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  • il y a 11 heures

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Transcription
00:05Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Ouse vous décideur, le rendez-vous des entrepreneurs audacieux et qui innovent.
00:12L'entrepreneur qui fait bouger la France aujourd'hui, c'est vous Philippe Blanchard. Bonjour.
00:16Bonjour.
00:17Merci d'être avec nous. Vous êtes le fondateur et directeur général de Fit Retail que vous avez créé en
00:232018.
00:24C'est un cabinet d'accompagnement et de conseil indépendant qui compte aujourd'hui près de 70 collaborateurs à Lille
00:31et à Paris.
00:33Votre métier, c'est d'aider les marques de luxe et de mode à mieux organiser et faire circuler toutes
00:40les données liées à leurs produits.
00:42C'est-à-dire la conception, la fabrication, les collections, les références, etc.
00:46Vous les accompagnez aussi dans le choix, l'installation et l'amélioration des outils informatiques qui permettent de gérer ces
00:54informations.
00:55Et ce, évidemment, je vais dire plus qu'avec l'assentiment, mais avec la coopération des métiers créatifs.
01:02Vous pouvez nous en dire un peu plus ?
01:04Oui, bien entendu. Alors, vous l'avez dit, vous avez cité le mot des métiers créatifs.
01:08Donc, ce n'est pas au départ des gens qui ont une appétence particulière pour les technologies.
01:13Donc, notre mission principale, c'est vraiment de faire en sorte que ces gens-là profitent de la technologie puisqu
01:20'elles soient au service de leur créativité.
01:22Et donc, on a une méthode, une approche tout à fait particulière où nous, on vient mixer des doubles compétences.
01:28Donc, des consultants qui ont à la fois la connaissance des contraintes technologiques et puis qui connaissent également le métier
01:37du créatif.
01:38Et donc, cette approche de terrain, en fait, permet facilement de les acculturer et de leur permettre d'accepter les
01:44technologies.
01:45Alors, on ne peut pas citer de nom parce que c'est confidentiel, mais qui sont vos clients ? Quel
01:48genre de clients vous conseillez ?
01:50Alors, on a à la fois, il y a eu la première vague des clients qui sont venus sur les
01:53grandes marques de mode.
01:55Et puis ensuite, c'est le luxe qui, effectivement, a vu l'intérêt de digitaliser cette chaîne de produits.
02:01Et donc, petit à petit, on est entré dans les grandes maisons de luxe et les grands groupes que vous
02:06connaissez.
02:07Et effectivement, qu'on n'a pas l'autorisation de citer.
02:09Mais aujourd'hui, on a à peu près 35 clients actifs qui font partie de ces groupes de luxe et
02:15de ces grandes enseignes de la mode.
02:17Vous avez un peu le monopole, on peut dire ?
02:19Non, on n'a pas la prétention d'avoir le monopole.
02:21On a une singularité qui est, effectivement, la mode et le luxe.
02:27Et les gens avec lesquels il faut prendre le temps, il faut avoir de l'écoute.
02:30Et donc, on a cette approche très, je dirais, un peu artisanale.
02:34On prend en compte le besoin du client.
02:36Et puis ensuite, on propose des solutions et on accompagne.
02:40Justement, dans le secteur de la mode et du luxe, la digitalisation a été longtemps perçue comme un frein, justement,
02:47à l'artisanat.
02:47Vous venez de prononcer le mot. Pourquoi allier les deux, aujourd'hui, est-il devenu un enjeu très important ?
02:56C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la donnée produit, elle est stratégique.
03:01Elle est stratégique pour plusieurs raisons.
03:04Premièrement, parce qu'elle contribue à l'efficience de l'entreprise.
03:08Aujourd'hui, les entreprises, même les groupes de luxe, cherchent une meilleure maîtrise des coûts.
03:14Ils cherchent également à améliorer la mise en marché des produits.
03:16Et donc, il faut avoir une donnée produit qui soit fiable.
03:20Elle contribue aussi à mieux connaître son client.
03:22Qu'est-ce que mon client a acheté aujourd'hui et comment il vit avec le produit et qu'est
03:26-ce que je pourrais demain lui proposer ?
03:27Elle contribue à lancer de nouveaux modèles, que ce soit de produits ou de nouveaux modèles, en fait, de commercialisation.
03:35Et puis, elle intervient dans toute la chaîne de pilotage de la qualité et de la durabilité des produits.
03:41Donc, elle est devenue vraiment stratégique.
03:43Mais finalement, de quel constat êtes-vous parti pour vous dire je vais monter ce cabinet spécialisé dans cet accompagnement
03:50-là
03:50et singulièrement pour les maisons de mode et les maisons de luxe ?
03:54Alors, à titre personnel, j'ai toujours fait ce métier.
03:56J'ai toujours un intérêt pour la technologie, mais pour que la technologie serve à transformer l'entreprise, pour que
04:02ce soit un levier.
04:03Et en fait, au fil du temps, dans les métiers de service informatique et de conseil, on avait perdu un
04:09peu ce fil conducteur.
