher,
09:28qui est issue d'une famille qui a fait fortune grâce à l'industrie pétrolière.
09:33Son père était un des hauts responsables de la compagnie Perenco.
09:38Et d'ailleurs, elle-même aurait des intérêts via ses enfants en commun avec Perenco,
09:43puisqu'il y a des investissements dans les mêmes fonds à l'étranger.
09:45Et son binôme ?
09:47On sait à Olga Givernet, qui a l'énergie, qui est macroniste aussi.
09:52Et elle, elle a fait carrière à Genève dans les jets privés.
09:57Donc on a quand même deux femmes politiques sur l'été énergétique,
10:02le pétrole et l'aviation privée de luxe.
10:05Il était dit il n'y a pas longtemps que le ministère de la Transition écologique
10:10gagnerait 2,1 milliards de crédits par rapport à 2024.
10:14Mais ce qu'il faut savoir, c'est qu'en fait, au cours de l'année 2024,
10:192,2 milliards avaient été retirés à ce budget.
10:23Donc bon, finalement, on peut faire de l'esprouf un peu de fric.
10:26Les Français ne nous pardonneraient pas l'immobilisme.
10:29Ils nous demandent des réponses urgentes à quelques grandes questions.
10:33L'accès rapide aux soins de qualité.
10:35Comment vivre de son travail et de sa retraite dignement ?
10:38Comment améliorer les services publics ?
10:41Là, clairement, il y a un enfumage, parce qu'il y a raison de dire
10:44que les Français attendent des réponses sur les questions de la santé
10:46et sur les questions de services publics.
10:47Sauf que si on essaie de contracter tous les budgets
10:49et de ne pas réfléchir à l'augmentation d'impôts,
10:52si on dit qu'il n'y a pas d'argent magique,
10:55ça nécessite des investissements, tout ça.
10:57Donc là, il y a contradiction dans les termes.
10:59Je souhaite qu'il y ait moins de textes et qu'il y ait plus de temps pour en débattre.
11:04De toute façon, Michel Barnier n'aura pas le temps de faire passer une vingtaine de lois.
11:09Ça va être très compliqué.
11:10Ce n'est pas du tout la même configuration que la frénésie de textes qui étaient passés précédemment.
11:15Avec un Parlement complètement foulé au pied par l'exécutive,
11:19on se rappelle du nombre de 49-3,
11:21l'ensemble des procédures constitutionnelles sorties du chapeau
11:25pour éviter tout débat sur les textes qui ne les arrangeaient pas.
11:28Là, comme ça, vous tablez sur combien de durée de vie pour ce gouvernement ?
11:32Ce serait surprenant que ça dure plus d'un an, on va dire.
11:34Le RN étant celui qui peut tout arrêter,
11:36je ne vois pas pourquoi le RN déciderait,
11:38au moment où une dissolution est à nouveau possible,
11:40de le laisser continuer.
11:41Ou alors il considère qu'il a tout obtenu
11:43et qu'il peut encore obtenir plein de trucs.
11:44Ça pourrait dire que Barnier a vraiment s'aider sur plein de choses.
11:46Si le RN ne le débranche pas au bout d'un an,
11:48c'est que vraiment, il aura tout laissé passer.
11:51Il est impératif de préserver l'équilibre durable
11:56de nos systèmes de retraite par répartition.
11:58Pour autant, certaines limites de la loi votée le 15 avril 2023
12:03peuvent être corrigées.
12:05Deux des exigences portées aujourd'hui dans les manifestations,
12:09l'enterrement de la réforme hâtale de l'assurance chômage
12:13qui contractait encore le nombre de mois pendant lequel on était indemnisé,
12:16le montant des indemnisations et j'en passe,
12:19et la réforme des retraites, on le disait tout à l'heure,
12:21qui a été très largement contestée,
12:23qui est passée au forceps, c'est le moins qu'on puisse dire.
12:26D'abord, il renvoie la balle aux partenaires sociaux
12:28en mettant comme condition, pour ce qui est de la réforme
12:32de l'assurance chômage, de s'entendre sur la question
12:34de l'emploi des seniors.
