00:00Bonjour Éric Coriolan, vous êtes le président de Sentinelle Guadeloupe et membre du collectif NLP.
00:06Alors je vous remercie d'accorder cette interview au Média Le Pige TV.
00:10Donc M. Coriolan, ces derniers jours, Alan Nagam et Dominique Virassamy ont décidé de se mettre en retrait du collectif
00:19Noulas Palais.
00:19Alors est-ce qu'il y a un malaise au sein du collectif ?
00:22Non, il n'y a aucun malaise. La mise en retrait, comme ils l'ont qualifié eux-mêmes de M.
00:29Nagam et Virassamy, sont des plus phénomènes.
00:33A mon avis, c'est un mouvement qui dépasse que ce soit ni moi, ni tous ceux qui sont là.
00:40Je crois que la Guadeloupe a formalisé dans ce mouvement, par l'appréciation qu'elle a de ce qui se
00:50passe, une colère qui est profonde.
00:51Et c'est un... Voilà, après chacun est libre d'interpréter un certain nombre de choses.
00:58Je crois comprendre qu'Alan et Dominique n'ont pas apprécié ce qui s'est passé par rapport au rendez
01:07-vous hypothétique.
01:08Je dis hypothétique parce qu'on n'a jamais reçu d'invitation en préfecture.
01:12C'est une appréciation qui leur est totalement personnelle, qui sont les responsables d'inviter.
01:15Mais c'est un épiphénomène.
01:16C'est-à-dire ce qui se passe aujourd'hui par rapport à la situation de la Guadeloupe, la situation
01:19des entreprises,
01:22de l'eau, le prix du carburant, c'est un détail pour nous et sur lequel on ne souhaite pas
01:27polémiquer.
01:28Vous ne souhaitez pas discuter avec le préfet, mais avec un émissaire.
01:32Qui pourrait être un émissaire ? Vous voulez parler de la ministre des Outre-mer ?
01:35Alors, il faut bien être clair. On ne souhaite pas discuter avec le préfet.
01:40La lettre ouverte qui a été le tout premier acte de Noulas-Palais a bien été adressée au préfet et
01:48aux collectivités locales,
01:49avec les deux principales collectivités qui sont le président du conseil départemental et le président du conseil régional.
01:55Donc, c'est la preuve qu'on a bien voulu discuter avec le préfet qui est quand même représentant de
02:00l'État.
02:01Ensuite, la situation est détériorée parce que M. le préfet, M. Thierry de Vimeux, nous a pris de haut,
02:07nous a traité de non-représentatifs et toutes ces choses.
02:12Et donc, nous savons qu'il a aussi, lui, un certain nombre de limites dans ses fonctions.
02:17Et si vous lisez l'ensemble de la plateforme de revendications,
02:21il y a des points qui ne sont pas à sa portée et qui doivent être négociés par beaucoup plus
02:24haut que lui.
02:25Oui, maintenant, par rapport à tous ces mépris qui nous ont été adressés,
02:29c'est vrai qu'on est arrivé à un stade où, eh bien, on a dit qu'on ne peut
02:33pas discuter avec quelqu'un
02:34qui nous méprise autant, qui a de la condescendance et du mépris vis-à-vis de nous, vis-à-vis
02:39de la Guadeloupe.
02:40Bon, on ne va pas revenir sur les détails avec le pêcheur où il a été maladroit,
02:45il s'est excusé, enfin, un certain nombre de choses comme ça qui l'ont un peu disqualifié.
02:48Maintenant, c'est le représentant de l'État, mais c'est l'État qui doit répondre.
02:51Et comme nous souhaitons des actes et des réponses immédiates,
02:56il faut que la personne qui discutera avec nous soit en mesure de poser des actes et les faire exécuter
03:01immédiatement.
03:02Donc, je pense que ce sont des points qui dépassent les compétences de M. Thierry de Vimeu.
03:07Donc, la ministre des Outre-mer sera présente sur le territoire d'ici quelques jours.
03:10Vous exigez une rencontre avec elle ?
03:12Elle ne nous a pas contacté.
