- il y a 8 heures
Agenda médiatique saturé par les thématiques xénophobes, grignotage de l'État de droit au niveau local et préparation des prochaines échéances électorales, comment empêcher l'extrême droite d'accéder au pouvoir ?
À l'Agora de la Fête de l'Humanité, élus, juristes et observateurs débattent de la riposte à construire : ne pas céder sur la bataille des idées, démasquer l'arnaque sociale du Rassemblement national, organiser la résistance juridique et rassembler sans attendre le peuple de gauche autour d'un projet d'émancipation.
Débat avec :
- Sophie Mazas : avocate au barreau de Montpellier et présidente de la LDH Hérault
- Elsa Faucillon : députée PCF
- Pouria Amirshahi : député Les Écologistes de Paris et cofondateur de La Digue
- François-Xavier Demoures : essayiste, consultant et spécialiste de la communication politique
Animé par Florent Le Du, journaliste à l'Humanité.
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00:00 Le piège de la prophétie autoréalisatrice
00:04:40 Le recul de l'État de droit au niveau local
00:08:55 Lucidité VS fatalisme face au danger d'extrême droite
00:13:08 Internationalisme et construction de « La Digue »
00:18:53 Démasquer les diversions identitaires et porter le social
00:23:40 Articuler combats sociaux et luttes contre les discriminations
00:31:59 L'État de droit et les droits fondamentaux comme remparts
00:35:50 Leçons internationales et appel à la société civile
00:44:34 Parallèles historiques et mémoire du fascisme
À l'Agora de la Fête de l'Humanité, élus, juristes et observateurs débattent de la riposte à construire : ne pas céder sur la bataille des idées, démasquer l'arnaque sociale du Rassemblement national, organiser la résistance juridique et rassembler sans attendre le peuple de gauche autour d'un projet d'émancipation.
Débat avec :
- Sophie Mazas : avocate au barreau de Montpellier et présidente de la LDH Hérault
- Elsa Faucillon : députée PCF
- Pouria Amirshahi : député Les Écologistes de Paris et cofondateur de La Digue
- François-Xavier Demoures : essayiste, consultant et spécialiste de la communication politique
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00:08:55 Lucidité VS fatalisme face au danger d'extrême droite
00:13:08 Internationalisme et construction de « La Digue »
00:18:53 Démasquer les diversions identitaires et porter le social
00:23:40 Articuler combats sociaux et luttes contre les discriminations
00:31:59 L'État de droit et les droits fondamentaux comme remparts
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00:44:34 Parallèles historiques et mémoire du fascisme
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00:01Le débat public se soumet de plus en plus à l'agenda du RN.
00:04Des responsables politiques, des institutions administratives parfois commencent à lui céder du terrain sur le champ des idées et même
00:12de l'état de droit.
00:13Alors comment on sort de cette spirale ? Et surtout comment faire en sorte que dans quelques mois notre pays
00:19ne sombre pas dans la peste brune ?
00:21Pour y répondre, on l'a déjà dit, on accueille Sophie Mazas, avocate et membre de la Ligue des droits
00:26de l'homme, députée Elsa Faucillon.
00:30Également député Pouria Amir Chahi et le spécialiste de la communication politique François-Xavier Demour.
00:38Je vous demandais un peu de silence aux abords pour qu'on puisse bien entendre tout le monde et qu
00:44'on puisse vraiment commencer ce débat.
00:46Débat que j'aimerais commencer avec vous François-Xavier.
00:51Parce que vous avez publié l'année dernière un livre qui fait écho à l'intitulé de ce débat, Montée
00:56de l'extrême droite, une prophétie autoréalisatrice, point d'interrogation.
01:01Est-ce que vous pouvez nous expliquer en quoi c'est dangereux d'acter le fait que le RN serait
01:07aux portes du pouvoir et grand favori pour la présidentielle ?
01:13Merci. Pour une première raison qui est fondamentale, qui est la raison pour laquelle on milite tous, qui est la
01:19raison pour laquelle on se bat tous, c'est que rien n'est inéluctable en politique.
01:24Tout peut changer, tout peut bouger, les gens changent, le résultat n'est jamais figé d'avance.
01:31Ça c'est la première des choses.
01:32Alors si on se dit qu'ils ont déjà gagné, qu'est-ce qui se passe ?
01:36Et bien on part perdant.
01:37Et quand on part perdant, la première des choses qu'on fait, c'est qu'on essaye de contrer le
01:42discours de l'autre.
01:44On essaye de contrer, de rappeler en quoi, et on a raison de le faire, en quoi l'extrême droite
01:48est une menace pour la démocratie,
01:50en quoi l'extrême droite est une menace pour les droits, les droits des travailleurs, les droits des salariés, les
01:54droits des étrangers, les droits des minorités,
01:57les droits de l'ensemble des Français, on a raison de le rappeler.
02:00Mais à force d'être sur ce terrain-là, on est sur leur terrain, on est en contre, on les
02:06laisse d'une certaine façon occuper le terrain avec leur propre agenda,
02:11leur propre récit, leur propre regard.
02:15Quand on répète en permanence que le récit du RN, c'est quoi que vous disiez, à la fin, il
02:20y a le mot « immigration », c'est vrai.
02:21Globalement, c'est à peu près ça. Le récit du RN, c'est assez simple.
02:24En général, il y a des parasites d'en haut et il y a des parasites d'en bas, et
02:29il y a des travailleurs méritants au milieu.
02:31Et les travailleurs méritants sont privés de leur avenir, ils sont privés de leur présent par les parasites d'en
02:37bas,
02:37c'est-à-dire les immigrés, les étrangers, les minorités, et aujourd'hui, ce qu'on appelle aussi dans le
02:43débat public, les assistés,
02:45avec la complicité des parasites du haut, c'est-à-dire les politiques.
02:50Les politiques et particulièrement, évidemment, les politiques de gauche.
02:53Bon, ce récit-là, on le connaît et on le répète et on cherche à le déconstruire en permanence.
02:58Mais du coup, le débat, on ne le mène pas sur notre terrain, on ne le mène pas sur nos
03:02thèmes.
03:02Et Jean-Luc Mélenchon l'a dit juste avant, et il a raison, c'est-à-dire que plus on
03:06mènera le débat sur nos thèmes,
03:08plus on pourra faire bouger les lignes.
03:11Donc, une question de mobilisation, une question d'agenda, et la troisième raison qui me semble être importante,
03:16mais qui est moins visible pour nous, en direct et directement, c'est pour la droite.
03:21Parce qu'en fait, une grosse partie du problème qu'on a vient de la droite.
03:26C'est la droite qui s'est droitisée, ce n'est pas la société qui s'est droitisée,
03:30c'est la droite qui s'est droitisée, et ce sont les électeurs de droite qui, auparavant, ne votaient pas
03:35en faveur de l'extrême droite,
03:37qui, aujourd'hui, le font.
03:38Parce que des digons sautaient, et je pense que pour y aller, on reviendra,
03:42parce que la norme sociale l'autorise aujourd'hui, parce qu'on pense que c'est normal,
03:47et que c'est autorisé d'une certaine façon de le faire.
03:50C'est la fameuse libération de la parole.
03:52Et donc, un conservateur, par définition, ce n'est pas quelqu'un qui est intolérant,
03:57qui est hostile à l'étranger ou à l'immigré.
04:00Un conservateur, c'est quelqu'un qui cherche le statu quo.
04:03Surtout, il n'a pas trop envie que les choses changent.
04:05Il a une aversion au changement qui est profonde.
04:08Et donc, aujourd'hui, s'il considère que la majorité et le statu quo sont du côté de l'extrême
04:14droite,
04:14il va suivre le mouvement, par peur, par conformisme, parce que c'est là qu'est la ligne.
04:19Donc, si on ne le fait pas pour nous, parce que nous, on a les anticorps,
04:23on a les anticorps contre l'extrême droite, parce que c'est inscrit dans les gènes de la gauche,
04:26et on doit le faire aussi en pensant à eux, parce qu'il y a un moment ou un autre
04:30où on a besoin qu'ils soient en capacité de voter pour un candidat de gauche
04:34quand il est en face de l'extrême droite.
04:40Et on va le voir, il y a déjà des conséquences concrètes de la montée de l'extrême droite
04:46et de la peur que ça crée.
04:49Sophie Mazas, vous êtes avocate spécialisée dans le droit administratif.
04:54Je voulais préciser, juste avant, que vous défendez aussi depuis plusieurs mois
04:57les militants communistes d'Alès, qui en mai 2025 ont été violemment attaqués
05:02dans leur barre du prolet par des militants néo-fascistes.
05:06Leur procès aura lieu le 6 octobre.
05:08Et au nom de l'humanité, on voulait d'abord apporter notre soutien à ces militants
05:12et à tous ceux qui sont intimidés, frappés, insultés par l'extrême droite.
05:16Et ils sont de plus en plus nombreux, malheureusement.
05:20Je le disais, vous êtes spécialisés dans le droit administratif.
05:24Et en Occitanie, où vous exercez, est-ce que vous voyez déjà un recul concret,
05:29notamment des préfets, des tribunaux administratifs,
05:32vis-à-vis des positions de l'extrême droite et des politiques
05:35qui sont portées par les maires d'extrême droite
05:38de plus en plus nombreux dans votre région ?
05:41Le constat qu'on peut faire en fait depuis 2014
05:44et l'arrivée de Ménard à la tête de la ville de Béziers,
05:48c'est qu'il y a une différence extrêmement importante
05:50avec ce qui s'était passé à Toulon, par exemple,
05:52ou dans les autres villes qui avaient été dirigées par l'extrême droite,
05:56c'est qu'il n'y a plus de cordon sanitaire avec les institutions.
