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  • il y a 3 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Il est 16h18, nous sommes évidemment avec toute notre équipe pour parler de l'école
00:08et nous sommes avec Augustin Yvan qui est directeur de développement de la Fondation pour l'école.
00:15Le système éducatif français fait tout pour que des mesures de bon sens ne soient pas mises en oeuvre.
00:19Merci d'être avec nous.
00:21Avec plaisir, bonjour monsieur.
00:22La Fondation pour l'école affirme qu'un élève scolarisé dans un établissement public, privé,
00:26coûte moins cher qu'un enfant inscrit dans une école publique, c'est-à-dire ?
00:30C'est-à-dire que le coût de fonctionnement de cet élève, de fait, est moins cher pour des questions
00:34d'organisation.
00:36Un exemple, un élève du public coûte 10 000 euros par an à l'État en cours réel,
00:40un élève du privé coûte 5 000 euros en tout, dont 3 500 à l'État,
00:45un élève du privé hors contrat, donc les écoles indépendantes, coûte 0 à l'État et 3 000 en tout.
00:50Donc il y a une vraie question de gestion et d'ailleurs, on va en parler,
00:54et la crise que nous connaissons en est dans des épiphénomènes.
00:57Alors évidemment, on a reçu ou on reçoit par an une quinzaine de livres, Géraldine,
01:04peut-être de gens qui viennent nous parler de l'école.
01:07Bon, tous font le même constat.
01:09Tous ne proposent pas d'ailleurs les mêmes solutions.
01:11Mais on a ce sentiment que cette école décline depuis 50 ans, depuis le collège unique.
01:20Tout à fait.
01:21Qui a été le signal envoyé du collège unique.
01:25Donc pourquoi on sort d'une présidence, d'une double présidence Macron,
01:30avec 8 ministres différents ?
01:32Tout à fait.
01:33Où est la cohérence ?
01:34Donc je n'arrive même pas à comprendre pourquoi on n'arrive pas une fois pour toutes
01:38à mettre en place une réforme, où à la fin de la scolarité,
01:43peut-être même à la fin du primaire, on saura lire, écrire, compter.
01:47Ce qui ne me paraît pas sorcier, si vous me permettez,
01:49puisque ma génération a eu accès à cette école-là.
01:53La vienne aussi.
01:54Exactement.
01:55Et nous savions, à la fin du CM2, dès le CM2, nous savions lire, lire évidemment,
02:03écrire, évidemment, et compter, oui.
02:06Alors pourquoi on ne le fait pas ?
02:07C'est une très bonne question.
02:09Je pense que plutôt que les modalités que tout le monde a plus ou moins en tête,
02:12il y a des différences bien sûr d'appréciation,
02:14c'est plutôt le pouvoir de le faire.
02:16Je pense que ce que révèle la crise d'aujourd'hui, qui n'est pas nouvelle,
02:18comme vous l'avez dit, c'est l'autorité efficiente.
02:21Il y a un problème de pouvoir faire.
02:23Aujourd'hui, l'adulte n'est plus en mesure, n'a plus le droit à ses propres yeux
02:27et à ceux des élèves d'agir et de définir le cadre et la règle.
02:31Ça se définit dans les classes, ça se voit dans les classes,
02:34ça se voit au gouvernement, ça se voit du coup à l'échelle nationale.
02:37C'est-à-dire qu'aujourd'hui, un professeur,
02:39et le livre de François-Xavier Bellamy,
02:40« Les déshérités » est très intéressant de ce point de vue-là,
02:43ne se sent pas légitime à avoir un cadre.
02:46Il dit que la première question qu'on lui a posée en amphi
02:48lorsqu'il était en formation de prof, c'est
02:50« Quel est votre problème profond avec l'autorité
02:52pour que vous-même vous ayez envie d'exercer une domination ? »
02:55« C'est quoi votre problème psychique pour vouloir être professeur en clair ? »
02:58C'est aberrant d'entendre ça et ça explique que face à la moindre revendication,
03:02le premier réflexe de l'adulte, ça va être de montrer pas de blanche
03:05et la suppression de Parcoursup annoncée en est un éclatant de démonstration.
03:12La plateforme effectivement d'orientation post-bac,
03:14Parcoursup était le problème numéro un pour les lycéens manifestement à l'aile.
03:18Le gouvernement a dévoilé hier plusieurs mesures,
03:20Parcoursup remplacé en 2028 après une évolution forte.
03:23Le député européen François-Xavier Benhami a déclaré que le débat éducatif en France,
03:29il le regrette, se soit focalisé par Parcoursup
03:32qui est tristement révélateur de l'absurdité de la vie politique.
03:35Je vous propose peut-être d'écouter Philippe Baptiste,
03:39il est ministre de l'enseignement supérieur,
03:41ce qu'il disait il y a dix jours sur Parcoursup.
03:44Dans les universités, ce n'est pas des enseignants du secondaire,
03:46c'est des enseignants-chercheurs,
03:47donc je l'appelle déjà à essayer de comprendre comment ça fonctionne.
