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Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.
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00:00Bonsoir Benoît Payan.
00:03Bonsoir Seigneur Brouk.
00:05Merci de votre présence ce soir en direct après la visite d'Emmanuel Macron
00:08qui a donc dit à Marseille, plus jamais monsieur le maire, plus jamais le 17 octobre,
00:13en référence bien sûr au chaos un peu partout en France et notamment à Marseille
00:18avec ces images qui ont fait mal évidemment à toute la France
00:21et bien au-delà de ce bus de Marianne à terre mais aussi de toutes les dégradations.
00:26Est-ce que le plus jamais 17 octobre, vous avez confiance dans une telle phrase ?
00:34On l'espère. Plus jamais, j'aurais beaucoup de mal personnellement à dire plus jamais,
00:39j'espère plus jamais, c'est-à-dire qu'il faut mettre tout en œuvre pour que ça ne se
00:43reproduise pas.
00:44C'est que le raté sécuritaire, que l'incurie du 17 octobre ne se reproduise pas
00:50et pour ça il faut évidemment des renseignements de bonne qualité,
00:53il faut des forces de l'ordre en nombre suffisant, il faut des forces de l'ordre qui ont une
00:57doctrine adaptée à la situation.
01:00On a vu que le 24, on était capable avec des forces de sécurité intérieure supplémentaire
01:05de répondre aux difficultés et c'est ce à quoi j'aspire.
01:10Ce que je crains, c'est que s'il n'y a pas de sortie politique, Sonia Mabrouk,
01:14nous vivions ça tous les samedis, c'est-à-dire qu'on peut se retrouver la semaine prochaine
01:20ou la semaine d'après avec une situation qui pourrait ressembler au 17 octobre.
01:24Donc on ne peut pas rester simplement passif en attendant que les forces de l'ordre soient exténuées
01:29ou en essayant de faire régner l'ordre sans sortie politique.
01:33Monsieur le maire, est-ce que vous avez eu évidemment un entretien privé avec Emmanuel Macron,
01:39est-ce qu'il a reconnu lui-même personnellement la défaillance ?
01:44Est-ce que c'est sa responsabilité du 17 octobre ?
01:46On l'a entendu pointer de nouveau la sous-anticipation, donc les renseignements,
01:52mais est-ce que lui-même a admis une responsabilité dans cette faillite, dans ce chaos ?
01:58Non, je pense que d'abord, c'est assez rare pour être souligné,
02:01le chef de l'État a reconnu qu'il y avait une défaillance majeure du dispositif de sécurité le 17
02:08octobre.
02:09Je ne pense pas que ce soit de la responsabilité du président de la République de dire
02:13il faut mettre tant de policiers à tel endroit, tant de policiers à tel endroit.
02:16Je veux bien qu'on lui fasse porter un chapeau plus grand que le sien,
02:19mais je crois qu'il faut des limites.
02:21Et je pense que la Ve République et que l'ordre républicain, certes, doit rester à l'État,
02:28mais qu'il ne faut pas non plus tomber dans la caricature ou dans le populisme
02:32et d'essayer de faire croire aux Français qu'il appartient au chef de l'État
02:35de déployer lui-même les forces de l'ordre sur le territoire national, métropolitain ou ultramarin.
02:40Ça n'aurait aucun sens, Sonia Mabrouk.
02:42Néanmoins, il a dit à Marseille ce matin, pour la première fois,
02:45que le 17 octobre avait été, il ne l'a pas dit dans ses termes,
02:49mais avait été un fiasco.
02:51Et moi, je considère que le 17 a été un fiasco.
02:54Je préfère bien évidemment avoir vu des forces en nombre suffisant
02:58avec des manifestations pacifistes le 24 que ce que j'ai vu le 17.
03:03C'était, et on en a parlé tous les deux sur votre plateau,
03:07intenable, insoutenable.
03:08Donc si j'ai bien compris, il a reconnu que l'État a failli.
03:14Clairement.
03:17Monsieur le maire, nous étions il y a quelques jours ensemble sur le plateau
03:21et puis après le 17 octobre, vous étiez, à juste raison,
03:24très énervé, très remonté, très atteint par tout ce qui s'est passé à Marseille.
