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  • il y a 5 minutes
Ce mercredi 28 octobre, Patrice Gautry, chef économiste chez Union Bancaire Privée, a abordé la probabilité d'un statu quo annoncé par Kevin Warsh de le Fed ce soir et la question de la poursuite de pal politique du "laisser-faire" sur les taux obligataires, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Patrice Gautry de l'UBP, bonjour.
00:06Bonjour.
00:07Jour de Fed, comme régulièrement.
00:10Donc, statu quo, on s'y attend.
00:12Renvoi à décembre, sans doute aussi.
00:15Qu'est-ce qui reste à attendre finalement du discours de Kevin Warsh, Patrice ?
00:19Alors, en plus, Kevin Warsh est assez avare effectivement de commentaires,
00:24ce qui veut dire qu'il ne donnera pas de ce qu'on appelle les forward guidance.
00:27Il laissera la porte ouverte pour une hausse de taux au mois de décembre,
00:32sans préciser, sans donner en fait son opinion,
00:35ni préciser effectivement où se trouve le centre de gravité.
00:38Alors, on va essayer de deviner un petit peu au travers des commentaires
00:42ce qui peut avoir évolué par rapport à la dernière hausse de taux,
00:48donc au mois de septembre.
00:49Premier point, c'est que la situation de la Fed,
00:52ou le positionnement de la Fed est un petit peu inconfortable,
00:54puisqu'on a eu une accélération des prix dernièrement,
00:58donc 3,7% sur l'indice Headline et 2,6% sur l'indice Coeur.
01:06Donc, effectivement, ça aurait pu justifier une hausse des taux
01:09donc au mois d'octobre, après celle de septembre,
01:12mais visiblement la proximité des élections jouée,
01:16et ce serait fort probable d'avoir une unanimité au sein du Conseil des gouverneurs
01:21pour ne pas monter les taux, mais effectivement se reporter sur décembre.
01:25Alors, ce qu'on va regarder,
01:26Kevin Walsh nous a dit en fait deux choses,
01:28qu'il regardait le trend d'inflation,
01:30qu'il regardait le nombre de secteurs qui sont au-dessus de 2, au-dessus de 3%,
01:34donc on va voir si la situation a pour lui évolué favorablement ou pas.
01:39Et puis, le deuxième point, c'est qu'il avait mentionné au mois de septembre
01:44qu'il avait enlevé en fait une certaine partie des composantes
01:48encore accommodantes de la politique monétaire.
01:50Donc, c'était pour situer un petit peu en disant
01:52comme ça on n'est pas dans une politique monétaire restrictive,
01:55on est dans une politique monétaire qui est un peu moins neutre, en quelque sorte.
02:00Eh bien, on va voir effectivement si on a quelques indications sur cet autre élément.
02:04Est-ce qu'il juge maintenant la politique monétaire de la Fed suffisamment restrictive,
02:09ou est-ce qu'on est encore en train d'enlever petit à petit
02:12des morceaux, je dirais, de politique qui seraient encore accommodants ?
02:17Voilà les deux points qu'on peut avoir.
02:19On aura peut-être beaucoup plus d'indications par la suite,
02:21après le blackout, c'est-à-dire en fait l'interdiction de communiquer
02:24de la part des autres gouverneurs qui eux sont beaucoup plus loquaces.
02:28Oui, c'est vrai.
02:29Et c'est vrai qu'en l'absence de mots et de discours un petit peu plus construits
02:34de la part de Kevin Warch, les marchés sont nécessairement un petit peu plus volatiles
02:38qu'en sortent des statistiques ou des propos des autres gouverneurs,
02:42effectivement les gouverneurs régionaux, les membres du board, etc.
02:45Mais pour autant, on a vu qu'un des ingrédients de la politique de Kevin Warch,
02:51c'était cette espèce de laisser-faire sur les taux obligataires.
02:55Là, on est encore au-dessus des 5% sur le disant américain à 5,02,
02:59avec un air de dire on va laisser faire le marché obligataire
03:01et restreindre l'activité de crédit soi-même,
03:05sans pour autant toucher nous-mêmes à nos taux d'intérêt.
03:09Mais quitte à laisser déborder beaucoup de choses,
03:11les taux des crédits à la consommation, les cartes de crédit,
03:14les taux hypothécaires, etc.
03:15Et ça, il y a forcément un moment où ça va bloquer, non ?
03:18Alors, pour l'instant, on est parti d'une situation dans laquelle
03:21la situation financière, les conditions financières américaines
03:25étaient plutôt relâchées.
03:26Et ce qui montre qu'effectivement, 25 points de base de hausse de taux
03:29et puis encore peut-être 25 points de base,
03:31ça ne détériore pas suffisamment, je dirais,
03:34ou de façon considérable, l'environnement et les conditions financières.
03:39À ce titre, on voit que la demande de crédit, l'évolution de crédit,
03:43et notamment pour les ménages, continue de bien se comporter.
03:46Et en fait, s'il y a des contraintes monétaires ou des contraintes financières,
03:50elles seraient plutôt à chercher du côté des refinancements
03:53et notamment des hyperscalers.
03:54C'est là où effectivement la hausse des taux et l'appel au marché
03:57tout à fait considérable peut créer des conditions éventuelles
04:01de ralentissement de la demande de cet investissement
04:03ou des conditions financières qui joueraient négativement
04:07sur d'autres composantes de la demande.
04:09Mais aujourd'hui, en fait, on a la chance, à l'inverse peut-être d'autres zones,
04:13d'avoir des conditions monétaires et des conditions financières
04:16qui sont encore relativement relâchées.
04:18Ce qui veut dire que la Fed peut encore faire du ralentissement,
04:22faire du resserrement, sans provoquer un ralentissement inconsidéré,
04:25je dirais, de la demande domestique.
04:27C'est lié aussi, bien entendu, aux effets de richesse.
04:30Elle est là où on revient effectivement sur une thématique
04:32de l'intelligence artificielle
04:34et par rapport à ce que l'on voit sur les marchés
04:36et leur propre volatilité.
04:38Patrice Gautry de l'UBP, merci d'avoir été avec nous
04:40pour cette Écho du Monde.
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