03:50Et puis c'est vraiment de la démagogie,
03:52mais c'est le degré zéro de la démagogie.
03:54Et tous ces démagogues de tout poil qui proposent de supprimer Parcoursup,
03:57mais pardon, ils essayent juste de prendre,
04:00ils prennent les lycéens pour des blaireaux.
04:03Mais pardon, excusez-moi,
04:04qui peut imaginer que demain, on va avoir un système,
04:07on n'aura pas besoin à un moment donné d'un système,
04:09vous pouvez changer ton nom si vous voulez,
04:10qui va contribuer à affecter des jeunes,
04:14à la fois sur des formations qu'ils ont envie de faire,
04:17qui correspondent aussi à leurs capacités
04:20et à ce qu'ils ont fait avant,
04:21et aussi aux capacités des formations.
04:24Je veux dire, mais pardon,
04:25est-ce que quelqu'un s'imagine que demain,
04:27on va ouvrir 50 000 places
04:29pour que tout le monde puisse faire son droit à Paris 1 ?
04:31C'est pas vrai.
04:33Manifestement, M. Baptiste, il devrait démissionner
04:35puisqu'il a été désavoué par le Premier ministre,
04:37mais il ne démissionnera pas
04:38puisque personne ne démissionne jamais.
04:41Le vrai naufrage, a dit François-Xavier Bellamy,
04:44le vrai naufrage éducatif est dans le fait
04:46que plus d'un étudiant sur deux en quatre ans
04:49échoue sans décrocher sa licence.
04:52Pour une raison très simple,
04:53le baccalauréat est devenu un mensonge d'État
04:56et tout le monde le sait.
04:58Écoutez, Philippe Develier,
04:59c'était la semaine dernière sur CNews.
05:00Il faut appliquer à l'école
05:02ce qui marche dans la vie,
05:04et notamment la vie économique,
05:06la vie des entreprises.
05:07Qu'est-ce qui marche dans la vie des entreprises ?
05:09C'est la concurrence, c'est l'émulation,
05:11c'est la compétition et le progrès.
05:13C'est-à-dire les meilleurs tirent les moins bons.
05:15Et donc pour ça, il faut bousculer de l'extérieur et de l'intérieur.
05:20La bousculade extérieure,
05:21c'est réformer l'école de l'intérieur,
05:25c'est-à-dire introduire le principe de la compétition
05:29dans l'école publique,
05:30dans l'éducation nationale,
05:32c'est-à-dire donner à chaque chef d'établissement
05:34sa liberté.
05:36Sa liberté de recruter,
05:38sa liberté de former une équipe pédagogique,
05:41sa liberté de dessiner un programme pédagogique
05:44adapté à ses élèves,
05:46sa liberté de commandement.
05:48Moi, ça me paraît,
05:50alors en théorie, pourquoi pas,
05:51mais ça me paraît absolument impossible
05:53de transformer.
05:54D'abord, ils n'ont même pas les chefs d'établissement.
05:57Je ne suis pas sûr qu'ils aient
05:58la psychologie d'un chef d'entreprise
06:00ou d'un entraîneur de football
06:01ou d'un directeur de formation.
06:04Je ne suis pas sûr qu'ils aient cette psychologie-là.
06:06Vous en pensez quoi ?
06:07Eh bien, figurez-vous que j'ai été directeur d'établissement
06:10et que j'étais dans une école indépendante
06:12en banlieue parisienne.
06:13J'avais donc ce pouvoir d'agir,
06:15j'avais cette possibilité de recruter mon équipe,
06:17de définir mon projet pédagogique,
06:18bref, d'avoir un vrai esprit d'entreprise
06:20dans le bon sens du terme.
06:22Et vous pensez que vous étiez représentatif ?
06:24Sérieusement ?
06:25Alors, je me garderais d'établir un jugement sur moi-même,
06:27c'est toujours délicat.
06:28Pourquoi ?
06:28Mais simplement, je pense que ce que je constate,
06:31c'est que quand je parle à des collègues autour de moi,
06:33c'est que c'est d'abord l'ensemble
06:36dans la façon dont il est constitué
06:38qui empêche véritablement les directeurs
06:40d'exercer leur pouvoir.
06:41Je vous donne un exemple de ça.
06:42Il y a donc 1,2 million employés
06:44dans l'éducation nationale,
06:45dont plus de 300 000 sont des administratifs.
06:48Ça veut dire quoi ?
06:49Ça veut dire que le directeur, en fait,
06:51n'est pas le directeur, c'est le principal.
06:53Ça veut dire qu'il n'a pas la possibilité
06:55d'impulser une vraie ligne,
06:56qu'il doit mettre en œuvre
06:58des directives d'en haut.
06:59Et on se souvient du dégroupe de niveau
07:01de Gabriel Attal,
07:03ça a été catastrophique pour ses directeurs,
07:05ses principaux,
07:05parce qu'en fait,
07:06ils étaient des exécutants.
