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  • il y a 9 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00J'avance pour l'instant, donc, à Paris, la manifestation pourrait être autorisée ce week-end.
00:06Le gouvernement s'y prépare, un gros dispositif de sécurité.
00:09On a la CGT qui dit qu'elle va accompagner la manif de samedi avec son service d'ordre.
00:14La CFDT qui dit qu'on ne défilera pas, mais on est prêt à filer un coup de main, là
00:17aussi, pour le service d'ordre.
00:19LFI aussi, me semble-t-il, en tout cas hier soir, Ray Kocan nous disait que le week-end dernier,
00:23ça avait été le cas,
00:23qu'il y avait plusieurs centaines de militants LFI qui étaient venus aussi essayer d'encadrer les choses.
00:30Mais il y a maintenant, et on a un peu l'impression que les enchères montent aussi, Bruno Jeudy,
00:35il y a maintenant cet appel à la grève générale pour le 5 novembre.
00:38Lancé par la CGT, il y a d'autres syndicats qui sont aussi dans cet appel-là, notamment CFDT, notamment
00:42Force Ouvrière,
00:43avec des revendications, il y a des revendications lycéennes, mais avec des revendications de pouvoir d'achat.
00:47C'est-à-dire que maintenant, Force Ouvrière dit qu'on va s'intéresser au SMIC, maintenant il faut augmenter
00:50le SMIC.
00:51Est-ce que le gouvernement, en n'ayant pas lâché plus aux lycéens, ne se retrouve pas coincé
00:57et voit les enchères monter du côté des syndicats ?
00:59C'est vrai que la nouveauté, c'est donc l'appel à la grève générale lancée par Sophie Binet pour
01:04le 5 novembre,
01:07avec une grande manifestation intersyndicale encadrée, c'est en semaine.
01:13C'est vrai que le gouvernement, dans cette affaire, a sans doute pris le risque,
01:17plus un conflit dur, plus ça peut coûter cher à l'arrivée.
01:21Ils l'ont déjà expérimenté en 2018, trois semaines de... un gros mois de gilet jaune, ça avait coûté 17
01:29milliards à l'époque.
01:31C'était l'annonce d'Emmanuel Macron le soir à la télévision, le 18 décembre de mémoire.
01:37C'est le risque qu'il a pris là, peut-être en sous-estimant, en pensant que les lycéens, c
01:43'était d'abord des violences urbaines,
01:46puis en recevant, mais en lâchant seulement le plan de remplacement des professeurs absents,
01:54et promettant des annonces qui devraient peut-être venir en début de semaine,
01:58à l'intermédiaire de M. Jeffrey, le ministre de l'Éducation nationale.
02:02Mais entre-temps, c'est vrai qu'il y a les revendications salariales que les syndicats portaient jusqu'à présent.
02:07Parce qu'il y en a beaucoup qui étaient dans la rue samedi dernier, pour ces revendications-là aussi, pour
02:10le pouvoir d'achat.
02:10Et surtout qui avait déjà donné lieu à une manifestation d'une intersyndicale au mois de septembre.
02:16Le 29 septembre, oui.
02:17Et qui avait été suivie, j'allais dire, un peu comme certaines manifestations de ce type-là, modérément,
02:25et qui n'avaient pas fait la une des journaux.
02:28Mais les syndicats n'ont pas abandonné leurs revendications,
02:30et évidemment, par effet d'opportunité, profitent de ce qui s'est passé cette semaine,
02:34de la difficulté du gouvernement.
02:36Alors, dans les premières rencontres, puisqu'il y a déjà eu des rencontres de fait avec les syndicats,
02:40il semble que le Premier ministre ait renvoyé tout vers Jean-Pierre Farandou, son ministre des Affaires et Sociales,
02:45et que pour l'instant, il n'y a pas beaucoup de choses de précises dans la besace du gouvernement.
02:51Évidemment, je rappelle que le mouvement de septembre,
02:54c'était une manifestation contre le gel de l'indice des fonctionnaires.
02:59C'était ça qui était au cœur des revendications.
03:02Les syndicats ont été reçus ce matin,
03:04le gouvernement, visiblement, ne leur propose rien, ne lâche rien,
03:08à la sortie, et Sophie Binet dit grève générale.
03:10Oui, mais parce qu'on est dans une situation singulière qui n'a jamais existé.
03:14C'est-à-dire que, quelques mois avant une élection présidentielle,
03:17généralement, la période n'est pas à la revendication,
03:19elle est au débat, elle est à l'échange d'idées,
03:22elle est à la campagne électorale,
03:24et c'est la première fois dans l'histoire de la Ve République, au moins,
03:28qu'on est dans un chaos, mais le plus total,
03:31avec, c'est vrai, et ça c'est tout à fait vrai,
03:34une majorité, mais une immense majorité de Français
03:36qui sont hostiles au président de la République,
03:41il y a une espèce de détestation même,
03:43et puis un gouvernement, mais attendez,
03:45c'est là aussi qu'il ne s'est jamais produit,
03:47un gouvernement qui est bloqué,
03:48il n'a pas de majorité,
03:50avec une représentation nationale
03:53qui est hétéroclite au possible,
03:55et ce gouvernement qui ne va probablement pas,
03:57d'ailleurs, pouvoir faire un budget
03:59tel qu'on le fait normalement,
04:00comme d'ailleurs ces dernières années.
