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La fin des vacances scolaires approche et les lycéens et les étudiants devront bientôt retourner en cours, mais de nombreuses mobilisations sont prévues à la rentrée. Julien Grenet, directeur de recherche au CNRS, auteur d'"Économie de l'éducation" (La Découverte, 2024), Lamri Adoui, président de France Universités et président de l'université de Caen, et Frédérique Berrod, présidente de l'université de Strasbourg, sont les invités du Grand entretien.
France Inter, la radio généraliste du service public, vous propose chaque jour l'actualité, des débats de société, de l'humour et de grands entretiens. Retrouvez ici les meilleurs moments de nos émissions : interviews, chroniques et coups de gueule qui font l'identité de France Inter depuis plus de 60 ans.
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NewsTranscription
00:00Après plus d'un mois de mobilisation lycéenne et étudiante, le gouvernement a annoncé lundi le remplacement de Parcoursup en
00:062028
00:06après une évolution forte de la plateforme.
00:08Dès 2027, il promet aussi 15 000 places supplémentaires dans le supérieur,
00:13l'indexation des bourses et 1 milliard d'euros pour rénover les universités.
00:17Cette semaine, à l'Assemblée nationale, l'accès à l'enseignement supérieur était au cœur du débat parlementaire.
00:21Faut-il sélectionner les étudiants ? Et si oui, sur quels critères ?
00:24Comment orienter les jeunes dans un monde du travail incertain ?
00:27Et puis le bac, doit-il donner droit à une entrée à l'université sans condition ?
00:31Ou faut-il assumer que ce diplôme ne peut pas ouvrir toutes les portes ?
00:35Pour en parler ce matin, dans le grand entretien de la matinale, nous recevons avec Quentin Laffey trois invités.
00:40Julien Grenet, économiste, directeur de recherche au CNRS et directeur adjoint de l'Institut des politiques publiques.
00:46Lamry Hadoui, président de France Université et président de l'Université Caen-Normandie.
00:50Et en duplex, Frédéric Béraud, président de l'Université de Strasbourg.
00:53Bonjour à tous les trois.
00:54Bonjour.
00:55Chers auditeurs, auditrices, vos questions et vos réactions au 01-45-24-7000 ou via l'application Radio France.
01:02Lamry Hadoui, est-ce que vous pensez que lundi, à 9h, les étudiants seront devant leurs professeurs comme le demande
01:09le gouvernement aujourd'hui ?
01:11Je l'espère mais je n'en suis pas certain.
01:14Pourquoi vous doutez ce matin ?
01:15Deux premières annonces ont été faites qui vont dans le sens de ce que les étudiants réclamaient.
01:20Mais je pense que pour certains, dont nombre de personnes, le compte n'y est pas tout à fait.
01:25Qu'il s'agisse d'ailleurs de l'amont ou de l'aval de parcours sup, c'est-à-dire
01:29de l'enseignement scolaire ou supérieur.
01:32On va revenir dans le détail sur ces annonces.
01:35Mais avant cela, Frédéric Béraud, est-ce que vous partagez ce sentiment à Strasbourg aussi ?
01:39Il y a très très peu de chances de revoir la majorité des étudiants dans les salles de classe, lundi
01:45à 9h ?
01:45Alors ça, je ne saurais pas vous donner une réponse précise à ce stade.
01:50On n'en sait rien.
01:52Il est probable néanmoins, si j'en crois en tout cas les déclarations d'un certain nombre de syndicats étudiants,
01:58qu'un certain nombre d'actions soient toujours programmées pour cette semaine de rentrée.
02:03Un mot sur Parcoursup, avant d'entrer encore une fois dans le détail des mesures gouvernementales, Julien Grenet.
02:09Pourquoi c'est devenu cet objet un peu étrange de sélection, le totem de ces manifestations ?
02:17Comment vous le comprenez ?
02:18Aujourd'hui, Parcoursup a 8 ans, ça aurait pu surgir avant quand même.
02:22Oui, alors en fait, Parcoursup, c'est un peu devenu le bouc émissaire des failles structurelles de l'enseignement supérieur
02:29en France.
02:30Et je pense que ça émerge aujourd'hui parce qu'il y a objectivement une dégradation de la capacité de
02:36cette plateforme à jouer son rôle de régulation à l'entrée dans le supérieur.
