00:02Madame la Présidente, Mélanie Vogel pour le groupe Ecologie, Solidarité et Territoire.
00:08Merci Monsieur le Président.
00:10Monsieur le Premier Ministre, depuis un mois, la France a une chance immense.
00:15Sa jeunesse se lève.
00:17Et elle se lève pour la plus belle des causes.
00:19Pouvoir apprendre et préparer son avenir.
00:22Un avenir qu'elle veut juste, sans misère, sans discrimination et sans racisme.
00:27Et quelle a été votre réponse ?
00:29Le mépris d'abord.
00:31Celui des pouvoirs qui ont du mal avec la contestation.
00:34Vous les avez dit, manipulés, par la France insoumise.
00:37Certains ont dit, par les frères musulmans.
00:41Les lycéens n'ont pas besoin qu'on leur souffle leur colère.
00:45Ils la vivent déjà eux-mêmes, tous les jours.
00:48Dans des classes à 35, devant la chaise vide d'un professeur qui n'est jamais remplacé.
00:54Sous des plafonds qui s'effondrent dans des classes où il fait trop chaud l'été, trop froid l'hiver,
00:59avec au ventre l'angoisse de Parcoursup.
01:02Ce ne sont pas des marionnettes.
01:04Ce sont des citoyennes et des citoyens qui prêtent très fort le prix de vos choix politiques.
01:10Ensuite, plutôt que des réponses de fond, une répression inédite et inutile.
01:15Avec du matériel de guerre.
01:18Du matériel de guerre contre des enfants de 15 ans.
01:23Un Etat qui tire sur ses enfants est un Etat qui a déjà perdu.
01:28En 1986, il a fallu la mort de Malik Ousekine pour dissoudre les voltigeurs.
01:36N'attendez pas un drame interdisé dès maintenant définitivement l'usage des LBD et des grenades.
01:44Je veux maintenant m'adresser directement aux lycéennes et aux lycéens.
01:48Vous dire que sur ces bancs, nous sommes fiers de vous.
01:51Nous sommes fiers d'une jeunesse vivante, héritière d'une longue histoire de lutte.
01:55Que les mêmes qui vous ignorent et vous répriment saluent dès qu'elles sont loin.
01:59La marche pour l'égalité et contre le racisme.
02:02Le mouvement des cafards en Inde.
02:04Les lycées de Seine-Saint-Denis en 1990.
02:07Le mouvement de la jeunesse à l'origine de la révolution de velours.
02:09Les marches pour le climat, Euromaïdan à Kiev.
02:13Toujours on a dénigré la jeunesse.
02:15Toujours l'histoire lui a donné raison.
02:17Alors ne baissez pas les yeux.
02:19Votre voix est légitime et votre colère est juste.
02:25Pour vous répondre, la parole est au Premier ministre.
02:29J'aurai la nécessité de respecter le temps.
02:39Merci Monsieur le Président du Sénat.
02:41Mesdames et Messieurs les sénatrices et sénateurs.
02:44Madame la Présidente.
02:47Pas complètement certain d'avoir bien saisi votre question.
02:51J'en ai bien néanmoins compris le timbre et la tonalité.
02:56Deux minutes, plus de deux minutes, pas une seule condamnation de la violence.
03:01Deux minutes, pas une seule condamnation de la violence.
03:081000 policiers blessés, moins de 300 enseignants.
03:12Où est la gauche qui défendait les enseignants et les proviseurs ?
03:16Où est la gauche ?
03:17Même pas un mot pour condamner des tirs de mortiers sur des salles de classe.
03:24Mais je vais venir au fond dans un instant.
03:26Le fond que vous n'avez même pas d'ailleurs ouvert dans votre question.
03:28Pas une seule proposition.
03:31Parce qu'au fond, personne n'est dupe au bout de trois semaines.
03:34On voit bien aussi une classe politique qui est en train de courir après le mouvement
03:37pour essayer de le récupérer à des fins électorales.
03:44C'est le moment de la grande clarification Madame la Présidente.
03:47Oui, oui, ce mouvement au début a été instrumentalisé par vos ailliers de la France insoumise dans le Val-de
03:53-Marne.
03:54Oui.
03:56Je comprends que ça vous gêne.
03:58Est-ce que dans un deuxième temps, ce mouvement s'est généralisé ?
04:01La réponse est oui et sans la France insoumise.
04:03La vérité, toute la vérité.
04:05Troisième temps, est-ce que des violences urbaines inacceptables se sont installées et infiltrées dans le mouvement ?
04:11La réponse est oui.
04:13Est-ce que c'est à ce point difficile que de le condamner et de le reconnaître ?
04:17Et dernier point, aujourd'hui, en ce moment même, nous avons 200 lycées en France.
04:22Seulement, si j'ose dire, mais c'est déjà trop, 200 lycées, dans lequel la situation est en train de
04:27s'enquister avec une violence inédite.
04:30Est-ce que ça, ça correspond au droit de manifester, au droit de grève et à toutes les expressions que
04:35la démocratie sociale autorise par notre Constitution ?
04:38La réponse est non. Lorsque les organisations syndicales étudiantes ou lycéennes déposent auprès des préfectures, auprès du ministère de l
04:45'Intérieur,
04:45des demandes de manifestation, elles sont autorisées.
04:48Et pour quelles raisons ? Parce que précisément, elles sont sécurisées.
04:51Mais, mesdames, messieurs les sénateurs, ne jouez pas double jeu.
04:55Vous jouez double jeu avec vos alliés de la France insoumise sur ce sujet depuis le début.
04:58Vous soufflez sur les braises et ensuite, vous faites semblant de condamner la violence et même là, vous avez oublié
05:04de le faire.
