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  • il y a 40 minutes
BFM BUSINESS PARTENAIRE - Ce samedi 31 octobre, Eric Chenut, président de Mutualité Française, Étienne Minvieille, médecin, professeur à l'École polytechnique, membre de l’Académie de médecine, Rémy Teston, directeur général de Buzz E-Santé, et Julie de Folleville, présidente du Festival de la Communication Santé, étaient les invités dans l'émission Check-up Santé, présentée par Fabien Guez. Check-up Santé est à voir le samedi sur BFM Business.

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Transcription
00:10BFM Business présente Check-up Santé avec Fabien Guèze.
00:16Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur BFM Business dans Check-up Santé.
00:20En France, nous avons la chance d'avoir un système de santé hybride associant assurance maladie et complémentaire.
00:27Historiquement, l'assurance maladie gérait le curatif et les complémentaires santé étaient plus axés sur la prévention,
00:32en plus des frais de reste à charge.
00:35Mais les problèmes d'accès aux soins, le vieillissement de la population, les changements de pratiques professionnelles
00:40exigeront à coup sûr une refondation de notre système de soins.
00:44Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Éric Chenu, président de la Mutualité française.
00:48Et ça tombe bien, car la Mutualité sort une nouvelle chaîne YouTube qui s'appelle « Ceux qui nous relient
00:55».
00:55Les nouvelles technologies dont l'IA permettent une ultra-personnalisation permettant d'apporter une réponse la plus efficace et la
01:02plus pertinente possible.
01:03Mais cette personnalisation peut avoir des effets négatifs.
01:06C'est ce que raconte dans son livre « Nos vies sur mesure » Étienne Maviel, professeur à l'école
01:11polytechnique et membre de l'Académie de médecine.
01:13Enfin, c'est l'événement à ne pas manquer, les 26 et 27 novembre à Deauville, c'est FestiCom Santé,
01:19véritable observatoire des grandes questions de la communication santé et qui fête ses 35 ans.
01:24J'ai le plaisir d'accueillir sa présidente, Julie Defolville.
01:28Check-up Santé, c'est parti !
01:32Check-up Santé, au cœur de l'innovation santé.
01:35Éric Chenu, bonjour.
01:36Bonjour.
01:37Ravi de vous accueillir dans le Check-up Santé.
01:40Vous êtes un des acteurs incontournables de notre communauté santé.
01:43Vous êtes passé par les mutuelles étudiantes, par le groupe Vive,
01:47et vous êtes depuis 5 ans président de la Mutualité française.
01:51Cette mutualité est plus que centenaire ?
01:53Elle a 125 ans aujourd'hui, et depuis notre création,
01:59on est des sociétés de personnes, des organismes à but non lucratif, démocratiques.
02:04Ce sont les adhérents qui élisent leurs représentants
02:07pour pouvoir se protéger mutuellement et construire les solidarités de demain
02:12sur la santé, sur la prévoyance, sur l'autonomie, sur l'épargne et sur la retraite.
02:16Alors justement, vous vivez 125 ans, mais vous vivez quand même avec votre époque,
02:21puisque vous lancez une chaîne YouTube, on va en reparler après.
02:24Donc, ça gère combien de personnes, la mutualité française, dans tout ?
02:27Aujourd'hui, on protège 30-31 millions de personnes au plan national.
02:31Personne sur deux.
02:32C'est quasiment un Français sur deux.
02:34Et surtout, ce qui est intéressant dans l'approche de la mutualité,
02:38c'est d'être sur un continuum global, c'est-à-dire la prévention,
02:42le financement du soin, de la couverture prévoyante,
02:46incapacité, invalidité, décès,
02:48et aussi de l'accompagnement social et humain
02:51via des établissements de santé, des centres de santé jusqu'aux cliniques,
02:55de la crèche jusqu'à l'EHPAD.
02:57On essaye de faire en sorte que l'euro mis en commun
03:00pour se protéger mutuellement produise le maximum d'utilité.
03:03Et vous fédérez de nombreuses mutuelles ?
03:05Aujourd'hui, c'est 450 mutuelles quasiment qui sont fédérées.
03:10À peu près la moitié, ce qu'on appelle des mutuelles santé,
03:13c'est-à-dire en couverture santé, prévoyance, autonomie, épargne-retraite.
03:17Et puis, l'autre partie, ce sont ce qu'on appelle des mutuelles de livre 3,
03:22c'est-à-dire qui gèrent des établissements de santé ou sociaux, médico-sociaux.
03:26Alors, vous, vous êtes surtout un lien, c'est ça,
03:30avec les pouvoirs publics, avec les politiques, avec l'assurance maladie, c'est ça, non ?
