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Bruno Lemaire, ancien ministre de l’Économie, était l’invité de BFMTV ce lundi 26 octobre. Il a notamment été interrogé sur l'attentat dans les Yvelines, la gestion du mouvement lycéen, le 17-Octobre, sur le 49.3 ou encore sur l'élection présidentielle de 2027.
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00:00Nous allons effectivement commencer Bruno Le Maire avec ces images.
00:03Ça se passe d'ailleurs encore en direct, ces rassemblements qui étaient organisés en début de soirée
00:08en hommage aux victimes de cet attentat de Trappes.
00:12L'une des informations de la soirée c'est d'ailleurs que la garde à vue de l'auteur présumé
00:16des faits
00:17a repris après avoir été interrompue pour vérification psychiatrique.
00:20C'est ce qu'on a appris au cours d'une conférence de presse du procureur antiterroriste
00:24dont on parlera évidemment tout à l'heure.
00:26Mais d'abord avec vous Bruno Le Maire, ce drame et ses conséquences,
00:31est-ce que vous diriez que ça va être un tournant de cette campagne présidentielle
00:36puisqu'on voit bien que depuis vendredi cette campagne s'est encore un peu plus tendue ?
00:40Tournant, je ne sais pas, il y en a beaucoup dans les campagnes présidentielles.
00:44Ce qui s'est passé est dramatique, qu'on puisse être victime d'une attaque,
00:50qu'elle soit d'ailleurs verbale ou de manière plus tragique, physique,
00:53à raison de sa couleur de peau, de sa race, de son religion, de son orientation sexuelle.
01:00C'est une chose qui est révoltante dans la République.
01:02Donc je m'associe à toutes celles et tous ceux qui aujourd'hui manifestent contre cette violence
01:07qui, je le redis, démarre toujours par la violence verbale
01:10et finit dans cette violence physique qui nous bouleverse tous.
01:14Est-ce que vous comprenez que, quelques heures à peine après ce drame,
01:18alors que l'enguette ne faisait que commencer,
01:21la classe politique se souhaite aussi vite emparer ce drame
01:24et surtout qu'il y ait eu très vite une recherche de responsables, de boucs émissaires ?
01:28Comment l'expliquer ?
01:30Je ne suis plus dans la classe politique depuis deux ans.
01:32Oui, mais vous savez comment elle fonctionne.
01:34Je m'en porte très bien, oui, mais ces réflexes pavloviens ne sont pas les bons.
01:39On doit penser aux victimes, on doit penser aux familles,
01:42on doit penser à la République et se dire tout simplement qu'on doit faire bloc dans ce genre de
01:47situation.
01:48Faire bloc pour rappeler avec beaucoup de fermeté
01:51que des attaques racistes, qu'elles soient une fois encore verbales ou physiques,
01:56sont tout simplement intolérables en France.
01:58Mais ça, c'est terminé, c'est terminé ce bloc, c'est terminé la concorde
02:02lorsque la France est touchée par un attentat.
02:04On en a eu l'illustration parfaite vendredi.
02:06Vous le dites avec beaucoup de justesse, mais ça n'est jamais terminé.
02:09C'est un recommencement perpétuel, mais on ne doit pas viser autre chose aujourd'hui en France
02:13face à toutes les déchirures que connaît la société française,
02:17qui peuvent être des déchirures terroristes comme celles qu'on vient de voir,
02:20mais aussi des déchirures sociales, des déchirures entre générations.
02:24On ne doit rien viser d'autre que la réconciliation.
02:26– Mais vous ne trouvez pas que la France est malade quand même ?
02:29Parce que si on regarde la société du racisme, de l'antisémitisme,
02:34de la violence dans les rues quand il y a des manifestations,
02:38ce n'est pas nouveau, ça fait maintenant pas mal de temps que ça existe,
02:42et quand on regarde le personnel politique qui devrait observer ça
02:46et qui devrait chercher des solutions, c'est pour élever le ton,
02:49c'est pour s'insulter, c'est pour instrumentaliser parfois ce qui arrive de pire dans la société française.
02:57Donc on est quand même dans une situation assez compliquée avec une société
03:01qui est sur des charbons ardents, si je puis dire,
03:05et puis une classe politique qui est survoltée et qui gueule avec la meute
03:13au lieu d'apporter des résultats.
03:15– Je ne suis peut-être pas assez survolté pour faire encore partie de la classe politique.
03:19Je crois au contraire au calme, je crois au sang-froid et je crois à la sérénité.
03:25Vous avez aujourd'hui une dislocation de la société française,
03:29sous le coup des différences de revenus, des problèmes de pouvoir d'achat,
03:34des inquiétudes parfaitement légitimes des jeunes qui se disent
03:37« quel boulot on va avoir ? »
03:39Et dans le fond, tout le monde a raison dans cette affaire.
03:42Quand je vois les policiers, tout à l'heure, la personne interviewée juste avant
03:47le disait avec beaucoup de justesse, qui s'en prennent plein la figure,
03:51qui sont attaqués, qui doivent rétablir l'ordre dans des conditions extraordinairement difficiles,
03:54qui sont parfois menacés physiquement,
03:57on comprend que ces policiers vous disent « stop, ça suffit qu'on s'en prenne comme ça »
04:03aux forces de l'ordre, que ce soit des policiers, des gendarmes ou des pompiers.
04:06Et puis de l'autre côté, vous avez des lycéens qui disent
04:09« on nous charge, c'est pas normal, on a des revendications légitimes ».
04:13Bien entendu qu'il faut aussi entendre ces étudiants.
04:16Et donc, ce n'est pas le moment d'élever la voix, c'est le moment d'écouter.
04:22Parce que vous n'apporterez pas de réponse à cette dislocation de la société française
04:26si vous n'allez pas au fond des problèmes.
04:28Le problème des policiers, c'est quoi ?
04:29C'est que sur le rétablissement de l'ordre et le maintien de la règle,
04:32on a trop lâché.
04:34Moi, j'estime que lorsqu'il y a atteinte à des forces de l'ordre,
04:38policiers, gendarmes, pompiers, ou des représentants de l'État, enseignants,
04:43que ces atteintes soient physiques ou verbales,
04:45les peines doivent être automatiques.
04:46Elles ne doivent plus être individualisées.
04:48Je considère que pour les lycéens, on y reviendra évidemment,
04:51il y a une inquiétude profonde et légitime de la part de jeunes
04:55qui voient très bien que depuis maintenant des décennies,
04:57on privilégie les plus âgés au détriment des plus jeunes et de l'éducation.
05:01Ça se voit dans les budgets, ça se voit dans les choix collectifs.
05:04Et je le dis depuis des années.
05:06Je l'ai dit quand j'étais ministre de l'Économie et des Finances,
05:08quand on me disait, mais pourquoi vous voulez une réforme des retraites ?
05:10J'ai dit, mais ce n'est pas pour embêter des personnes âgées.
05:13C'est tout simplement pour dégager des moyens financiers
05:16pour les plus jeunes, pour l'éducation et pour l'école.
05:19Donc Yves Tréard, votre question est fondamentale.
05:21Quel choix fait-on face à cette dislocation de la société française ?
05:25La colère ou la concorde ?
05:28Moi, je fais le choix de la concorde et de la sérénite.
05:31Mais attendez, parce que juste, on parlera...
05:33Lors d'une campagne électorale, ça devrait être le cas.
05:35Et ce n'est pas le cas.
05:35Mais c'est un combat qui doit être mené tous les jours.
05:39Et j'ai le sentiment en continuant...
05:41Mais comment, Bruno Le Maire ?
05:42Tout simplement, en continuant à tracer sa route,
05:46en creusant son sillon.
05:47J'ai la conviction absolue qu'au bout du compte,
05:50à la fin de cette campagne,
05:52les Français écouteront ceux qui se seront exprimés
05:55avec le plus de calme.
05:56Et tous ceux qui me disent, parce que j'en entends beaucoup,
05:59qui me disent, mais c'est plié, le match,
06:01ça se joue entre le Rassemblement National et la France insoumise.