05:05Cette hypocrisie fait du mal. Elle fait du mal à la France. Elle fait du mal aux services publics de
05:10l'éducation nationale.
05:11Et pardonnez-moi, puisqu'on va quand même parler du fond, puisque personne n'en a parlé dans votre question.
05:16Pardon, monsieur le président Cannaire, vous avez fait une question très, très large et très politique.
05:19C'est votre droit. Et désormais, c'est la deuxième question très large et très politique.
05:23Vous avez une plateforme en ligne qui permet de donner la parole aux lycéennes et aux lycéens.
05:27Elle a été accueillie avec beaucoup de mépris. 100 000 contributions.
05:31Monsieur Gontard, je pense que 100 000 lycéennes et lycéens méritent notre respect.
05:36Ils ont pris le temps de déposer, justement, des contributions.
05:40Qu'est-ce que nous apprenne, justement, la plateforme ?
05:43Parce qu'un peu de transparence, je pense, pourra peut-être aussi montrer que la classe politique, parfois, met des
05:47mots dans la presse
05:48qui ne correspondent pas à ce que la jeunesse vient nous dire par ailleurs.
05:51Souffrant d'humilité.
05:5279,9% des remontées de cette plateforme concernent l'organisation du temps scolaire et des emplois du temps
06:01avec une différence en fonction des lycées qui est absolument incroyable.
06:08Je suis en train de vous dire que la situation est différente d'un lycée à l'autre.
06:12Ça ne semble pas vous intéresser.
06:14Revenons à de la politique politicienne.
06:16Vous aurez bientôt des campagnes pour le faire.
06:17Ne vous inquiétez pas.
06:20Oui, je la regarde en face, justement.
06:21C'est ce que je suis en train de vous dire.
06:22Deuxième des choses, 51,5% des remontées concernent les problèmes bâtimentaires.
06:30Mais vous représentez les collectivités locales.
06:32Vous n'allez pas quand même jeter l'opprobre sur les élus régionaux, madame la présidente.
06:36Vous êtes sénatrice.
06:39Il faut savoir.
06:41Et pareil, puisqu'on se dit la vérité, les chiffres démontreront que la réalité est très différente d'un conseil
06:47régional à l'autre.
06:48Tout simplement parce que toutes les gestions ne se valent pas, madame la présidente.
06:52Et je sais de quoi je parle.
06:53J'ai repris une collectivité à la gauche qui a négligé le bâtimentaire collège pendant des années.
07:00Donc, vous voulez la transparence et le débat.
07:03Moi, je la propose, puisque depuis 15 jours, je vois l'extraordinaire politisation.
07:10Je ne suis pas surpris.
07:11Mais je pense qu'au bout d'un moment, rien ne résistera à la transparence.
07:16Et on peut continuer sur l'ensemble des contributions.
07:1728,4% sur les remplacements.
07:21Mais on aura le débat dans cet hémicycle.
07:23Pardon, mais la question de la démographie.
07:27Je le disais pour les sujets budgétaires, pour le ministre président Cannaire.
07:31Pour les lycées, vous aurez pratiquement 1,7 million d'élèves en moins d'ici 2035.
07:391,7 million.
07:41C'est un défi absolument incroyable.
07:46Et vous voyez bien les deux scénarios qui existent.
07:49Le premier, irréaliste et brutal, qui consiste à prendre tout le dévident démographique et à l'appliquer budgétairement à l
07:55'aveugle,
07:56en diminuant considérablement le nombre d'enseignants.
07:59Certains le proposent.
08:00Ou le mouvement complètement irréaliste et démagogue, qui consiste à dire, on se moque de la démographie, on ne change
08:08rien.
08:09Pardon, il y a un chemin entre les deux de sagesse.
08:12Un chemin de planification.
08:14Qu'est-ce que fait Edouard Jeffrey depuis six mois avec l'expérimentation dans les 18 départements ?
08:19Là aussi, quand on fait des visites ministérielles, on ne peut pas avoir des gens qui nous disent sur le
08:23terrain, votre truc est vachement bien.
08:24Puis quand on se retrouve ici, le taper politiquement avec beaucoup de cynisme, le double discours, ça suffit.
08:30Donc on le voit bien, la planification, comme on l'a fait dans les années 60-70, en se posant
08:35les bonnes questions,
08:36ne peut pas avoir un Sénat qui parfois, à l'automne, nous explique à nous, gouvernement, qu'on ne supprime
08:41pas assez de postes.
08:42Et parfois, les mêmes groupes qui font des questions au gouvernement en avril, en disant, il y a des classes
08:45qui ferment.
08:47Stop au double discours aussi.
08:49Donc, je le dis, ce gouvernement n'a pas d'échéance.
08:55Ce gouvernement n'a pas d'échéance électorale, ce qui lui donne une très grande liberté pour regarder, dès le
09:02mois de novembre et dès le mois de décembre,
09:04dans la plus grande clarté, dans la plus grande transparence, dans cet hémicycle, les modifications qui pourront être faites sur
09:09le budget de l'éducation nationale.
09:10Et là, on sera loin des grands discours, pour le coup, on sera avant le concret, amendement, contre-amendement,
09:15et pour le coup même, la présidente, j'ai été piqué au vif sur l'absence de condamnation de violence
09:19tout à l'heure,
09:20mais loyalement, les ministres et votre serviteur, nous serons à la disposition de tous les présidents de groupe ici,
09:25quels qu'ils soient, pour travailler, pour améliorer le budget de l'éducation nationale, mais sans démagogie.
09:31Sous-titrage Société Radio-Canada