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  • il y a 25 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Générique
00:06Il est 22h33, vous êtes dans BFM Grand Soir et nous accueillons notre deuxième grand invité.
00:13Bonsoir Olivier Besancenot.
00:14On va évidemment essayer de comprendre ce qui se profile demain, cette journée de mobilisation du 17 octobre sur fond
00:21de colère contre la vie chère.
00:23Plusieurs profils, il y aura des lycéens évidemment, des syndicats, des responsables politiques, des gilets jaunes aussi, des profils hétéroclés
00:32dont on parlera dans un instant.
00:33Mais vous qui annoncez depuis un certain temps ou qui parlez depuis un certain temps de la cristallisation des colères,
00:41est-ce qu'on y est selon vous ? Est-ce que c'est le grand jour ?
00:44C'est en tous les cas le test de la journée de demain.
00:46C'est de savoir si oui ou non il y a une coagulation des colères qui sont en effet chacune
00:52avec leur singularité, leur particularité, mais qui touche à quelque chose de commun,
00:56qui est une espèce d'aspiration à la justice sociale, d'une révolte contre la vie chère, une aspiration à
01:03une répartition égalitaire des richesses.
01:06Je veux dire une aspiration aussi de grande dignité, parce qu'on met cet élément souvent de côté.
01:10Mais je pense qu'il y a aussi le ras-le-bol généralisé d'être infantilisé avec ce ton condescendant
01:16du pouvoir politique qui en gros, dès qu'il y a une mobilisation,
01:20quel que soit le secteur de la société, nous prend de haut en nous expliquant qu'en gros on ne
01:24comprend pas les enjeux géopolitiques, les enjeux économiques, les enjeux démographiques.
01:28Bref, on n'a rien compris à l'histoire.
01:30Là c'est aussi une manière de dire, si en fait on comprend, on comprend qu'en réalité, quelles que
01:33soient les difficultés sociales, politiques, économiques du moment,
01:36et personne ne l'est ni, la France reste une grande puissance économique, et qu'on constate tous et toutes
01:41que depuis des années et des années,
01:42il y a des gens qui se sont bien mis, qui se sont bien servis, qui se sont bien engraissés
01:47sur le dos de la situation économique,
01:49que ça aille ou que ça aille pas, et que c'est toujours la majorité de la population qui payait
01:52ça.
01:53Je crois que c'est un point commun. Maintenant, c'est l'enjeu de la mobilisation.
01:57Oui, l'enjeu de la mobilisation, on en parlera, mais vous diriez que le lien entre toutes ces personnes aux
02:01revendications variées,
02:02c'est le sentiment de se sentir incompris, de ne pas se sentir respecté aussi.
02:08La notion de dignité pour vous, elle est importante.
02:10Je pense que c'est un ressort très fort, parce que quand on discute avec les uns et les autres,
02:13c'est le point commun.
02:14C'est-à-dire, en gros, vous écoutez le pouvoir politique, quelle que soit la lutte, il y aura des
02:17paysans aussi demain par exemple,
02:19c'est jamais le bon moment, on n'a jamais rien compris à ce qu'on revendique nous-mêmes.
02:24Donc, c'est une manière de dire, en gros, ou alors, si vous demandez les choses, demandez-nous-les dans
02:30des codes qui sont les nôtres
02:31et de toute façon qui ne peuvent jamais aller très loin.
02:33Donc, on nous répond par des choses qui ne sont jamais des réponses politiques, qui sont des éléments de langage,
02:37et puis qui sont souvent des réponses répressives, parce que la seule annonce politique du jour, à la veille de
02:43cette journée,
02:44c'est, en gros, qu'on pourra éventuellement utiliser des grenades assourdissantes.
02:48C'est-à-dire qu'une fois encore, c'est le ministère de l'Intérieur qui est en pointe.
02:51Alors là, est-ce que le raccourci n'est pas un peu facile de dire que la seule réponse à
02:55cela, c'est...
02:55Je ne sais pas, vous avez entendu une... Est-ce qu'il y a une autre annonce...
02:57Est-ce que ce n'est pas deux sujets différents ?
02:59Non, ça devrait l'être, mais là, est-ce qu'il y a une autre annonce politique aujourd'hui de
03:02la part du pouvoir,
03:03par rapport à la journée qui s'annonce demain ?
03:04Ah, on verra, peut-être qu'il y en aura une dans la foulée demain soir.
