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Mardi 27 octobre 2026, retrouvez Paul Ponsar (Directeur général, Ouidrop), Paul Ponsar (Directeur général, Ouidrop) et Frédéric Dejean (délégué général, IESF (Société des ingénieurs et scientifiques de France)) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:08Bonjour à toutes et à tous, ravie d'être avec vous aujourd'hui pour cette nouvelle émission de SmartEco,
00:13l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'économie.
00:16Retrouvez-nous tous les jours à l'antenne, mais aussi sur notre site bismart.fr et sur toutes vos plateformes
00:22d'écoute.
00:23Aujourd'hui, cette question, quelle formation pour les ingénieurs de demain va-t-on vers une pénurie ?
00:28Nous allons nous appuyer sur une étude de l'Observatoire IUSF, c'est la 37e enquête nationale sur le sujet.
00:34Elle alerte sur le défi du renouvellement de la profession.
00:38Nous recevrons Frédéric Dejean, délégué général d'IUSF.
00:41Mais d'abord, le point de vue d'une entreprise sur le sujet, nous allons partir à Bordeaux,
00:46découvrir WeDrop qui développe des systèmes robotisés de retrait de commandes alimentaires.
00:52Un vrai pari d'industrialisation, place à SmartEco.
01:00Les enseignes de la grande distribution sont sous le feu des projecteurs.
01:04Ces derniers jours, en pleine mobilisation contre la vie chère, les enseignes donnent de la voix.
01:08Avant une réunion avec les industriels de l'agroalimentaire, ce seront bientôt les négociations annuelles sur la fixation des prix.
01:15Mais nous n'avons pas développé cette actualité aujourd'hui.
01:17Nous allons nous intéresser au retrait des cours, justement, dans les grandes surfaces.
01:22Cela devient un véritable enjeu stratégique.
01:25Il faut gagner du temps, améliorer le service et maîtriser les coûts.
01:29C'est sur ce marché qu'évolue WeDrop.
01:31Et pour en parler, on est ravis d'accueillir Paul Ponsard.
01:34Bonjour.
01:36Bonjour, Alain.
01:37Bonjour.
01:37Merci d'être avec nous.
01:39Vous êtes donc en direction depuis Bordeaux, puisqu'évidemment, nous, on sillonne la France dans SmartEco
01:45pour présenter toutes les entreprises qui font aussi ce vivier.
01:48Directeur général et cofondateur de WeDrop, dont vous développez un des systèmes robotisés
01:53qui sont capables de gérer le retrait des commandes alimentaires, des produits secs, aux produits frais et surgelés.
01:59Cela a été créé en 2017.
02:01C'est bien cela ?
02:01Avec quel objectif ?
02:02Vous vouliez réinventer le drive ?
02:05Alors exactement, l'entreprise a été fondée en 2017 par Thibaut Soulier,
02:10avec une ambition au départ d'automatiser le retrait des vêtements et de la bagagerie dans les lieux événementiels.
02:18Et avec le Covid en 2020, on a fait un pivot vers le colis, puis vers le drive.
02:23Et aujourd'hui, donc, on est une société industrielle d'une petite soixantaine de personnes,
02:28basée à Bordeaux, et on conçoit, on assemble, on installe et on maintient dans le temps
02:35des systèmes qui permettent d'automatiser le retrait des courses en drive.
02:39Donc c'est une machine, on a deux produits.
02:42Un premier produit qui s'appelle le Dropper, qui est un système robotisé, où donc les casiers viennent vers vous.
02:49Et puis un deuxième produit qui s'appelle le WeBlock, qui est un système plus classique de casiers tri-température.
02:56Donc deux produits pour un même service, automatiser le retrait des courses en drive.
03:01Alors je voudrais juste comprendre qu'est-ce qui fait la différence, on va dire, avec un drive classique.
03:07Alors nous, en fait, on vient automatiser toute la partie retrait.
03:10Donc l'enseigne de grande distribution prépare les commandes qui ont été faites par les consommateurs sur leur site e
03:19-commerce.
03:21Ensuite, elles viennent charger nos machines.
03:24Donc elles ont acheté, nous on est vraiment des fabricants, des vendeurs de machines.
03:28Et nous, on va automatiser la partie retrait par le consommateur.
03:32Donc le consommateur, une fois qu'il a fait ses courses sur le site e-commerce de l'enseigne, reçoit
03:37un message,
03:38lui disant, votre commande a été préparée et chargée, et elle a été livrée dans le point de retrait.
03:46Et nous, le consommateur vient sur la machine, scanne son QR code et il récupère ses courses en autonomie et
03:55en 24-7.
03:56Donc pour le consommateur, ça lui apporte beaucoup plus de flexibilité et d'autonomie sur ses créneaux de récupération.