06:01Ménard est très fort politiquement
06:03et il a mis des coups de boutoir sur notre système
06:07en prenant systématiquement tous les ans des arrêtés illégaux.
06:12La Ve République, elle est faite pour dire que quand un acte est illégal,
06:16il est annulé et la collectivité territoriale a compris qu'il est illégal
06:21et normalement, elle ne doit pas le reprendre.
06:23Sauf que lui, ce qu'il fait, c'est que systématiquement,
06:25il reprend les mêmes actes qui ont des effets.
06:28C'est-à-dire que quand il fait un arrêté municipal
06:31pour le test génétique des chiens, ça fait rigoler,
06:34c'est valable, deux ans, on obtient l'annulation
06:36au bout de deux ans devant le tribunal administratif
06:38et le jour même, Ménard reprend exactement le même arrêté
06:43et dedans, il écrit, je valide rétroactivement
06:46tous les PV que j'ai mis sur le fondement de cet arrêté.
06:48À ce moment-là, on retourne devant le tribunal
06:50et on demande en urgence sa suspension.
06:53Et là, le tribunal administratif ne nous donne pas l'urgence.
06:57Ça veut dire que l'arrêté s'applique encore pendant deux ans.
07:00Ça veut dire que chaque fois, il réinstaure une nouvelle durée
07:03d'inégalité et qu'on n'a aucun recours contre ça
07:07parce qu'il n'y aurait que le préfet qui pourrait le faire.
07:09Et qu'on a constaté que par accointance politique,
07:13le préfet n'attaque plus les actes de Ménard.
07:15Et il a été très fin.
07:17Il ne faut jamais oublier qu'en 2014,
07:20le Front National lance un appel.
07:23Un appel à résister aux décisions de justice
07:25et un appel à redévelopper la chrétienté en France.
07:29Ménard a répondu à cet appel et a mis des crèches de nativité.
07:32C'est passé pour quelque chose de pas très grave.
07:38Simplement, du coup, nous, on a attaqué, on a gagné.
07:40Le Conseil d'Etat a dit que c'est illégal.
07:42Mais le préfet n'a plus attaqué.
07:44Et en 2021, le préfet nous a mis par écrit
07:47la crèche de Ménard est laïque.
07:49C'est-à-dire que le préfet a arrêté de faire appliquer
07:52les décisions de justice et a soutenu l'extrême droite.
07:54Et ce constat, on le fait à Béziers, à Perpignan, à Bocaire.
07:58Donc, soit les trois préfectures ont décidé d'être en rébellion
08:01contre le ministère, soit à un moment donné,
08:04il y a une collaboration effective entre l'autorité exécutive
08:08et les collectivités d'extrême droite.
08:10Et ça, c'est extrêmement violent, parce qu'au bout d'un moment,
08:14le reste des institutions chavirent.
08:16Et nous avons pu constater qu'à Bocaire,
08:20le référé au tribunal administratif conduit à 120 000 euros d'astreinte.
08:25Et Bocaire ne met plus de crèche et exécute les décisions de justice.
08:28Alors que Ménard, pour la même chose, il n'y a pas de décision.
08:32Et donc, maintenant, il fait bénir la mairie de Béziers.
08:35Maintenant, à Béziers, les musulmans, ils baissent les yeux.
08:38Maintenant, à Béziers, on est arrêté par la police
08:41quand on crie vive la laïcité.
08:43Et en fait, l'état de droit ne s'applique plus
08:46parce que cette barrière est tombée
08:48et qu'on a une partie de nos institutions
08:50qui collaborent avec l'extrême droite de manière objective.
08:55On voit bien des conséquences déjà concrètes
08:57de la montée de l'extrême droite
08:59qui pourraient être bien pires bientôt en 2026.
09:03Elsa Faucillon, est-ce qu'il y a dans le champ politique
09:06une sorte de paralysie de voir l'extrême droite
09:09monter d'élection en élection ?
09:12Est-ce que les partis, dans leur stratégie,
09:15mais aussi dans leur projet,
09:17notamment particulièrement à gauche,
09:19est-ce qu'ils agissent trop en fonction de ce danger
09:23de voir le RN arriver au pouvoir ?
09:27Je dirais l'inverse.
09:28En réalité, moi, mon sentiment,
09:31et je fais, pour commencer, peut-être une distinction
09:33entre prophétie autoréalisatrice et lucidité.
09:38Je crois qu'il y a besoin d'une immense lucidité
09:42sur le risque de voir l'extrême droite prendre le pouvoir.
09:46Et quand on dit ça, ça ne veut pas dire rester tétanisé,
09:50les bras ballants et ne rien faire.
09:51C'est prendre conscience d'un phénomène,
09:54aujourd'hui, extrêmement ancré dans le pays.
09:57Ça fait plusieurs décennies, aujourd'hui,
09:59que l'extrême droite travaille un électorat,
10:03travaille ses thématiques
10:04et progresse considérablement dans le pays.
10:07Et d'ailleurs, progresse de manière extrêmement importante
10:11en France, plus encore que dans d'autres pays
10:15où il a pu prendre différentes places de pouvoir.
10:19Mais notre système électoral fait que, quelque part,
10:22il a été limité jusque-là.
10:25Lucidité de le voir potentiellement prendre le pouvoir,
10:28mais je dirais aussi lucidité de voir les conséquences
10:32d'une prise de pouvoir de l'extrême droite en France.
10:35Alors peut-être que c'est un peu une porte ouverte,
10:37mais je crois qu'il faut quand même le dire
10:39parce que je pense que leur banalisation
10:42dans le paysage politique
10:44nous touche aussi à gauche
10:46sur le fait que, quelque part,
10:49nous avons vu ce que donne Mélanie,
10:51nous voyons ce que donnent d'autres
10:54dans différents pays en Europe ou ailleurs
10:56avec l'idée que ce n'est pas si grave.
10:58D'abord, je veux rappeler que nous sommes la France
11:01et même si le pays des droits de l'homme
11:03est largement entaché,
11:04nous restons le pays des droits de l'homme
11:05et de la révolution.
11:06Nous sommes une puissance nucléaire
11:09et nous sommes un pays aussi
11:10où la constitution est particulièrement fragile.
11:13Donc les effets seraient extrêmement graves.
11:18Et moi, je suis députée dans une circonscription
11:20très populaire à Gennevilliers, à Colombes,
11:23à Villeneuve-la-Garenne,
11:24un territoire qui a été très marqué par l'industrie,
11:28mais aussi par des vagues de migration.
11:31Et je vais vous dire,
11:32ça fait longtemps maintenant que je fais de la politique,
11:35je crois que l'élection de 2024,
11:38celle de la dissolution,
11:40restera un des moments marquants
11:42de ma vie militante
11:45en voyant combien ce monde populaire
11:49était terrorisé à l'idée que l'extrême droite
11:51prenne le pouvoir.
11:53Et je crois que cette terreur qui les habitait,
11:57non seulement on ne peut pas la mépriser,
11:59mais il faut être à la hauteur.
12:01À la hauteur parce que eux, ils ont fait face.
12:03Eux et elles se sont mobilisés en 2024
12:05pour faire reculer l'extrême droite.
12:07Et nous, à gauche, on ne peut pas être en deçà de ça.
12:10Et ce que je constate, malheureusement,
12:12je vais le dire, c'est que
12:14quand je dis qu'il faut faire une distinction
12:16entre prophétie autoréalisatrice et lucidité,
12:19c'est qu'il y a une différence entre dire
12:21« on va gagner ».
12:22C'est important, on est en période électorale,
12:24il faut mobiliser.
12:25Mais « on va gagner » ne peut pas être opposé
12:27à « il y a un risque que l'extrême droite gagne ».
12:30Donc il faut conjuguer les deux.
12:32Il faut dire « parce que nous sommes lucides,
12:34parce que le risque est immense,
12:36parce que nous tenons à notre pays,
12:38à ses citoyens et ses citoyennes,
12:39et à l'idée qu'on se fait de la République,
12:41une République accueillante, une République plurielle,
12:44alors nous ne pouvons pas laisser les bras ballants
12:47et avancer avec l'idée que
12:50chacun dans son couloir,
12:52nous pourrions combattre efficacement l'extrême droite.
12:54Non, nous avons besoin de nous rassembler,
12:56nous avons besoin de nous unir,
12:57et je suis désolée,
12:59mais c'est ce que nous avons fait en 2024,
13:01et c'est ce qui a fonctionné.
13:08Pouria Amir Chahi,
13:10vous avez, je le précise, monté la DIG,
13:13une association qui vise à mettre en réseau
13:16un internationalisme concret pour lutter,
13:19contre l'extrême droite,
13:21pour prolonger ce que vient de dire Elsa Faucillon,
13:24sur la lucidité,
13:28est-ce qu'il est primordial de mesurer le risque réel
13:30de l'arrivée du RN au pouvoir,
13:33mais aussi se préparer à résister, en quelque sorte ?
13:37Oui, parce que dans la continuité de ce que vient de dire Elsa Faucillon,
13:43et après l'illustration concrète qu'a donnée Sophie Mazas
13:45de ce qu'elle vit concrètement,
13:48il y a l'ardente obligation d'être,
13:51en tout cas depuis 2024,
13:53où Elsa vient de rappeler quels étaient les termes
13:56de la dispute dans le pays,
13:57avec le risque de bascule,
13:59il y avait l'ardente obligation,
14:00non pas simplement de dire
14:02abat le fascisme, abat l'extrême droite,
14:04mais de nous préparer au choc s'il arrivait.
14:07Ne pas le faire,
14:07je commence mon propos immédiatement par ça,
14:11ne pas le faire est une faute politique,
14:12et se contenter de dire
14:15que les gens,
14:16l'opinion publique,
14:17en vérité aspire à une vie meilleure,
14:20des meilleurs salaires,
14:21une santé adaptée,
14:22et tout ça est vrai.