02:41On le remarque depuis 3 ans maintenant.
02:44La situation notamment des bacheliers professionnels, des bacheliers technologiques se dégrade.
02:50Le nombre de ces bacheliers qui n'obtiennent aucune proposition et qui n'obtiennent pas de proposition dans les filières
02:56qu'ils demandent principalement,
02:57c'est-à-dire les BTS, les BUT, cette proportion augmente.
03:03Et ça traduit pour l'essentiel une inadéquation entre l'offre dans le supérieur et le profil des bacheliers.
03:11Lamré Hadoui, on a reproché beaucoup à Parcoursup le manque de transparence quant à la sélection des candidats.
03:17Est-ce que c'est un reproche justifié selon vous ?
03:20J'ai l'habitude de dire que Parcoursup c'est avant tout un outil qui permet de mettre en relation
03:25quand même 1,5 million de candidats qui ont fait l'an dernier 14 millions de vœux.
03:29C'est quand même quelque chose d'extrêmement important et qui met à la connaissance de l'ensemble des élèves
03:3425 000 formations du supérieur.
03:36Quand vous allez sur Parcoursup, vous trouvez un certain nombre d'attendus et vous trouvez des critères pour l'acceptation
03:42à une formation.
03:42Vous avez tout un tas de statistiques sur l'insertion professionnelle notamment.
03:46Et donc l'outil peut être amélioré.
03:48Je ne nie pas que l'outil génère du stress.
03:50Chez les élèves comme chez les prescripteurs de l'orientation que sont les parents, évidemment.
03:55Mais je pense que les problèmes que nous vivons aujourd'hui dans l'enseignement et dans l'enseignement supérieur
03:59proviennent particulièrement des enjeux d'orientation en amont et des questions des moyens aux universités en aval
04:05pour accueillir dans de bonnes conditions l'ensemble de nos étudiants.
04:07On parle de même, Lamré Hadoui, sur Parcoursup, sur l'objet lui-même.
04:10Pourquoi ne pas mettre plus de transparence sur les critères de sélection ?
04:15On sait que des algorithmes permettent de présélectionner le nombre gigantesque de dossiers reçus par les universités.
04:23Ça crée du stress.
04:24Les étudiants, les parents des futurs étudiants ne savent pas sur quoi fonder leur dossier.
04:29Pourquoi ne pas mettre plus de transparence, encore une fois ?
04:32Alors si vous allez sur Parcoursup, vous verrez que les critères sont sur la plateforme,
04:35que vous avez y compris les coefficients de pondération d'un certain nombre de ces critères.
04:39Vous nous dites que c'est transparent ?
04:40Non, je dis qu'on peut toujours améliorer les choses et qu'on a intérêt effectivement à travailler plus, mieux,
04:45à continuer à améliorer la plateforme.
04:47Mais néanmoins qu'il y a un certain nombre de statistiques qui s'y trouvent aujourd'hui.
04:50Vous savez, les premiers contempteurs de la plateforme Parcoursup, j'aime à rappeler que ce sont
04:54les établissements supérieurs privés lucratifs,
04:56qui ont fait toute leur communication sur le fait de dire
05:00« il n'y a pas de stress, venez chez nous, vous ne passerez pas par la plateforme ».
05:04Et ce sur quoi on a échoué collectivement de mon point de vue,
05:07c'est d'arriver à faire comprendre aux jeunes et à leurs familles
05:10qu'être sur Parcoursup, c'est un gage de qualité.
05:13Parce que vous avez des formations qui sont évaluées,
05:15vous avez des enseignants-chercheurs qui sont sélectionnés
05:18sur des critères extrêmement rigoureux.
05:19Et je pense qu'il aurait fallu faire, et il faudrait faire de Parcoursup,
05:23un gage de qualité de l'ensemble des formations.
05:25– Frédéric Béraud, il y a un argument qui revient très régulièrement dans la bouche
05:30et sur les pancartes des manifestants.
05:33Parcoursup organiserait la sélection sociale, raciale, même, des futurs étudiants.
05:39Quel est votre point de vue ?
05:40Est-ce qu'on peut objectiver les choses sur ce sujet ?
05:42– Alors, ça ne permet pas de faire une sélection, au plein sens du terme.
05:49– Non, mais c'est l'argument des étudiants.