04:03Et côté enseigne, plus de rentabilité, puisqu'il n'y a plus d'opérateur qui vous remet les courses à
04:10la main.
04:11Et puis un nouveau service qu'ils offrent à leurs clients.
04:14Voilà, vous étiez en train de parler, je vais vous poser une question justement sur les enseignes.
04:18Vous dites que ça représente une réduction moyenne des coûts d'exploitation qui peut atteindre 30% par rapport à
04:23un drive classique.
04:24Donc on va dire que ce levier économique, c'est un levier intéressant pour les enseignes ?
04:30Exactement. Il y a deux leviers qui sont très importants pour les enseignes.
04:32Le premier, c'est effectivement la rentabilité de leurs points.
04:36Et nous, en automatisant cette partie retrait, on déplace les personnels qui étaient avant sur les points de retrait,
04:43qui remettaient les courses à la main en magasin ou dans le centre de préparation de commande.
04:48Donc on vient gagner là ici sur les coûts d'exploitation.
04:51Et puis le deuxième axe qui est important pour eux, c'est le gain de chiffre d'affaires, le gain
04:56de part de marché.
04:57En ouvrant un nouveau point de contact avec leurs consommateurs, ils viennent développer leur chiffre d'affaires.
05:03Et nous, sur un point de retrait automatisé avec nos systèmes, une enseigne de la Grande District peut faire entre
05:111 million à 3-4 millions de chiffres d'affaires par an en plus.
05:15Alors il y a le sujet aussi de la fabrication de vos machines.
05:18Vous, c'est du Made in France, c'est ça ? Vous avez un site industriel près de Bordeaux, c
05:23'est bien ça ?
05:25Exactement. On a une usine à côté de Bordeaux, à Bruges, donc une usine de plus de 3 000 m².
05:32Aujourd'hui, nous, on maîtrise toute la chaîne de valeur.
05:34Donc on a conçu les systèmes, on les assemble dans notre usine à Bordeaux, on les installe et on les
05:41maintient dans le temps.
05:41Donc on gère tout en interne et on gère la partie soft comme la partie hard.
05:48Donc c'est vraiment un gage de confiance et de satisfaction.
05:54pour nos clients, puisqu'on maîtrise tout en interne.
05:56Et le moindre incident, on est capable de le résoudre en interne avec nos équipes d'ingénieurs et de techniciens.
06:03Alors ça, on va en parler aussi de cet atout du Made in France, notamment pour les ingénieurs avec qui
06:07vous travaillez.
06:07Ce sera dans la deuxième partie de l'émission.
06:09On va parler aussi levée de fonds.
06:11Vous avez levé 7 millions d'euros, c'était il y a quelques mois, en avril.
06:15Donc vous aviez évidemment un vrai besoin de financement.
06:18Et quelle part finalement consacrer à l'industrialisation ? C'est pour cette nouvelle usine ?
06:23Exactement.
06:23Alors cette levée de fonds de 7 millions d'euros, elle a été réalisée avec quatre fonds d'investissement.
06:28Donc certains spécialisés dans le retail, d'autres plus locaux, comme le Crédit Agricole.
06:35Et elle nous permet de travailler sur trois axes principaux.
06:38Le premier axe, c'est évidemment l'industrialisation.
06:41Donc cette levée, elle nous a permis de déménager dans nos nouveaux locaux,
06:45de travailler sur les méthodes forcément d'assemblage, d'installation, de maintenance dans le temps,
06:51pour être capable de faire un run-up industriel et de doubler tous les ans nos capacités de production et
06:59d'installation.
07:00Le deuxième axe de développement, c'est le produit, forcément.
07:04On est une boîte, enfin une société industrielle, mais résolument innovante.
07:09Et donc on continue à travailler à l'amélioration de nos systèmes ou à concevoir de nouveaux produits.
07:15C'est ce qui nous anime au quotidien.
07:17Et le dernier axe, c'est la conquête du marché.
07:23Donc avec beaucoup de recrutement dans les équipes marketing et commerciales.
07:27Aujourd'hui, on a toute une équipe de commerciaux qui sillonnent le territoire français
07:32pour aller présenter nos systèmes aux grandes enseignes de la distribution.
07:37Vous parliez du territoire français.
07:38Est-ce que vos solutions vont permettre aussi de s'installer un peu plus dans des zones rurales ?
07:42Parce qu'il y a peut-être un déficit aussi en la matière.
07:46Bien sûr, il y a deux cas d'usage principaux pour nos systèmes.
07:51Le premier, c'est dans les centres urbains, où on va être un relais pour les magasins plutôt en périphérie.
07:58Ce qui leur permet d'apporter des coûts intéressants en centre-ville
08:02et d'aller concurrencer les offres de proximité.