14:24Et François-Xavier a parfaitement raison
14:25de le rappeler,
14:26d'autres l'ont dit,
14:27Vincent Thibert,
14:31Chapoutot ce matin encore,
14:33il y a, c'est vrai,
14:34une fabrique de l'opinion qui s'installe
14:36et qui conditionne un débat public.
14:38C'est terrible,
14:39et il faut être en capacité sans doute
14:41de projeter un agenda positif différent,
14:44qui oppose à l'agenda des nationalismes,
14:48d'accaparement des terres,
14:49des ressources, des richesses,
14:50un agenda de partage,
14:52de partage des richesses,
14:53de partage des technologies,
14:54de partage des médecines,
14:55de partage des connaissances,
14:56à l'échelle du monde
14:57comme à l'échelle nationale.
14:58Et aussi de s'interroger
14:59sur des révolutions fondamentales
15:01qui tracent une feuille de route
15:02d'émancipation
15:03pour les prochaines décennies.
15:05C'est par exemple la question du vivant
15:06que nous n'abandonons pas forcément
15:08autour d'un programme politique.
15:10Or, il y a là une radicalité fondamentale,
15:11puisque le vivant a été atteint
15:14par la destruction des écosystèmes
15:16du fait de notre modèle de production,
15:17et là, ça renvoie à un projet politique,
15:19mais aussi parce que l'intelligence artificielle
15:22atteint et conditionne
15:23une partie des comportements humains
15:25et même le développement
15:27neurocognitif des êtres humains.
15:29Et donc là, il y a nécessité
15:30de projeter quelque chose
15:32qui soit, on va dire,
15:34désirable, positif, adapté
15:36et moderne au sens où
15:37ce sont des questions d'époque
15:38contre les névroses pessimistes
15:40et mortifères de l'extrême droite.
15:43Mais il n'empêche, et ça a été rappelé
15:45que l'extrême droite, sans doute
15:47parce que l'électorat de droite
15:48s'est droitisé, est plus forte.
15:52Il n'empêche qu'elle progresse
15:53d'élection en élection.
15:55Il s'avère que les moyens inouïs
15:57qui sont mis à disposition
15:58de cette idéologie-là
16:00par les détenteurs d'une fraction
16:02et pas la moindre du capitalisme actuel
16:05où on ne sait pas encore
16:06si une partie de la bourgeoisie possédante
16:08va basculer dans une forme de cercle
16:10de la raison qui va continuer sa politique
16:12ou, au contraire, dans le rappel à l'ordre.
16:15Et dans ce moment-là,
16:18il y a aussi une conquête populaire.
16:21Chapoutot avait raison de dire
16:22qu'il y a une fabrique.
16:23Mais on ne peut pas nier au fait
16:24que les gens se rendent aussi
16:26avec un certain désir
16:27de Bardella et de l'extrême droite.
16:29Il y a cette vérité.
16:30Il faut le voir.
16:31Lorsque vous voyez le canon français
16:32qui réunit des milliers de personnes
16:35avec la parole raciste libérée,
16:37et je crois que Jean-Luc Mélenchon
16:38l'a rappelé tout à l'heure,
16:39avec une mise à nu
16:42de leur pornographie raciste,
16:45il n'empêche que le dénoncer ne suffit pas.
16:49Il faut sans doute y opposer autre chose,
16:50mais il y a l'ardente obligation
16:52de dire à tout le monde,
16:54prépare-nous.
16:55Et la DIG, pour se préparer,
16:57on a cofondé ce réseau
16:59avec les appositions
16:59et les organisations de la société civile,
17:01la Ligue des droits de l'homme,
17:03mais aussi des personnalités
17:04comme Magali Lafourcade,
17:06qui est la secrétaire générale
17:08de la CNCDH,
17:09c'est pas rien,
17:10Rocaya Diallo,
17:11que vous connaissez,
17:12mais aussi le syndicat des musiques actuelles,
17:16peut-être demain la Fédération des mutuelles de France,
17:18donc des secteurs de la société
17:19qui comprennent le risque
17:21et qui se disent,
17:21il y a besoin
17:23avant l'élection présidentielle
17:25et pas simplement entre deux tours
17:27pour juste appeler à faire barrage
17:29avant l'élection présidentielle,
17:30aujourd'hui,
17:31à construire cette DIG dans la société
17:33et elle est disponible.
17:34Ça veut dire qu'il faut,
17:37au cas où le malheur arrivait,
17:38je ne souhaite pas qu'il arrive,
17:39je renvoie de ce point de vue-là
17:40au discours de l'orateur avant nous
17:42qui était là,
17:43Jean-Luc Mélenchon,
17:44pour mettre en perspective
17:45l'élection présidentielle.
17:46Il y en a d'autres.
17:46Mais il y a l'ardente obligation
17:49de faire surgir dans la société,
17:52dans la magistrature,
17:53et il y a des disponibilités
17:54dans l'état de droit,
17:55dans la société civile organisée,
17:57que ce soit le journalisme,
17:58par exemple,
17:59ou dans la haute fonction publique
18:00et dans la société.
18:01Les réseaux de solidarité
18:02sont immenses et sont nombreux.
18:04Quelque chose et une force
18:06qui, dès le départ,
18:07fait comprendre,
18:08si la catastrophe arrivait
18:09à l'extrême droite,
18:10que ce ne sera pas si simple.
18:11Parce que ce qu'on a découvert
18:12quand on a été en Hongrie,
18:13en Pologne,
18:14aux Etats-Unis,
18:15au Brésil,
18:15en Turquie avec la DIG,
18:16c'est que c'était du beurre
18:18pour l'extrême droite.
18:18Ils ont déroulé leur agenda.
18:20Si bien que même
18:21quand ils ont perdu leur élection,
18:22ils sont revenus après,
18:23tranquillement.
18:24Et donc,
18:25il y a besoin de faire comprendre
18:26non seulement ça avant,
18:28chez nous,
18:28mais que l'étranger,
18:30le monde entier,
18:31comprenne que la France
18:32va être un champ de bataille
18:32si ça arrivait
18:33et qu'il y a une riposte prête.
18:35C'est ça la DIG.
18:35Et donc,
18:36combiner les deux,
18:37c'est-à-dire la possibilité
18:38d'une victoire,
18:39tant mieux,
18:39on va tous y contribuer,
18:41mais aussi,
18:41j'allais dire peut-être surtout,
18:43ne pas être pris
18:44comme des poulets sans tête
18:45si la catastrophe arrivait
18:46parce qu'on ne l'aura pas préparée.
18:52Sur la question
18:53de l'agenda politique
18:55et aussi du débat public,
18:58François-Xavier Demont,
18:59dans votre livre,
19:00vous appelez la gauche
19:01à recentrer le débat
19:04sur certaines thématiques,
19:05l'écologie,
19:06le social,
19:07le féminisme,
19:07pour ne citer que celle-ci.
19:09Mais est-ce que le risque,
19:10ce n'est pas d'arrêter aussi
19:12de combattre pied à pied
19:13les discours racistes
19:15de l'extrême droite ?
19:16Je vais donner juste un exemple.
19:18Il y a environ deux semaines,
19:20Marine Le Pen est face au MEDEF
19:22et elle annonce
19:23que si elle est au pouvoir,
19:25elle mettra en place
19:26un plan d'austérité
19:27de 125 milliards d'euros.
19:30Quelques jours,
19:31je crois deux jours après,
19:33on a son député fidèle,
19:35Jean-Philippe Tanguy,
19:36qui va sur BFM TV
19:37et qui met sur la table
19:38sa proposition,
19:40la proposition du RN,
19:41d'interdire le port du voile
19:43dans l'espace public.
19:44Et donc,
19:46après ça,
19:46les médias,
19:47les personnalités politiques,
19:48n'ont parlé que de ça
19:50la semaine dernière
19:51en parlant du RN
19:52et jamais du plan d'austérité
19:54qui a été annoncé.
19:55Est-ce que c'est une erreur
19:56de monter au créneau
19:57contre cette proposition
19:58qui est grave,
19:59qui est stigmatisante ?
20:01Et plutôt,
20:02comment on fait
20:02pour ne pas laisser passer ça
20:04sans subir un agenda
20:06qui serait dicté
20:07par les thématiques du RN
20:08et par leurs propositions
20:10scandaleuses ?
20:11Alors,
20:11ce n'est pas une erreur
20:12et ce n'est jamais une erreur,
20:13jamais,
20:14jamais une erreur
20:15de montrer
20:17que le RN
20:18est un parti
20:19qui est raciste.
20:20Il faut le dire,
20:21il faut le répéter,
20:22il faut rappeler
20:23ce qu'est la préférence nationale
20:24qui,
20:25en fait,
20:26aujourd'hui,
20:26c'est énormément banalisé
20:27dans le discours des gens
20:28et qu'on a du mal
20:28à déconstruire.
20:30Donc,
20:30non,
20:30ça,
20:31il ne faut pas lâcher.
20:32Mais par contre,
20:32il faut aussi rappeler
20:33ce que fait
20:33le RN
20:35quand il s'amuse
20:37parce qu'il s'amuse
20:38et il joue,
20:38en fait,
20:39en réalité,
20:40avec des propositions,
20:41à pousser ces propositions
20:42à ce moment-là
20:43et dans ce temps-là.
20:45C'est-à-dire
20:45qu'il faut désigner
20:46ce qu'il est en train
20:47de faire.
20:48Ce qu'il est en train
20:49de faire,
20:49c'est agiter précisément
20:53une thématique
20:53qui est une façon
20:55de faire diversion
20:56et de faire diversion
20:57sur le fond
20:59du programme économique
21:00et social.
