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  • il y a 10 heures
À l’issue de réquisitions particulièrement longues et détaillées, les avocats généraux ont établi l’existence d’un « système de détournement de fonds publics » organisé à partir de 2011 par la triple candidate à la présidentielle. Si la justice confirme l'inéligibilité de Marine Le Pen, Jordan Bardella et une partie de la "droite" pourraient voir ça d'un bon œil. Décryptage avec le streamer RiboDansLaSauce et le journaliste Anthony Cortes.

0:00 Introduction
0:14 Rappel des réquisitions
5:01 Le Pen pourra-t-elle se présenter en 2027 ?
9:50 Vers l'union des droites et de l'extrême droite ?
16:01 Le racisme structure-t-il le vote RN ?
20:25 Quid de la campagne présidentielle (et de Bardella) ?
30:02 La stratégie de défense du RN
35:57 Le Pen, Sarko et la justice politique
37:07 L'espoir du "barrage républicain"

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Transcription
00:00Donc le procès de Marine Le Pen en appel a repris, du coup c'est ce qu'on disait juste
00:03avant,
00:04enfin pas repris, a commencé en vérité il y a quelques semaines, ça fait 2-3 semaines du coup que
00:08le procès avait repris.
00:09Et donc hier on a eu les réquisitions du parquet à l'encontre de Marine Le Pen pendant son procès
00:13en appel.
00:13Alors petit rappel justement, qu'est-ce que c'est qu'un procès en appel ?
00:16Donc de base quand on a un procès, on a un procès en première instance, on dit généralement avec une
00:19condamnation.
00:20Et si on estime que la condamnation est malhonnête, ne nous convient pas, on peut faire appel.
00:25Du coup il y a un deuxième tribunal qui va se pencher sur l'affaire pour tenter de rejuger et
00:31voir s'il y a un jugement différent à la fin.
00:32Donc du coup sur le procès de Marine Le Pen, le jugement n'a pas vraiment été différent.
00:36La réquisition du parquet, c'est-à-dire que ça n'a pas été encore jugé, mais ce que le
00:39parquet demande comme peine de Marine Le Pen en cas de condamnation,
00:42c'est quasiment au final la même réquisition que le procès en première instance.
00:46Donc ça confirme a priori tout ce qui s'est passé jusque-là.
00:48– Oui, c'est à peu près équivalent et ça n'amène pas plus de chances à Marine Le Pen
00:54de pouvoir se présenter à l'élection présidentielle.
00:56C'est vrai que le chemin pour elle, pour la présidentielle, est quand même très très mince.
01:01Les possibilités, alors c'est qu'il faudrait qu'elle ait moins de deux ans d'inligibilité, si j'ai
01:08bien compris,
01:08parce que grâce à l'exécution provisoire qu'elle avait tant contestée, prononcée par les juges rouges,
01:14évidemment ces juges militants horribles qui voulaient sa tête, finalement pourraient la sauver dans ce cas-là.
01:20Mais ça ne prend pas vraiment ce chemin-là pour Marine Le Pen, il va falloir quand même un miracle.
01:27Et puis en plus, alors évidemment elle a la possibilité de se pouvoir en cassation dans tous les cas,
01:31mais elle a dit, c'était ce matin je crois ou hier soir, qu'elle n'attendrait pas la cassation.
01:39Donc elle prendrait une décision à partir de la décision en appel qui devrait être rendue d'ici à l
01:44'été,
01:44donc en juin, début juillet, voilà.
01:48Donc voilà, on devrait en savoir beaucoup plus très rapidement sur la stratégie du RN,
01:53sur qui le RN va placer en tête de gondole, donc on imagine bien Jordan Bardella.
01:59A priori ça part là-dessus.
02:00Voilà, a priori ça part là-dessus.
02:02Mais c'est intéressant de voir, même si les réquisitions ne diffèrent pas tant que ça,
02:07il y a quand même eu un changement de ton du parquet, enfin un changement de ton au nom,
02:11mais il n'y avait pas un désir de répondre directement aux attaques du RN et aux accusations,
02:17voilà, un juge rouge, etc.
02:19Mais il y a quand même eu une fermeté, une fermeté très clairement affichée,
02:23et une critique de la stratégie de délégitimation mise en place par le RN
02:28contre les institutions, contre la justice en particulier,
02:31mais aussi contre les institutions en général.
02:34Et en face, on a eu une Marine Le Pen beaucoup plus molle.
02:38C'est vrai que, je crois qu'on en avait parlé dans certains streams,
02:41de sa stratégie de critique de la justice,
02:47il y avait une stratégie un petit peu trumpienne,
02:49et finalement elle s'est un petit peu calmée,
02:50elle a pris un peu plus la roue d'un François Bayrou,
02:53notamment pendant le procès des assistants parlementaires du Modem,
02:56en disant que si on l'a fait, ce n'était pas volontaire.
02:59Donc il y avait une volonté de mettre un peu d'eau d'un 120,
03:03presque faute à avouer à moitié pardonné,
03:04mais non, le parquet s'est montré tout de même assez ferme.
03:07Ça ne marche pas trop comme ça la justice.
03:09Faute à avouer à moitié pardonné,
03:10faute à avouer à moitié condamné surtout, j'ai envie de dire.
03:13Donc oui, effectivement, sa stratégie jusque-là,
03:15c'était de dire non, je suis innocente,
03:16clamer son innocence jusqu'au bout,
03:18mais là, si elle commence à changer son fils d'épaule,
03:20il y a une raison assez simple, c'est qu'à priori,
03:22elle ne va pas être innocente.
03:22Elle le sait très bien, donc autant préparer la suite dès maintenant,
03:25en tentant effectivement d'amadouer les juges en arrêtant sa stratégie
03:28de nier en bloc et d'accuser justement une instrumentalisation de la justice,
03:32et plutôt de dire, oui, je n'avais pas fait exprès,
03:34ce qui est un petit peu ridicule.
03:35Et les juges ont dit, bon, très bien,
03:36mais vu là tout ce que vous avez fait déjà depuis le début,
03:40accuser la justice d'être aux ordres,
03:43fragiliser un contre-pouvoir,
03:45aller à l'encontre de nos grands principes républicains,
03:47ça passe assez mal.
03:48Et donc du coup, on arrive à une réquisition du parquet
03:50qui est quasiment la même qu'en première instance,
03:52on va dire que ça a été confirmé à quelques petits détails près.
03:54Donc ce que je te propose,
03:55c'est de rentrer un petit peu dans ces petits détails
03:56pour essayer de bien vous expliquer,
03:57parce que c'est un truc un petit peu technique,
03:59donc moi je ne suis pas un spécialiste du droit,
04:01mais j'ai quand même un peu travaillé le sujet en amont.
04:03Donc voilà, je voyais dans le chat,
04:04il y avait quelqu'un qui demandait,
04:07est-ce que c'est suspensif,
04:08la cassation est-elle suspensive ?
04:09Et donc justement, on y reviendra après,
04:11mais c'est pour répondre à ce genre de petites questions
04:12qu'on va essayer de rentrer un peu dans les détails.
04:14Donc du coup, procès en appel du RN,
04:15donc on va regarder l'humanité,
04:17soyez un peu corporate,
04:185 ans d'inégibilité requis en appel contre Marine Le Pen
04:20sans exécution provisoire.
04:22Donc on a 5 ans d'inégibilité
04:23et 4 ans d'emprisonnement,
04:25dont 3 avec sursis,
04:25et la possibilité d'aménager la partie ferme
04:27sur bracelet électronique,
04:28ainsi que 100 000 euros d'amende.
04:30Donc c'est quasiment la même condamnation en fait.
04:32Les 4 ans d'emprisonnement,
04:33dont 3 avec sursis et bracelet électronique
04:35pour l'année ferme,
04:36c'était la même chose en première instance.
04:38Et la peine d'inégibilité de 5 ans,
04:40c'est la même chose.
04:40Un détail près, c'est que du coup,
04:41là, il n'y a pas l'exécution provisoire.
04:44Donc l'exécution provisoire
04:45sur la condamnation en première instance,
04:47c'est-à-dire,
04:47même si vous faites appel,
04:49dans tous les cas,
04:50cette inégibilité prend acte dès maintenant.
04:54C'est-à-dire que l'appel ne suspend pas l'inégibilité,
04:56vous restez inéligible
04:57en attendant de prouver éventuellement
04:59que vous êtes innocent.
05:01Donc là, est-ce que ça change vraiment quelque chose,
05:02le fait que l'exécution ne soit pas provisoire
05:04sur cette fois-là,
05:05ou ça ne change rien ?
05:06Non, parce qu'en fait,
05:07Marine Le Pen peut se...
05:08Enfin, Marine Le Pen,
05:09et pas seulement,
05:09tous les mises en cause
05:10peuvent se pourvoir en cassation,
05:12mais normalement,
05:14on connaîtra la conclusion,
05:15disons, de cette affaire
05:16en janvier, février,
05:17donc,
05:18enfin,
05:182027,
05:19donc,
05:19juste avant la présidentielle,
05:21ce qui fait que,
05:22en fait,
05:23dans tous les cas,
05:24il y aura une conclusion,
05:25il y aura un jugement définitif
05:27qui sera rendu
05:28avant qu'elle puisse se présenter.