08:06Et puis, le deuxième axe fort de développement, comme vous le disiez,
08:09c'est toutes les zones rurales qui, aujourd'hui, sont peu desservies en termes de services.
08:16Et donc, nous, on va permettre de créer un point de contact à proximité des habitants
08:24à 20-30 kilomètres d'un magasin existant.
08:27Et ça va permettre de réduire forcément les temps de trajet pour les consommateurs
08:32et d'avoir un magasin plus proche de chez eux.
08:35Et en quelques secondes, il nous reste une vingtaine de secondes,
08:37une des perspectives de développement importante,
08:39j'y disais 500 droppers à l'horizon 2030, vous voulez aller vite ?
08:44Exactement, oui, on a des grosses ambitions.
08:46C'est un marché qui est en pleine croissance.
08:47Le drive, depuis le Covid, c'est des grosses croissances tous les ans.
08:52Et donc, on a une ambition forte au service de la grande distribution,
08:55puisque nous, on est très, très axé client et service rendu aux consommateurs.
08:59Et donc, cette année, on a équipé une vingtaine de magasins.
09:03L'année prochaine, ça sera le double, une quarantaine.
09:06Et on veut doubler chaque année pour parvenir à un parc cumulé
09:10de plus de 500 machines à horizon 2030.
09:13Et pour rien vous cacher, vu comme ça prend aujourd'hui,
09:16on pense même être capable de faire plus.
09:18Voilà, une vraie montée en puissance.
09:21Et évidemment, pour cela, vous disiez que vous avez besoin d'équipes,
09:23vous êtes une soixantaine de collaborateurs.
09:25On va en arriver aussi au sujet, finalement, des compétences nécessaires
09:28et des ingénieurs, ça va être l'objet à présent de notre débat.
09:36Les études sur les ingénieurs ne cessent de se multiplier.
09:39Ces derniers jours, on en a une toute récente encore de l'Institut Montaigne
09:42qui dit que la France devra former 100 000 ingénieurs et techniciens
09:46de plus par an d'ici 2035 pour réussir sa réindustrialisation.
09:50C'est aussi un des éléments phares de la 37e enquête nationale d'IUSF.
09:55Elle a été publiée récemment le 9 octobre.
09:57Frédéric Dejean est avec nous, bonjour.
09:59Bonjour.
09:59Vous êtes donc le délégué général d'IUSF,
10:01qui est la Fédération des ingénieurs et scientifiques de France.
10:04Elle est reconnue d'utilité publique depuis 165 ans quand même
10:08et elle agit pour fédérer quand même plus d'un million,
10:101,3 million d'ingénieurs et scientifiques en France.
10:13Ça représente quand même 4% de la population active, il faut le dire.
10:16Et puis toujours avec nous, Paul Ponsard,
10:18qui est le directeur général de WeDrop,
10:20qui va pouvoir commenter aussi ce sujet,
10:22parce qu'on va parler de formation, de pénurie aussi.
10:25Alors tout d'abord, quelques chiffres, c'est toujours bien de les afficher.
10:28Près de 237 000 ingénieurs en activité ont entre 50 et 64 ans.
10:34Seuls 25% des ingénieurs seniors déclarent préparer activement leur succession,
10:38alors que 60% indiquent que leur entreprise le permettrait.
10:42Actuellement, la France forme environ 50 000 nouveaux ingénieurs par an.
10:45On a entendu qu'on devrait quasiment doubler le chiffre.
10:48Et ce sont plus de 10% des 25-29 ans qui se déclarent en recherche d'emploi.
10:53C'est supérieur l'année dernière par rapport à l'année précédente.
10:57Donc on voit qu'on forme, on forme 50 000 ingénieurs par an, Frédéric Dejean,
11:01mais les jeunes diplômés rentrent contre davantage de difficultés pour accéder à l'emploi.
11:06Comment vous expliquez tout ça ?
11:08Oui, alors ça peut paraître paradoxal, puisqu'en plus, il y a eu plus d'embauches en 2025 qu'en
11:132024.
11:14Donc ça peut paraître paradoxal.
11:16En fait, effectivement, les jeunes mettent plus longtemps pour trouver un premier emploi.
11:20Et du coup, mécaniquement, ça génère une augmentation du chômage sur les premières années.
11:27Mais ils finissent par trouver, puisqu'on voit quand même que, de façon générale,
11:31le métier d'ingénieur est associé au plein emploi.
11:34On est dans un taux de chômage de l'ordre de 4% en moyenne.
11:37Donc c'est vrai que les premières années, c'est un peu plus dur.
11:40Alors nous, on associe ça.
11:41On m'a posé la question par rapport à l'IA.
11:43Oui, c'est ça.