03:14Si elle est consciente de la situation, je pense qu'elle fera le geste.
03:19Pour l'instant, nous avons entendu aux informations qu'elle viendra.
03:22Nous n'avons pas, au moment où je vous parle et me concernant,
03:25je n'ai pas eu vent d'un contact quelconque avec la ministre de l'Automère qui doit se déplacer.
03:32On verra bien.
03:33Je ne sais pas.
03:34Je ne connais pas son programme.
03:35Je ne connais pas les points et les raisons pour lesquelles elle vient ici, en Guadeloupe.
03:40Si elle souhaite nous rencontrer, toute personne du gouvernement qui aura lu,
03:46parce que la plateforme de revendications est à portée de tout le monde,
03:49a été envoyée dans tous les ministères et chez tous les élus,
03:53je pense que le collectif discutera, entendra les personnes,
03:57mais qui viennent avec, on le répète, des solutions.
03:59On n'a plus eu le temps de se poser dans une salle pour discuter,
04:05de remettre au calendre grec des situations,
04:09la résolution des situations qui posent de véritables problèmes pour la Guadeloupe aujourd'hui.
04:13Vous êtes sur le budget.
04:15On n'est pas fermé, contrairement à ce que disent certains.
04:17Ce qui s'est passé dimanche par rapport à la préfecture et à la sénatrice,
04:21c'est assez clair, on l'a suffisamment expliqué.
04:24Et on a voulu, pour des raisons tout à fait normales,
04:28qu'il y ait une formalisation de cette invitation,
04:30comme ça a été fait pour une partie des gens du BDF ou d'autres de Guadeloupe économiques.
04:36M. le préfet s'est entêté à refuser.
04:38C'est juste ça qui a fait que cette rencontre-là n'a pas eu lieu.
04:42Bien que ça ne veut pas dire que ça aurait réglé la situation,
04:44puisque arrivé devant lui, nous lui aurions dit,
04:46voilà les points, est-ce que vous êtes en mesure d'y répondre ?
04:48S'il n'est pas en mesure d'y répondre, ça aurait été le même résultat.
04:51Donc, si Mme la ministre vient ici, qu'elle prend le contact avec nous,
04:56je parle, mais c'est un collectif qui se réunira et qui prendra une décision.
05:00Il n'y a pas d'opposition a priori à rencontrer quelqu'un
05:04qui puisse vraiment porter des solutions.
05:07Et c'est là que ça se complique.
05:09Et deuxième chose, c'est que nous voulons voir simultanément dans cette rencontre,
05:14les présidents du conseil départemental,
05:18le président du conseil départemental, le président du conseil régional,
05:21en présence du préfet ou du représentant de l'État,
05:25du moment daté avec des pouvoirs de décision.
05:27Donc, ce sont ces trois personnalités,
05:30en physique et en représentation de leur poste précis.
05:35Éric Coriolan, le collectif NLP, met en avant des problématiques
05:39telles que le prix du carburant, les problèmes d'eau.
05:43Cependant, on a l'impression que la population ne réagit pas vraiment,
05:47qu'elle ne semble pas concernée.
05:48Est-ce que vous ne pensez pas que le fait que les membres de ce collectif
05:53aient des doubles casquettes, si je puis dire,
05:55et qu'il n'y ait pas un vrai leader proclamé,
05:58est-ce que vous ne pensez pas que ça sème un peu le trouble ?
06:01Pourquoi ? La population n'est pas concernée.
06:02Qui dit ça ?
06:03La population, vous savez, il y a eu un mouvement à Moudong
06:07la semaine dernière, il y a dix jours,
06:09où l'embouteillage était, il y avait un ralentissement au niveau de Moudong
06:12parce qu'il y avait un problème de terrain dans le secteur
06:15et les habitants de Moudong s'étaient manifestés.
06:17Il y avait eu un blocage avec un embouteillage que l'on s'accapestait.
06:20Vous savez, c'est produit.
06:22Les gens dans leurs voitures, sous le soleil, se sont arrêtés,
06:24se sont arrêtés, attendus patiemment et même félicités.
