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00:00Bonjour Hélène. Bonjour Rachid. Vous n'êtes pas venue seule ce matin, vous avez une invitée.
00:03J'ai une invitée, j'ai un livre, en l'occurrence, donc Seul de Shaima Azarkzi,
00:07Le Manifeste. À quoi sert un logement s'il ne correspond pas réellement à ceux qui l'habitent ?
00:13Dans Seul, Le Manifeste, publié aux éditions Afrique-Orient, l'architecte marocaine
00:18interroge notre manière de concevoir les espaces de vie entre intimité, lumière, circulation,
00:24équilibre sensoriel et ancrage culturel. Elle défend une architecture qui ne se limite pas
00:29à construire des logements, mais qui place l'humain au cœur de l'habitat.
00:34Shaima Azarkzi, bonjour et merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
00:39Alors je disais, votre bouquin, il sort fin octobre, donc parlez-nous d'abord de ce livre,
00:47comment vous en êtes arrivé justement à réfléchir sur la question de l'habitat.
00:53Déjà, merci Eléham, merci pour l'invitation. Donc pour parler en fait de comment j'ai commencé
00:59l'idée de Seul, ça a commencé surtout par, je voulais inverser en fait la logique de l'habitat,
01:07c'est-à-dire commencer par l'habitant avant d'avoir un modèle préétabli. Parce que généralement,
01:13ce qu'on fait dans notre architecture, c'est qu'on commence par des modèles préétablis,
01:17on demande à l'habitant de s'adapter à ces modèles. On parle de T1, T2, T3, on parle de
01:21cuisine,
01:22salon de chambre, circulation et tout. Et on demande, comme je vous ai dit, à l'habitant
01:27de s'adapter. Or, ce n'est pas la meilleure chose à faire parce que qu'est-ce qui se
01:33passe
01:33après ? C'est que, en fait, déjà dans une seule même famille, on n'a pas les mêmes
01:38besoins, on n'a pas les mêmes habitudes, on n'a pas les mêmes convictions. Donc, ce n'est
01:42pas évident de dire à la même famille de vivre en fait dans la maison de la même
01:46manière. Vous voyez ? Et ce qui m'a le plus interpellée aussi, c'est en fait l'importance
01:54qu'on donne à l'apparence, à la valeur économique d'une maison ou à son emplacement.
01:59Et on oublie finalement ce que cette maison va nous donner comme vraie valeur ou vraie
02:05valeur d'habiter.
02:06Alors, chez Mazardi, justement, vous, dans ce manifeste, vous vous basez sur la pensée
02:13musulmane pour construire cet habitat, pour réfléchir cet habitat. Comment concrètement
02:17vous imaginez cela ?
02:19Oui, mais pour répondre à cette question, je pense qu'il faut dissocier aussi l'architecture
02:23musulmane de pensée musulmane. Parce que quand on parle d'archi-musulmane, généralement,
02:26dans la mémoire collective, on va dire, on réfléchit aux mosquées, aux patios, au
02:35palais, aux liges, aux arcs arabesques, etc. Alors que non. Moi, quand j'ai parlé
02:42de pensée musulmane, c'était vraiment l'idée, l'approche venait aussi de nos principes,
02:51d'accord ? Dans nos principes musulmans. C'est-à-dire qu'on ne va jamais avoir un seul modèle,
02:56mais on va avoir des principes qui, avec eux, on va pouvoir faire plusieurs réponses,
03:02finalement.
03:03Et vous étayez, justement, quand on voit le livre, vous étayez vos propos avec quand
03:09même des surates.
03:10Oui, exactement. C'est tiré du Coran et des récits prophétiques aussi.
03:16Alors, Mme Zardy, je disais, quand vous avez réfléchi cet habitat, vous avez mis sept
03:21piliers. Je vais quand même les citer, ces piliers, même si on ne va pas rentrer dans
03:24les détails, ça me prendrait beaucoup de temps. Il y a sept piliers. Il y a l'intention
03:29sacrée, il y a la limite protectrice, il y a l'ordre lisible, l'ancrage matériel, le
03:33mouvement fluide, l'équilibre sensoriel, l'ouverture généreuse. Lequel pourrait
03:38changer le plus immédiatement notre rapport à l'habitat, à cet habitat-là contemporain ?
