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  • il y a 22 minutes
Ce jeudi 29 octobre, Emmanuel Weyd, directeur des investissements chez Eiffel Investment Group, explique les opportunités pour les investisseurs face aux tensions sur les taux, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Emmanuel Veil d'Effeligé, bonjour.
00:09Bonjour.
00:09La question, elle va être simple.
00:10On est dans un monde où les taux sont destinés à être plus élevés, plus longtemps.
00:16Bon, mode d'emploi, qu'est-ce qu'on fait ?
00:18Parce que là, on est en train de lutter contre un biais comportemental qui date d'il y a 15
00:22ans.
00:23Qui est que, et franchement, demandez autour de vous,
00:27ouais, l'argent c'est gratuit.
00:28Ben non, l'argent c'est pas gratuit.
00:30Les taux ça monte.
00:31Qu'est-ce qui se passe sur le marché obligataire ?
00:33Est-ce qu'on peut faire un petit état des lieux, là, en quelques mots, des choses qui sont en
00:37train de se passer ?
00:37Ça tombe finalement assez bien, parce que la BCE l'a rappelé il y a deux heures,
00:41il y a trop d'inflation.
00:43La Fed dit la même chose, donc on a 3% d'inflation alors qu'on vise 2%,
00:47donc les taux ne peuvent pas baisser, ils montent.
00:51Même s'ils n'ont pas monté aujourd'hui, ils sont appelés à monter plus,
00:54puisqu'il a été mentionné que la discussion a porté sur une hausse des taux supplémentaires,
00:59donc il y a trop d'inflation.
01:00À côté de ça, vous avez une croissance qui est à tonne,
01:03donc ça veut dire que les états ont des problèmes pour,
01:06enfin pas des problèmes, mais les états ont besoin de plus se financer,
01:09parce qu'ils ont plus de déficit.
01:10Alors on parle de l'Europe, là.
01:11Là on parle de l'Europe, mais les États-Unis c'est aussi la même chose,
01:14et donc finalement les taux montent,
01:16parce que sous la conjonction des taux directeurs qui montent
01:20et d'un afflux de demandes,
01:24enfin de besoins de nouvelles obligations gouvernementales,
01:28ça monte beaucoup.
01:28Et ça c'est, si vous voulez, le fondement.
01:31Et autour de ces taux des États,
01:35se construisent les taux des grandes entreprises
01:38et des plus petites entreprises.
01:40Donc les coûts de financement augmentent,
01:42et on va voir dans une seconde
01:44quelles sont les implications pour les investisseurs,
01:46c'est-à-dire comment on peut tirer parti de ça.
01:49Mais d'abord, il faut essayer de comprendre
01:51quels sont les risques associés.
01:53Et donc les risques associés, c'est que sur les États,
01:55les coûts de financement sont très élevés.
01:57Donc ça veut dire, historiquement,
01:59vous disiez dans votre introduction qu'on n'est plus habitué à ça.
02:02En fait, on a une petite piqûre de rappel en 2022-2023
02:05avec une remontée des taux d'à peu près 4%.
02:07Les taux étaient négatifs à l'époque.
02:08Bien sûr.
02:09Et on se souvient que très vite, en fait,
02:12après, ça commençait à redescendre.
02:16Et certaines personnes prédisaient même
02:17une redescente vers entre 0 et 1%.
02:20Non, non.
02:20C'est un changement de régime.
02:21Donc les taux qui sont aujourd'hui
02:23entre 3,5 et 5% pour les États,
02:25à 4% pour les grandes entreprises,
02:27investment grade,
02:28et à 7% pour le high yield,
02:30c'est finalement, sur une base historique,
02:32des niveaux assez normaux.
02:35et il faut que les analystes et les investisseurs,
02:39dans leur modèle financier,
02:41quand ils analysent des emprunteurs
02:43et le risque de crédit sous-jacent,
02:44eh bien, ils se mettent ça en tête
02:46que la charge financière devient importante.
02:49Et le risque supplémentaire,
02:51c'est si cette charge financière est trop importante,
02:54que l'Europe bascule en récession.
02:55Oui, totalement.
02:56Et là, avec une hausse des taux de défaut, etc.
02:59On n'en est pas là.
03:00Oui, mais alors,
03:02quand on est investisseur,
03:04allez, j'allais dire particulier,
03:05moi, vous, etc.
03:07Bon, ok, peut-être se dire
03:09je réserve une poche de monétaire à 5%,
03:11là, c'est quand même l'affaire du siècle,
03:13là, en ce moment.
03:14Mais autrement, qu'est-ce qu'on fait ?
03:16On change son biais comportemental,
03:18ça, c'est clair,
03:19et c'est compliqué, parfois.
03:21Mais qu'est-ce qu'on fait d'autre,
03:22concrètement, quelques exemples concrets ?
03:24Oui, alors, nous,
03:25on a beaucoup de,
03:26quand on parle aux clients,
03:27on a beaucoup de feedback d'incertitude
03:31sur, en fait,
03:32est-ce qu'il faut acheter de la France ?
03:33Parce que de la France à 5%,
03:36est-ce qu'il y a un risque de crédit ?
03:37Donc, moi, je n'ai pas de réponse à ça
03:39et je ne suis pas sûr
03:41que quelqu'un ait une boule de cristal.