21:00Et pourquoi il le fait ?
21:02Il le fait aussi
21:03d'un point de vue
21:03de stratégie politique
21:04pour lui-même.
21:05Il ne faut jamais oublier
21:06que quand vous menez
21:07une campagne,
21:08pardon de descendre
21:09dans la cuisine
21:10des stratégies politiques,
21:12mais derrière,
21:12il y a de la stratégie politique.
21:14Quand vous menez
21:15une campagne,
21:15vous avez deux choses
21:17à faire.
21:17Vous allez chercher
21:18à rassembler
21:19et à pousser
21:20ce qui unit
21:21votre électorat
21:23et vous allez essayer
21:24d'éviter d'aller
21:25sur les terrains
21:25qui le divisent.
21:26Et si en plus,
21:28le sujet que vous poussez
21:29crée du trouble
21:30chez l'adversaire,
21:32c'est tout Bézef
21:33et c'est tout gagné.
21:34Et il joue avec ça.
21:35C'est parce qu'une partie
21:36de la gauche
21:37n'a pas été claire
21:37sur les questions islamophobes.
21:39Et il faut le dire aussi,
21:40il faut le reconnaître.
21:41Nous avons une part
21:42de responsabilité
21:43sur le sujet.
21:44Voilà.
21:45Parce que la gauche
21:45n'a pas été claire
21:46sur ce sujet-là,
21:48elle est en prise.
21:49Elle est en prise
21:50et elle donne
21:51de la prise à ça.
21:53Et de l'autre côté,
21:55dire et répéter
21:59que c'est une diversion
22:00parce qu'en fait,
22:01les questions économiques,
22:02la question du travail,
22:03la question des salariés,
22:04c'est quelque chose
22:05qui les divise.
22:06Et regardez ce qui est en train
22:07de se passer
22:07au Rassemblement national
22:08aujourd'hui.
22:09Ils sont en train
22:10de se diviser
22:12sur les questions sociales
22:13et sur les questions du travail.
22:15C'est en train d'être la guerre
22:17entre Marine Le Pen
22:19et Jordan Bardella
22:20sur ces sujets-là.
22:21Précisément parce que
22:22l'obsession de Bardella,
22:23c'est de faire l'union des droites.
22:25C'est ça qu'il cherche.
22:27Parce que lui,
22:28il est persuadé
22:28qu'en fait,
22:28le dernier truc qui reste,
22:29c'est rassurer les patrons
22:31et rassurer la droite.
22:32Donc il va aller sur ce terrain-là
22:33et il va essayer,
22:34de plus en plus,
22:35il a essayé d'aller
22:36sur le terrain économique
22:37en donnant des gages
22:38à la bourgeoisie économique,
22:42pour le dire
22:42de manière un peu directe.
22:45Et ça, c'est un sujet
22:46qui divise le RL.
22:47Donc plus on insistera
22:49sur la question du travail,
22:50plus on insistera
22:51sur la question des salaires,
22:52plus on insistera
22:53sur la question
22:54de la redistribution,
22:55sur la question de la fiscalité
22:56sur laquelle nous sommes légitimes
22:58à nous exprimer
22:59parce que c'est nous
22:59qui portons ces combats.
23:01C'est toujours nous
23:01qui portons ces combats.
23:03Plus on avancera.
23:04La deuxième des choses,
23:05c'est que pour construire la digue,
23:06je vais dans le sens
23:07de ce que dit Pouria,
23:10de ce que dit Elsa,
23:12de ce que dit Sophie.
23:13On partage là-dessus
23:14la même lucidité,
23:15le même regard
23:16sur ce sujet-là.
23:17La question fondamentale
23:19qu'on doit opposer aussi
23:21en permanence
23:22à l'extrême droite
23:22et aux travailleurs
23:23qui sont tentés
23:24par l'extrême droite,
23:25c'est que l'extrême droite
23:26sacrifiera toujours
23:27les intérêts
23:28des salariés
23:29et des travailleurs
23:30à ces obsessions.
23:32Et ils ont une seule obsession,
23:34c'est l'étranger,
23:35c'est l'immigré,
23:36ce sont les minorités.
23:40Justement, là-dessus,
23:42on l'a un peu évoqué
23:43sur les questions sociales,
23:45quand on regarde les sondages,
23:46il y a un vrai plébiscite
23:47sur l'augmentation des salaires,
23:50le blocage des prix,
23:51l'encadrement des loyers,
23:52et la liste est très longue
23:53des sujets,
23:55des propositions
23:56sur lesquelles
23:56le Rassemblement national
23:58a voté contre.
24:00Elsa Faucillon,
24:01je voulais vous poser la question,
24:02est-ce que c'est primordial
24:03déjà de ramener ça
24:05et comment rappeler ces votes
24:07du Rassemblement national,
24:09cette arnaque sociale,
24:10et comment est-ce que la gauche
24:13peut faire valoir
24:14ces propositions-là
24:15et surtout être crédible
24:16à un moment
24:17où on a l'impression,
24:19on peut le voir à l'humanité
24:20quand on va au reportage,
24:21que les gens,
24:23les électeurs du RN
24:24ont du mal à y croire
24:26que oui,
24:26on peut augmenter les salaires,
24:28on peut encadrer les loyers.
24:29OK.
24:30Je vais essayer de répondre rapidement
24:31à la question
24:32et disons-le compliquer.
24:35D'abord,
24:36peut-être la première chose,
24:37évidemment,
24:38que nous avons besoin
24:39comme députés
24:40et c'est notre rôle
24:41de pouvoir démasquer
24:43l'arnaque sociale
24:45du Rassemblement national.
24:46C'est aussi le rôle
24:47de certains journalistes,
24:49de certains experts.
24:51Et évidemment que
24:52c'est important de le faire,
24:53mais évidemment,
24:54si on passe notre temps à ça,
24:55alors nous ne passons pas notre temps
24:57à tenter de convaincre
24:58sur nos propositions,
25:00nous ne passons pas notre temps
25:01à nous implanter,
25:03nous ancrer dans des territoires.
25:05Donc évidemment,
25:06oui,
25:06il faut le faire,
25:07mais je n'en fais pas
25:09la stratégie première
25:10pour permettre
25:11de gagner à gauche
25:12et combattre efficacement
25:14le Rassemblement national.
25:16La deuxième chose,
25:18peut-être,
25:19moi,
25:20je suis toujours mal à l'aise
25:21quand on distingue
25:22les questions dites sociales
25:24des questions sociétales.
25:27quand le Rassemblement national
25:29s'attaque aux femmes voilées,
25:31ce n'est pas une question sociétale.
25:33On est bien sur une question
25:35de pouvoir et de domination
25:37avec des enjeux sociaux
25:38extrêmement forts.
25:41Et donc,
25:42pour moi,
25:43la gauche,
25:44elle va défendre
25:45les personnes
25:45qui sont exploitées
25:47et dominées
25:47et en tant que communiste,
25:48en tout cas,
25:49mon combat,
25:50celui que je me suis fixé
25:51pour la vie,
25:52c'est de lutter
25:52contre l'exploitation
25:53et toutes les formes
25:54de domination.
25:55Alors,
25:56quand le Rassemblement national
25:58dit qu'on va faire
25:59tant d'économies
26:00et qu'il s'attaque
26:01aux fonctionnaires,
26:03je vais m'y opposer.
26:04Quand il dit
26:05qu'on va mettre
26:05une amende
26:06aux femmes voilées,
26:07je vais évidemment
26:08m'y opposer,
26:09mais je vais surtout tenter,
26:11et c'est là,
26:12je crois,
26:13notre rôle à gauche,
26:14tenter d'unir
26:15toutes celles
26:15et tous ceux
26:16qui sont exploités
26:17et dominés
26:18et qui veulent se sortir
26:19de ce joug
26:19de l'exploitation
26:20et de la domination.
26:21Donc,
26:21la question,
26:22ce n'est pas pour moi.
26:22Est-ce qu'on est sur
26:23les thématiques
26:24services publics,
26:25économies,
26:25pouvoir d'achat,
26:26ou est-ce qu'on est
26:27sur les questions
26:28de patriarcat
26:29ou de racisme,
26:32mais bien comment,
26:33au travers d'un projet,
26:34d'un récit émancipateur,
26:35comment on articule
26:36et comment on permet
26:38de rassembler
26:38et d'allier
26:39toutes celles et ceux
26:40qui ont intérêt
26:41à se sortir de ça.
26:44Je préfère le préciser
26:45parce que moi,
26:46en tout cas,
26:46ça me met à chaque fois
26:47très mal à l'aise
26:48comme si la gauche,
26:49c'était les services publics
26:50et le pouvoir d'achat.
26:52D'ailleurs,
26:52je trouve que,
26:53bien sûr,
26:54c'est des sujets importants,
26:55mais qui ne disent pas très bien
26:57là où on en est
26:58du capitalisme.
26:59Et justement,
27:01peut-être qu'on aurait
27:01à mieux analyser
27:03et mieux faire passer
27:05notre analyse
27:06du temps du capitalisme
27:08là où on en est aujourd'hui,
27:09c'est-à-dire un capitalisme
27:11agressif,
27:12prédateur,
27:13prêt à tout
27:13pour illustrer les choses.
27:15On voit combien aujourd'hui
27:16le monde de la finance
27:17est prêt à discuter
27:19et à s'allier
27:19avec l'extrême droite
27:21parce qu'il est dans un moment
27:22où, à la fois,
27:24on peut parler
27:25de capitalisme en crise,
27:27mais on voit bien
27:27à quel point
27:28ce sont des crises
27:29à répétition,
27:31mais combien pour dégager
27:33des marges
27:33et pour se sauver lui-même
27:35sans se réinventer,
27:36il a besoin aujourd'hui
27:38du monde du pouvoir
27:39et qu'il soit celui
27:40du monde libéral
27:41ou du monde libéral
27:43nationaliste, extrémiste,
27:45peu importe,
27:46à partir du moment
27:47où il sauve ses marges
27:48et il sauve ses actionnaires.