11:44Oui, j'allais vous poser la question.
11:45Parce qu'on dit, finalement, les plus jeunes, comme il y a l'IA,
11:48on se dit non, je ne vais pas prendre un jeune peut-être un peu moins expérimenté.
11:51C'est ça.
11:51Alors, honnêtement, on n'a pas assez de recul aujourd'hui pour pouvoir confirmer ça ou l'infirmer.
11:58Ce qui est certain, c'est que la majorité des ingénieurs est quand même encore embauchée par l'industrie.
12:03Et que l'industrie, avec les sujets géopolitiques actuels,
12:05en particulier le prix des énergies qui a s'élevé,
12:08forcément, elles embauchent un peu moins.
12:10Elles ont un peu retardé leur développement.
12:12Et donc, du coup, je pense que c'est plutôt ça qui agit aujourd'hui,
12:16plutôt que l'IA, sachant que l'IA arrive,
12:19qu'elle est très majoritairement utilisée par les ingénieurs.
12:23Donc, elle ne pose pas aujourd'hui vraiment de problème.
12:25Après, s'il y a un impact, on le verra, mais plutôt dans la durée,
12:28on le verra dans les prochaines enquêtes, puisqu'on le fait tous les ans.
12:30Alors, ça, on suivra, je disais, 37e étude.
12:32Paul Ponsard, vous vous recrutez évidemment des ingénieurs.
12:35Est-ce que vous partagez un petit peu le constat ?
12:37Finalement, ce n'est pas le nombre de diplômés, les diplômes,
12:39mais finalement, il y a peut-être un problème d'adéquation entre la formation et vos besoins ?
12:44Oui. Alors, effectivement, ce qui est difficile aussi pour nous,
12:47c'est que forcément, ce faible nombre d'ingénieurs qui sortent des écoles
12:52et cette volonté de faire grossir ce chiffre fait qu'il y a un nombre d'écoles croissant.
12:58Et donc, on a moins de…
13:00Enfin, c'est difficile pour nous de se repérer dans le foisonnement de ces nouvelles écoles.
13:05Et nous, ce qu'on voit, c'est que nos ingénieurs sortent quand même toujours
13:08un peu des mêmes écoles parce qu'on fait confiance à ces institutions-là pour les former.
13:16Et sur l'IA, effectivement, pour l'instant, on a peu de recul.
13:20Ce qu'on voit, nous, c'est que ce qui compte pour nous, c'est comment l'utiliser.
13:24Et pour l'instant, on n'est pas capable de dire quelles écoles sont fortes
13:29dans la formation des ingénieurs à l'IA.
13:32Tous nos ingés se forment un peu sur le tas.
13:35Et donc, on a peu de recul là-dessus pour l'instant.
13:38Je crois que c'est le cas pour beaucoup.
13:39Est-ce que vous avez quand même des compétences qui peuvent manquer parfois ?
13:45Oui. Alors, ces compétences, elles sont souvent comblées par l'alternance
13:53qui est vraiment un super tremplin pour les ingénieurs.
13:57Là aussi, on a un peu les gouvernements qui ont fait machine arrière sur l'alternance,
14:02qui ont mis beaucoup de moyens au début.
14:03On avait plus de 6 000 euros par an d'aide à l'alternance.
14:10Aujourd'hui, on est retombé à 2 000 euros.
14:13Dans nos business plans, ça a quand même beaucoup d'impact.
14:16Et donc, ce fait de faire machine arrière, nous, on le trouve très dommageable.
14:21et pas super bon pour la suite en termes de recrutement.
14:26On valorise à fond tous les parcours qui ont inclus de l'alternance
14:32parce qu'on sait que les alternants ont éprouvé sur le terrain des compétences réelles
14:37qui vont être utiles dans leur futur métier chez nous.
14:42Alors, vous avez soulevé pas mal de points sur lesquels je vais faire réagir, Frédéric Dejean.
14:45Alors, la question de l'alternance, on sait bien que ça a un coût d'accueillir un alternant.
14:49Et justement, au vu d'évolutions et des contraintes budgétaires,
14:53on voit évidemment que ça se réduit de façon conséquente.
14:56Comment on peut l'éviter ?
14:57J'allais dire, vous n'allez pas prendre la tête du gouvernement, évidemment, en la matière.
15:00Mais c'est quand même un point hyper important à soulever.
15:04Ah oui.
15:05Notre étude, elle montre quand même que l'alternance s'est beaucoup développée.
15:09Elle se développe encore.
15:11Donc, c'est vrai que les sujets économiques peuvent être un frein.
15:14En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'elle est très publicitée par les jeunes générations,
15:18beaucoup plus que par les anciennes.