05:50– Oui, mais parce que les étudiants peuvent se fixer, effectivement,
05:56sur certaines propositions, effectivement, de licences ou de formations
06:01qui sont en tension.
06:02On évoquait, par exemple, les BUT tout à l'heure.
06:05Ça, c'est un élément qui est important.
06:09Après, il y a certainement un certain nombre de biais
06:13qui peuvent faire l'objet de corrections
06:16et qui ont déjà fait l'objet d'un certain nombre de corrections
06:19pour éviter, effectivement, de favoriser trop, je ne sais pas,
06:24moi, des lycées de ville par rapport à des lycées de campagne, par exemple.
06:28Ça, c'est des choses, effectivement,
06:29qui peuvent certainement encore être améliorées.
06:33Moi, je dirais simplement que Parcoursup,
06:35et c'est ce que disent beaucoup d'étudiants
06:38qui pratiquent cette plateforme,
06:40sa caractéristique, c'est surtout qu'elle a démultiplié
06:43le nombre d'informations auxquelles doivent faire face
06:45les différentes étudiantes et étudiants.
06:48Et que c'est finalement un accompagnement dans les lycées
06:52qui permettent de réduire le stress
06:56qui, effectivement, est généré souvent aussi
06:59par des fausses représentations
07:02qui peuvent se faire,
07:04soit au travers des réseaux sociaux,
07:06on le sait, c'est un des éléments,
07:07et puis parfois aussi dans l'esprit des familles.
07:10Julien Grenier, Parcoursup,
07:11c'est un outil d'égalité ou d'inégalité ?
07:14Alors, d'abord, Parcoursup,
07:17je pense qu'un des reproches
07:18qui est adressé à cette plateforme,
07:19c'est le chercheur qu'on interroge.
07:20Son manque cruel de transparence.
07:24Je rappelle que Parcoursup
07:25a remplacé admission post-bac
07:27qui avait succombé à son opacité.
07:29D'une certaine manière,
07:30les étudiants ne savaient pas
07:31qu'ils étaient tirés au sort en licence
07:32quand il y avait trop de demandes.
07:33Ça a été révélé,
07:34ça a été un énorme scandale.
07:36Et on a promis que Parcoursup
07:38serait transparent.
07:39Le problème, c'est que
07:41presque dix ans après sa mise en place,
07:43on constate que les critères
07:44de pré-classement automatisé
07:47des candidats
07:47ne sont toujours pas rendus publics.
07:49Alors, il y a un peu plus de...
07:51On explique un peu mieux,
07:52mais il faut quand même savoir
07:53que plus de la moitié des formations
07:55utilisent des formules
07:57pour classer les candidats
07:58sur la base des notes
07:59avec des coefficients.
08:00Pourquoi ne pas les rendre publics ?
08:02On peut aussi s'interroger
08:03sur la légitimité
08:04de ne pas utiliser les mêmes critères,
08:06par exemple,
08:06pour une licence de droit,
08:07d'histoire d'une académie à l'autre.
08:09Et puis, surtout,
08:10les mécanismes correcteurs
08:11qui avaient été prévus au départ
08:13pour essayer de limiter
08:15les inégalités d'accès
08:16à l'enseignement supérieur,
08:17que ce soit les quotas de boursiers,
08:18les quotas de bacheliers
08:19professionnels, de technologiques,
08:21en fait,
08:21ils n'ont pas produit
08:23des effets attendus.
08:24Donc, il y a de la sélection sociale,
08:25c'est ce que vous nous expliquez ?
08:26En tout cas,
08:27il y a d'immenses inégalités sociales
08:29dans l'accès à Parcoursup.
08:30Et Parcoursup n'a pas du tout
08:31joué son rôle
08:33de réduction de ces inégalités.
08:35Je pense par exemple
08:35aux quotas de boursiers
08:36qui avaient été annoncés
08:37comme une manière vraiment
08:39de diversifier le recrutement social,
08:42par exemple,
08:42des filières sélectives,
08:43les classes préparatoires notamment.
