00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Emmanuel Veil d'Effeligé, bonjour.
00:09Bonjour.
00:09La question, elle va être simple.
00:10On est dans un monde où les taux sont destinés à être plus élevés, plus longtemps.
00:16Bon, mode d'emploi, qu'est-ce qu'on fait ?
00:18Parce que là, on est en train de lutter contre un biais comportemental qui date d'il y a 15
00:22ans.
00:23Qui est que, et franchement, demandez autour de vous,
00:27ouais, l'argent c'est gratuit.
00:28Ben non, l'argent c'est pas gratuit.
00:30Les taux ça monte.
00:31Qu'est-ce qui se passe sur le marché obligataire ?
00:33Est-ce qu'on peut faire un petit état des lieux, là, en quelques mots, des choses qui sont en
00:37train de se passer ?
00:37Ça tombe finalement assez bien, parce que la BCE l'a rappelé il y a deux heures,
00:41il y a trop d'inflation.
00:43La Fed dit la même chose, donc on a 3% d'inflation alors qu'on vise 2%,
00:47donc les taux ne peuvent pas baisser, ils montent.
00:51Même s'ils n'ont pas monté aujourd'hui, ils sont appelés à monter plus,
00:54puisqu'il a été mentionné que la discussion a porté sur une hausse des taux supplémentaires,
00:59donc il y a trop d'inflation.
01:00À côté de ça, vous avez une croissance qui est à tonne,
01:03donc ça veut dire que les états ont des problèmes pour,
01:06enfin pas des problèmes, mais les états ont besoin de plus se financer,
01:09parce qu'ils ont plus de déficit.
01:10Alors on parle de l'Europe, là.
01:11Là on parle de l'Europe, mais les États-Unis c'est aussi la même chose,
01:14et donc finalement les taux montent,
01:16parce que sous la conjonction des taux directeurs qui montent
01:20et d'un afflux de demandes,
01:24enfin de besoins de nouvelles obligations gouvernementales,
01:28ça monte beaucoup.
01:28Et ça c'est, si vous voulez, le fondement.
01:31Et autour de ces taux des États,
01:35se construisent les taux des grandes entreprises
01:38et des plus petites entreprises.
01:40Donc les coûts de financement augmentent,
01:42et on va voir dans une seconde
01:44quelles sont les implications pour les investisseurs,
01:46c'est-à-dire comment on peut tirer parti de ça.
01:49Mais d'abord, il faut essayer de comprendre
01:51quels sont les risques associés.
01:53Et donc les risques associés, c'est que sur les États,
01:55les coûts de financement sont très élevés.
01:57Donc ça veut dire, historiquement,
01:59vous disiez dans votre introduction qu'on n'est plus habitué à ça.
02:02En fait, on a une petite piqûre de rappel en 2022-2023
02:05avec une remontée des taux d'à peu près 4%.
02:07Les taux étaient négatifs à l'époque.
02:08Bien sûr.
02:09Et on se souvient que très vite, en fait,
02:12après, ça commençait à redescendre.
02:16Et certaines personnes prédisaient même
02:17une redescente vers entre 0 et 1%.
02:20Non, non.
02:20C'est un changement de régime.
02:21Donc les taux qui sont aujourd'hui
02:23entre 3,5 et 5% pour les États,
02:25à 4% pour les grandes entreprises,
02:27investment grade,
02:28et à 7% pour le high yield,
02:30c'est finalement, sur une base historique,
02:32des niveaux assez normaux.
02:35et il faut que les analystes et les investisseurs,
02:39dans leur modèle financier,
02:41quand ils analysent des emprunteurs
02:43et le risque de crédit sous-jacent,
02:44eh bien, ils se mettent ça en tête
02:46que la charge financière devient importante.
02:49Et le risque supplémentaire,
02:51c'est si cette charge financière est trop importante,
02:54que l'Europe bascule en récession.
02:55Oui, totalement.
02:56Et là, avec une hausse des taux de défaut, etc.
02:59On n'en est pas là.
03:00Oui, mais alors,
03:02quand on est investisseur,
03:04allez, j'allais dire particulier,
03:05moi, vous, etc.
03:07Bon, ok, peut-être se dire
03:09je réserve une poche de monétaire à 5%,
03:11là, c'est quand même l'affaire du siècle,
03:13là, en ce moment.
03:14Mais autrement, qu'est-ce qu'on fait ?
03:16On change son biais comportemental,
03:18ça, c'est clair,
03:19et c'est compliqué, parfois.
03:21Mais qu'est-ce qu'on fait d'autre,
03:22concrètement, quelques exemples concrets ?
03:24Oui, alors, nous,
03:25on a beaucoup de,
03:26quand on parle aux clients,
03:27on a beaucoup de feedback d'incertitude
03:31sur, en fait,
03:32est-ce qu'il faut acheter de la France ?
03:33Parce que de la France à 5%,
03:36est-ce qu'il y a un risque de crédit ?
03:37Donc, moi, je n'ai pas de réponse à ça
03:39et je ne suis pas sûr
03:41que quelqu'un ait une boule de cristal.