03:06Non, non, je vous parle d'aujourd'hui, là, je vous parle d'aujourd'hui, à la veille, je constate
03:09que, pour l'instant,
03:10ce n'est pas l'éducation nationale qui sort du bois, ce n'est pas le cornu qui sort du
03:12bois,
03:13c'est encore moins Emmanuel Macron qui sort du bois, comme toujours, on se retranche derrière des dispositifs policiers.
03:18Mais moi, ce qui m'intéresse, c'est comment, en effet, cette mayonnaise qui pourrait être difficile à prendre,
03:22a priori, parce qu'on parle de secteurs très différents, et bien, malgré tout, elle est là.
03:26Voilà, et je pense que...
03:26Et ça, j'aimerais qu'on en parle avant de parler de la dimension sécuritaire,
03:29parce que je pense que c'est important de ne pas mélanger les deux,
03:33et d'essayer de comprendre si, effectivement, il est en train de se passer quelque chose d'inédit.
03:37Mais surtout, moi, j'avais une question, c'est le mot coagulation qui me faisait réagir,
03:43mais peut-être que je peux vous la poser après, parce que, est-ce que vous ne craignez pas, justement,
03:48aussi une dilution de ces revendications, et notamment de celles des lycéens,
03:51sans qui, peut-être, sans leur mobilisation, peut-être que cette journée n'aurait pas l'écho qu'elle a,
03:56en tout cas aujourd'hui, mais ce n'est pas la question que vous me posez, Alice.
03:58Sur les profils de demain, alors, on parlait des cortèges tout à l'heure,
04:01et de la forme que va prendre cette journée, et de sa physionomie,
04:05qui est extrêmement difficile à appréhender, à part des cortèges,
04:09donc on connaît les parcours qui ont été autorisés,
04:11beaucoup de manifestations, de mouvements qui risquent d'être spontanés,
04:15des déambulations, des choses sporadiques.
04:18Sur les profils, c'est un peu la même chose, c'est-à-dire qu'il y a les cortèges
04:22officiels,
04:23avec des syndicats, la CGT, le NPA, Sud Rail, Sud Educ,
04:28certains partis politiques, LFI, l'EPS, les communistes, très vraisemblablement,
04:34des lycéens, des étudiants, et encore, et encore, on verra s'ils suivent le cortège
04:38et le parcours qui a été proposé à l'Interfac,
04:41ce n'est pas forcément acquis, parce que ça ne leur convient pas,
04:44le cortège qui leur a été proposé, des gilets jaunes, on l'a vu,
04:48anciens ou nouveaux, des infirmières, des aides à domicile, des VTC,
04:52les agriculteurs, vous l'avez dit, de la Confédération Paysanne,
04:55peut-être des retraités, et puis à côté de ça, on ne sait pas.
04:58Et ce que craignent les renseignements territoriaux,
05:01c'est ce qu'appelait cet après-midi sur votre antenne,
05:04le général Bonneval, les opportunistes,
05:06ce que les renseignements territoriaux appellent, entre autres, les éclaireurs,
05:09c'est-à-dire des équipés à deux roues,
05:12qui font le tour des manifestations,
05:14et qui cherchent des opportunités pour s'infiltrer, etc.
05:17On a appris tout à l'heure, par exemple, qu'à Marseille,
05:19les renseignements territoriaux de Marseille,
05:21c'est une information que je vous donne,
05:23les renseignements territoriaux de Marseille sont inquiets de ce type de débordement.
05:26Ça, c'est le risque de débordement,
05:28mais sur les profils et la coagulation des colères,
05:30justement, dont vous voulez parler, Hélène,
05:32pourquoi est-ce que ce serait le bon moment ?
05:35Est-ce que vous pensez qu'effectivement,
05:36la contestation lycéenne a pu un peu accélérer les choses
05:40et donner un tremplin à cette coagulation des colères ?
05:43Parce que la mobilisation lycéenne est étudiante,
05:45on oublie de le dire, mais c'est déjà une mobilisation étudiante,
05:48c'est très très profond,
05:49donc c'est une mobilisation de la jeunesse.
