00:00Merci. La parole est à notre collègue Hugues Sauri pour le groupe Les Républicains.
00:08Monsieur le Président, mes chers collègues, Monsieur le Ministre,
00:11dans quel pays faut-il fermer les commerces pour préserver l'ordre public ?
00:15Dans quel pays les honnêtes gens doivent-ils se barricader pendant que les casseurs font la loi dans la rue
00:20?
00:20Dans quel pays la liberté de travailler, de circuler et de vivre en sécurité doit-elle céder devant la violence
00:26d'une poignée d'individus ?
00:27Je vous le demande.
00:29Samedi dernier, à Orléans, le maire a été contraint d'ordonner la fermeture exceptionnelle des commerces pour protéger la population.
00:36Est-ce donc cela désormais notre conception de l'ordre républicain ?
00:40Est-ce aux commerçants de baisser leurs rideaux plutôt qu'aux casseurs de répondre de leurs actes ?
00:45Est-ce aux familles de rester chez elles plutôt qu'à l'Etat d'assurer leur sécurité ?
00:49Est-ce aux maires de gérer les conséquences de violence que les pouvoirs publics devraient précisément empêcher ?
00:55Monsieur le ministre, samedi prochain, le congrès du Rassemblement national se tiendra à Orléans et déjà plusieurs contre-manifestations d
01:03'ampleur sont annoncées en plein cœur de ville.
01:06Alors faudra-t-il une nouvelle fois conseiller aux Orléanais de rester chez eux ?
01:09Faudra-t-il une nouvelle fois demander aux commerçants de renoncer à une journée de travail ?
01:13Faudra-t-il une nouvelle fois subir un centre-ville mort pour éviter qu'il ne devienne un champ de
01:18bataille ?
01:19Et surtout, comment expliquerez-vous aux Français cet aveu d'impuissance que l'on soit capable d'anticiper la fermeture
01:25des commerces,
01:26mais pas d'empêcher les violences qui la rendent nécessaire ?
01:29Monsieur le ministre, les dates sont connues, les lieux aussi et les risques identifiés.
01:34Alors je vous pose une dernière question.
01:36Qui devra encore céder du terrain samedi prochain ?
01:39Les casseurs ou la République ?
01:41Je vous remercie.
01:43Pour vous répondre la parole est au ministre de l'Intérieur, monsieur Lunez.
01:48Monsieur le Président, mes amis et messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur,
01:52vous décrivez en fait deux événements à Orléans.
01:55Le 17 octobre, pardon, il n'était pas une poignée, il n'était pas une poignée, il y avait des
01:59casseurs, il y avait des forces de l'ordre.
02:01Effectivement, le maire a pris une décision qui est de faire fermer les commerces pour éviter des dégradations.
02:05Ça s'est fait partout, ça s'est fait dans certaines autres communes.
02:10Et voilà, c'est ce que je peux vous dire sur ce premier événement.
02:13Et puis il y a ce que vous annoncez pour le 24 et 25.
02:17C'est quand même autre chose.
02:19C'est le Rassemblement national qui organise son congrès à Orléans.
02:23On ne parle pas de la même chose.
02:25Je dirais que la comparaison n'est pas raison, ça me paraît un peu excessif.
02:29Évidemment que nous travaillons à la sécurisation d'un rassemblement, d'une formation politique.
02:34Évidemment, le préfet du Loiret y travaille de longue date.
02:40Je suis en contact avec lui.
02:42Nous préparons un dispositif d'ordre important puisqu'il y a effectivement des manifestations qui sont prévues.
02:49Une qui a été déclarée par des partis politiques, des organisations syndicales.
02:53C'est le samedi et puis une autre le dimanche, pour laquelle les choses sont un peu moins cadrées au
03:00moment où je vous parle.
03:01Mais on attend plusieurs dizaines de milliers de personnes le samedi et un peu moins le dimanche, mais pas mal
03:06quand même.
03:06Vous imaginez bien que le ministre de l'Intérieur que je suis, en lien avec le préfet, a prévu un
03:13dispositif de service d'ordre extrêmement conséquent,
03:16avec énormément de forces mobiles qui seront engagées sur la sécurisation à la fois du congrès, d'une formation politique.
03:25Et c'est normal, c'est la démocratie que nous protégeons.
03:28Et évidemment, nous allons encadrer les manifestations qui ont été déclarées, dont on peut penser que pour certaines, et c
03:35'est le cas au moins de celles du dimanche,
03:37elles pourraient essayer d'attenter au dit événement.
03:39Et donc, nous répliquerons évidemment extrêmement fermement.
03:43Vous pouvez compter sur nous.
03:44Je puis vous rassurer de ce point de vue.
03:51Monsieur le ministre, j'entends votre réponse, mais je réaffirme que les Français ne veulent plus d'un État qui
03:57constate les dégâts.
03:58Ils veulent un État qui les empêche, une justice qui punit et une solidarité nationale qui est conditionnée.
04:04Les Français n'attendent de vous ni un communiqué de plus, ni une condamnation de circonstance, ni la promesse que
04:10cela ne se reproduira plus.
04:11Ils attendent un ministre de l'Intérieur, pas un ministre des regrets.
04:15Je vous remercie.