03:43En tout cas, ce qui est sûr,
03:44c'est que c'est intéressant
03:45dans l'environnement actuel
03:46de pression sur les États
03:48et sur la dette gouvernementale
03:49de se diversifier
03:50et de se diversifier
03:51vers des émetteurs,
03:53vers des emprunteurs
03:54et des obligations émises
03:55par des entreprises
03:56qui sont aussi loin que possible
03:59du risque souverain.
03:59C'est-à-dire qu'ils ne sont pas
04:00forcément vulnérables
04:02à de la régulation très forte,
04:04à une pression fiscale
04:06trop importante,
04:08au marché domestique français.
04:11Voilà.
04:11Et donc ça,
04:12quand je vous parlais
04:13des grandes entreprises
04:13à 4%,
04:14en investment grade,
04:16qui donc empruntent
04:17à des taux
04:18qui sont inférieurs
04:19à l'État français,
04:21elles sont très diversifiées
04:22géographiquement.
04:23Des Siemens,
04:24des Repsol,
04:25tout à l'heure,
04:25vous en parliez,
04:26des L'Oréal,
04:27des Saint-Gobain.
04:28Voilà.
04:29On a des sociétés
04:30qui font l'essentiel
04:31de leur chiffre d'affaires
04:31en dehors de France
04:32et qui ont des profils financiers
04:34très solides.
04:35Donc ça,
04:36c'est un niveau,
04:37c'est une poche d'investissement
04:39qui peut être intéressante,
04:40diversifiante,
04:414%.
04:41Et si vous recherchez
04:43un peu plus de risques
04:44et un peu plus de rendements,
04:45aujourd'hui,
04:45vous avez le marché
04:46à haut rendement.
04:47C'est du 7%.
04:48Et ce sont des typologies
04:49de sociétés
04:50assez similaires,
04:51mais plus petites.
04:52Donc,
04:53je vous prends,
04:54par exemple,
04:55sur des gros émetteurs
04:56sur le marché
04:56au rendement européen,
04:58une société comme Verisure
04:59qui fait des alarmes
05:01et de la sécurité
05:02dans plusieurs pays d'Europe,
05:04très diversifiées,
05:06très solides,
05:07là,
05:07depuis longtemps.
05:08Une société
05:09dans les énergies renouvelables
05:10parce qu'on ne veut pas
05:11prendre trop
05:13d'expositions
05:14au pétrole
05:15ou aux énergies fossiles.
05:16Donc,
05:16une société comme NéoN,
05:17par exemple,
05:18qui est présente
05:19en France,
05:20mais essentiellement
05:21en Australie,
05:22au Portugal,
05:23en Amérique latine,
05:24etc.
05:24On ne peut plus acheter
05:25d'actions,
05:25mais on peut acheter
05:26des objets.
05:26Exactement.
05:27Donc,
05:27c'est Live Nation.
05:30Vous n'avez peut-être
05:31pas mentionné
05:32que U2 annonce
05:33sa nouvelle tournée mondiale.
05:36Bon,
05:36Live Nation,
05:37c'est Ticketmaster,
05:38c'est les organisateurs
05:39de tournées
05:39pour les grands groupes
05:40comme U2
05:42ou comme d'autres.
05:43et donc ça,
05:45c'est un émetteur récent
05:46sur le marché Aïd,
05:47c'est très global,
05:48c'est très décorrélé
05:51au cycle économique profond
05:52que par exemple
05:54par rapport
05:55à des secteurs
05:55comme la chimie
05:56ou l'automobile
05:57dont vous parliez.
05:57Donc,
05:58il y a vraiment
05:58des choses à faire,
05:59il faut être très sélectif
06:00sur le choix des secteurs,
06:02sur les profils financiers,
06:03il ne faut pas aller
06:03sur des entreprises
06:04trop endettées
06:05parce que le coût
06:06de la dette
06:06est en train de monter,
06:07il ne monte pas seulement
06:08pour les États
06:09mais pour les entreprises
06:11et enfin,
06:12des sociétés
06:13qui n'ont pas
06:13besoin de refinancement
06:15très proche
06:16parce que
06:17dans l'incertitude
06:18et la volatilité actuelle,
06:19c'est sûr
06:20que les marchés
06:21de refinancement
06:23peuvent être fermés
06:24pendant plusieurs mois
06:24et notamment
06:25pour des boîtes françaises
06:26avec les semaines
06:29qui arrivent
06:29et les mois
06:29qui arrivent
06:30dans la perspective
06:31de l'élection présidentielle.
06:32Donc,
06:32il y a des belles choses
06:33à faire.
06:35Les indices obligataires
06:37sont en territoire négatif
06:38en performance
06:40cette année
06:41entre moins 1
06:42et moins 2%
06:43dû à ce repricing
06:45c'est-à-dire
06:45que le fait
06:46que ces taux
06:47soient passés
06:47de 5 à 7%
06:48sur le haut rendement
06:49mais c'est une opportunité
06:50maintenant d'investir.
06:51Emmanuel Veil
06:52d'FLIG
06:52merci infiniment
06:53de faire son chemin
06:54au milieu de ces taux
06:55qui grimpent.