03:31Vous demandiez des explications, même des comptes.
03:33Et vous étiez avec une pointe vindicative.
03:37Comment expliquer aujourd'hui que vous soyez autant rassuré
03:40puisque vous semblez craindre que le 17 octobre se reproduise ?
03:43Quelle garantie vous a-t-on donné ?
03:46Je n'ai absolument pas changé.
03:48Je reste évidemment très en colère.
03:50C'était une colère froide et je l'ai toujours
03:52parce que, évidemment, je ne peux pas accepter,
03:55nous ne pouvons pas accepter que dans la 7e puissance du monde,
03:57dans la 2e ville de la 7e puissance du monde,
03:59il y ait eu une défaillance à ce niveau-là,
04:01un tel niveau d'impréparation.
04:03Et il a fallu que j'appelle le 17 octobre le chef de l'État,
04:07le chef du gouvernement, le ministre de l'Intérieur
04:09pour qu'on puisse m'envoyer en catastrophe des forces de l'ordre
04:13qui n'étaient évidemment pas préparés,
04:15qui n'étaient évidemment pas correctement coordonnés sur le territoire municipal
04:21pour tenter d'éviter le pire, mais le pire n'a pas été évité.
04:26Et donc, toute la semaine entre le 17 et le 24,
04:29il a fallu qu'on travaille à un dispositif forcément différent
04:32pour que la manifestation se passe dans les conditions les meilleures.
04:36Et vous savez que j'ai dit, et que je répéterai sur votre plateau,
04:39que je n'accepte pas qu'on confonde des manifestants
04:41qui ont de légitimes revendications et des casseurs,
04:44ce sont deux choses différentes.
04:46Les casseurs, leur place, elle est en prison.
04:48Celles et ceux qui s'en sont pris aux mairies, leur place, elle est en prison.
04:51Les manifestants qui ont de légitimes revendications,
04:53il faut les écouter.
04:55Je n'ai pas, moi, d'assurance.
04:57On ne peut pas avoir d'assurance, Sonia Mavroque, en la matière.
04:59Il faut, pour que ça ne se reproduise pas,
05:03il faut un dispositif de sécurité à la hauteur.
05:06Mais, encore une fois, combien de temps va-t-on devoir vivre
05:09avec des villes mises sous cloche,
05:12avec des villes, avec des colonnes de CRS,
05:14de gendarmerie, de police municipale ?
05:16Il nous faut une sortie.
05:18Et la sortie, Sonia Mavroque, elle n'est que politique.
05:21Elle ne peut être que politique.
05:22Mais l'avez-vous dit ?
05:22Il faut que ce pays, que cette république,
05:25bien sûr, je l'ai dit, je lui ai dit en privé.
05:28Vous lui avez dit, monsieur le maire,
05:29est-ce que vous lui avez dit clairement
05:30qu'on ne peut pas vivre sous une forme,
05:33en tous les cas, de confinement sécuritaire,
05:35que ce soit Marseille ou autre ?
05:36Parce que, quand même, précisément,
05:38notre téléspectateur, c'est que les commerces,
05:40pour certains, ont été pillés à Marseille,
05:42quand même, ce sain du 24.
05:43Et pour les autres, ils étaient fermés.
05:45Donc, c'est quasiment, parfois, une ville morte.
05:47Mais, bien sûr.
05:49Et donc, vous devez bien comprendre
05:51qu'y compris mes commerçants qui ont tout perdu.
05:53Des fois, c'est une vie de travail
05:54qui s'effondre devant nous.
05:55Ce sont des salariés,
05:56parce que derrière les commerçants,
05:57il y a tous les collaborateurs.
05:59Il y a la personne qui fait le ménage le matin.
06:01Il y a le vendeur.
06:03Il peut y avoir le chef de rang.
06:04Ce sont des histoires entières
06:06qui se sont effondrées devant nos yeux.
06:08Donc, d'abord, un,
06:08il va falloir les indemniser.
