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Selon un baromètre IFOP réalisé pour Charlotte K, 63 % des infirmiers envisagent de changer de métier, contre 57 % trois ans plus tôt. Conditions de travail, exercice salarié ou libéral, réformes : comment expliquer ce malaise et quelles solutions pour redonner de l’attractivité à la profession ? Charlotte Kerbrat, fondatrice de Charlotte K, et John Pinte, président du Sniil, étaient les invités de Santé Future.
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00:04Bonjour à tous les deux, bienvenue dans Santé Futur.
00:07Charlotte Kerbrad, votre baromètre réalisé avec l'IFOP auprès de 1662 infirmières et infirmiers,
00:14révèle que seuls 31% sont satisfaits de leur situation professionnelle.
00:18Ils étaient donc 36% en 2023.
00:21Qu'est-ce qui explique cette dégradation ?
00:24Il y a beaucoup de choses qui expliquent tout ça.
00:27Ça date d'il y a plusieurs années.
00:29Si on remonte un petit peu au Covid en 2020, ça paraît ancien,
00:33mais il y a beaucoup de choses qui sont restées depuis cette crise du Covid.
00:37Il y a eu le Ségur de la Santé.
00:38On se dit que c'est bon, on a rattrapé un petit peu le niveau de la rémunération.
00:43Mais finalement, ça n'a concerné que les fonctionnaires, ce Ségur.
00:46Quand on va parler après tout à l'heure des idées, des infirmières libérales,
00:49elles n'ont pas du tout été concernées.
00:51Le baromètre, on l'a demandé à tous les infirmières,
00:55qu'elles soient fonctionnaires, privés ou libérales.
00:57Ça montre que toute la profession souffre.
01:00Certes, les fonctionnaires, par exemple, ont été augmentés.
01:02Mais par exemple, les infirmières libérales n'ont pas du tout eu de primes au moment du Covid.
01:07Tout ça, on le traîne depuis plusieurs années.
01:10Là, il y a vraiment les revendications par rapport à la rémunération.
01:14Donc, en pôle position.
01:17Et par rapport à la charge de travail.
01:19Donc, c'est vraiment la surcharge de travail.
01:21Et on le voit avec le baromètre, qui est une vraie réalité, avec une vraie fatigue.
01:25Parce qu'on a 94% de l'infirmière qui déclarent être fatiguée.
01:28Donc, quand on travaille en étant fatigué, c'est mauvais pour soi,
01:31mais c'est aussi dangereux pour les patients.
01:32On va pouvoir y revenir, John Pint, du côté des infirmiers libéraux.
01:37Le constat est lui aussi préoccupant.
01:39Selon ce baromètre, 76% des libéraux interrogés ont déjà envisagé de cesser leur activité.
01:46Qu'est-ce qui les pousse à envisager d'arrêter ?
01:48Je crois qu'il y a ce qui vient d'être dit.
01:52C'est-à-dire qu'il y a ce problème de rémunération.
01:55Alors après, il y a eu des revalorisations qui ont été faites au fur et à mesure.
01:59Est-ce que vous vous rappelez peut-être la rémunération dans l'État ?
02:02C'est très compliqué, parce que les infirmiers libéraux sont rémunérés à l'acte.
02:06Donc, il y a des actes qui vont être moins bien rémunérés, d'autres mieux rémunérés.
02:10La variation, elle est très importante.
02:12C'est-à-dire que sur une injection, on est autour de 3, 4,50 euros, on va dire.
02:17Sur un pansement, on va jusqu'à 14, 15 euros.
02:22Voilà, donc il y a des variations qui sont liées à l'acte.
02:25Mais il y a eu énormément de retards sur des revalorisations de nos lettres-clés.
02:32C'est-à-dire que pour coter un acte, on se base sur une valeur d'une lettre-clé, ce
02:37qu'on appelle une lettre-clé.
02:38Cette lettre-clé, elle n'a pas été revalorisée pendant 15 ans.
02:41Donc, c'est quelque chose qui a été très mal compris par la profession.