06:28Ceux qui étaient au combat, donc le collectif, pour se battre pour eux.
06:33Donc c'est un mouvement nouveau où effectivement,
06:35il n'y a pas de grande marche dans les rues, de grande foule,
06:38mais c'est un mouvement très, très, très, très populaire,
06:43contrairement à ce que certains peuvent penser.
06:46Aujourd'hui, effectivement, les Guadeloupéens ne sont pas invités
06:49à défiler dans les rues, ne sont pas invités à des grands meetings.
06:54Nous en faisons de temps en temps quelques-uns,
06:56mais le travail de fond se fait.
06:58Ils sont au courant de ce qui est réclamé.
07:00Tout le monde souffre du prix du carburant.
07:02Tout le monde souffre de l'eau qui manque.
07:04Tout le monde souffre des entreprises qui ferment
07:06et des jeunes qui sont au chômage,
07:08de la situation économique en Guadeloupe.
07:11Et en tout cas, j'ai entendu l'argument que vous me dites là.
07:15Nous l'entendons sur les réseaux sociaux,
07:17dans la bouche de certaines personnes.
07:18Ce n'est pas du tout l'impression que nous avons.
07:20Et chaque jour, des gens nous appellent pour rejoindre le mouvement.
07:24Donc, qu'il n'y a pas de leader, ça c'est également un épiphénomène,
07:30un deuxième sous-problème que tout le monde essaie d'évoquer.
07:33Il y a 21 organisations aujourd'hui qui, dans chaque organisation,
07:38les gens sont leaders de leur organisation.
07:39C'est un mouvement qui se concerte, qui se réunit régulièrement.
07:42On n'a pas besoin spécialement d'un chef qui conduit les choses.
07:46Nous sommes tous en harmonie sur une plateforme de revendications.
07:49Et ça va très bien.
07:50Donc, cette histoire qui n'a pas de chef,
07:51j'ai entendu ça aussi de la bouche au coin de Dominique.
07:54Bon, jusqu'à maintenant, c'est un préalable que nous avons posé au début,
07:59qu'il n'y ait pas, comment dire, un leader désigné de NLP,
08:05mais un ensemble d'organisations qui s'accordent
08:07sous la situation de la Guadeloupe et qui, chacun, à son niveau,
08:10en fonction de l'organisation qu'il représente,
08:12puisse présenter et défendre la position de ses argumentations.
08:17Donc, pour nous, ça n'est pas un problème.
08:18Nous l'avons assumé totalement.
08:20Nous n'avons pas de problème.
08:22Ça n'est pas un handicap pour nous,
08:23qu'il n'y ait pas eu un chef désigné.
08:25Peut-être que ça dérange certains,
08:26mais ça nous va très bien.
08:27C'est un choix.
08:28Éric Coriolan, pourquoi avez-vous lancé un avertissement
08:31aux journalistes de Lefebvre ?
08:33Alors ça, je vais sortir de la casquette NLP
08:37C'est pas NLP qui a réagi vis-à-vis de M. Lefebvre.
08:41C'est moi, Éric Coriolan, en tant que président de Sentinelle Guadeloupe.
08:44Il m'a été rapporté que M. Éric Lefebvre
08:48a désigné, lors de deux éditions de Guadeloupe la première,
08:52le mouvement NLP comme étant proche de l'extrême droite.
08:57Personnellement, et je suis témoin éditorial du combat que je mène contre l'extrême droite
09:06en Guadeloupe, que M. Lefebvre vienne coller l'étiquette de proche de l'extrême droite
09:12à ce mouvement dans lequel je suis membre, me dérange totalement.
09:19C'est faux, deuxièmement.
09:20Donc il faut que M. Lefebvre puisse indiquer précisément pourquoi il dit cela.
09:26Nous entendons un certain nombre de rumeurs, mais je n'ai pas du tout cette preuve.
09:31Donc je pense que ce sont des allégations mensongères
09:33sur lesquelles M. Lefebvre devrait ou s'expliquer ou s'excuser.
09:37Eric Coriolan, je vous remercie d'avoir répondu aux questions du Média Lepiche TV.