- il y a 6 heures
Jeudi 5 novembre 2026, retrouvez Yann Lechelle (cofondateur, Probabl), Julien Pillot (Consultant, Enseignant-chercheur en économie, Inseec - Groupe Omnes Education), Anna Dumont (Cheffe de Projets, Bionnov) et Garance Mathias (avocate et fondatrice dirigeante, Mathias Avocats) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.
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00:08Bonjour à tous, bienvenue dans ce direct de Smartech, c'est le grand débrief de l'actu.
00:13Aujourd'hui, vous nous regardez comme tous les jeudis à 11h30 sur Bsmart.
00:21C'est parti pour le grand débrief de l'actu tech que vous regardez tous les jeudis à 11h30 en
00:26direct sur la chaîne Bsmart.
00:28Aujourd'hui, autour de la table, mes commentateurs préférés, comme ça tous les autres vont vouloir faire encore mieux.
00:34Nous avons donc Julien Pillot, enseignant-chercheur en économie à l'INSEC, Yann Lechelle, cofondateur de Probable et auteur d
00:41'ouvertarisme,
00:42dont on a parlé d'ailleurs ici dans cette émission, et Garance Mathias, avocate à la cour de Paris de
00:49Mathias Avocat, votre cabinet.
00:51Alors on va parler aujourd'hui à la une de la taxe internet qui a suscité stupeur et tremblement.
00:57Nous aurons en invité du débrief le fonds Avenir Souveraineté.
01:01Et puis ce sera la revue de presse, on va sortir carton rouge, cartoir, peut-être beaucoup de carton rouge
01:05aujourd'hui, je ne sais pas, je le pressens.
01:06On terminera avec une découverte dans le domaine du biomimétisme.
01:11Mais donc d'abord cette taxe internet.
01:13Donc l'Assemblée nationale a adopté le 30 octobre, en première lecture du projet de loi de finances 2027,
01:21un amendement du député Laurent Lardy qui propose de créer une taxe sur les flux de données.
01:29Une taxe de 5,5 centimes par giga octet.
01:34Alors ça a été adopté en première lecture, ça veut dire qu'il y a normalement une deuxième lecture.
01:38Il doit y avoir un passage au Sénat.
01:40C'est surtout que c'est embarqué dans le PLF 2027 qui quand même a peu de chances d'être
01:44adopté en l'état.
01:46Et donc on se dit qu'on a peu de risques, je m'engage tout de suite,
01:51pour que cet amendement voie le jour véritablement, enfin pour que cette loi voie le jour véritablement.
01:57Donc je vais vous demander tout de suite de vous positionner,
02:00comme ça on va savoir un peu quelle est votre opinion par rapport à cette proposition
02:03qui est censée quand même dégager 10 milliards de recettes selon le député.
02:08Je vois un carton rouge chez Maître Mathias, je ne vois que des cartons rouges en fait finalement.
02:15Garance, il faut mettre le carton devant le micro comme ça on est sûr qu'on le voit bien.
02:18Alors, peut-être commencer Maître, vous avez lu cet amendement ?
02:22Oui, oui effectivement je l'ai lu, cet amendement.
02:26Les avocats lisent ce genre de choses ?
02:28On lit tout, on lit tout dès lors.
02:30Voilà, donc on compte sur vous pour nous donner tout le détail de la proposition.
02:35Et je l'ai même sous les yeux tellement qu'il est, on va dire qu'il est croustillant sur
02:39de nombreux termes à voir.
02:42Donc déjà cet amendement, c'est un amendement qui a été certes porté par un député,
02:46mais qui recueille effectivement, qui est présenté par l'ensemble du groupe socialiste et est apparenté.
02:52Donc on a Monsieur Faure, on a effectivement Monsieur Hollande, donc on a différentes personnes.
02:59Alors on se dit donc quand même, ils ont bien réfléchi, ça a l'air solide.
03:02Je ne sais pas comment se sont déroulés le brainstorming, la réflexion, toute cette stratégie autour de cette taxe,
03:12mais il y a énormément de critiques.
03:15Déjà ça reste une taxe sur les producteurs de données numériques.
03:20Les fournisseurs de contenu en langage courant, on est d'accord ?
03:24Une entreprise proposant un service d'accès Internet aux ménages et entreprises mettant en place sous la supervision de l
03:31'ARCEP.
03:31Voilà, une procédure de collecte consolidée et anonymisée.
03:36Parce qu'effectivement, juste pour préciser, parce que c'est compliqué pour nous de comprendre ces textes,
03:41les fournisseurs d'accès, eux, ce n'est pas eux qui vont payer la taxe, c'est les fournisseurs de
03:45contenu.
03:45Les fournisseurs d'accès, ils ont un rôle très important, très compliqué, on l'imagine.
03:51Ça va être donc de mesurer combien de données sont envoyées aux utilisateurs et d'où ils viennent,
03:57de quels fournisseurs précisément pour pouvoir leur imputer cette taxe.
04:01Oui, c'est le trafic de données expédié vers les abonnés des FAI.
04:05Donc c'est en fait très complexe.
04:07Rien que la lecture, là, j'en ai lu une ligne.
04:10Donc il faut savoir que les parlementaires sont comme nous tous.
04:14Donc tout le monde doit comprendre.
04:16La loi doit être claire, intelligible.
04:18Ça fait partie des grands principes de notre démocratie.
04:22Et après, il y a plusieurs questionnements.
04:24Et là, vous ne la trouvez pas très claire, c'est ça ?