02:45Et comme vous l'avez dit, sur la crise Covid, il y a eu le sentiment qu'on a beaucoup
02:49donné.
02:49Et c'est vrai que la profession libérale, des infirmiers libéraux, était vraiment sur le terrain.
02:53Alors, à l'hôpital, ils y étaient aussi.
02:55Mais on était dans les domiciles avec les patients Covid.
02:57On a dû se débrouiller.
02:59Alors, à l'hôpital, on a certaines organisations, même si elles étaient défaillantes à ce moment-là.
03:04En libéral, c'est vraiment chacun pour soi et on se débrouille.
03:07Donc, il y a eu ce sentiment d'avoir contribué à passer cette crise.
03:12Et ensuite, pas de revalorisation.
03:14Et malgré tout, il y a eu des revalorisations, mais uniquement sur des actes ciblés au fur et à mesure
03:19des années.
03:20Et ça, la profession ne l'a pas compris.
03:22Et je crois qu'il y a eu vraiment...
03:25Cette crise Covid a été un facteur déclenchant.
03:28On a eu des actes rémunérés pendant la crise Covid qui étaient globalement assez bien rémunérés.
03:33On était dans l'urgence.
03:34Il fallait que les infirmiers y aillent.
03:36Les actes ont été bien valorisés.
03:37Mais de ce fait, une fois qu'on est revenus dans le droit commun, nos actes quotidiens n'avaient plus
03:43de valeur.
03:44C'est-à-dire qu'on était mieux rémunérés pendant la crise Covid et on ne l'était plus aussi
03:48bien une fois qu'on était revenus dans le droit commun.
03:50Et ce qui fait que ça a généré de l'incompréhension et des leviers qui avaient été levés pendant la
03:55crise Covid
03:56où il fallait faciliter la continuité des soins.
04:00Donc, il y a plein de barrières administratives qui avaient été levées.
04:03Le retour dans le droit commun a été très violent pour la profession.
04:06Donc, il y a eu vraiment cette crise qui a vraiment enclenché ce mal-être de la profession.
04:15Et pour revenir sur les libéraux, je crois qu'ils sont aussi les réceptacles du mal-être de la population.
04:24En fait, c'est aussi un problème.
04:25C'est-à-dire qu'on est déjà dans une société qui ne va pas très bien, qui ne voit
04:28pas grand-chose de positif dans l'avenir.
04:31Et la profession infirmière et notamment les libéraux sont parfois les seules personnes que voient les patients
04:36qui sont devant leur télé toute la journée à stresser, à voir l'information en continu.
04:41Et la profession doit être le réceptacle de tout ce mal-être.
04:45Donc, quand vous n'êtes déjà pas bien, inévitablement, ça génère encore plus de stress et d'angoisse.
04:51Charlotte Kerbrat, autre chiffre marquant.
04:5440% des professionnels interrogés évoquent une déshumanisation du soin.
04:59Les infirmiers ont le sentiment de ne plus pouvoir se soigner comme ils le voudraient.
05:03En fait, globalement, quand on entend les chiffres, on a l'impression que les infirmières n'aiment plus leur métier
05:07et veulent quitter le métier.
05:08Mais finalement, ce qu'on voit, et ça on est tous d'accord pour le dire,
05:13la majorité aime leur métier.
05:16On aime tous notre métier.
05:17Même quand on le quitte, on ne le fait pas à cause du métier.
05:20C'est souvent à cause de l'environnement de travail.
05:22Et moi, quand j'accompagne les infirmières dans le cadre de leur bilan de compétences,
05:25au début, elles me disent « je veux quitter ma blouse ».
05:27Elles voient dans les réseaux sociaux ce geste de « je quitte ma blouse, je balance tout à la poubelle
05:31».
05:31Et en fait, très rapidement, au bout de vraiment quelques heures de discussion,
05:36avec cette écoute justement dont elles ont besoin de déposer ici tes questionnements,
05:43tes besoins du moment, ce qui te pèse,
05:44elles se rendent compte qu'en fait, elles aiment leur métier.
05:47Elles aiment toujours leur métier.
