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Réclamés par les syndicats, l'augmentation du Smic "n'est pas un tabou", assure Jean-Pierre Farandou. Le ministre du Travail et des Solidarités souhaite par ailleurs réformer les arrêts maladie, dont le nombre est "considérable", selon lui.

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Transcription
00:00Il est en première ligne face à la colère sociale, à la crise du pouvoir d'achat et aux revendications
00:05des syndicats qui promettent une grande journée de grève de mobilisation.
00:09Dans tout juste une semaine, en plein examen du budget, à l'Assemblée, le ministre du Travail et des Solidarités
00:15est ce matin dans le grand entretien avec des réponses très attendues,
00:20notamment sur la hausse du SMIC mais aussi le coût du travail ou la désindexation des retraites.
00:25Bonjour Jean-Pierre Farandou.
00:26Bonjour.
00:27Et bienvenue dans cette grande matinale où les auditeurs de France Inter sont les bienvenus.
00:31On attend vos questions au standard ou sur l'appli Radio France.
00:35Les dossiers s'accumulent sur votre bureau.
00:38On n'oublie pas d'ailleurs les mesures en lien avec les dégradations du 17 octobre.
00:42Vous nous direz où on en est, si d'autres dispositifs vont arriver.
00:46Mais avant d'évoquer ces dossiers brûlants, un mot pour l'ancien patron de la SNCF que vous êtes.
00:52Votre réaction au terrible accident ferroviaire survenu hier en Espagne avec un bilan d'au moins 68 morts.
00:58Oui, c'est terrible.
00:59C'est une grande catastrophe ferroviaire qui heurte bien sûr toute la famille du ferroviaire.
01:03Je pense que j'appartiens encore un peu.
01:05Vous savez, j'ai passé 45 ans à la SNCF.
01:07J'ai conduit les trains.
01:08J'ai tenu des pauses aiguillages.
01:09J'ai appris la sécurité très jeune.
01:11Et donc, on est forcément interpellé.
01:13Qu'est-ce qui a pu se passer ?
01:15Quelle erreur ?
01:15Est-ce que c'est une erreur technique, une erreur humaine, une combinaison des facteurs ?
01:18C'est un drame.
01:19J'ai une pensée bien sûr.
01:20Pour ça, je crois que c'est 68 morts, beaucoup de blessés.
01:22Voilà, c'est un drame qui me touche, qui me choque.
01:24Je crois que toute la communauté cheminote est touchée aujourd'hui par cette catastrophe qui s'est passée en Espagne
01:29hier.
01:30Et forcément des questions qui peuvent se poser pour des passagers.
01:33C'est un train appartenant à une compagnie privée qui a été percutée dans ce cas-là.
01:39Est-ce qu'il y a des questions liées à l'ouverture récente, à la concurrence par exemple, selon vous
01:43?
01:43Je ne m'en penserais pas.
01:43Il faut laisser faire l'enquête là.
01:44Franchement, il faut vraiment être prudent.
01:47Il faut laisser faire les enquêteurs pour avoir les vraies causes de cette catastrophe.
01:50Alors Jean-Pierre Farando, venons au dossier qui vous occupe en ce moment.
01:53L'augmentation du SMIC réclamé par les syndicats.
01:56Elle concerne environ un peu plus de 2 millions de salariés en France.
01:59Le SMIC est indexé sur l'inflation.
02:02Donc une hausse mécanique doit intervenir au 1er janvier de l'ordre de 1%.
02:07Est-ce que vous, Jean-Pierre Farando, vous êtes favorable à un coup de pouce supplémentaire ?
02:12Oui, d'abord je voudrais dire, je suis parfaitement conscient que pour les salariés français, en ce moment c'est
02:15difficile.
02:16Les faits de mois sont compliqués.
02:17La hausse des carburants, vous en avez parlé avec les détroits en Moyen-Orient qui sont bloqués.
02:22C'est un vrai sujet.
02:23C'est aussi difficile pour les entreprises d'ailleurs aussi, qui passent une période économique compliquée.
02:27Donc on voit bien que les salaires, c'est les entreprises qui les versent chez elles.
02:31Donc voilà, tout ça, ça donne une équation compliquée.
02:33Alors le SMIC, c'est pas tabou bien sûr, il faut pouvoir parler du SMIC.
02:36Vous savez que je viens de terminer un premier tour de consultation.
02:40J'ai pu rencontrer les numéros 1 de chaque organisation syndicale, mais aussi l'organisation patronale.
02:44On a parlé du SMIC, on a parlé des négociations de branches, on a parlé des négociations de grandes entreprises.
02:50Votre conviction à vous, Jean-Pierre Farandou, est-ce qu'il faut un coup de pouce supplémentaire ?
02:55Moi à ce stade, j'ai pas de conviction.
02:57Je suis dans le débat, je suis dans la discussion, il n'y a rien qui est décidé.
02:59Je le redis, c'est pas tabou. Donc bien sûr, ce sujet a été évoqué.
03:03Il faut faire attention aussi au coût du travail.
03:05Le SMIC d'ailleurs aussi, vous l'avez dit, c'est pour les gens qui le touchent.