27:50Et ça, à mon sens,
27:52c'est quelque chose
27:53sur lequel la gauche
27:55ne me semble pas
27:55assez claire,
27:57assez en avant
27:58et combien il peine,
28:00nous peinons
28:01à articuler
28:02les questions dites sociales
28:04et dites sociétales
28:05qui, en réalité,
28:06sont, à mon avis,
28:07des questions absolument liées
28:08parce que, je le redis,
28:10c'est vrai dans ma circonscription,
28:11mais c'est vrai
28:12dans beaucoup d'endroits
28:13en France,
28:14eh bien,
28:15les femmes, justement,
28:16qui sont attaquées
28:17par le Rassemblement national,
28:19dans la majorité des cas,
28:20elles sont aussi celles
28:21qui subissent
28:22le temps partiel imposé,
28:24qui subissent
28:25les bas salaires,
28:26qui subissent le fait
28:27de ne pas avoir
28:28de place en crèche
28:29pour pouvoir aller bosser.
28:30Donc, en réalité,
28:31arrêtons cette sorte
28:33de division
28:33qui, à mon avis,
28:34nous fait plutôt du mal
28:35pour inventer
28:36ou, en tout cas,
28:38comment dire,
28:39mettre à jour
28:39le récit
28:40à mon anticipateur.
28:41Deuxième chose,
28:42je suis désolée,
28:43je suis un peu longue
28:43là-dessus,
28:45mais, en tout cas,
28:46merci,
28:47en tout cas,
28:49il me semble aussi,
28:51je reviens
28:51sur ce que je disais
28:53tout à l'heure,
28:54si nous sommes lucides
28:55et que nous disons,
28:57alors, un,
28:58que nous sommes
28:59dans un temps
29:00du capitalisme
29:01assez particulier,
29:02deux,
29:03que l'extrême droite
29:04peut profiter
29:05de ce temps-là
29:06pour prendre le pouvoir,
29:08trois,
29:08qu'il est particulièrement
29:09ancré dans la société
29:10française,
29:12alors,
29:13je pense que nous avons
29:14une chose à faire,
29:16c'est à mobiliser
29:17toutes celles
29:18et tous ceux
29:19qui ont le cœur à gauche,
29:20qui veulent refuser
29:21cette fatalité,
29:22qui pensent que tout
29:23n'est pas écrit d'avance,
29:25que tout n'était pas écrit
29:26quand on a gagné
29:26les congés payés,
29:27que tout n'était pas écrit
29:28avant MeToo,
29:29que tout n'était pas écrit
29:30avant les luttes
29:31d'indépendance,
29:32mais alors,
29:33je pense que pour les mobiliser,
29:35bien sûr,
29:35il y a besoin d'un projet
29:36et d'un programme
29:37qui permet de faire penser
29:40que les choses vont aller mieux,
29:41mais il y a aussi,
29:42à mon sens,
29:44besoin de mobiliser
29:45l'ensemble de notre camp,
29:47de le rassembler.
29:48Alors,
29:49pour celles et ceux
29:50qui me connaissent un peu,
29:51pendant longtemps,
29:52je me suis battue
29:53pour une candidature unique
29:55de la gauche.
29:56Aujourd'hui,
30:00je vois bien,
30:02aussi avec lucidité,
30:03il y en a besoin
30:04dans la période,
30:05qu'il est probable
30:06qu'il y ait plusieurs
30:07candidatures à gauche.
30:09Ce que je crois,
30:10c'est que celui ou celle
30:11qui sera le ou la mieux placée,
30:13celui ou celle
30:14qui aura un programme
30:16d'éther face à ce moment
30:17du capitalisme,
30:19alors,
30:19il devra lui aussi
30:20ou elle aussi
30:21chercher à rassembler largement,
30:23à créer de l'unité.
30:24Ce que je veux dire par là,
30:25c'est que ce n'est pas
30:26parce que vous êtes tout là-haut,
30:27pas parce que vous êtes le premier
30:28que vous êtes exonéré
30:29des questions d'unité.
30:31Parce que dans une période
30:32comme celle-là,
30:33c'est primordial
30:34si nous voulons
30:35rassembler notre camp.
30:37Dernière chose,
30:38il y a eu toute une théorie
30:40des fâchés,
30:41pas fâchaux,
30:41etc.
30:42Quand je dis
30:43qu'il faut mobiliser notre camp,
30:44c'est que je ne crois pas,
30:45pardon du terme,
30:46qu'on va évangéliser
30:48le pôle extrême.
30:50Bien sûr que quand il y a
30:51une discussion à mener
30:52avec un électeur
30:52qui s'interroge
30:53sur la possibilité
30:54de voter à l'extrême droite,
30:55il faut le faire.
30:56Il faut y aller,
30:57il faut bûcher,
30:58on est un des militants,
30:59on va chercher à convaincre.
31:00Mais notre stratégie à nous,
31:02aujourd'hui,
31:04si on pense pouvoir l'emporter,
31:06c'est à la fois
31:06de mobiliser notre camp
31:08et de faire en sorte
31:09que celles et ceux
31:10progressistes,
31:11démocrates,
31:11qui ont peur
31:12de l'extrême droite,
31:13ne nous rejettent pas
31:16au moment où il faudra
31:17faire un choix.
31:17Voilà ce qu'il faut faire,
31:19mobiliser notre camp
31:20et ne pas rejeter
31:22celles et ceux
31:22qui, à un moment,
31:23auront à faire un choix.
31:25Je crois qu'en tout cas,
31:26c'est la voie aujourd'hui.
31:28Faute peut-être
31:29d'avoir fait perdurer
31:30le NFP
31:31et d'avoir construit
31:32des comités locaux,
31:33d'être ancré
31:34dans la proximité,
31:35aujourd'hui,
31:36dans l'urgence,
31:37c'est ce que nous avons
31:37à produire, je le crois,
31:39si nous voulons,
31:39avec lucidité,
31:40pouvoir avancer
31:41et faire en sorte
31:43que notre pays,
31:44le pays des droits de l'homme,
31:45je le répète,
31:46le pays de la révolution,
31:47que notre République
31:48ne soit pas piétinée
31:50par l'extrême droite.
32:00Sophie Mazas,
32:01je voulais revenir
32:02sur la question
32:03de l'état de droit
32:04dont on a un peu parlé
32:06tout à l'heure.
32:07Déjà, au niveau local,
32:09l'extrême droite
32:10s'y attaque,
32:11elle le revendique même,
32:13et au niveau national,
32:14elle a prévu
32:15de s'y attaquer
32:15vraiment frontalement,
32:17notamment pour faire passer
32:18ces mesures
32:19qui sont contre la Constitution,
32:21qui sont contre
32:22la Déclaration universelle
32:23des droits de l'homme.
32:24En quoi est-ce que
32:26la défense
32:28de l'état de droit
32:29peut être une arme
32:30pour lutter
32:31contre l'extrême droite
32:32avant même
32:33qu'elle soit au pouvoir ?
32:35L'état de droit,
32:36on le rappelle,
32:37on est d'accord,
32:38c'est le fait que
32:38la loi s'applique
32:40pour tous
32:42de la même manière,
32:43y compris à l'état,
32:44et qu'on a un juge
32:46qui contrôle cela
32:47pour que ce soit effectif,
32:48et qu'en haut
32:49de la pyramide des normes,
32:50on a les droits fondamentaux
32:52dont vous parliez,
32:53et on a le principe
32:54d'égalité,
32:55et on a tous les droits
32:56dont on a décidé
32:57de se doter collectivement.
32:59Ce qu'il faut bien comprendre,
33:00et ce qui découle
33:03de ce que je vous ai expliqué
33:04tout à l'heure,
33:05c'est que l'extrême droite,
33:06c'est l'inverse
33:07de l'état de droit.
33:09Dans l'état de droit,
33:10vous avez la séparation
33:11des pouvoirs
33:11qui est notre garantie
33:12contre l'arbitraire.
33:14L'extrême droite,
33:15c'est la puissance.
33:16Quand vous avez
33:17le maire d'une ville,
33:18on prend Béziers,
33:19qui prend une décision
33:20à la place
33:21de son conseil municipal,
33:22il joue le rôle
33:23du législateur.
33:24Quand il est annulé,
33:25il ne respecte pas
33:27les décisions de justice,
33:28il reprend les mêmes décisions,
33:30il nie le pouvoir
33:30de la justice,
33:31et derrière,
33:32il utilise la police
33:33pour faire appliquer
33:34des arrêtés illégaux.
33:35Ça, ça s'appelle
33:36la puissance,
33:37c'est la violence,
33:38c'est l'absence
33:39de séparation des pouvoirs,
33:40et ça, c'est ce qui nous attend,
33:42en fait,
33:42si l'extrême droite passe.
33:43Et nous, nous vivons déjà
33:45en territoire d'extrême droite,
33:46et on essaye de dire
33:47à tous ceux
33:48qui sont en dehors
33:49de ces territoires
33:50d'ouvrir les yeux,
33:51d'être lucides,
33:52et c'est aussi pour ça
33:53que la LDH a pris
33:54une résolution de congrès
33:55où elle appelle
33:56à défendre l'état de droit,
33:57parce que c'est ce qui nous reste
33:59et ce dont on ne se rend
34:00même plus compte.
34:01Et ça, c'est particulièrement important.
34:04Alors après,
34:05dans l'état de droit,
34:06on a des problèmes,
34:07parce qu'un mécanisme,
34:09s'il n'est pas vivant,
34:11s'il n'y a pas de la vie
34:11à l'intérieur,
34:12ça ne sert à rien.