05:50D'ailleurs, si on prenait le soin de sortir un peu des frontières,
05:53il y a aussi des mobilisations en Belgique, en Italie,
05:55et des mobilisations en Espagne,
05:56c'est une mobilisation qui nous montre la voix,
05:58parce qu'elle est décomplexée, parce qu'elle est joyeuse,
06:00parce qu'elle n'a pas le poids des échecs successifs sociaux et politiques sur les épaules,
06:05et qu'elle dit « maintenant on y va ».
06:07Maintenant, c'est la fin d'une période, c'est la fin d'un cycle,
06:09il faut en inventer une nouvelle,
06:10avec là aussi, en toile de fond, le bilan politique long de la Macronie,
06:14du fait qu'en gros, c'est toujours au même qu'on demande des sacrifices,
06:17et à la minorité, on ne leur demande rien,
06:19si ce n'est de continuer à se gaver sur le dos de la majorité.
06:21Il y a ça aussi qui est quand même très très fort,
06:23et ça, ça montre la voix.
06:24Par ailleurs, le 17, vous vous souvenez que la journée du 17,
06:26elle était plantée dans le décor, avant le même.
06:29Donc c'est pour ça que je parle de coagulation, d'agrégation.
06:32Vous pensez que c'est le jour J ?
06:33Non, pour moi, l'enjeu, en tous les cas,
06:35je ne lis pas dans le marre de café,
06:36l'enjeu, c'est que ce soit le début d'une généralisation du mouvement,
06:40c'est-à-dire que par la pratique,
06:42on arrive à dénouer,
06:44dans le respect à la fois des particularités de chacun et de chacune,
06:47mais en même temps, un objectif commun,
06:49avec des coordinations démocratiques,
06:51tout ça, ça ne se décrète pas, ça ne s'invente pas.
06:53Mais vous, par exemple, vous serez avec qui ?
06:54Aux côtés de qui ?
06:55Moi, j'irais à République, j'irais dans les cortèges,
06:58tout à l'heure, je vous écoutais parler,
07:00il n'y a jamais de reproduction exacte de ce qui s'est passé avant.
07:03Par exemple, les manifestations des Gilets jaunes,
07:04vous alliez une manifestation de Saint-Bi,
07:06sincèrement, vous m'auriez posé la question la veille,
07:07je vous aurais dit, je vais là, alors qu'en réalité, le lendemain...
07:09On ne le savait pas, exactement.
07:11Parce que voilà, dans ce type de moment-là,
07:14il y a tout qui se réinvente, voilà.
07:15Et le fait que, justement, des figures des Gilets jaunes ressurgissent...
07:19Je pense que c'est très important.
07:20C'est le signe de quoi ?
07:21De ça, c'est-à-dire qu'on a besoin de neuf,
07:25mais on ne fait pas du neuf qu'avec du neuf.
07:27C'est-à-dire que ce qui s'est passé les années précédentes,
07:30les conflits sociaux précédents,
07:31ça aide aussi à comprendre ce qui n'a pas marché.
07:33Donc, il y a eu des grandes mobilisations,
07:34il y a eu les Gilets jaunes, il y a eu le mouvement des retraites...
07:36Il y a eu des réponses aussi, politiques, au mouvement des Gilets jaunes.
07:39Oui, enfin, elles ont été quand même largement...
07:41Enfin, je me souviens, les doléances, ce qu'on en a fait,
07:43on pourra en faire des tonnes,
07:44mais je pense que tout le monde a le sourire
07:45à chaque fois qu'on sait quel est le vrai bilan.
07:47D'ailleurs, les figures des Gilets jaunes sont les premiers à dire,
07:49c'est le moment, il faut y aller.
07:51Donc, je vous dis, il y a quelque chose au long cours qui se dessine.
07:54Et puis, c'est aussi que le réel se rappelle...
07:56C'est une espèce, j'allais dire, c'est un mouvement qui signe la fin
07:59d'une espèce d'illusion générale
08:02où la classe dominante pensait que son discours dominant,
08:05donc, avait le sentiment de tous et toutes.
08:07Et c'est comme une bulle, à un moment, ça éclate.
08:09Et c'est ce qui est en train de se passer.
08:10Et d'ailleurs, je crois que le pouvoir politique...
08:12Mais donc, si c'est un échec de mobilisation demain,
08:14Olivier Besançon, ça veut dire que ce sentiment dont vous parlez
08:17n'est pas le sentiment dominant en France, du coup ?
08:19Non, mais là, pour le coup, je vous dis, demain, ça ne sera pas ça.
08:23Ce ne sera pas Bloquons-Tout qui a eu lieu...