03:08Donc ça fait à peu près 14% des salariés, mais il y a aussi les 86% restants.
03:12Il faut pouvoir approcher tout ça dans sa globalité.
03:15Le ministre des Petits et Moyes-Ontreprises, Serge Papin, lui, il a dit qu'il était favorable à ce coup
03:19de pouce.
03:20Et d'ailleurs, est-ce que l'augmentation intervienne dès décembre ?
03:22Il se trompe, le ministre, Serge Papin ?
03:25Je laisse Serge Papin faire les annonces.
03:27Bon, je ne sais pas quelle annonce il fait, c'est personnel.
03:29Bon, il en a le droit, bien évidemment.
03:31Donc moi, vous savez, il y a des équilibres à trouver.
03:34C'est un chemin de crête.
03:35Bien sûr qu'il faut créer les conditions d'une dynamisation des salaires,
03:39réenclencher la dynamisation des salaires,
03:40mais il faut faire attention à l'emploi aussi, vous savez.
03:42On est dans une période où l'emploi est quand même compliqué.
03:45Donc quel est le bon équilibre entre les salaires, l'emploi, la capacité des entreprises,
03:49mais aussi tout ce qui est l'argent public est derrière.
03:51Il y a une ligne de crête à trouver.
03:52Et j'essaye que chacun des acteurs, les entreprises, les syndicats et l'État
03:56se retrouvent sur ce chemin de crête.
03:58Quand on dit ligne de crête, est-ce que ça veut dire qu'on peut dire aux salariés aujourd'hui
04:01non, on ne va pas augmenter le SMIC, on ne va pas pousser à l'augmentation des salaires
04:04parce que sinon, il y a des emplois qui seront détruits ?
04:07Non, il faut dire aux salariés que le ministre du Travail que je suis
04:13cherche avec les deux autres acteurs, que sont les syndicats d'un côté,
04:15les entreprises de l'autre, le meilleur équilibre possible.
04:18Voilà, on n'est pas au bout, on a fait un premier tour.
04:19Il fonctionne ce dialogue ?
04:21Il fonctionne très bien, d'ailleurs ça fait un an qu'il fonctionne.
04:23Depuis que je suis là, il y a un an, on a fait ensemble une conférence sociale.
04:26Vous savez d'ailleurs, je vous engage à lire les conclusions.
04:28Il y a des voies de passage pour une réforme de retraite dans ce document intéressant.
04:31On a réussi à signer des accords sur les ruptures conventionnelles.
04:34On a réussi à trouver des équilibres sur la branche accident du travail.
04:38Ils m'ont aidé aussi à revoir un règlement européen en faveur de l'Union des Ligues Française.
04:41Voilà, donc le dialogue social, il fonctionne dans ce pays.
04:43Et vous savez, j'ai plus confiance dans la mécrocie sociale qui sait trouver des convergences et des compromis en
04:48politique.
04:49C'est plus compliqué.
04:50Vous avez évoqué le budget, ce n'est pas simple.
04:51Vous dites que votre conviction n'est pas faite, mais sur quelle piste vous travaillez ?
04:55Est-ce que c'est un coup de pouce de 0,5% pour arriver à 1,5% d
05:00'augmentation ?
05:01Est-ce que c'est ça la piste de travail ?
05:04La logique sur laquelle on travaille, c'est qu'elle part du SMIC.
05:07Donc, nous, les débats sur le SMIC, ils ne sont pas encore finalisés, mais ils sont ouverts, bien évidemment.
05:10Toutes les configurations possibles.
05:12Ensuite, quand vous traitez le SMIC, vous arrivez aux minima sociaux dans les branches,
05:16puisqu'il faut relever les minima sociaux dans les branches.
05:18Et à cette occasion, vous pouvez aussi travailler sur les bas de grille.
05:21Vous décoincez par le SMIC les bas de grille.
05:23Et c'est important parce qu'il y a pas mal de gens qui sont compris entre 1 SMIC et
05:261,6 SMIC.
05:27Il y a beaucoup de salariés qui sont dans ce niveau-là.
05:29Donc, si on arrive à les relever par ce mouvement-là,
05:32puis après, vous avez les négociations annuelles obligatoires pour tous les autres salariés dans les entreprises.
05:36Et là encore, vous savez, le gouvernement a fait des propositions autour de la prime carburant,
05:40autour de la prime partage de la valeur, qui ont le gros avantage que le brut égale le net.
05:43Elles sont exonérées de toute cotisation, de toute fiscalité.
05:46Donc, c'est un instrument puissant qui permet aux entreprises de donner rapidement de l'argent
05:50dans cette fin d'année dans la poche des salariés.
05:52Les syndicats, eux, demandent.
05:53La CFDT propose une augmentation de 100 euros net par mois.
05:56La CGT d'environ 150 euros net.
05:59Ça vous paraît faisable ?
06:02Alors, je vous le redis, le SMIC, ce n'est pas tabou.
06:04Donc, moi, je suis prêt à discuter de toutes les propositions qui sont faites.
06:06Après, c'est peut-être une bonne idée ou une fausse bonne idée.
06:09Parce que l'impact sur l'emploi, notamment quand vous êtes à 150 euros,
06:12c'est 16% d'augmentation.