03:44Oui. En fait, c'est difficile de répondre à cette question parce que les piliers, ils sont
03:47assez complémentaires. Mais si je devais choisir un qui doit être ressenti immédiatement,
03:55ça serait l'équilibre sensoriel. Pourquoi ? Parce que, je vous donne un exemple, par
03:59exemple, quand on rentre à la maison après une journée chargée, les bruits extérieurs,
04:05les réunions, etc. Normalement, quand on rentre à la maison, on cherche de l'apaisement.
04:09D'accord ? On cherche une sorte de reconnexion à soi. D'accord ? Et quand on ne le retrouve
04:16pas à la maison, c'est là où les problèmes commencent, en fait. En fait, ce n'est pas
04:23normal que chez nous, on n'ait pas recentré sur nous-mêmes. D'accord ? Donc, je pense
04:29que l'équilibre sensoriel, les bruits, les lumières, tout ça, c'est très, très important.
04:34Alors, chez Mazerdi, vous êtes architecte. Quand on parle justement de ces principes,
04:39de ces piliers, et puis, bon, il y a la réalité. Il y a le coût de cet habitat. Comment
04:46justement équilibrer entre ce coût et ce que vous espériez de l'habitat contemporain ?
04:54Oui. Pour répondre à cette question, il faut déconstruire aussi l'idée reçue que
04:59l'architecture plus attentive aux habitants est automatiquement plus coûteuse. Parce
05:06que pour moi, ce n'est pas le cas. D'accord ? Parce que généralement, quand on parle d'architecture
05:11plus attentive à l'habitant, on parle de conception, on parle en amont. D'accord ? C'est plus
05:19que des... On change la disposition d'ouverture, l'orientation des chambres, la lumière aussi,
05:30et l'apport à la lumière dans notre maison. Donc, finalement, ce n'est pas des choix qui
05:34vont être coûteux. D'accord ? Voilà.
05:37Alors, justement, quand vous me dites, est-ce qu'on ne pourrait pas justement penser autrement
05:43notre habitat ? Parce que là, c'est des détails qui sont importants. Est-ce qu'on pourrait
05:46rentrer aujourd'hui à la maison ou moi, Rachid ? Et peut-être changer l'orientation
05:50de quelque chose dans notre maison qui ferait que ça améliorait quelque chose dans cette
05:55habitation ?
05:56Oui. Écoutez, ça dépend en fait de, comme je vous ai dit, de vos habitudes, de vos
06:01besoins. En fait, ça dépend de chaque personne. D'accord ? Peut-être que vous, vous avez
06:05une relation à l'intimité que moi, je n'ai pas. Par exemple, moi, j'ai besoin de seuil.
06:12C'est-à-dire que chez moi, je ne peux pas ouvrir la porte et directement, la personne,
06:16elle va voir le salon. Ça, pour moi, c'est vraiment une intrusion à mon intimité.
06:21Alors, c'est une majorité qui est comme ça aujourd'hui dans nos appartements. C'est
06:23comme ça, effectivement. Il n'y a plus de seuil.
06:25Oui, c'est ça. Et ça, pour moi, c'est très grave. Parce que si on revient à l'architecture,
06:30même vernaculaire, on revient vraiment très, très loin. Le seuil, c'est important dans
06:35une maison. Quand tu rentres, généralement, tu as un mur devant toi. Et là, c'est juste les
06:39maisons dans les Médina, dans les anciennes Médina. Tu as directement un mur devant
06:42toi. Tu tournes à droite et tu tournes à gauche. D'accord ? Donc, la porte, qu'elle
06:47reste ouverte ou pas, on ne regarde pas ce qui se passe à l'intérieur de la maison.
06:51Alors que nous, non. Il suffit que la porte s'ouvre. Il suffit que tu as juste un livreur
06:55devant la porte. Il suffit que tu ouvres ça. Il regarde directement le salon. Qu'est-ce
06:58qui se passe à l'intérieur de la maison ?
06:59Il n'est pas juste, je ne sais pas, mettre un rideau pour créer.