04:11Et en 2016-2017, c'est comme nous sommes originaires du Nord, il y avait un grand bassin d'entreprises
04:17textiles
04:18et de vente par correspondance.
04:20Alors, je peux les citer, c'est La Redoute à l'époque, qui justement cherchait un peu à digitaliser ses
04:24fonctions back-office.
04:25Et là, moi, j'ai identifié un besoin d'accompagnement global parce que c'était des équipes qui étaient un
04:30peu délaissées
04:31et qui n'avaient pas d'habitude justement de la technologie.
04:33Et on s'est dit, là, oui, il y a un signal faible, comme on dit dans la stratégie d
04:37'entreprise,
04:38qui s'est avéré positif.
04:40Et on a pu, nous, en fait, créer ce métier de consultant PLM et maintenant expert du système d'information
04:45produit.
04:46Alors, on parle de plus en plus du passeport numérique du produit et des normes RSE, bien sûr.
04:51En quoi ces obligations réglementaires transforment-elles la gestion des données de la conception jusqu'à la seconde vie du
05:00produit ?
05:01Alors, en fait, ce qui est nouveau avec ce passeport numérique, c'est qu'en fait, les entreprises vont devoir
05:07modifier la gestion de leurs données,
05:09mais surtout les agréger sur des systèmes qui sont très disparates.
05:12Ça veut dire que le cœur du développement produit, c'est ce qu'on appelle le PLM, dans le monde
05:17de la mode et du luxe.
05:18Mais on va devoir aller chercher aussi des données qui sont dans l'ERP,
05:21des données qui sont dans des plateformes de traçabilité,
05:24des données qui sont chez des fournisseurs, qui sont chez des partenaires externes.
05:28Il y aura besoin de collecter ces données et de rendre une donnée fiable,
05:33qui soit exposée à des systèmes externes,
05:37donc des organismes de conformité, des plateformes de collecte de données pour l'affichage numérique.
05:42Et aussi qu'ils soient restitués aux clients, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
05:45Mais ces affichages devront être mis à la disposition du client.
05:49Donc il y a une notion de justesse également de la donnée qui sera,
05:52et d'engagement de la marque au travers de cet affichage.
05:54Vous insistez beaucoup sur la notion d'interopérabilité des logiciels.
05:59Pourquoi est-il risqué de faire communiquer des systèmes d'information
06:04en bricolant, j'allais dire, des connexions point à point ?
06:08C'est vrai que quand on a démarré la société,
06:12on était dans l'ère de l'implémentation des PLM.
06:17Ces PLM communiquaient principalement avec le système de gestion principale,
06:22l'URP de l'entreprise, donc d'un point A à un point B.
06:26Juste un exemple, une très grande marque de mode française,
06:29avec qui j'étais ce matin, on échangeait sur ces connexions.
06:31Il faut imaginer que rien que cette connexion-là entre le PLM et l'URP,
06:35c'est 200 flux de données, donc ça multiplié par les...
06:39On imagine les données qui transitent.
06:41Et là, par rapport à ce qu'on évoquait tout à l'heure et le passeport numérique,
06:44on va devoir en fait non plus transiter une donnée d'un point A à un point B,
06:47mais la faire transiter d'un point A à un point B,
06:49puis d'un point B à un point C, puis éventuellement d'un point C à un point D,
06:53tout en l'enrichissant à chaque passage.
06:57Donc, nécessairement, on est face à une augmentation des volumes de données,
07:01et lorsqu'on a une architecture qui n'est pas interopérable ou qui n'est pas solide,
07:06on va faire face à des problématiques de maintenabilité,
07:09donc à des coûts qui vont exploser,
07:11et une perte d'agilité de l'entreprise finalement.
07:14Vous parlez de PLM, on peut parler de 3D aussi, d'intelligence artificielle,
07:18de nombreuses maisons investissent massivement dans des outils,
07:22mais parfois elles échouent à les industrialiser sur le terrain.
07:26Donc, comment vous débloquez la situation ?
07:28Oui, c'est vrai.
07:30On identifie trois causes principales d'échecs.
07:33La première, c'est, effectivement, on l'a cité en introduction,
07:37il y a une forme de perte de sens des équipes créatives.
07:40Elles sont dans le luxe, elles sont dans la création des produits.
07:42C'est une notion d'artisan, de fait-main, et on leur met une technologie.
07:47Donc ça, c'est la première cause.
07:48La deuxième, des projets qui sont trop longs.
07:50Et donc, finalement, le projet ne va pas au bout et ne voit pas le jour.
07:54Et on a perdu, finalement, la motivation des équipes tout du long du projet.
07:57Ou alors, on déploie le projet, mais on a oublié les équipes après et l'accompagnement.
08:01Donc nous, on essaye vraiment de traiter ces causes-là,
08:05tout en amont avec de la conduite du changement dès le début du projet,
08:09pour pouvoir on-border, embarquer l'ensemble des équipes.
08:12On s'assure, effectivement, de l'ensemble des équipes
08:14et des process qui vont être impactés par l'outil.