05:30Donc,
05:30dans tous les cas,
05:32exécution provisoire ou pas,
05:33ça ne change pas grand-chose,
05:34et quelque part,
05:34ce n'est pas un sujet.
05:35Le sujet,
05:36c'est plutôt la durée
05:37de l'inégibilité.
05:39Ça,
05:39on verra bien
05:39ce qu'il lancera,
05:41mais l'exécution provisoire,
05:43voilà,
05:43c'était un sujet
05:44en première instance,
05:45ça ne l'est plus vraiment.
05:47Ça ne l'est plus justement,
05:48parce que,
05:48si je ne dis pas de bêtises,
05:49le pourvoi en cassation
05:50est non suspensif,
05:51pour le coup.
05:52C'est-à-dire que,
05:52quand on se pourvoit en cassation,
05:53on va vers un troisième tribunal,
05:54donc d'abord un tribunal
05:55en première instance,
05:56ensuite,
05:57on peut faire appel.
05:57Si on est condamné en appel
05:58et qu'on fait appel
05:59à une cour de cassation,
06:00ça ne suspend pas le jugement
06:01qu'on a eu en appel,
06:03et la cour de cassation
06:04va aller vérifier
06:05que le jugement
06:06n'a pas eu de vise de procédure
06:07ou ce genre de choses.
06:08Donc,
06:08ça veut dire que,
06:08exécution provisoire ou pas,
06:09dans tous les cas,
06:11elle sera inéligible,
06:11car ça ne sera pas suspendu
06:13par le pourvoi en cassation.
06:15C'est ça.
06:15C'est un petit peu technique,
06:17mais voilà.
06:17Donc,
06:17c'était pour répondre à la question,
06:18effectivement,
06:18non,
06:19ce n'est pas suspensif.
06:19Donc,
06:20le seul,
06:22en gros,
06:22il y a deux possibilités
06:23pour qu'elle soit éligible en 2027,
06:24si je ne dis pas de bêtises.
06:26Première possibilité,
06:26c'est qu'à l'issue du jugement,
06:28du jugement,
06:29un appel actuel,
06:31au lieu de prendre
06:31cinq ans d'inéligibilité,
06:32elle prenne,
06:33je ne sais pas,
06:33par exemple,
06:33qu'un an d'inéligibilité,
06:35moins de deux ans d'inéligibilité.
06:36Si c'est le cas,
06:37du coup,
06:37vu que ça s'applique
06:37à partir de la date
06:38de sa première condamnation,
06:40ça veut dire qu'elle sera
06:40à nouveau inéligible,
06:41pile,
06:42pile,
06:43pour pouvoir se présenter.
06:45Mais bon,
06:46du coup,
06:46il y a quand même peu de chance,
06:47puisque,
06:47en première instance,
06:48cinq ans d'inéligibilité
06:49avaient été requises,
06:51et effectivement,
06:52c'est ce qu'elle avait pris.
06:52Et là,
06:53à nouveau,
07:02il y a une autre possibilité
07:06pour qu'elle puisse se présenter
07:06avec la Cour de cassation,
07:07mais ça,
07:07je n'ai pas bien compris,
07:08tu en parlais juste avant,
07:09si tu peux tenter de l'expliquer.
07:10C'est un peu compliqué.
07:12Oui,
07:12c'est un peu compliqué.
07:13On va rendre les détailles
07:14un peu techniques pour commencer.
07:16Alors là,
07:16j'ai même plus le truc en tête,
07:18tellement c'est complexe,
07:19mais c'est vraiment
07:21un infime trou de souris.
07:23Alors,
07:24je vais plutôt vous renvoyer
07:24vers les papiers de Florent Ledue,
07:25parce que moi,
07:26je ne l'ai plus totalement en tête
07:27et je n'arriverai pas totalement
07:28à l'expliquer.
07:30J'ai un peu peur
07:36de dire une bêtise en direct,
07:37donc je préfère
07:38vous renvoyer sur le papier
07:38de Florent Ledue.
07:39Mais il y a
07:41une histoire de jurisprudence.
07:43Allez voir le papier
07:44de Florent Ledue,
07:45le tout dernier,
07:46parce que ça vous expliquera
07:47le truc un petit peu
07:47plus concrètement
07:48et un peu mieux
07:50avec tous les détails,
07:50parce que c'est vraiment
07:51hyper complexe.
07:52Il faut être hyper calé
07:53sur le sujet.
07:55Mais oui,
07:56je voulais rajouter
07:57quelque chose
07:57sur l'exécution provisoire,
07:59sur la première hypothèse.
08:00C'est intéressant
08:01parce qu'elle pourrait
08:02être sauvée
08:03par l'exécution provisoire
08:04qu'elle avait tant
08:06houspillée,
08:07qu'elle avait tant condamnée.
08:08Parce qu'en fait,
08:08vu qu'il y a eu
08:09cette exécution provisoire,
08:10elle a d'une certaine façon
08:12commencé à purger
08:13sa peine d'inigibilité.
08:14Et donc,
08:14en fait,
08:15si l'inigibilité
08:16est de seulement un an,
08:17comme tu le disais,
08:19elle n'aura plus grand-chose
08:20à purger
08:21et donc,
08:21elle pourra...
08:21Ah oui,
08:22parce que la première
08:22exécution était provisoire.
08:24D'accord.
08:24Si ça n'était pas provisoire
08:25la première,
08:26avec cette fameuse
08:26loi Sapin 2
08:27qui rend l'inigibilité
08:29directe,
08:29même en cas d'appel,
08:32ça veut dire
08:32qu'en fait,
08:33sa peine aurait commencé
08:35au moment du rendu
08:36du jugement
08:36en appel.
08:37Donc là,
08:38au début de l'été.
08:38C'est ça.
08:39Ok, d'accord.
08:39En deux ans,
08:40ça aurait été trop long
08:40pour pouvoir se présenter.
08:41C'est ça.
08:41Ok, d'accord.
08:42Ah ouais,
08:42c'est vraiment technique.
08:43Ok, d'accord.
08:45Bon, tout ça,
08:46si vous n'avez un peu
08:46rien compris
08:46à ce qu'on vient de raconter.
08:48Voilà,
08:48il y a ceux qui s'intéressent
08:49dans les détails
08:49à tout ça,
08:50très bien.
08:50J'espère qu'on vous a
08:51un peu éclairé.
08:52Si vous n'avez pas
08:52tout à fait compris
08:53ce qu'on vient de dire,
08:54ce qu'on vient d'expliquer,
08:55une chose est sûre,
08:56c'est qu'elle a quand même
08:56très peu de chances
08:57d'être éligible en 2027.
08:58A priori,
08:59il faudrait qu'au moment
09:01du jugement,
09:03l'inigibilité
09:03qui a été requise
09:04de cinq ans
09:05par le parquet
09:06soit de moins de deux ans
09:07et si c'est le cas,
09:08elle pourra se présenter
09:08en 2027.
09:09Mais bon,
09:09a priori,
09:11ça semble très très mal barré
09:13pour elle.
09:14En sachant que,
09:15alors il y a ces réquisitions-là,
09:16mais le tribunal
09:17peut aller au-delà
09:18comme peut l'atténuer.
09:19Donc en fait,
09:20ces réquisitions,
09:21c'est juste un indicateur
09:22de base,
09:23mais le rendu définitif
09:26peut être beaucoup plus sévère
09:28que ces réquisitions-là.
09:29Donc voilà,
09:30on le saura à la fin.
09:31Là, on fait beaucoup
09:32de politique fiction
09:33comme on le fait d'ailleurs,
09:33c'est souvent un stream,
09:35mais on verra ça
09:36à la fin juin.
09:37Là, en fin juin,
09:37évidemment,
09:38on sera fixé
09:40et Marine Le Pen,
09:41vu qu'elle,
09:42parce qu'on parlait
09:42du pouvoir en cassation,
09:43mais c'est presque pas un sujet
09:44parce que Marine Le Pen a dit
09:45qu'elle n'attendrait pas
09:46ce pouvoir en cassation.
09:47Donc fin juin,
09:47début juillet,
09:48on saura ce que fait le RN
09:50pour 2027
09:50et peut-être que
09:51Jean-Denis Bardella
09:52sera intronisé
09:54et ce qui changera
09:55énormément de choses
09:55pour l'extrême droite française.
09:57Parce que c'est vrai
09:58que ce n'est pas la même stratégie,
10:00ce n'est pas le même rapport
10:00à la droite non plus.
10:01On parle beaucoup
10:02de l'union de la droite
10:03et de l'extrême droite.
10:04De plus en plus,
10:05il ne se prononce pas
10:08pour une union
10:08avec LR et compagnie,
10:09mais dans les thèmes
10:10qu'il avance,
10:11il avance exactement
10:12les mêmes thèmes,
10:12il a exactement
10:13la même posture
10:13et les mêmes éléments
10:14de communication
10:14que ces fameux
10:15unionistes de droite
10:16à la Zemmour,
10:17à la Ciotti
10:18et autres.