07:01Mettre un claustrat, un rideau et tout. Il y a des petits trucs à faire. Mais comme
07:06je vous ai dit, ça dépend de chaque personne. D'accord. Alors, chez Mazrdi, je disais,
07:10vous publiez cet ouvrage qui va apparaître fin octobre chez Africorien. Mais au-delà
07:17du livre, c'est vraiment un label que vous avez envie de créer dans l'habitat. Qu'est-ce
07:22que vous pouvez nous dire, justement, sur ce label que vous avez appelé « soil » ?
07:26Oui, exactement.
07:27« Soil », c'est le mot anglais qui veut dire aussi « terre ».
07:30« Terre », exactement. Donc, oui, absolument. Ilham, je dirais que c'est notre ambition
07:36à long terme. D'accord ? Le livre, c'était juste la première strate. C'était juste
07:40la première étape où je viens questionner, en fait, poser une réflexion et la questionner
07:45aussi. Essayer de transmettre le maximum de cette réflexion. Après, le label, c'est
07:52ce qui va, on va dire, concrétiser ça. On a un référentiel architectural pour les
07:58projets futurs, incha'Allah.
07:59Voilà. Et comment vous comptez convaincre un promoteur, un architecte pour justement
08:08appliquer ne serait-ce qu'une partie de ce label que vous avez envie de mettre en place ?
08:12Écoutez, c'est l'ambition. C'est l'ambition Kona. L'ambition Kona, c'est justement de
08:17travailler avec des architectes, des promoteurs et d'autres professionnels de l'immobilier
08:20sur des projets concrets. Et je suis sûre qu'une fois qu'on commence avec un projet
08:24pilote, ça va suivre.
08:26Alors, Shina Azardi, vous êtes donc architecte, mais vous êtes aussi peintre, vous êtes
08:31aussi auteur. Comment, justement, ces différentes disciplines vous amènent, justement, à
08:35appréhender cet espace ?
08:37Alors, pour moi, ces différentes pratiques, on va dire, elles ne sont pas dissociées.
08:42D'accord ? L'architecture, c'est elle qui me permet de créer, en fait, de concevoir
08:48des espaces et des formes en vrai. Donc, la peinture, elle, elle me permet de toucher
08:54à la matière, de réfléchir, de ressentir aussi. Et enfin, l'écriture, je le dis
08:59souvent, d'ailleurs, même dans le livre, moi, je n'ai jamais été à l'aise à la parole.
09:04Enfin, j'étais toujours à l'aise avec mes mains. C'est-à-dire, je peignais, j'écrivais
09:09et tout. Et l'architecture, finalement, c'est la continuité logique, on va dire, de
09:13ces pratiques-là.
09:16Madame Zerzi, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Et je rappelle que vous
09:20venez de publier chez Afrique-Orient, Seul, le manifeste, une manière, on va dire, de
09:26revoir l'habitat. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
09:30Et vous restez avec nous, bien évidemment.
09:32Et on termine en musique.
09:33Et oui, mais on va avoir ma soeur Paul Macarty, à 84 ans, qui continue de produire
09:38après avoir sorti en mai dernier son album. Il continue d'enrichir une
09:43oeuvre qui semble inépuisable. L'ancien Beatles dévoile trois chansons inédites.
09:48City Fox, One Night Stand et Chelsea Boots, issus de sessions d'enregistrement de son
09:53album The Boys of Danger Lane, paru en mai dernier. On écoute cet extrait.
10:13But she's agreed that they can meet up when he's finished workin' at the gym.
10:19Henrietta's got a picture, and she doesn't think it looks like him.
10:23One Night Stand, all she wants is a one-night romance.
10:32Take my pants, take my pants, and let's pretend we're in love.
10:42I gotta get up, let myself go.
10:47Sing like a cowboy, rodeo and go.
10:52Dance like a slave in collineuses rock.
10:56Maybe I don't want it going home.
11:08See, Henrietta's in a potentially dangerous situation.
11:13She hasn't validated the identity of the young man she's dating.
11:18She can lead to all sorts of misdemeanors.
11:23Merci beaucoup, Edomarada.
11:24C'est merveilleux d'écouter ça, du Paul McCartney comme ça,
11:28et avec l'appareil à son âge, c'est assez extraordinaire.
11:31Merci encore, merci aussi bien sûr à votre invité.
11:33Vous êtes toujours la bienvenue sur le plateau de la matinale de Mediapv.
11:36Merci.

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