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  • il y a 8 minutes
Dénonçant la politique de maintien de l’ordre face au mouvement lycéen, la sénatrice écologiste Mélanie Vogel demande au gouvernement de renoncer "à l'usage des LBD et des grenades". Pour sa part, le Premier ministre Sébastien Lecornu lui a reproché de ne jamais dénoncer les violences qui émaillent la contestation.

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Transcription
00:02Madame la Présidente, Mélanie Vogel pour le groupe Ecologie, Solidarité et Territoire.
00:08Merci Monsieur le Président.
00:10Monsieur le Premier Ministre, depuis un mois, la France a une chance immense.
00:15Sa jeunesse se lève.
00:17Et elle se lève pour la plus belle des causes.
00:19Pouvoir apprendre et préparer son avenir.
00:22Un avenir qu'elle veut juste, sans misère, sans discrimination et sans racisme.
00:27Et quelle a été votre réponse ?
00:29Le mépris d'abord.
00:31Celui des pouvoirs qui ont du mal avec la contestation.
00:34Vous les avez dit, manipulés, par la France insoumise.
00:37Certains ont dit, par les frères musulmans.
00:41Les lycéens n'ont pas besoin qu'on leur souffle leur colère.
00:45Ils la vivent déjà eux-mêmes, tous les jours.
00:48Dans des classes à 35, devant la chaise vide d'un professeur qui n'est jamais remplacé.
00:54Sous des plafonds qui s'effondrent dans des classes où il fait trop chaud l'été, trop froid l'hiver,
00:59avec au ventre l'angoisse de Parcoursup.
01:02Ce ne sont pas des marionnettes.
01:04Ce sont des citoyennes et des citoyens qui prêtent très fort le prix de vos choix politiques.
01:10Ensuite, plutôt que des réponses de fond, une répression inédite et inutile.
01:15Avec du matériel de guerre.
01:18Du matériel de guerre contre des enfants de 15 ans.
01:23Un Etat qui tire sur ses enfants est un Etat qui a déjà perdu.
01:28En 1986, il a fallu la mort de Malik Ousekine pour dissoudre les voltigeurs.
01:36N'attendez pas un drame interdisé dès maintenant définitivement l'usage des LBD et des grenades.
01:44Je veux maintenant m'adresser directement aux lycéennes et aux lycéens.
01:48Vous dire que sur ces bancs, nous sommes fiers de vous.
01:51Nous sommes fiers d'une jeunesse vivante, héritière d'une longue histoire de lutte.
01:55Que les mêmes qui vous ignorent et vous répriment saluent dès qu'elles sont loin.
01:59La marche pour l'égalité et contre le racisme.
02:02Le mouvement des cafards en Inde.
02:04Les lycées de Seine-Saint-Denis en 1990.
02:07Le mouvement de la jeunesse à l'origine de la révolution de velours.
02:09Les marches pour le climat, Euromaïdan à Kiev.
02:13Toujours on a dénigré la jeunesse.
02:15Toujours l'histoire lui a donné raison.
02:17Alors ne baissez pas les yeux.
02:19Votre voix est légitime et votre colère est juste.
02:25Pour vous répondre, la parole est au Premier ministre.
02:29J'aurai la nécessité de respecter le temps.
02:39Merci Monsieur le Président du Sénat.
02:41Mesdames et Messieurs les sénatrices et sénateurs.
02:44Madame la Présidente.
02:47Pas complètement certain d'avoir bien saisi votre question.
02:51J'en ai bien néanmoins compris le timbre et la tonalité.
02:56Deux minutes, plus de deux minutes, pas une seule condamnation de la violence.
03:01Deux minutes, pas une seule condamnation de la violence.
03:081000 policiers blessés, moins de 300 enseignants.
03:12Où est la gauche qui défendait les enseignants et les proviseurs ?
03:16Où est la gauche ?
03:17Même pas un mot pour condamner des tirs de mortiers sur des salles de classe.