10:20Et puis,
10:20on peut se demander
10:21si Jordan Bardella
10:22n'est pas déjà
10:22en train de préparer
10:23cette stratégie-là,
10:24cette union des droites
10:25et de l'extrême droite
10:26parce que la semaine dernière,
10:28Marion Maréchal,
10:28donc Marion Maréchal Le Pen,
10:31sortait son bouquin,
10:33elle faisait une soirée,
10:34je ne sais plus
10:34dans quel hôtel de luxe
10:35pour fêter la sortie
10:36de son livre
10:37et qui est venu s'afficher
10:38avec elle ?
10:39Jordan Bardella,
10:40alors qu'on connaissait
10:41une forme de,
10:42peut-être pas d'animosité,
10:44mais en tout cas
10:44de rivalité entre les deux.
10:47Il est venu s'afficher,
10:48ils ont fait une photo,
10:49ils aient tout sourire.
10:50Le JDD a sorti un papier
10:51et publié un reportage
10:52en disant...
10:53Le JDD qui est sur une ligne
10:54Bolloré du nom des droites.
10:56Voilà, exactement.
10:57Exactement.
10:57Donc on peut se demander
10:58si Jordan Bardella
10:59n'est pas déjà en train
11:00de préparer le terrain.
11:01Moi j'ai l'impression, perso.
11:02Oui, mais complètement.
11:04Et surtout qu'en plus,
11:05en face, à droite,
11:06tous les feux sont au vert.
11:08C'est vrai que d'abord,
11:09on a eu Nicolas Sarkozy
11:10qui a dit
11:10« Moi, je ne rejoindrai plus jamais
11:12un franc républicain. »
11:13Bon, pour qu'on lui pose la question
11:15parce que de toute façon,
11:16il est retiré de la vie publique
11:17normalement en dehors des procès.
11:19Mais voilà ce qu'il a dit.
11:20C'est quand même
11:21une voix forte à droite.
11:23Oui, encore.
11:23Et ensuite, Bruno Retailleau,
11:25donc ex-ministre de l'Intérieur,
11:26président de LR,
11:27des Républicains,
11:28qui a dit
11:29« L'Union des droites
11:30doit se faire,
11:30pas par des tambouilles d'appareils,
11:33mais sur le terrain,
11:34très concrètement. »
11:35Et on l'a vu
11:35à la dernière législative partielle
11:37dans le Tarn-et-Garonne
11:37où il y avait un deuxième tour
11:39UDR, donc Ciotis,
11:42allié au RN,
11:43face à une candidate socialiste.
11:45Et Bruno Retailleau
11:46a décidé de soutenir
11:48les alliés du RN
11:49plutôt que de rejoindre
11:51un front républicain
11:52avec les socialistes
11:53parce qu'on imagine bien
11:55qu'ils n'auraient pas
11:56rejoint forcément
11:56les insoumis
11:57dans un second tour.
11:59Mais là, c'était les socialistes.
12:00Sachant qu'ils ont décidé
12:01de ne pas censurer le budget
12:02en même temps,
12:04on peut trouver
12:04certains points communs
12:05dans le rapport
12:06aux institutions,
12:06on va dire,
12:07entre le PS et LR.
12:09Ce côté un peu
12:09de gouvernement.
12:10Ils aiment bien dire
12:10« On a la droite de gouvernement. »
12:11Le PS aime bien se présenter
12:12comme la gauche de gouvernement.
12:13Il y a quand même
12:14deux gouvernements
12:15en commun avec les deux.
12:16Historiquement,
12:16ils sont relativement liés.
12:18Les macronistes ont réussi
12:19à un peu agglomérer
12:19d'ailleurs ces deux socles-là.
12:21Enfin, ces deux socles-là.
12:22Oui, ces deux socles-là.
12:23Donc, logiquement,
12:24on pourrait être en droit
12:25de se dire
12:25« Bon, ben voilà,
12:26le barrage républicain
12:27tient encore au moins
12:27un petit peu
12:28quand ça concerne LR,
12:29le PS et le parti de Le Pen. »
12:31Bon, là,
12:31c'est siotis,
12:32mais ça revient eux-mêmes.
12:32En fait, non.
12:33Mais après, cela dit,
12:33c'est logique
12:34puisque déjà,
12:34quand on regarde LR,
12:35à aucun moment,
12:36ils n'ont appelé
12:36à faire le barrage
12:37anti-RN
12:38au moment des législatives
12:392024.
12:40Et puis, même,
12:41il y a eu tout un truc
12:42où chez LR,
12:43comme chez le Rassemblement
12:44national,
12:45en cas de...
12:47Ils sont prêts
12:47à passer un accord
12:48de gouvernement
12:48entre les deux.
12:49Et là, c'est déjà acté
12:50des deux côtés.
12:50Donc, ils ne veulent pas
12:51faire de campagne ensemble,
12:53partir d'un seul bloc
12:54pour des élections.
12:55Il y a des accords électoraux
12:56à aucun moment.
12:57Vraiment, ça va dans ce sens-là.
12:58Mais sur des accords
12:59de gouvernement,
13:00donc imaginons un scénario
13:01où, en cas de législative,
13:03LR plus le RN
13:04plus les siotistes
13:05feraient une majorité
13:06à eux ensemble.
13:07Ils s'allieront
13:07pour un gouvernement.
13:08Ils l'ont déjà dit,
13:09ils l'ont déjà acté.
13:09Donc, tout ça,
13:10rien d'étonnant.
13:11Et effectivement,
13:12Bardella,
13:12si ça devient le candidat
13:13à la présidentielle
13:14et l'homme fort du RN,
13:15ça l'est déjà un petit peu.
13:16On voit comme une perte
13:17de vitesse de Marine Le Pen
13:18avec toutes ces histoires
13:18de procès,
13:18mine de rien.
13:19Eh bien,
13:20on pourrait s'attendre
13:21à une restructuration,
13:22effectivement,
13:22de la droite
13:22et de l'extrême droite française
13:23à l'approche des présidentielles.
13:24Ça ne serait pas du tout étonnant.
13:26Sachant qu'en plus,
13:27normalement,
13:28l'extrême droite française,
13:28historiquement,
13:29c'est le FN
13:30puis le RN,
13:31c'est la famille Le Pen,
13:32c'est vraiment indissociable
13:33des deux quasiment.
13:34L'extrême droite française
13:35a un rapport quasiment
13:36dynastique à la politique
13:37via la fameuse dynastie Le Pen.
13:39Et si là,
13:39c'est Bardella
13:40qui devient président
13:40à la place d'un ou d'une Le Pen,
13:42c'est une vraie, vraie césure
13:44historique
13:44dans l'extrême droite française.
13:45Et donc, du coup,
13:46vraiment,
13:46on peut assister
13:46à une restructuration
13:48accélérée
13:48dès le début de cet été
13:50et sur la deuxième moitié
13:51de 2026.
13:51Exactement.
13:52Et puis,
13:52sur le sujet
13:53de l'union de la droite
13:53et de l'extrême droite,
13:54c'est encore plus marquant
13:55parce que c'est vrai
13:55que Marine Le Pen,
13:56elle,
13:56elle s'est toujours montrée
13:57opposée à ça,
13:59ou en tout cas,
13:59dans la posture,
14:00parce que tu le disais,
14:01on peut imaginer
14:02les accords de gouvernement.
14:03Déjà,
14:04l'alliance avec les ciotistes,
14:05ça dit aussi quelque chose,
14:06main tendue,
14:08vers la droite.
14:09Il est président de LR
14:10au moment où il a décidé
14:11de trahir son parti
14:13pour s'allier à Le Pen.
14:15C'est ça.
14:15Mais dans les positions publiques,
14:17dans les prises de positions publiques
14:18de Marine Le Pen,
14:19souvent,
14:19ce qu'elle dit,
14:20c'est,
14:20moi,
14:21je ne suis pas là
14:21pour faire des tambouilles d'appareils,
14:22je ne suis pas une candidate
14:24de droite ou de gauche,
14:25moi,
14:25je suis pour l'union des Français,
14:27d'où son élément de langage
14:28du camp national
14:30et qui dit,
14:31en gros,
14:31voilà,
14:33en fait,
14:33c'est une façon
14:33de se présenter
14:34comme un parti anti-système
14:35qui ne choisit pas,
14:37qui ne prend pas la roue
14:38d'un parti classique.
14:40Il y a eu
14:41tous ces éléments de langage
14:42sur l'UMPS
14:43pendant un certain temps.
14:44On est dans le chat,
14:45mais loin du discours
14:46au UMPS de l'époque.
14:47exactement.
14:48Et donc,
14:48voilà,
14:49ce discours-là
14:50de Marine Le Pen,
14:51elle le tient toujours.
14:52On voit qu'il s'effrite
14:53dans les faits.
14:54La Jordane Bardella,
14:55elle n'attend qu'une chose,
14:55c'est de prendre la suite,
14:57de prendre les pleins pouvoirs
14:57et de lancer sa stratégie.