15:19Et évidemment, ça sert aussi d'accélérateur social, d'ascenseur social,
15:24puisque ça permet d'avoir des études financées.
15:27Donc, effectivement, je pense que l'alternance est vraiment très importante, de plus en plus.
15:31Et elle permet justement d'assurer une adéquation entre l'offre et la demande.
15:35Parce que le problème qu'on a, parce qu'on forme beaucoup d'ingénieurs généralistes,
15:38comme disait monsieur, et à un moment donné, il faut les spécialiser sur un domaine.
15:43Et les écoles, elles ont du mal à le faire, parce qu'il y a tellement de domaines que c
15:46'est pas évident.
15:46Et l'alternance, ou les stages à l'époque, même les stages de six mois,
15:49et l'alternance encore plus, ce sont des façons de faire ça.
15:52Alors, comme vous observez aussi les formations,
15:54est-ce que vous pensez qu'elles ne voient pas aussi se rapprocher peut-être un peu plus
15:57de la réalité des entreprises telles qu'on vient de l'entendre
16:00avec ce témoignage aussi de Paul Bonsard ?
16:02Oui, alors, effectivement, je pense qu'il y a beaucoup d'écoles d'ingénieurs,
16:06on forme 50 000 ingénieurs par an, il y a une grosse diversité.
16:09Il y a des écoles qui commencent à développer des programmes d'intelligence artificielle.
16:14On fait appel d'ailleurs à ces écoles quand on veut développer des choses.
16:17Il y en a un certain nombre, mais c'est le début.
16:20Les formateurs doivent aussi se former.
16:22Il y a tout un travail à faire, et ça demande des investissements.
16:26Et ces investissements, il faut les mettre sur la table pour que ça marche, effectivement.
16:30Oui, donc c'est des coûts aussi qui sont importants à souligner.
16:33Alors, il y a un autre aspect, parce qu'on parle aussi de cette jeune génération aussi,
16:36souvent qui veut donner du sens, c'est de ce dont on parle.
16:39Est-ce que, Paul Bonsard, vous le sentez aussi,
16:41sachant que vous valorisez notamment le Made in France,
16:44vous en parliez dans la première partie de l'émission,
16:46et finalement la maîtrise de toute la chaîne de valeurs,
16:49est-ce que vous sentez que c'est un argument, on va dire,
16:51qui peut faire la différence auprès de jeunes ingénieurs ?
16:55Oui, complètement.
16:56Et en plus, nous, on a la chance d'avoir un métier
17:00qui concerne vraiment la vie réelle,
17:03puisque celui qui utilise, c'est le consommateur pour faire ses courses,
17:07enfin retirer ses courses.
17:08Donc, c'est une application très concrète,
17:11et ça, c'est vraiment valorisé par les candidats qu'on rencontre.
17:15Le fait qu'on gère tout en interne aussi,
17:18qu'ils puissent discuter avec leur père sur plein d'aspects techniques différents,
17:23puisque nous, on gère la conception.
17:26Donc, dans l'équipe produit, on a de l'IT,
17:29on a du bureau d'études MECA,
17:30on a de l'automatisme,
17:33on a de l'électronique, de l'électricité,
17:36enfin, on a vraiment toutes les spécialités qui sont concernées.
17:41Ensuite, on a l'industrie, l'assemblage,
17:46donc là, les méthodes, la prod,
17:49et puis les déploiements et services avec la maintenance, l'installation,
17:53donc plein, plein de métiers.
17:55Et donc ça, les candidats qu'on rencontre sont super enthousiastes
17:59de pouvoir voir le produit durant toute sa vie.
18:04Et puis ensuite, ce qu'ils aiment,
18:06c'est se sentir impliqués dans un projet global d'entreprise
18:10qui est très, très ambitieux,
18:12puisqu'on a vraiment une roadmap sur les prochaines années
18:16qui est très ambitieuse.
18:18Donc ça, ils aiment aussi ce challenge
18:20de s'inscrire dans la durée
18:22et d'être au sein d'une scale-up industrielle française,
18:25ça leur plaît.
18:26Exactement, d'être en plein développement.
18:28Alors justement, est-ce que c'est quelque chose
18:29que vous, vous entendez, on va dire,
18:31auprès des jeunes ingénieurs ?
18:33Et puis finalement, vous parliez en introduction de l'industrie,
18:36même si beaucoup vont encore dans l'industrie,
18:39est-ce qu'il n'y a pas aussi un déficit d'images
18:40où souvent ça a été associé, justement,
18:42j'allais dire, à quelque chose de sale
18:43ou qui n'avait pas de sens, etc.
18:45Et qu'il faut changer aussi cette vision, Frédéric Dejean ?
18:48Alors tout à fait.
18:50Chez nous, à l'USF, on fait de gros efforts là-dessus.