08:45Si on regarde dans les statistiques,
08:47on s'aperçoit que la part
08:48d'enfants d'employés,
08:49d'ouvriers dans ces filières
08:50n'a pas bougé d'un iota
08:52avec la mise en place
08:53de ces quotas
08:54pour des raisons
08:55qu'on comprend beaucoup mieux aujourd'hui
08:56et pour lesquelles
08:58il y a des propositions
08:59très concrètes qui sont faites
09:00qui permettraient
09:01d'augmenter le nombre
09:03de boursiers recevant
09:04une proposition de 10 000,
09:05de mieux satisfaire,
09:07de mieux remplir
09:07les quotas de boursiers
09:08et je n'ai pas vu
09:09ces propositions sur la table.
09:11Alors venons-en
09:11aux propositions justement
09:13formulées par le gouvernement.
09:1515 000 places supplémentaires,
09:1710 000 en BTS
09:18dès leur entrée 2027,
09:20puis 4 000 en BUT
09:21et 1 000 places universitaires
09:22liées à la licence santé.
09:25Lamriadou,
09:26est-ce que vous êtes satisfait ?
09:28Est-ce que 15 000 places,
09:28c'est assez ?
09:29On est bien en deçà
09:31des chiffres demandés
09:33par les lycéens,
09:34les étudiants,
09:35par les jeunes.
09:36On est aussi bien en deçà
09:37de nombreuses propositions
09:38formulées par différentes oppositions.
09:41Alors déjà,
09:41nous on se réjouit
09:42que des places soient créées
09:43en BUT et en BTS.
09:45C'est ce qui a été dit à l'instant
09:45parce que la situation
09:46est très hétérogène
09:47sur le territoire national
09:48et on a vu en particulier
09:50un certain nombre
09:50de bacheliers professionnels
09:52ou technologiques
09:52qui auraient voulu
09:53avoir une place en BTS
09:55et en BUT
09:55qui ne se voient pas
09:56proposer une place
09:57et qui vont se retrouver
09:58par conséquent
09:59en licence générale
10:00sur lequel ils ont moins
10:02les attendus
10:02d'une licence générale
10:03et qui peuvent se trouver
10:04en situation d'échec.
10:05Donc il faut renverser
10:06un petit peu ce paradigme
10:08et le fait qu'il y ait
10:08des créations de places
10:10en BUT et en BTS
10:11sont de ce point de vue-là
10:12une bonne chose.
10:13Donc c'est mieux que rien
10:13mais est-ce que c'est assez ?
10:14Alors ça,
10:15c'est une vraie question.
10:16La question pour moi
10:17qui est très importante,
10:18c'est de savoir
10:18quels moyens on donne
10:19pour les universitaires.
10:20Oui, parce qu'est-ce que
10:21vous avez les moyens
10:21de les accueillir
10:22ces étudiants supplémentaires ?
10:24Il va probablement y avoir
10:25un petit peu de moyens
10:26avec un peu d'emploi
10:27et un peu de moyens
10:28supplémentaires financiers
10:29pour accompagner
10:30ces étudiants
10:30mais évidemment
10:31on accueille
10:321,7 million d'étudiants
10:34dans les universités
10:35aujourd'hui
10:35et ce dont on a besoin
10:36c'est de moyens suffisants
10:37pour accueillir
10:38tous les étudiants
10:39et pas seulement
10:39les 15 000 places
10:40qu'on va obtenir
10:41en supplément.
10:42Frédéric Béraud,
10:4315 000 places pour vous
10:44c'est bonne nouvelle ?
10:45Peut mieux faire ?