14:59Et d'ailleurs...
14:59Prendre les pleins pouvoirs.
15:01On parle à l'échelle du RN.
15:02Oui,
15:02pour l'instant,
15:03à l'échelle du RN.
15:03Voilà,
15:03on verra.
15:04Ça sera la fin
15:05de la Ve République
15:05pour passer au Troisième Empire
15:06en 2032.
15:07Ça sera peut-être Bardella,
15:09notre Napoléon,
15:09quoi.
15:10Napoléon V.
15:12Sachant que Bardella,
15:13en plus,
15:13maintenant,
15:13s'affiche littéralement
15:14avec des aristocrates
15:15de la noblesse héritière
15:16de la maison de Bourbon
15:17des Deux Siciles.
15:18Donc,
15:18pareil,
15:19quand on voit
15:19toute la stratégie populiste,
15:20anti-élite,
15:21anti-système de Marine Le Pen
15:22qui a duré 10,
15:2415 ans
15:24et qui a quand même
15:25plutôt porté ses fruits,
15:27c'est possible
15:27qu'il y ait des gros,
15:28gros changements
15:29et des gros bouleversements
15:30dans cet espace politique-là
15:31à l'approche de 2027.
15:32Donc,
15:33du coup,
15:33c'est difficile
15:34à rendre dans des trucs
15:35qui sont encore une fois
15:36dans l'ordre
15:36de la politique-fiction.
15:37Mais une chose est sûre,
15:38en tout cas,
15:38c'est qu'à priori,
15:39dès le début de l'été,
15:40à moins de semi-miracle,
15:42on va dire,
15:42pour Marine Le Pen
15:43qui, au final,
15:43serait éligible,
15:44à priori,
15:45je pense que tout ça
15:45va fortement s'accélérer
15:46parce que là,
15:47on est dans ces espèces
15:48d'entre-deux côté RN
15:49sur qui sera candidat,
15:50quelle ligne va être
15:51vraiment portée,
15:52etc.
15:53Et ça peut très,
15:54très vite s'accélérer
15:55à partir du début de l'été.
15:56Oui, complètement,
15:56c'est ça.
15:57Il faudra avoir un oeil là-dessus.
15:58Il faudra avoir un oeil là-dessus
16:00complètement
16:00et puis aussi sur
16:01comment l'électorat RN
16:03suivra ou ne suivra pas
16:04parce que c'est quand même
16:06un bouleversement.
16:06Tu parlais de césure,
16:08c'est exactement ça.
16:09Ce n'est pas la même stratégie,
16:10ce n'est pas le même positionnement.
16:12Alors après,
16:12je ne dis pas,
16:13c'est la même politique,
16:14évidemment.
16:15Mais en tout cas,
16:16dans l'affichage,
16:17on voit quand même
16:18que Jordan Bardella
16:20a quand même,
16:20enfin,
16:21met un accent en particulier,
16:22un effort
16:23sur le fait de parler
16:24davantage au patronat,
16:26au patron du CAC 40.
16:29il porte un discours
16:30particulièrement de droite.
16:31C'est aussi le cas
16:32de Marine Le Pen,
16:32évidemment,
16:33elle porte un programme
16:33antisocial, etc.
16:34Mais en apparence,
16:36le vernis,
16:36c'est en gros,
16:37on parle aux petites gens,
16:38les oublier, etc.
16:40Ce que fait beaucoup moins
16:41Jordan Bardella,
16:42il ne s'embarrasse pas
16:43vraiment de tout ça.
16:44Donc en fait,
16:44on peut se demander
16:45si,
16:46est-ce que le lectorat du RN
16:48va muter ?
16:48Est-ce qu'ils vont plutôt
16:51siphonner la droite classique
16:52avec un électorat
16:53plus bourgeois ?
16:55Ou est-ce qu'il va s'éditionner,
16:57cet électorat bourgeois,
16:58à un électorat très populaire,
16:59anti-système,
17:00en colère ?
17:01Les deux sont possibles.
17:02Les deux sont possibles.
17:04Et je me pose aussi
17:05la question,
17:05en même temps,
17:06pour faire le lien
17:06avec le procès,
17:07des répercussions aussi
17:08sur l'électorat.
17:09Alors c'est vrai que
17:09pour l'instant,
17:10ça ne bouge pas,
17:11étrangement,
17:11alors qu'on voit
17:12qu'ils ont piqué dans les caisses,
17:13que c'est des amateurs absolus,
17:16où ils ont monté
17:17tout un système.
17:18Puis en plus,
17:19il y a cette critique
17:20des institutions
17:21alors qu'ils veulent se montrer
17:22comme républicains.
17:23Enfin bref,
17:23tout ça devrait normalement
17:25grignoter leur crédibilité.
17:27Bon, pour l'instant,
17:27ça ne bouge pas
17:28dans les cendages.
17:28C'est quand même
17:29très étonnant,
17:30je ne sais pas,
17:30on dirait qu'il y a un peu...
17:31Moi, je pense que
17:32la question qui se pose,
17:33peut-être qu'on peut revenir
17:34un petit peu aux fondamentaux
17:34de ce que c'est
17:35que l'extrême droite,
17:36le Rassemblement National
17:37et que le vote RN,
17:37c'est la place que prend
17:39le racisme
17:40et l'anti-immigration
17:44dans le vote RN.
17:45Si au final,
17:46l'électorat,
17:46y compris ce fameux
17:47électorat populaire RN,
17:49converti relativement
17:50récemment au Rassemblement National
17:51par rapport à tout un tas
17:52de déclassement
17:53et aussi pour des questions économiques.
17:54Ce qui ne veut pas dire
17:55que ce sont des votes
17:55qui ne sont pas racistes
17:56par ailleurs,
17:57mais c'est souvent
17:58un savant mélange des deux.
17:59C'est pour des questions économiques,
18:00il y a un sentiment
18:01de déclassement,
18:02à côté, son poitier du doigt,
18:03les assistés,
18:03derrière la figure d'assistés,
18:04il y a la figure de l'immigré,
18:06du noir, de l'arabe,
18:07etc.
18:07C'est la stratégie du RN,
18:08on en a déjà parlé plein de fois.
18:10Et donc la question est un peu
18:10de dire à quel point,
18:12l'occasion aussi peut-être
18:13de se rendre compte
18:13et de réaliser
18:14à quel point ce vote RN
18:15est au final,
18:16en dernière instance,
18:17un vote bel et bien
18:18avant tout raciste.
18:19Pas sur lequel du racisme
18:20vient se greffer,
18:21mais avant tout raciste.
18:22Et c'est effectivement
18:22le fait que Jordan Bardella
18:23change totalement
18:24son fusil d'épaule,
18:25commence à tenter
18:26d'aller parler à un électorat
18:27de la droite bourgeoise
18:28classique, on va dire,
18:29s'allier avec LR et compagnie
18:31qui eux, pareil,
18:32ils vont à fond sur le racisme
18:33et les discours anti-immigration.
18:35Si au final,
18:36tout ça ne fait absolument pas
18:36bouger les lignes
18:37dans leur électorat populaire,
18:39peut-être que c'est une démonstration
18:41que ce vote-là
18:42est avant tout bel et bien
18:43un vote raciste
18:45secondaire dans ce vote-là.
18:46C'est peut-être là, en fait,
18:47que va se décider
18:50le comportement
18:50de l'électorat populaire du RN.
18:52Complètement.
18:53À quel point le racisme
18:53est structurant dans ce vote
18:54et ça sera l'occasion
18:55de se rendre compte
18:55et peut-être d'adapter
18:56sa stratégie en conséquence.
18:57Complètement.
18:57Ça fait partie des théories
18:59de Félicien Faury,
19:00notamment le sociologue.
19:01Et c'est vrai que c'était
19:02sujet à discussion à gauche,
19:04notamment sur l'analyse
19:05du vote RN.
19:06Mais c'est vrai que là,
19:07il y a une telle incohérence
19:10parmi les intérêts
19:12des différents électorats du RN
19:13se percutent tellement,
19:14se contredisent parfois
19:15sur les sujets socio-économiques,
19:17qu'en fait,
19:17le seul point commun,
19:19c'est le racisme,
19:20c'est la xénophonie,
19:20c'est le rejet de l'autre,
19:21c'est l'anti-immigration.
19:22Donc oui,
19:23ça confirme complètement ça.
19:26Et aussi,
19:27le changement de stratégie
19:29de la droite
19:29qui muscle son discours
19:31anti-immigrés,
19:32qui était déjà installé
19:33depuis un certain temps,
19:33même depuis Nicolas Sarkozy.
19:35Mais ça montre bien
19:37que ça répond
19:37à une aspiration
19:39de leur propre électorat.
19:40Et d'ailleurs,
19:40on le voit
19:40dans les sondages aussi.
19:41Je crois que c'est 55%
19:42des sympathisants LR
19:44qui sont prêts
19:44à une alliance
19:45avec le RN,
19:46en sachant très bien
19:47ce qu'est le RN,
19:48en connaissant très bien
19:49ses origines,
19:49en connaissant très bien
19:50ses positions xénophobes.