08:26Oui, c'est une autre tentative absolument qui se greffe aussi
08:29avec des collectifs qui se greffent à ça.
08:31Mais ça va être un poids supplémentaire.
08:32Il y aura des mobilisations.
08:33Il y a le 5 novembre qui est déjà dans l'air.
08:36Voilà, donc, si vous voyez, c'est le début d'une autre phase,
08:39de quelque chose de nouveau.
08:40Et puis, le réel, c'est rappeler aussi du fait que
08:43la préoccupation concrète de la majorité de la population,
08:45c'est de remplir son frigo.
08:46C'est qu'en France, aujourd'hui, il y a une personne sur trois
08:49qui renonce aux soins, faute de moyens.
08:51Il y a un travailleur sur cinq ou une travailleuse
08:53qui cherche un emploi.
08:54Il y a une personne sur huit qui est en dessous du seuil de pauvreté.
08:56C'est aussi ça, ce bilan politique réel dont on parlait peu.
09:00Et il faut, en effet, des irruptions sociales
09:01pour que, même le discours politique,
09:04il soit amené, un temps soit peu, à revenir après sur terre.
09:07C'est quoi le précédent ?
09:07Et après, je vous laisse la parole, Victor.
09:08C'est quoi le précédent, selon vous, la dernière fois
09:10qu'on s'est retrouvés à un tel moment ?
09:13C'était justement la crise des Gilets jaunes ?
09:14Ou vous diriez que...
09:15Moi, je n'ai pas de précédent comme ça.
09:18Parce que, par exemple, en pleine campagne électorale,
09:22je crois que c'est inédit.
09:23C'était un peu chacun dans son couloir, quand même.
09:25Souvent, c'était chacun dans son couloir
09:27pour les expériences précédentes.
09:28Mais pas tout à fait, parce que ce travail d'unification,
09:30il ne tombe pas que du ciel.
09:32Il y a eu des collectifs qui pouvaient travailler ensemble.
09:34Mais en pleine campagne électorale, sincèrement,
09:38je n'ai pas souvenir que ça soit déjà arrivé.
09:40Parce qu'en général, une campagne électorale,
09:41c'est les rouages institutionnels qui sont en place,
09:44c'est les machines huilées des gros partis qui sont en place.
09:46Et en général, ça a tendance à écrase.
09:48C'est un côté exutoire.
09:49Absolument.
09:50Olivier Besancenot, là où le timing est plutôt bon,
09:53ou mauvais si on est au gouvernement aujourd'hui,
09:54mais là où le timing est plutôt bon,
09:56c'est qu'il y a la discussion budgetaire aujourd'hui,
09:57que c'est là que se joue,
09:58c'est là que se passe le nerf de la guerre,
09:59là où on va chercher de l'argent.
10:01On sait, on est face à un budget assez serré.
10:03Alors, vous avez parlé de taxer les riches,
10:04mais en l'État, le statu quo,
10:06c'est un budget très serré.
10:08On parlait de coagulation, de toutes les luttes
10:10qui pourraient s'accumuler les unes aux autres.
10:12Est-ce qu'il n'y a pas aussi des oppositions d'intérêt
10:14parmi toutes ces luttes ?
10:15Est-ce qu'il n'y a pas des gens qui veulent tirer la couverture à soi ?
10:17Je pense à chaque corps de profession,
10:19chaque corps de métier qui va défiler
10:20et qui voudrait plus d'argent pour son corps de métier
10:23et celui d'en face, il faudrait lui en donner un peu moins.
10:26Écoutez, je ne sens pas ça, peut-être que je me trompe,
10:28mais je ne crois pas que ce soit le danger catégoriel
10:30qui l'emporte là tout de suite.
10:31C'est plutôt la volonté d'y aller ensemble
10:33parce qu'il y a aussi ce...
10:34Quand on parlait, on a commencé sur la dignité, etc.
10:36Mais on a aussi un pouvoir politique qui n'aime personne
10:40à part la minorité qui s'engraisse.
10:42C'est un gouvernement qui a commencé son mandat dès le départ
10:44à s'en prendre aux jeunes en leur faisant la poche,
10:46en fixant notamment sur les APL.
10:49C'est un gouvernement qui n'aime pas les chômeurs
10:50avec les différentes réformes sur l'assurance chômage
10:52qui sont tombées.