10:46C'est bonne nouvelle
10:47sur des filières
10:49de type BUT
10:50dont on sait
10:51qu'elles sont
10:52des filières
10:53très très en tension
10:54après je rejoins
10:55tout à fait
10:55ce qui vient d'être dit
10:57c'est-à-dire que
10:58c'est pas tant
10:59le nombre de places
11:01qui est à discuter
11:03c'est l'adéquation
11:05d'abord
11:06de ce nombre de places
11:07avec les besoins
11:08en emploi
11:09qui n'est pas question
11:11non plus
11:11d'aller ouvrir des places
11:12pour former des étudiants
11:14qui ensuite
11:14n'auraient pas
11:15accès au marché de l'emploi
11:16et puis
11:17ça suppose effectivement
11:19des équipes pédagogiques
11:20et des bâtiments
11:22qui soient des bâtiments
11:23prêts à les accueillir
11:24et ça en fonction
11:25de la licence
11:26par exemple
11:27à laquelle
11:29vous pouvez vous destiner
11:30évidemment
11:31les investissements
11:32ne sont pas les mêmes
11:33c'est pas la même chose
11:34de faire des TP en chimie
11:36que de suivre
11:38un cours de droit
11:39de ce point de vue-là
11:40donc il est important
11:41effectivement
11:42d'avoir cette vision
11:44d'ensemble
11:44et pas juste
11:45de se fixer
11:47sur un nombre
11:48de places
11:48qui est une
11:49petite partie
11:50de la réponse
11:51aux revendications
11:52je précise simplement
11:53que les BUT
11:53dont on parle
11:54depuis le début
11:55de l'échange
11:55ce sont les
11:56les bachelors
11:56universitaires
11:57de technologie
11:58ce sont un peu
11:59les nouveaux IUT
12:00dont on parlait
12:01quand j'étais jeune
12:02pour donner une idée
12:04quand même
12:04de l'ampleur
12:05de l'écart
12:06qui reste à combler
12:08l'année dernière
12:10on avait
12:1130 000
12:13bacheliers
12:13technologiques
12:14qui ont fait
12:14un vœu de BUT
12:15et qui n'ont eu
12:16aucune proposition
12:17au BUT
12:18enfin 50 000 pardon
12:19et 30 000
12:20bacheliers professionnels
12:20qui ont fait un vœu de BTS
12:21qui n'ont eu aucune proposition
12:22donc on est plutôt
12:23à 80 000
12:26étudiants
12:26bacheliers
12:27qui font des vœux
12:28vers ces filières
12:29qui sont adaptés
12:30à leur profil
12:31qui ne reçoivent
12:31aucune proposition
12:34et bien sûr
12:35ça va dans le bon sens
12:36mais on est très loin
12:38de la cible
12:39je voudrais qu'on donne
12:40la parole à Bernard
12:41qui vient de nous appeler
12:41aux standards de France Inter
12:42bonjour Bernard
12:43oui bonjour
12:44vous vouliez témoigner
12:45vous êtes un ancien professeur
12:47c'est ça ?
12:47voilà c'est ça
12:48je suis à la retraite
12:49depuis 9 ans
12:49donc je vais donner
12:51des mots
12:52qui n'existent plus
12:53comme le bac S
12:54le bac scientifique
12:55donc
12:56le bac scientifique
12:57oui
12:58donc à l'époque
12:58moi j'étais professeur
13:00de BTS
13:00on remarquait
13:01qu'il y avait
13:02de plus en plus
13:03d'élèves
13:05qui venaient du bac S
13:06et qui prenaient
13:07des places
13:08dans le BTS
13:09alors il était excellent
13:11bien sûr
13:11mais en même temps
13:12il enlevait ses places
13:13aux élèves
13:14qui venaient
13:15de lycées professionnels
13:17réaction de Julien Grenier
13:18ce qui est vrai
13:19c'est que
13:19ce manque de place
13:20il se traduit
13:21par une situation
13:22assez dramatique
13:22pour les bacheliers
13:24notamment professionnels
13:25qui eux souhaitent
13:26pour l'immense majorité
13:27poursuivre en BTS
13:28c'est que
13:29pour une part
13:30non négligeable
13:31ils se retrouvent
13:31malgré eux
13:32en licence
13:33où je rappelle
13:33que leur taux de réussite
13:35la chance
13:35d'obtenir la licence
13:36c'est 6%
13:39alors que
13:40lorsqu'ils sont en BTS
13:41c'est plutôt
13:4140 à 50%
13:43pour l'essentiel
13:44une grande partie
13:45de ces bacheliers-là
13:47l'année suivante
13:48vont refaire des voeux
13:49dans Parcoursup
13:50c'est-à-dire
13:51les demandes
13:51de réorientation
13:52ce qui va
13:52encore plus
13:53engorger le système
13:54et il est parfaitement
13:57légitime
13:57pour ces étudiants
13:58parce qu'ils ont
13:59de bien meilleures chances
14:00de réussir en BTS
14:00que de demander
14:01à se réorienter
14:02vers ces filières
14:03et ce problème
14:04il n'est pas nouveau
14:05ça fait des années
14:06que la Cour des Comptes
14:08le comité de Parcoursup
14:10le défenseur de droit
14:12demandent
14:13l'ouverture
14:13de places supplémentaires
14:14Autre proposition
14:15même recommandation
14:17du gouvernement
14:171 milliard d'euros
14:18sur 3 ans
14:19pour rénover
14:21les universités
14:22sur l'immobilier
14:23Lamré Hadoui
14:24on imagine là
14:25que c'est une bonne nouvelle
14:26ce milliard d'euros
14:28où est-ce qu'il devrait
14:28être fléché
14:29prioritairement ?
