- il y a 1 minute
Pour le lancement de notre hors-série Front commun contre l’extrême droite », une initiative inédite dans l’histoire de la presse en partenariat avec Nova, Blast, les Inrocks et StreetPress, nous recevons Philippe Rio (Maire PCF) et Divine Kinkela (Aide-soignante et militante communiste) qui avait été victime d'harcèlement raciste de ses voisins, pour parler de la lutte sur le terrain contre l'extrême droite.
00:00 Divine, victime de son voisin raciste
5:40 Municipales : le danger de l’extrême droite
10:17 Lutter contre l’extrême droite
17:40 Montargis : un basculement possible à gauche ?
23:27 Combattre la violence politique
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NewsTranscription
00:01La soirée va continuer autour de la lutte contre l'extrême droite avec deux autres témoins impliqués au quotidien sur
00:07ces sujets.
00:08Merci d'accueillir Divine Kakela et Philippe Riau.
00:20Bonsoir, je vous en prie, prenez place.
00:23Alors Divine, vous êtes aide-soignante et militante communiste à Montargis. Vous êtes victime d'insultes racistes de la part
00:30de vos voisins, comme l'avait révélé un reportage de France 2 qui avait été beaucoup vu.
00:34Et puis l'humanité en avait fait un également. Ça fait plusieurs années maintenant que vous subissez ça.
00:38Vous avez déposé deux plaintes contre vos voisins, notamment pour injure publique à caractère racial et harcèlement moral.
00:44Et vous, Philippe Riau, vous êtes maire communiste de Grigny depuis 2012. En 2021, vous avez été élue meilleure maire
00:52du monde pour votre action, particulièrement contre la pauvreté et contre le Covid.
00:58Donc on est ravis de pouvoir continuer cette discussion avec vous après la lutte dans les médias et bien la
01:05lutte, on va dire, au quotidien.
01:08Donc Divine, vous êtes victime de ce racisme de vos voisins qui se traduit par des insultes, des intimidations, déjà
01:15d'excréments.
01:16En 2024, un reportage d'envahir spécial avait fait connaître votre histoire et depuis le calvaire dur. Comment est-ce
01:22que vous allez ? Est-ce que vous pouvez nous dire comment va votre quotidien et comment vous trouvez la
01:28force peut-être de lutter toujours ?
01:31Alors pour vous dire, c'est pas facile. Bon, aujourd'hui, je dirais que je suis soulagée parce que bon,
01:39le monsieur a été incarcéré. Donc c'est une victoire.
01:44Ça date de cet après-midi, d'hier ?
01:49Hier. Donc mais pas sur les faits que j'avais dénoncés. Mais c'est par rapport à outrage à force
02:01de l'ordre et d'autres...
02:03Parce qu'il avait déjà été condamné pour plusieurs choses et il a été de nouveau...
02:06Il y a d'autres personnes qui avaient porté plainte contre lui. Et moi, on sait qu'il me concerne,
02:11tout est reporté à plus tard pour que ça se passe à Orléans.
02:17Voilà. Donc voilà. Mais pour dire, il est enfermé et on est soulagé un petit peu.
02:24Donc c'est des insultes racistes. Et pour une vie, je dirais que c'est pas facile à vivre parce
02:35que même jusque là, on va dire en 2026,
02:39où il a commencé à nous jeter des excréments et arriver à venir m'écracher dessus.
02:46Et on touche à ma personne, on touche à l'identité. Et ça, c'est insupportable.
02:58Alors, voilà. Pour vous dire que c'est pas facile à vivre.
03:03On l'imagine. Évidemment, d'autant plus que le 29 janvier, c'est vous qui avez été placée en garde
03:10à vue.
03:10Est-ce que vous pouvez nous réexpliquer ce qui s'est passé ?
03:13Oui. Pour dire, moi, j'avais déjà senti la montée de la violence.
03:20Parce qu'une personne qui est capable de vous jeter, parce que j'ai remarqué que ce n'était plus
03:25des excréments d'animaux,
03:28c'était plutôt humain. Alors là, je me suis dit, il y a quelque chose qui va mal se passer.