03:34On est à la fois une fédération d'entreprises,
03:36puisque les mutuelles sont des entreprises,
03:38certes à but non lucratif, mais ce sont des entreprises.
03:41Et puis, on est aussi un corps intermédiaire,
03:44un acteur de la société engagée.
03:46Donc, notre rôle, c'est d'être un peu un catalyseur
03:49de ce que l'on perçoit des signaux faibles dans la société,
03:54de voir ce que sont les besoins.
03:56Au niveau local, territorial, pour les faire remonter
03:59auprès des autorités, des décideurs publics,
04:02éclairer la décision publique.
04:04Et en cette époque un peu trouble,
04:06votre parole est écoutée par le haut ?
04:08Pas autant qu'on ne souhaiterait, on va dire assez peu en ce moment,
04:12pour être très transparent.
04:14C'est aussi pour ça qu'avec des coporteurs,
04:17avec une soixantaine d'organisations partenaires,
04:19on a lancé des états généraux de la santé et de la protection sociale
04:22pour redonner la parole aux assurés sociaux, aux professionnels de santé,
04:26parce qu'on ne transformera pas le système les uns contre les autres,
04:28mais bien tous ensemble, à partir d'un diagnostic partagé.
04:32Et donc je suis assez fier du travail qui a été accompli
04:35après une phase de consultation large,
04:37qui a permis de recueillir la parole de près de 80 000 personnes,
04:412 200 000 réponses, 400 000 verbatim,
04:44c'est-à-dire un matériau extrêmement riche,
04:4573 ateliers en région, métropolitaine, ultramarine,
04:50des groupes d'experts nationaux, une convention citoyenne,
04:52et tout ça vient alimenter nos réflexions communes
04:57et surtout des propositions que l'on rendra publiques le 26 novembre prochain.
05:01Alors quand on dit que l'assurance maladie, c'est plutôt le curatif
05:04et le mutuel préventif, c'est plutôt caricatural ou pas ?
05:07Aujourd'hui, ce n'est plus la réalité.
05:10Vous savez, François Fillon avait dit en 2017,
05:12il faut que l'assurance maladie se recente sur le gros risque
05:15et qu'elle transfère le petit risque au complémentaire santé,
05:19ça lui avait coûté pendant la campagne,
05:21mais force est de constater que PLFSS après PLFSS,
05:25réforme après réforme,
05:26on s'achemine quand même vers ce qu'il avait décrit,
05:29sans qu'il y ait de débat.
05:30Et c'est ce hiatus démocratique qui nous pose problème
05:35et c'est aussi pour ça qu'on veut redonner la parole
05:39aux assurés sociaux, aux professionnels,
05:40parce que la protection sociale, c'est le socle de notre cohésion sociale,
05:44c'est ce qui nous relie.
05:45C'est aussi pour ça qu'on lance cette chaîne,
05:47parce qu'il y a des grandes transformations démographiques,
05:51l'année dernière, il y a eu plus de décès que de naissances,
05:54il y a une rupture épidémiologique avec une explosion des infections de longue durée,
05:58si on ne fait rien d'ici une quinzaine d'années,
06:01il y aura 40% de la population qui sera en ALD,
06:03voire peut-être sur certaines projections pessimistes, 50%.
06:08Il y a les enjeux environnementaux, aujourd'hui l'exposome a un impact sur la santé,
06:13que ce soit les polluants, les pesticides, les perturbateurs endocriniens,
06:16c'est largement documenté.
06:17Et puis, je crois que vous en parlez tout à l'heure avec Étienne Mainviel,
06:21les enjeux du numérique qui peuvent être de formidables leviers de transformation,
06:25de gain d'efficience, de réduction des inégalités,
06:28d'orientation vers le bon soin au bon moment,
06:30mais qui peuvent être aussi, si on ne les utilise pas bien,
06:33ces IA, ces data, des risques de segmentation et de déconstruction des solidarités.
06:39Alors, quand je parlais tout à l'heure de l'assurance maladie,
06:42qui est en déficit, un déficit abyssal,
06:45et doit faire des économies drastiques,
06:47est-ce que vous n'avez pas peur d'être la variable d'ajustement
06:52de ces problèmes d'économie ?
06:55On le voit cette année.
06:57Entre les décisions qui ont été prises cet été par le gouvernement,
07:00qui ont transféré 1,5 milliard de dépenses
07:03aux complémentaires santé, sur le dentaire,
07:06sur le transport, sur les délivrances de dispositifs médicaux,
07:11et sur le médicament.
07:13Dans le PLFSS, 700 millions de plus,
07:16c'est-à-dire qu'on arrivera à 2,2 milliards de plus.
07:18Si on rajoute les taxes, ça fera 2,5 milliards.