18:53On a toute une activité avec nos associations régionales.
18:56On est partout dans toutes les régions.
18:58On a une activité de promotion des métiers d'ingénieur et du scientifique.
19:01Et on est en train d'accéder de plus en plus ce sujet
19:06vers justement la visite d'entreprises et d'industries.
19:09Et pas uniquement pour les visiter,
19:12parce que quand on visite une entreprise,
19:13ce n'est pas forcément passionnant,
19:14mais pour monter un projet pédagogique avec l'entreprise
19:17où les jeunes vont pouvoir manipuler
19:19et se rendre compte que cette image ancienne de l'industrie est dépassée,
19:25qu'il y a de belles technologies
19:26et qu'il y a des entreprises, des PME,
19:28qui permettent effectivement de voir toutes les formes des métiers
19:31qui se déploient dans l'industrie.
19:33Et ça, c'est un gros travail.
19:34Il faut qu'on le fasse.
19:35Il faut qu'on continue à le faire.
19:37On travaille de plus en plus avec les entreprises.
19:38On monte des partenaires avec les entreprises
19:39justement pour, autour de leur site industriel,
19:43être capable de faire ça dans les collèges et les lycées,
19:44pour que les jeunes comprennent que,
19:46même en restant dans leur région,
19:47ils peuvent faire un métier très intéressant
19:50et avec un taux de chômage hyper faible
19:52et une rémunération qui reste quand même élevée.
19:55Là, en restant dans leur région,
19:56il y a un côté local.
19:57Alors, il y a un autre sujet peut-être qui concerne moins WeDrop,
20:00c'est celui aussi, je parlais aussi des ingénieurs,
20:02une grande majorité entre 50 et 64 ans,
20:05avec la question de la transmission.
20:06On ne sait pas que sur ces sujets-là,
20:08mais on le voit globalement,
20:09on parle beaucoup de l'agriculture.
20:11Seuls 25% des ingénieurs seniors
20:12déclarent préparer activement leur succession.
20:15Alors, pourquoi finalement cette transmission
20:16reste encore si mal organisée, on va dire ?
20:20Oui, vous avez mis le doigt dessus.
20:21Je pense que aussi 60% des ingénieurs
20:24pensent que leur entreprise donnerait la possibilité de le faire.
20:28Effectivement, vous avez mis le doigt dessus.
20:29C'est un problème d'organisation,
20:30c'est-à-dire qu'il faut le penser.
20:31Il y a des entreprises qui ont commencé à le faire
20:33et ça marche très bien.
20:34Ça valorise les anciens,
20:36ça permet de transférer les activités critiques
20:39et ça valorise aussi les jeunes.
20:41Et franchement, si les entreprises nous écoutent aujourd'hui,
20:45mettez en place des choses,
20:46c'est simple à faire.
20:47Ça ne coûte pas très cher
20:48et ça rapporte très gros.
20:49Donc, en fait, il y a des outils, tout simplement,
20:51qui peuvent servir pour cette transmission-là
20:53et qu'on ignore.
20:55Oui, en fait, c'est une organisation.
20:56Il faut mettre en place des binômes.
20:58Il faut détecter les activités critiques, évidemment.
21:01Mettre en place les binômes.
21:02Et puis, après, il y a des méthodes
21:04que connaissent bien nos directions de ressources humaines.
21:06Alors, Paul Ponsard, vous n'en êtes peut-être pas encore là,
21:08mais peut-être que c'est une réflexion
21:09que vous avez entamée aussi sur ce sujet, finalement,
21:11de transmission des savoir-faire.
21:15Oui, nous, effectivement, on accorde beaucoup d'importance
21:17à la documentation, les process,
21:20donc être agile sur le sujet
21:21et toujours penser au poste,
21:25c'est-à-dire, si on a un départ,
21:28être capable de transférer correctement les compétences.
21:30Donc, nous, on n'a pas encore de questions de seigneur
21:33qui cèdent sa place,
21:35mais plus de transmission de compétences sur un poste donné
21:38où c'est très important pour nous, forcément,
21:40dans cette phase de scale-up.
21:42Voilà, parce qu'il faut réfléchir aussi à la prochaine étape,
21:44surtout si vous voulez vous développer
21:46avec de plus en plus de machines,
21:47vous en parliez aussi.
21:48Là, vous allez viser la PME, le TI, bientôt.
21:51Donc, il faut penser à tout ça.
21:53Alors, on est dans un contexte aussi économique, politique.
21:56Je ne vous demanderai pas de commenter politiquement,
21:57mais c'est vrai qu'il y a beaucoup de sujets
21:58pour les entreprises qui nous parlent.