03:34Il faut vraiment que je sois sur mes gardes. Donc, j'étais allée m'acheter un spray lacrymogène au cas
03:41où.
03:41Bon, voilà. Mais j'étais en voiture. Il est venu me cracher dessus.
03:46Mais ça, je n'ai pas pu supporter. Je suis descendue pour m'exprimer.
03:51Bon, il a voulu m'agresser. Alors, j'ai utilisé mon spray.
03:58Donc, par rapport à ça, ma magistrate avait décidé qu'on me mette en garde à vue.
04:04Parce que, disant que j'avais utilisé une arme, bon, je ne sais pas comment faire.
04:09Si, avec toutes les plaintes déposées au fil des années et tout, qu'on en arrive à là, comment me
04:19protéger, je ne sais pas.
04:22Je ne sais pas.
04:23Et comment est-ce que vous expliquez cette haine absolue de la part de vos voisins ?
04:28Ça a l'air tellement fou que c'est difficilement compréhensible.
04:31Évidemment, pas du tout compréhensible même.
04:33Mais vous, est-ce que vous arrivez à mettre des mots sur les raisons de cette haine ?
04:38C'est incompréhensible parce qu'on a cherché, on a analysé, on a voulu comprendre.
04:45Mais comme ce sont des gens avec qui vous ne pouvez pas discuter, donc pour comprendre ça, selon nous, ils
04:54ont dans la tête qu'un noir ne peut pas être propriétaire, ne travaille pas.
05:04Un noir doit être à quémander et si ce n'est pas le cas, mais c'est ce qu'on
05:11reproche au noir en disant qu'on ne travaille pas.
05:14Et au moment où un noir travaille normalement et gagne correctement sa vie, ça dérange.
05:23Donc pour dire le problème, ce n'est pas qu'un noir ne travaille ou ne travaille pas.
05:26Le problème, c'est que c'est un noir et il ne peut pas exister normalement comme tout le monde.
05:34Et c'est cette haine-là qui est incompréhensible.
05:40Philippe, je me tourne vers vous.
05:42D'abord, comment est-ce que vous réagissez au témoignage de Divine ?
05:46Et est-ce que selon vous, ça dit aussi quelque chose d'à quel point le racisme est structurant à
05:50l'extrême droite,
05:51mais aussi du côté du Rassemblement national, parce que je crois que vos voisins sont des sympathisants, c'est ça,
05:57de Marine Le Pen ?
05:59Oui, exactement. Ils sont sympathisants, ils sont adhérents du RN.
06:04Philippe, qu'est-ce que vous avez en disant ?
06:08Les idées d'extrême droite, elles sont dans le quotidien, elles sont dans le voisinage.
06:12Elles sont dans, quand on va accompagner ses enfants à l'école, elles sont dans le club sportif.
06:18Elles sont dans l'hyper-proximité et l'hyper-quotidienneté.
06:20Et l'actualité des municipales, qui, là aussi, fait partie des actualités, puisque dans moins d'un mois, il y
06:26a ces élections municipales,
06:29et qui est ciblée par l'extrême droite comme un moment politique très important.
06:34Le Rassemblement national est à un niveau haut de tête de liste, plus de 600.
06:41Parti communiste, 1200, mais eux, plus de 600.
06:45Et surtout, quand Fabien Gué, tout à l'heure, disait « bas les masques ».
06:49« Bas les masques », c'est qu'en fait, il faut que partout, dans tous les territoires,
06:54dans les villages, comme dans les villes, comme dans le périurbain,
06:57on puisse dire « bas les masques » pour toutes celles et tous ceux qui se présentent
07:01dans le nouveau format qui a été intellectualisé par le Rassemblement national du sans-étiquettisme.
07:08C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a énormément de candidats qui se prononcent sans étiquette,
07:13mais qui portent des projets racistes, des projets d'extrême droite partout en France,
07:21dans les villes et dans les villages.
07:22Donc, je fais le lien entre ces rapports de voisinage, parce que la municipalité, c'est cela, aujourd'hui.
07:28Et le projet que nous portons collectivement, et la situation nous oblige, certes à l'union,
07:36mais aussi à porter des politiques, de vivre ensemble, qui vont à l'opposé de ce que vit Divine.