06:04Ce sera Marine Le Pen ou ce sera Jean-Luc Mélenchon.
06:06Il y en a même qui me disent, mais vous devriez déjà
06:08vous rallier à l'un ou à l'autre pour trouver votre place.
06:11Écoutez, moi, je suis en dehors de tout ça.
06:13Et vous répondez quoi, dans ce moment-là ?
06:14Je leur réponds qu'on sous-estime la lucidité des Français.
06:19Leur capacité à décrypter le langage des politiques.
06:23Et je suis convaincu, parce que je fais confiance
06:25au peuple français.
06:26Je fais confiance à leur intelligence.
06:28Leur capacité à comprendre ce qui apporte des solutions
06:31et ce qui crée des problèmes.
06:33Ils choisiront la personne la plus solide,
06:36avec le plus d'expérience et la plus sereine.
06:39On va...
06:40Je nous dirai, d'ailleurs, dans un instant,
06:41qui est cette personne, selon vous.
06:43Mais vous parliez de Jean-Luc Mélenchon.
06:45Il était à l'un de ces rassemblements, ce soir, évidemment,
06:48en hommage aux victimes de Trappes.
06:49Parce qu'il faut qu'on reste encore un moment sur Trappes.
06:52Voilà ce qu'il dit sur le racisme
06:54et comment, lui, il entend combattre le racisme.
06:57C'est mon devoir de marcher devant vous
07:01en portant l'idée que, dans la Nouvelle-France,
07:05nous ne voudrons plus jamais entendre parler d'un racisme
07:08ou que ce soit dans une fonction d'autorité.
07:16Ce qui sera pourchassé et puni systématiquement
07:24par la déchéance des fonctions d'autorité,
07:27par ceux qui, d'une manière ou d'une autre,
07:30auront signifié qu'ils en sont infectés.
07:32– Infectés, ce sont les mots de Jean-Luc Mélenchon.
07:37Comment vous réagissez à ces déclarations ?
07:39Et est-ce que la lutte contre le racisme,
07:41elle doit, selon vous, passer par là ?
07:44– Moi, je suis stupéfaite de la duplicité de Jean-Luc Mélenchon.
07:49C'est le même homme qui a joué avec des non-juifs.
07:54C'est le même homme qui, de manière très sournoise,
07:57a joué avec l'antisémitisme.
07:59En nous expliquant après, bien entendu,
08:01on m'a mal compris.
08:02On m'a mal entendu.
08:04Et c'est cette duplicité de la France insoumise
08:06que je veux dénoncer.
08:07Bien sûr que le racisme est intolérable.
08:10Alors, ce n'est pas une opinion, le racisme.
08:12C'est un crime.
08:13Donc, comme dans n'importe quelle République,
08:15ces crimes-là doivent être pourchassés et condamnés.
08:19Mais il y a, dans le discours de la France insoumise,
08:22sur ce sujet comme sur tant d'autres,
08:24énormément de duplicité de calculs politiciens.
08:26Donc, j'invite chacun à ne pas prendre au pied de la lettre
08:29ce que dit Jean-Luc Mélenchon
08:30et de regarder qui attise la violence dans notre pays
08:34et qui joue sur le calme et le sang-froid.
08:38Mais est-ce que vous diriez comme une partie de la gauche
08:40que le racisme s'est libéré en France
08:42et que, disons les choses clairement,
08:44le Rassemblement national a une responsabilité là-dedans ?
08:47Mais tous ceux qui ont tenu des propos de haine
08:50ou qui ont pointé du doigt des Français,
08:53une fois encore, à raison de leur race,
08:56de leur religion, de leur couleur de peau,
08:58ont une responsabilité.
08:59Les mots ont un poids.
09:01Moi, ce que je trouve stupéfiant sur ce sujet,
09:04on pourra parler des comptes publics aussi,
09:05même si c'est un sujet moins important
09:07que la question du racisme,
09:08c'est la facilité avec laquelle certains disent des choses
09:13qui incitent à la haine,
09:15qui incitent sournoisement au racisme ou à l'antisémitisme
09:17et puis après, ils s'étonnent
09:19qu'il y ait le développement du racisme ou de l'antisémitisme
09:21dans notre pays.
09:22C'est les mêmes en général
09:24qui vous disent qu'il faut toujours dépenser plus,
09:26que les comptes publics, ce n'est pas important,
09:28que la dette, on s'en fiche
09:29et qui après vont vous expliquer
09:30« Ah mais c'est dramatique,
09:31on a un problème de finances publiques,
09:33il faut rétablir les comptes. »
09:34Cette duplicité du langage et de l'action,
09:37je pense qu'elle torpille la crédibilité des politiques.
09:40– Pourtant, les accusations en racisme ou en antisémitisme,
09:43elles portent sur deux mouvements principalement.
09:45Pour le racisme, c'est maintenant le Rassemblement National.
09:49Pour l'antisémitisme, effectivement,
09:51beaucoup disent que la France insoumise flirte avec
09:54et c'est les deux mouvements qui montent.
09:56Donc ça, ça dit aussi quelque chose peut-être
09:58de la société française qui, finalement,
10:02on a beau dénoncer cela,
10:06les électeurs, ils n'y trouvent pas une importance capitale.
10:09– Je rajoute même à la question d'Yves Traire,
10:12Mélenchon attise la violence, dites-vous,
10:13est-ce qu'elle n'est pas déjà là ?
10:14Est-ce qu'il ne surfe pas sur une violence
10:16qui existe déjà au sein de la société française ?
10:18– Mais la responsabilité politique, précisément,
10:21c'est de décider quel est l'avenir souhaitable
10:24pour une nation, pour sa nation,
10:26quand on aime la France et quand on aime les Français.
10:28L'avenir souhaitable pour la nation française,
10:30ce n'est pas la violence, ni verbale, ni physique.
10:33Je ne crois pas un instant que les Français soient antisémites ou racistes.
10:38Pas un instant.
10:39Alors vous pouvez toujours jouer sur les mauvais sentiments
10:41ou le ressentiment de certains,
10:43je pense qu'au bout du compte, c'est un très mauvais calcul.
10:46Et que cette polarisation à laquelle nous assistons aujourd'hui…
10:48– Ce n'est pas du déni ?
10:49– Du déni ?
10:50– De dire qu'aucun Français ne serait ni raciste ni antisémite.
10:54Non, c'est de la volonté, c'est de la reconnaissance de ce qu'est le peuple français.
10:58C'est ce que vous imaginez pour le peuple français,
11:01ce que vous voulez pour le peuple français.
11:03Être politique, ce n'est pas commenter, c'est orienter et c'est décider.
11:08Je veux d'une France dans laquelle le racisme et l'antisémitisme n'ont pas leur place
11:12et je suis convaincu de pouvoir compter sur une immense majorité de Français.
11:16– Ça ressemble à un projet ça ?
11:17– Non, ça ressemble simplement à une personne qui est depuis 30 ans dans la vie publique,
11:23qui s'en est retirée depuis deux ans,
11:25qui a toujours le même amour de son pays, le même amour des Français
11:28et qui lorsqu'il circule en France,
11:30que ce soit aux Pays-Bas où j'étais ce week-end,
11:33ou en Bretagne, ou dans les Ardennes où je me suis rendu à plusieurs reprises,
11:36ne voit pas de Français racistes ou antisémites.
11:40C'est résiduel, ça doit être combattu
11:42et ceux qui jouent avec ça seront perdants à la fin.
11:46Et tout dépend de nous, notre capacité justement à projeter
11:49un avenir positif pour les Français.
11:51C'est cela qui permettra de desserrer l'étau du Rassemblement national
11:55et de la France insoumite.
11:56Ils jouent avec la violence, on doit présenter la paix.
11:59Ils jouent avec le retour en arrière, on doit se projeter vers la main.
12:02– J'entends ce que vous dites, mais ce qui est frappant aussi en ce moment,
12:04c'est de voir à quel point le bloc central, l'espace central,
12:08a du mal à se faire entendre ?