04:26Non.
04:27En amont commençant, non.
04:31Après, ça sera renvoyé à un décret, si jamais elle devait passer et perdurer,
04:37puisque vu comme elle a été adoptée, le débat va continuer.
04:40La collecte est effectuée dans des modalités techniques définies par décret.
04:44Donc effectivement, pas de plus amples informations.
04:47Pas trop d'engagement là-dessus.
04:48Nous verrons.
04:49Effectivement, il y a une projection sur un rendement très conséquent.
04:55Ça ne reste qu'une projection.
04:5710 milliards d'euros de recettes.
04:59Après, nous allons voir, effectivement, puisque ça vise nommément les acteurs concernés.
05:05Donc c'est les GAFAM et consorts.
05:08Donc c'est dit noir sur blanc dans l'amendement.
05:13Autre chose aussi...
05:14Alors, et consorts ?
05:15Et consorts.
05:16Bon.
05:16C'est le terme.
05:17Ça reste assez vague aussi, en tout cas pour une loi.
05:21Donc tu imagines qu'il y aura un décret, qu'il y aurait ?
05:23Qu'il y aurait.
05:24Donc nous allons être dans le conditionnel après.
05:28Mais on est d'accord que dans le texte, en revanche, ce n'est pas limité au gatekeeper,
05:34enfin au contrôleur d'accès.
05:36On parle bien de l'ensemble des fournisseurs de contenu, ce qui pose problème.
05:40Alors, je voudrais faire réagir, peut-être avant l'économiste, le technicien Yann,
05:46sur la partie, justement, faisabilité technique.
05:49Alors, on est sur une grosse bêtise, en réalité, puisque pour le faire correctement,
05:56il va falloir analyser d'où vient le trafic.
05:58Or, il existe tout un tas d'acteurs qui sont des intermédiaires.
06:01On va créer quelque chose d'absolument cauchemardesque.
06:05y compris auprès d'acteurs qui ne sont pas des acteurs locaux,
06:08qui vont tout faire pour, évidemment, freiner toutes sortes d'audits temps réels sur le trafic.
06:14Donc, je n'y crois pas une seconde dans sa faisabilité, d'une part.
06:17Et d'autre part, c'est un aveu d'échec de ceux qui rédigent ce genre de texte,
06:22puisqu'ils veulent taxer les « usual suspects », comme on dit.
06:26Ces acteurs qui sont déjà très, très gros et déjà très dominants,
06:31qu'on adore à détester.
06:33Mais on voit bien là l'idée d'une fiscalité pour trouver de l'argent quelque part chez les plus
06:40gros.
06:40En fait, on ne fiscalise pas nos dépendances.
06:43On les réduit.
06:44Ça veut dire qu'ils n'ont absolument rien compris au numérique et au millefeuille.
06:49Donc, je m'oppose radicalement à ce texte, parce qu'il va dans le mauvais sens.
06:55C'est un aveu d'échec des acteurs qui disent qu'en fait, on a tout perdu dans le numérique.
06:59Ce n'est pas du tout une posture vaillante par rapport à ce que l'on doit faire.
07:03C'est plutôt une posture de dire, voilà, on est en faillite et on va essayer de grappiller de l
07:09'argent
07:10là où il y a des acteurs qui en captent un maximum.
07:13C'est débile.
07:14Vous avez travaillé chez un hébergeur important.
07:19Il y a eu une réaction du côté de OVH Cloud, directement d'ailleurs de son fondateur, Octave Clabat,
07:25qui a expliqué combien ça allait lui coûter à lui, par exemple.
07:28Bien sûr, parce qu'au final, il y a toujours quelqu'un qui paie la facture.
07:32Et donc, nos acteurs locaux que l'on doit soutenir, finalement, on les pénalise.
07:35Là où les autres ne payent pas d'impôts ici, donc déjà, ils ont de la marge d'avance pour
07:40payer toutes sortes de fiscalisations.
07:43Ils ne vont pas être affaiblis.
07:45Au contraire, soit ils ne paieront pas, soit ils ont la marge de manœuvre.
07:50Et ce sont nos acteurs qui, eux, ont besoin de soutien qui vont payer la facture, sinon le consommateur final.
07:56Oui, aussi.
07:57Alors, sur le consommateur final, juste un petit mot.
08:00Un petit mot, après on donnera la parole à Julien.
08:02Le sentiment du RGPD de la vie privée et ce texte a une formule qui se résume en une phrase.
08:10La taxe n'applique aucune inspection profonde de paquets de données,
08:13aucune donnée personnelle d'abonnés n'est audité et respecte le secret de correspondance comme le RGPD.
08:19Alors, le RGPD ne traite pas du secret des correspondances en tant que tel.
08:26La taxe n'applique aucune inspection profonde de paquets de données.
08:30Je renvoie sur ce qui vient d'être dit et sur le reste.
08:33Effectivement, Julien.
08:35Alors, Julien, sur le carton rouge, on va dire l'aberration économique ?
08:39Il n'y a rien qui va.
08:40Du texte ?
08:41Il n'y a rien qui va.
08:42On savait déjà que notre personnel politique était nul en économie.
08:44On vient de répondre en plus qu'il n'avait pas de mémoire.
08:46Parce que derrière cette taxe, il y a aussi l'idée sur laquelle il ne serait pas répercuté sur l
08:51'utilisateur final.