22:00Et j'allais dire, vous,
22:01alors d'abord, Paul Ponsard, en tant qu'entreprise,
22:03qu'est-ce que vous pourriez retenir, on va dire,
22:05comme priorité dans les prochaines années
22:07par rapport à ces sujets,
22:09puisque vous allez être aussi en recrutement,
22:10vous le disiez,
22:11puisque vous ne cessez de vous développer.
22:13Quels seraient, selon vous, on va dire,
22:14les leviers majeurs pour accélérer
22:16ce sujet sur les ingénieurs ?
22:18Parce qu'on a un fort besoin,
22:19je le disais encore en introduction.
22:23Nous, ce qu'on demande,
22:24c'est un cap clair de la vision
22:26et qu'on se tienne à cette vision.
22:28Ça, c'est le plus important pour nous,
22:30entrepreneurs,
22:30d'être capable de fixer un cap
22:34et de s'y tenir sans devoir gérer avec des aléas
22:37qui arrivent tous les six mois
22:38et des changements de réglementation.
22:39Donc, ça, c'est super important.
22:41Et de manière plus micro,
22:42sur le recrutement des ingénieurs,
22:44nous, on travaille,
22:47on identifie déjà les écoles
22:48et on construit des partenariats
22:51sur le long terme avec elles.
22:52Et on travaille aussi beaucoup avec l'UIMM,
22:54qui est la Fédération patronale de la métallurgie,
22:58sur nos besoins en recrutement
23:01présent et futur.
23:02et il nous accompagne très, très bien sur le sujet.
23:04Alors, Frédéric Dejean,
23:05c'est un bon exemple, finalement.
23:07C'est une entreprise
23:07qui s'engage auprès de fédérations,
23:09qui essaye finalement d'aller chercher
23:11dans un vivier
23:12et d'organiser aussi son avenir.
23:14C'est peut-être ça aussi l'une des clés,
23:15c'est vraiment ce rapprochement
23:16entre les formations,
23:18les écoles et les entreprises ?
23:20Tout à fait.
23:22Le sujet, c'est ce que je disais,
23:23c'est l'offre et la demande
23:25qui doivent coller.
23:26Et il y a des associations,
23:27il y a nous, il y en a d'autres,
23:28on travaille avec plein d'associations,
23:29on travaille avec les fédérations aussi.
23:31Et on essaie de travailler à ça.
23:33Alors, évidemment, c'est compliqué
23:34parce qu'on se rend compte
23:35qu'un ingénieur qui sort d'une école,
23:37il fait plein de métiers, en fait,
23:39avec plein d'évolutions de carrières différentes,
23:42plein de salaires différents,
23:42d'ailleurs, en fin de vie,
23:43avec des écarts très importants.
23:44Donc, c'est un métier génie.
23:45Ah oui, on doit aller de quoi en termes de salaire ?
23:49C'est très, très facile.
23:49C'est entre un ingénieur
23:51qui finalement finit directeur général
23:52d'une école multinationale
23:54et un ingénieur qui reste dans la technique
23:55parce que ça lui plaît,
23:57il va y avoir des différents salaires
23:58très, très importantes en fin de carrière.
24:02Mais le sujet réel derrière ça,
24:04c'est que quand on est ingénieur,
24:07on peut faire plein de choses.
24:08Alors ça, c'est un côté positif.
24:09Le côté négatif, c'est que quand on est entrepreneur,
24:10on aimerait bien savoir ce qu'on doit prendre.
24:12Et donc, il y a tout ce travail à faire
24:14pour faire coller l'offre et la demande.
24:16Déjà, faire reconnaître les entreprises.
24:18Par exemple, nous, on se rend compte
24:20que les instituteurs ne connaissent pas l'entreprise.
24:22Donc, ils ont du mal à en parler.
24:24Et donc, faire reconnaître l'entreprise,
24:25faire connaître les métiers.
24:26Et c'est paradoxal parce qu'on demande aux jeunes
24:28de choisir presque des métiers très tôt,
24:29mais on ne leur explique pas ce que sont ces métiers.
24:32Donc, finalement, on est là dans une réforme
24:33presque de l'éducation nationale
24:35où il faudrait faire venir les entreprises
24:36finalement beaucoup plus tôt
24:38auprès des élèves, pratiquement.
24:39Exactement.
24:40Alors, c'est ce qu'on essaie de faire.
24:41Parfois, c'est même une réforme.
24:42En tout cas, nous, on essaie d'amener
24:45les élèves dans l'entreprise,
24:46l'entreprise dans les élèves,
24:47avec les parents, avec aussi les instituteurs.
24:51Ce n'est pas que les élèves
24:51qui doivent connaître l'entreprise,
24:52c'est aussi les instituteurs.
24:54On a de gros progrès à faire là-dessus.
24:56Il y a tout un champ.