07:42Et effectivement, d'abord, bravo pour ce courage d'affirmer, vous tenez, vous avez un beau visage,
07:47un beau sourire, un beau regard, et courageusement, vous affrontez ça.
07:53Mais voilà, la commune, c'est le lieu de toutes ces proximités.
07:58Ces commerçants qui peuvent être aussi, parfois, racistes,
08:02encore une fois, je ne dis pas que tous les commerçants le sont,
08:05mais vous voyez que dans la commune se jouent tous ces phénomènes-là, hyper présents,
08:09et à moins d'un mois des élections municipales, un enjeu majeur,
08:13parce que l'extrême droite en fait, très concrètement, un tremplin pour les élections de 2027.
08:21On va parler justement du pouvoir de la commune et du pouvoir du maire un petit peu plus tard,
08:26mais Divine, vous êtes militante communiste,
08:30et vous allez vous présenter d'ailleurs sur une liste à Montargis, justement, dans le Loiret.
08:36Est-ce que cet engagement-là, c'est aussi une façon de prolonger cette résistance,
08:41ce combat qu'est le vôtre contre le racisme, contre l'extrême droite ?
08:46Exactement, oui, parce que quand on a commencé à subir,
08:50je me suis dit, mais il fallait réagir, il fallait, voilà, faire quelque chose.
08:59Alors je m'étais dit, il faut que je m'engage,
09:01je m'engage aussi de mon côté pour combattre,
09:06mais battre, pour lutter et aller contre ce RN qui fait engendrer cette haine-là entre les peuples.
09:15Donc c'est comme ça que j'ai trouvé, on va dire, un moyen pour moi de faire des actions
09:23pour pouvoir lutter.
09:26Mais vous la trouvez, vous, cette force ?
09:27Parce que normalement, quand on subit autant de violence, on cède à la désespérance.
09:32Vous, vous faites le chemin inverse, vous allez vers l'engagement, vers le combat, vers la politique.
09:37Comment vous l'expliquez ?
09:39Je ne sais pas si parmi vous, les gens feraient l'inverse, mais je ne pense pas.
09:45Parce que je suis une sportive, je sais que quand on est attaquée, il faut se défendre,
09:51avec un petit coup, on attaque. Donc, moi, je ne baisse pas les bras.
09:58Je sais que dans la vie, il faut toujours se battre. Toujours.
10:01Et si je suis là, c'est parce que je me suis toujours battue.
10:06Donc je sais que je ne me laisserai jamais faire.
10:09Je pense que ça peut s'applaudir.
10:16Philippe, je le disais, vous êtes maire de Grigny depuis 2012.
10:21Vous avez commencé à parler de ce qui peut être fait à l'échelon municipal.
10:27Mais est-ce que vous pouvez nous en dire un petit peu plus de manière concrète ?
10:30Comment on lutte contre l'installation des idées racistes et globalement des idées d'extrême droite dans sa commune ?
10:37Par quoi ça passe ?
10:38D'abord, comprendre que l'extrême droite est différente selon les territoires.
10:47Ce n'est pas tout à fait la même extrême droite dans les bassins de reconversion industrielle, dans le nord
10:51et dans l'est,
10:52que dans le sud de la France, que dans le Gard, qu'en Gironde ou qu'en Bretagne, par exemple.
10:57Je dis ça parce qu'on a beaucoup travaillé avec la coopérative des élus communistes à faire le tour de
11:02France un maximum
11:03pour comprendre les ressorts territoriaux et comment les idées d'extrême droite se nourrissent tantôt du déclin,
11:13tantôt de la misère qui est bouc émissaire plutôt dans les bassins de réconversion,
11:17tantôt une bourgeoisie très installée qui refuse par racisme des choses.
11:22Et donc, il faut pouvoir identifier cela parce qu'il y a des réponses bien évidemment massives à apporter.
11:29Et puis quand même quelques nuances. Encore une fois, je trouve que c'est important.
11:34Le deuxième élément, c'est qu'il faut que nous portions un projet de communisme municipal.
11:38Bien évidemment. On peut l'appeler aussi socialisme municipal, l'écologisme municipal.