07:21Et qui, en plus, viennent nous matraquer fiscalement,
07:25puisqu'ils ont décidé de la reconduction
07:29d'un milliard, 100 millions de taxes supplémentaires,
07:32qui viennent s'ajouter aux 6,5 milliards.
07:34Tout ça montre qu'on est dans des tours de passe-passe comptables.
07:41Ce n'est pas parce qu'on transfère une dépense
07:43de l'assurance maladie aux complémentaires santé
07:45qu'on la fait disparaître,
07:47et ça n'est absolument pas au rendez-vous des enjeux.
07:51Si on regarde à 10 ans, et c'est ce qu'il faudrait faire
07:54si on prenait nos responsabilités tous,
07:58les dépenses de santé vont augmenter de 100 à 150 milliards
08:02d'ici 10 ans.
08:03Les dépenses des retraités, des personnes de plus de 70 ans,
08:08vont passer de 9 000 à 17 000 euros,
08:11sur les actifs de 1 800 à 2 400.
08:14Or, le nombre de plus de 70 ans va considérablement augmenter.
08:18Donc, les besoins de financement de notre système,
08:21quels que soient les financeurs, vont considérablement augmenter.
08:23Donc, la question, c'est qu'est-ce que l'on veut protéger demain ?
08:26Comment on va organiser ?
08:26Justement, vous avez parlé très rapidement,
08:28vous avez parlé d'éventuellement refondre le système de santé,
08:34mais ce n'est pas un peu utopique en France ?
08:36Moi, je ne pense pas que ce soit utopique.
08:37Je pense qu'on n'a pas le choix entre le préserver ou le réformer.
08:43Il faut le réformer pour pouvoir le préserver.
08:45Et c'est ça que l'on veut, nous, porter dans le débat public
08:49en perspective des présidentielles, des législatives
08:52qui suivront probablement derrière,
08:54pour qu'on puisse refonder ce pacte social
08:57autour de deux mots-clés, la responsabilité et la confiance.
09:00La responsabilité des pouvoirs publics, de l'État en premier lieu.
09:04Comment on planifie ?
09:05Comment on anticipe les besoins futurs ?
09:08On y répond en termes d'allocation de ressources,
09:10de formation de professionnels, d'organisation territoriale.
09:14La responsabilité des professionnels eux-mêmes.
09:16Comment ils s'organisent à l'échelle territoriale
09:19pour répondre aux grandes orientations, aux grands enjeux,
09:22aux grandes priorités de santé publique.
09:23La responsabilité des assurés sociaux aussi, qu'il ne faut pas oublier.
09:27Mais ça suppose aussi de leur apprendre comment ça fonctionne,
09:30combien ça coûte, comment utiliser, recourir de manière...
09:35On dit souvent aux médecins, il faut qu'ils pratiquent avec tact et mesure.
09:38Il faut aussi que nous, assurés sociaux, on pratique avec tact et mesure
09:41dans certaines phases.
09:42Et justement, c'est le lien avec votre actualité,
09:44c'est très rapidement la sortie de votre chaîne YouTube.
09:46Ce qui nous relie ?
09:48Quelle est sa mission, très rapidement ?
09:50Ce qui nous relie, c'est de traiter des sujets de santé,
09:52de protection sociale, mais aussi du rapport à la démocratie,
09:56à la citoyenneté, à l'engagement.
09:58C'est de traiter la question du numérique, de la place.
10:02C'est-à-dire tout ce qui va impacter nos vies.
10:04Comment on fait société aujourd'hui ?
10:06Comment on contribue en tant qu'acteur de la société engagée ?
10:10Nous, mutualistes, peut-être d'autres,
10:12à cette société de réconciliation,
10:13qui est, de notre point de vue, indispensable.
10:16On voit que notre société se fracture.
10:18Il y a de plus en plus de divisions.
10:19Certains prospèrent là-dessus.
10:21Nous, on pense qu'au contraire,
10:22quand on regarde les initiatives qui sont prises dans les territoires,
10:25il y a plein de gens qui ont de l'appétence à faire ensemble,
10:27à être solidaires les uns avec les autres.
10:29Mais ça suppose de le questionner.
10:31Donc, on va faire venir des experts qui viendront partager leur vision,
10:37leur expérience, etc.
10:39Des politiques, des institutionnels, des faiseurs, des universitaires.
10:43Et on va essayer d'éclairer ces grands enjeux,
10:46de répondre aux questions aussi auxquelles se posent les gens,
10:49pour savoir comment on fait société en 2026, 2027,
10:53dans les années qui viennent,
10:54et comment collectivement chacun prend sa part.
10:57Eh bien, super, super initiative.
10:59Merci beaucoup Éric Chenu.
11:00Vous revenez quand vous voulez.
