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  • il y a 8 minutes
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:00Mais est-ce que vous n'avez pas l'impression qu'il y a une forme de protestation également
00:06qui n'est pas calquée sur la population qui manifeste,
00:11mais il y a eu une ambiance détestable à l'Assemblée Nationale hier.
00:16Et je vous propose d'écouter un échange entre la vice-présidente LFI de l'Assemblée,
00:21Nadej Abomangoli, et la ministre Aurore Berger.
00:24Un terroriste raciste a frappé à la verrière et attrape.
00:29C'est un acte prémédité, préparé par des années de matraquage raciste.
00:34Ces discours sont relayés et normalisés par le système médiatique
00:39qui leur offre libre antenne sans contradiction, matin, midi et soir.
00:43Et bien au-delà, dans une grande partie de la classe politique et dans votre camp.
00:48Face au drame que notre pays vient de traverser, il y avait je crois deux attitudes possibles.
00:53C'est-à-dire celle du recueillement, de la solidarité,
00:55et puis il y avait celle de l'indécence, de la récupération, de l'instrumentalisation.
01:02Et vous avez fait votre choix en quelques heures.
01:05Résultat des cours sur Auro Berger, hués par une partie de l'hémicycle.
01:09Elle parle de Crépole, effectivement, et de la mort de Thomas Perrotto.
01:14Et donc du racisme anti-blanc.
01:14Et qu'elle a mis ça sur le débat public, c'est-à-dire qu'elle a dit qu'effectivement,
01:20le grand remplacement pouvait faire débat, qu'il n'y avait pas de problème de discuter de ça.
01:26Que ce n'était pas une théorie raciste, que c'était dans le débat, absolument.
01:28Ça m'a tué beaucoup de côté, oui.
01:28Et donc vous avez ça, est-ce que finalement, ce n'est pas aussi une façon de, comment dirais-je,
01:35est-ce qu'il n'y a pas une récupération de certains manifestants ?
01:37Vous avez parlé de certains manifestants qui étaient peut-être d'une certaine manière pas très éduqués
01:42et qui ne comprenaient pas très bien.
01:43Quand ils entendent ça, ils se disent, tiens, on va effectivement, elle a raison,
01:47sans savoir vraiment ce qu'ils disent, on va aller manifester, on va caisser.
01:50Mais bien sûr que si.
01:51Il y a une formation politique qui s'appelle la France insoumise,
01:55qui est le pompier pyroman de l'histoire.
01:57Ça, il n'y a pas besoin ni d'avoir fait l'école de guerre,
02:00ni des grandes études de sciences politiques pour comprendre que certains discours
02:04agitent et participent à la mobilisation violente dans les rues.
02:07Ça, c'est un fait.
02:08Quand vous avez M. Bali Bakayoko qui explique que la violence peut être légitime
02:12même si elle est pratiquée par des simples manifestants,
02:14on a un problème avec l'État de droit.
02:16Quand vous voyez Mme Panot, qui est interpellée par le Premier ministre à l'Assemblée nationale,
02:19qui refuse de condamner l'incendie de l'hôtel de ville,
02:21parce qu'en se taisant, elle le justifie,
02:23moi j'ai un problème, si vous voulez, dans ces moments-là.
02:26Donc, bien sûr que si.
02:27Vous savez, la France insoumise condamne du bout des lèvres le mal dont ils chérissent les causes.
02:32C'est pour ça que je ne les associe pas à un certain nombre de manifestations
02:37de recueillement et de conférences de presse,
02:39parce que je considère qu'ils sont directement ou indirectement comptables
02:44d'une partie de la situation délétère dans laquelle se trouve le pays.
02:47Mais on assiste à quoi, à l'Assemblée nationale ?
02:49On assiste déjà à l'affrontement des deux blocs que tout le monde annonce
02:52comme devant s'opposer au second tour de l'élection présidentielle.
02:54À savoir M. Mélenchon, qui va durcir le discours pour aller chercher son noyau dur.
02:58Vous savez, une élection, quelle qu'elle soit,
03:00j'en ai fait quelques-unes, malgré mon jeune âge.
03:02Au premier tour, on choisit, au deuxième tour, on élimine.
03:04Donc au premier tour, il s'agit de galvaniser sa base
03:06et au deuxième tour, d'apparaître comme le moins détestable des deux qui restent.
03:09Donc M. Mélenchon va durcir le discours pour avoir le noyau dur le plus solide possible.
03:13Il a un socle granitique qui est sérieux, autour de 17, 18, 19, 20% du corps électoral français.
03:19Et donc il faut galvaniser sa base.
03:21Et Mme Le Pen est assurée d'être au second tour.
03:23Donc ce qui se passe là, c'est déjà l'affrontement de ces deux blocs
03:26et ça préfigure ce que pourrait donner un deuxième tour mortifère entre Mme Le Pen...
