00:0011h-13h, Christine Kelly et vous sur Europe 1.
00:04Karim Alloum.
00:05Jean-Luc Mélenchon, depuis plusieurs années,
00:08transforme toute crise en procès de la République.
00:12Et toute confrontation dans des manifs au procès de la police.
00:15Et il sait très bien que les médias le gênent beaucoup.
00:20Le gênent, pourquoi ils le gênent ?
00:22Parce que les médias sont là à raconter des...
00:24Certains médias.
00:25Voilà, certains, en général, bien sûr.
00:27Les médias sont là à donner des informations, à raconter ce qu'ils disent.
00:31Mais quand ils s'aiment...
00:32A raconter le réel.
00:33Absolument.
00:34Ils disent ce qu'il y a, un journaliste, ils font un reportage, ils disent ce qu'il y a.
00:36Donc ils ciblent les journalistes.
00:38Parce que chaque totalitaire, le premier inni d'un totalitaire,
00:42c'est la liberté d'expression.
00:44C'est ce que vous avez vécu en Algérie.
00:46Absolument.
00:46C'est-à-dire qu'aujourd'hui, si M. Mélenchon s'attaque aux médias,
00:49elle a un double objectif.
00:50Un, de le mettre au pas.
00:52Ça, leur faire peur.
00:54Parce qu'elle leur dit,
00:55« Si j'arrive au pouvoir où je participe à une coalition,
00:58la majorité d'entre eux vivent avec des subventions de l'État.
01:02Ils le savent.
01:03Le journal Monde, pour le citer,
01:05il touche presque 10 millions d'euros par année. »
01:08Vous avez vérifié ?
01:09Absolument.
01:10Il y a plusieurs journaux et plusieurs médias
01:11qui touchent de l'argent.
01:13Bien sûr.
01:14Et tout à l'honneur de la République d'aider les médias.
01:17Sans autorité de régulation.
01:21C'est quelque chose de bien.
01:22On a besoin d'avoir plusieurs médias.
01:25Mais M. Mélenchon, dans sa stratégie politique,
01:28elle est claire depuis plusieurs années.
01:31Il sait très bien qu'il ne gagnerait pas les élections présidentielles
01:33ni les législatives.
01:34Et donc, il profite de ce mouvement
01:38pour animer, pousser à des immeutes.
01:41Pour lui, le chaos politique ne peut que le servir.
01:44Parce qu'il sait très bien,
01:46il prépare les populations
01:48que si Mme Le Pen,
01:50je parle en condition,
01:51c'est les Français qui votent,
01:51si personne ne le sait,
01:52on attend le 2 mai au soir à 20h pour avoir le résultat.
01:55Si M. le Président de la République
01:57ne s'en va pas avant,
01:59mais c'est sa responsabilité.
02:00Le 2 mai, on aura un résultat.
02:01Et M. Mélenchon, il dit
02:03qu'on n'acceptera pas ce résultat.
02:06Donc nous allons basculer dans une guerre civile
02:07et il prépare les esprits,
02:09les consciences à cette situation.
02:12Je pense que c'est un homme dangereux,
02:14je pèse mes mots,
02:15parce qu'il s'attaque aux institutions de l'État,
02:18il s'attaque à la démocratie.
02:20Quand on s'attaque à la démocratie,
02:22c'est la fin.
02:23Alors moi, ce que je ne comprends pas,
02:25j'entends bien ce que vous dites
02:25et j'entends bien ce qu'a dit tout à l'heure Franck Alizieux,
02:27je vous donne la parole aussi,
02:28sur le fait que vous avez vécu, par exemple,
02:31ce basculement en Algérie, dans la guerre civile,
02:34et vous dites, Karim Maloum, en direct sur Ropin,
02:36que vous avez vu comment on s'attaque d'abord
02:39à la liberté d'expression.
02:40Moi, ce que je ne comprends pas,
02:42c'est que dans notre pays,
02:43qui est encore, je pense, une démocratie,
02:46personne n'empêche justement ce déroulement
02:49des événements qui permettent justement
02:52de museler la presse,
02:54museler les médias,
02:55museler la démocratie.
02:57Karim Maloum, en suite,
02:58deux choses, rapidement.
03:00Effectivement, les gens ne comprennent pas,
03:01Albert Camus l'a très bien expliqué.