11:02Président de la Mutualité française.
11:03On va à présent accueillir Étienne Mainviel,
11:06de Polytechnique,
11:06pour son dernier ouvrage,
11:08Nos vies sur mesure.
11:09Merci à vous.
11:11Check-up santé, sur BFM Business.
11:14Étienne Mainviel, bonjour.
11:16Bonjour.
11:16Ce n'est pas la première fois que vous venez dans le Check-up santé,
11:18vous êtes un habitué.
11:18Et on en est ravis.
11:20Vous êtes professeur à l'école Polytechnique,
11:22directeur de recherche CNRS,
11:23médecin de santé publique à Gustavre aussi,
11:26membre de l'Académie de médecine,
11:27et encore, j'ai raccourci.
11:30Et surtout, vous sortez un livre vraiment passionnant.
11:33Je l'ai vraiment savouré,
11:35celui qui s'appelle
11:35Nos vies sur mesure, aux éditions Duneau.
11:38En fait, en gros, la personnalisation,
11:40elle devrait améliorer nos vies.
11:42Et en fait, elle nous trace, c'est ça ?
11:44Oui, c'est les deux.
11:46D'abord, les bienfaits de cette personnalisation ?
11:48Alors, c'est d'abord un sentiment de progrès,
11:52parce que ça répond à nos besoins.
11:53Donc, dans notre vie quotidienne,
11:55c'est un confort supplémentaire.
11:57C'est un confort qui existe partout, en fait,
11:59quand on commence à regarder le sujet,
12:01qui est assez discret.
12:02Elle est partout, discrète, mais partout.
12:04Discrète, mais partout, exactement.
12:06Elle est, quand on achète un vélo,
12:08sur Netflix, sur Spotify,
12:11dans nos rapports avec les administrations publiques
12:13qui essayent de personnaliser la relation à l'usager,
12:16dans les programmes politiques,
12:17en pleine présidentielle,
12:18c'est aussi un point important.
12:20Et évidemment, en médecine,
12:21elle est très, très présente.
12:23Donc, c'est un sujet majeur,
12:25très discret, connoté positivement.
12:28Et donc, c'est suspect.
12:29Et donc, c'est suspect.
12:30J'ai bien aimé le passage.
12:33Je ne savais pas du tout
12:33que ça résume bien la personnalisation.
12:36Votre passage sur l'invention du restaurant en 1766.
12:41Avant 1766, il n'y avait pas de restaurant ?
12:43Alors, non.
12:44Les premiers restaurants,
12:45c'était en fait par rapport aux nécessiteux,
12:48parce que quand on venait à Paris,
12:49soit on avait une lettre de recommandation
12:51pour entrer dans des grandes tables,
12:52soit on allait dans les auberges
12:55où il y avait un plat unique.
12:56Et il y a eu un philanthrope de l'époque
13:00qui a commencé à faire le menu du restaurant
13:02qui est une des premières formes de personnalisation.
13:04On peut y choisir,
13:04alors que l'auberge, c'était un menu pour tout le monde.
13:06Le même standard.
13:07Pour tout le monde.
13:07Donc, cette personnalisation,
13:09elle est portée par l'IA, bien sûr.
13:11Oui.
13:12Alors, c'est ça qui est très frappant,
13:14c'est qui est aussi un des intérêts d'explorer le sujet,
13:17en tout cas qui m'a passionné,
13:18c'est qu'avec l'IA,
13:20on est en train de rentrer dans un nouveau monde.
13:22D'où le titre, nos vies sur mesure.
13:23Moi, j'appelle ça la singularité.
13:25C'est-à-dire que les moindres coins
13:27de ce que nous sommes
13:28sont en train d'être travaillés,
13:30explorés et connus
13:32grâce aux données, grâce aux algorithmes.
13:34Donc, en fait,
13:34l'effet un petit peu pervers,
13:36c'est cette super intrusion dans nos vies ?
13:38Alors, c'est un vrai sujet.
13:39Parce qu'évidemment,
13:40c'est là où ça commence à être un peu inquiétant,
13:42parce qu'on nous invite
13:44à rentrer dans des relations
13:45en disant qu'on va avoir
13:46des réponses plus précises,
13:48plus de confort.
13:49Mais en même temps,
13:50on donne beaucoup de nous-mêmes
13:51par nos données,
13:52par ce que nous sommes.
13:53Nous exprimons des sentiments
13:55même très intimes.
13:56Et de ce fait,
13:57il y a tous les effets négatifs
13:59qu'on peut imaginer,
14:00c'est-à-dire le contrôle,
14:02l'embrigadement,
14:04l'orientation de nos choix,
14:05des dépendances...
14:06La manipulation ?
14:06La manipulation, tout à fait.