12:09Qui est susceptible, parmi David Lysnard, Édouard Philippe ou encore Gabriel Attal,
12:16ou peut-être quelqu'un d'autre d'ailleurs, vous peut-être d'ailleurs,
12:19de faire entendre cet espace central, cette autre voie ?
12:22– Mais il faut d'abord le définir.
12:24– C'est ce que vous venez de faire.
12:25– Le drame actuel, c'est que vous avez des candidats qui, dans le fond,
12:29pour beaucoup d'entre eux, vous disent, on va garder à peu près le même modèle
12:33et puis on va mettre des rustines ici ou là et faire des réformes, ça ira mieux.
12:37Mais j'ai malheureusement beaucoup plus d'ancienneté dans la vie publique
12:41que tous ces candidats.
12:43J'ai commencé avec Jacques Chirac, que j'ai profondément aimé,
12:46je l'ai dit sur ce plateau à plusieurs reprises.
12:48Et j'ai dit et j'ai répété, sous Jacques Chirac, sous Nicolas Sarkozy,
12:53sous Emmanuel Macron, nous allons atteindre le plein emploi.
12:56Comme en Allemagne, comme aux États-Unis, comme en Suisse,
12:59c'est-à-dire 4 à 5% de taux de chômage.
13:00On n'y est jamais arrivé.
13:01Donc moi, je suis arrivé à une conclusion, fort de cette expérience,
13:05mettre des rustines, ça ne sert à rien, il faut changer le modèle.
13:08Que ceux qui travaillent gagnent beaucoup plus,
13:11que ceux qui ne travaillent pas arrêtent d'être autant aidés qu'ils le sont.
13:14Et là, vous pourrez peut-être véritablement faire les choses
13:16et orienter les jeunes vers des métiers et des emplois qui existent.
13:20Mais ce n'est pas ce que dit Edouard Philippe à sa manière, Bruno Le Maire ?
13:22Je vous dis qu'il faut changer le modèle de A.
13:24Ils font tous du copier-coller du macronisme ?
13:27Je pense que nous restons trop dans le prolongement
13:30de ce qui a été fait depuis plusieurs décennies
13:32et que nous ne savons pas marquer avec suffisamment de force
13:35auprès de nos compatriotes à quel point des ruptures sont nécessaires.
13:39C'est justement parce qu'en fait, ce qui a été terrible
13:43pour ce qu'on appelle le bloc central, qui n'est central
13:46que pour ceux qui veulent bien l'appeler comme ça, d'ailleurs.
13:48Oui, tout à fait.
13:49Parce qu'il n'est pas un bloc non plus.
13:50Il est assez hétéroclite.
13:52Quand je dis le bloc central, je parle au milieu de LFI et de l'URL.
13:55C'est une expression convenue, mais elle refait assez mal la réalité.
13:58Mais je comprends pour beaucoup de gens que David Lissnard ne soit pas le bloc central.
14:00Et où ?
14:01Mais il y a quand même une chose qui fait très mal quand même
14:05quand on regarde tout ça.
14:06C'est qu'il y a un homme qui est président de la République aujourd'hui
14:08qui, il y a près de dix ans, a écrit un livre qui s'appelle Révolution.
14:12Et les gens ont voté en se disant
14:13« On dégage la vieille école
14:17et on va maintenant changer le logiciel.
14:21Grâce à lui, on va aller vers quelque chose
14:23qui est tout à fait nouveau.
14:24On va réformer notre pays. »
14:26Moralité.
14:27Eh bien, le compte n'y est pas,
14:28puisque aujourd'hui, le pays est dans un État
14:31qui est éruptif plus que jamais.
14:33Et cette révolution n'a jamais eu lieu là où elle était attendue.
14:36Comment aujourd'hui, avec les propos que vous tenez, Bruno Le Maire,
14:40vous pouvez encore, d'après vous,
14:42avoir la capacité, je vais l'exprimer comme ça,
14:46d'être cru ?
14:47Peut-être, Yves Tréhard,
14:51parce qu'il manquait en 2017 à Emmanuel Macron,
14:55ce dont malheureusement je ne manque pas,
14:57l'expérience.
14:59C'est quand vous dites révolution,
15:00alors que vous n'avez jamais été élu
15:02et que vous arrivez au pouvoir très jeune,
15:04vous pensez que tout commence avec vous.
15:05Moi, j'ai une certitude,
15:07c'est que tout ne commence pas avec moi.
15:09Et que depuis des décennies,
15:11il y a des présidents de la République
15:11qui se sont succédés,
15:13qui se sont dit,
15:13tiens, on va tout diriger depuis l'Élysée
15:15et tout va aller mieux.
15:16J'en ai tiré une conclusion,
15:17le président de la République doit présider,
15:19mais la décision doit être chez le Premier ministre.
15:21J'ai vu la distribution des pouvoirs
15:23entre 35, 40, 45 ministres.
15:25Je suis arrivé à une conclusion,
15:27il faut 10 ministres, pas plus,
15:28et leur nombre doit être fixé dans la Constitution.
15:31J'ai vu des budgets,
15:32j'en ai fait passer 7,
15:33où à chaque fois on augmente les dépenses
15:34et où à chaque fois vous avez des amendements
15:36de parlementaires qui multiplient les dépenses.
15:39J'en ai tiré une conclusion d'expérience,
15:42vous devez restreindre le droit d'amendement
15:44des parlementaires sur le budget.
15:47J'ai vu des gouvernements tomber
15:48à un moment où la France avait besoin de stabilité.
15:52J'en ai tiré une conclusion,
15:54vous devez empêcher le Parlement
15:56de renverser un gouvernement
15:58s'il n'a pas une majorité alternative.
16:01J'ai vu à quel point on passait parfois en force
16:03avec le 49-3.
16:05J'en ai tiré une conclusion,
16:06nous devons retirer le 49-3 de la Constitution.
16:09Et donc je ne vous dis pas révolution,
16:11non, ça veut dire nouvelle cinquième République.
16:15Moi je suis désolée,
16:16mais ça me fait un peu penser à François Hollande.
16:19C'est-à-dire qu'il regarde...
16:21Je ne suis pas sûr de le fond.
16:22Il l'observe, pas sur le fond.
16:23J'ai beaucoup de respect.
16:24Pas sur le fond, mais sur la forme.
16:26Sur l'expérience peut-être.
16:27Non, non, non, sur la manière de procéder.
16:30Entendez-moi, non pas sur le fond,
16:31mais sur la forme.
16:32C'est-à-dire que vous observez,
16:34vous critiquez, vous faites des propositions,
16:37ça ressemble clairement à un programme,
16:40vous dites que finalement personne n'est vraiment à la hauteur,
16:42est-ce qu'à un moment donné, vous vous poserez en recours ?
16:45C'est pour ça que je parle de François Hollande.
16:47Il y a dans le mot recours une telle prétention
16:51que je me garderais bien de l'employé.
16:53Pour moi, il y a eu un seul recours,
16:55un seul recours dans l'histoire de France récemment.
16:57Le général de Gaulle.
16:58C'est le général de Gaulle.
16:59Et personne n'arrive à sa cheville,
17:01même si ça peut être un motif d'inspiration.
17:04Mais sur la démarche, je vois très bien ce que vous voulez dire
17:09et je le partage.
17:10Vous ne desserrez pas l'étau qui est en train de se resserrer
17:13comme une mâchoire sur les Français.
17:15Ce n'est pas nous le problème.
17:17Nous, ça ne compte pas.
17:18Nous, les politiques, ce qui compte, c'est les Français.
17:20Il y a un étau qui est en train de se resserrer,
17:22la France insoumise d'un côté,
17:23le Rassemblement national de l'autre.
17:25Qui veut prévoir la révolution, et l'un et l'autre.
17:27Enfin, pas un changement.
17:28Oui.
17:28Enfin, il prévoit surtout du côté du RN la capitulation.
17:31On arrête le soutien à l'Ukraine
17:33et on tombe dans les bras de la Russie.
17:35Et du côté de la France insoumise,
17:37on vous promet la fin du droit de propriété.