12:36Quand on travaille plus longtemps, on a forcément plus de chances
12:39en fin de carrière d'être au chômage.
12:41Sauf que le patronat, sur cette question-là,
12:43proposait une sorte de CDI spécial senior
12:46avec des droits au rabais, ce qu'ont refusé les syndicats
12:48et c'est pour ça que ça a chopé sur cette question.
12:51Premier truc.
12:52Deuxième truc, sur la réforme des retraites,
12:54les syndicats demandent l'abrogation de la loi,
12:56puisque ce qui pose réellement problème,
12:58évidemment tout ce qui liste sur l'égalité hommes-femmes,
13:01la pénibilité, etc., ça fait partie de ce qui aggrave cette réforme,
13:05mais le cœur de la réforme, c'est les 64 ans
13:08et la prolongation de la durée du travail.
13:12Et ça, c'est le sous-texte de ce qui dit
13:14quand il faut absolument préserver l'équilibre de notre système,
13:18ça veut dire qu'on ne touchera pas aux 64 ans.
13:20En tout cas, pas en l'état du rapport de force actuelle,
13:23donc ce qu'on disait tout à l'heure sur les mobilisations à poursuivre.
13:26Ensemble, je pense que nous devons aussi lutter rapidement
13:29contre la vie chère.
13:31Alors, lutter rapidement contre la vie chère,
13:32mais on ne saura pas comment jusqu'à présent,
13:34alors qu'il y a des revendications très précises
13:36qui s'expriment notamment en Martinique.
13:38Sauf erreur de ma part, il n'a pas non plus parlé
13:39de la situation en Kanaki, Nouvelle-Calédonie.
13:41Une situation, on le rappelle,
13:43où c'est Emmanuel Macron, le président du gouvernement,
13:46qui avait mis le feu aux poudres
13:47en imposant à toute force la réforme du collège électoral.
13:51Les habitants de Nouvelle-Calédonie,
13:53je suis en bas de l'État,
13:55et le gouvernement seront à leur côté.
13:57Je veux saluer aussi toutes celles et tous ceux
13:59qui s'engagent pour l'apaisement.
14:01En premier lieu, nos forces de l'ordre,
14:03les fonctionnaires de l'État,
14:04mais aussi les responsables politiques et syndicaux.
14:08dont certains sont en prison, y compris en France.
14:11Et je veux aussi vous remercier,
14:13Madame la Présidente,
14:15remercier le président du Sénat,
14:16puisque vous acceptez tous les deux
14:18de conduire une mission de concertation et de dialogue
14:21qui se rendra en Nouvelle-Calédonie prochainement.
14:25Une mission qui est demandée depuis des mois
14:27par les représentants Kanak,
14:30donc c'est peut-être un pas,
14:31on verra ce que ça donne concrètement.
14:33Il y a dans les services de l'État
14:36de l'intelligence,
14:37de l'expertise
14:39qui peuvent être utilisées,
14:41mieux utilisées,
14:42sans avoir en train de voir
14:44à des cabinets de conseil privés.
14:46Ah !
14:46Est-ce que j'allais dire
14:47qui me fait tout de suite ?
14:49Oui, ça c'est une balle
14:50à la pratique macroniste.
14:51Et McKinsey...
14:53Oui, et il me semble d'ailleurs
14:54qu'en plus,
14:55les sénateurs LR étaient aussi
14:56dans la commission d'enquête
14:58qui était lancée
14:59par la sénatrice communiste
15:00Edna Sassi.
15:01Et LR aussi avait participé
15:02et trié la Macronie
15:03sur sa pratique.
15:05Il n'y aura aucune tolérance
15:07à l'égard du racisme
15:09et de l'antisémitisme.
15:13Là, il peut se faire applaudir
15:14par tous les bancs.
15:15Là, tu es heureusement d'ailleurs.
15:17Bon, le RN étant évidemment
15:19de mauvaise foi.
15:21S'il vous plaît,
15:22s'il vous plaît.
15:27Alors ça, c'est pareil,
15:28on est dans l'ordre du discours.
15:29Est-ce qu'il y aura les moyens
15:30pour lutter effectivement
15:31contre les violences
15:33faites aux femmes ?