14:08Vous citez les fameux nudges.
14:10Oui.
14:10Alors, moi, les nudges,
14:12ça me pose problème.
14:13Parce qu'en fait,
14:14c'est une notion
14:15qui est très développée
14:16dans le marketing moderne
14:18et qui dit qu'on va choisir
14:20à votre place
14:20parce qu'on n'a pas le temps,
14:22selon un principe
14:23de promotion de notre bien-être.
14:24C'est la notion
14:25du paternalisme libertaire.
14:27Mais en fait,
14:28le choix consiste,
14:29dans le secteur marchand,
14:30surtout à essayer
14:31de nous faire consommer
14:32un peu plus.
14:33Et donc, on peut se demander
14:35jusqu'où c'est vraiment
14:36de l'ordre du bien-être
14:37que d'acheter une nouvelle fois
14:38un nouveau produit
14:39et d'être conseillé
14:40dans cette direction.
14:41Donc là, typiquement,
14:42il y a un cocktail explosif.
14:43C'est des sollicitations
14:44avec l'IA qui sont permanentes,
14:47du ciblage,
14:48comme on dit,
14:49de nos comportements
14:51qui est de plus en plus précis
14:52et ces nudges
14:53pour de l'orientation.
14:54Quand vous allez dans un magasin
14:55acheter une veste,
14:56on vous demande votre e-mail
14:56de vous le donner ou pas ?
14:58Non.
14:58Non, vous avez raison.
14:59Vous avez raison.
15:00Vous citez,
15:01parce que dans votre livre,
15:02il n'y a pas que la santé,
15:03il n'y a pas que la médecine.
15:04Mais vous citez un exemple
15:05justement sur ce groupement
15:07de cliniques privées
15:09aux Etats-Unis.
15:10Oui.
15:11C'est très révélateur,
15:12vraiment.
15:12Sur les données
15:13qu'ils ont transmis,
15:16effectivement,
15:16un accord avec Google
15:17où ils ont donné
15:18tous les dossiers,
15:20en fait,
15:21des patients.
15:22C'est un énorme groupe.
15:23Énorme.
15:23C'est le deuxième américain.
15:25Le deuxième américain.
15:26Il donne toutes les données
15:28des dossiers patients
15:30sans que ces derniers
15:31soient au courant
15:31et même sans que
15:32les professionnels
15:33de ces cliniques
15:34soient au courant.
15:35Donc,
15:35ça a créé
15:36un scandale quand même ?
15:37Oui.
15:37Alors,
15:37ça a été révélé,
15:38mais d'une certaine façon,
15:40d'une manière,
15:41par la petite porte.
15:42Et ça a fait un scandale.
15:43Par le canard enchaîné local ?
15:45Oui, c'est ça,
15:45quelque part.
15:46Mais ça a fait,
15:47évidemment,
15:47scandale après.
15:48Donc,
15:49finalement,
15:49cette personnalisation
15:50sur le plan marketing,
15:52elle est plus rentable
15:53que la prospection
15:53qu'il y avait avant.
15:54Avant,
15:54il y avait prospection,
15:55maintenant.
15:55Oui, complètement.
15:56Alors,
15:56il y a un raisonnement
15:57qui est de dire
15:58qu'on pousse à fond
16:00et même s'il n'y a que
16:0110% des personnes
16:02qui sont concernées
16:03et qui sont touchées
16:04par ce biais,
16:05c'est rentable.
16:06Mais c'est un raisonnement
16:07qui épuise,
16:08d'une certaine façon,
16:09nos vies de consommateurs.
16:11C'est-à-dire qu'on est
16:12tout le temps sollicité
16:13dans notre quotidien
16:14et en plus,
16:15on est embrigadé.
16:15C'est-à-dire que
16:16je montre des exemples,
16:17notamment avec Netflix,
16:19où on nous recommande
16:20en permanence,
16:21au nom de la personnalisation,
16:23des produits maison.
16:24En fait,
16:24on ne sort pas du sujet.
16:26Vous parlez d'homo avatar.
16:27Oui.
16:28C'est quoi un homo avatar ?
16:29Alors, un homo avatar,
16:29c'est un terme un peu générique
16:31pour expliquer
16:31tous les agents conversationnels,
16:34les chatbots,
16:35toutes les formes
16:36d'expression écrite
16:37ou orale
16:37qui nous accompagnent
16:38dans notre vie quotidienne.
16:39C'est un marché
16:40qui a explosé
16:42avec des résultats
16:44qui sont très positifs.
16:45Je parle par exemple
16:46en psychiatrie,
16:47c'est devenu
16:48un outil thérapeutique.