06:10Et je veux qu'on les indemnise
06:11jusqu'au dernier centime.
06:12Mais j'ai besoin,
06:13nous avons besoin que la paix sociale
06:16redevienne dans ce pays
06:17ce qu'elle doit être,
06:18que l'ordre républicain soit rétabli.
06:20Mais pour cela,
06:21il ne faut pas simplement
06:22faire des coups de menton
06:23sur les plateaux de télévision
06:24comme certains.
06:25il faut maintenant
06:27une sortie politique.
06:28Pour avoir une sortie politique,
06:30il faut faire des propositions
06:31à la crise que nous sommes
06:32en train de vivre.
06:33La crise que nous sommes
06:34en train de vivre,
06:35elle est sociale,
06:36elle est politique,
06:37elle est économique.
06:38Nous avons des lycéens
06:38qui revendiquent
06:39d'étudier dignement.
06:41Nous vivons
06:42avec 2,30 euros le litre de gasoil,
06:452,20 euros l'essence.
06:46Nous avons une crise
06:47du pouvoir d'achat majeure.
06:48Et donc,
06:49il faut des réponses à ça.
06:50Les réponses,
06:51elles sont...
06:52Et j'ai fait des propositions
06:53au président de la République.
06:53Vous reconnaissez des réponses...
06:55Oui, des réponses...
06:56C'est pas facile,
06:56comme ça.
06:57Oui.
06:57Non, non, je vous en prie.
06:58Des réponses
06:59à une crise protéiforme.
07:00Restez avec nous,
07:01parce que j'ai une question
07:02essentielle à vous poser.
07:03Mais sur ce plateau,
07:05Arthur Berda,
07:06notre journaliste,
07:07c'était chez vous,
07:09dans votre belle ville
07:10de Marseille.
07:10Il a suivi,
07:11il a suivi le président
07:12de la République.
07:13Vous l'avez interrogé,
07:14notamment Arthur,
07:15sur la comparaison
07:17avec certaines émeutes,
07:18notamment après
07:19l'affaire Naël.
07:21Il a été au chevet,
07:23si je puis dire,
07:23des commerçants sinistrés,
07:24des forces de l'ordre
07:26extinuées.
07:27Bilan de la journée.
07:28Certains disent
07:28que le président
07:29est venu constater
07:30les dégâts à Marseille.
07:31Absolument, Emmanuel Macron.
07:32Il est venu littéralement
07:33constater les dégâts.
07:35On le voyait d'ailleurs
07:35à l'instant à l'écran,
07:36puisque le hall de la mairie
07:38qu'il a visité d'ailleurs
07:38aux côtés de M. le maire
07:40Benoît Payan
07:40a lui-même été dévasté.
07:43Le buste de Marianne
07:43a été cassé,
07:44une vitre a été brisée,
07:45une chaise a été
07:46elle aussi cassée,
07:47les murs ont été tagués.
07:48Donc si vous voulez,
07:48il est venu constater les dégâts
07:50avec, aurait-on pu croire
07:51ou pu craindre
07:52une forme d'impuissance.
07:53Il n'empêche,
07:54Emmanuel Macron,
07:55il a d'abord reconnu
07:56ce que M. le maire
07:57a qualifié de fiasco
07:58le 17 octobre.
07:58Il a reconnu
07:59qu'il y avait eu une faillite.
08:00On n'a pas du tout
08:02anticipé le 17 octobre.
08:03C'est l'expression
08:04d'Emmanuel Macron.
08:05Laurent Nunez avait dit
08:05qu'on a perdu le contrôle.
08:06Emmanuel Macron dit
08:07qu'on n'a pas du tout
08:08anticipé.
08:08A l'inverse,
08:09il s'est félicité,
08:10c'est encore son expression,
08:11du retour de l'ordre républicain
08:13le 24 octobre.
08:14Samedi dernier,
08:15une ville sous cloche
08:15disait Benoît Payan
08:17avec beaucoup de commerces
08:17fermés.
08:18Emmanuel Macron
08:18a rencontré les commerçants.
08:20Si vous me permettez
08:20une question
08:21pour M. le maire
08:22Benoît Payan.