03:03La démocratie et la liberté,
03:05c'est très fragile.
03:06C'est pas un acte.
03:08C'est très, très...
03:08Le totalitarisme, c'est puissant.
03:10Ils peuvent maintenir, c'est la guerre,
03:11c'est les militaires, les policiers, les gendars.
03:12La démocratie, c'est la liberté.
03:14Donc, la démocratie est fragile.
03:15Donc, les démocrates qui ne veulent pas la protéger,
03:18ils seront broyés.
03:19Et M. Mélenchon profite,
03:21comme d'autres totalitaires,
03:22Mais vous qui avez été en Algérie,
03:23qui doit protéger la démocratie ?
03:25Les démocrates.
03:26Mais ils sont où, les démocrates ?
03:27Ils doivent se battre.
03:28Ils doivent se rassembler.
03:29L'essentiel de l'élection présidentielle,
03:31parce qu'on a un député,
03:33l'enjeu principal de l'élection présidentielle,
03:35c'est de défendre la République et la démocratie.
03:38Rien d'autre.
03:38On est d'accord avec ça,
03:40Karim Allomand, direct sur un peu.
03:41Franck Alizio, député Rennes-les-Bouches-du-Rome.
03:44La démocratie, c'est un écosystème.
03:45C'est-à-dire qu'elle est principalement,
03:47en effet, défendue par tous les citoyens,
03:48bien évidemment.
03:49Mais les médias et les responsables politiques
03:51ont une responsabilité particulière.
03:53C'est pour ça que, lorsque, encore une fois,
03:56un journal de référence comme Le Monde,
03:58donne une fausse information.
04:00Vérifiez dans les heures qui viennent.
04:01Je le rappelle, tout à l'heure, vous le disiez,
04:03pour être encore plus précis,
04:04Le Monde touche près de 8 millions d'aides publiques chaque année,
04:08chiffre de 2024,
04:09et le groupe, Le Monde,
04:10ça c'est pour le journal Le Monde,
04:11et le groupe Le Monde,
04:12c'est 15 millions chaque année.
04:14Donc quand vous avez de l'argent public,
04:16de l'aide publique, de l'aide publique,
04:18de l'État, tout à fait.
04:20Ça veut dire que vous avez une responsabilité.
04:22Cette responsabilité, là, on attend quoi ?
04:25Fort logiquement, le Rassemblement National
04:27et tous ceux qui ont été montrés du doigt,
04:29qui ont été victimes de cette façon-là,
04:31c'est d'avoir un démenti,
04:33d'avoir des excuses publiques,
04:34et responsabilité des politiques aussi.
04:37Manon Aubry qui dit,
04:38il y a quelques jours de ça,
04:40dans la foulée,
04:41Marine Le Pen a du sang sur les mains,
04:43et on attend les excuses publiques de Manon Aubry.
04:45On attend les excuses publiques,
04:47parce qu'aujourd'hui,
04:47ce n'est pas Marine Le Pen qui a du sang sur les mains,
04:49ce sont les collaborateurs de M. Raphaël Arnaud
04:52qui, eux, ont du sang sur les mains.
04:53Parce que là, il y a eu un mort, voilà.
04:56Donc, la démocratie, ça se défend,
04:58il faut que chacun soit responsable,
05:00et que le monde d'un côté,
05:02et des élus, des députés,
05:03malheureusement, d'extrême-gauche, de l'autre,
05:07et de tels procédés, encore une fois,
05:09ce sont des procédés antidémocratiques,
05:11qui sont des menaces sur la démocratie,
05:13des menaces sur le véritable État de droit.
05:15Franck Alizio, député RN des Bouches de Rhône,
05:18en direct sur Amoribucot.
05:19Oui, non, mais, c'est intéressant.
05:22Effectivement, on attend des excuses
05:23de la part de tous ces responsables politiques,
05:25et même de la part du monde.
05:27Je note que ce matin,
05:28un journaliste de frontières
05:29est allé devant la rédaction du Monde,
05:31a tendu le micro à des journalistes
05:32qui rentraient dans leur rédaction,
05:34évidemment, de manière un peu,
05:35j'allais dire, taquine,
05:36pour aller leur demander une réaction,
05:39et des excuses publiques.
05:40Je ne suis pas d'accord avec vous,
05:41avec le côté taquin.