17:40Enfin, il y a de quoi avoir des frissons dans le dos
17:42et commencer à s'inquiéter pour soi,
17:43pour ses enfants et pour ses petits-enfants.
17:45Mais ils ont un programme.
17:47Ils ont deux visions de la société
17:49qui sont incompatibles avec ma vision de la République
17:52et la vision de la nation.
17:53Comment est-ce que vous desserrez l'étau ?
17:55Est-ce qu'on peut y arriver tout seul avec ses petits bras
17:57en disant « je suis le meilleur » ?
17:58Non.
18:00Zéro chance.
18:01Est-ce que vous pouvez y arriver en disant
18:02« j'ai tiré les leçons de nos échecs »
18:06et je m'excuse des échecs ou des erreurs
18:09que nous avons pu commettre devant les Français ?
18:12Il y en a une qui est lourde et qui est…
18:14La plus lourde de toutes, vous êtes accusé de ça.
18:17La dette.
18:19La dette, pardon.
18:20La dette, tout le monde a compris, je l'espère,
18:22que ce n'est pas la personne qui est en face de vous
18:23qui est le premier responsable.
18:25C'est notre modèle social
18:26et c'est le poids des dépenses de retraite.
18:28Alors c'est la dissolution.
18:29Non.
18:30Je pense que la faute la plus grave
18:32qui a commis les personnalités de centre-droit
18:35et de centre-gauche, je me mets dedans.
18:38C'est le référendum de 2005.
18:40Où les Français ont dit « non »
18:42à cette construction européenne.
18:44On ne pensait aucun Canadien…
18:45Enfin, d'aucun Canadien…
18:46On ne pensait pas là.
18:46On va faire autre chose
18:47et on va quand même adopter une constitution pour l'Europe
18:50mais on va le faire avec le Parlement.
18:52Cette blessure-là, c'est tellement peu refermée
18:55que depuis, on n'a jamais refait de référendum.
18:57Moi, je pense qu'il y a quand même d'autres blessures aujourd'hui, Bruno Le Maire.
19:00Non, pour moi, c'est la blessure la plus profonde.
19:01Mais ce que je veux dire dans ma…
19:02Les Français sont exaspérés.
19:04Je vais revenir si vous voulez sur la dette.
19:05Vous diriez toujours « je n'ai aucune responsabilité ».
19:08Aucune.
19:09Ça fait deux ans que j'ai reconnu mes responsabilités,
19:12qu'il y a eu une commission d'enquête.
19:13Mais vous pouvez toujours continuer la logique du bouc émissaire.
19:15Qu'est-ce qui se passe ?
19:16Vous dites « c'est Bruno Le Maire ? »
19:18Super.
19:18Bruno Le Maire, ça fait deux ans qu'il est parti.
19:19La dette, elle a cessé d'augmenter.
19:21En revanche, vous avez dit, M. Le Maire,
19:23alors personne ne dit « c'est vous, M. Le Maire, c'est de votre faute »,
19:26mais vous, vous avez dit « le Président de la République est dans le déni ».
19:29Mais 2021, la dette baisse.
19:33Après la forte augmentation pour protéger les Français pendant le Covid.
19:362022, elle baisse à nouveau.
19:382023, elle était à combien la dette ?
19:40Rappelez-moi.
19:42109%.
19:432024, dissolution.
19:44Aujourd'hui, elle a combien ?
19:45Rappelez-moi, 120%.
19:46Donc c'est le problème de qui ?
19:47C'est Bruno Le Maire qui est responsable de tout.
19:49Non, c'est les choix politiques de 2024.
19:52Et c'est un modèle social qui dépense plus de richesses qu'il n'en produit.
19:58Donc ce sujet-là, il est évidemment important.
20:01Je ne le nie pas.
20:02Mais si on refuse de voir que c'est un problème de système
20:06et pas un problème de personne,
20:07on ne règlera pas le problème.
20:09Et ce qui compte pour moi, c'est qu'on règle les problèmes des Français.
20:10Pourquoi vous posez la question ?
20:11Et donc je reviens à mon raisonnement pour desserrer l'étau LFRN.
20:14C'est reconnaître nos erreurs, les admettre et en dire, j'en ai tiré toutes les leçons
20:19pour dire, on ne se contentera pas de Rustine, nous allons changer le modèle.
20:23Je ne comprends toujours pas quelle est votre ambition, du coup.
20:26Mais mon ambition, c'est d'être utile.
20:27C'est de faire comprendre à toutes les personnalités politiques de centre-droite, de centre-gauche
20:32qui veulent desserrer cet étau entre la France insoumise et les Rassemblements nationales.
20:36Si vous revenez en disant à faire exactement les mêmes choses, mais en un petit peu mieux,
20:42ça ne marchera pas.
20:43Si à l'inverse, vous dites, nous sommes au bout d'un modèle qui dépense plus de richesses
20:48qu'ils n'ont produit, où la monarchie technocratique décide à la place du peuple français
20:53et vous ne faites pas droit au référendum d'initiative citoyenne qui est demandé par 85% de nos compatriotes,
20:59où on ne comprend pas que l'Europe à 27, ça ne marche plus, et qu'il faut une Europe
21:02à 6,
21:03comme je le propose depuis des mois.
21:05Si vous n'êtes pas capable d'avoir un langage aussi clair, aussi volontariste, aussi ambitieux,
21:10les Français ne vous écouteront pas.
21:11Une Europe à 6, ça c'est un vrai changement de paradigme.
21:15Avec qui ? On garde qui ? On sort qui ?
21:18Si on dézoome un tout petit peu ce qui se passe et qu'on regarde un peu au-delà de
21:22nos frontières,
21:23vous avez la révolution industrielle la plus importante qui se soit jamais produite de l'histoire de l'humanité,
21:29qui s'appelle l'intelligence artificielle.
21:31C'est une révolution industrielle, avec derrière des usines, de la production manufacturière, des semi-conducteurs,
21:37je travaille dedans aujourd'hui, avec des investissements qui se chiffrent en centaines de milliards de dollars chaque année.
21:44On veut y participer ou on veut être en dehors ?
21:47Si on y participe, la France a tout pour réussir.
21:49Elle a l'énergie nucléaire, elle a des scientifiques, elle a des savants,
21:52elle peut en tirer une prospérité considérable.
21:54Mais si on se met à 27 pour décider si on va faire tel investissement sur tel semi-conducteur ou
21:59pas,
22:00on est mort.
22:00Donc je dis, partons à 6, un petit nombre d'États,
22:04et vous allez pouvoir raccrocher les wagons,
22:07– C'est très important parce qu'il y a quand même la question de l'application.
22:10Vous gardez qui, qui sort, qui reste, ça risque de faire des mécontents, c'est qui les 6 ?
22:16– Qu'est-ce que j'attends du prochain président de la République ?
22:18Pas qu'il me dise s'il va mettre le taux de TVA à 20, à 21 ou à 22.
22:22C'est qu'il aille chez le chancelier allemand et qu'il pose trois questions.
22:28Un, qu'est-ce qu'on fait avec la Chine qui est en train de nous envahir
22:31avec ses produits industriels à bas coût et qui va tuer notre industrie ?
22:35Comment nous nous protégeons ?
22:37Comment nous fermons nos frontières ?
22:40Comment est-ce que nous mettons des tarifs douaniers sur la production industrielle chinoise ?
22:43Première question.
22:45Deuxième question, qu'est-ce que nous faisons avec les Américains ?
22:47Ils sont en train de tout prendre sur l'intelligence artificielle,
22:51de nous imposer sur vos écrans, sur vos micros, sur vos téléphones portables,
22:55une intelligence artificielle dont ils tirent tous les bénéfices.
22:58Qu'est-ce qu'on fait pour en garder des bénéfices pour nous ?
23:01Troisième question, qui est du niveau du président de la République ?
23:04Que faisons-nous avec la Russie ?
23:06Comment est-ce qu'on règle ce problème de l'Ukraine ?