15:33C'est une autre question.
15:34Aucune remise en cours
15:35de la loi sur le mariage
15:36pour tous.
15:39Ça, il est obligé
15:40de le préciser
15:41parce que dans son gouvernement,
15:43il y en a quand même
15:44toute une série
15:45qui ont voté
15:45contre la constitutionnalisation
15:47de l'IVG
15:47qui était dans l'arrêt en 2013
15:49au moment de la loi
15:49du mariage pour tous.
15:50D'ailleurs, on a un gros plan
15:51sur Votailleux.
15:52Il fait partie de cela.
15:53Et puis, ils ont même voté
15:54contre l'interdiction
15:55des thérapies de conversion.
15:58Par l'action de France Travail
15:59qui va désormais
16:00accompagner progressivement
16:01tous les allocateurs du RSA
16:03et toutes les entreprises
16:04qui ont besoin de recruter.
16:06Si tu comprends comme moi,
16:07on est d'accord
16:07que l'expérimentation
16:09pour l'instant
16:09de la réforme du RSA
16:10qui consistait à...
16:19plus de ne pas travailler.
16:20C'est encore suggérer l'idée
16:21que les gens
16:23qui sont au chômage
16:24ou extrêmement précaires
16:26ne font pas d'efforts
16:27et ne font pas d'efforts
16:27et ne font pas de se bouger
16:27pour se produire du travail.
16:28Le mérite
16:29qui était un de ses mots
16:30d'accroche
16:30de son discours.
16:31Il y a une cohérence.
16:32Ce discours est cohérent.
16:33Il est de droite.
16:34Parce qu'en réalité,
16:35ce que ça permet derrière,
16:36ça permet de soumettre
16:38la main d'oeuvre disponible
16:40les gens qui sont intéressés
16:41à n'importe quelle condition de travail
16:42et donc, in fine,
16:43de tirer les conditions de travail
16:45de tout le monde vers le bas.
16:47Puisqu'à partir du moment
16:48où on oblige des gens
16:49à travailler déjà gratuitement
16:51parce que 15 heures d'activité,
16:53ce n'est pas les entreprises
16:56qui vont payer.
16:58Plus on réduit les droits
17:00des privés d'emploi,
17:02plus ils sont soumis
17:04au désirata des employeurs
17:07en termes de conditions de travail,
17:08de salaire, etc.
17:09Ils défendront ainsi
17:11nos agriculteurs à Bruxelles
17:12pour poursuivre le travail
17:13indispensables
17:14de simplification des règles.
17:16Beaucoup d'arriculteurs en colère
17:17parce que beaucoup,
17:18tout simplement,
17:18ne peuvent pas vivre
17:20de leur travail
17:21alors que la grande distribution
17:24et tout l'environnement
17:25de la grosse business
17:28avec leur marge
17:29pompent sur leur travail.
17:31Ça, c'était la vraie question
17:32au cœur, en tout cas,
17:34pour un certain nombre
17:36de petits producteurs.
17:37Le débat s'est très vite orienté
17:39sur cette question des normes
17:40sur laquelle revient
17:41Michel Barnier
17:43parce que normes administratives,
17:45normes environnementales,
17:46en gros, l'idée,
17:47c'est la logique
17:48de fonds libéral.
17:49Si on nous laisse produire
17:51dans n'importe quelle condition,
17:53au final,
17:54le business
17:55ne s'en portera que mieux.
17:57D'ailleurs,
17:57la droite a embrayé
17:58sur un vieux fonds anti-écolo,
18:00l'idée de l'écologie punitive,
18:01etc.,
18:02appliquée à l'agriculture.
18:04Donc, il faudra garder
18:05cette reprise
18:06de projet de loi
18:06et se méfier
18:08des reculs
18:09environnementaux
18:10que ça peut induire.
18:11C'est la Gendarmerie nationale,
18:13en liaison
18:13avec les autres acteurs locaux
18:14de la sécurité,
18:16à commencer
18:16par les polices municipales.
18:18La sécurité est arrivée tard
18:19dans le discours.