05:48Et en fait, ce qui leur pèse, c'est l'environnement de travail.
05:51Donc en effet, le fait de ne pas avoir le temps pour le patient.
05:54Le côté, il faut que ce soit les idées, le libéral ou dans les services de soins,
05:59il faut aller vite, il faut aller rapidement.
06:01Et puis parfois, on n'a pas le temps.
06:03Moi, à l'EHPAD, j'avais 85 patients, j'étais toute seule infirmière.
06:06En fait, on n'a pas le temps en deux heures, on balance des médicaments.
06:09On n'a pas le temps de prendre ce temps-là pour le patient,
06:12de comment est-ce que vous allez vraiment.
06:13Non, c'est vraiment, comment vous allez, vous n'avez pas mal.
06:15Ok, tac, je vous donne le traitement et c'est tout.
06:18Donc c'est ce côté, en fait, où parfois, elles disent aussi,
06:20on se sent maltraitant dans le sens où ce n'est pas comme ça
06:23qu'on veut traiter nos patients, en fait.
06:24Mais on n'a pas le choix parce qu'on manque de personnel.
06:27Donc ça, ça pèse beaucoup.
06:28Donc parfois, avec le métier, à cause de ça,
06:30en disant je ne veux pas être maltraitante,
06:32donc je vais arrêter de travailler dans ces conditions-là.
06:33Parce que sinon, je vais devenir quelqu'un que je n'ai pas envie de devenir.
06:36Jean-Pierre, justement, est-ce qu'on sait du côté des libéraux
06:41à quel point les tâches administratives,
06:45les déplacements, les contraintes économiques
06:48pèsent sur les conditions de l'exercice ?
06:53À quel point ça a un impact sur les patients, en fait ?
06:56Est-ce qu'on l'a mesuré ?
06:57Alors, c'est difficile à mesurer.
06:59On est une profession qui ne répond pas toujours à des sondages
07:03et puis on ne construit pas non plus des formes de sondages
07:07qui soient structurées suffisamment pour la profession.
07:10Ce qu'on constate quand même, c'est que malgré tout,
07:12ce sont ces mêmes données qui remontent
07:15quand la profession nous en parle,
07:17c'est-à-dire la charge administrative,
07:20la lourdeur des soins,
07:22parce qu'on a de plus en plus de sorties rapides de l'hôpital
07:24avec des patients qui arrivent
07:26et l'infirmier doit se débrouiller tout seul,
07:29doit essayer de contacter un médecin
07:31qui n'est pas toujours joignable,
07:32la facturation n'est pas toujours très simple,
07:35même si on travaille sur des outils pour simplifier,
07:38mais on pourrait peut-être y revenir.
07:39Donc, il y a cette lourdeur administrative
07:41qui est ressentie par la profession.
07:43Ce qu'on constate quand même,
07:45c'est vraiment un constat,
07:48c'est que pendant 20 ans,
07:50on a eu une croissance du nombre d'infirmiers libéraux
07:52de plus 4 à plus 5 % par an.
07:54Est-ce que ça représentait davantage d'autonomie finalement ?
07:58Alors, il y avait plein de facteurs
08:00qui faisaient que certains quittaient l'hôpital
08:02en se disant, on va vers le libéral
08:03parce que la rémunération est plus attractive,
08:05ce qui était vrai,
08:07ce qui le reste,
08:08mais dans une moindre mesure.
08:10Ce sentiment de,
08:11je ne vais pas avoir cet encadrement hospitalier
08:14et avoir une certaine autonomie dans mon activité.
08:17Donc, il y avait cette attractivité,
08:19et je vous dis,
08:20on est passé de 50 000 à 100 000 en à peu près 20 ans.
08:24Depuis 3 ans,
08:25on a une baisse de ses effectifs.
08:27Donc, on a moins d'infirmiers qui quittent l'hôpital
08:30parce qu'il y a eu le Ségur
08:31et les conditions,
08:33même si elles sont encore difficiles,
08:36sont un peu plus agréables
08:38ou en tout cas moins pires qu'avant.
