00:00Applaudissements
00:06Premier ministre, vous connaissez très certainement cette phrase définitive du général de Gaulle sur le dernier président de la Troisième
00:14République.
00:16Comme chef d'État, au fond, deux choses lui manquaient. Qu'il fût un chef et qu'il y eut
00:22un État.
00:23Samedi, le 17 octobre dernier, la France a connu une sorte de débâcle.
00:28On l'a dit, on a énuméré ce fiasco. D'abord des commerces pillés, saccagés, des bâtiments publics incendiés, des
00:39policiers souvent agressés brutalement.
00:42Et il faut, chers collègues, leur rendre hommage, rendre hommage à leur courage, bien sûr.
00:48Applaudissements
00:52Et des Français totalement sidérés. Sidérés de voir la République reculer.
00:58Tous posent une seule question. Y a-t-il encore un chef ? Y a-t-il encore un État
01:04?
01:05Applaudissements
01:16Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, Monsieur le Ministre,
01:21Vous connaissez bien ces questions, puisque vous avez été dans mes fonctions.
01:24Et ensemble, ensemble, nous avons aussi traversé des épreuves.
01:29Vous vous souvenez de la finale de la Ligue des champions à Paris et ailleurs sur le territoire national,
01:33où il y avait eu des commerces pillés de nombreuses exactions.
01:36Vous connaissez, comme moi, je sais que vous le savez,
01:39la grande humilité qu'il faut avoir quand on parle de sécurité, d'ordre public.
01:42Ça n'est jamais une science exacte.
01:44Et il y a parfois, effectivement, un certain nombre de loupés.
01:48Alors, est-ce qu'il y a un État ? Est-ce qu'il y a quelqu'un qui dirige
01:51cet État ?
01:51Il y a un Président de la République, il y a un Premier ministre, il y a un ministre de
01:53l'Intérieur qui est devant vous.
01:55Qui est devant vous.
01:57Monsieur le Ministre, je devine ce qu'il y a derrière votre question.
02:00Et comme vous avez gardé du temps pour me répondre, vous allez en faire l'annonce.
02:03Donc j'anticipe la réponse.
02:05J'anticipe la réponse.
02:07Nous ne sommes pas à un stade où il y aura déclaration de l'état d'urgence,
02:10car nous avons demandé au préfet d'engager un certain nombre de mesures de droit commun,
02:15des mesures de police administrative que vous connaissez bien,
02:18les arrêtés d'interdiction de regroupement, les arrêtés de manifestation,
02:22les couvre-feux également, les couvre-feux que nous avons appliqués
02:25et qui, s'agissant de ces mesures, ces jours derniers produisent des effets.
02:29Produisent des effets.
02:30Dimanche soir, il y a eu des incidents graves dans le pays.
02:32Nous y avons mis un terme.
02:34Et on se prépare, évidemment, à gérer ce samedi qui arrive,
02:37où il y a des appels à manifestation et où je vais augmenter les effectifs présents sur le terrain.
02:43Mais je veux évidemment vous rassurer, monsieur le ministre,
02:45vous connaissez bien le ministère, vous connaissez bien ces fonctionnaires,
02:48ces militaires de la gendarmerie que vous avez salués.
02:50À mon tour, évidemment, je veux leur rendre hommage et vous remercier de l'hommage que vous leur avez rendu.
02:54Mais je peux vous assurer, et vous me connaissez, puisque nous nous connaissons bien,
02:58nous avons travaillé ensemble, moi sous votre autorité,
03:00je peux vous rassurer, la fermeté que j'avais comme préfet de police,
03:03c'est la même comme ministre de l'Intérieur,
03:05sous l'autorité du Premier ministre et du Président de la République,
03:08et il y a un État, et la main de l'État ne tremble pas.
03:14Bruno Retailleau.
03:16On pourrait évoquer le bilan de la finale de foot en mai 2025,
03:22on pourrait évoquer le bilan aussi des deux mouvements bloquant tout,
03:26mais la question n'est plus là, si l'État a été humilié,
03:30c'est parce que ses chefs ont failli,
03:32et en premier lieu, à commencer par le chef de l'État,
03:35parce que lorsqu'on est un chef, on est à la tête de ses troupes,
03:39et surtout, on les soutient.
03:41Il ne l'a pas fait, il les a désarmés,
03:43en parlant curieusement de l'empathie.
03:46Un policier, un gendarme, ça n'est pas un animateur socio-culturel,
03:49il les a désarmés.
03:51Lorsqu'il y a eu ce va-et-vient sur les grenades assourdissantes,
03:55on ne peut pas piloter une doctrine d'emploi par la peur,
03:59par l'émotion ou par la panique,
04:02mais c'est révélateur, ces hésitations sont révélatrices
04:05parce qu'elles sont la marque d'un pouvoir
04:07qui n'ose plus assumer la légitimité, justement, de la force,
04:12le monopole de la force légitime.
04:15Il faut déclarer, décréter, monsieur le Premier ministre,
04:18il faut décréter l'état d'urgence.
04:20Lâche en lit, ça suffit.
04:21Donnez aux préfets, donnez aux forces de l'ordre
04:23les moyens qu'ils n'ont pas y compris.
04:25Je vous écoutais tout à l'heure en matière de réseaux sociaux.
04:29Vous les avez cités.
04:31Et donc, arrêtons aujourd'hui.
04:33Lâche en lit et protégeons les Français.