23:09Comment est-ce qu'on soutient l'Ukraine pour qu'elle conserve sa liberté et sa souveraineté ?
23:13C'est ça les questions qui se posent.
23:14– Mais ça serait plus que 6, parce que 6, c'est les 6 fondateurs de l'Europe.
23:17Mais vous ajouteriez l'Espagne, l'Espagne et surtout la Pologne.
23:21– La Pologne est indispensable.
23:23– Bien sûr.
23:24– Tout simplement parce qu'elle a de la croissance, qu'elle est dynamique,
23:26qu'elle a une frontière avec la Russie et qu'elle est importante pour notre sécurité.
23:29– Là, vous êtes en train de nous dérouler un programme.
23:31Donc, ça veut dire une chose, c'est que dans votre tête,
23:33et probablement dans votre esprit,
23:36c'est que le match n'est pas joué entre la France insoubise
23:40et le Rassemblement national dans ces mois.
23:42– C'est ma conviction absolue, Yves Tréa.
23:45Je suis très, très surpris par le défaitisme,
23:48par l'espèce de renoncement, comme si ce n'était pas grave.
23:52Je vois trop de parlementaires, amis, d'élus,
23:55ils ont le moral dans les chaussettes.
23:58– J'ai l'impression que c'est fait,
24:00que demain, l'élection va avoir lieu, que c'est fini.
24:02Mais il faut avoir un esprit de résistance au fond de soi.
24:05C'est ça, la politique.
24:07Celle capable de dire, je n'accepte pas que nos compatriotes
24:11soient condamnés d'ici six mois
24:13à devoir choisir entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen,
24:17parce que derrière, c'est des visions de la société
24:18qui sont incompatibles avec notre idée de la nation.
24:21– Comment vous avez pris cet après-midi la déclaration du président
24:23qui a un peu sidéré une bonne partie quand même
24:27des politiques de ce pays ?
24:28Président qui dit, ce n'est pas normal
24:32qu'à six mois de l'élection présidentielle,
24:33le pays soit dans cet état d'ébullition.
24:35Vous parliez de déni tout à l'heure.
24:37Comment vous la recevez, cette phrase ?
24:38Vous qui le connaissez, ça a été votre...
24:40– Je vous propose qu'on l'écoute comme ça,
24:42et après, vous réagissez comme ça,
24:44vous pourrez entendre tout ce qu'il a dit.
24:47– Ce n'est pas normal qu'à six mois d'une élection présidentielle,
24:49notre pays soit dans cet état d'ébullition.
24:52Il y a des gens qui se réjouissent du désordre, moi non.
24:56Donc, plus jamais le 17 octobre.
24:58Il y a normalement un débat présidentiel qui doit se faire
25:00pour qu'on ait des élections.
25:01C'est parce qu'il y a des élections qu'il n'y a pas de violence.
25:03C'est ça une démocratie.
25:04Il faut le rappeler aux gens.
25:06Mais on continuera de tenir à la fois samedi,
25:10le 5 novembre pour la journée de mobilisation sociale
25:14et le samedi qui suivront.
25:16Si on fait bien notre travail collectivement,
25:18c'est un mouvement qui va se calmer
25:19parce qu'on répondra aux attentes légitimes
25:21et parce que l'ordre sera tenu.
25:23– Alors, puisque ça suscite un débat sur ce plateau,
25:26est-ce que vous trouvez ça logique, entendable,
25:29que le président dise cela ?
25:31– Moi, j'ai une vision très différente
25:34de celle du président de la République.
25:36Et dans son rôle, il défend la sécurité,
25:38c'est le premier des droits.
25:39Il permettrait d'avoir un mot pour tous ces commerçants
25:42à qui moi j'avais dit à Marseille en 2023,
25:44ça ne se reproduira pas.
25:46ça s'est reproduit.
25:48Et là aussi, ayant beaucoup d'expérience,
25:50j'ai dit aussi à des commerçants en 2005,
25:54au moment de la révolte des banlieues,
25:56quand nous avions déclenché l'état d'urgence
25:58avec Jacques Chirac, Dominique de Villepin
25:59et Nicolas Sarkozy,
26:00ça ne se reproduira jamais.
26:01Ça s'est reproduit.
26:02Donc je pense que c'est sous-estimé
26:04la profondeur du mal.
26:06Et le mal, il est d'abord social.
26:10Bien sûr que ces pillages sont inadmissibles,
26:12condamnables, je l'ai fait, je l'ai dit,
26:13je l'ai répété, je me suis même prononcé
26:15pour l'état d'urgence, pour la protection.
26:17Mais quand j'entends que tout ça n'est pas normal,
26:21que cette ébullition,
26:22derrière, il y a une souffrance.
26:26Il y a une souffrance qui est réelle.
26:28C'est la souffrance de l'ouvrier que j'ai vu
26:31il n'y a pas très longtemps à côté d'Oré,
26:33qui a 35 ans,
26:34qui paye 150 ou 170 euros de plus
26:37pour son plein d'essence,
26:38qui ne s'en sort pas,
26:40qui fait des plaques en béton armé
26:43pour le bâtiment,
26:44il bosse et il ne s'en sort pas.
26:46C'est la souffrance de l'infirmière
26:49qui est à l'hôpital
26:50et qui a des conditions de travail
26:51qui sont difficiles.
26:52C'est la souffrance de tous ceux
26:53dans notre pays qui se disent
26:55mais de quoi l'avenir va être fait
26:57pour nous, pour nos enfants ?
26:58On ne s'en sort pas.
26:59Et je pense que nous aurions tous intérêt,
27:02de gauche, de droite, peu importe,
27:04à comprendre que ce qui ne va pas
27:05en fait en France,
27:07c'est que ceux qui bossent
27:09ne s'en sortent pas
27:09parce que notre modèle économique
27:11est un modèle à somme nulle.
27:12C'est-à-dire qu'on finance
27:13tout notre modèle,
27:14toute la redistribution,
27:15toutes les aides sociales,
27:17par le travail.
27:18Ça ne peut plus durer.
27:19Mais le fait quand même
27:19que le président lui-même
27:21dise cela,
27:23vous allez nous dire
27:23dans un instant
27:24ce qui n'a pas fonctionné
27:25et comment on en est arrivé là.
27:26Mais lui, le président,
27:28qu'est-ce qu'il a manqué ?
27:29Qu'est-ce qu'il a loupé ?
27:31Je ne vais pas me faire
27:32le juge du président.
27:33Ben si, vous pouvez.
27:34Vous avez travaillé avec lui.
27:36Je veux bien me faire le juge
27:36de ce que j'ai fait.
27:37Vous nous dites que c'est normal
27:38que le pays soit dans cet état d'ébullition.
27:40On a bien compris.
27:40Vous vous dites que c'est normal.
27:41Il y a une souffrance.
27:42Lui, il dit que ce n'est pas normal.
27:43Qu'est-ce qu'il rate ?
27:44Qu'est-ce qu'il ne comprend pas ?
27:45J'entends un gros discours
27:47consistant à dire
27:48que l'ébullition,
27:50elle est alimentée
27:52par des parties extrêmes
27:53qui jouent avec le feu.
27:56Mais il n'y arriverait pas
27:57ces parties qui effectivement
27:59jouent avec le feu
27:59et jouent avec la violence.
28:00Il n'y arriverait pas
28:02si derrière,
28:03il n'y avait pas
28:03une vraie souffrance
28:05que j'entends,
28:06que je touche du doigt,
28:07que je vois chacun
28:08de mes déplacements
28:09de gens qui se serrent la ceinture
28:11qui ne devraient pas
28:12se serrent la ceinture,
28:12de gens qui s'inquiètent
28:13pour leurs enfants,
28:14qui ne devraient pas
28:15s'inquiéter pour la vie.
28:16Donc il faut financer
28:16notre système social,
28:17si je comprends bien,
28:19autrement que par
28:20uniquement le travail.
28:22C'est-à-dire qu'effectivement,
28:22toutes les cotisations
28:23qu'on paye,
28:24ce sont des cotisations
28:25qui sont prélevées
28:27sur nos salaires,
28:28nos revenus.