19:53Et puis aussi,
19:54le fait que le RN
19:55présente des candidats
19:56ouvertement racistes,
19:57ouvertement antisémites.
19:58Donc, en fait,
20:00oui,
20:00très clairement,
20:01on en revient
20:02aux racines
20:03qu'on n'a jamais quittées,
20:03mais on en revient
20:04aux racines de l'extrême droite.
20:06Effectivement.
20:06Alors, après aussi,
20:07il se pose la question,
20:08parce que c'est marrant,
20:08je fais juste une petite aparté,
20:10on n'avait pas du tout prévu
20:10d'avoir cet angle-là
20:11spécialement sur ce sujet,
20:12mais on s'est dit aujourd'hui,
20:14on improvise,
20:14si jamais on a des extraits
20:15et qu'on décide
20:15de ne pas les regarder,
20:16ce n'est pas grave,
20:16priorité à la discussion,
20:18on va dire,
20:18donc ce n'était pas prévu
20:19qu'on parle de ça comme ça.
20:20Mais c'est très bien,
20:20c'est très bien.
20:21C'est aussi ça, Twitch,
20:22il faut laisser un petit peu
20:22d'espace à l'improvisation,
20:24c'est mieux comme ça.
20:25La question qui se pose aussi,
20:35du projet politique des candidats,
20:36et c'est un petit peu le jeu.
20:37À partir du moment
20:37où la campagne commence,
20:39sur les plateaux télé,
20:40dans les radios,
20:42etc.,
20:42tout passe en mode campagne
20:43et on parle un petit peu plus du fond.
20:45Et c'est généralement des moments
20:46où les questions,
20:47on va dire,
20:47du quotidien des Français,
20:49le pouvoir d'achat,
20:50le salaire,
20:51etc.,
20:52l'accès aux soins,
20:53ce genre de choses,
20:54des sujets qui,
20:54normalement,
20:55sont plus de l'ordre du social
20:56et qui profitent un petit peu
20:57plus à la gauche,
20:58on va dire.
20:58La gauche est plus solide
21:00sur ces questions-là
21:01que la droite
21:01parce qu'ils ont un discours
21:03de gauche dessus.
21:04Bon, je ne vais pas épiloguer.
21:06Peut-être qu'effectivement,
21:08ce sera aussi un moment
21:08où les nouvelles positions
21:10d'un Jordan Bardella candidat
21:11pourraient moins prendre
21:13que la ligne populiste
21:14de Marine Le Pen
21:14dans le cas d'un premier tour
21:15et après,
21:15les dynamiques de campagne
21:16s'enclenchent.
21:18Et donc, en fait,
21:19c'est difficile de prédire l'avenir,
21:20mais j'ai l'impression
21:21que quand même,
21:21tout peut se passer,
21:22le meilleur comme le pire,
21:23si jamais il y a ce changement,
21:26ce qui pourrait être
21:26un gros changement
21:27à l'extrême droite
21:27avec la fin de Marine Le Pen,
21:30de l'hégémonie Le Pen,
21:32de la ligne populiste
21:33à l'extrême droite,
21:34je veux dire,
21:35ça peut ne rien changer,
21:35au contraire,
21:36ça peut faire la fameuse
21:37union des droites
21:37qui additionne des blocs électoraux
21:38et fait qu'on est coucte
21:39à tout jamais,
21:40comme ça peut aussi
21:41vraiment tout changer
21:41parce que ça changerait
21:42totalement les dynamiques
21:43de campagne
21:44au profit d'une dynamique
21:46à gauche
21:46qui submergerait un petit peu
21:48celle de droite,
21:49notamment auprès
21:49de ce bloc populaire.
21:50Donc vraiment,
21:51il y a ce côté,
21:51on verra,
21:52mais il y a plein de questions
21:53à se poser
21:54et on risque d'en rediscuter
21:56beaucoup,
21:56beaucoup pendant toute
21:57la deuxième moitié de l'année
21:59à condition bien sûr
22:00que Marine Le Pen
22:00soit inéligible.
22:01Oui,
22:02c'est vrai que ça en prend le chemin
22:05et on fait un peu de politique fiction
22:06et on essaie de se projeter
22:07mais c'est vrai que ça peut tout changer.
22:09C'est vrai que Jordan Bardal,
22:10je le vois comme un candidat
22:11plus fragile aussi
22:12que Marine Le Pen.
22:12Marine Le Pen a un certain nombre
22:14de campagnes,
22:15je ne sais plus exactement,
22:15je crois qu'elle a trois ou quatre
22:16déjà au compteur,
22:17quatre même,
22:18ce serait la quatrième je crois.
22:18Oui,
22:18ça serait la quatrième présidentielle.
22:21elle a quand même
22:22une certaine expérience,
22:24elle s'est votée
22:25un certain nombre de fois
22:25notamment dans les débats
22:26d'entre-deux-tours
22:27donc elle a quand même
22:29une vision de ce qu'il faut faire
22:30ou ne pas faire.
22:31Jordan Bardal,
22:32lui il arrive du haut de ses 27 ans.
22:35Il a eu 30 ans.
22:36Elle a eu 30 ?
22:37Il a eu 30 ans en septembre
22:38l'année dernière,
22:39il est de septembre 1995 précisément.
22:41Ne demandez pas pourquoi je connais
22:42la date de naissance de Bardal
22:43au mois près,
22:44c'est comme ça.
22:45Je connais celle de Zemmour aussi,
22:46août 1958.
22:47C'est vrai.
22:50Ce que tu lui souhaites
22:51son anniversaire,
22:51c'est ça ?
22:52Je lui envoie un SMS
22:53tous les jours.
22:54On se connaissait à l'époque
22:54qu'il était YouTuber
22:55Call of Duty.
22:55Bref,
22:56c'est une histoire.
22:58Mais c'est vrai que Bardal
22:59je le vois comme un candidat
23:00plus fragile parce que
23:02on l'a vu même
23:03pendant les débats.
23:04Il n'a pas accepté
23:05de participer à beaucoup
23:06de débats pendant les européennes
23:07mais malgré tout
23:08les quelques débats
23:09auxquels il a participé
23:10il s'est fait étrier,
23:11il n'est pas bon.
23:12Il s'est fait reprendre
23:13notamment par Xavier Bellamy,
23:15allié avec Manon Aubry
23:16sur le fonctionnement
23:17du Parlement européen.
23:18C'était le député LR
23:20qui est pourtant
23:22très droitier.
23:23Mais en fait,
23:24en gros,
23:24Bardala lui reprochait
23:25un vote sur
23:26je ne sais plus quel sujet
23:27sauf que Bellamy lui dit
23:29mais comment vous savez
23:30ce que j'ai voté ?
23:30C'est un vote à bulletin secret
23:32et tu as Bardala
23:32qui s'enfonce,
23:33qui dit mais non,
23:34c'est écrit là
23:35noir sur blanc
23:35et tu as Manon Aubry
23:36qui le reprend en disant
23:37alors Jordan Bardala
23:38ne doit pas beaucoup
23:39venir au Parlement européen
23:39parce qu'effectivement
23:40c'est un vote à vote secret,
23:43à bulletin secret
23:43donc en fait,
23:44on ne sait pas
23:44qui a voté quoi.
23:46Bref,
23:46tout ça pour dire
23:47que ça n'a pas fait
23:48perdre des points
23:49mais en tout cas,
23:49sur une présidentielle,
23:51sur un débat de premier tour
23:52et même sur un débat
23:52de deuxième tour,
23:53imaginons qu'il soit
23:54face à n'importe qui,
23:55que ce soit Édouard Philippe,
23:56Jean-Luc Mélenchon,
23:58Fabien Roussel,
23:58je ne sais pas.
23:59C'était corpore
24:00mais pas très réaliste.
24:03Macron qui sait,
24:04tout est possible.
24:05Voilà,
24:05mini Macron,
24:05Attal,
24:06etc.
24:06Et en fait,
24:07il peut complètement se vautrer
24:08parce qu'il a une assez faible
24:10connaissance des dossiers
24:12malgré son assurance particulière.
24:16Donc voilà,
24:16tout est complètement possible.
24:18Je ne dis pas
24:18que le jeu est relancé
24:21mais malgré tout,
24:22on peut se poser la question
24:22de est-ce que le château
24:25de cartes
24:26mis en place
24:27par Marine Le Pen
24:28peut s'écrouler
24:29avec l'inexpérience
24:30dans le Jordan de Bardella.
24:31C'est sûr.
24:32Et à côté,
24:32on peut aussi se dire
24:33que si Bardella,
24:33ça ne prend pas
24:34parce que pas assez présidentiable,
24:35c'est vrai qu'il est très jeune,
24:36il n'a pas fait d'études aussi.
24:37Alors je ne dis pas ça
24:37pour dire que vous êtes des bouffons
24:39si vous n'avez pas fait d'études.
24:40Absolument pas.
24:40Ce n'est pas une question.
24:41Mais dans la Ve République
24:43très gaullienne,
24:44etc.
24:45où 90% des présidents,
24:47il n'y a que Sarkozy,
24:48je crois,
24:48qui n'a pas fait l'ENA.