05:42Non, mais ce qu'on peut se doter...
05:44C'est leur métier, c'est son journaliste.
05:45Bien sûr.
05:45Ce que je veux dire, c'est que si demain,
05:47demain, vous aviez des journalistes de Mediapart
05:49qui venaient en bas de la rédaction d'Europe 1
05:51et qui venaient vous tendre le micro,
05:52ça vous agacerait, c'est normal.
05:54Et qu'est-ce qu'ils ont eu,
05:55les journalistes de frontières ?
05:56En tous les cas, en face,
05:57ils ont eu des doigts d'honneur,
05:58un homme, apparemment,
05:59qui travaille au monde,
06:00enfin, qui sort du bâtiment,
06:01et qui va même frapper le caméraman.
06:04Donc, vous voyez la violence.
06:05Et moi, ce que je me dis,
06:05c'est que si Valeurs Actuelles,
06:07le magazine pour lequel je travaille,
06:08ou même Europe 1,
06:09avaient sorti une information similaire,
06:11c'était trompé,
06:11ça aurait fait un tollé.
06:13Et il y en aurait eu tout l'écosystème de gauche
06:15qui aurait dit,
06:15mais vous voyez,
06:16c'est les médias de Bolloré,
06:18ou c'est les médias d'extrême droite,
06:20même sans se tromper,
06:21il y a des tollés.
06:21Et qui aurait appelé la censure, etc.
06:22Et ce serait pris un procès d'intention énorme.
06:25Et il y aurait eu encore des appels à l'ARCOM
06:27pour censurer CNews,
06:28exactement,
06:28pour faire fermer la chaîne.
06:29Et vous voyez,
06:30on voit une sorte de deux poids, deux mesures,
06:31c'est ça qui m'agace.
06:32Et j'ai l'impression que,
06:33parce que c'est le monde,
06:34parce que c'est cette espèce de vieille institution
06:36un peu poussiéreuse de gauche,
06:37eh bien,
06:38voilà,
06:38eux,
06:39ils l'ont fait,
06:39ils ont eu tort,
06:40mais avec des bons sentiments,
06:41mais en faisant bien le métier,
06:42donc finalement,
06:43c'est pas grave.
06:43Et ça,
06:44moi,
06:44ça me choque en tant que journaliste.
06:45Et puis,
06:45tant qu'on peut taper sur un ensemble national,
06:47qu'on agresse à des journalistes,
06:48quelles que soient la laine éditoriale,
06:51les journalistes sont là,
06:52à faire leur boulot.
06:53Les journalistes de CNews
06:53sont beaucoup plus agressifs
06:54que tous les autres,
06:55d'ailleurs.
06:55Je donne...
06:56Bien sûr.
06:56Écoute,
06:57je vais vous dire moi...
06:57Alors,
06:58on va faire juste dire
07:00une petite parenthèse
07:01que moi,
07:02je donne aussi mon avis là-dessus.
07:04Au départ,
07:06si on avait,
07:07si tous les médias,
07:09si tout l'audiovisuel,
07:11s'était élevé
07:13contre les premières attaques
07:15contre CNews,
07:16aujourd'hui,
07:16les autres ne seraient pas attaqués.
07:18Lorsqu'on voit comment...
07:20Non,
07:20mais c'est vrai.
07:21on a...
07:22Ça commence toujours comme ça.
07:24On commence...
07:24Là,
07:25on a vu,
07:25pendant le 17 octobre,
07:27on a vu,
07:28M6 attaquer,
07:29BFM attaquer,
07:30CNews attaquer...
07:30Attendez,
07:30CNews,
07:31c'est les locaux.
07:32Ce ne sont pas les journaux.
07:33Des journaux.
07:34Pour dire...
07:34Devant les locaux.
07:36Pour dire à quel point,
07:37comme disait Karim Maloum,
07:38la liberté,
07:40il faut se battre pour la liberté
07:42tous les jours.
07:43Mètre carré par mètre carré.
07:45Chaque jour,
07:45dans un instant,
07:46quand elle a les yeux réagis,
07:47et Karim Maloum réagit.
07:49Tout de suite.
07:50Ah d'accord.
07:50Tout de suite.
07:51Avec Christine Kelly sur Europe 1,
07:52vous réagissez au 0-1-80-20-39-21,
07:56le numéro n'est pas surtaxé.