04:02Donc là, on est dans une impasse totale.
04:04– Il faut ajouter, Yves,
04:05un gouvernement qui n'a pas d'argent,
04:07puisqu'il est sous la menace
04:09d'une crise de la dette très importante,
04:12avec un taux d'intérêt,
04:14qui dépassait les 5% aujourd'hui.
04:16– Et là, ça va faire très mal vendredi, je peux vous dire,
04:18parce que c'est sûr, maintenant,
04:20je peux vous l'annoncer,
04:21que Moody's va dégrader la note française,
04:23avec d'autres agences qui vont suivre,
04:24et ça, on peut dire, ça ne sert à rien,
04:26on s'en fout comme M. Mélenchon,
04:28non, on ne s'en fout pas,
04:28parce que les prêteurs de la France,
04:31pour payer les fonctionnaires,
04:32pour payer tout ça,
04:33les prêteurs de la France,
04:34ils vont augmenter les marchés,
04:37les prêteurs ne vont plus vouloir prêter,
04:41les taux vont augmenter,
04:42et là, on va se retrouver,
04:43alors là, c'est le cas de le dire,
04:44dans une hausse,
04:45qui va être terrible.
04:46– Et surtout, ce qui se passe en France,
04:47est en train d'entraîner aussi
04:49une augmentation des taux d'intérêt
04:50pour d'autres pays,
04:51des pays voisins,
04:52qui s'en sortaient un petit peu,
04:53genre l'Italie, la Grèce,
04:55et donc, on voit bien
04:56qu'il y a une espèce de montée
04:58de la spirale de la crise de la dette
05:00qui est en train de s'auto-entretenir,
05:01et on n'est pas à l'abri
05:03d'une intervention de la BCE
05:04assez rapidement.
05:06Il faut quand même savoir
05:06qu'aujourd'hui, la France,
05:07la dernière fois qu'elle a fait
05:08une adjudication
05:09pour pouvoir avoir de l'argent,
05:12payer son train de vie,
05:13parce que l'État a besoin
05:13d'emprunter pour payer son train de vie,
05:15ça a été très compliqué.
05:17Bon, les spécialistes ont bien vu ça,
05:18ça a été compliqué.
05:19La prochaine fois que la France
05:20va endetter,
05:21va emprunter pour payer
05:22les fonctionnaires,
05:23les pensions des retraités,
05:25et tout ce que la France doit payer
05:26pour entretenir
05:28le train de vie de l'État,
05:29eh bien, je ne suis pas sûr
05:30que ça se passe aussi.
05:30C'est les Japonais qui nous prêtent.
05:32Les Japonais ne veulent plus prêter.
05:33Vous avez vraiment raison,
05:34vos analyses sont convergentes.
05:35L'État, il est dans une impasse.
05:36Et qu'est-ce qu'on fait
05:37quand on est dans une impasse ?
05:38Eh bien, on met les gens
05:39autour de la table,
05:40on discute pour de vrai.
05:42C'est vrai.
05:42Et le problème est que
05:44chaque fois qu'ils vont...
05:45Ils ne l'ont jamais fait, là.
05:45Ils ne l'ont jamais fait.
05:46Et chaque fois qu'ils vont retarder
05:47le moment de la discussion,
05:49eh bien, qu'est-ce qui va se passer ?
05:50Eh bien, les quartiers populaires,
05:52ils disent,
05:53nous, on va participer
05:54à la grève générale reconductible,
05:56d'ailleurs, puisque Sophie Bigné dit
05:58j'appelle à construire
06:02la généralisation de la grève
06:03à partir du 5 novembre.
06:04Et ce n'est pas passé inaperçu
06:05dans les milieux syndicaux
06:06et les autres milieux militants.
06:08Ça veut dire que
06:08l'hypothèse de la grève générale
06:10reconductible,
06:11elle est lancée.
06:12À partir du moment où il y a ça,
06:13qu'est-ce qui va se passer ?
06:14Moi, je participe également
06:15au mouvement du 26 septembre,
06:16le mouvement climat.
06:17Eh bien, le mouvement climat,
06:18il va dire,
06:19on voulait un plan d'urgence
06:20sur adaptation, atténuation.
06:23Tout le monde va arriver
06:24avec ses doléances.
06:25Tout le monde va arriver
06:25avec ses doléances.
06:26Et c'est normal.
06:26Et c'est ce qu'on souhaite.
06:27Mais une fois qu'on a ça,
06:29eh bien, le pouvoir,
06:30il doit faire ce qu'on a fait
06:32dans des états de crise similaires.
06:34C'est-à-dire,
06:34ça peut être des états généraux,
06:36ça peut être un Grenelle,
06:37mais il faut une grande négociation
06:38pour négocier vis-à-vis du...