24:49C'est vraiment...
24:49Normalement,
24:50tu as fait un parcours
24:51de l'élite républicaine,
24:52des grandes écoles,
24:53Sciences Po,
24:54ENA et compagnie.
24:55Normalement,
24:55la Ve République,
24:57dans la culture
24:58de la Ve République,
24:59c'est souvent des profils
24:59comme ça
25:00qui sont considérés
25:00comme présidentiables,
25:01de seconde stature,
25:02d'homme d'État, etc.
25:03Macron, déjà,
25:03c'était un peu particulier
25:04parce qu'il n'avait jamais
25:05participé à aucune élection.
25:06Mais voilà,
25:07il avait quand même fait
25:07Sciences Po,
25:08l'ENA, etc.
25:09Il avait ce profil
25:10haut fonctionnaire.
25:11Il était au secrétariat
25:12général de l'Élysée
25:12sous François Hollande,
25:14ministre de l'économie,
25:14etc.
25:20Tous les présidents
25:20historiquement
25:21de la Ve République,
25:21ils ont tous ce côté-là.
25:23Il faut qu'ils soient tous
25:24un petit peu gaulliens
25:25sur les bords,
25:25un minimum,
25:26sinon c'est difficile
25:27de se projeter.
25:28Après,
25:28on vit une époque
25:29très troublée
25:29où on n'est jamais
25:30à l'abri de mauvaise surprise,
25:32évidemment.
25:32Il faut regarder les États-Unis.
25:34Trump élu,
25:34personne ne s'y attendait.
25:35Trump réélu, pareil.
25:37Voilà,
25:37on vit une époque...
25:38Quelle époque,
25:39comme nous allons dire
25:39celle-là.
25:40Donc, encore une fois,
25:41à voir,
25:41mais a priori quand même
25:42quand on regarde
25:43la Ve République historiquement,
25:44c'est vrai que c'est assez difficile
25:45d'imaginer un Bardella,
25:46mais, président...
25:47Mais ce que je voulais dire,
25:48c'est que même si ça ne prend pas
25:49totalement et que ça s'effondre
25:51dès le début,
25:52sa campagne
25:52et que ça patine totalement,
25:54le truc,
25:54c'est qu'il y a quand même
25:55un bloc électoral massif
25:56qui, là, vote RN,
25:57mais qui vote à l'extrême droite
25:58de manière générale.
26:00C'est-à-dire que le nationalisme,
26:01le racisme,
26:02l'anti-immigration,
26:04même le discours un peu
26:04anti-impôt,
26:05l'État, ils nous saignent
26:06alors que les assistés,
26:07ils ne sont payés à rien foutre,
26:08etc.
26:09Il ne va pas disparaître
26:09du jour au lendemain.
26:10Donc, même imaginons
26:11que Bardella s'effondre,
26:12ils trouveront un autre candidat
26:13de manière organique,
26:15entre guillemets,
26:15de la même manière que, voilà,
26:16les 1,7% d'Eden Lidalgo
26:18à la présidentielle,
26:19c'est-à-dire que cet électorat,
26:20cette sensibilité politique
26:21qui, normalement,
26:23vote PS,
26:23a disparu totalement.
26:24Donc, ça va,
26:25il faut faire un petit peu attention
26:25à trop se focaliser
26:26sur les personnalités en soi,
26:28sachant qu'à côté,
26:29il y a des blocs électoraux,
26:30des socles électoraux
26:31de gens prêts à voter
26:31pour un projet, malgré tout.
26:33Et si ce n'est pas Bardella,
26:34mais un Rotaillot ou qui sait-je,
26:36qui le porte à la place de Bardella,
26:37bon, il y a de bonnes chances
26:38pour qu'il fasse quand même
26:39un bon 30% au premier tour.
26:40Oui, c'est clair que là,
26:42quand on a des sondages,
26:43il est à minimum 34%,
26:45parfois même à 36%.
26:47Il est même devant Marine Le Pen,
26:48souvent, dans les enquêtes
26:50qu'il déteste tous les deux.
26:51Donc, pour l'instant,
26:54Bardella arrive à traîner
26:56le RN vers des sommets.
26:57Ça, c'est clair.
26:58Moi, je me pose la question aussi,
27:00tu parlais des profils,
27:02est-ce que ça ne peut pas aussi
27:02ouvrir, imaginons que Marine Le Pen
27:04soit inéligible,
27:05une garde de succession aussi ?
27:07Oui.
27:07On ne sait jamais,
27:08parce que qui dit
27:09que Jean-Philippe Tanguy,
27:10par exemple,
27:10ne se positionnerait pas ?
27:11Il n'est pas vraiment
27:12dans la ligne...
27:14Il est sur la ligne mariniste,
27:15plutôt.
27:16Il est très critique en interne,
27:17d'ailleurs,
27:17comme étant un sale gauchiste,
27:18en gros.
27:20Il est un peu porteur
27:21d'une ligne un peu plus
27:23souverainiste que Bardella,
27:25qui est plus dans une droite
27:26libérale classique,
27:27on va dire,
27:28enfin, xénophobe, etc.,
27:29mais je veux dire,
27:30sur la question économique.
27:32Donc, on peut se poser la question.
27:33Et puis après,
27:33on sait qu'au RN,
27:35il y a un certain nombre
27:36d'ambitieux.
27:38Louis Alliot,
27:39il devrait être déclaré
27:40inéligible aussi,
27:41donc ça peut être
27:42un peu compliqué.
27:42Il y a plein d'ambitieux,
27:43mais est-ce qu'ils pourront
27:43se présenter ?
27:44Il y a autant d'ambitieux
27:46que d'inéligibles bientôt.
27:49Mais ce sera à suivre.
27:52Est-ce que ça va être
27:53une forme d'empoigne ?
27:54Est-ce qu'ils vont
27:54s'entredéchirer ?
27:55Ou est-ce qu'ils vont être
27:56dans une forme de discipline
27:57derrière Jordan Bardella ?
27:58Il y a quand même
27:59énormément de critiques
28:00en interne contre Jordan Bardella
28:01parce qu'ils le voient
28:02comme un ambitieux
28:03qui n'a pas à mériter
28:04grand-chose,
28:05alors que d'autres sont là
28:06depuis 20 ans,
28:0630 ans dans l'appareil.
28:09Et puis,
28:10il y a encore l'héritage
28:10de Jean-Marie Le Pen.
28:11Il y a encore certaines personnes
28:12qui espèrent un retour
28:14aux sources plus brutales
28:15encore du RN
28:16et il voit Jordan Bardella
28:18comme quelqu'un
28:19qui va un peu trop mou.
28:23Il n'a même pas passé
28:2410 ans au gu de ce que c'est
28:25que son représentant
28:26à l'extrême droite.
28:26c'est le stage minimal.
28:29Il n'a même pas fait
28:30de ratonnade
28:30dans Salvenez,
28:31celui-là.
28:31Qu'est-ce qu'il va nous foutre ?
28:32Il n'a rien vécu.
28:33La ligne RN à l'ancienne.
28:36Tout est possible,
28:38on suivra ça avec intérêt.
28:39On en parlera ici.
28:40Il peut y avoir
28:40une grosse guerre de succession
28:41qui s'enclenche
28:42et en parallèle
28:43une espèce de guerre
28:43de succession
28:44à la Macronie,
28:45sachant que le bloc Macroniste
28:46risque de se disloquer.
28:47Ça va être un beau bordel.
28:48Ça va être assez intéressant
28:49et passionnant à suivre.
28:50Assez stressant aussi
28:50toute la pré-présidentielle
28:52après les municipales.
28:53Ça ne va être que ça.
28:54Ça ne va être que ça
28:54pendant un an à priori.
28:55Ça va être Game of Thrones
28:55du jour au lendemain.
28:56En tant que commentateur politique,
28:58j'ai mon côté David Pujadas
28:58qui se dit « Ah, génial ! »
29:00Mais il y a un côté où je me dis
29:00« Oh là là, ça va être fatigant
29:01et un peu stressant et flippant. »
29:04Vous n'avez pas prévu
29:05de parler de ça spécialement
29:06en parlant du procès
29:07mais du coup,
29:07c'est naturellement
29:08ce qui lui donne la conversation
29:08parce que c'est vrai
29:09que c'est l'enjeu principal.
29:10Après, on peut regarder
29:11techniquement la défense
29:12des uns et des autres
29:13par rapport au procès.
29:14En plus, on n'est ni juriste
29:15ni avocat ni magistrat.
29:16On ne connaît pas très bien
29:17ces sujets-là.
29:17Mais effectivement,
29:18le gros truc qui se joue derrière
29:19et pourquoi on parle autant
29:20de ce procès,
29:21c'est la fameuse inéligibilité.
29:22Autant parler des conséquences
29:23de cette inéligibilité.
29:25Ça va clairement définir
29:26la suite de la marge du pays.
29:30Évidemment, on ne l'espère pas
29:31et on lutte contre ça.
29:33Mais le RN est aux portes du pouvoir.