07:07Moi, j'avais la chance
07:08de ne pas en être un,
07:10et j'ai discuté souvent avec mes collègues,
07:11et je voyais bien qu'en fait,
07:14ils m'enviaient.
07:15Simplement, on ne les laissait pas faire ça.
07:17Donc, il y a vraiment une question de système,
07:19je pense, derrière ça.
07:20Mais vous voyez,
07:21vous venez de dire quelque chose
07:22qui est intéressant,
07:23et vous parlez de mon sens.
07:24Vous venez de parler de groupe de niveau.
07:26Et là aussi, moi, je l'ai vu,
07:28on l'a tous vu dans notre famille.
07:30Si vous mettez un enfant en difficulté,
07:32dans une classe,
07:34avec des élèves qui sont particulièrement performants,
07:37ça ne marche pas.
07:39Ce que je dis là,
07:40c'est un peu...
07:40Il est totalement perdu,
07:41surtout que les effectifs sont...
07:42C'est-à-dire qu'il perd sa confiance,
07:45il n'ose sans doute pas parler,
07:47et évidemment qu'il est en difficulté.
07:49Et surtout que le professeur n'a pas le temps
07:50de s'occuper de cet élève aussi.
07:52Le bon sens,
07:54et je fais le parallèle avec le sport,
07:56quand, en début de saison,
07:58vous avez 50 jeunes qui arrivent de 13 ans
08:01en rugby, en football, en basket.
08:03Il y a 2, 3 ou 4 entraînements.
08:06Et on voit qui est bon,
08:07qui n'est pas bon,
08:07qui est moins bon.
08:08Eh bien, on met les bons ensemble,
08:10les moyens ensemble,
08:11et ceux qui sont en difficulté,
08:14on ne les pas en difficulté d'ailleurs,
08:15mais qui ne sont pas bons,
08:16on les met ensemble,
08:16et on a 3 équipes.
08:17L'équipe A, l'équipe B, l'équipe C.
08:19Ça ne veut pas dire que celui de l'équipe C
08:20ne va jamais monter dans l'équipe B.
08:22Au contraire.
08:23Mais bien sûr qu'on manque de bon sens.
08:27Au nom de l'idéologie.
08:29Au nom de l'idéologie.
08:31Ce qui est tragique dans ce que vous dites,
08:33c'est que je l'ai constaté empiriquement
08:34dès le primaire,
08:35parce que je récupérais des enfants
08:38qui arrivaient des primaires environnants.
08:40Je ne jette pas la pierre à mes collègues,
08:41c'est un métier difficile.
08:43Mais ils n'avaient même pas de bulletin
08:44avec des notes.
08:45Ils avaient des compétences,
08:46ils avaient des toiles d'araignée,
08:47vous savez, des diagrammes dans tous les sens.
08:48Des gommettes de couleurs.
08:50Exactement.
08:50Parce qu'on essentialise la note.
08:52On dit, si je te donne une mauvaise note,
08:53je pense que tu es une mauvaise personne.
08:55Il y a une espèce comme ça
08:56de perte profonde de sens
08:58dont les manifestations que nous vivons
08:59sont l'expression la plus fine,
09:01en réalité, au niveau des lycéens.
09:02Mais dès le départ,
09:03on dit à l'enfant,
09:04il ne faut pas qu'on te note
09:05parce qu'on ne veut pas te juger.
09:07Or, ce que vous avez dit dans le sport,
09:09personne ne le conteste.
09:10Mais dès qu'il s'agit d'intelligence,
09:11il y a cette espèce de doxa,
09:13un petit peu...
09:14Je vous en parlais tout à l'heure.
09:15Le savoir, c'est une forme de domination.
09:17C'est très bourdieusien.
09:19Il faut permettre à l'enfant
09:21de s'émanciper de ses maîtres,
09:22de l'autorité.
09:23Il faut qu'il puisse grandir tout seul.
09:25La pause.
09:26Et vous allez pouvoir réagir, bien sûr.
09:28Il y a Sylvie qui nous attend.
09:29Elle est professeure dans un CES,
09:31je crois, au lycée peut-être.
09:33De SES.
09:34De SES.
09:35CES, ça n'existe plus.
09:37C'était un vieux mot, ça.
09:38C'est en s'économie sociale.
09:39Non, mais CES, on disait CES avant.
09:41D'accord.
09:41Un lycée s'appelait un CES.
09:44Vous vous souvenez ?
09:44Un CES ?
09:45Oui, c'était à l'époque, ça.
09:47À l'époque, je n'ai pas pris.
09:49Il est 16h28, à tout de suite.
09:51Vous voyez comme si vous pouviez réagir.
09:52Il est témoigné au 0, 1, 80, 20, 39, 21.
09:54Le numéro du Standard Europe 1
09:56pour parler à Pascal Praud
09:57et non surtaxé.
09:57A tout de suite sur Europe 1.

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