11:43On peut lui donner toutes les colorations et le communalisme, comme l'appelle la France insoumise.
11:47Mais dans cette situation historique qui nous oblige collectivement à faire union, qu'est-ce qui nous rassemble ?
11:55Le progrès social, l'écologisme, des villes antiracistes, des villes féministes.
12:01Et c'est ça que nous devons porter dans nos programmes.
12:03Avec bien évidemment des sujets que nous ne pouvons pas laisser.
12:06Parce que dans ce tour de France, nous avons identifié que le rassemblement national
12:11et plus largement l'extrême droite surfe sur sécurité, santé et pouvoir de l'achat.
12:18Trois priorités des Français à la veille des municipales qui sont des sujets nationaux
12:21et qui viennent nous percuter, nous élus locaux.
12:23Parce que sur les questions de sécurité, nous ne pouvons pas laisser la place.
12:28À la droite et à l'extrême droite.
12:30Sur la question de la santé, nous qui avons historiquement créé les centres municipaux de santé
12:35pour permettre au peuple, dans la proximité, d'avoir accès aux soins.
12:40Nous devons continuer à innover, à produire.
12:44Et sur les questions de pouvoir d'achat, là aussi, sur les questions de gratuité, sur les tarifications,
12:50nous devons avoir des projets extrêmement ambitieux.
12:53Donc on a tout cela.
12:55Et puis un dernier élément qui est important.
12:57Et je fais référence à le mouvement qui traverse un certain nombre d'organisations.
13:02On l'a vu pour les médias, il y a des réflexions dans le mouvement syndical,
13:07il y a des réflexions dans le mouvement politique.
13:08Je voudrais parler des associations.
13:11Aujourd'hui, le mouvement, 32 organisations associatives et syndicales,
13:16s'organisent pour combattre l'extrême droite.
13:20Ça s'appelle 101 territoires pour la fraternité.
13:23Pourquoi c'est intéressant à la veille des municipales ?
13:26Ça s'appelle 1001 territoires, référence à la commune.
13:31Deux fraternités, pourquoi ?
13:32Parce que le monde associatif est bousculé par les politiques libérales.
13:37Nous savons que lorsque l'extrême droite arrive au pouvoir dans les communes,
13:41il s'attaque d'abord et avant tout au tissu associatif,
13:44qui crée de la fraternité, qui crée de la sororité,
13:47qui crée de la fraternité,
13:49confère Hénin-Beaumont et la lutte du secours populaire,
13:52contre le secours populaire français.
13:54Et aujourd'hui, ce mouvement-là s'organise pour dire « Attention, les élections municipales,
14:02c'est la première mi-temps du match politique et électoral qui se joue avant 2027 ».
14:09Mais Philippe, évidemment, on est d'accord sur tout ce que le communisme municipal a apporté,
14:15notamment sur l'importance des services publics qui sont en véritable barrage contre le Rassemblement national.
14:23Pourtant, on voit bien qu'il y a un certain nombre de territoires où ces politiques ont été menées
14:28et qui pourtant ont été perdues.
14:29On pense au Midi-Rouge, au Nord industriel.
14:32Comment est-ce que vous expliquez que ces territoires-là aient été perdus ?
14:38Et du coup, évidemment, comment les reconquérir ?
14:42Le récit et l'imaginaire libéral et d'extrême droite est extrêmement puissant.
14:49Nous n'échappons pas localement à ce qui se passe nationalement.
14:53D'ailleurs, il y a une forme de nationalisation des élections municipales
14:57par l'ambiance nationale qui pèse sur les uns.
15:01Et donc, quand il y a des mouvements qui sont extrêmement puissants,
15:04parfois on tombe, parfois on ne se relève pas, parfois on est en reconquête,
15:09et parfois on résiste et on continue d'innover.
15:12Donc, ce mouvement-là, nous n'échappons pas à des réalités
15:17qui sont même transnationales et internationales.
15:20Donc, on résiste, parfois on gagne, parfois on perd,
15:25parfois on est dans la reconquête,
15:26et c'est tout l'enjeu de ces élections municipales dans moins d'un mois.