06:13Il faut voir de quoi on parle quand même.
06:14Donc, c'est beaucoup.
06:17C'est très, très important.
06:19À ce niveau-là, là-dessus, ça touche l'emploi.
06:22À ce niveau-là, comme vous savez, c'est la masse salariale qui les relie.
06:24Si vous augmentez les salaires, qu'est-ce qu'elles font les entreprises ?
06:27Elles réduisent l'emploi.
06:28Et les perspectives de réduction de l'emploi, c'est 250 000 emplois supprimés.
06:33Ce n'est pas le moment.
06:34Vous avez des jeunes qui demandent des emplois.
06:35Vous avez des demandeurs d'emploi qui veulent retrouver une activité.
06:38Je pense que d'aller diminuer le nombre d'emplois à cette hauteur-là,
06:41ce n'est pas une bonne nouvelle du tout, même au plan social.
06:43Et deuxièmement, c'est contre l'idée de la vie chère.
06:47Parce que quand vous faites ça, quand vous augmentez à ce point-là,
06:49qu'est-ce qu'elles font les entreprises de services, notamment ?
06:51Elles répercutent dans les prix.
06:52Donc vous augmentez l'inflation.
06:53Donc il faut faire très attention.
06:55Je pense qu'à ces niveaux-là, ça déséquilibre complètement et l'emploi et l'inflation.
06:59Donc si c'est déjà trop, ça veut dire que la proposition de la France insoumise
07:04dans sa niche parlementaire aujourd'hui d'un SMIC à 1 700 euros net,
07:08pour vous, c'est inimaginable ?
07:10On a le droit de tout imaginer.
07:12Mais je pense que ça ferait mal à l'économie, ça ferait mal au social.
07:15Vous détruiriez 250 000 emplois, vous alimenteriez l'inflation.
07:19Et au moment où des jeunes chercheurs du boulot,
07:21au moment où des demandeurs d'emploi cherchent à rebondir,
07:23je pense que ce n'est pas une bonne décision, ni au plan économique,
07:26mais même au plan social, je pense qu'il ne faut pas faire ça.
07:29Est-ce qu'il est entendable, ce discours, pour des gens qui vous parlent vie chère,
07:34qui vous parlent coût de la vie depuis des mois,
07:36de dire non, c'est compliqué, mais on ne peut pas augmenter aujourd'hui
07:39ces salaires parce que ça détruirait l'emploi ?
07:42Je n'ai pas dit qu'on ne pouvait pas l'augmenter.
07:44Vous me posez une question sur le curseur.
07:45Vous êtes à 1 700 euros net, c'est 16% d'augmentation.
07:48Entre 0 et 1 700 euros, il y a un chemin.
07:52On est légèrement sous 1 500 aujourd'hui en net.
07:54On est à 1 000, oui un peu moins, c'est ça.
07:551 400, 1 80, 70.
07:59Donc voilà, on voit bien qu'il faut un équilibre.
08:02Il faut un équilibre.
08:03Sinon, c'est contre-productif, même au plan social.
08:06Voilà, il faut faire...
08:07Est-ce qu'1,5% c'est équilibré ?
08:10Il faut discuter.
08:11Moi, je ne rentre pas dans les chiffres.
08:13Je vous dis, on a fini un premier tour de concertation.
08:15Il faudra engager un second.
08:17On va tester les idées.
08:18On va essayer de trouver une convergence
08:20qui, si tout va bien, si on arrive à converger,
08:22si les trois acteurs, les entreprises, les syndicats et l'Etat,
08:25on arrive à faire des pas chacun vers les autres,
08:27à trouver un équilibre,
08:28j'espère qu'on pourra progresser autour du 5 novembre,
08:31qu'on arrivera à une convergence autour du 5 novembre.
08:32En tout cas, je m'y emploie.
08:34C'est le chemin dans lequel je me mets.
08:36C'est une perspective qu'il faut trouver.
08:37Parce que oui, je le redis, je suis conscient
08:39que c'est dur pour les Français les fins de mois,
08:41que le coût du carburant a beaucoup augmenté
08:42et pénalise énormément de Français.
08:44J'en suis conscient.
08:45Là-dessus, le gouvernement a essayé d'agir
08:46avec la prime gros rouleur.
08:47On a essayé d'apporter des réponses.
08:50On a aussi, on espère que la semaine prochaine,
08:51le prix du gazole à la pompe va baisser.
08:54À partir de lundi, disait le Premier ministre.
08:56Est-ce que ça peut suffire, cette baisse,
08:57si on était entre 10 et 20 centimes par litre ?
09:01En tout cas, c'est des bonnes nouvelles.
09:02Elles vont dans le bon sens.
09:03Vous voyez, ça va dans le bon sens.
09:04Ça allège un peu le coût du plein à la pompe.
09:07On essaye d'agir, d'apporter des réponses
09:09et que l'ensemble des réponses fassent en sorte
09:11que ça soit moins difficile pour les gens.
09:14Moi, ma mission, c'est qu'avec les entreprises d'un côté,
09:16les syndicats de l'autre, nous trouvions une convergence
09:18qui permette de rendre la vie un peu moins difficile aux Français.