24:56Et c'est comme ça que les élèves arriveront
25:00à choisir des filières scientifiques,
25:02ce qui est de moins en moins le cas.
25:03Malheureusement, depuis cinq ans,
25:04ça a été divisé par cinq quand même.
25:06C'est de moins en moins le cas.
25:08Et arriveront avec une idée précise
25:09de ce qu'ils veulent faire demain
25:11et ce qu'ils peuvent faire demain.
25:13Donc, la question aussi,
25:14vous posiez un petit peu dans votre étude,
25:15on accroche vers une pénurie d'ingénieurs.
25:17Alors, vous la voyez ou pas ?
25:19Parce que je crois que j'avais échangé
25:21un peu en coulisses avec WeDrop
25:22qui disait non, peut-être pas nécessairement,
25:24je ne la vois pas.
25:24On voit en tout cas qu'on va avoir vraiment besoin.
25:26Si on veut industrialiser,
25:27on a ce discours-là.
25:28Donc, on va vers quoi ?
25:29On n'attend pas la 38e étude pour le savoir.
25:32En fait, le sujet,
25:33c'est ce que vous disiez au début.
25:34Aujourd'hui, on produit 50 000 ingénieurs
25:37et scientifiques, un peu plus.
25:40Mais on a de forts besoins qui arrivent
25:41puisqu'on veut réindustrialiser la France,
25:43on veut la souveraineté technologique,
25:46on veut...
25:46Bon, on sait qu'on a des sujets
25:48changements climatiques
25:48qui vont générer des transitions énergétiques,
25:51d'électrification, etc.
25:53Moi, je connais bien le groupe EDF
25:55et dans l'énergie,
25:56on manque énormément de monde.
25:57Ils embauchent tout le temps.
25:58Ils ont du mal à trouver.
25:59Ils ont du mal à trouver en volume.
26:01Ils ont aussi du mal à trouver en qualité.
26:03Par exemple, on manque beaucoup
26:04de chefs de projet.
26:06En ingénierie, il manque beaucoup de monde.
26:08Donc, effectivement,
26:09si on continue à rester sur 50 000
26:11et qu'on veut faire tout ça,
26:13compte tenu qu'il y a un quart de la population
26:14qui va partir à la retraite
26:16dans les 10 à 15 prochaines années,
26:18il suffit de faire un petit calcul
26:19et on se dit, dans 10 à 15 ans,
26:21si on veut faire tout ça,
26:21on va sûrement manquer d'ingénieurs.
26:23Ça ne veut pas dire qu'on ne les trouvera pas.
26:25Ils ne seront pas forcément en France.
26:28C'est aussi ce besoin-là.
26:30Alors là, ça ouvre aussi d'autres débats.
26:31Vous, Paul Bonsard,
26:32vous avez des inquiétudes en la matière ou pas ?
26:35Alors, à notre petit niveau, honnêtement, non.
26:38Parce que jusqu'à présent,
26:40on a recruté beaucoup d'ingénieurs
26:42à notre niveau,
26:43c'est-à-dire une grosse vingtaine, on va dire.
26:46Et si je comprends bien,
26:47on peut bien les payer aussi.
26:50Si je comprends bien,
26:51on peut bien les payer.
26:53Voilà, c'est ça, exactement.
26:55C'est notre souhait, en tout cas.
26:56Mais on ne ressent pas la pénurie, honnêtement.
27:02Il n'y a pas encore à ce niveau-là.
27:04Il y a des exemples différents d'entreprises,
27:05pour terminer.
27:06Là, il nous reste 50 secondes.
27:07Oui, de toute façon,
27:09aujourd'hui, on produit 50 000 ingénieurs.
27:11Il y en a cinq fois même qui arrivent.
27:12Peut-être qu'en 5 ans,
27:13on n'en produira plus que 10 000.
27:14Si dans 5 ans,
27:15on en produit plus que 10 000,
27:16on va avoir un gros souci.
27:18En tout cas, c'est un sujet majeur,
27:20cette formation aussi des jeunes ingénieurs
27:21pour l'avenir et les sujets de réindustrialisation
27:23dont on parle beaucoup.
27:24Et souveraineté, vous l'avez dit,
27:25c'est vraiment deux mots
27:26qu'on entend régulièrement.
27:27Merci beaucoup à tous les deux.
27:29Paul Ponsard,
27:30qui était depuis Bordeaux avec nous,
27:31directeur général de WeDrop,
27:32et Frédéric Dejean,
27:34le délégué général d'IUSF.
27:35Merci à tous les deux.
27:36Et merci de nous suivre sur
27:38Bismarck for Change.
27:39Sous-titrage Société Radio-Canada
27:43Sous-titrage Société Radio-Canada