08:16Ça, c'est très important, c'est le point de départ.
08:19Ensuite, ce n'est pas l'outil qui dicte, finalement, la loi,
08:23mais c'est plutôt le process, l'organisation de l'entreprise.
08:26Et on va adapter l'outil, finalement, aux équipes, au terrain.
08:30Et on va aller jusqu'à revoir le process avec les équipes
08:33pour faire en sorte que tout ça fonctionne très bien.
08:36Et ensuite, à l'issue du projet, c'est de prendre le temps,
08:40d'accompagner les équipes, de les former.
08:41Et c'est sûr que, ce que je cite en introduction,
08:44notre double compétence, à la fois technologique et métier,
08:48fait que les contraintes de terrain, on les connaît.
08:50Donc, c'est plus facile d'embarquer les gens
08:52et de les accompagner dans les outils.
08:54Pour Fusay, vous dites d'être un simple revendeur de logiciels,
08:58vous revendiquez ce qu'on appelle, entre guillemets,
09:00une posture agnostique.
09:02Qu'est-ce que vous voulez dire ?
09:03Quelle est la valeur ajoutée, finalement, de cette indépendance,
09:06de votre indépendance pour vos clients ?
09:08Pour le client, c'est la garantie, quand on est très en amont,
09:12qu'il nous pose une problématique,
09:14ou il a besoin de faire des choix sur ses outils.
09:16C'est pour lui la garantie qu'on va avoir une neutralité
09:20par rapport aux différents acteurs du marché.
09:23C'est aussi, pour nous, la possibilité de discuter,
09:26je dirais, relativement tranquillement
09:28avec l'ensemble des éditeurs et des solutions de marché.
09:31Parce qu'effectivement, on n'a pas de choix préétablis.
09:34Donc, ça nous permet de discuter avec eux,
09:36de monter des partenariats, de se former.
09:39La seule concession qu'on fait par rapport à ça,
09:41c'est de se dire, une fois qu'on a identifié les leaders du marché,
09:44on ferme un peu le cercle et on fait gagner du temps à nos clients.
09:48Et dans la deuxième phase, le client,
09:50il sait qu'il peut aussi faire appel à nous
09:52sur les phases de mise en œuvre et d'accompagnement post-projet,
09:55puisqu'on a les expertises et les partenariats.
09:57Donc, finalement, il a un interlocuteur unique
09:59sur l'ensemble des phases de projet et il gagne du temps.
10:02Justement, quelles sont vos ambitions maintenant
10:04et vos leviers, d'ailleurs, pour vous imposer
10:06comme le partenaire stratégique
10:09et peut-être monopolistique des grands acteurs du luxe ?
10:13Alors, monopolistique, je n'y crois pas.
10:14Il y a toujours quand même de la concurrence
10:16et c'est toujours bon sur un marché d'en avoir.
10:18En tous les cas, on a essayé de tracer ça
10:21sur les cinq ans à venir, cette ambition.
10:23Continuer à accompagner les grands groupes de luxe
10:27et les grandes marques de mode dans leur développement
10:29et dans l'intégration des technologies, c'est le premier point.
10:33Le deuxième, beaucoup d'entre elles sont en train
10:35de se développer sur des nouveaux secteurs d'activité
10:38comme le parfum ou les cosmétiques.
10:40Donc, ils vont digitaliser ces process-là aussi.
10:43Donc, c'est de les accompagner sur ces nouveaux univers.
10:48Ensuite, c'est de nous développer à l'international.
10:50Alors, on a la chance, notamment,
10:51avec les groupes de luxe en France,
10:52d'avoir des sociétés qui sont déjà à l'international.
10:55Donc, ils nous emmènent un peu dans leur valise
10:58pour déployer des projets en Europe
11:00et très prochainement aux États-Unis.
11:02La phase suivante, ce sera peut-être
11:05d'investir dans des bureaux locaux
11:06une fois qu'on aura fait quelques projets
11:08et s'il y a un potentiel.
11:10Mais surtout, je dirais, c'est de préserver
11:12dans cette croissance notre ADN.
11:14Notre ADN, c'est cette double compétence
11:16dont je parlais, qui fait notre singularité.
11:18C'est cette approche sur mesure, très appréciée des clients.
11:23Et donc, c'est par l'enrichissement de l'offre
11:25qu'on va croître et pas par la croissance,
11:28pour dire de faire de la croissance.
11:29En une phrase, quelle est votre vision de l'excellence ?
11:33Ah, ce n'est pas facile, la vision de l'excellence.
11:38Moi, c'est des équipes métiers
11:41qui s'éclatent avec leurs outils informatiques.
11:45Philippe Blanchard, Fit Retail.
11:46Merci beaucoup d'avoir été avec nous aujourd'hui.
11:49Merci.
11:49Merci à vous.
11:50Je vous rappelle que cet entretien est à retrouver
11:53sur le site des échos, leséchos.fr
11:55et en replay sur wouzwoop.fr.
11:58À bientôt.
11:59Sous-titrage Société Radio-Canada

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