09:21Vous parlez de chemin de crête.
09:23Est-ce que les négociations sont en cours ?
09:25D'abord, les organisations patronales demandent
09:27à être reçues directement par Matignon.
09:29Est-ce que le rendez-vous est fixé ?
09:31Je ne sais pas.
09:32Je ne sais pas s'il est dans l'agenda du Premier ministre.
09:35Je les ai toutes vues, les organisations patronales.
09:37Et heureusement que le ministre du Travail et des Solidarités
09:41peut rencontrer l'organisation patronale.
09:43Le dialogue est là, rassurez-vous, on se parle.
09:45Qu'est-ce que vous pouvez leur donner,
09:46en échange, éventuellement, si elles acceptent,
09:49ce coup de pouce sur le SMIC ?
09:51Alors, la discussion qu'on a avec elles,
09:53qui est une bonne discussion,
09:54moi aussi qui m'intéresse, c'est le coût du travail.
09:56Parce que si le coût du travail ne monte trop,
09:58à nouveau, vous avez un risque sur l'emploi.
10:00Parce que les entreprises françaises,
10:01elles sont en concurrence pour certaines,
10:03avec d'autres entreprises internationales,
10:04européennes ou même mondiales.
10:06Donc effectivement, le coût du travail...
10:06Vous avez un courrier sur ce sujet
10:08de toutes les organisations syndicales
10:10qui sont unies,
10:11en vous demandant de réexaminer le dossier.
10:13Oui, voilà.
10:14Donc le coût du travail, c'est un vrai sujet.
10:15On y est attentifs.
10:18Le mécanisme de régulation du coût du travail
10:20dans notre pays, c'est un peu technique,
10:22c'est ce qu'on appelle les allègements généraux.
10:23C'est unies politiques par lesquelles on réduit
10:26les charges sociales que paient les entreprises.
10:28Les charges patronales.
10:30Voilà.
10:30Donc c'est un mécanisme puissant
10:31qui coûte d'ailleurs au passage 70 milliards d'euros
10:33en argent public.
10:35Qui a bien marché,
10:36qui marche bien pour les emplois peu rémunérés,
10:39proches du SMIC.
10:39Je pense que ça encourage bien l'emploi.
10:42Bon, autour de ce sujet-là,
10:43autour du coût du travail,
10:44autour des allègements généraux,
10:45on peut avoir des discussions.
10:47Quand vous entendez les organisations patronales
10:48dire qu'effectivement,
10:49il y a un risque sur le coût du travail,
10:51à la fois sur cette piste d'augmentation du SMIC
10:53et sur les mesures qui sont prévues
10:55dans le projet de loi de budget de la sécurité sociale
10:58et qu'on lit que le MEDEF estime
11:00qu'il y aurait peut-être 200 000 emplois
11:02qui pourraient être menacés
11:03par l'ensemble de ces mesures.
11:05Est-ce que le MEDEF exagère
11:08ou pas, selon vous ?
11:10C'est-à-dire que j'en appelle au sens
11:11des responsabilités de chacun des acteurs
11:12parce que la toile de fond,
11:14c'est un effort à faire par tous les acteurs
11:16pour redresser les comptes du pays.
11:18A la fois les comptes de l'État
11:19et les comptes de la sécurité sociale.
11:20Vous savez qu'on a demandé des efforts retraités,
11:22par exemple,
11:23dans le cadre de la sécurité sociale.
11:25Il n'est pas normal qu'on demande aussi
11:26des efforts aux entreprises.
11:27Vous voyez, il faut aussi le voir comme ça.
11:29En ce moment,
11:30tous les acteurs socio-économiques de la France
11:32doivent être mobilisés
11:33pour redresser notre pays.
11:34Donc oui, on peut demander des efforts
11:36aux salariés et aux retraités,
11:38mais en contrepartie,
11:39il faut aussi que les entreprises
11:40acceptent de faire des efforts.
11:41C'est aussi comme ça qu'il faut voir
11:42la manière dont on a élaboré le budget
11:44et l'effort que la contribution
11:46que nous demandons aux entreprises.
11:47En l'occurrence,
11:48sur la désindexation des retraites,
11:50il y avait un débat sur le montant.
11:52Est-ce que c'était 2000 euros,
11:54un montant où l'on gagne bien sa vie,
11:56pour reprendre l'expression de Roland Lescure ?
11:58Vous restez à peu près sur ce seuil-là ?
12:01Moi d'abord, sur les seuils-là aussi,
12:02je suis très prudent,
12:03parce que vous avez 2000 euros,
12:04ça dépend.
12:04Vous avez des gens à 2000 euros
12:05qui sont...
12:07ça va,
12:07parce qu'ils ont leur maison.
12:08C'est le reste à vivre qui compte plus
12:10que le revenu.
12:10Oui, c'est ça.
12:10Il faut faire attention.
12:11C'est pour ça qu'un seuil,
12:12un chiffre,
12:13il peut cacher des réalités très différentes.
12:14Il faut être toujours très prudent
12:15quand on affirme un chiffre comme ça.
12:18Tout ça,
12:19ça renvoie au débat parlementaire
12:20qui est normal.