03:24Mais je vais venir au fond dans un instant.
03:26Le fond que vous n'avez même pas d'ailleurs ouvert dans votre question.
03:28Pas une seule proposition.
03:31Parce qu'au fond, personne n'est dupe au bout de trois semaines.
03:34On voit bien aussi une classe politique qui est en train de courir après le mouvement
03:37pour essayer de le récupérer à des fins électorales.
03:44C'est le moment de la grande clarification Madame la Présidente.
03:47Oui, oui, ce mouvement au début a été instrumentalisé par vos ailliers de la France insoumise dans le Val-de
03:53-Marne.
03:54Oui.
03:56Je comprends que ça vous gêne.
03:58Est-ce que dans un deuxième temps, ce mouvement s'est généralisé ?
04:01La réponse est oui et sans la France insoumise.
04:03La vérité, toute la vérité.
04:05Troisième temps, est-ce que des violences urbaines inacceptables se sont installées et infiltrées dans le mouvement ?
04:11La réponse est oui.
04:13Est-ce que c'est à ce point difficile que de le condamner et de le reconnaître ?
04:17Et dernier point, aujourd'hui, en ce moment même, nous avons 200 lycées en France.
04:22Seulement, si j'ose dire, mais c'est déjà trop, 200 lycées, dans lequel la situation est en train de
04:27s'enquister avec une violence inédite.
04:30Est-ce que ça, ça correspond au droit de manifester, au droit de grève et à toutes les expressions que
04:35la démocratie sociale autorise par notre Constitution ?
04:38La réponse est non. Lorsque les organisations syndicales étudiantes ou lycéennes déposent auprès des préfectures, auprès du ministère de l
04:45'Intérieur,
04:45des demandes de manifestation, elles sont autorisées.
04:48Et pour quelles raisons ? Parce que précisément, elles sont sécurisées.
04:51Mais, mesdames, messieurs les sénateurs, ne jouez pas double jeu.
04:55Vous jouez double jeu avec vos alliés de la France insoumise sur ce sujet depuis le début.
04:58Vous soufflez sur les braises et ensuite, vous faites semblant de condamner la violence et même là, vous avez oublié
05:04de le faire.
05:05Cette hypocrisie fait du mal. Elle fait du mal à la France. Elle fait du mal aux services publics de
05:10l'éducation nationale.
05:11Et pardonnez-moi, puisqu'on va quand même parler du fond, puisque personne n'en a parlé dans votre question.
05:16Pardon, monsieur le président Cannaire, vous avez fait une question très, très large et très politique.
05:19C'est votre droit. Et désormais, c'est la deuxième question très large et très politique.
05:23Vous avez une plateforme en ligne qui permet de donner la parole aux lycéennes et aux lycéens.
05:27Elle a été accueillie avec beaucoup de mépris. 100 000 contributions.
05:31Monsieur Gontard, je pense que 100 000 lycéennes et lycéens méritent notre respect.
05:36Ils ont pris le temps de déposer, justement, des contributions.
05:40Qu'est-ce que nous apprenne, justement, la plateforme ?
05:43Parce qu'un peu de transparence, je pense, pourra peut-être aussi montrer que la classe politique, parfois, met des
05:47mots dans la presse
05:48qui ne correspondent pas à ce que la jeunesse vient nous dire par ailleurs.
05:51Souffrant d'humilité.
05:5279,9% des remontées de cette plateforme concernent l'organisation du temps scolaire et des emplois du temps
06:01avec une différence en fonction des lycées qui est absolument incroyable.
06:08Je suis en train de vous dire que la situation est différente d'un lycée à l'autre.
06:12Ça ne semble pas vous intéresser.
06:14Revenons à de la politique politicienne.
06:16Vous aurez bientôt des campagnes pour le faire.
06:17Ne vous inquiétez pas.
06:20Oui, je la regarde en face, justement.