29:36Selon qui mène le train
29:39de l'extrême droite,
29:39ça peut changer énormément de choses.
29:42Je vois qu'on a un extrait
29:44de côté de Laurent Jacobelli.
29:46Peut-être qu'on peut se l'écouter.
29:47Oui, je viens là-dessus
29:48parce qu'après,
29:48il va falloir avancer assez rapidement.
29:49Je vois quelqu'un qui dit
29:50en tant que journaliste,
29:51c'est nouveau pour parler de moi.
29:52Non, je dis autant
29:52que commentateur politique.
29:54Je n'ai pas dit journaliste.
29:55Non, je n'oserais pas.
29:57Je n'oserais pas.
29:59Oui, on peut regarder.
30:00On avait Jacobelli et ça.
30:01On est déjà revenu dessus.
30:02Je vais voir un petit peu
30:03le genre de défense
30:04qu'ils ont au RN
30:05par rapport à Marine Le Pen.
30:06On va voir,
30:06c'est extrêmement carré
30:07un des arguments en béton.
30:10Donc lui, c'est Laurent Jacobelli.
30:11Du coup, c'est un député RN.
30:12C'est aussi un des porte-paroles
30:13du Rassemblement national
30:14et un des sosies officielles
30:15de Goebbels.
30:16Je ne suis ni juge, ni avocat.
30:18Je ne maîtrise pas assez ces questions
30:20et je ne suis pas dans la tête
30:20de ceux qui vont prononcer le verdict.
30:22Ce que je sais,
30:23c'est qu'on ne peut pas imaginer
30:25une France où Marine Le Pen
30:27ne soit pas candidate
30:27à la présidence de la République.
30:29D'abord parce qu'elle est soutenue
30:30par les Français,
30:30parce qu'elle a montré
30:31qu'elle avait l'étoffe
30:32d'une femme d'État
30:33et parce qu'il faut en finir
30:34avec cette Macronie
30:35et que le Rassemblement national
30:36incarne l'alternance.
30:37Donc j'espère très sincèrement
30:39que l'avenir des Français
30:40ne dépend pas de la justice
30:42mais dépendra bien des urnes.
30:43Est-ce qu'elle pourrait faire campagne
30:44avec un bracelet électronique ?
30:46Écoutez, je ne sais pas.
30:48On ne va pas faire
30:49tous les scénarii possibles.
30:50Ce que je sais, moi,
30:51c'est que les Français
30:52attendent Marine Le Pen
30:53et le Rassemblement national.
30:54Ce que je sais aussi,
30:55c'est qu'il y aura un candidat
30:57Rassemblement national
30:57à la présidence de la République
30:58et qu'il est temps
30:59qu'on en finisse
31:00avec le système actuel.
31:01Je le répète,
31:02tous les voyants sont rouges
31:03et ce qui devrait concentrer
31:04toute notre attention,
31:05c'est de sauver ce pays.
31:06Je ne suis ni juge,
31:07ni à part.
31:08Bon.
31:09Oui, mais c'est toujours
31:09le même élément de langage.
31:11D'abord contre la justice aussi.
31:13Un tout petit peu atténué
31:14par rapport à ces dernières semaines.
31:16Il n'a pas dit
31:16qu'elle était innocente cette fois-ci.
31:18Vrai changement dans la défense.
31:19C'est ça.
31:20Mais voilà,
31:21cette façon de dire
31:22que ce n'est pas à la justice
31:23de décider de l'avenir électoral
31:25de la France,
31:26il disait des choses
31:28complètement opposées
31:29au RN il y a dix ans.
31:31Marine Le Pen, par exemple,
31:31portait l'inéligibilité à vie
31:33en disant qu'il fallait
31:36complètement nettoyer
31:37la vie politique
31:38des personnes
31:40qui contrevenaient aux lois,
31:41tout simplement.
31:43Et là,
31:44on a ce discours-là
31:45typique
31:46de délégitimation
31:48de la justice,
31:49encore une fois.
31:49Et cette stratégie,
31:51je n'aime pas trop
31:52employer ce mot,
31:53mais populiste,
31:54dans le sens où, en fait,
31:55c'est au peuple
31:56de décider uniquement au peuple.
31:57Oui, il y a un populiste
31:57au sens noble,
31:59on va dire,
32:00et dans le même essai du terme.
32:01Voilà, exactement.
32:01C'est vrai que c'est assez...
32:03Ça veut un peu
32:03pas tout et rien dire,
32:04mais il y a plusieurs
32:04utilisations de populistes.
32:05D'ailleurs,
32:06on pourrait faire un genre
32:06en stream sur ce genre de mots.
32:07Sur le populisme,
32:08oui, ça serait intéressant.
32:09Carrément dire
32:10qu'est-ce que c'est que le populisme,
32:11est-ce qu'il y a un populiste
32:11de gauche, de droite, etc.
32:12Un truc un peu thématisé.
32:14Voilà, vous assistez
32:15à la conf de rédac
32:16en même temps.
32:24Ils n'en sont même pas
32:25clamés leur innocence, quoi.
32:27Quand il y a une défense
32:28comme ça,
32:28Jacobelli, c'est à demi-mot,
32:29il dit, bah oui,
32:30elle est coupable,
32:30mais bon, c'est pas grave.
32:32Elle est soutenue par les Français.
32:33Et donc, effectivement,
32:34ça, c'est quand même
32:34du populisme avec un rampage.
32:35C'est-à-dire,
32:36on s'en fiche de la justice,
32:37on s'en fiche des institutions,
32:39surtout que le fait
32:40d'avoir une justice indépendante,
32:42une séparation des pouvoirs
32:43entre la justice d'un côté
32:44et le politique de l'autre,
32:45c'est quand même la base
32:46de la base de la base
32:46de ce qu'on appelle la démocratie.
32:47Pas la démocratie au sens
32:48que c'est le peuple qui dirige,
32:50mais la démocratie au sens
32:51qu'il y a des institutions
32:51qui sont faites
32:52de manière à préserver
32:53des droits, tout simplement.
32:54Donc, c'est quand même
32:55un peu la base de la base.
32:56Et là, c'est une façon de dire
32:57qu'en fait, on s'en fout
32:58si elle est condamnée ou pas.
32:59Elle devrait pouvoir se présenter
32:59parce qu'elle est populaire,
33:01ce qui est vraiment
33:02antidémocratique et populiste,
33:03mais dans son plus simple appareil.
33:05Et normalement,
33:06en Ve République,
33:07on devrait leur tomber dessus
33:09pour les traiter d'antirépublicains
33:11et dire que ça,
33:11c'est pas un discours
33:13qui devrait avoir lieu
33:14en état de droit.
33:14Et pourtant,
33:15on est habitué en fait.
33:16On commence à être habitué
33:17à leur justification.
33:18Ça ne crée plus de polémiques.
33:19Complètement.
33:20En fait, on est habitué
33:20notamment parce que c'est aussi
33:22parfois porté par des acteurs
33:23plus traditionnels,
33:25même à droite.
33:25Parce que c'est vrai
33:26qu'à droite, par exemple,
33:27il y avait eu une critique
33:28du Conseil constitutionnel
33:29quand il avait retoqué
33:29la loi de l'immigration.
33:30Il avait dit
33:31« C'est une dictature des juges,
33:33vous voyez bien,
33:33c'est le droit contre le peuple,
33:35etc. »
33:35Attendez,
33:36le droit,
33:37c'est aussi normalement
33:38l'expression du peuple.
33:41Et puis, c'est un rempart
33:42contre tous les abus possibles
33:43et imaginables.
33:44C'est ce qu'a dit d'ailleurs
33:45la Cour d'appel.
33:46Ils ont dit
33:47« Vous faites partie des législateurs
33:49puisque vous avez
33:49un groupe parlementaire,
33:50etc.
33:51Le législateur,
33:51les élus du peuple,
33:52Roli Rousseau,
33:53j'ai envie de dire,
33:53on peut remonter jusque-là.
33:54C'est ceux qui votent les lois.
33:56Et donc, comment,
33:56en tant que député,
33:58représentant du peuple
33:58et surtout en tant que législateur
34:00qui écrit les lois,
34:00vous pouvez vous en prendre
34:01à l'institution
34:02qui a pour rôle
34:03d'appliquer la loi,
34:04c'est-à-dire la justice ?
34:05Et c'était vraiment
34:06en mode au procès,
34:07c'est comme s'il avait dit
34:08« Madame Le Pen,
34:09vous êtes profondément
34:10anti-républicaine,
34:11vous bafouez le contrat social
34:12dont vous êtes mandataire
34:15en tant qu'élu du peuple. »
34:16C'est vrai qu'on peut remonter
34:17à des concepts comme ça,
34:18vraiment sur ce que c'est
34:19que la République,
34:20ce que c'est que la démocratie,
34:20les institutions.
34:21Et quand on va un petit peu
34:22au fond des choses
34:22et c'est ce qu'a fait
34:23la Cour d'appel,
34:24au final, c'est indéfendable.
34:26Présentez-vous si vous voulez,
34:28mais je pense qu'on peut
34:29déjà dire quelle indignité.
34:30Oui, mais c'est ça.
