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  • il y a 3 heures
Contrairement aux idées reçues, l’accident vasculaire cérébral ne touche pas uniquement les personnes âgées. Il peut aussi survenir chez des adultes jeunes, bouleversant leur vie en quelques instants. Camille a rencontré Isabelle, victime d’un AVC à seulement 36 ans, qui témoigne de cette épreuve et de ses conséquences.

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Transcription
00:04On l'imagine souvent réservé aux personnes âgées, pourtant l'AVC peut aussi frapper les plus jeunes, parfois avant 50
00:11ans.
00:12Camille, tu as rencontré Isabelle, victime d'un AVC à seulement 36 ans.
00:16Oui, et à ce moment-là, Isabelle est chef de cabine sur les longs courriers pour une grande compagnie aérienne.
00:21Elle a 36 ans, une vie professionnelle bien remplie et rien ne la prépare à ce qui va suivre.
00:26Pourtant, il y avait eu des signes, les fameux AIT, accidents ischémiques transitoires.
00:31Mais à l'époque, elle ne savait pas ce que c'était.
00:34Elle s'estimait ne pas avoir été informée dessus.
00:37Et puis, il faut dire qu'à 36 ans, on ne se réveille pas un matin en se disant qu
00:40'on va peut-être être victime d'un accident vasculaire cérébral.
00:43Qui porte bien son nom ? C'est un accident.
00:46Et pour Isabelle, comme elle me l'expliquait, ça lui est vraiment tombé dessus.
00:50C'est arrivé un matin, j'étais en train de préparer mes enfants pour les habiller et les emmener à
00:56l'école.
00:57C'est passé dans la chambre de mes filles.
00:59Et je me suis mise à tourner comme si j'allais avoir un malaise vagal.
01:03Et j'ai voulu m'allonger pour ne pas tomber.
01:05Et je suis tombée parce que tout de suite, je suis devenue hémiplégique.
01:09Et ma fille aînée, qui avait 5 ans à l'époque, m'a entendue tomber.
01:14Donc elle, tout de suite, elle a appelé son papa, qui fort heureusement était là.
01:17Il était présent ce jour-là.
01:18Sinon, malheureusement, c'est pareil, je n'aurais pas eu non plus les secours rapidement.
01:24Il m'a dit, non, non, mais qu'est-ce qui se passe ? Tu n'es pas bien ?
01:27Je lui ai dit, si, si, je me sens mal.
01:30Apporte-moi à la fenêtre que je puisse respirer.
01:33Je manquais d'air.
01:34Et en fait, moi, je ne m'en rendais pas compte.
01:36J'avais l'impression de lui avoir parlé tout à fait normalement.
01:38Mais j'avais la bouche de travers.
01:40Et lui, tout de suite, il a dit, non, non, c'est sérieux.
01:44J'appelle les pompiers.
01:44Alors, il a appelé les pompiers qui m'ont emmenée à l'hôpital.
01:47Et l'IRM a confirmé un AVC.
01:50Voilà, donc j'avais envie d'aller aux toilettes.
01:52J'appelle, j'aimerais aller aux toilettes.
01:54On m'amène un bassin.
01:54Je dis, non, non, attendez, je peux me déplacer.
01:57Il y a les toilettes dans la chambre.
01:59Et en fait, on m'a dit, non, non, vous ne pouvez plus du tout.
02:01Non, non, ce n'est pas possible.
02:02Et en fait, je ne me rendais pas compte.
02:05Parce qu'en fait, quand on a le cerveau atteint, comme ça, on ne se rend même pas compte de
02:09la gravité de notre état.
02:11Un accident qui a laissé Isabelle hémiplégique après deux mois en rééducation et deux ans en hôpital de jour.
02:18Pourtant, Isabelle avance positivement en s'estimant chanceuse d'avoir survécu.
02:24Mais même si on est vivant, on n'est plus comme avant.
02:27En tout cas, c'est ce qu'elle me disait.
02:29Pour Isabelle, il y a clairement un avant et après l'AVC.
02:33Et surtout, des séquelles invisibles, comme elle me l'expliquait.
02:36Bon, l'AVC, c'est quand même, c'est un accident.
02:39Mais c'est aussi une fracture dans une vie.