15:30D'ailleurs, même à Grigny, alors qu'on pourrait se dire
15:33que c'est un territoire préservé,
15:35l'ERN augmente peu à peu, alors il grappille, ça reste assez bas.
15:38Mais comment est-ce que vous vous analysez, là aussi,
15:41chez vous, vous êtes maire de cette commune,
15:43que l'extrême droite arrive à grappiller des parts de marché,
15:47même si l'expression est mal choisie.
15:49Le peuple français qui est frappé par cette misère qui s'installe
15:53et qui progresse, cherche et est perdu, cherche des points de repère.
15:58Le discours simplificateur du Rassembleau National,
16:02du bouc émissaire, c'est à cause de l'autre,
16:05prend chez nous, même dans les villes très populaires.
16:10Ça, c'est une réalité.
16:12À Grigny, moi, j'ai un sujet, la participation.
16:15La participation, la participation.
16:17Et j'ai l'autre sujet qui est que, quand je dis balai masque,
16:23j'ai un candidat qui se présente sur une liste citoyenne,
16:26mais qui a en fait des thèses d'extrême droite.
16:29Et la liste qu'il porte, ça s'appelle Libéré Grigny.
16:34Libéré Grigny, d'abord de son maire communiste,
16:37et de cet anachronisme historique.
16:41Et donc là, on est dans un vocabulaire typiquement d'extrême droite.
16:47Et quand on dit Libéré Grigny, moi, j'ai des jeunes, des moins jeunes,
16:50qui me disent, mais ils veulent libérer quoi ?
16:54Parce que j'ai une couleur de peau différente de la sienne.
16:57Et donc, on voit bien qu'il y a un récit qui est présent.
17:01Il n'y a pas l'étiquette, mais il y a un récit.
17:03C'est ce que je disais tout à l'heure, balai masque,
17:05le sans-étiquettisme est très présent partout.
17:07C'est aussi, pardon, excusez-moi, le travail journalistique qui a été mené dans la ville de Blanc-Ménil,
17:14sur, en fait, de la droite républicaine qui se transforme au fur et à mesure en officine de l'extrême
17:20droite.
17:20Donc, voilà, ces mouvements-là des unions de droite et de l'extrême droite existent.
17:25Et donc, extrême vigilance partout, partout, partout.
17:29Oui, c'est vrai, c'est le livre de Nassir Al-Mohadem.
17:32On dirige tous ceux qui nous regardent à aller le lire.
17:34Vous avez raison, c'est une enquête essentielle.
17:36Divine, je me tourne vers vous.
17:38On a parlé de Grigny, on va parler de Montargy.
17:42Montargy a été communiste, a été de gauche de 1977 à 83 et ensuite de 1989 à 2001.
17:49Alors, on ne va pas parler de cette historique-là, mais c'est pour se poser la question de
17:54« Est-ce que Montargy peut basculer à nouveau à gauche ? »
17:57Et si oui, à votre avis, quel discours il faut porter pour essayer de convertir cette ville et de la
18:03ramener à gauche ?
18:06Je le souhaite, je le souhaite et j'y crois d'ailleurs.
18:09Et je pense que ça, on a une chance que ça bascule à gauche.
18:13Et le discours, ce serait de montrer aux gens, de leur faire comprendre que le RN nous mènerait à nous
18:33haïr, à nous détester, à créer un chaos qu'ils ne se rendent pas compte.
18:42Parce que pour l'avoir vécu, et je pense qu'il y a un discours qui est très très malsain
18:51et qui cherche absolument à trouver des boucs émissaires d'ailleurs pour dire que c'est la faute de l
18:58'immigré.
18:59Parce que croyant que voilà, si l'immigré n'est plus là, voilà, comme si tout irait bien, il faut
19:05que la gauche aussi exprime et s'exprime ouvertement
19:09et faire comprendre que ce n'est pas l'immigration qui est en cause et pour que les gens comprennent
19:17bien que le RN ne fait qu'utiliser leur faiblesse pour arriver à ses fins aussi.
19:29Et installer une telle violence entre les gens, c'est malheureux à dire, mais ça détruit un pays.
19:43C'est compliqué à vous expliquer parce que bon, mais ce n'est pas un discours à favoriser. Il faut
19:54vraiment le combattre.