34:13Le Conseil constitutionnel
34:14est en train
34:15de lâcher la rampe.
34:16On sait pourquoi.
34:18On sait pourquoi,
34:19c'est parce que c'est
34:20la seule Cour constitutionnelle
34:21d'Europe
34:22qui n'a pas de juge.
34:24Elle n'a que des politiques.
34:25Nous n'avons plus
34:26de juge constitutionnel.
34:27Les décisions qui sont passées
34:29cet été,
34:31on ne peut pas considérer
34:32que le Conseil constitutionnel
34:33joue encore son rôle.
34:35Et là,
34:35il va falloir travailler
34:37si on gagne,
34:38quand on va gagner,
34:39parce qu'on va finir par gagner.
34:40Il va falloir rappeler
34:41à tout le monde,
34:42à tous ceux
34:43qui veulent se rassembler
34:44sur le socle
34:44des droits fondamentaux
34:45et sur l'état de droit,
34:47que ces valeurs
34:47qui nous sont communes,
34:48c'est les plus importantes,
34:50qu'il faut s'unir
34:50pour les faire gagner.
34:51Et que derrière,
34:52il va falloir aussi travailler
34:53pour qu'elles soient efficaces,
34:55que les lacunes
34:56qu'on avait
34:56dans la Constitution
34:57de la Ve République,
34:58elles soient réparées,
35:00qu'on pense
35:01à d'autres dispositifs.
35:02Et ça,
35:03c'est aussi ce qui se passe
35:04au niveau national.
35:05Quand vous avez
35:06le projet de référendum
35:08qui est proposé
35:09par l'extrême droite,
35:11qui outre
35:12d'attaquer directement
35:13les étrangers
35:14et de générer
35:15des inégalités,
35:16en plus,
35:17attaque frontalement
35:18notre système constitutionnel.
35:20Elle viole
35:21toutes nos procédures.
35:23Et en plus,
35:24elle ouvre la possibilité
35:25après à l'extrême droite
35:26par des lois organiques
35:27de faire un peu
35:28ce qu'elle veut.
35:29Et ça,
35:29il faut se rendre compte
35:30de la gravité
35:30de ce qui nous attend
35:31parce qu'on ne peut pas
35:32basculer dans une société
35:33où on n'a plus de juges.
35:35On ne peut pas basculer
35:36dans une société
35:36où on n'a plus
35:37un travail collectif
35:38pour faire la loi.
35:39Et c'est là-dessus,
35:40je pense,
35:40qu'il faut vraiment
35:41se rassembler.
35:42En tout cas,
35:42c'est à ça qu'on appelle
35:43au sein de la Ligue
35:44des droits de l'homme.
35:50Merci beaucoup.
35:51Pour Yann Amir Chahi,
35:52toujours pour se questionner
35:54sur la façon de lutter
35:56contre le Rassemblement national,
35:58est-ce qu'avec la digue,
35:59vous avez repéré
36:01ailleurs dans le monde,
36:02là où l'extrême droite
36:03est au pouvoir
36:04ou là où elle s'en approche,
36:06des exemples à suivre
36:07et notamment peut-être
36:10pour lutter
36:10sans une forme de fatalisme
36:13voire même de déprime ?
36:15Alors oui,
36:16il faut bien passer
36:17de la lucidité
36:17à l'optimisme
36:18et de déceler
36:19dans les interstices
36:22des mobilisations,
36:23des luttes
36:24et parfois des consternations
36:25quand des victoires
36:26de l'extrême droite
36:27ont eu lieu.
36:27Quels sont les leviers,
36:29les points de force
36:29qui nous permettent
36:31de reprendre la main
36:33sur un récit
36:33mais au-delà du récit,
36:34sur nos vies ?
36:37A vrai dire,
36:37au départ,
36:38lorsqu'on s'est rendu
36:39dans les 8 pays du monde,
36:40du Brésil à la Turquie
36:42en passant par les Etats-Unis,
36:43la Hongrie,
36:43je l'ai dit tout à l'heure,
36:45on s'est rendu compte
36:45en interrogeant
36:46des acteurs
36:47de la société civile,
36:48pas des élus
36:48loin de là uniquement,
36:51que notre camp
36:52n'était pas préparé
36:53ou plus exactement
36:54avait considéré que,
36:56je vous donne un exemple,
36:58bon ben Trump,
36:58il est fou,
36:59donc ça ne marchera pas,
37:00les gens vont voir
37:00qu'il est fou,
37:01il a gagné.
37:02Ou Orban,
37:04il était trop suspect
37:05d'être directement
37:06inféodé à Poutine
37:07pour que dans le trauma
37:08post-soviétique
37:11ce soit suffisant,
37:12il a gagné,
37:13etc.
37:14Et donc,
37:15ça peut vous paraître paradoxal
37:16mais ce qui m'a rendu optimiste
37:18c'est d'abord
37:19le fait que chacun de nous
37:22en France,
37:23quand on s'est rendu là-bas
37:24et chacun de ceux
37:25qui se sont rendus
37:26dans les autres pays
37:27ont voulu apprendre.
37:29Ça peut paraître
37:30une banalité
37:31mais c'est une source
37:33inépuisable
37:34d'engagement,
37:35d'enthousiasme,
37:35de combativité
37:36que de savoir
37:37que dans d'autres pays
37:38il y a eu
37:38des mobilisations concrètes.
37:40Et ça commence
37:41dans la société.
37:41Vous avez vu
37:42comment à Minneapolis
37:43quand ICE
37:43s'est mis à tirer
37:44sur les gens
37:45tout le monde
37:46était pris au dépourvu
37:47il n'y avait que
37:47des déclarations
37:48de principes politiques
37:49bien sûr
37:50il fallait les tenir
37:50de quelques responsables politiques
37:51mais il y avait des gens
37:52surtout, vous vous rappelez
37:53ils se déguisaient
37:53en Pokémon
37:54ils empêchaient
37:57les policiers
37:58de venir
37:58ils protégeaient
37:59leurs voisins
38:00il y a des actes
38:00de solidarité
38:02concrètes
38:02et puis
38:03on a voulu aussi
38:05très concrètement
38:06mettre en réseau
38:08tous ces acteurs
38:09qu'on a rencontrés
38:09c'est pas fini
38:10bientôt le Chili
38:11l'Argentine
38:11et donc
38:11je vous lance un appel
38:13enfin je vous lance
38:14une annonce
38:15c'est que le 1er
38:16et 2 décembre prochains
38:17au théâtre de la Concorde
38:18l'ADIG va lancer
38:19son premier réseau
38:20international
38:21où on va poser
38:23cet embryon
38:24de solidarité internationale
38:25car vous comprenez bien
38:26vous l'avez vu
38:26lors de l'investiture
38:27de Donald Trump
38:28la puissance inouï
38:29qui l'entourait
38:30puissance financière
38:32puissance technologique
38:33des chefs d'état
38:34qui sont
38:35comme lui
38:35des nationalistes
38:37qui sont dans
38:37l'accaparement
38:38et parfois
38:39jusqu'au crime de guerre
38:40les plus atroce
38:41on l'a vu d'ailleurs
38:43en Ukraine
38:43ou en Palestine
38:45et donc
38:46ça c'est un premier acte concret
38:48je le pose
38:49comme un acte positif
38:50et optimiste
38:51c'est à dire que
38:52être lucide
38:54non pas
38:55comme des lapins
38:55pris dans un phare
38:56sur le danger
38:57qui nous arrive
38:57mais être lucide
38:58sur les tâches
38:58qui sont les nôtres
38:59est un élément
39:00d'optimisme
39:01auquel je nous invite
39:02deuxième élément concret
39:04je lance un appel
39:06je l'ai dit tout à l'heure
39:06à ce que
39:08pour ceux qui ont lu
39:09Marc Bloch
39:09et l'étrange défaite
39:11qu'on pourrait aussi
39:13paraphraser
39:14par la trahison des clercs
39:16à laquelle on peut assister
39:17c'est à dire
39:17des gens qui sont
39:18en situation
39:21de décision
39:22politique
39:23économique
39:23administrative
39:24institutionnelle
39:25ne laissent pas
39:27passer
39:27ces mois-là
39:28sans rien dire
39:30les gens ne sont pas
39:31simplement confrontés
39:31à un choix électoral
39:32il est crucial
39:33il est important
39:34mais il va falloir
39:35que
39:35et je lance un appel
39:37à celles et ceux
39:38qui sont aujourd'hui
39:39dans des conseils
39:39d'administration
39:40d'hôpitaux
39:41de musées
39:41de collectivités locales
39:43et de bien d'autres
39:44structures
39:45mutualistes
39:46les sociétés
39:47de rédaction
39:47qu'il y ait
39:48bien avant
39:49l'élection présidentielle
39:50une prise de conscience
39:51et un appel
39:52et un signal
39:54donné
39:54que nous serons là
39:55et que nous ne laisserons
39:56pas faire
39:57et puisqu'on parlait
39:57de l'état de droit
39:58je voudrais quand même
39:59dire une chose
40:00l'état de droit
40:01c'est pas simplement
40:03un certain nombre
40:04de règles
40:05où
40:06comme l'a dit Sophie
40:09qui évidemment
40:09avec des droits
40:10de l'homme
40:10l'expliquera mieux
40:11que quiconque
40:11le seul respect
40:12de la loi
40:14ce qui se joue
40:15après l'élection présidentielle
40:17si la catastrophe
40:18arrivait
40:19c'est
40:20de ne pas être pris
40:22à notre propre
40:23rhétorique
40:23qui consiste à dire
40:24il n'y a rien
40:24au dessus du suffrage
40:25universel
40:27si nous disons
40:27il n'y a rien
40:28au dessus du suffrage
40:28universel
40:29c'est terminé