10:53Les précaires non plus.
10:55Or la précarité touche en majorité les femmes, par exemple.
10:57C'est un gouvernement qui n'aime pas les anciens
10:58puisqu'on parle aussi de ponctionner les retraités,
11:01qui n'aime pas les salariés
11:02puisque les forces de l'ordre ont été envoyées sur les pompiers,
11:06sur les infirmières,
11:08sur des salariés qui résistaient contre leur fermeture d'usine.
11:10C'est aussi contre les gilets jaunes.
11:13Donc en fait, on a l'impression que c'est un gouvernement
11:15qui depuis le départ...
11:17Enfin, pouvoir politique,
11:18parce que ça dépasse le gouvernement actuel.
11:19Et d'ailleurs, ça dépasse même Emmanuel Macron.
11:21Les députés sont visés aussi lorsqu'on dit ça ?
11:24La majorité qui l'a soutenu.
11:25Mais là aussi, on pourrait parler de la crise politique.
11:27Oui, c'est ce que j'allais dire.
11:28Il y a un élément de crise...
11:30D'ailleurs, peut-être que demain...
11:32On se demande si on peut même attendre le premier tour de la présidentielle.
11:36Est-ce qu'il ne faudrait pas une présidentielle anticipée ?
11:39Est-ce que cette tension-là, cette colère-là...
11:43Je ne sais pas s'il faut anticiper, mais vous avez raison.
11:45Là, il y a une partie de la population qui n'a pas envie d'attendre
11:47pour que les revendications soient plantées dans le décor.
11:50Je vous disais, on a un pouvoir politique
11:52qui n'a fait que défendre sa classe ouvertement
11:53et qui pensait que ça allait passer crème.
11:55Et au bout d'un moment, je vous dis, cette bulle-là, elle explose.
11:57Ça, ça ne se décrète pas.
11:58Il n'y a pas un militant politique même qui pourrait vous dire
12:00que ça se décrète.
12:01Il y a un moment, ça surgit, ça arrive.
12:04Ça ouvre une situation politique nouvelle.
12:06Puisque, en effet, on parlait en souriant
12:08de qu'est-ce qui reste de la majorité politique.
12:10Mais peut-être que demain, d'ores et déjà,
12:12la crise sociale se transforme en crise politique.
12:14Peut-être que c'est aussi ça.
12:15Parce que, je vous dis, le pouvoir politique,
12:17je pense que c'est le seul secteur de la société
12:20qui ne comprend pas ce qu'il y a en train de...
12:21Ou alors...
12:22Qu'est-ce que vous appelez exactement crise politique ?
12:24Quand vous avez un pouvoir politique qui semble ne pas voir
12:27ce qui est en train de se passer,
12:28c'est-à-dire qui joue la montre,
12:29qui ne joue que la répression.
12:31Mais vous savez que, je veux dire,
12:34c'est des choses qui se jouent à deux.
12:35Vous avez un pouvoir politique qui se dit
12:36on va jouer la montre et puis finalement,
12:37tout ça, ça va s'endormir.
12:39On pourrait quand même partir de l'hypothèse
12:40que ce n'est pas vraiment ce qui est en train de se passer.
12:43Plus vous jouez la montre, plus vous prenez le risque
12:45qu'en effet, il y ait différents secteurs de la population
12:48qui se disent, là, maintenant, c'est le moment
12:50et vous n'aurez pas simplement des revendications
12:51sur l'éducation nationale,
12:52mais il y a toutes les revendications
12:53qui risquent de ressortir.
12:55Ça, ça se transforme en crise politique
12:56où je ne sais plus lequel de vous deux parlait du budget,
12:58mais c'est, je veux dire,
13:00c'est le budget, le budget, le corps nul,
13:02là, il est au pied du mur
13:03puisque c'est un budget qui nous fait plus
13:05dit on va serrer la ceinture
13:07et puis là, vous avez la jeunesse qui dit
13:08bah non, tout ça, c'est terminé.
13:11Maintenant, vous allez rouvrir les vannes
13:12pour satisfaire les besoins sociaux.
13:14C'est aussi ça qui est...
13:15Sauf qu'effectivement,
13:15la marge de manœuvre de ce gouvernement est réduite.
13:18Votre intuition à vous, c'est quoi ?
13:19Est-ce que ça peut attendre le premier tour
13:21de la présidentielle
13:22où il va falloir que...