06:21C'est ce que je suis en train de vous dire.
06:22Deuxième des choses, 51,5% des remontées concernent les problèmes bâtimentaires.
06:30Mais vous représentez les collectivités locales.
06:32Vous n'allez pas quand même jeter l'opprobre sur les élus régionaux, madame la présidente.
06:36Vous êtes sénatrice.
06:39Il faut savoir.
06:41Et pareil, puisqu'on se dit la vérité, les chiffres démontreront que la réalité est très différente d'un conseil
06:47régional à l'autre.
06:48Tout simplement parce que toutes les gestions ne se valent pas, madame la présidente.
06:52Et je sais de quoi je parle.
06:53J'ai repris une collectivité à la gauche qui a négligé le bâtimentaire collège pendant des années.
07:00Donc, vous voulez la transparence et le débat.
07:03Moi, je la propose, puisque depuis 15 jours, je vois l'extraordinaire politisation.
07:10Je ne suis pas surpris.
07:11Mais je pense qu'au bout d'un moment, rien ne résistera à la transparence.
07:16Et on peut continuer sur l'ensemble des contributions.
07:1728,4% sur les remplacements.
07:21Mais on aura le débat dans cet hémicycle.
07:23Pardon, mais la question de la démographie.
07:27Je le disais pour les sujets budgétaires, pour le ministre président Cannaire.
07:31Pour les lycées, vous aurez pratiquement 1,7 million d'élèves en moins d'ici 2035.
07:391,7 million.
07:41C'est un défi absolument incroyable.
07:46Et vous voyez bien les deux scénarios qui existent.
07:49Le premier, irréaliste et brutal, qui consiste à prendre tout le dévident démographique et à l'appliquer budgétairement à l
07:55'aveugle,
07:56en diminuant considérablement le nombre d'enseignants.
07:59Certains le proposent.
08:00Ou le mouvement complètement irréaliste et démagogue, qui consiste à dire, on se moque de la démographie, on ne change
08:08rien.
08:09Pardon, il y a un chemin entre les deux de sagesse.
08:12Un chemin de planification.
08:14Qu'est-ce que fait Edouard Jeffrey depuis six mois avec l'expérimentation dans les 18 départements ?
08:19Là aussi, quand on fait des visites ministérielles, on ne peut pas avoir des gens qui nous disent sur le
08:23terrain, votre truc est vachement bien.
08:24Puis quand on se retrouve ici, le taper politiquement avec beaucoup de cynisme, le double discours, ça suffit.
08:30Donc on le voit bien, la planification, comme on l'a fait dans les années 60-70, en se posant
08:35les bonnes questions,
08:36ne peut pas avoir un Sénat qui parfois, à l'automne, nous explique à nous, gouvernement, qu'on ne supprime
08:41pas assez de postes.
08:42Et parfois, les mêmes groupes qui font des questions au gouvernement en avril, en disant, il y a des classes
08:45qui ferment.
08:47Stop au double discours aussi.
08:49Donc, je le dis, ce gouvernement n'a pas d'échéance.
08:55Ce gouvernement n'a pas d'échéance électorale, ce qui lui donne une très grande liberté pour regarder, dès le
09:02mois de novembre et dès le mois de décembre,
09:04dans la plus grande clarté, dans la plus grande transparence, dans cet hémicycle, les modifications qui pourront être faites sur
09:09le budget de l'éducation nationale.
09:10Et là, on sera loin des grands discours, pour le coup, on sera avant le concret, amendement, contre-amendement,
09:15et pour le coup même, la présidente, j'ai été piqué au vif sur l'absence de condamnation de violence
09:19tout à l'heure,
09:20mais loyalement, les ministres et votre serviteur, nous serons à la disposition de tous les présidents de groupe ici,
09:25quels qu'ils soient, pour travailler, pour améliorer le budget de l'éducation nationale, mais sans démagogie.
09:31Sous-titrage Société Radio-Canada

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