08:40Et donc, il y a moins de fuites vers le libéral
08:44et on a plus de départs d'infirmiers libéraux.
08:48Alors, certains,
08:49parce qu'il y a l'âge de la retraite,
08:51certains s'orientent vers d'autres activités,
08:54pas spécialement toujours en quittant le soin,
08:56et c'est ce qu'on disait,
08:57c'est-à-dire s'orientent vers des activités de coordination,
09:01reprennent des activités de salariés.
09:03Ça, c'est vraiment quelque chose qu'on retrouve,
09:05c'est-à-dire vraiment le ras-le-bol du libéral
09:07d'avoir à gérer une entreprise,
09:09parce que c'est vraiment gérer une entreprise
09:10et de retrouver...
09:12Voilà, c'est ça.
09:13Donc, tous ces facteurs font qu'on a quand même,
09:16nous, une certaine inquiétude
09:17sur les effectifs des infirmiers libéraux,
09:20sachant qu'on va avoir de plus en plus de besoins
09:23parce qu'il y a le virage ambulatoire
09:25qui fait que les patients sont de plus en plus à domicile,
09:28que la population vieillit,
09:29veut vivre plus longtemps à la maison
09:32et on a des sondages aussi qui montrent
09:34que les patients veulent mourir à la maison
09:36de plus en plus.
09:37Donc, voilà, on va avoir besoin
09:38d'infirmiers libéraux
09:39et les effectifs actuels
09:40font qu'on a une certaine inquiétude
09:42sur les années à venir.
09:43Vous avez signé en mars dernier
09:45un nouvel accord avec l'assurance maladie
09:46qui prévoit notamment une revalorisation
09:48des actes infirmiers à partir du 6 novembre.
09:50Mais votre syndicat reconnaît lui-même
09:52que ces augmentations restent insuffisantes.
09:55Pourquoi avoir signé cet accord ?
09:58Alors, il faut revenir quand même
10:00avant la négociation de cet avenant
10:04sur la réforme du métier.
10:06Parce que c'est vraiment ce qui a impacté
10:07la négociation de l'avenant 11.
10:11La réforme du métier a vraiment
10:14refondé la profession
10:16en lui ramenant de nouvelles compétences
10:19qui sont parfois source d'inquiétude
10:21pour la profession.
10:22Donc, c'est une inquiétude supplémentaire.
10:24Mais pour autant, je pense que ça reformate
10:27un peu la profession
10:28et le métier d'infirmier
10:30pour les années à venir.
10:30Donc, il fallait vraiment passer par là.
10:33Et ensuite, cette négociation
10:35de l'avenant 11
10:35qui a duré de juillet jusqu'en mars.
10:38En mars, on voyait qu'on était
10:40au bout de la négociation.
10:42En fait, c'est vraiment ça qu'il y a.
10:44À un moment, on avait obtenu
10:46des revalorisations qu'on n'avait pas
10:47obtenues depuis 15 ans.
10:48Qui sont certes insuffisantes,
10:50mais on obtenait des revalorisations.
10:52On avait mis en place
10:54des nouvelles compétences.
10:55Notamment la reconnaissance
10:56de la consultation infirmière
10:57avec une rémunération.
10:59Pas mal de nouvelles compétences
11:01sont intégrées dans cet avenant 11.
11:03Et là, à un moment,
11:04c'est de se dire
11:05on signe ou on ne signe pas.
11:07Si on ne signe pas,
11:08on retourne à la table
11:09des négociations.
11:10Quand ?
11:10Vu le contexte économique actuel,
11:13là, l'enveloppe,
11:14elle est quand même
11:14de 500 millions d'euros
11:15pour cet avenant 11.
11:17Ce qui n'est pas une enveloppe
11:18négligeable dans le contexte actuel.
11:20Pour nous, il était préférable
11:23de signer en sachant
11:24que même si c'était
11:25peut-être insuffisant,
11:26mais qu'au moins,
11:27on avait une avancée
11:28pour la profession.
11:29Et on voulait absolument
11:30des revalorisations
11:31dès 2026.
