00:00Je crois au contraire au calme, je crois au sang-froid et je crois à la sérénité.
00:06Vous avez aujourd'hui une dislocation de la société française, sous le coup des différences de revenus, des problèmes de
00:14pouvoir d'achat,
00:15des inquiétudes parfaitement légitimes des jeunes qui se disent « quel boulot on va avoir ? ».
00:20Et dans le fond, tout le monde a raison dans cette affaire.
00:22Quand je vois les policiers, tout à l'heure, la personne interviewée juste avant le disait avec beaucoup de justesse,
00:30qui s'en prennent plein la figure, qui sont attaqués, qui doivent rétablir l'ordre dans des conditions extraordinairement difficiles,
00:36qui sont parfois menacés physiquement, on comprend que ces policiers vous disent « stop, ça suffit qu'on s'en
00:43prenne comme ça aux forces de l'ordre,
00:44que ce soit des policiers, des gendarmes ou des pompiers ».
00:47Et puis de l'autre côté, vous avez des lycéens qui disent « on nous charge, c'est pas normal,
00:52on a des revendications légitimes ».
00:54Bien entendu qu'il faut aussi entendre ces étudiants.
00:57Et donc, c'est pas le moment d'élever la voix, c'est le moment d'écouter.
01:03Parce que vous n'apporterez pas de réponse à cette dislocation de la société française,
01:07si vous n'allez pas au fond des problèmes.
01:08Le problème des policiers, c'est quoi ?
01:10C'est que sur le rétablissement de l'ordre et le maintien de la règle, on a trop lâché.
01:15Moi j'estime que lorsqu'il y a atteinte à des forces de l'ordre, policiers, gendarmes, pompiers,
01:21ou des représentants de l'État, enseignants, que ces atteintes soient physiques ou verbales,
01:26les peines doivent être automatiques.
01:27Elles ne doivent plus être individualisées.
01:29Je considère que pour les lycéens, on y reviendra évidemment,
01:32il y a une inquiétude profonde et légitime de la part de jeunes
01:35qui voient très bien que depuis maintenant des décennies,
01:38on privilégie les plus âgés au détriment des plus jeunes et de l'éducation.
01:42Ça se voit dans les budgets, ça se voit dans les choix collectifs.
01:45Et je le dis depuis des années.
01:47Je l'ai dit quand j'étais ministre de l'Économie et des Finances,
01:49quand on me disait « mais pourquoi vous voulez une réforme des retraites ? »
01:51J'ai dit « mais c'est pas pour embêter des personnes âgées,
01:53c'est tout simplement pour dégager des moyens financiers pour les plus jeunes,
01:58pour l'éducation et pour l'école. »
02:00Donc Yves Tréard, votre question est fondamentale.
02:02Quel choix fait-on face à cette dislocation de la société française ?
02:06La colère ou la concorde ?
02:09Moi je fais le choix de la concorde et de la sérénite.
Commentaires