13:23Est-ce qu'il faut une destitution ?
13:25Est-ce qu'il faut une présidentielle anticipée ?
13:26Alors, vous m'avez déjà posé la question
13:28sur le calendrier électoral.
13:29Moi, ce qui m'intéresse,
13:30c'est ce que ça produit politiquement.
13:32Là, on n'en est pas là.
13:33Je vous dis, je peux, je pense,
13:35ne pas me tromper en disant
13:36que la crise politique,
13:37elle est au rendez-vous demain.
13:39Tel que j'entends le pouvoir politique
13:40se positionner aujourd'hui,
13:42c'est qu'il ne comprend pas
13:42que là, il y a quelque chose
13:43de très profond.
13:44Mais comment répondre
13:45quand les revendications sont si nombreuses ?
13:48C'est ça aussi qui est compliqué ?
13:49Comment répondre ?
13:50Par quoi commencer ?
13:52Je sais que tout le monde
13:52n'est pas raccord sur ça
13:53dans la gauche sociale et politique.
13:55Il y en a qui s'effraient à l'idée
13:56que s'il n'y a pas une revendication
13:57carrée et phare...
13:59Moi, j'ai toujours pensé
14:01qu'en général,
14:02je fais confiance à la pratique collective
14:03et que précisément,
14:04chacun et chacune est capable
14:05de comprendre
14:06qu'on a des éterrés communs
14:07et que l'imagination,
14:08elle est capable de produire
14:10plein de choses.
14:11Mais par contre, si...
14:12Mais si le gouvernement
14:13devait vous demander conseil,
14:15vous lui diriez de commencer par quoi ?
14:16Pour rien vous cacher,
14:17je pense qu'il ne le fera pas.
14:18Je sais.
14:18Et là, vous vous placez du côté
14:20de ceux qui...
14:21Non, mais il devrait simplement comprendre...
14:22Écoutez...
14:22Par quoi faut-il commencer ?
14:24Mais comprendre !
14:25Mais même de leur point de vue,
14:26même avec un point de vue réacte de droite,
14:29il devrait être capable de comprendre
14:29qu'il y a quelque chose
14:30qui se passe dans le pays.
14:31Alors, en parlant d'un point de vue de droite,
14:33je voudrais vous faire écouter un...
14:33Quand l'international est chanté
14:34devant la faculté d'Assas,
14:36quand vous avez l'Institut catholique
14:38qui se mobilise,
14:39il peut quand même se dire
14:40quand vous avez même...
14:42Des lycées privées catholiques aussi.
14:44Ou des enfants de ministres
14:46probablement doivent faire leurs études,
14:47ils pourraient peut-être se dire le soir...
14:49Bon, il y a quelque chose qui se passe...
14:52Il faudrait peut-être penser
14:54à une issue politique
14:55qui ne sera probablement pas celle
14:56que j'envisage,
14:57mais penser à une issue politique.
14:58Là, au moment où je vous parle,
15:00je crois que ce n'est même pas
15:00dans leur état d'esprit.
15:01Et ça, en général,
15:03c'est la marque d'une crise politique.
15:04Et la crise politique,
15:05on sait quand elle commence,
15:06on ne sait jamais
15:06quand elle se termine,
15:08ni comment.
15:08C'est pour ça que je ne pouvais pas
15:09répondre à votre question.
15:10Il ne s'agit pas de la décréter,
15:11c'est des processus.
15:12Mais à minima,
15:14il faudrait, selon vous,
15:15revoir ce budget de Sébastien Lecornu,
15:18revoir cette rigueur budgétaire
15:20qu'il impose,
15:21et mettre en place
15:22de nouvelles mesures
15:23qui coûteraient encore plus cher.
15:25Mais plus cher à qui ?
15:26En fait, là, je voyais
15:27l'économiste Zuckman,
15:29non, mais qui expliquait
15:30qu'en fait,
15:31la nature du déficit,
15:32l'origine du déficit,
15:33ce n'est pas les dépenses publiques
15:34qui augmentent dans le PIB,
15:36puisque depuis 2017,
15:37en réalité,
15:38elles n'augmentent pas dans le PIB,
15:39elles sont stables.
15:40Ce sont les recettes fiscales
15:42qui ont perdu deux points du PIB.
15:43Pourquoi ?