08:53Or, lorsqu'on a mis en place dans ce pays, il y a juste deux ans de ça, une taxe
08:57sur les services de streaming audio,
09:00celle-ci a été répercutée au centième de pourcentage près par les acteurs du streaming audio Spotify en tête.
09:08Parce qu'à la sortie, comme Friedman le disait très bien, il n'y a pas de repas gratuit.
09:13Ça n'existe pas.
09:14Et Frick Bastia, en 1850, ça ne nous rajeunit pas, disait déjà ce qu'on voit et ce qu'on
09:18ne voit pas.
09:18Et ce qu'on ne voit pas, c'est finalement toutes les répercussions indirectes des mauvaises décisions que l'on
09:22peut prendre.
09:23Donc oui, effectivement, moi j'ai fait mes petits calculs.
09:25Si cette taxe était appliquée in extenso et à périmètre constant,
09:30ça coûterait à un acteur comme YouTube environ 900 millions d'euros par an.
09:34Ça coûterait à Netflix environ entre 250 et 300 millions d'euros par an, pour ne parler que d'eux.
09:40Avec les plafonds, vous avez pris en compte les plafonds ?
09:43En prenant en compte le plafond de 15%.
09:45Donc on est sur ces montants-là, et évidemment qu'ils seraient répercutés quasiment au centime près sur l'utilisateur
09:51final.
09:52C'est juste évident.
09:53Et donc pour un abonné français moyen, ce serait probablement une facture qui s'alourdirait de l'ordre de plusieurs
10:00dizaines d'euros par mois ou par an,
10:03en fonction de ces usages, de la modification de ces usages en conséquence.
10:05Et effectivement, cette taxe, je rejoins Yann sur la question, elle serait d'autant plus pénalisante pour les acteurs de
10:12petite taille,
10:13les acteurs nationaux, quand les acteurs de très grande taille ont les moyens de pouvoir absorber ces taxes davantage que
10:21les autres,
10:22et en plus de ça, parfois les moyens de les contourner sur le plan technique.
10:25Et puis, dernière chose, à chaque fois qu'au niveau mondial, on a eu ce type de très mauvaise idée,
10:31on s'est rendu compte que c'était systématiquement contourné,
10:34ou tout simplement que ça se traduisait par une dégradation du service apporté aux utilisateurs.
10:39En Corée du Sud, par exemple, il y a une taxe à peu près similaire qui est appliquée.
10:44Twitch en a pris acte, et ce qu'a fait Twitch au départ, c'est de dégrader la qualité des
10:48vidéos,
10:48de façon à pouvoir réduire les flux de données.
10:50Et puis, finalement, en 2024, c'est carrément barré, parce qu'il a dit que ça lui coûtait dix fois
10:55plus cher en frais de serveur que n'importe où ailleurs dans le monde.
10:58En Ouganda, quand on a voulu mettre en place une taxe sur l'utilisation des réseaux sociaux,
11:03on s'est rendu compte que tout le monde est passé par VPN, et que la taxe a rapporté seulement
11:0617% de ce qui a été supposé rapporter au départ.
11:08Donc, de toute façon, à la sortie, il y a soit une dégradation de la qualité du service,
11:14soit des recettes fiscales qui sont très inférieures à ce qui était prévu parce qu'il y a des moyens
11:18de contournement,
11:18soit l'absence de service parce que les fournisseurs de services s'en vont, tout simplement.
11:24Alors, on avait eu cette petite phrase de Xavier Niel, qui les a traités de ignares incompétents.
11:30Donc, je crois que le tollé est tellement général quand même au sein de l'écosystème tech
11:35pour expliquer d'abord comment c'est un non-sens, comment c'est pratiquement infaisable,
11:40enfin, en tout cas, hyper complexe et une aberration technologique et économique,
11:46qu'on se dit qu'a priori, ça n'a pas beaucoup de chance d'aller plus loin.
11:50LFI a voté pour, mais en disant qu'il s'était trompé de bouton rouge, bouton vert.
11:54Alors, nous, on ne s'est pas trompé, on a vraiment mis un rouge.
11:56Je voulais aussi quand même vous faire réagir sur, parce qu'il y a eu un autre débat au niveau
12:02européen
12:03qui portait sur le fair share, où là, la proposition était de dire,
12:07on va vraiment la cibler les gatekeepers, donc les contrôleurs d'accès,
12:10qui ont été identifiés très clairement dans le Digital Market Act, je crois, et DSA.
12:17DSA et DSA.
12:18Digital Services Act également.
12:21Merci, Maître.
12:24Ils ont clairement été identifiés, et l'idée, c'était pour financer les infrastructures,
12:28pour participer à l'effort de financement des infrastructures,
12:30parce qu'on a besoin de tuyaux de plus en plus gros, évidemment,
12:33avec des contenus de plus en plus lourds sur nos smartphones.
12:37Est-ce que vous, sur le fair share, c'est ma question,
12:39vous, vous êtes plus enclin à accepter ce genre de taxe GAFAM ?
12:44Alors, la question est complexe, parce que c'est toujours une question d'implémentation,
12:48mais la thématique est plus intéressante et beaucoup plus subtile.
12:52Il faut passer par le DMA, c'est vrai, il faut trouver les moyens de créer cet équilibre,
12:56et je pense que les acteurs du numérique, y compris les géants,
12:59seront tout à fait à l'écoute de trouver un moyen de rééquilibrer certains déséquilibres
13:05par le volontarisme, sachant qu'ils vont continuer d'essayer de contourner au maximum la fiscalité dure.