12:21Nous, on a démarré un peu classiquement
12:22avec un chiffre assez bas,
12:24à 1260 euros,
12:25mais on est prêt à discuter,
12:27bien évidemment.
12:27Donc,
12:28si les parlementaires souhaitaient relever ce seuil,
12:30on est prêt à en discuter.
12:31Par contre,
12:32ce qui est très important,
12:32c'est ça.
12:33Il faut redresser les comptes
12:34de la Sécurité sociale
12:35qui, normalement,
12:36d'être à l'équilibre.
12:37Là,
12:37on a un déficit important.
12:38On a la volonté de le réduire
12:39de 10 milliards d'euros.
12:43On doit être sollicité
12:43pour participer à cet effort de redressement.
12:45Nathalie vous interpelle,
12:47Jean-Pierre Farandou.
12:48Augmenter le SMIC,
12:49l'indexer sur l'inflation,
12:50c'est bien.
12:51Quid des autres salaires
12:52qui, pour certains,
12:53sont bloqués ?
12:54Est-ce qu'on peut aussi
12:55les indexer sur l'inflation ?
12:57Alors ça,
12:58vous savez,
12:58c'est une vieille histoire.
12:59D'ailleurs,
12:59elle est tranchée par Pierre Montroy
13:00en 1982 ou 1983.
13:02C'est un gouvernement de gauche,
13:04d'ailleurs,
13:04qui a arrêté l'indexation sur les salaires.
13:06Pourquoi ?
13:06Parce que ça fait de l'inflation.
13:08Si vous indexez des salaires
13:10sur l'inflation,
13:11qu'est-ce qui se passe ?
13:12Les salaires augmentent,
13:13mais ça remonte
13:14elle-même l'inflation,
13:15etc.
13:15Ça fait bout de neige.
13:16Il n'y a aucun grand
13:17pays européen qui fait ça.
13:19Les Belges qui font ça,
13:20ils veulent en sortir
13:21parce que c'est très inflationniste.
13:23Donc je ne recommande pas
13:24de faire ça
13:24parce que là encore,
13:25ça paraît une bonne idée,
13:26mais c'est une fausse bonne idée
13:27parce que les effets pervers...
13:29Il vaut mieux l'inflation actuelle ?
13:31Sans hausse de salaire ?
13:32L'inflation,
13:32c'est l'inflation.
13:33Mais si vous la rajoutez
13:34par une indexation,
13:36vous voulez l'augmenter
13:37encore l'inflation
13:37et vous courez après.
13:39Donc non,
13:39il faut être prudent.
13:40Et puis en plus,
13:40vous enlevez toute capacité
13:41de négocier dans les entreprises.
13:43Moi, je crois beaucoup
13:43au dialogue social.
13:44Je crois beaucoup
13:45à la négociation
13:45dans chaque entreprise.
13:47Les entreprises sont différentes.
13:48Ça dépend de leur activité,
13:49de leur carnet de commande,
13:50de leur situation.
13:51Il faut laisser aussi
13:51les chefs d'entreprise
13:52animer le dialogue social
13:54au plus près du terrain
13:55dans leur entreprise.
13:57Justement,
13:57vous parliez de...
13:58Enfin, on parlait des mesures
13:59que comporte
14:00le projet de loi
14:01sur le projet
14:02de la sécurité sociale.
14:04La présidente
14:04de l'Assemblée nationale,
14:06et Yael Brun-Pivet
14:07demande à Sébastien Lecornu
14:09d'activer le 49.3
14:10sur les textes budgétaires
14:11dans les prochains jours
14:12plutôt que de jouer la montre.
14:14Est-ce qu'elle a raison ?
14:15Il faut nous laisser
14:16un peu discuter.
14:17On vient juste de démarrer.
14:18Prenez l'exemple
14:19que vous avez évoqué
14:19sur les retraites.
14:20Il faut qu'on puisse débattre.
14:22Elle fonctionne,
14:23la discussion,
14:23aujourd'hui,
14:24à l'Assemblée ?
14:25Elle n'est pas facile,
14:26mais elle existe.
14:26Et puis il y a le Sénat,
14:27quand même.
14:27Il faut respecter le Sénat.
14:28On n'est même pas allé au Sénat.
14:30Donc respectons aussi
14:31la deuxième chambre
14:31de notre démocratie parlementaire.
14:33Voilà.
14:34Non, je pense que c'est prématuré.
14:35On verra bien.
14:36Pour le moment,
14:36le temps est encore au débat.
14:37Le temps est au dialogue.
14:39Le temps est aux amendements
14:40d'équilibre.
14:40Donc voilà,
14:41on a besoin de discuter
14:42et c'est normal
14:43et de voir les points
14:44où il y a consensus,
14:45les points où c'est plus compliqué.
14:46Bon, même si par ailleurs,
14:47le premier tour, effectivement,
14:48que vous évoquez à l'Assemblée,
14:49m'a un peu déçu
14:50en matière de sens et responsabilité.
14:51Parce que,
14:52quels que soient les bords,
14:53j'ai plutôt vu des députés
14:54qui refusaient toute économie
14:55et qui, au contraire,
14:56faisaient même des propositions
14:57de dépenses supplémentaires.