16:50On voit notamment
16:51que sur les suicides,
16:52les personnes
16:53parlent plus facilement
16:54à un agent conversationnel
16:56qu'à un être humain
16:57parce qu'ils considèrent
16:58que c'est plus neutre
16:58comme interaction
16:59qu'un être humain
17:00pour révéler des choses
17:02très intimes.
17:02Alors, pour finir,
17:03qu'est-ce qu'on peut faire ?
17:04Est-ce qu'il faut collaborer
17:05entre l'humain,
17:06faire collaborer l'humain,
17:07l'IA ?
17:07Il faut quoi ?
17:07Alors,
17:08je propose à la fin
17:09des commandements
17:11parce qu'il y a un côté
17:12très religieux
17:13dans cette personnalisation.
17:14C'est une sorte
17:14de religion moderne.
17:16Donc, il y en a un peu
17:16à tous les niveaux.
17:18C'est-à-dire,
17:18nous, d'abord,
17:22sur la relation personnalisée
17:23qu'on nous est proposée
17:24en étant plus sombre,
17:25probablement,
17:26plus attentif
17:27dans les circuits
17:28qu'on nous propose.
17:29Au niveau des opérateurs,
17:30il y a des possibilités.
17:32À nos mots,
17:32avatar,
17:32il peut être en accompagnement
17:34et pas être
17:34en sollicitation permanente.
17:36Et puis,
17:37au niveau des instances
17:37de régulation,
17:38il y a un problème
17:38parce qu'il y a toujours
17:39un retard dans les lois,
17:41mais il faut néanmoins
17:42être très vigilant
17:43sur tous ces sujets.
17:44Merci beaucoup.
17:44Merci beaucoup,
17:45Étienne Maviel.
17:46Votre livre est absolument génial.
17:47Il faut absolument
17:48que tout le monde le lise.
17:49Voilà,
17:50on va poursuivre
17:51avec la chronique
17:52de Rémi Teston.
17:58Rémi,
17:59bonjour.
17:59Rémi Teston,
18:00patron de Buzzy Santé.
18:01Bonjour Fabien.
18:02L'agence du numérique
18:04en santé
18:04a dévoilé sa feuille de route.
18:05Exactement,
18:06c'est la première fois
18:07qu'il soit un contrat
18:07objectif et performance
18:09qui est basé
18:09sur plusieurs axes,
18:10notamment le côté
18:12d'ancrage,
18:12notamment dans la structuration
18:13de toutes les infrastructures.
18:15Il va aussi s'aligner
18:16notamment sur les usages
18:17et l'expérience utilisateur
18:19dans tout ce qui va être développé
18:20et puis également
18:21sur ce qui est
18:21l'accélération autour
18:22de la régulation
18:24autour du cadre européen
18:25qui se met en place
18:25aujourd'hui dans le numérique santé.
18:27Alors,
18:27on parle beaucoup
18:28de l'IA,
18:29des effets négatifs,
18:30des effets pervers
18:31de l'IA,
18:31notamment les deepfakes
18:33en santé.
18:34Exactement,
18:34donc il y a eu un cas
18:35très récent
18:35avec le professeur
18:37Piarou
18:37à la PHP
18:38où son image
18:40a été utilisée
18:41de manière artificielle
18:42pour promouvoir
18:43des produits de santé.
18:44Donc,
18:44il est parasitologue
18:45et donc il y a eu
18:46des messages
18:46pour promouvoir
18:47des traitements
18:48au niveau des parasites.
18:49Alors que ce n'était pas lui.
18:50Alors que ce n'était pas du tout lui.
18:51Donc,
18:51la PHP a porté plainte.
18:53En tout cas,
18:53ça montre la nouvelle échelle
18:54que prend aussi
18:56ce sujet de la désinformation.
18:57Et il faut noter
18:58que le ministère de la Santé
18:59a lancé justement
19:00il y a quelques jours
19:01un observatoire
19:02de la désinformation en santé
19:03pour justement
19:04lutter contre ça.
19:05Donc,
19:05pour à la fois identifier
19:07les fausses informations
19:07et également passer à l'action
19:09avec des messages
19:10de réponse.
19:11Ce qui va être de plus en plus
19:11ardu et difficile.
19:13Exactement.
19:14Alors,
19:14Nvidia entre au capital
19:15de Doctolib.
19:16Exactement.
19:16Nvidia,
19:17c'est le grand acteur
19:18aujourd'hui de l'IA
19:19qui fournit
19:20ses puces à tout le monde
19:21et qui est le grand acteur
19:24aujourd'hui
19:24de cette technologie
19:26et qui investit
19:27progressivement
19:27dans la santé.