06:40Ça va probablement se terminer comme ça.
06:41Et ça va se terminer comme ça.
06:43Et autant que ça se termine
06:43le plus vite possible.
06:44Autant que ça se termine sans mort,
06:46autant que ça se termine...
06:46Non, non, mais sauf que...
06:48La grande différence,
06:49sur l'argent,
06:50je peux vous répondre.
06:50La grande différence,
06:51alors, la grande différence,
06:52c'est ce que vous allez me dire.
06:53On peut aller chercher
06:54l'argent chez les riches,
06:55certes,
06:56mais le temps qu'on aille
06:57les chercher chez les riches,
06:58si vraiment l'État
06:59est complètement nu,
07:01et il est complètement nu,
07:03parce que si vous faites un Grenelle,
07:04vous êtes obligés,
07:05après, de délivrer,
07:06et de promettre des choses.
07:07Ça prend des mois.
07:08Ça prend du temps,
07:09ça coûte de l'argent,
07:10et là, les prêteurs vous disent
07:12mais non, attendez,
07:13vous dépensez de l'argent
07:14que vous n'avez pas.
07:15On ne vous prête pas d'argent.
07:16Donc le Grenelle,
07:18il est censé faire.
07:19Ce qu'il faut dérive,
07:20c'est qu'en décembre 2018,
07:22quand Emmanuel Macron
07:22fait ce chèque de 17 milliards,
07:24suite...
07:24On a 2% de croissance.
07:26On a 1,7% de croissance.
07:27La France est endettée
07:28à 98%.
07:29Huit ans plus tard,
07:30la France est endettée
07:31à 119, voire 120%.
07:33Le taux de croissance...
07:35L'État, il y a 6 000 milliards d'épargne.
07:36Entre temps, il y a eu la Covid et tout ça.
07:39Les chiffres...
07:39Là, je vous donne les chiffres,
07:40c'est factuel.
07:40Et la France, en gros,
07:42elle a une croissance estimée
07:43à 0,4.
07:46Et on verra si on arrive vraiment
07:47à 0,4,
07:48parce que des mouvements
07:49comme samedi
07:50et des grèves générales,
07:51ça fera encore baisser la croissance
07:52et probablement la ramener
07:54vers 0, cette fois-ci.
07:56Dire qu'il n'y a pas d'argent...
07:57Juste un instant.
07:58Mais ça change tout !
07:59Non, non.
07:59Dire qu'il n'y a pas d'argent,
08:00c'est le dogme absolu
08:02d'un certain nombre de gouvernements,
08:03de l'immense majorité des gouvernements,
08:05de dire qu'il n'y a pas d'argent
08:06pour le peuple.
08:07Par contre, il y en a toujours
08:08pour Bernard Arnault,
08:10pour Total,
08:10pour l'ensemble des gens
08:11qui s'enrichissent
08:12sur le dos
08:12de 99,99% de la population.
08:16Parce qu'en fait,
08:16c'est ça qui se passe.
08:17On essaie de faire croire
08:18qu'il y aurait un bloc
08:19qui serait le bloc des pauvres,
08:21le bloc des gens moyens
08:22qui payent pour tout le monde
08:23et un bloc des riches
08:24qui s'enrichissent.
08:25En fait, ce n'est pas ça.
08:26Il y a une 0,01%
08:28de la population
08:30qui utilise les gouvernements
08:31pour aller ponctionner l'argent
08:33de tout le monde,
08:34de tous les gens qui bossent,
08:35de tous les gens qui cotisent
08:36et de prendre cet argent
08:37et le mettre
08:39pour que ça devienne des dividendes.
08:40On a eu le débat tout à l'heure,
08:41on ne va pas l'avoir maintenant.
08:42Et donc l'argent,
08:42il y en a.
08:43En tout cas,
08:43les 211 milliards
08:45d'aides aux entreprises,
08:48culinées...
08:48Non, on ne fait pas le débat.
08:52On ne refait pas le débat.
08:53Il mélange plein de choses.
08:54Je termine là-dessus.
08:57C'est 211 milliards.
08:58Si on prend l'ensemble
09:00déficit de l'État,
09:01déficit du budget de la Sécu,
09:03déficit de la retraite,
09:04de la formation
09:05et du chômage,
09:06tout ça,
09:07c'est en dessous
09:08des cadeaux
09:09qui sont donnés.
09:09Je redonne l'information ce soir.
09:11Donc,
09:12manifestation interdite
09:13demain dans plusieurs quartiers
09:14de Paris,
09:14mais aussi à Lille.
09:15Manifestation interdite
09:16samedi à Rouen,
09:18au Havre,
09:18à Toulon.
09:19Ce sont les villes
09:19que l'on a pour l'instant.
09:20On va en parler dans un instant
09:21avec une candidate
09:22à l'élection présidentielle.
09:23Que ferait-elle,
09:23elle,
09:24si elle arrivait au pouvoir,
09:25Natacha Polony ?
09:26Avec nous dans un instant.
09:28A tout de suite.

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