40:30le peuple
40:30aurait donc eu raison
40:32je ne sais pas
40:33si ce serait
40:35un accident ou pas
40:35mais nous avons
40:36un argument
40:38qui peut aider
40:39celles et ceux
40:40dont j'ai parlé
40:41dans les collectivités
40:42les hôpitaux
40:42les musées
40:43etc
40:43les sociétés
40:45de journalistes
40:46c'est qu'il y a autre chose
40:46au dessus de l'état
40:48du suffrage
40:49universel
40:49c'est la déclaration
40:51de 1789
40:51c'est le bloc
40:52de constitutionnalité
40:53c'est l'état de droit
40:54c'est les libertés
40:55individuelles
40:56ce sont les droits
40:58fondamentaux
40:59et ça il faudrait
41:00être en capacité
41:00de le dire
41:02bien en amont
41:03et je vois déjà
41:04c'est mon quatrième appel
41:06que des organisations
41:08de la société civile
41:09organisée
41:09ont pris
41:10le parti
41:11de rejoindre
41:12ce carrefour
41:13d'énergie
41:13disponible
41:14qu'est la digue
41:14pour préparer
41:15la suite
41:16ça
41:17ça me donne
41:18confiance
41:18ça me donne
41:19de l'énergie
41:19et c'est pas un hasard
41:20si à la fête de l'humanité
41:21là j'y suis
41:22je peux le dire
41:22Fabien Guay
41:23dès le départ
41:24a dit c'est intéressant
41:25il faut accompagner
41:26cette dynamique
41:27et était tout de suite
41:28des nôtres
41:29et enfin
41:30il y a bien
41:31des campagnes
41:32à mener
41:32dans l'opinion
41:33pas simplement
41:34ici ou en région parisienne
41:35il y a
41:37d'ores et déjà
41:38des campagnes
41:38je ne vous les annonce
41:39pas toutes
41:39allez sur le site
41:40de la digue.org
41:41vous verrez
41:41qui vont commencer
41:42à se lancer
41:43dans les territoires ruraux
41:45où justement
41:45les gens
41:47donc on a dit
41:47qu'ils n'étaient pas fâchés
41:48mais fâchaux
41:49ne peuvent pas être livrés
41:51juste à l'emprise
41:52du rassemblement national
41:53où il y a des réseaux
41:53de solidarité actifs
41:54qui existent
41:55et où on veut pouvoir
41:56commencer à nous organiser
41:57non pas nous
41:58depuis Paris
41:58mais nous
41:59c'est à dire
41:59en accompagnement
42:00des forces disponibles
42:01qui sont déjà là
42:02et Sophie en est un exemple
42:04vivant
42:06voilà sur la digue
42:07et mon appel ardent
42:08bien sûr
42:08à consacrer
42:09toutes nos énergies
42:10à formuler
42:11un projet positif
42:12lors de l'élection
42:13présidentielle
42:14mais aussi
42:15à être engagés
42:16ensemble
42:17et mobilisés
42:18parce que
42:18c'est rarement arrivé
42:20que nous ayons eu
42:21à préparer
42:22avant une catastrophe
42:24la catastrophe
42:24vous l'avez d'ailleurs vu
42:26au moment du réchauffement
42:27planétaire
42:28au moment de la canicule
42:29liée au réchauffement
42:30planétaire
42:34qui pouvait prédire
42:37ne nous mettons pas
42:38dans la même situation
42:39l'appel à l'hallucidité
42:40c'est un appel au combat
42:42positif
42:43optimiste
42:43j'y ajoute
42:44malgré la gravité
42:45de mon propos
42:46et les sourcils français
42:47de la joie
42:49le fait que le syndicat
42:50des musiques actuelles
42:51ou le syndicat
42:51se soit engagé
42:52c'est aussi parce qu'il y a
42:54derrière
42:54des scènes
42:56derrière des salles
42:57de théâtre
42:57derrière des salles
42:58de spectacle
42:58ou ici à la fête
43:00de l'humanité
43:00par exemple
43:01de la joie
43:02communicative
43:03de la fédération
43:04d'énergie
43:04de l'envie
43:05de faire mieux
43:06plus
43:06pour le bonheur
43:07de toutes et tous
43:08et puisque là
43:08je change de casquette
43:09comme Elsa
43:10je suis un député
43:11issu du nouveau
43:12front populaire
43:13qui a
43:14comme d'autres
43:14sont moi à dire
43:15chacun a aujourd'hui
43:17déposé
43:17sa candidature
43:19ou fait offre
43:20d'une candidature
43:21très bien
43:22elles sont légitimes
43:23et on souhaite
43:25qu'elles convergent
43:26mais
43:27quelles que soient
43:28les distinctions
43:30qui peuvent
43:30être faites
43:31si vous voulez
43:32si nous voulons
43:33que le projet
43:33positif
43:34dont nous parlons
43:34depuis tout à l'heure
43:36qui ne se
43:37renferme pas
43:38sur les questions
43:38identitaires
43:40cet agenda
43:40positif
43:41alors il faut
43:42que nous disions
43:43tous ensemble
43:43à l'opinion publique
43:44aux françaises
43:45et aux français
43:46qui sont concernés
43:46par le vote
43:47et qui commencent
43:47à s'y intéresser
43:48nous force
43:49de la gauche
43:50progressiste
43:51adossés
43:52à un mouvement
43:53social
43:53qui n'a pas
43:54renoncé
43:54allons gouverner
43:55ensemble
43:56nous vous en
43:57faisons la promesse
43:57si nous tenons
43:58cette ligne là
43:59alors nous avons
44:00effectivement
44:00la chance
44:01de répondre
44:02aux deux défis
44:03une victoire
44:04politique
44:04et aussi
44:05une défaite
44:06durable
44:07contre l'extrême droite
44:09car
44:09si la France
44:10est regardée
44:11de près
44:11à cause
44:12de ce qu'est
44:12la France
44:13et des pouvoirs
44:13exorbitants
44:14donnés au président
44:14de la république
44:15elle l'est aussi
44:16parce qu'elle peut
44:16être demain
44:17le point de départ
44:18du reflux mondial
44:19de l'extrême droite
44:20et à ça aussi
44:21je vous appelle
44:22c'est un rendez-vous
44:23que nous toutes et tous
44:24pouvons honorer
44:25ça non plus
44:26c'est pas perdu
44:30Merci
44:33Il nous reste
44:34quelques minutes
44:35François-Xavier Demour
44:37de parler
44:38d'un peu
44:38de repère historique
44:40quand on pense
44:41à l'extrême droite
44:42l'extrême droite
44:42nous évoque
44:43le fascisme
44:44le nazisme
44:45mais ça ne paraît
44:46pas forcément
44:47crédible
44:47ou en tout cas
44:48pas efficace
44:49de dire aujourd'hui
44:50le RN
44:51c'est des nazis
44:52donc est-ce que
44:53c'est contre-productif
44:55de faire un parallèle
44:56entre la montée
44:57de l'extrême droite
44:58aujourd'hui
44:58et ce qu'il a pu
44:59se passer
45:00dans les années 30
45:01C'est une question
45:02qui n'est pas facile
45:03en réalité
45:04parce que d'abord
45:05on cherche toujours
45:06une concordance
45:06des temps
45:07et c'est normal
45:07on a besoin
45:08d'apprendre de l'histoire
45:09et de regarder
45:10en fait
45:10quelles leçons
45:11on peut tirer
45:11de l'histoire
45:12la vraie difficulté
45:14c'est que parfois
45:15on peut plaquer
45:17des grilles
45:17de lecture
45:18qui ne correspondent pas
45:20nécessairement
45:20à ce qu'on fait
45:21aujourd'hui
45:22il y a deux choses
45:23dans votre question
45:24qui me semblent importantes
45:25il y a la question
45:25c'est est-ce que c'est légitime
45:27et la deuxième question
45:28qui est est-ce que c'est efficace
45:30je vais essayer
45:30de répondre d'abord
45:31à la deuxième
45:32c'est-à-dire que
45:33ça a été efficace
45:34pendant longtemps
45:35ça a été efficace
45:36pendant longtemps
45:37parce que nous avions
45:38des générations
45:39qui avaient connu
45:40la guerre
45:41ou qui au sortir
45:42de la guerre
45:42avaient connu
45:43des gens
45:44qui avaient connu
45:44la guerre
45:45et c'était un argument
45:46qui portait
45:47et qui servait
45:48de limite
45:49notamment dans
45:49des familles conservatrices
45:51où on ne votait pas
45:52pour l'extrême droite
45:52même si parfois
45:53on avait une vision
45:55du monde
45:55ou des valeurs
45:56qui pouvaient être
45:57relativement proches
45:59de celles
45:59de l'extrême droite
46:00mais il y avait
46:00quand même un truc
46:01il y avait une frontière
46:03et il y avait une limite
46:04aujourd'hui
46:05ça a été testé
46:06il y a deux
46:07trois ans
46:07en Angleterre
46:08il y a un test
46:10de narratif
46:11comme on dit
46:12qui a été fait
46:12en Angleterre
46:13qui a essayé
46:14de regarder
46:15si cet argument
46:16là fonctionnait encore
46:17et en fait
46:18on voyait
46:19que d'une part
46:20ça ne fonctionnait
46:21plus du tout
46:22chez les moins de 30 ans
46:22c'est à dire
46:23que ça n'avait pas
46:23du tout
46:24d'efficacité
46:25en particulier
46:25et que les gens
46:27considéraient
46:27qu'en fait
46:28on cherchait
46:29à éviter le débat
46:29ou on cherchait
46:30à éviter
46:30à creuser
46:31les sujets
46:31et les problèmes
46:32et donc
46:33ça a des limites
46:34en termes d'efficacité
46:35mais