18:20Je pense que Retailleau
18:21était un peu en train
18:22de trembler, là,
18:22sur son siège.
18:23Il a quand même pas oublié.
18:24C'est bon.
18:25L'économie souterraine
18:26qui gangrène
18:27beaucoup de territoires
18:28urbains et ruraux
18:29sera aussi
18:30une priorité
18:31du gouvernement.
18:34Par les affichages,
18:35les opérations
18:36placées,
18:36par exemple,
18:37puisqu'on parle
18:38de l'usse contre
18:39le trafic de drogue,
18:39ça relevait aussi de ça.
18:41C'est-à-dire qu'on fait
18:41la démonstration
18:42à un moment T
18:43sur un territoire
18:44d'une démonstration
18:46de force policière.
18:47Alors, sur le moment,
18:48ça permet de procéder
18:49à des arrestations.
18:50Mais le problème,
18:51c'est que ça ne règle
18:52ni le quotidien
18:53ni le démantèlement
18:54du trafic à long terme.
18:56Nous poursuivrons
18:57la réflexion
18:57sur les étenuations
18:59de l'excuse
19:00de minorité.
19:01Il faut stopper
19:02la montée continue
19:03de la violence
19:03des mineurs
19:04qui rend impossible
19:06la vie
19:07dans beaucoup de quartiers.
19:09Les Français demandent
19:11enfin
19:11à ce que les peines
19:13soient réellement exécutées.
19:14Tour de vis
19:15à nouveau sécuritaire.
19:16Avec la composition
19:18du gouvernement,
19:19évidemment,
19:19c'était attendu.
19:21On ne va peut-être
19:21pas revenir
19:22sur tous les points,
19:22mais excuse de minorité,
19:24c'est un terme
19:25qui a été inventé
19:26par la droite
19:26très clairement
19:27parce que ce qui existe
19:28en France,
19:28c'est une justice
19:29des mineurs
19:29qui permet
19:31d'adapter
19:32avec des juges
19:34dédiés,
19:35etc.,
19:35d'adapter
19:39à la situation
19:40spécifique
19:41des jeunes
19:43en réponse
19:44à leurs besoins
19:45pour éviter
19:46la récidive
19:47justement
19:47et permettre
19:48une réinsertion.
19:49parce que là,
19:50son discours
19:50ne pense que
19:51la punition.
19:52Exactement.
19:54Exécution des peines,
19:55prison,
19:55enfin,
19:56courte peine de prison,
19:57plus de gens en prison,
19:57quoi, grosso modo.
19:58Il dit même,
19:59en gros,
19:59là,
19:59il est contre
20:00les aménagements
20:00de peine.
20:00Il dit,
20:01en gros,
20:01si vous prenez
20:025 ans de prison,
20:03vous les faites,
20:03quoi.
20:04Il n'y aura pas
20:04d'aménagement
20:04pour bonne conduite,
20:05etc.
20:06Alors que ça fait partie
20:06dans le système
20:07pénitentiaire
20:08de la réinsertion.
20:09C'est-à-dire
20:09un détenu
20:09qui est en prison
20:11rentre dans le rentre,
20:12guillemets,
20:13Ça cherche
20:15une 3 maise d'emploi
20:16à la sortie.
20:17Tout ça,
20:17ça fait partie
20:18du processus
20:18de réinsertion.
20:19Et il ne s'agit pas
20:21d'emprisonner les gens
20:22pour les punir
20:22et après,
20:23de les laisser tomber
20:24comme ça.
20:25C'est une machine
20:26à créer de la récidive,
20:27ça.
20:28Le gouvernement
20:29ne s'interdira pas
20:30de conditionner davantage
20:31l'octroi de visa
20:32à l'obtention
20:33de laisser passer
20:33consulaire
20:35nécessaire
20:35aux reconduites
20:36à la frontière.
20:37Et nous allons
20:38poursuivre
20:39les discussions
20:40déjà engagées.