19:28Ils ont fait des partenariats
19:29avec plusieurs acteurs industriels
19:31et aujourd'hui,
19:32ils rentrent donc
19:33dans le capital
19:34de Doctolib
19:34de manière minoritaire
19:36pour apporter justement
19:37son expertise
19:38pour développer
19:39les solutions d'IA
19:40de la plateforme.
19:41Pour accélérer l'IA
19:41en santé, quoi ?
19:42Exactement.
19:43Alors,
19:43Doctolib,
19:43ils veulent l'utiliser
19:44à la fois pour les solutions
19:45auprès des professionnels
19:46de santé,
19:46mais également,
19:47ils ont un axe de prévention
19:48qui est très important
19:49pour développer des solutions
19:50pour les patients.
19:51Enfin,
19:52la start-up du mois ?
19:53Alors,
19:53c'est Integratom
19:54qui est une start-up
19:55qui propose un jumeau numérique
19:57qui va condenser
19:58toutes les informations
19:59qu'on a à disposition,
20:00notamment pour les centres
20:01de bilan de santé
20:02ou les cliniques
20:03qui va permettre
20:03de restituer
20:04de manière
20:05beaucoup plus,
20:05on va dire simple,
20:08les informations santé
20:09pour les patients
20:10pendant la consultation.
20:11Merci Rémi,
20:12merci,
20:13génial comme d'habitude.
20:14Voilà,
20:14on va terminer en beauté
20:16avec Julie de Folville
20:17qui est la présidente
20:18de FestiCom Santé.
20:24Julie de Folville,
20:26bonjour.
20:26Bonjour Fabien.
20:27On termine l'émission en beauté,
20:28c'est vrai.
20:29Vous présidez FestiCom Santé,
20:31événement incontournable
20:32de la communication en santé
20:33et qui fête ses 35 ans,
20:35donc vous n'étiez pas né.
20:36Et qui fête ses 35 ans,
20:37les 26 et 27 novembre
20:39à Deauville.
20:41Vous êtes donc à la tête
20:42de cet événement
20:43depuis une année,
20:44c'est ça ?
20:44Exactement.
20:44Après une année,
20:45deux ans.
20:46Et donc,
20:46l'ADN de FestiCom change quand même ?
20:48Il y a quand même
20:49une partie commune ?
20:51Vous gardez une partie commune
20:52ou vous cassez tout ?
20:53Ah non,
20:53on ne casse pas tout.
20:56Deauville,
20:56c'est un très bel événement
20:57qui a lieu depuis 35 ans,
21:00qui a été porté
21:01pendant de longues années
21:02par Dominique Noël et Eric,
21:04qui laisse un très bel ADN
21:05du festival
21:07et que j'ai la chance
21:08de présider aujourd'hui.
21:11Donc,
21:11il y a des choses
21:11qui vont évoluer,
21:14mais l'idée,
21:14c'est de garder
21:15ces deux jours
21:15en dehors de Paris,
21:17donc à Deauville,
21:18avec les soutenances
21:20des prix
21:22et avec des jurys indépendants
21:23le jeudi.
21:24Le vendredi,
21:25on l'a repensé
21:25un petit peu
21:27avec peut-être
21:28une plénière
21:29un peu plus rythmée,
21:30avec des keynote,
21:30des interviews,
21:31des tables rondes
21:32et la grande remise
21:33des prix
21:34le vendredi.
21:35Alors,
21:35c'est vrai que
21:36les gens sont
21:37de plus en plus informés,
21:38mais ils ne sont pas
21:38toujours bien formés.
21:40D'où l'intérêt
21:40de cette communication.
21:42En effet,
21:42communication santé
21:43et qualité de vie
21:44informée aujourd'hui,
21:45mieux vivre demain.
21:47Donc,
21:47c'est la thématique.
21:49C'est la thématique.
21:50Et c'est vrai
21:50qu'aujourd'hui,
21:51informer,
21:51ça ne suffit plus.
21:53Aujourd'hui,
21:53la communication santé,
21:55c'est comprendre,
21:56c'est également
21:59faire en sorte
22:00que les patients
22:01comprennent l'information,
22:03que les professionnels
22:04de santé
22:05aient une communication
22:06simplifiée
22:07et que les communicants
22:08puissent aussi
22:09mesurer l'impact
22:10des campagnes.
22:12Donc voilà,
22:12c'est tout le fil rouge
22:13de cette question.
22:13Et on en parlait d'ailleurs
22:14avec Rémi Teston
22:15et Éric Chenul,
22:15il y a aussi un problème
22:16de désinformation
22:17sur lesquelles
22:18il faut lutter,
22:19ça sera un de vos sujets
22:19cette désinformation.
22:21Oui,
22:21la désinformation
22:22en santé,
22:23c'est un sujet,
22:24un fil rouge aussi
22:24qu'on communique
22:26sur nos réseaux sociaux
22:27toute l'année.