13:10Donc, il faut que tout ça retourne très très vite dans l'écosystème,
13:12sous une forme un peu plus fluide,
13:14là où une taxation, une fiscalité permettra peut-être d'embaucher plus de personnes à l'ARCEP.
13:20Mauvaise idée.
13:22Bon, un mot là-dessus, sur le fair share, en comparaison avec ce texte français ?
13:27On s'est vertués en France à créer des infrastructures essentielles absolument importantes
13:32et qualitatives, que ce soit notre réseau 5G ou la fibre optique,
13:37qui est largement déployée sur le territoire aujourd'hui.
13:39Tout ce qui viserait à contraindre l'utilisation de ces réseaux-là
13:43et à contraindre finalement la digitalisation de la société
13:46irait à l'encontre des gains de productivité qui sont attendus du fait de cette digitalisation.
13:53Ça ne va pas dans le bon sens.
13:55Ça n'irait pas dans le bon sens.
13:56En revanche, le fair share tel qu'il est pensé au niveau européen,
14:00qui demanderait en fait une contribution qui serait relative à l'impact que l'on a
14:06ou l'utilisation que l'on a proportionné en fait de ces réseaux-là,
14:11sachant derrière les gains mirifiques que ça peut occasionner,
14:16oui, ça va dans le bon sens.
14:17Mais encore une fois, je suis complètement d'accord avec Yann,
14:20il faut que ce soit sur la base d'une discussion et d'un compromis
14:24qui est trouvé entre les acteurs et pas de façon extrêmement bête et aveugle
14:29comme la taxe dont on discutait tout à l'heure.
14:31Je suis d'accord.
14:32Je pensais que c'était important quand même de rappeler qu'il y a une différence
14:34entre cette proposition et ce qui était imaginé au niveau européen
14:39qui semble plus intéressant mais qui pour l'instant ne passe pas non plus,
14:42les fourches codines de Bruxelles.
14:44Non, alors peut-être un petit mot aussi, c'est qu'elle a une assiette,
14:49c'est le DMA, donc c'est le droit de la concurrence.
14:52Donc c'est aussi un cadre qui est structuré, qui a été adapté,
14:56qui a été éprouvé depuis des années.
14:58On n'est pas du tout sur la même assiette aussi fiscale.
15:01C'est pour dire très simple, c'est deux salles, deux ambiances.
15:04Si vous excusez mon franc parler.
15:08Et Bruxelles, ça veut dire aussi un contrôle par le Parlement,
15:12des études, des analyses d'impact et par rapport à l'investissement
15:16et l'innovation.
15:17Donc ça n'a rien à voir par rapport à ce qui nous est proposé.
15:21Mais aucune de ces deux initiatives ne résout le problème de nos dépendances
15:27et des grands déséquilibres.
15:29On ne le réglera pas par ça, on le réglera par la commande.
15:32Absolument.
15:34Très bien.
15:35C'est d'autres textes à venir.
15:36C'est le moment d'accueillir l'invité du débrief.
15:40Nous avons Thibaut Frossard qui est connecté avec nous.
15:42Bonjour Thibaut, merci pour votre patience,
15:45mais le débat a été animé sur notre taxe internet.
15:48Alors justement, on va parler de cette question des dépendances,
15:52puisque vous êtes administrateur du fonds de dotation Avenir Souveraineté.
15:57Expliquez-nous ce que c'est,
16:01quelle était la motivation derrière sur la création de ce fonds Avenir Souveraineté
16:05et aussi, je vous lance un petit peu toutes mes questions en même temps là,
16:09la différence entre un fonds d'investissement et un fonds de dotation.
16:12Je pense que c'est important de le préciser.
16:15Tout à fait.
16:16Bonjour Delphine Sabatier.
16:18Merci pour votre invitation, je suis ravi d'être avec vous,
16:20je suis ravi de pouvoir parler de souveraineté.
16:22Je le fais dans des conditions un petit peu particulières,
16:24puisque je suis en ce moment même au salon Euronaval.
16:27Je pense que c'est une démonstration visible pour tout le monde
16:30de ce que représente concrètement d'ailleurs la souveraineté
16:34quand vous baladez dans ces allées au milieu d'un certain nombre de produits industriels,
16:38dont je pense qu'on peut être fier de les avoir sur le territoire français et européen.
16:43Très bien.
16:44Merci de me permettre de présenter Avenir Souveraineté.
16:47C'est une initiative qu'on a lancée il y a quelques mois maintenant,
16:51qui part d'un principe simple.
16:53Aujourd'hui, la souveraineté, on en parle beaucoup,
16:57on y met beaucoup de définitions,
16:59mais on a une difficulté d'action.
17:01On a une difficulté d'action et donc on a créé Avenir Souveraineté
17:04pour pouvoir sortir des silos, pour pouvoir discuter ensemble,
17:08pour pouvoir comprendre ce qui se passe,
17:09comprendre nos dépendances, faire des choix
17:11et d'une certaine manière préserver notre liberté,
17:14notre liberté d'action.
17:15Aujourd'hui, cette question de la souveraineté,
17:18vous la voyez partout, elle touche le quotidien.
17:20On l'a vu dans les crises successives.
17:22On a vécu géopolitique, crise sanitaire, crise énergétique encore récemment.
17:27Et ça touche le quotidien des Français, des Européens.
17:30Quelques exemples, bien entendu,
17:32quand vous allez dans une pharmacie,
17:34qu'il n'y a pas de médicaments,
17:35c'est une question de souveraineté.