19:55Et justement, hier, on s'est appelé, on s'est appelé au téléphone et vous m'avez dit justement ce
20:01que vous dites là.
20:01Voilà, il faut défaire, disons, le discours du RN. Et vous me disiez aussi, il ne faut laisser aucun sujet,
20:08il ne faut leur laisser aucun sujet, pardon,
20:10notamment la sécurité. Vous m'avez parlé de la sécurité en disant, il faut qu'on se dise, en fait,
20:15la gauche peut protéger la population aussi.
20:18Absolument, parce que la sécurité n'est pas identifiée à tel ou tel autre. La gauche sécurise au mieux et
20:32parce qu'il y a cette proximité que veut la gauche auprès de la population
20:40et n'est pas créer des tensions et voilà, qu'il y ait une sécurité, on va dire, équitable, équitable
20:50pour tous.
20:52Philippe, à ce propos, qu'est-ce que vous avez à dire sur ce sujet-là ? C'est vrai
20:56que, est-ce qu'il y a des sujets que la gauche peut-être
20:59aurait abandonnés au fil du temps et qu'il doit reconquérir ?
21:02Celui du droit à la sécurité. Depuis 20 ans, dans notre pays, sur les plateaux télé, à la radio, on
21:10parle sécurité, sécurité, sécurité, sécurité.
21:14Nous devons, je crois, parler du droit à la sécurité pour toutes et tous. Divine, elle a une colombe. En
21:20fait, c'est quoi le sujet ?
21:22C'est vivre en paix. Il y a des gardiens de la paix. Nous sommes des co-constructeurs, nous les
21:26maires de sécurité dans la proximité.
21:28Nous avons des relations avec les commissaires, nous avons des relations avec le procureur. Nous travaillons à des sujets, nous
21:34travaillons sur la prévention.
21:36Parlons prévention, parlons sécurité, parlons justice et moyens de la justice pour protéger les victimes.
21:43Et donc, je crois que nous avons un continuum de sécurité à porter comme solution et pas uniquement du bleu,
21:49du bleu et de la caméra.
21:51Ça, ce sont des outils qui sont indispensables, mais qui sont insuffisants s'il n'y a pas de prévention
21:57ou s'il n'y a pas de justice.
21:59Je viens d'un département où 25% des rixes mortels se déroulent en France, le département de l'Essonne.
22:08Que me dit le procureur ? Je suis en limite de ma réponse pénale.
22:14La police me dit, je suis en limite de mon intervention. Il faut maintenant que l'on fasse de la
22:19prévention.
22:19C'est-à-dire qu'on a dans ce pays des hommes et des femmes, soucieux de sécurité, de bien
22:23-être, de vivre en paix, tout simplement,
22:27qui ont des solutions. Simplement, le débat sur la sécurité a été vampirisé, instrumentalisé par les forces de droite et
22:35de l'extrême droite.
22:36Et rendez-vous compte, il n'y a jamais eu autant de police municipale dans notre pays, il n'y
22:41a jamais eu autant de caméras.
22:42Et l'insécurité, le sentiment d'insécurité est le sujet numéro un des municipales.
22:49C'est la première fois que ce sujet arrive en priorité numéro un dans les municipales.
22:54Ça veut dire qu'on a perdu une bataille idéologique et qu'il faut qu'on s'en réempare.
23:00Partout où nous avons des élus, je pense à Echirol, par exemple, avec Amandine Demore, ou partout ailleurs, nous sommes
23:07confrontés et nous apportons des solutions.
23:09Nous manquons certainement un peu de corpus idéologique, de porte-voix extrêmement forts, mais nous avons une autre vision de
23:16la sécurité que la droite et l'extrême droite.
23:18Ce droit à la sécurité, ce droit à la santé, ce droit à bien vivre ensemble, c'est ça notre
23:23projet émancipateur.
23:24Alors juste pour conclure, parce que je crois qu'il ne nous reste que deux minutes, mais je vais vous
23:28poser la même question à chacun.
23:29On parle beaucoup de violence politique en ce moment.
23:32Et cette violence-là, Divine, vous, vous l'avez subie très concrètement, particulièrement, brutalement.