11:32C'est pour ça qu'il fallait
11:33qu'on signe le plus tôt possible
11:35dans l'année
11:35parce qu'il y a des délais
11:36réglementaires à respecter.
11:38Et je pense qu'on a eu raison
11:39quand on voit l'impact
11:41du carburant actuellement
11:43sur les déplacements
11:44des infirmiers.
11:45Même si les déplacements
11:46n'ont pas été revalorisés
11:48sur cet avenant 11
11:48parce que quand on l'a négocié,
11:50il n'y avait pas
11:50cette problématique primordiale
11:53du carburant.
11:54On a revalorisé les actes.
11:55Donc, cette revalorisation
11:56qui arrive au 6 novembre
11:58va être quand même
11:59une petite bouffée d'oxygène
12:00pour la profession.
12:01Charlotte Kerbrad,
12:02dans votre baromètre,
12:0249% des infirmiers
12:04interrogés
12:05s'inquiètent
12:06d'une augmentation
12:06des responsabilités
12:07sans revalorisation
12:09suffisante.
12:11Qu'est-ce que ça révèle
12:12de leurs attentes
12:13vis-à-vis de la réforme ?
12:14Déjà, il faut dire
12:15que c'est une réforme
12:16qui est très attendue.
12:18C'est vraiment...
12:19Ça fait des années
12:19dans le métier
12:20qu'il n'y a pas
12:20une réforme
12:21aussi importante
12:22pour le métier.
12:23Donc, toute la formation
12:24infirmière,
12:25les trois ans d'études
12:26qu'on fait à l'école
12:26d'infirmière
12:27va être revue.
12:29On aura le droit
12:30maintenant de...
12:30Il y a un élargissement
12:31du droit de prescription
12:32pour les infirmières.
12:34Donc, on pourra
12:34prescrire plus de choses.
12:36Et il y a également
12:38cette consultation
12:39infirmière
12:39qui a beaucoup
12:40d'importance aussi.
12:41Maintenant, on a vraiment
12:43une reconnaissance
12:43dans le fait
12:44d'avoir des consultations
12:45infirmières,
12:46ce qu'on n'avait pas
12:47auparavant.
12:47Donc, c'est quelque chose
12:48qui est très attendu.
12:49Et d'un côté,
12:50dans ce contexte-là,
12:51on se dit
12:51qu'on est déjà
12:52surchargés
12:53et on a déjà
12:54une revalorisation
12:57salariale
12:57ou de rémunération
12:58qui est vraiment
13:00en retard.
13:00Parce que finalement,
13:01le Ségur,
13:02c'est pour les fonctionnaires
13:03183 euros
13:04de plus,
13:05net,
13:06mais en fait,
13:06ça a à peine
13:07rattrapé l'inflation.
13:08Donc, en fait,
13:08on est toujours en retard
13:09par rapport à la rémunération.
13:11On a l'impression
13:11qu'elles ont été revalorisées
13:13avec la crise du Covid,
13:15qu'on s'est enfin rendu compte
13:16que c'était
13:16des personnes
13:17qui étaient essentielles.
13:18Mais en fait,
13:19quand on regarde aujourd'hui,
13:20on est quand même
13:21totalement en retard
13:22par rapport à la rémunération.
13:23Donc, on se dit
13:24qu'on va avoir
13:25des responsabilités en plus,
13:27mais à quel prix ?
13:28Est-ce qu'on va être
13:29rémunéré en plus ?
13:30Ou est-ce que ça va être
13:31encore des tâches en plus,
13:33des responsabilités aussi en plus ?
13:37Voilà,
13:37c'est un petit peu
13:38ce qui inquiète.
13:38Donc, en effet,
13:39il y a une personne sur deux,
13:40une première sur deux
13:41qui dit
13:42certes,
13:42c'est super
13:43et on a besoin de ça,
13:44mais à quel prix
13:45est-ce qu'on va vraiment
13:45être reconnus financièrement
13:48par rapport à ça ?
13:49Merci beaucoup
13:50à tous les deux.
13:50Restez avec nous.
13:51On passe tout de suite
13:52à la chronique de Camille.
13:53de Camille.