17:37Quand un sujet de tension énergétique apparaît,
17:40que vous dépendez de décisions sur lesquelles
17:44ni la France ni l'Europe ne sont en être,
17:46c'est une question de souveraineté.
17:47Quand vous utilisez des IA qui dépendent de puces,
17:51parfois d'algorithmes qui ne sont pas décidés,
17:55créés et façonnés en Europe,
17:57c'est aussi une question de souveraineté.
17:58Bref, vous pourrez multiplier les exemples.
18:01Et donc, cette souveraineté,
18:02elle est devenue un sujet sur lequel
18:04on se doit d'apporter des propositions concrètes.
18:07Et c'est ça, l'objectif d'amener la souveraineté.
18:09C'est créer un collectif pour adresser
18:10toutes ces dimensions de souveraineté
18:12de manière non-sectorielle,
18:13en alliant à la fois les acteurs académiques,
18:16des pouvoirs publics,
18:18des acteurs industriels,
18:19des acteurs de la société civile,
18:21pour pouvoir proposer des actions concrètes en ce sens.
18:25Vous m'interrogez sur le...
18:28Excusez-moi, je vous en prie là-dessus.
18:30Non, non, non, le fonds de dotation, allez-y.
18:33Exactement, vous m'interrogez sur la différence
18:36entre un fonds d'investissement et un fonds de dotation.
18:38Alors, ce n'est pas du tout la même chose.
18:40Un fonds de dotation, c'est une structure publique
18:43qui a pour objectif d'apporter, d'une certaine manière,
18:48la même chose que ce que peut faire une fondation.
18:49Et un fonds de dotation a, d'une certaine manière,
18:52l'objet de se transformer ensuite en fondation,
18:55donc de répondre à un besoin de manière non intéressée.
19:00C'est-à-dire, nous ne sommes pas dans une stratégie
19:02de fonds d'investissement.
19:03On n'est pas là pour investir dans des projets,
19:05dans des sociétés et espérer quelque chose derrière.
19:07Non, on est là pour proposer des actions concrètes,
19:09qui travaillent sur la notion de souveraineté
19:12pour le bien collectif et le bien commun.
19:13C'est ça, l'ambition d'un fonds de dotation
19:15et sa différence avec un fonds d'investissement.
19:19Ok, c'est important de le dire.
19:21Donc, ce fonds de dotation,
19:23il a été fondé par quatre grandes entreprises.
19:27Vous nous dites que l'objectif,
19:29c'est d'apporter des solutions sur le sujet de la souveraineté.
19:33Mais j'ai vu que votre premier objectif,
19:36c'est déjà de définir ce que recouvre la notion de souveraineté.
19:38Est-ce qu'on n'est pas déjà quand même au clair sur ce point ?
19:43Alors, peut-être d'abord,
19:45c'est fondé par huit membres fondateurs.
19:48Et je pense que c'est important de préciser
19:50qu'ils viennent de secteurs tout à fait différents,
19:53à la fois de l'énergie, à la fois du secteur de l'assurance,
19:55à la fois du secteur de l'automobile,
19:57de l'industrie, de l'aéronautique.
19:59Donc, beaucoup de secteurs différents
20:00qui viennent travailler ensemble.
20:04Comme je vous le disais,
20:05l'objectif sur cette question de la souveraineté,
20:07c'est d'abord de définir et de comprendre,
20:09parce qu'il faut qu'on sache de quoi on parle.
20:11Et aujourd'hui, je pense que la discussion
20:13où vous avez eu juste avant sur le plateau,
20:15on est tout à fait la preuve,
20:16on n'est pas la même chose derrière les questions de souveraineté
20:19et on n'a pas tous la même approche.
20:20Donc, on a besoin de ces chambres d'échange
20:22pour savoir de quoi on parle
20:23et pour savoir, d'une certaine manière,
20:26quelles mesures nous voulons déléguer
20:28une certaine partie de notre pouvoir
20:31tout en restant maître de notre destin.
20:33Et c'est ça, la définition de la souveraineté.
20:35Et ça, ça amène beaucoup de réflexions
20:37et ça amène des actions concrètes.
20:39La première action qu'on a faite,
20:41c'est travailler avec des acteurs de la recherche
20:44pour lancer les chaires de la souveraineté.
20:46Donc, on a travaillé avec l'Institut politique de Paris,
20:49avec le SCP,
20:52notamment,
20:55et Paris sans zélètre,
20:58pour financer des chercheurs,
21:00pour leur permettre justement
21:01d'échanger sur cette dimension,
21:03de bien comprendre ce qu'est la souveraineté
21:04et ensuite de pouvoir partager ce diagnostic
21:07avec des entreprises,
21:08avec la société civile
21:09pour qu'on parle de la même chose.
21:11Le deuxième objectif,
21:12c'est de fédérer
21:13et d'amener des solutions concrètes.
21:15On va lancer en janvier
21:17un grand forum sur la souveraineté
21:19qui réunira plusieurs centaines de personnes
21:21pour proposer des objets concrets,
21:23des choses réelles à faire
21:24pour avancer sur ce sujet.
21:27D'accord.
21:28Je ne sais pas si vous avez déjà des réactions en plateau.
21:31En plus, Yann a présenté l'IRN,
21:33l'indice de résilience numérique.
21:35Alors, ça ne concerne que le sujet
21:36de la souveraineté numérique,
21:37mais c'est un outil qui est déjà existant.