08:23D'abord,
08:23vous avez contesté
08:24M. le maire
08:24le chiffre de 30 000 casseurs
08:26évoqué par la préfecture.
08:27Est-ce qu'on sait
08:27in fine combien il y a eu
08:29de casseurs démeutiers
08:30dans la ville de Marseille
08:31le 17 octobre ?
08:31Et puis deuxième question,
08:32vous dites qu'il faut
08:33sortir de la crise
08:34avec des réponses.
08:35Il y a un débat budgétaire
08:36en ce moment,
08:37ça c'est le rôle
08:37des parlementaires.
08:38Vous, vous êtes maire,
08:39vous êtes un maire
08:40engagé à gauche.
08:41Il y a aussi
08:41un débat présidentiel.
08:42Est-ce que vous trouvez
08:43ces réponses
08:43chez l'un des candidats
08:45qui briquent la présidentielle ?
08:48Bon,
08:49sur la première question,
08:50bien évidemment,
08:50moi je m'en tiens maintenant
08:51aux chiffres officiels
08:53fournis
08:54par le procureur de la République,
08:55c'est-à-dire
08:551 800 casseurs
08:58et émeutiers,
08:59c'est-à-dire bien loin
09:00des 30 000.
09:00Mais on comprend bien
09:01pourquoi ce chiffre a été annoncé.
09:02Il était faramineux,
09:04il était farfelu,
09:04c'était pour montrer
09:05que l'État ne pouvait rien faire.
09:07Ce qui est un double
09:08aveu d'impuissance.
09:09Et ce n'était pas acceptable
09:10d'entendre ce chiffre.
09:11Et je crois d'ailleurs
09:12que le procureur de la République
09:13a eu raison
09:14de remettre,
09:15si je puis dire,
09:16l'Église au centre du village.
09:18Ensuite,
09:19sur les réponses politiques,
09:20au-delà de la gauche
09:21et de la droite,
09:21je pense qu'on fait face
09:22à une crise de sens.
09:24Et donc,
09:25ça n'est même plus
09:26qu'une question de droite
09:27et de gauche.
09:27Ramener la concorde républicaine,
09:29c'est que des gens
09:30se hissent au-dessus
09:31de leurs conditions.
09:32Sans pour autant
09:33renier ce qu'ils sont.
09:34Une démocratie,
09:35elle doit se vivre
09:36dans un débat apaisé.
09:38Elle doit se vivre
09:39dans une confrontation
09:40d'idées apaisées.
09:41Je ne le vois plus.
09:42Aujourd'hui,
09:42je vois des femmes
09:43et des hommes
09:43qui briguent
09:44la fonction suprême,
09:45qui briguent
09:46la magistrature suprême
09:47et qui mettent
09:48de l'huile sur le feu
09:49et qui tentent
09:50de diviser la France.
09:51Vous imaginez ?
09:52Vous imaginez des gens
09:54comme le général de Gaulle
09:55s'amusant à diviser la France
09:56pour essayer de la présider ?
09:57Tout ça n'a pas de sens.
09:59Pour sortir par le haut,
10:00il faut prendre en compte
10:01ce qui est en train
10:01de se passer.
10:02Il y a une France
10:03qui a besoin d'ordre
10:04et elle existe.
10:05Elle est silencieuse.
10:06Et il y a une France
10:07qui a besoin de réponses
10:08sur son pouvoir d'achat,
10:09qui a besoin de réponses
10:11sur les conditions de travail,
10:12sur leurs conditions de vie
10:13et d'apprentissage.
10:15Merci.
10:15Merci à vous
10:16pour cette réaction,
10:17Benoît Payan.
10:17Merci,
10:18M. le maire de Marseille,
10:19avec cette visite
10:20d'Emmanuel Macron
10:21et ce que vous nous avez appris.
10:22C'est-à-dire
10:23le président
10:24qui a reconnu
10:26une forme de faillite
10:27le 17 octobre.
10:28On peut se dire
10:29comment est-ce qu'il aurait pu
10:30être autrement.
10:31qu'il aurait pu être
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