28:29Et d'après vous,
28:30il faudrait changer
28:31ce modèle-là.
28:32Vous avez une proposition.
28:34J'ai changé le modèle.
28:34J'ai une proposition
28:35qui est très concrète.
28:36On doit avoir
28:37une réponse immédiate
28:39sur les salaires
28:40pour que tous ceux
28:41qui bossent
28:41se disent
28:42que ça vaut le coup
28:42de travailler
28:42et qu'ils sont libres
28:44en travaillant beaucoup
28:45et qu'ils ne se retrouvent pas
28:46prisonniers de leur travail.
28:48J'ai proposé
28:48l'augmentation du SMIC.
28:50Ça s'a beaucoup surpris.
28:52Il y a des patrons
28:52qui disent
28:52qu'on ne peut pas y arriver.
28:53On va regarder
28:54les allègements de charges.
28:55On complémente ça.
28:56Le profil.
28:57Ne rentrons pas trop
28:58dans la technique.
28:58Mais ce geste fort
29:00de l'augmentation du SMIC,
29:01j'y suis favorable.
29:02Deuxième geste,
29:04financer autrement
29:05les charges
29:05en disant
29:06on va augmenter la TVA.
29:08J'ai proposé trois points.
29:10Taxer l'intelligence artificielle
29:11qui aujourd'hui remplit
29:12les poches
29:13des milliardaires américains
29:14comme je l'ai fait
29:15sur les géants du numérique
29:16en affrontant
29:16Donald Trump directement.
29:19Et taxer
29:19les importations carbonées
29:20chinoises.
29:21Avec ça,
29:21vous avez plusieurs dizaines
29:22de milliards d'euros
29:23que vous vous rendez
29:24directement à ceux
29:25qui travaillent
29:25pour qu'ils aient
29:26une augmentation de salaire
29:27entre 150 et 250 euros.
29:31La taxation de l'IA,
29:32ça se fait pas simplement.
29:34J'ai mis 5 ans
29:35à faire la taxation
29:36sur les géants du numérique.
29:37Mais au bout du compte,
29:39ça rapporte de l'argent
29:40au trésor public
29:40et c'est de la justice.
29:43Enfin,
29:43je propose une troisième chose.
29:44Attendez,
29:44parce qu'il faut s'arrêter
29:45quand même sur l'augmentation
29:46de la TVA.
29:46Non mais l'augmentation
29:47de la TVA,
29:48pour ceux qui manifestent
29:49en ce moment,
29:49je pense que c'est inaudible.
29:51Je termine juste
29:52sur la troisième proposition
29:54que je fais
29:54qui est de simplifier
29:55la feuille de paie.
29:56Je l'avais proposée
29:57il y a trois ans.
29:57Personne ne m'a suivi
29:58pour passer de plus de 50 lignes
30:00à 15 lignes.
30:01Et vous supprimez
30:02des cotisations
30:03comme la cotisation
30:04pour la formation professionnelle
30:06ou le versement de transport.
30:08Tous ces petits 1%
30:09qu'on vous prend
30:10à chaque ligne
30:11et qui font qu'à la fin,
30:12vous avez un salaire
30:12qui n'est pas du tout
30:13à la hauteur
30:13de ce que vous pourriez espérer.
30:14Si on les prend,
30:15c'est pas pour rien Bruno Le Maire.
30:16Nouveau financement
30:17de la protection sociale
30:18et suppression
30:19d'un certain nombre
30:20de cotisations.
30:21Là, tout d'un coup,
30:22vous aurez ce choc salarial
30:24qui me paraît indispensable.
30:25L'augmentation de la TVA,
30:26c'est le même principe
30:27que pour François Hollande
30:28précisément
30:29dont on parlait tout à l'heure.
30:30C'est un point commun.
30:30C'est la TVA sociale ?
30:31On est un peu à fond renversé
30:32puisque lui,
30:33il propose 4 points.
30:34Moi, je n'ai proposé
30:35que 3 points.
30:36Vous voyez qu'il y a des...
30:38Il peut y avoir,
30:38vous savez...
30:39Quelques convergences.
30:40Je ne suis pas sectaire.
30:42Mais les économistes
30:43ne sont pas tous d'accord
30:43sur l'efficacité
30:45de ce problème.
30:45Oui, j'ai beaucoup écouté
30:46les économistes.
30:48Chacun arrive avec ses critiques
30:49mais je ne vois pas
30:50de proposition aussi complète
30:51que celle que je fais
30:52pour pouvoir dire
30:53à l'ouvrier que j'ai rencontré
30:55il y a quelques jours
30:57à côté de Van
31:00pouvoir lui dire
31:01oui, tu travailles
31:03mais à la fin du mois
31:04tu auras un bon salaire
31:05tu pourras te payer un resto
31:06tu pourras financer
31:07les études de tes enfants
31:08tu pourras partir en vacances
31:09et tu ne te poseras pas
31:10de questions
31:10quand tu passeras à la pompe
31:11en disant
31:12je ne peux pas me payer le plein.
31:13C'est ça que je veux
31:14pouvoir dire.
31:14Donc mes propositions
31:15sont peut-être critiquables
31:16mais ont le mérite
31:17de la simplicité
31:18et de l'efficacité.
31:20Et au bout du compte
31:20qu'est-ce qu'on veut
31:21comme modèle ?
31:22Moi, je veux un modèle
31:23économique
31:23économique
31:24où on produit
31:25avant de consommer.
31:27Nous avons un modèle
31:28qui ne repose que
31:29sur la consommation
31:29donc on baisse la TVA
31:30on consomme toujours plus
31:32c'est ceux qui proposent
31:33de baisser la TVA
31:33sur l'essence
31:34mais on produit
31:35de moins en moins
31:36et donc on s'appauvrit.
31:37On est d'accord
31:38que vous ne touchez pas
31:38aux produits
31:39de première nécessité.
31:40Non, bien sûr.
31:41C'est important
31:42de le préciser.
31:42Merci de me poser la question.
31:43Au contraire,
31:44si on doit rajouter
31:45un ou deux produits
31:45de première nécessité
31:46dans les taux très réduits
31:47ça ne me pose
31:48aucune difficulté
31:49mais ma vision
31:51à 20 ou 30 ans
31:52c'est d'avoir des gens
31:53qui travaillent
31:53qui ne se posent
31:54aucune question
31:55sur leur vie quotidienne
31:56et c'est retrouver
31:57une nation française
31:58qui produit
32:00des biens agricoles
32:01et des biens judiciaires.
32:02Mais pour le coup
32:02vous connaissez par cœur
32:03ces sujets
32:04donc imaginons que demain
32:05vous arrivez au pouvoir
32:06vous augmentez cette TVA
32:07de trois points
32:08donc à partir de quel moment
32:10ça peut se répercuter
32:12sur les salaires ?
32:13Est-ce que ça va vite ?
32:14Ça va très vite.
32:15Ça peut aller vite ?
32:16C'est d'ailleurs
32:16pourquoi est-ce que
32:17je retiens ces propositions
32:18et pourquoi
32:19j'affirme aussi
32:20la nécessité
32:21d'augmenter le SMIC
32:22c'est que les gens
32:23ne peuvent pas attendre
32:24le mot d'ébullition
32:25on en a beaucoup parlé
32:26ça veut dire quoi
32:27ébullition ?