34:31Et puis c'est vrai
34:31que le parquet général
34:32a aussi étendu ça
34:33au contre-pouvoir
34:34en disant en fait
34:34vous essayez de délégitimer
34:37l'institution judiciaire,
34:38la justice,
34:39mais en même temps
34:39vous vous attaquez
34:40à tous les contre-pouvoirs.
34:41Donc comme tu dis,
34:42c'est une façon de vous dire
34:43de façon très fine
34:46et équilibrée
34:47qu'elle n'était pas républicaine.
34:49En tout cas,
34:50par ses mots,
34:51par sa stratégie,
34:52elle se positionnait
34:53dans un camp
34:53qui était celui,
34:55j'allais dire,
34:56des contre-révolutionnaires.
34:57Mais un peu un côté comme ça aussi.
34:59Enfin voilà,
35:00on pourrait extraire,
35:01on pourrait faire
35:02une analyse plus soutenue encore.
35:04Mais ça montre
35:04le rapport au pouvoir
35:05qu'à l'extrême droite
35:06et qu'à Marine Leclerc.
35:06Exactement.
35:07Et c'est pour ça que tout à l'heure
35:08je parlais du quel effet,
35:10quel impact ça peut avoir
35:10sur l'opinion,
35:12on verra bien.
35:13Mais je trouve que
35:14ça va quand même
35:15laisser des traces malgré tout.
35:16Il y a évidemment
35:17les faits
35:18qui parlent d'eux-mêmes,
35:19qui sont une gravité absolue.
35:21Ils ont quand même
35:22détourné des fonds publics.
35:23C'est quand même notre argent,
35:24l'argent des Français.
35:25Mais il y a surtout
35:26ce rapport aux institutions.
35:28L'ERN depuis un certain
35:29nombre d'années
35:29était dans une stratégie
35:32plus républicain qui est républicain,
35:33plus blanc que blanc.
35:34Et finalement,
35:35il suffit que la justice
35:36se prononce en leur disant
35:37« Mais attendez,
35:38peut-être que ce n'est pas
35:38très bien de piquer dans la caisse.
35:40Là, on vous a chopé
35:41la main dans la confiture. »
35:42Pour que ça y est,
35:43le vrai visage se révèle
35:45et qu'il défie
35:46toutes les institutions républicaines,
35:48tout ce qui fait que
35:49tout notre socle républicain
35:51finalement.
35:52Donc voilà,
35:53certains masques sont tombés.
35:54Est-ce que ça aura un impact ?
35:55On verra bien.
35:56Même pas sûr.
35:57C'est ça le truc.
35:57Parce que quand tu regardes,
35:58là j'ai dit
35:59quelle indignité tout à l'heure,
36:00ça m'a fait penser ?
36:00Le procès Sarkozy,
36:01ancien président de la République,
36:03LR, la fameuse droite républicain,
36:05il y a carrément écrit
36:05« Républicain » dans le titre.
36:06Au final,
36:07c'est exactement le même scénario
36:08qu'avec Marine Le Pen.
36:08Ses soutiens disent
36:09« Non, la justice est aux ordres,
36:10il est innocent quoi qu'il arrive. »
36:11Donc en fait,
36:12même la droite
36:13qui est censée être républicaine
36:14a un rapport à la justice
36:15et aux institutions
36:15quand ça les concerne
36:16qui est à peu près le même
36:16que Marine Le Pen
36:17qui est d'extrême droite
36:18et est censée être
36:19anti-républicaine.
36:20Donc je ne sais pas.
36:21Parfois, je me dis
36:21aussi, nous,
36:22on est un peu
36:22dans une forme de naïveté
36:23à ne pas prendre la mesure
36:24de vraiment
36:25l'avancée fasciste
36:27dans ce pays
36:27et de se dire
36:27« Ah oui, mais ça va y avoir
36:28des impacts
36:29parce qu'elle n'aspecte pas
36:29les grands principes républicains. »
36:31J'ai l'impression
36:31que la droite,
36:32on n'a plus rien à foutre de ça
36:33déjà dès maintenant.
36:34Donc après,
36:35c'est bien de continuer à le dire
36:35parce qu'eux-mêmes
36:36invoquent les grands principes républicains
36:38pour tenter de se défendre.
36:39Donc c'est une manière
36:39de leur prendre
36:39à leur propre jeu
36:40et de mettre le nez
36:41dans leur contradiction.
36:42Mais j'ai bien peur aussi
36:43qu'en fait,
36:44on est déjà dépassé ce stade
36:44et que tout ça n'est plus
36:46réellement tant d'importance
36:46que ça
36:47avec la fascisation du pays.
36:48C'est clair.
36:49Alors je ne sais pas,
36:49oui, tu as raison.
36:50Après,
36:51il faut continuer à en parler
36:53et à le dire,
36:53mais voilà.
36:54Non, mais je suis d'accord.
36:55C'est vrai que c'est certainement
36:56une part de naïveté
36:56ou alors une part d'optimisme aussi.
36:58Oui, voilà, c'est ça.
36:59C'est plus naïveté
37:00slash optimisme.
37:01Pas dans le mauvais sens du terme.
37:02C'est presque plus une candeur
37:03qu'une naïveté.
37:04Voilà, c'est ça.
37:05On est un peu conduit
37:05de la gauche.
37:06C'est vrai que moi-même,
37:07j'ai envie de croire
37:08et parfois même,
37:08je suis convaincu du contraire,
37:10mais j'ai quand même envie
37:11de croire qu'il y a quand même
37:13une espèce de fond républicain
37:14en France
37:15qui fait qu'on va quand même
37:16refuser,
37:17quand on sera face au mur,
37:19de donner certains pouvoirs.
37:21J'allais dire encore
37:21les pleins pouvoirs,
37:22mais on n'en est pas encore là,
37:23mais à des personnes
37:24qui détestent
37:25tout ce qui est censé
37:26nous rassembler
37:27et tout ce qui est censé
37:28nous faire fonctionner
37:29tous ensemble,
37:30l'institution démocratique,
37:31etc.
37:31Je dis tout ça.
37:33Mais j'ai envie d'y croire.
37:34C'est vrai que bon,
37:35les faits...
37:36C'est un peu le dernier espoir.
37:37Parce que de toute façon,
37:39ce qui fait perdre
37:40depuis le début
37:40l'extrême droite aux élections,
37:41c'est le fameux barrage républicain.
37:42Et en fait,
37:43il s'est encore appelé
37:43barrage républicain.
37:44Et ce truc tient encore à peu près,
37:45c'est ce qu'ont montré
37:46les dernières législatives.
37:47Donc il y a un côté
37:47où on est un peu candide
37:48en disant oui,
37:49mais il bafoue
37:50les principes républicains.
37:51Mais jusqu'à preuve du contraire,
37:52l'appel à ces grands principes républicains,
37:54c'est aussi ce qu'ils continuent
37:54à faire perdre l'extrême droite
37:55dans tous les seconds tours où ils sont.
37:57Donc ouais,
37:57affaire à suivre.
37:58C'est compliqué.
37:59Le politique fiction,
38:00un peu galère.
38:01Mais en tout cas,
38:02je trouve que c'est une analyse
38:03plutôt bonne.
38:05Et ça permet d'avoir peut-être
38:05des clés de compréhension
38:06pour déjà se préparer
38:07à analyser la suite.
38:08Parce que de toute façon,
38:09on ne peut pas prédire l'avenir.
38:10Mais au moins,
38:10si on commence déjà
38:11à y réfléchir
38:11et un petit peu,
38:12on va dire,
38:12les grands trucs
38:14qui vont un peu animer
38:15ce qui va arriver,
38:16au moins,
38:16on sera préparé
38:17à l'analyser correctement
38:18et éventuellement s'adapter
38:20pour tenter
38:20de battre l'extrême droite.
38:21De toute façon,
38:22on suivra ça.
38:22On suivra ça
38:23dans les mois à venir.
38:24Après,
38:24les municipales,
38:25c'est ce qu'on se disait
38:25un petit peu tout à l'heure,
38:27ça va partir sur un tunnel
38:28vers la présidentielle.
38:30Donc voilà,
38:31les candidats vont commencer
38:32à sortir du bois.
38:33On va commencer
38:33à voir
38:34quelle stratégie
38:36chaque camp va déployer.
38:38Comment l'extrême droite
38:39aussi va jouer
38:40soit l'offensive,
38:41soit la discrétion aussi.
38:42Parce que c'est aussi
38:43une stratégie du ARN
38:44de plus en plus.
38:44On est tellement haut
38:45dans les sondages
38:46qu'en fait,
38:46on n'a pas besoin
38:46de se rencontrer.
38:47Donc on va pouvoir
38:48analyser ça.
38:48Quel jeu
38:49la droite va mener
38:50et aussi la gauche,
38:51est-ce qu'elle va
38:53se tirer dans les pattes
38:55ou au contraire
38:55se rapprocher un peu plus.
38:57Bref.
38:57Ce sera probablement
38:58un savant mélange des deux.
38:59Voilà, c'est ça.
39:00Ça arrive.

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