14:31Alors déjà
14:32pour 2027
14:33pouvoir décaisser
14:34des financements
14:35sur de l'immobilier
14:36en 2027
14:36il faut que ce soit
14:37déjà des coups partis
14:38j'allais dire
14:39ça veut dire
14:39que ce sont forcément
14:40des mesures d'urgence
14:42de sécurité
14:42de mise aux normes
14:44de transition énergétique
14:46ça c'est ce que vous demandez
14:47ou vous en avez la garantie ?
14:48Non je pense que
14:49de toute façon
14:49ce sera ce qui va se passer
14:51parce que pour payer
14:52sur des constructions
14:53immobilières en 2027
14:54ça va être la réalité
14:55des choses
14:56après je rappelle
14:57que le bâti universitaire
14:59en France
15:00c'est 25% du bâti
15:01immobilier de l'Etat
15:02c'est 16 millions
15:03de mètres carrés
15:03à rénover
15:04donc si à un moment donné
15:05l'Etat
15:06veut réussir
15:07j'allais dire
15:07sa propre transition
15:09énergétique et écologique
15:10il va falloir aider
15:11les universités
15:11ce milliard
15:12est le bienvenu
15:13c'est très clair
15:14c'est le début
15:15d'un plan pluriannuel
15:17à mon avis
15:17qu'il faut projeter
15:18sur un temps
15:19beaucoup plus long
15:19que ces trois prochaines années
15:20mais c'est effectivement
15:22un bon début
15:22et c'est une revendication
15:23là aussi au centre
15:25des revendications
15:25des jeunes
15:26qui déplorent
15:28des conditions
15:29d'accueil universitaire
15:30justement extrêmement
15:32extrêmement graves
15:33Frédéric Béraud
15:34on reçoit un message
15:34d'Amélie par exemple
15:35qui nous dit
15:37que pensez-vous
15:38du taux d'échec
15:38en première année
15:39et même en licence
15:40à l'université
15:40est-ce qu'il n'y a pas aussi
15:41un problème de niveau
15:42des élèves
15:43qu'en pensez-vous ?
15:44Alors il y a
15:46un taux d'échec
15:47d'ailleurs
15:47qui n'est pas nécessairement
15:49celui qu'on voit
15:50sur un certain nombre
15:51de pancartes
15:53c'est pas un étudiant
15:54sur deux
15:55en licence
15:56qui échoue
15:58en première année
15:58c'est beaucoup moins
16:00mais effectivement
16:02il y a dans ce taux
16:04d'échec
16:04toute la question
16:06de l'adéquation
16:08entre l'attente
16:09de l'étudiant
16:10et ce qu'il peut
16:11ensuite faire
16:12dans telle ou telle
16:14formation
16:15et donc je crois
16:16qu'il faut
16:17non seulement
16:18travailler
16:19à la réussite
16:21de l'étudiant
16:22en première année
16:23mais aussi
16:23à la réussite
16:24de sa réorientation
16:26tout simplement
16:27parce que
16:27je pense qu'on l'a tous vécu
16:28c'est-à-dire
16:29entre les attentes
16:30que l'on avait
16:30à la sortie du bac
16:32même si moi
16:32ça fait très longtemps
16:33mais il n'empêche
16:35que les attentes
16:36que j'avais
16:36à la sortie du bac
16:37et ce que je fais
16:39aujourd'hui
16:39a probablement
16:40assez peu à voir
16:41parce qu'au fur et à mesure
16:43effectivement
16:44il y a ce qu'on fait
16:44en licence
16:45il y a ensuite
16:45ce qu'on fait
16:46en master
16:46il y a toutes ces
16:48différentes opportunités
16:49donc c'est ça
16:49qu'il faut regarder
16:50de manière à accompagner
16:52l'étudiant
16:53le mieux possible
16:54et surtout
16:55à l'accompagner
16:56à des rythmes
16:57qui sont peut-être
16:58plus les rythmes
16:59qu'on avait en tête
17:00de passer tout
17:01du premier coup
17:03dès la première session
17:04d'examen
17:04il y a effectivement
17:05aussi beaucoup
17:06d'attentes
17:08de la part des étudiants
17:09de pouvoir
17:10faire une année
17:10de césure
17:11pour aller découvrir