15:44Parce que le pouvoir politique
15:45a décidé de défiscaliser
15:47les plus riches,
15:48de défiscaliser le capital
15:49et les profits
15:50de manière générale.
15:51Ça crée un déficit,
15:52l'État dit
15:53on est au bord du gouffre,
15:54du coup,
15:54on est endetté,
15:56on emprunte acquis
15:56au marché financier.
15:57Alors ça,
15:58le pouvoir politique,
15:58parler au marché financier,
16:00il save faire.
16:01Et c'est bien le problème politique.
16:02C'est qu'on a,
16:03aujourd'hui,
16:04un pouvoir,
16:04Emmanuel Macron,
16:05qui ne sait parler
16:06qu'au marché financier,
16:07et je crois
16:08qu'il est dans l'incapacité totale,
16:09ne serait-ce que de s'adresser
16:11à la majorité de la population.
16:12Sur le risque sécuritaire,
16:14quand même,
16:14une question,
16:15comment faire en sorte
16:16que ça se passe bien ?
16:17Est-ce qu'il est encore possible
16:18que ça ne dégénère pas ?
16:19Oui,
16:20je pense que d'abord,
16:21de notre côté,
16:21la réponse est le nombre,
16:22le nombre et le nombre,
16:23parce que plus on est nombreux,
16:24mieux ça se passe.
16:25Et puis la réponse,
16:26l'autre élément,
16:27ça,
16:27ça ne dépend pas de moi,
16:28c'est le dispositif
16:29qui sera mis en place
16:29et la nature
16:31de la volonté politique,
16:33sécuritaire ou pas,
16:34du pouvoir politique.
16:34J'ai cru comprendre
16:36qu'on était plutôt partis
16:37sur cette piste-là.
16:38Après,
16:38ils ont peut-être
16:39toute la nuit
16:39pour réfléchir.
16:40Est-ce que vous pouvez entendre
16:41que le ministre de l'Intérieur
16:42ait répondu
16:44aux demandes
16:45des syndicats de police
16:46qui voulaient
16:47que les grenades assourdissantes
16:48soient de nouveau autorisées
16:50alors qu'elles avaient été
16:52interdites temporairement ?
16:53Et on sait pourquoi
16:54elles avaient été interdites
16:55temporairement.
16:56Vous en avez parlé,
16:56je crois,
16:56dans le débat juste avant.
16:58C'est une vieille histoire,
16:59par ailleurs.
17:00Donc ça aussi,
17:00c'est un signal politique très fort.
17:02C'est quoi ?
17:02C'est une provoque ?
17:03Oui,
17:03mais du pouvoir politique.
17:06Pas des forces de l'ordre.
17:07Mais c'est-à-dire que moi,
17:09on pourrait tomber,
17:09si vous voulez,
17:10dans le piège
17:11qui nous est tendu
17:12de penser qu'en fait,
17:12nos seuls interlocuteurs,
17:13c'est les forces de l'ordre.
17:14Non.
17:15Moi,
17:16en tant que militant politique,
17:17et parfois je me fais violence
17:18pour toujours penser ça,
17:19j'essaie de me dire
17:20non,
17:20le problème,
17:21il est politique,
17:22ça vient du gouvernement,
17:25ça vient d'Emmanuel Macron,
17:26qu'on entend peu
17:26ces derniers temps
17:27sur une question
17:28qui,
17:28de toute façon,
17:29le poussera d'une manière
17:30ou d'une autre
17:30à se prononcer.
17:31Parce que s'il compte faire
17:32comme les gilets jaunes,
17:33je lui souhaite bien du courage.
17:35Merci Olivier Péronceau.
17:36Merci d'avoir été avec nous
17:38et on se retrouvera
17:39pour en parler,
17:40évidemment.
17:41Vous revenez.
17:41Il y aura une suite,
17:42bien sûr.
17:42Il y aura une suite,
17:42c'est ce que vous dites,
17:43quelle que soit la mobilisation,
17:44mais vous dites aussi
17:45qu'il n'y aura pas d'échec
17:46de mobilisation.
17:47Vous y croyez pour le coup.
17:48Oui, j'y crois.
17:49Merci d'avoir été avec nous
17:51et merci à tous les deux.
17:52On se retrouve tout à l'heure.
17:54Vous, je vous retrouve tout à l'heure.
17:55Hélène, on se retrouve demain.
17:57Merci beaucoup
17:57d'avoir été avec nous.

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