21:41Vous avez l'impression qu'on a besoin,
21:43à nouveau, de continuer à réfléchir,
21:45envisager quelles actions engager ?
21:47On en est encore là ?
21:48Moi, je salue l'initiative
21:49parce qu'il faut une lecture holistique
21:53de ces sujets de souveraineté.
21:54Ils sont pluriels.
21:55C'est un sujet qui est nécessaire
21:58pour maintenir la démocratie,
21:59la structure française
22:00au sein de la communauté européenne.
22:02Donc, on a besoin de coordination
22:03à tous les étages.
22:04Mon terrain de jeu n'est que sur le numérique
22:06et j'ai eu l'honneur de présenter l'IRN
22:10dans le cadre des petits déjeuners organisés
22:13avec des personnes qui écoutent,
22:15qui cherchent à comprendre
22:15parce que tout est très compliqué en réalité.
22:18Tout est très intriqué,
22:19le numérique en particulier.
22:20Oui.
22:21Et sur la partie action,
22:23parce que ce fonds de dotation,
22:25le montant qui est évoqué,
22:27c'est 50 millions d'euros,
22:29si je ne me trompe pas.
22:31Qu'est-ce qu'on fait avec 50 millions d'euros ?
22:33Est-ce qu'on ne va pas plus vite
22:34en décidant de faire un bail European Act,
22:38en décidant que ces huit fondateurs
22:40de Avenir Souveraineté
22:41s'engagent par exemple à acheter
22:43des techs ou des solutions françaises ?
22:49Je pense que ce sont des actions complémentaires
22:52à mener en fait.
22:53Et la vocation de Avenir Souveraineté,
22:57c'est de créer le lien
22:59pour pouvoir se poser ces questions
23:00et amener au-delà de ces huit fondateurs
23:03l'ensemble d'un écosystème
23:05à se mettre en marche.
23:07Donc concrètement,
23:07avec ces 50 millions d'euros,
23:08on va proposer des actions concrètes,
23:11on l'a déjà évoqué,
23:13on a lancé ces chaires,
23:14on va lancer ce forum aussi
23:16pour pouvoir partager
23:18sur cette question de la souveraineté
23:19qui n'est pas facile en soi,
23:21qui est un vrai exercice.
23:22Si on reprend le sujet
23:23de la souveraineté numérique,
23:24il y a une vraie prise de conscience
23:25collective sur ce sujet.
23:27L'IRN est un très bon exemple.
23:29Mais l'IRN, ce qu'il montre aussi,
23:30c'est qu'on a tout un travail pédagogique
23:32à faire sur ces sujets
23:34pour être capable de comprendre
23:35où sont les risques,
23:36pour être capable de les expliquer,
23:38pour être capable de proposer
23:40des solutions
23:40sur un certain nombre
23:42de parties de la stack technologique
23:45et donc d'apporter des réponses concrètes.
23:47C'est ça l'objectif
23:48sur cette dimension et sur d'autres.
23:51Je vais faire réagir rapidement
23:52parce que le temps file vite,
23:54Julien, et puis Garance.
23:56Non, je salue évidemment
23:57l'initiative qui est menée,
23:59qui est présentée par Thibault.
24:00Ce matin, cela étant,
24:03je vais renvoyer un terme
24:04que Yann a employé tout à l'heure,
24:05qui est le terme de dépendance.
24:07On ne bâtit pas la souveraineté
24:09sur des schémas de dépendance
24:10qui sont aujourd'hui,
24:12au moment où on se parle,
24:13très souvent inextricables.
24:14Et une souveraineté,
24:15ça se construit dans le temps
24:16par le biais d'une politique industrielle
24:17qui ne change pas
24:19tous les quatre matins
24:20au gré d'alternance politique,
24:22ce genre de choses,
24:23avec une vraie vision d'avenir,
24:24avec de la commande publique
24:25qui est fléchée vers des acteurs
24:27français ou européens.
24:29Donc, la souveraineté,
24:30c'est une résultante.
24:32Et pour l'instant,
24:33si on en est encore
24:34à travailler sur
24:36ce qui est l'amont,
24:37c'est-à-dire la réflexion,
24:38se poser la question de savoir
24:39qu'est-ce que c'est que la souveraineté,
24:40qui sont les différentes formes
24:41de souveraineté,
24:41alors qu'il y a déjà
24:42un travail académique
24:43qui est colossal,
24:44qui a été mené
24:44dans toutes les disciplines
24:45de l'économie
24:48ou les disciplines adjacentes
24:50à l'économie,
24:51le droit, évidemment.
24:53En fait, je pense qu'on est encore
24:55en train de perdre
24:55un peu de temps, en vérité.
24:56Oui, tu penses comme moi, quoi.
25:00Oui, initiative à saluer,
25:02bien entendu.
25:03Je rejoins sur les dépendances
25:04et je rejoins aussi
25:05sur le contexte
25:07extrêmement complexe
25:08où tout est lié,
25:10où on a ce besoin
25:11de dématérialisation accrue,
25:13d'accélération
25:14d'un niveau d'information
25:15tout en sécurisant.
25:17Le droit doit être
25:18un protecteur du cadre.
25:19Ça a toujours été, effectivement,
25:21le protecteur de l'État de droit.
25:22Dans un cadre,
25:24il y a effectivement
25:24des initiatives
25:25au niveau européen.
25:26Il faut, je pense,
25:27se placer
25:28au niveau de l'Europe
25:29avec tenter
25:31d'être tous alignés.