17:12le monde du travail
17:13pour aller
17:13pour partir
17:14faire un certain
17:16nombre d'expériences
17:16et ça je pense
17:17qu'il faut que l'université
17:18apprenne aussi
17:19à mieux
17:20l'incorporer
17:21dans le parcours
17:22d'études
17:23de nos étudiantes
17:24et nos étudiants
17:24mais je reviens
17:25quand même
17:25sur cette notion
17:26d'échec
17:27Julien Grenet
17:27est-ce qu'il n'est pas là
17:28au fond
17:29le nœud du problème
17:30sur cette sélection
17:31qui ne dirait pas son nom
17:33au fond
17:34il y a un contrat
17:35très tacite
17:36dans la république française
17:37si t'as ton bac
17:38tu peux aller à la fac
17:39on peut le résumer ainsi
17:40or on voit bien
17:41qu'il y a une sélection
17:42indu qui se fait
17:43au niveau de la première année
17:45parfois de la troisième année
17:46de licence
17:47est-ce que cette sélection
17:48non assumée
17:49c'est aussi un problème
17:50qu'il faut
17:50qu'il faut affronter
17:52alors oui
17:53il faut l'affronter
17:54mais il faut commencer
17:54par prendre le problème
17:57dans le bon sens
17:57c'est-à-dire
17:58déjà commencer
17:59par régler le problème
18:00des étudiants
18:00qui ne souhaitaient pas
18:01être là
18:02qui avaient de bien meilleures chances
18:04de réussite
18:04dans d'autres filières
18:05et pour lesquelles
18:05on n'a pas proposé
18:07les places nécessaires
18:08donc mieux orienté
18:08un quart de l'échec en licence
18:10ça vient de bacheliers
18:12qui ne souhaitaient pas y être
18:13en fait déjà
18:13donc commençons
18:14par régler ce problème
18:15ensuite il y a quand même
18:16le problème
18:17des taux d'encadrement
18:18en licence
18:19la dépense
18:19les moyens
18:20qu'on investit
18:21par étudiant
18:22sont extrêmement faibles
18:23je rappelle quand même
18:24que depuis 2009
18:25la dépense
18:26par étudiant en France
18:27d'après les chiffres du ministère
18:28elle a baissé
18:29en euros constants
18:29de 8%
18:30c'est-à-dire qu'il y a
18:31objectivement
18:32une dégradation
18:33des conditions d'apprentissage
18:34ça n'aide pas
18:35à la réussite
18:35on a le sentiment
18:36par ailleurs
18:37l'âme Riyadoui
18:38que cette crise
18:39portée par les revendications
18:41lycéennes
18:42les revendications de jeunes
18:43est beaucoup plus profonde
18:43il s'interroge aussi
18:44sur les mutations
18:46en profondeur
18:47du marché
18:48du travail
18:49on pense évidemment
18:50à l'intelligence artificielle
18:51mais à quoi servira
18:52le diplôme
18:53dans 10 ans
18:54à quoi servira
18:55ce qu'ils apprennent
18:56aujourd'hui
18:56dans 15-20 ans
18:58c'est ça aussi
18:58au fond
18:59la crise
18:59à laquelle ils doivent
19:00faire face
19:00là où nous ne sommes pas surpris
19:02par le mouvement
19:03et la mobilisation actuelle
19:04c'est que ça fait des mois
19:05sinon des années
19:06que nous disons
19:07il n'y a pas en France
19:08de politique publique
19:09cohérente
19:09articulée
19:10sur la place de la jeunesse
19:11dans la société
19:12parce qu'en fait
19:13on parle d'éducation
19:14on parle d'enseignement supérieur
19:15mais la problématique
19:16des jeunes
19:17c'est aussi
19:17la question du logement
19:18c'est aussi
19:19la question de la santé
19:20c'est aussi
19:20la question du transport
19:21des mobilités
19:22de la culture
19:23du sport
19:23et donc en fait
19:25il faut une politique publique
19:26cohérente
19:27articulée
19:28interministérielle
19:29sur la place de la jeunesse
19:30et donc c'est bien
19:31tout ça
19:31toutes ces angoisses