03:43En tout cas, ce qui est sûr,
03:44c'est que c'est intéressant
03:45dans l'environnement actuel
03:46de pression sur les États
03:48et sur la dette gouvernementale
03:49de se diversifier
03:50et de se diversifier
03:51vers des émetteurs,
03:53vers des emprunteurs
03:54et des obligations émises
03:55par des entreprises
03:56qui sont aussi loin que possible
03:59du risque souverain.
03:59C'est-à-dire qu'ils ne sont pas
04:00forcément vulnérables
04:02à de la régulation très forte,
04:04à une pression fiscale
04:06trop importante,
04:08au marché domestique français.
04:11Voilà.
04:11Et donc ça,
04:12quand je vous parlais
04:13des grandes entreprises
04:13à 4%,
04:14en investment grade,
04:16qui donc empruntent
04:17à des taux
04:18qui sont inférieurs
04:19à l'État français,
04:21elles sont très diversifiées
04:22géographiquement.
04:23Des Siemens,
04:24des Repsol,
04:25tout à l'heure,
04:25vous en parliez,
04:26des L'Oréal,
04:27des Saint-Gobain.
04:28Voilà.
04:29On a des sociétés
04:30qui font l'essentiel
04:31de leur chiffre d'affaires
04:31en dehors de France
04:32et qui ont des profils financiers
04:34très solides.
04:35Donc ça,
04:36c'est un niveau,
04:37c'est une poche d'investissement
04:39qui peut être intéressante,
04:40diversifiante,
04:414%.
04:41Et si vous recherchez
04:43un peu plus de risques
04:44et un peu plus de rendements,
04:45aujourd'hui,
04:45vous avez le marché
04:46à haut rendement.
04:47C'est du 7%.
04:48Et ce sont des typologies
04:49de sociétés
04:50assez similaires,
04:51mais plus petites.
04:52Donc,
04:53je vous prends,
04:54par exemple,
04:55sur des gros émetteurs
04:56sur le marché
04:56au rendement européen,
04:58une société comme Verisure
04:59qui fait des alarmes
05:01et de la sécurité
05:02dans plusieurs pays d'Europe,
05:04très diversifiées,
05:06très solides,
05:07là,
05:07depuis longtemps.
05:08Une société
05:09dans les énergies renouvelables
05:10parce qu'on ne veut pas
05:11prendre trop
05:13d'expositions
05:14au pétrole
05:15ou aux énergies fossiles.
05:16Donc,
05:16une société comme NéoN,
05:17par exemple,
05:18qui est présente
05:19en France,
05:20mais essentiellement
05:21en Australie,
05:22au Portugal,
05:23en Amérique latine,
05:24etc.
05:24On ne peut plus acheter
05:25d'actions,
05:25mais on peut acheter
05:26des objets.
05:26Exactement.
05:27Donc,
05:27c'est Live Nation.
05:30Vous n'avez peut-être
05:31pas mentionné
05:32que U2 annonce
05:33sa nouvelle tournée mondiale.
05:36Bon,
05:36Live Nation,
05:37c'est Ticketmaster,
05:38c'est les organisateurs
05:39de tournées
05:39pour les grands groupes
05:40comme U2
05:42ou comme d'autres.
05:43et donc ça,
05:45c'est un émetteur récent
05:46sur le marché Aïd,
05:47c'est très global,
05:48c'est très décorrélé
05:51au cycle économique profond
05:52que par exemple
05:54par rapport
05:55à des secteurs
05:55comme la chimie
05:56ou l'automobile
05:57dont vous parliez.
05:57Donc,
05:58il y a vraiment
05:58des choses à faire,
05:59il faut être très sélectif
06:00sur le choix des secteurs,
06:02sur les profils financiers,
06:03il ne faut pas aller
06:03sur des entreprises
06:04trop endettées
06:05parce que le coût
06:06de la dette
06:06est en train de monter,
06:07il ne monte pas seulement
06:08pour les États
06:09mais pour les entreprises
06:11et enfin,
06:12des sociétés
06:13qui n'ont pas
06:13besoin de refinancement
06:15très proche
06:16parce que
06:17dans l'incertitude
06:18et la volatilité actuelle,
06:19c'est sûr
06:20que les marchés
06:21de refinancement
06:23peuvent être fermés
06:24pendant plusieurs mois
06:24et notamment
06:25pour des boîtes françaises
06:26avec les semaines
06:29qui arrivent
06:29et les mois
06:29qui arrivent
06:30dans la perspective
06:31de l'élection présidentielle.
06:32Donc,
06:32il y a des belles choses
06:33à faire.
06:35Les indices obligataires
06:37sont en territoire négatif
06:38en performance
06:40cette année
06:41entre moins 1
06:42et moins 2%
06:43dû à ce repricing
06:45c'est-à-dire
06:45que le fait
06:46que ces taux
06:47soient passés
06:47de 5 à 7%
06:48sur le haut rendement
06:49mais c'est une opportunité
06:50maintenant d'investir.
06:51Emmanuel Veil
06:52d'FLIG
06:52merci infiniment
06:53de faire son chemin
06:54au milieu de ces taux
06:55qui grimpent.

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