14:58Vous avez pu chiffrer
14:59ces coûts supplémentaires
15:00à l'issue des premières discussions ?
15:01Je pense que là,
15:03on est revenu à peu près
15:04sur toutes les économies
15:05qu'on a proposées
15:06à la Sécurité sociale.
15:07Voilà.
15:07Bon, c'est un premier tour.
15:09On sent bien aussi
15:10que l'ambiance
15:11de l'élection présidentielle
15:12pèse un peu
15:13dans les débats au Parlement.
15:14Bon, j'espère qu'on va reprendre
15:15un peu collectivement
15:16le sens des responsabilités
15:17et qu'on va arriver ensemble
15:19à doter la France
15:20d'abord de budgets
15:21et des budgets
15:21qui démontreront
15:23une capacité
15:23de retourner d'un côté
15:25à maîtrise du déficit public
15:26et de l'autre
15:27vers l'équilibre
15:28de la Sécurité sociale.
15:29Est-ce que vous n'avez pas
15:29le sentiment que les députés
15:30travaillent pour rien ?
15:32Là, en ce moment,
15:33parce qu'on sent bien
15:35que le compromis
15:36va être compliqué
15:36et que probablement
15:37le budget va passer
15:38soit par 49.3
15:39soit par ordonnance ?
15:40D'abord, on n'en est pas là.
15:42Ils ne travaillent pas pour rien.
15:43On ne débat jamais pour rien
15:44en démocratie.
15:44Ils savent toujours de la valeur.
15:45Ça permet d'écouter
15:46les points de vue,
15:47voir s'il y a les convergences
15:48ou pas.
15:49Et même dans l'hypothèse
15:50de 49.3
15:51qui est une hypothèse
15:51comme une autre,
15:52on a besoin d'amendements
15:53qui viennent équilibrer
15:55le 49.3.
15:56Sinon, c'est la copie initiale.
15:57L'idée d'un 49.3,
15:59c'est justement
15:59de trouver des équilibres.
16:00Comment se construire
16:01ces équilibres ?
16:01Techniquement, j'allais dire,
16:02par des amendements votés.
16:04Les amendements votés,
16:05c'est le débat au Parlement.
16:06Donc, on a besoin que,
16:07ne serait-ce que pour
16:08cet objectif-là,
16:10cette option-là,
16:11cette hypothèse-là,
16:12on a besoin que le débat
16:13parlementaire ait lieu
16:14et que les amendements
16:15d'équilibre soient votés
16:16au Parlement.
16:16Il y a aussi à l'agenda
16:17cette première réunion
16:19aujourd'hui entre syndicats
16:20et organisations patronales
16:21sur une réforme
16:23d'indemnisation
16:24des arrêts maladie.
16:25On sait qu'ils ont
16:26très largement augmenté
16:28ces dernières années,
16:29notamment pour des raisons
16:30de vieillissement
16:31de la population.
16:32Ça a coûté près
16:32de 18 milliards d'euros
16:33l'an dernier.
16:34Vous réclamez
16:35une diminution
16:36à quelle hauteur ?
16:38Alors, effectivement,
16:39vous avez rappelé,
16:39ces 18 milliards,
16:40c'est considérable.
16:41Et surtout,
16:41ce qui est embêtant,
16:42c'est que ça augmente
16:422 milliards par an.
16:4445% de plus
16:45entre 2019 et 2025.
16:46C'est ça.
16:47Il y a 9 millions
16:48d'arrêts de travail.
16:49Donc, il y a un problème.
16:51Donc, il faut agir.
16:52Et d'ailleurs,
16:53les Français nous le disent.
16:54Est-ce qu'on peut agir
16:55que sur le montant
16:56des indemnités
16:56ou est-ce qu'il y a
16:57un travail de prévention
16:57aussi dans la manière
16:58de vivre au travail
16:59aujourd'hui ?
17:00Vous avez raison.
17:01Dans tout ce qui est maladie
17:02ou qu'elle soit d'ailleurs
17:04au travail
17:04ou dans la société,
17:06c'est la prévention
17:06qui compte.
17:07Il faut éviter les maladies.
17:08La meilleure maladie
17:09ou le meilleur arrêt de travail,
17:10celui qu'on évite
17:11parce que les gens
17:11ne sont pas malades.
17:15Deuxièmement,
17:16quand vous êtes malade,
17:16notamment les arrêts longs
17:17qui sont liés
17:18à des dépressions nerveuses
17:20ou des troubles musculo-squelettiques,
17:21vous avez un mal au dos structurel,
17:23la meilleure chose à faire,
17:24c'est de soigner
17:25très intensément la personne
17:26le plus tôt possible
17:27pour lui permettre
17:28de revenir au travail
17:29qui d'ailleurs a adapté
17:30le poste de travail
17:30parce que c'est l'intérêt
17:31de la personne,
17:32bien évidemment,
17:32que sa santé soit retrouvée,
17:34de revenir au travail.
17:35C'est l'intérêt de l'entreprise,
17:36c'est l'intérêt
17:36de la sécurité sociale.
17:37Voilà.
17:38Et je pense que vous avez raison.