20:41En gros,
20:41ce qu'il dit,
20:42c'est sur les questions
20:43de l'expulsion
20:43des OQTF,
20:45c'est que,
20:45en gros,
20:46si un pays
20:46n'accepte pas
20:48de réaccueillir
20:49quelqu'un
20:49qui vient d'être
20:50expulsé par OQTF,
20:51on aura un bras de fer
20:52diplomatique
20:53et on va faire
20:53des mesures
20:54de rétorsion
20:54sur les visas.
20:55Il y a déjà
20:56un bras de fer
20:56autour des visas algériens
20:58qui a déjà eu cours
21:00autour de ces bisbis
21:02diplomatiques
21:02entre l'Algérie
21:03et la France.
21:03Là,
21:04très clairement,
21:05ils dégagent.
21:06Ici,
21:07par exemple,
21:07l'Allemagne
21:08qui vient de fermer
21:09les frontières,
21:10l'Allemagne
21:10qui est aussi
21:11dans une course
21:11à l'échalote
21:12avec l'extrême droite
21:13où on a vu
21:14les résultats
21:15aux dernières élections
21:16avec une AFD
21:17très, très,
21:18très, très haute
21:20et toujours avec ce discours.
21:22Alors, évidemment,
21:23on a pour la poêle
21:24le terme de submersion
21:25migratoire,
21:26mais toujours quand même
21:27avec cet arrière-plan
21:29de il y a trop d'étrangers
21:32qui arrivent chez nous.
21:32En réalité,
21:33quand on regarde les chiffres,
21:40on est très, très loin
21:40de cette réalité-là
21:43et de surcroît,
21:45on retrouve un peu
21:46le discours
21:47de l'immigration choisie
21:48à la Sarkozy.
21:49Pour pouvoir bien l'intégrer,
21:51il faut qu'on puisse choisir
21:52ceux qu'on accepte
21:54de voir venir,
21:56sauf que la réalité,
21:58c'est qu'avec les restrictions
22:01dans les services publics,
22:02etc.,
22:03des aides sociales
22:05qui vont être
22:07vraisemblablement annoncées
22:08dans la période d'avenir,
22:09la situation ne pourra pas
22:11s'améliorer
22:12pour un certain nombre
22:13de migrants
22:14qui devraient avoir
22:14le droit
22:15à un accueil digne
22:18quelle que soit
22:20la nature
22:20de la cause
22:22qui les a fait venir,
22:23que ce soit la guerre,
22:24la misère économique,
22:25etc.
22:27Il va dire d'autres choses,
22:29mais juste sur la question
22:30de la Palestine,
22:31deux choses.
22:32D'abord,
22:33le renouvellement
22:33de l'appel à cesser le feu.
22:34On voit l'efficacité
22:35et parler de l'influence
22:36de la France,
22:37que ça a pu avoir
22:38à défaut de sanctions,
22:40d'interruptions des aides,
22:41etc.
22:41De la même façon
22:42pour les Etats-Unis,
22:44je dis comment Joe Biden
22:46et Emmanuel Macron
22:47appelés au cesser le feu
22:48au Liban
22:48en même temps
22:49que les Etats-Unis
22:50délivraient une nouvelle aide
22:50de plus de 8 milliards d'euros
22:53à l'armée israélienne.
22:55Dans ces conditions,
22:56évidemment,
22:57ça n'a aucune chance
22:58d'aboutir.
22:59Par ailleurs,
22:59le côté français,
23:00c'est l'Union européenne
23:00qui aussi fournit
23:02de l'aide militaire à Israël.
23:03Bien sûr,
23:04et puis il y a les accords
23:05d'association avec Israël.
23:08Et la deuxième chose
23:09pointée par Michel Barnier,
23:11est la solution
23:12à deux Etats.
23:13Il y a eu
23:13de multiples propositions
23:15de la gauche
23:16pour la reconnaissance
23:17de l'Etat de Palestine
23:18par la France immédiatement.
23:20Ce qu'ont fait
23:21l'Espagne,
23:22l'Irlande,
23:22la Norvège
23:23il y a peu de temps.
23:25Et ce à quoi la France
23:25et le président de la République
23:27se sont refusés
23:28de faire.
23:40C'est une idée de faire.
23:46de la France immédiatement.
23:46Sous-titrage Société Radio-Canada

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