03:31Mortifère ?
03:32Pour le pays, mais bien sûr que oui.
03:33Mais attendez, excusez-moi.
03:34Vous mettez sur le même étagère, le RN et les filles ?
03:37Pour les Français, si le deuxième tour oppose Mme Le Pen et M. Mélenchon,
03:41ça sera ingouvernable.
03:43Ce pays, pardonnez-moi, mais...
03:46Ce pays, aujourd'hui, la totalité de l'impôt sur le revenu
03:49ne suffit plus à payer les intérêts de la dette.
03:52Oui, merci.
03:52Non, mais c'est factuel.
03:53Mme Le Pen a un programme qui est très social.
03:56Mme Le Pen vous explique que la retraite à 65 ans, c'est pas pour elle.
04:00Mme Le Pen vous explique qu'elle va augmenter un certain nombre de revenus,
04:03notamment le SMIC, parce que c'est nécessaire.
04:05C'est d'ailleurs nécessaire.
04:06Donc vous dites que Mme Le Pen a un programme socialiste et que...
04:09Moi, je ne vous dis rien.
04:10Je vous dis juste que, conforter au principe de réalité,
04:14Mme Le Pen ne pourra pas appliquer son programme social.
04:16Parce que des autorités de contrôle, qui s'appellent la Banque Centrale Européenne,
04:19qui s'appellent le FMI, vont nous dire
04:20Mme Le Pen, vous êtes très gentille, mais aujourd'hui,
04:23vous n'êtes pas dans la capacité d'appliquer votre programme social,
04:24parce que vous avez 3 000 milliards de dettes.
04:26Et donc ça va créer de la colère.
04:27Parce que le taux d'emprunt est à dépasser les 5%,
04:30parce que votre impôt sur le revenu ne suffit plus à payer les intérêts de votre dette.
04:33Donc vous ne pourrez pas, on vous interdit d'appliquer votre programme social.
04:36Et donc, qu'est-ce qui va se passer ?
04:38L'électorat populaire qui vote Mme Le Pen.
04:39Et Dieu sait qu'il existe, parce que j'en ai beaucoup chez moi.
04:41Vous savez, il y a trois catégories d'électorat RN.
04:43Il y a l'électorat historique de Jean-Marie,
04:45qui est de connotation un peu raciste, xénophobe,
04:48que vous retrouvez sur l'arc méditerranéen,
04:50que vous retrouvez dans une partie de certaines couches de population française.
04:54Et puis il y a un deuxième électorat, qui est un électorat ouvrier,
04:57qui est un électorat qui vient de la gauche,
04:58que vous retrouvez d'abord dans les bassins miniers du nord de la France,
05:00dans les bassins à fort tissu industriel,
05:03que vous retrouvez aujourd'hui dans les villes
05:05de fonctionnaires territoriaux qui ne gagnent pas beaucoup d'argent,
05:09qui est un ancien électorat de gauche qui a muté vers le RN.
05:12Ça ne vaut pas le nier.
05:12Vous savez, nous avons gagné cette ville
05:14parce que le RN a siphonné l'électorat de gauche à Limoges.
05:16Sinon, la gauche serait toujours au pouvoir.
05:18Et donc vous avez un troisième électorat,
05:19qui est l'électorat de la France des déclassés,
05:21que personne ne voit venir.
05:22L'électorat qui va du Gers aux Ardennes.
05:24Ces gens-là n'ont plus accès à rien, plus accès aux soins.
05:27Pour avoir un rendez-vous chez l'ophtalmo, c'est six mois.
05:29Pour avoir un rendez-vous chez le médecin, il n'y en a plus,
05:30il faut faire 40 bornes avec un gasoil à 2,50€.
05:33Donc tous ces gens-là se tournent vers Marine Le Pen,
05:35par désespoir en grande partie.
05:37Et donc si Marine Le Pen ne peut pas appliquer son programme social,
05:39parce que des autorités de tutelle vont en empêcher,
05:41qu'est-ce qui va se passer ?
05:42Elle va trahir cet électorat populaire,
05:44qui va rejoindre dans la rue celui que Mélenchon aura sciemment mis dans la rue
05:47dès le soir du deuxième tour pour contester le résultat de l'élection.
05:50Et vous avez une situation absolument explosive dans le pays.
05:53Et donc la solution, c'est Édouard Philippe ?
05:55Absolument pas.
05:55Je ne suis pas du tout philippiste.
05:56Vous reviendrez pour parler de politique ?
05:57Absolument pas.
05:58La solution, c'est que la droite ait un candidat unique à l'élection présidentielle.
06:02Alors écoutez, on va tous mettre des cierges.
06:0519h45, un peu plus d'ailleurs.
06:07Merci M. Guérin d'avoir été avec nous sur Europe 1.
06:09Le débat continue.

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