32:28Vous n'avez toujours pas répondu
32:29à la question d'ailleurs
32:29Je me permets de vous dire
32:32clairement sur le fait
32:34que ce soit
32:34ce que ça dit
32:36du chef de l'État
32:36que lui aujourd'hui
32:37Moi je ne suis ni psychiatre
32:39ni interprète de psychologie
32:41Je vous dis simplement
32:42que s'il y a une ébullition
32:44c'est qu'il y a des causes profondes
32:45et que l'ébullition
32:46n'étant pas bonne pour un pays
32:48je reviens à mes premiers propos
32:49apaiser
32:50faire retomber la température
32:52c'est pas traiter
32:53des problèmes de surface
32:54c'est traiter des problèmes de fond
32:56et le premier problème de fond
32:58c'est cette injustice
32:59c'est cette injustice
33:02intolérable
33:04intolérable
33:04de gens qui bossent
33:05et qui s'en sortent pas
33:07Donc vous avez dit
33:08augmentation de la TVA
33:093 points
33:09et vous dites
33:10ça se répercute très vite
33:11sur les salaires
33:12revalorisation du SMIC
33:13ce qu'il faut dire
33:14Lisa Hadef
33:14c'est qu'il y a une réflexion
33:16en cours
33:16du côté du gouvernement
33:17pour répondre précisément
33:19à ceux qui étaient dans la rue
33:20encore samedi dernier
33:20pour revaloriser le SMIC
33:22plus tôt que prévu
33:23C'est ça
33:24pour que tout le monde
33:24ait le même niveau d'information
33:26surtout chez vous
33:27qui nous regardez
33:28je rappelle que le SMIC
33:29c'est la rémunération minimale
33:30obligatoire en France
33:31et qu'il existe
33:32deux mécanismes de hausse
33:33il y a la revalorisation annuelle
33:35automatique
33:36le 1er janvier
33:36et il y a aussi une revalorisation
33:38en cours d'année
33:38en cas de forte inflation
33:40par exemple en juin
33:41il avait augmenté
33:42de 2,41%
33:44ce qui a apporté
33:44le montant du SMIC
33:45mensuel net
33:46à 1867 euros
33:48et 2 centimes
33:49maintenant que tout le monde
33:50a les mêmes outils
33:50de compréhension
33:51voici ce qui a été
33:52exactement dit
33:53par le ministre de l'économie
33:55Roland Lescure
33:56il dit
33:56une hausse anticipée
33:58du SMIC
33:58avant la revalorisation
34:00automatique
34:00du 1er janvier
34:01et dans un contexte
34:02de fortes revendications
34:03sur le pouvoir d'achat
34:04fait partie
34:05des débats
34:06donc ça veut dire
34:07que le SMIC
34:07pourrait être revalorisé
34:08plus tôt que prévu
34:10mais la conséquence directe
34:11c'est qu'en janvier
34:12au moment de la revalorisation
34:13officielle
34:14si je puis dire
34:14cette hausse anticipée
34:16sera déduite
34:17en clair
34:17si le SMIC
34:18devait augmenter
34:19de 2% en janvier
34:20et qu'il a déjà été augmenté
34:21de 2% en novembre
34:23la hausse du 1er janvier
34:24sera de 0%
34:25pour donner une aide
34:27plus conséquente
34:29et arrêtez-moi
34:29monsieur le maire
34:29si je me trompe
34:30il faudrait que le gouvernement
34:31octroie un pourcentage
34:32supplémentaire
34:32supérieur à l'inflation
34:34par exemple
34:34plus 1%
34:35en plus
34:36de l'indice
34:37de l'inflation
34:37j'espère que c'est clair
34:38sinon monsieur le maire
34:39saura mieux le résumer
34:40mais surtout
34:41est-ce que c'est pas
34:41tout ce qui ne va pas
34:42je ne peux pas faire mieux
34:43c'est très clair
34:43est-ce que c'est pas
34:44tout ce qui ne va pas
34:45en ce moment
34:46dans la manière
34:47dont ce gouvernement
34:48répond aux revendications
34:49c'est-à-dire qu'il y a du monde
34:50dans la rue
34:51on nous explique
34:51qu'il va y avoir
34:52des réponses à porter
34:53et donc une revalorisation
34:55qui intervient plutôt
34:56du SMIC
34:57mais qui en fait
34:58va annuler
34:59celle qui était prévue
35:00en janvier prochain
35:02donc d'une certaine manière
35:03on se moque un peu de nous
35:04je pense qu'il est préférable
35:05de trancher vite
35:07et de trancher clairement
35:08dans ce genre de situation
35:10les attentes sociales
35:11sont légitimes
35:12donc on doit y répondre
35:14l'augmentation du SMIC
35:16fait partie
35:16des réponses possibles
35:17on doit aussi répondre
35:19aux attentes
35:19des entrepreneurs
35:20qui disent
35:20on ne sorte pas
35:21il y a trop d'arrêts maladie
35:22qui est devenu un sujet
35:23mais partout
35:24vous allez en France
35:25le patron de PME
35:25le patron de l'hôtel
35:27du restaurant
35:27de la petite entreprise
35:29vous dira
35:29j'en peux plus
35:30de tous ces arrêts maladie
35:31qu'on me dépose comme ça
35:32sans que je puisse rien faire
35:33apportons lui aussi
35:34une réponse immédiate
35:35à cette question
35:36des arrêts maladie
35:37comme on apportera
35:38une réponse
35:38avec le SMIC
35:39pour les salaires
35:40les plus modestes
35:41comme une réponse
35:42était attendue
35:42sur les lycéens
35:43elle est venue
35:44tant mieux
35:45elle est un peu tardive
35:46là on voit bien
35:47que ça ne sera pas suffisant
35:49vous
35:49vous feriez quoi
35:50il faut des réponses
35:51concrètes
35:52urgentes
35:53rapides
35:53on fait quoi sur le SMIC
35:54on l'augmente de combien
35:55selon vous
35:55je ne vais pas vous donner
35:56de chiffres précis
35:57j'irai plus loin
35:57que ce qui a été proposé
35:58aujourd'hui par le gouvernement
36:00parce que
36:01le message politique
36:03compte autant que le chiffre
36:05le message politique
36:06c'est nous avons entendu
36:08votre colère
36:10elle est légitime
36:12et répondre aux colères
36:14quand elles s'expriment
36:14de partout
36:15que ce soit les lycéens
36:17les petits patrons
36:18qui ne s'en sortent pas
36:18avec les arrêts maladie
36:19les salariés
36:20qui ne s'en sortent pas
36:21avec le niveau du SMIC
36:23les différentes revendications
36:24qui
36:25toutes sont légitimes
36:27la responsabilité
36:28du gouvernement
36:29c'est de les prendre
36:30une à une
36:30et d'apporter des réponses
36:32je souligne une contradiction
36:33je suis sûr qu'il allait
36:35vous dire exactement
36:35la même chose que moi
36:37vous êtes le premier
36:37à dire attention
36:38à la dette et aux finances publiques
36:39comment on répond
36:40si on n'a plus les finances ?
36:41mais la dette et les finances publiques
36:42je le redis
36:43c'est deux sujets
36:44c'est pas les salariés
36:45c'est les retraites
36:46mais vous augmentez le SMIC
36:47ça veut dire que
36:48pour la fonction publique
36:49ça se fait pas suite
36:49vous donnez au lycéen
36:51c'est un budget à débloquer
36:52mais ça veut dire
36:53faire des choix
36:53que nous n'avons pas eu le courage
36:55de faire suffisamment clairement
36:57c'est repousser
36:58l'âge légal
36:59de départ à la retraite
37:01dépenser moins
37:02pour les retraites
37:02et plus
37:03pour les étudiants
37:04pour les jeunes
37:05pour l'innovation
37:06pour la production en France
37:07c'est ça
37:08le grand choix politique
37:10que nous avons à faire
37:11et qui est très difficile
37:11pour répondre au chaos
37:13dans le pays
37:13maintenant
37:13on lance la réforme des retraites
37:15tout de suite
37:15pour que ça va améliorer les choses
37:17je dis
37:18j'ai regretté
37:19à plusieurs reprises
37:20qu'on ait débranché
37:22la réforme des retraites
37:23que nous avions
37:24fait passer
37:25c'est pas que vous regrettez
37:26c'est que vous dites
37:26que c'est carrément responsable
37:28ce rejet de la réforme des retraites
37:29il est responsable
37:30je dis que c'était totalement
37:31il est responsable
37:32parce que c'est ce qui a provoqué
37:34la situation d'effondrement
37:36sur la dette
37:37et sur les finances publiques
37:38que nous connaissons aujourd'hui
37:39on va pas pleurer
37:39sur les l'air renversé
37:40maintenant qu'on en est là
37:41et que nous avons
37:42un moment de refondation
37:43qui s'appelle
37:44l'élection présidentielle
37:45qu'est-ce que nous choisissons
37:47pour l'avenir
37:47est-ce que nous continuons
37:49à garder un modèle
37:49dans lequel on dépense
37:50beaucoup plus
37:51que tous les pays développés
37:53de la planète
37:54pour les retraites
37:55où on change
37:55et beaucoup moins
37:56pour l'éducation
37:58l'innovation
37:59et les lycées
37:59et bien
38:00ma réponse est extraordinairement simple
38:02et c'est ça mon avis
38:03qui peut desserrer
38:03l'étau entre l'EFI
38:04et le RN
38:05c'est dire
38:05on va investir plus
38:06sur l'innovation
38:07et l'éducation
38:08sauf que Bruno Le Maire
38:09il reste 6 mois
38:10ici à l'élection présidentielle
38:11il faut passer un budget
38:13un budget pour lequel
38:14évidemment
38:14personne ne va être d'accord
38:15en plus vous avez
38:16les tensions dans la rue
38:17les manifestations
38:18chacun veut défendre
38:20son bout de gras
38:20ou on réclate davantage
38:22comment vous faites passer
38:23le budget ?