25:33Ce qu'on voit actuellement
25:34avec les tensions géopolitiques
25:35fait que le fait
25:37d'être aligné
25:38n'est pas tout à fait là.
25:39Et je rejoins aussi Julien
25:40sur le fait
25:41d'avoir une planification
25:43puisque ça prend
25:44quelques années
25:45juste pour mettre en œuvre.
25:46Je réagis rapidement.
25:47Oui, ce que je vais faire
25:48juste un mois.
25:48Oui, Thibaut va défendre sa copie,
25:49mais moi, je note
25:50de manière
25:51une lecture
25:51strictement statistique,
25:53c'est que la majorité
25:54des acteurs
25:55qui créent
25:56cette structure
25:57sont les acteurs privés.
25:58Là où votre marque
26:00touche les acteurs publics
26:01qui, eux,
26:02doivent implémenter la copie.
26:03Or, ils ne le font pas.
26:04Donc, c'est à nous,
26:06opérateurs privés,
26:07de prendre la main.
26:09Thibaut,
26:10je vous laisse
26:11un mot
26:12pour conclure
26:13peut-être
26:14sur l'aspect européen,
26:15le travail
26:16que vous pouvez mener
26:17au niveau européen.
26:19Tout à fait.
26:20Merci,
26:20merci, Delphine Sabatier.
26:21Merci aux intervenants
26:23aussi pour avoir
26:24fait la balle
26:25sur le sujet.
26:26L'aspect européen,
26:27il est effectivement critique.
26:30C'est un sujet
26:31qui a beaucoup évolué
26:32aussi dans le paysage européen.
26:33On pense
26:35aux planifications industrielles
26:36qui ont commencé
26:37à être pensées,
26:38qui est une nouveauté
26:39à l'échelle européenne,
26:40aux discussions en cours
26:41sur le cloud act,
26:42sur un certain nombre
26:43d'objets
26:43qui vont dans le bon sens.
26:44Donc, cette prise
26:45de conscience collective
26:46au niveau de l'Europe
26:47elle est là
26:48et maintenant
26:48on ne peut que rejoindre
26:49l'ensemble des intervenants
26:51sur le fait
26:51qu'on a besoin d'actions.
26:53Et donc nous,
26:53on est là pour proposer
26:54des idées
26:55qui ensuite doivent être
26:56implémentées.
26:57Et c'est tout l'objectif
26:58d'Avenir Souventé,
26:59un mot,
27:00peut-être à l'ensemble
27:01des auditeurs aussi
27:02pour leur dire
27:02que nous,
27:03on a huit fondateurs
27:05mais on est pour objectif
27:06d'embrasser
27:07une communauté plus large
27:08et donc de ne pas hésiter
27:09à nous partager des idées,
27:11à nous partager
27:11des actions concrètes
27:12qui sont menées
27:14pour qu'on puisse réussir
27:15à les répliquer.
27:16Très bien.
27:17C'est le message
27:17qu'on fait passer volontiers
27:19à tous les téléspectateurs
27:21et tous les décideuses
27:22et tous les décideurs
27:23qui nous écoutent.
27:25Merci Thibaut Frossard,
27:26je rappelle que vous êtes
27:26donc administrateur
27:27d'Avenir Souventé.
27:29On passe à notre revue de presse
27:32avec Les Echos
27:33qui titrent
27:34faux entretiens d'embauche,
27:36logiciels malveillants,
27:37détournement d'IA.
27:39Binance révèle
27:40l'effarant mode opératoire
27:43d'un piratage record.
27:44Il faut quand même rappeler
27:45qu'on parle de 6,3 milliards de dollars
27:48qui ont été volés
27:50en crypto actifs
27:52à la plateforme Binance.
27:55C'est le plus important piratage
27:56de l'histoire des cryptos.
27:58Qu'est-ce que vous dites ?
27:59Vous dites carton vert
28:00ou carton rouge
28:01sur la manière
28:02dont a réagi Binance
28:03face à ce piratage monumental.
28:07Allez, pardon,
28:08je me trompe de couleur,
28:09moi aussi,
28:09je fais comme certains députés.
28:12Alors, carton vert,
28:13on est tous contents
28:14de la manière
28:14dont réagit Binance.
28:15Parce que ?
28:16Pour quelles raisons ?
28:18Transparence.
28:19Oui.
28:20Ils vont très vite.
28:21Le sujet n'est pas évident.
28:24La décentralisation
28:24des systèmes financiers
28:26crée une opportunité
28:28pour les hackers.
28:29C'est une plateforme,
28:31le Web3,
28:32qui apprend très vite.
28:35Donc,
28:36ce ne sera pas le dernier.
28:38Il y en aura d'autres.
28:39Et à chaque fois,
28:40le système se durcit.
28:41Alors,
28:41le paradoxe,
28:42tout de même,
28:43c'est qu'il a fallu
28:44des plateformes centralisées
28:44pour bloquer le hack.
28:46C'est ça qui est rigolo.
28:47C'est vrai.
28:47Un paradoxe.
28:48Et nous vivons
28:50dans un monde
28:50de compromis,
28:51d'hybridation permanente.
28:54On centralise,
28:54on décentralise
28:55et les deux
28:56cohabitent
28:57joyeusement,
28:59chaotiquement.
29:00Donc, voilà,
29:01moi je trouve que
29:01Binance a fait ce qu'il fallait.
29:03Ils n'ont pas eu le choix
29:04et les banques
29:06se font hacker,
29:06elles aussi.