46:37je voudrais quand même
46:37terminer sur une chose
46:38qui me semble importante
46:39puisque vous avez évoqué
46:40et le nazisme
46:41et le fascisme
46:42Johan Chapouto
46:42parle très bien
46:43de la montée du nazisme
46:44il montre bien aussi
46:45dans ses travaux
46:47à quel point
46:48en fait
46:50il y a des mécanismes
46:51qu'on peut retrouver
46:51et il faut être lucide
46:53et très lucide
46:54sur des mécanismes
46:55qui peuvent se mettre en place
46:56et notamment le fait
46:57qu'il y a un moment
46:57ou un autre
46:58où il y a des élites
46:59qui ont servi
46:59de courroie de transmission
47:01à la montée de l'extrême droite
47:02et de les sas de légitimation
47:05à l'extrême droite
47:05et qui ont contribué
47:06à leur donner le pouvoir
47:07mais je voudrais aussi
47:08qu'on regarde l'Italie
47:09et qu'on n'oublie pas
47:10l'Italie fasciste
47:12pour deux raisons
47:13la première
47:14c'est la question
47:16de la violence
47:16alors la violence
47:17était évidemment présente
47:18dans le nazisme
47:18et elle était même
47:19très présente
47:20mais elle était aussi
47:21très présente en Italie
47:22et elle a été
47:23très utilisée
47:24par le fascisme
47:26comme un outil
47:27justement
47:27de lutte contre la gauche
47:29et de prise du pouvoir
47:29et de contrôle
47:30et d'affirmation
47:31de son autorité
47:33la deuxième
47:34c'est qu'il y a eu
47:35une division de la gauche
47:37en Italie
47:38dans les années 1920
47:40qui ont été absolument
47:42terribles
47:42et qui ont poussé
47:43une partie des démocrates
47:45des progressistes
47:46à se mettre
47:47sur leur aventin
47:48d'une certaine manière
47:49à refuser
47:50à un moment ou à un autre
47:51parce qu'ils étaient
47:52trop divisés
47:52de redescendre dans l'arène
47:54et d'être lucides
47:55par rapport au combat
47:55qu'il fallait mener
47:56et il y a une troisième chose
47:57il y a une figure
47:58à laquelle je veux rendre hommage
48:00ce soir
48:00qui est une figure
48:01qui le soir
48:03qui est un soir
48:04de 1924
48:05au moment des élections
48:07des grandes élections
48:08qui consacrent
48:09l'arrivée du fascisme
48:10au pouvoir
48:10dans une alliance
48:11avec la droite
48:12il y a un homme
48:14qui s'est levé
48:15qui pendant deux heures
48:16à la tribune
48:18a demandé
48:19l'annulation
48:20des élections
48:21en décrivant
48:22étape par étape
48:23l'effet de violence
48:24la façon
48:25dont les fascistes
48:27ont essayé
48:28d'empêcher
48:28le scrutin
48:29de se tenir
48:30de façon démocratique
48:31la façon
48:31dont ils ont fait peur
48:33aux gens
48:33pour les empêcher
48:34de voter
48:34cet homme là
48:35c'était
48:35Giacomo Matteotti
48:37et il est mort
48:38assassiné
48:39quelques jours après
48:40parce qu'il avait
48:41rappelé
48:42ce qu'était
48:42la réalité
48:43du pouvoir
48:44quand l'exerçait
48:45l'extrême droite
48:46de la violence
48:47et de l'autorité
48:49de l'autoritarisme
48:51pardon
48:51c'est à dire
48:52réellement
48:53la confusion
48:54des pouvoirs
48:55dont on parlait
48:55Sophie avant
48:56et je veux rendre
48:57hommage à tous
48:57ceux qui prennent
48:58le temps
48:58de documenter
49:00comme l'a fait
49:00Matteotti
49:01à ce moment là
49:01de documenter
49:02tous les faits
49:03toutes les violations
49:04d'état de droit
49:05toutes les violations
49:06qui sont faites
49:07par l'extrême droite
49:08tous les faits de violence
49:09qui sont faits
49:09par l'extrême droite
49:10les journalistes
49:11évidemment
49:12les avocats
49:13les militants
49:14parce que c'est aussi
49:15comme ça
49:15qu'on les combat
49:16parce que c'est le seul moment
49:18pourquoi est-ce que
49:18Matteotti a été assassiné
49:20parce que c'est le seul moment
49:21où le régime italien
49:22le régime fasciste italien
49:24a commencé à vaciller
49:25et il a vraiment
49:26vacillé
49:27ce jour là
49:33Merci
49:34Elsa Faucillon
49:35peut-être pour conclure
49:36ce débat
49:37sur l'extrême droite
49:38et le risque
49:40de son arrivée
49:41au pouvoir
49:42quels sont
49:42pour vous
49:43les messages
49:44qui vous semblent
49:44prioritaires
49:45de faire passer
49:47dans les mois
49:48les mois évidemment
49:49décisifs
49:50qui viennent
49:52alors j'en ai un premier
49:53parce que
49:55justement
49:56on discute
49:57beaucoup
49:58de la possible
49:59arrivée
49:59de l'extrême droite
50:01au pouvoir
50:01et
50:02comme je vous l'ai dit
50:04au début
50:04je pense qu'il faut être
50:05effectivement lucide
50:07sur la gravité
50:09que cela
50:09pourrait
50:12constituer
50:12pour les habitants
50:15de ce pays
50:15et pas seulement
50:16d'ailleurs
50:17mais on se rend bien
50:19compte à quel point
50:19aujourd'hui
50:21celles et ceux
50:22qui exercent
50:22le pouvoir
50:23dans notre pays
50:25organisent aussi
50:26la possibilité
50:28que l'extrême droite
50:29arrive au pouvoir
50:30et de ce fait
50:33cèdent du terrain
50:34aux mesures
50:34d'extrême droite
50:35et on l'a vu
50:36là
50:36de manière
50:37très très
50:40très très forte
50:41sur les deux
50:42trois dernières années
50:44et là
50:45il y a
50:46quelques semaines
50:47encore
50:47juste avant
50:48l'été
50:49nous nous sommes
50:49retrouvés
50:50à l'Assemblée nationale
50:52avec la loi
50:53permis de tuer
50:55la loi qui donnerait
50:56la légitime défense
50:57aux policiers
50:58dans le cadre
50:59de tir
50:59il y a eu
51:01une formidable pétition
51:02qui a réuni
51:03énormément de monde
51:04des centaines
51:04de milliers
51:05de personnes
51:06et il y aura
51:07une manifestation
51:08le 20 septembre
51:10partout dans le pays
51:11mais pour Paris
51:12à République
51:13à 14h
51:15et évidemment
51:16face à la bascule
51:19que pourrait
51:19organiser
51:21ce texte
51:22je vous appelle
51:23toutes et tous
51:24à être extrêmement
51:25nombreux
51:26à mobiliser
51:27autour de vous
51:28parce que évidemment
51:29les grands progrès sociaux
51:30on les gagne
51:31en étant
51:31dans la rue
51:32mobilisés
51:33rassemblés
51:34mais pour s'opposer
51:35aux grandes régressions
51:37comme pourrait être
51:38ce texte
51:38il faut également
51:39être extrêmement
51:40mobilisés
51:41donc faisons en sorte
51:43avant même
51:44d'avoir à se prononcer
51:46au moment de l'élection
51:47présidentielle
51:47de montrer à quel point
51:49dans ce pays
51:50il y a un refus
51:51de l'arbitraire
51:52il y a un refus
51:52de la violence
51:53il y a un refus
51:54du suprémacisme
51:55parce que oui
51:56s'ils n'ont pas tous
51:57des casquettes nazies
51:58en arrivant à l'Assemblée
51:59nationale
52:00leur projet
52:01c'est bien un projet
52:01d'arbitraire
52:02un projet suprémaciste
52:03un projet de violence
52:05et ils le démontrent
52:06chaque jour
52:07et évidemment
52:08malgré
52:09leurs attermoiements
52:11sur les plateaux
52:11de télévision
52:12l'audio
52:14enregistré
52:14dans la voiture
52:15de police
52:16et évidemment
52:17à l'image
52:17du monde
52:19et du projet
52:19de société
52:20qu'ils veulent
52:20organiser
52:21et puis
52:22le dernier message
52:24c'est tout simplement
52:24de dire
52:25peut-être comme ça
52:27oui on peut gagner
52:28oui on va gagner
52:30mais ne faisons pas
52:31comme si
52:31la possibilité
52:33que l'extrême droite
52:34gagne
52:34soit derrière nous
52:35c'est par la lucidité
52:36qu'on l'emportera
52:37et cette lucidité
52:39elle doit nous conduire
52:40à rassembler
52:41rassembler
52:41rassembler
52:42c'est comme ça
52:43qu'on y arrivera
52:44évidemment sur un programme
52:45de rupture
52:46ça c'est évident
52:47on ne laisse pas
52:48le programme derrière
52:49on ne laisse pas le projet
52:50mais faisons en sorte
52:51de rassembler toujours plus
52:53parce que c'est comme ça
52:54qu'on y arrivera
52:56merci beaucoup
52:59merci à tous les quatre
53:00et merci à vous
53:01d'avoir suivi ce débat
53:03pendant trois jours
53:04à la fête de l'humanité
53:05et bien sûr
53:05on va lutter
53:06contre l'extrême droite
53:07et réfléchir
53:08à la meilleure manière
53:09de lutter
53:10et comme on l'a dit
53:11dans la joie
53:13et dans le plaisir
53:13merci à tous
53:14et bonne fête
53:14merci à tous
53:16merci à tous
53:23merci à tous
53:26C'est parti !