38:24Est-ce que c'est important ?
38:25C'est décisif ?
38:26Ah oui ?
38:27Oui
38:28J'ai cru que vous alliez nous dire
38:31on laisse tomber le budget
38:32on va jusqu'à la présidentielle
38:34non
38:35J'ai gardé toute ma tête
38:36malgré les buditions actuelles
38:38j'essaye de garder mon sang-froid
38:40je pense que c'est absolument essentiel
38:42la seule raison
38:43pour laquelle Moody's
38:43n'a pas dégradé
38:45la note française
38:46ils l'ont très clairement
38:48indiqué dans leur note
38:49c'est qu'ils attendent un budget
38:51s'il n'y a pas de budget
38:52nous serons dans le toboggan
38:54donc nous devons avoir un budget
38:56je constate
38:57mais sans aucune surprise
38:58que les parlementaires
39:00ont tous refusé
39:01les propositions d'économie
39:02du gouvernement
39:02à commencer par
39:03pas la suppression
39:05la réduction
39:06de l'avantage fiscal
39:07sur les retraités
39:08des 10%
39:09non
39:09les 10%
39:10ce qui valide
39:11ce que je vous disais tout à l'heure
39:12de toute façon
39:13n'attendez rien
39:14des parlementaires de l'opposition
39:15ils ne proposeront
39:16que des dépenses
39:17et jamais d'économie
39:18je l'ai vu
39:19pendant 7 ans
39:20les mêmes qui pleurent ensuite
39:21sur le lait renversé
39:22et sur la dette
39:23donc l'urgence
39:24c'est d'adopter
39:25un budget
39:26donc passage en force
39:27plus les discussions
39:28seront courtes
39:29plus on ira vite
39:30et plus le budget
39:31sera derrière nous
39:32mieux nous nous porterons
39:33moi j'apporte un soutien total
39:35au premier ministre
39:36et au gouvernement
39:37pour faire passer ce budget
39:38il ne sera pas parfait
39:39tout le monde le sait
39:39tout le monde sait que
39:40dans 6 mois
39:41ça peut être le 49-3
39:44ça peut être l'ordonnance
39:45il y a plusieurs options
39:46donc vous ne vous voulez plus
39:48vous voulez supprimer
39:49Bruno Le Maire
39:49on ne comprend plus là
39:51pour l'instant
39:51il n'y a pas encore
39:52de réforme constitutionnelle
39:53vous supprimez le 49-3
39:54tant que ça
39:55on l'utilise
39:56non
39:56vous supprimez le 49-3
39:57le jour
39:58où vous ne pouvez plus
39:59renverser un gouvernement
40:00sans avoir de gouvernement alternatif
40:01c'est deux
40:03transformations constitutionnelles
40:04qui vont ensemble
40:05mais là
40:05on doit gérer l'urgence
40:06et la responsabilité
40:08du gouvernement
40:08c'est d'éviter
40:09que les taux
40:10qui sont déjà
40:11à près de 5%
40:12n'arrivent à 6
40:13ou davantage
40:14ce qui voudra dire
40:15que vous ne pourrez plus
40:16vous loger
40:17vous ne pourrez plus
40:18emprunter
40:18chez le banquier
40:19pour acheter un appartement
40:20ou une maison individuelle
40:21et les entreprises
40:22ne pourront plus emprunter
40:23pour investir
40:24donc on doit
40:25stopper net
40:26l'hémorragie
40:27et la seule façon
40:28de stopper net
40:28l'hémorragie
40:29c'est le budget
40:30et une hémorragie
40:31chacun sait
40:31que c'est une urgence
40:32donc il faut l'éviter
40:33l'idée c'est
40:34de limiter la casse
40:36d'ici la présidentielle
40:37limiter la casse
40:38est-ce que ce qui a été
40:39annoncé aujourd'hui
40:40par les lycéens
40:41Bruno Le Maire
40:42je ne sais pas si ça suffira
40:44rénovation des lycées
40:45et des universités
40:46d'un montant
40:46de 5 milliards d'euros
40:48au total
40:48il va y avoir
40:49une vraie refonte
40:50de parcours sup
40:51avant un remplacement
40:54plus de classes
40:55avec moins d'élèves
40:56aussi
40:57est-ce que vous trouvez
40:58que ce qui a été annoncé
40:58est à la hauteur ce soir
41:00alors que
41:01les organisations lycéennes
41:02qui ont quand même
41:03obtenu des réponses
41:04on en reparlera
41:05avec des moments
41:06continue à se mobiliser
41:07elles ne sont pas satisfaits
41:08je trouve que tout ça
41:09va dans la bonne direction
41:11mais
41:12c'est dommage
41:13d'avoir attendu
41:13trois semaines
41:14pour entendre
41:15des revendications
41:17peut-être parce que
41:18j'ai deux fils
41:18qui sont lycéens
41:19encore
41:20et qui manifestent ?
41:21non ils ne manifestent pas
41:23parce que je leur ai dit
41:24que je préférais
41:24qu'ils restent travaillés
41:25mais très franchement
41:26vous ne pouvez pas dire
41:27à des gosses
41:28vous ne pouvez pas dire
41:29à des gosses
41:31vous devez travailler
41:32chaque jour
41:33parce que chaque note
41:34va compter pour parcours sup
41:35et si vous loupez
41:36parcours sup
41:36vous allez louper votre vie
41:37et puis de l'autre
41:38leur dire
41:38tu ne sais pas quoi
41:39ton prof de français
41:40va être absent pendant trois mois
41:41là il y a vraiment
41:42un truc qui ne va pas
41:43donc toutes ces attentes
41:45des lycéens
41:45elles étaient parfaitement
41:46légitimes et fondées
41:47le gouvernement aurait dû
41:48y répondre plus tôt
41:49ma deuxième remarque
41:50c'est que
41:51faire de la transparence
41:52au parcours sup
41:53et c'est très bien
41:54la question clé
41:55n'est pas résolue
41:56c'est celle de l'orientation
41:57de nos enfants
41:58et il faut de la sélection
41:59merci
41:59il faut une meilleure orientation
42:01ah vous ne m'avez pas répondu
42:02sélection
42:03oui ou non
42:03et on part au pub
42:05orientation
42:05pour que les jeunes
42:06aillent vers les emplois
42:07qui existent
42:08qui sont les mieux rémunérés
42:09et qui correspondront
42:10à leurs attentes
42:10merci beaucoup
42:11Bruno Le Maire
42:12d'avoir été avec nous
42:13et à très vite
42:15peut-être lorsque vous
42:16direz officiellement
42:17que vous êtes candidat
42:18à la présidentielle
42:19très heureux
42:20de revenir chez vous
42:20on est bientôt
42:20merci beaucoup