19:32finalement aussi
19:33sur des transitions
19:34numériques
19:34sociétales
19:35écologiques
19:35auxquelles il faut essayer
19:36d'aujourd'hui
19:37d'apporter des réponses
19:38à ce sujet
19:38je voudrais qu'on prenne
19:39un exemple précis
19:408 ans après la loi
19:41orientation et réussite
19:42des étudiants
19:42où sont les psys
19:43on compte un psychologue
19:45de l'éducation nationale
19:46pour environ 1500 élèves
19:47au lycée
19:48et à la fac
19:49un psychologue
19:49pour 14 889
19:51ces étudiants en moyenne
19:53peut-on accompagner
19:54l'orientation
19:55et la santé mentale
19:56des jeunes
19:56dont vous venez de dire
19:58que c'est si important
19:59avec si peu
20:00de professionnels
20:01on a fait énormément
20:02d'efforts
20:02dans les universités
20:03avec ce qu'on appelle
20:04les services
20:05de santé étudiante
20:06nous avons aujourd'hui
20:07des professionnels
20:07qui accompagnent
20:08les étudiants
20:09dans une université
20:10et c'est assez ?
20:10non c'est pas assez
20:11quand on voit les dégâts
20:12dans la santé mentale
20:14des jeunes aujourd'hui
20:15l'incertitude
20:17à laquelle ils font face
20:18justement sur cette question
20:19c'est une réalité concrète
20:20je vous donne un exemple
20:21dans une université
20:22comme la mienne
20:22de 35 000 étudiants
20:23nous avons eu l'an dernier
20:24plus de 20 000 consultations
20:26dans notre service
20:27de santé étudiante
20:2865% sont rattachés
20:29à la santé mentale
20:30donc c'est un sujet
20:31qui est un sujet
20:32absolument majeur
20:33on a beaucoup recruté
20:35des psychologues
20:36des psychiatres
20:36des professionnels
20:38de santé
20:38on a été accompagné
20:39par des chèques psy
20:40etc
20:41évidemment ça n'est pas assez
20:42c'est j'allais dire
20:43dans vos statistiques
20:44à peu près deux fois mieux
20:45qu'avant la période du Covid
20:46qui a été une mise en lumière
20:48de ces difficultés
20:49mais oui il faut encore
20:50aller plus loin
20:50Julien Grenet
20:51en quelques mots
20:52cette crise générale
20:54ces difficultés
20:55liées à Parcoursup
20:56à quel point
20:57favorisent-ils par ailleurs
20:59l'enseignement
21:00l'enseignement privé
21:02l'enseignement supérieur
21:03et ces écoles post-bac
21:04justement
21:04ce marché
21:06qui se concentre
21:07de plus en plus
21:09c'est clair
21:10que c'est une tendance
21:11très lourde
21:12du système actuel
21:13puisqu'on est passé
21:14de 63%
21:15d'une cohorte
21:16au bac
21:17à 80%
21:18depuis le début
21:20des années 2010
21:20et l'offre publique
21:22d'enseignement supérieur
21:23a pour l'essentiel
21:24stagné
21:25donc c'est l'enseignement
21:26supérieur privé
21:27qui a pour beaucoup
21:28accueilli
21:28ces nouveaux bacheliers
21:30en particulier
21:31l'offre privée
21:32professionnelle
21:33notamment
21:34les CFA
21:35BTS privé
21:37la difficulté
21:38c'est que
21:39certaines de ces formations
21:40notamment les écoles post-bac
21:41sont coûteuses
21:42donc ça n'aide pas
21:43à la réduction
21:44des inégalités sociales
21:45et puis il y a une vraie
21:46interrogation
21:47sur la qualité
21:48de ces formations
21:49et sur l'insertion
21:51professionnelle réelle
21:51qu'elles offrent
21:53Merci
21:53Merci à vous trois
21:54Julien Grenet
21:55Lamerie Radouille
21:56et Frédéric Béraud
21:57merci d'avoir accepté
21:58notre invitation ce matin
21:58et merci à nos confrères
22:00de Strasbourg
22:00qui ont assuré le duplex
22:01avec vous Frédéric Béraud
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