23:38Est-ce que la meilleure façon de répondre à la violence, c'est justement un projet alternatif, c'est d
23:43'être constructif, c'est d'amener du positif aussi ?
23:47Combattre la violence, c'est difficile à expliquer, mais je me dis que c'est dans la solidarité, dans l
23:59'union et la tolérance qu'on arrive à combattre la violence.
24:04Et dans la bienveillance et la violence policière, c'est quelque chose aussi qu'il faut absolument combattre parce qu
24:16'on le sait, on ne va pas le nier que l'immigré, le noir est souvent maltraité en contact avec
24:30la police.
24:31Donc voilà, c'est des choses vraiment pour que la, on va dire la justice, comme disait le maire à
24:39côté, que la justice ait le droit à la, comment on dit ?
24:48Juste Divine, parce que de manière concrète, quand le reportage d'envoyé spécial avec vous qui témoignait de ce que
24:57vous étiez en train de vivre,
24:58de ce qu'on a compris, il y avait quelques jeunes qui sont venus vous voir, qui avaient envie d
25:02'en découdre avec vos voisins
25:04et qui avaient envie finalement d'avoir une réponse relativement violente, physique en tout cas, vers ses voisins, et ça
25:09n'est pas arrivé.
25:10Donc on suppose que vous, vous êtes intervenus pour justement participer de la désescalade de la violence.
25:16Donc là, très concrètement, c'est ça que vous avez appris.
25:18Exactement, parce qu'on a dit qu'il ne fallait pas répondre à la violence, répondre à la violence, quoi.
25:25Et on a trouvé qu'il fallait mieux, voilà, il y a des procédures à suivre et voilà, c'est
25:33le chemin qu'on a suivi pour éviter cette violence-là.
25:38C'est vrai que les jeunes étaient venus pour en découdre, ça c'est sûr, oui.
25:41Et pour conclure, Philippe, même question, voilà, est-ce qu'il faut absolument donc refuser la violence face à la
25:48violence ?
25:48Il faut répondre par d'autres armes, celle de la colombe, comme vous l'appointiez.
25:52Oui, je dis ça parce que je suis très attaché à la culture de paix et que les villes que
25:57nous dirigeons, nous avons ça au cœur de nos pratiques municipales,
26:02de transmission de mémoire avec le travail entre les enfants, les écoles, les anciens combattants,
26:06il y a des choses très concrètes qui se passent et fondamentalement, les gens ils ont envie de vivre en
26:11paix, tout simplement, n'oublions pas cela.
26:13Même si nous sommes dans une période où la violence est présente, très présente, où on banalise la mort, on
26:20banalise les génocides,
26:21on banalise toutes ces horreurs, fondamentalement, les gens en porte-à-porte que je rencontre, j'en fais un peu
26:28beaucoup en ce moment,
26:29ils ont juste envie de vivre en paix avec leurs voisins, même s'il est différent.
26:33Et donc, écoutons cette majorité silencieuse, écoutons celles et ceux qui font vivre une commune, par exemple.
26:40Je reviens sur le milieu associatif, le premier financeur des clubs sportifs en France, c'est les villes.
26:46Les premiers financeurs du mouvement culturel, ce sont les villes.
26:50Nous avons un devoir d'émancipation et dans nos programmes municipaux que nous portons, encore pendant trois semaines,
26:57on doit faire preuve d'imagination en matière d'éducation populaire pour faire de la bonne éducation politique.
27:03Ce temps des municipales, je trouve, est aussi pour nous, force progressiste, un tremplin pour faire reculer toutes ces idées.
27:11Donc, c'est chouette la campagne en ce moment.
27:15Très bien, merci beaucoup, Philippe Riot.
27:17Merci aussi, Divine Kinkela.
27:20Merci.
27:21Merci.
27:22Merci beaucoup de votre présence.
27:24Je vais vous demander de kisser la scène maintenant.
27:28Et évidemment, que ce soit à vous, Philippe, je vous souhaite une très bonne campagne.
27:31Et puis, à vous également, Divine.
27:34Et j'espère que les jours à venir seront plus tranquilles, effectivement, du fait que votre voisin a été emprisonné
27:41pour quatre mois.