17:39C'est ce qu'on demande
17:39d'ailleurs aux partenaires sociaux,
17:40c'est une réforme structurelle
17:41qu'il faut faire.
17:42Je pense que là,
17:42le moment est venu
17:43de changer les paramètres profonds
17:45de l'assurance maladie
17:46parce que quand on se compare
17:48aux autres pays européens,
17:49on protège mieux
17:50les arrêts courts
17:51avec les risques d'abus
17:52qui vont avec,
17:52vous n'avez pas le temps
17:53de contrôler
17:53et pas si bien que ça
17:54les arrêts longs.
17:55Voilà.
17:55Donc je pense qu'il faut
17:56rééquilibrer tout ça.
17:57Il y a même 3 millions
17:58de salariés dans ce pays,
17:58les intermittents,
18:02tout ce qui est intérim,
18:03qui sont mal protégés.
18:04Donc il y a des choses à faire
18:05et nous incitons effectivement
18:06les partenaires sociaux
18:07à revoir en profondeur
18:09le système
18:09pour à la fois
18:10mieux protéger
18:11les salariés
18:12et à la fois
18:12que ça coûte moins cher
18:13à la sécurité sociale.
18:15Jean-Pierre Farandou,
18:16ce samedi,
18:16une nouvelle mobilisation
18:17est prévue dans la rue.
18:19Laurent Nunez
18:20s'attend à ce que ce soit
18:21de nouveau compliqué,
18:23dit-il.
18:24Le président de la République
18:24a annoncé que le parcours
18:26des tracés
18:26se ferait loin
18:27des centres-villes.
18:28Est-ce que c'est suffisant
18:29pour rassurer les commerçants ?
18:32Les commerçants,
18:33d'abord,
18:33ce qui s'est passé
18:34le 24 octobre,
18:35c'est choquant,
18:36inadmissible,
18:38je l'ai dit,
18:38j'avais mal à la France
18:39ce jour-là.
18:40Dès le lundi,
18:40je suis allé voir
18:41deux commerçants sur Paris
18:42tout dévastés,
18:43même dans un commerce
18:44de fruits et légumes.
18:45Est-ce qu'on pille
18:46les carottes
18:46et les tomates ?
18:48Quel est le sens
18:49de tout ça ?
18:50Il y a quelque chose
18:51qui ne va pas en profondeur.
18:52Et je peux vous dire,
18:52non seulement c'était le gérant
18:54qui était malheureux,
18:54les salariés aussi,
18:55parce que l'outil de travail
18:56était cassé.
18:57Ils ne pouvaient pas travailler
18:58parce que des pillards,
18:59des casseurs
18:59avaient cassé leur outil de travail.
19:01Voilà,
19:01donc on est tous très choqués.
19:02Donc il faut agir,
19:03bien sûr,
19:03pour que ça ne revienne pas.
19:05C'est pour ça
19:05que les manifestations
19:06logicielles sont très claires.
19:07Manifester,
19:07oui,
19:08c'est un droit démocratique.
19:09Mais attention déjà
19:10à ceux qui viennent,
19:11c'est l'ultra-gauche
19:12qui vient,
19:12ou parfois l'ultra-droite maintenant,
19:14qui vient perturber
19:14les manifestations.
19:15Et le pire,
19:16c'est les pillards
19:16qui viennent tout saccager.
19:17Voilà,
19:18donc il faut remercier
19:19les forces de sécurité intérieure
19:20qui notamment,
19:21samedi dernier,
19:22ont fait un travail remarquable.
19:23La situation a été à peu près tenue.
19:25J'espère que ça sera
19:26la même chose samedi prochain.
19:27Vous avez annoncé
19:28des aides concrètes,
19:28chômage partiel,
19:29report de charge.
19:30Il y en a d'autres
19:30qui sont prévues ?
19:32C'est vrai que sur les commerçants,
19:33on a tout de suite activé,
19:35vraiment dès le lundi,
19:35très très rapidement,
19:36ce qu'on avait fait en Gironde
19:37pour les grands incendies.
19:39Donc on met ensemble
19:39en place une activité partielle
19:41qui ne coûte rien
19:41au chef d'entreprise.
19:42Zéro reste à charge
19:43pour le chef d'entreprise,
19:44ce qui permet d'apporter
19:4660% du salaire
19:47aux salariés
19:48qui ne travaillent pas
19:49et que ça ne coûte rien
19:50aux chefs d'entreprise.
19:51On fait aussi des reports
19:54de paiement
19:55des cotisations patronales.
19:57Ça les aide sur la trésorerie.
19:58Donc pendant 3 mois,
19:59ils peuvent reporter
20:00ces charges-là de 3 mois.
20:02Pendant 12 mois,
20:04on fait aussi,
20:05alors bien sûr,
20:05avec le ministère de l'économie
20:06qui a fait aussi
20:07un fonds de soutien,
20:08qui a fait un prêt à taux zéro,
20:09on fait tout ça.
20:10Voilà, on essaie vraiment
20:11d'apporter toutes les réponses possibles
20:14côté salaire
20:15comme côté trésorerie
20:16pour permettre aux commerçants
20:17de repartir le plus vite
20:18dans l'activité.