22:28Dominique aussi,
22:29en tant que présidente
22:30d'honneur,
22:31a fait une table ronde
22:32il y a peu de temps
22:32sur ce sujet-là.
22:34Donc en effet,
22:35c'est un sujet
22:35extrêmement important
22:36qu'on porte toute l'année
22:37sur nos réseaux sociaux
22:39et dans le débat public
22:41à travers le festival.
22:42Donc informer aujourd'hui,
22:44mieux vivre demain,
22:45c'est ça ?
22:45Exactement.
22:46Et donc on le verra
22:47notamment le vendredi matin
22:50avec une ouverture
22:52sur la partie prévention,
22:53donc avec Doctolib
22:55et aussi toute une partie
22:56sur le microbiote
22:58porté par Pilège.
22:59Ensuite,
23:00on ira aussi
23:01de l'information
23:01mais aussi de l'engagement.
23:03Voilà,
23:03comment engager mieux
23:04les patients,
23:05les professionnels de santé.
23:06Justement,
23:06vous accordez une grande place
23:07aux patients,
23:08aux associations de patients.
23:09Exactement,
23:10parce que les patients,
23:11ils sont au centre
23:13et ils sont là aussi
23:14pour prendre la parole
23:15et pour aider les communicants
23:16à mieux informer
23:19au quotidien.
23:20Et donc c'est pour ça
23:21qu'on a donné aussi
23:22cette place aux patients
23:23avec des interviews.
23:25L'idée,
23:26c'est de les mettre
23:26dans les jurys
23:27et de les faire intervenir
23:28un peu plus à Deauville,
23:29donc le vendredi matin.
23:31On a notamment
23:32Alice D'Eto,
23:33patiente experte
23:34qui viendra parler
23:35et aussi Édouard Biel
23:36qui est atteint
23:37d'un vitiligo
23:37qui parlera
23:39de sa pathologie de peau.
23:41Et il y aura aussi
23:41tout un focus
23:42sur la maladie de Vernet.
23:43D'accord.
23:44Et toujours beaucoup
23:45de partenaires,
23:46la preuve du succès
23:47de ces éditions.
23:49On a pas mal
23:51de partenaires
23:52donc médias
23:53et également
23:54des partenaires institutionnels
23:55et on a la chance aussi
23:56d'avoir des soutiens
23:58que je remercie
24:00vivement
24:01de leur confiance
24:03chaque année.
24:04Et puis on a
24:04des porteurs de projets.
24:06Voilà,
24:06on a près de 100 campagnes
24:08chaque année
24:08en compétition.
24:10Donc voilà,
24:11c'est entre 90 et 100.
24:13et l'idée
24:14c'est vraiment
24:15d'avoir des jurés indépendants
24:16pour récompenser
24:18les meilleures campagnes
24:19de l'année.
24:20Vous attendez
24:20combien de personnes ?
24:21C'est 26, 27 ?
24:22Environ 450 personnes
24:24comme l'année dernière.
24:27Donc voilà,
24:28après l'idée
24:28c'est vraiment
24:28d'amplifier
24:29la partie networking.
24:31On a repensé
24:32une soirée
24:32des festivaliers.
24:34C'était un dîner de gala.
24:35Donc ce sera
24:35un cocktail dînatoire
24:37où les gens
24:38peuvent circuler.
24:39Il y aura aussi
24:40des assises
24:40bien entendu
24:41pour les patients.
24:42Mais l'idée
24:43c'est vraiment
24:43d'amplifier
24:43cette partie networking
24:44où tout l'écosystème
24:46se retrouve.
24:47Ça n'empêche pas
24:47FestiCom Santé
24:48de vivre toute l'année ?
24:50Le FestiCom Santé
24:51vit toute l'année
24:51parce que c'est vraiment
24:52la place
24:53pour prendre la parole
24:55sur tous les sujets
24:56de la communication santé,
24:57la désinformation,
24:58la place du dirigeant
24:59par exemple
25:00sur les réseaux sociaux.
25:012027
25:02qui est une année
25:03qui arrive
25:03avec les présidentielles
25:04donc aussi
25:05la place des affaires
25:06publiques
25:06dans la communication.
25:08Donc en effet
25:08ça a vocation
25:09à vivre
25:11toute l'année.
25:12Donc on est invité ?
25:13Bien entendu
25:14et vous êtes partenaire.
25:15Je ne veux que si
25:15je gagne un prix.
25:18Merci Julie
25:19de Follevi,
25:19merci présidente
25:20de FestiCom Santé.
25:21C'est la fin
25:22de cette émission.
25:23On se retrouve
25:23la semaine prochaine.
25:26Check-up Santé
25:28sur BFM Business
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