02:41Il y a avant l'AVC et après l'AVC.
02:43Et la vie n'est plus la même.
02:45Professionnellement, bien sûr, mon métier d'hôtesse de l'air, je n'ai pas pu continuer à l'exercer.
02:50Ma vie familiale a été bouleversée parce que mon mari n'ayant pas compris,
02:56n'ayant pas non plus accepté le handicap, on s'est séparés.
03:01Donc, il a fallu que je refasse une vie seule et handicapée.
03:05C'est difficile parce que pour l'estime de soi, on a l'impression de ne pas être mis au
03:11rebut.
03:11Mais en fait, quand on n'a plus d'activité professionnelle,
03:14et du jour au lendemain, de se dire finalement qu'on ne travaillera plus dans les avions,
03:17c'était un deuil pour moi à faire.
03:20Ça a été difficile.
03:21Il y a eu plusieurs choses à faire.
03:23Faire le deuil de mon corps, de toutes mes possibilités, de mes capacités d'avant,
03:28de ma vie facile finalement, de ma profession, de toutes ces choses.
03:35Donc, le témoignage d'Isabelle rappelle que les AVC ne concernent malheureusement pas que les seniors.
03:40C'est un enjeu de santé publique majeur, y compris pour les femmes,
03:44mais également pour les plus jeunes, d'où la nécessité d'informer,
03:48notamment via des associations comme France AVC, de laquelle Isabelle est présidente.
03:54Car Isabelle a justement bien insisté sur un point.
03:57Avant et après l'AVC, chaque minute compte.
04:01Alors, comment finalement informer, sensibiliser ?
04:04Est-ce qu'il faut faire de la prévention dès le plus jeune âge ?
04:09Je me tourne vers vous, Emmanuel.
04:11Alors, effectivement, il faudrait faire de la prévention avant la retraite,
04:15puisque aujourd'hui, 25% des AVC surviennent avant l'âge de 55 ans.
04:19Donc, c'est l'exemple de Françoise ?
04:24Isabelle.
04:25Isabelle n'est malheureusement pas du tout le seul.
04:28Effectivement, elle a eu de la chance que son mari soit là.
04:32Oui, c'est une vie qui est chamboulée.
04:35On le répète, il faut appeler le 15 et pas les pompiers ou pas se rendre aux urgences.
04:42C'est un réflexe à avoir.
04:45La prévention, elle passe par vous, le journaliste,
04:49qui prenait ce sujet à cœur et qui nous donnait la parole aujourd'hui avec Clémence.
04:57C'est répéter, répéter, répéter que l'AVC, ce n'est pas une fatalité,
05:01qu'il y a des facteurs de risque qui sont connus.
05:04Clémence parlera un peu, effectivement, chez les femmes aujourd'hui,
05:09il y a une démonstration que la pilule contraceptive associée au tabac, par exemple,
05:16augmente très fortement le risque.
05:19Et puis, il y a effectivement le foramen ovale perméable,
05:22des travaux incroyables qui, sur des jeunes, sans cause identifiée,
05:28a permis de...
05:29Clémence, en complément, rapidement, il nous reste 30 secondes.
05:32Donc, il existe des causes qui sont plus spécifiques chez les jeunes.
05:37Et donc, le foramen ovale perméable, qui est une communication entre deux cavités cardiaques
05:43et qui peut, dans certaines circonstances, être retenu comme cause d'AVC chez les personnes plus jeunes.
05:50Dont on connaît les facteurs, en termes de prévention ?
05:52C'est 25% de la population générale, donc même les personnes qui n'ont pas fait d'AVC,
05:57qu'on ne dépiste pas de manière systématique en prévention.
06:02Mais qui sont, en tout cas, une cause assez fréquente,
06:05en plus des consommations toxiques, de la pilule ostro-progestative chez les femmes.
06:13Merci beaucoup. Merci, Camille, pour cette chronique.
06:17Merci, Clémence Blanc, neurologue vasculaire à l'hôpital de la Pitié-Salle-Pétrière.
06:21Merci à vous, Emmanuelle Gourtais, directrice générale du Fonds pour la recherche sur les AVC.
06:26On passe tout de suite à la Pépite Santé.
06:28Merci à vous, Emmanuelle Gourtais.

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