20:19Il y a une autre demande pressante,
20:20c'est sur le travail le dimanche.
20:22Certains commerçants
20:23qui sont empêchés
20:24de travailler le samedi
20:26s'il y a des dégradations
20:28ou des manifestations
20:29réclament l'ouverture le dimanche.
20:30Vous leur dites quoi ?
20:31Oui, alors j'en ai parlé
20:32avec Michel Picon,
20:32qui représente notamment
20:33tous les petits commerçants.
20:35Oui, c'est une idée
20:36que je suis ouvert
20:37à cette idée, bien évidemment.
20:38Donc c'est presque
20:39un ok de principe.
20:40On attend juste
20:41qu'on fasse ce que vous avez dit
20:42sur le samedi.
20:42on va être sûr
20:43que les commerçants
20:44sont prêts à repartir
20:44dans de bonnes conditions.
20:46À la fois qu'ils ont pu réparer
20:47leur commerce éventuellement.
20:48Mais bien évidemment,
20:49en termes de principe,
20:50pendant quelques mois,
20:51si ça peut aider les commerçants
20:52à retrouver l'activité,
20:53je pense qu'il faut le faire
20:54par solidarité
20:55avec ces professions-là
20:57qui ont été durement touchées.
20:58Moi, je suis solidaire
20:59des commerçants
20:59pour leur permettre
21:00de retrouver le plus vite possible
21:02leur niveau d'activité.
21:03Vous en avez parlé
21:03aux organisations syndicales ?
21:05Vous pourrez vous suivre ?
21:07Pas encore,
21:08mais on va le faire,
21:08bien évidemment.
21:09Bon, si ça se faisait,
21:11ça serait sur la base
21:11du volontariat.
21:12Je pense aussi
21:13que les préfets
21:13pourraient donner un peu
21:14leur vérifier
21:15que les conditions de sécurité
21:16sont réunies.
21:17Mais évidemment,
21:17on ne fera pas n'importe quoi.
21:19Mais le principe
21:19de tendre la main,
21:20de permettre aux commerçants
21:21sur la base du volontariat
21:23de leurs salariés
21:23de rouvrir le dimanche
21:24pendant quelques mois
21:25de manière temporaire
21:26me paraît une bonne idée
21:27de solidarité
21:28par rapport à nos commerçants.
21:29Et l'idée d'une taxe émeute
21:31que les assurés
21:33participent
21:33à la prise en charge
21:34des dégradations
21:35qu'on a constatées ?
21:36Ça, c'est un sujet
21:37qui est en gros aux assurances.
21:38C'est lié aux assurances,
21:40qui est lié au financement
21:41de tous les dégâts.
21:42Bon, voilà,
21:43il y a des idées
21:43qui sont en cours.
21:44Il y en a d'autres.
21:45Il y a aussi la loi
21:45casseur-payeur
21:46qui me paraît aussi
21:46une bonne idée.
21:48Avec l'idée de toucher
21:49à certaines aides sociales.
21:50Est-ce que vous y êtes
21:51favorable à ça ?
21:52Alors ça, c'est mon côté
21:52ministre des Solidarités.
21:55Moi, d'abord,
21:56sur le principe,
21:56je trouve normal,
21:57on est responsable
21:57de ses actes,
21:58de ses paroles d'ailleurs aussi.
21:59Mais de ses actes aussi.
22:01Voilà.
22:01Donc, quand vous cassez
22:01un abribus
22:02qui est un bien public,
22:03vous l'avez cassé.
22:03Vous n'êtes pas obligé.
22:04Rien ne vous forcer
22:05à mettre un coup de barre
22:06de fer sur un abribus.
22:07Quand vous l'avez fait,
22:08il y a des coupes
22:09d'argent public.
22:10Je trouve logique
22:10que vous participiez
22:12aux réparations.
22:13Voilà.
22:13Ce principe...
22:14Qui pourrait toucher la famille
22:14en cas, par exemple,
22:16dans le cas où c'est un mineur ?
22:18Par contre, moi,
22:18ma position,
22:19elle est très claire.
22:20Je crois que d'ailleurs
22:20au Sénat,
22:21ça a été évoqué.
22:22Je ne suis pas pour
22:23qu'on touche le RSA.
22:24Le RSA,
22:25c'est le reste à vivre minimal
22:26pour une personne,
22:27pour un foyer.
22:28Voilà.
22:29Là-dessus,
22:29je suis aussi
22:30ministre des Solidarités
22:31et je pense que
22:32la solidarité en France,
22:33c'est de faire en sorte
22:34que les gens
22:35ne soient pas poussés
22:36dans la misère.
22:36Donc pour moi,
22:37on peut toucher
22:37à beaucoup de choses
22:38sauf au RSA.
22:40Et on comprend
22:41que le dialogue
22:42sera animé
22:43dans les prochains jours,
22:44notamment concernant
22:45la hausse du SMIC
22:47et d'éventuels allègements
22:48sur les charges patronales.
22:50Vous nous l'avez dit
22:50ce matin
22:51dans le grand entretien.
22:52Jean-Pierre Farandou,
22:53ministre du Travail
22:54et des Solidarités.
22:55Merci à vous.
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