29:07Ah oui, c'est ça.
29:08Personne n'est à l'abri.
29:09Donc, autant communiquer.
29:10Et carrément communiquer
29:11de manière transparente
29:11sur le mode opératoire
29:12en expliquant que tout ça
29:13a démarré début juin
29:14avec les pratiques
29:15et tout ça,
29:16c'est quand même
29:17très intéressant.
29:18C'est très intéressant.
29:19Cet effort de transparence,
29:21on va dire,
29:21est à saluer.
29:22Après, il va se poursuivre,
29:23il va se continuer
29:24parce qu'il y a encore
29:24plein d'énormément
29:25de zones d'ombre.
29:26C'est aussi à remarquer,
29:27à faire un parallèle
29:28avec la communication
29:29de l'ENSI
29:30qui était une première
29:31à la suite
29:32de la cyberattaque
29:33de la DGFIP.
29:35Ce qui a été publié
29:36par l'ENSI
29:38montre une preuve
29:39de transparence
29:40et montre aussi
29:41le besoin
29:42d'expliquer,
29:44le besoin de sensibiliser.
29:46Et ça va dans le bon sens,
29:48même s'il y aura toujours
29:49des éléments
29:49qui seront dits
29:51après,
29:52à postériori ou autre.
29:53Et c'est vrai
29:54que c'est un mastodonte,
29:54Biden.
29:55C'est un mastodonte.
29:56Il y a une puissance
29:57très intéressante.
29:59Julien ?
30:00Moi, ce que je salue
30:01et c'est la raison
30:02de mon carton vert,
30:03c'est effectivement
30:04la réactivité
30:04et la transparence
30:05de Binance
30:06parce que ce qui intéresse
30:07un économiste,
30:08c'est les effets
30:08que peut avoir
30:09ce type d'événement
30:10sur la stabilité
30:11des marchés.
30:12Et donc,
30:13ce que j'ai regardé,
30:13c'est la façon
30:14dont les marchés
30:15ont répondu finalement
30:16suite à cette attaque.
30:18On aurait pu craindre
30:19parce que c'est quand même
30:19une attaque colossale,
30:206,3 milliards,
30:21on ne parle pas
30:22de menu monnaie.
30:23On aurait pu craindre
30:24un décrochage
30:25des valeurs de crypto,
30:26ça n'a pas été le cas.
30:27On aurait pu voir
30:29un gros décrochage
30:30au niveau des flux
30:31et des volumes échangés.
30:32Ça n'a pas été le cas.
30:33Ce qui veut dire
30:33que là, pour le coup,
30:34il y a eu une petite
30:34correction technique
30:35mais il n'y a pas eu
30:36d'effet d'emballement
30:37et c'était à craindre.
30:38Donc là, pour l'instant...
30:39Ça, ça n'entame pas
30:40la confiance dans la plateforme ?
30:42Ni dans la plateforme.
30:43D'autant qu'elle a restitué
30:4490% des fonds.
30:47En plus, il y a ce niveau
30:49de filet de sécurité
30:50qui a été activé très vite
30:51et qui doit rassurer
30:52évidemment les investisseurs.
30:53Mais ce qui est évident,
30:55c'est que pour l'instant,
30:57ce n'est pas forcément
30:58un lien de causalité
30:59mais au moins une corrélation
31:00entre la transparence
31:00et la rapidité
31:01dont Binance a fait preuve
31:03et le fait que la correction
31:04sur les marchés
31:05a été extrêmement minime.
31:06C'est plutôt à saluer
31:07et d'autant plus que,
31:09comme l'a dit Yann tout à l'heure,
31:10ce type d'attaque
31:11se reproduira
31:12et peut-être
31:13sur des montants
31:13encore supérieurs.
31:14Donc voilà.
31:15Pour vous,
31:16il n'y a pas de mise
31:17en question du modèle
31:19de Binance,
31:20de ses plateformes
31:21ou de la sécurité
31:22autour des cryptos actifs ?
31:24Il y a un sujet
31:24de cybersécurité
31:25au sens large.
31:27Et on va avoir besoin
31:28de l'IA
31:28pour contrer l'IA.
31:30Allez,
31:31on passe à
31:32Starlink Mobile.
31:33Là,
31:33c'est Frandroid
31:34qui titre sur Starlink Mobile.
31:36SpaceX s'apprête
31:37à racheter Boost Mobile
31:38pour faire de Starlink
31:39un véritable opérateur mobile.
31:40Donc ça,
31:41ça se passe aux Etats-Unis.
31:42En ce moment,
31:44on parle de l'arrivée
31:45d'un Starlink Mobile
31:46fin 2027.
31:48carton rouge
31:49ou carton vert
31:50sur cette nouvelle ambition
31:51de Starlink
31:52qui veut jouer
31:54au coup d'à-coup
31:55avec les opérateurs mobiles
31:56traditionnels.
31:58Je ne sais pas,
31:58j'hésite.
31:58De quel point de vue ?
32:00Du vôtre.
32:02Vous trouvez que
32:03c'est une bonne idée
32:03parce que vous dites
32:04c'est bien,
32:04il va y avoir un effet
32:05nouvel opérateur,
32:06ça va être bon pour l'offre,
32:08pour la couverture,
32:10pour les prix.
32:11Ou alors,
32:12vous dites
32:12non,
32:13ça va mettre en danger
32:14l'équilibre dans les télécoms.
32:16C'est pour ça que j'hésite.
32:18Oui et non.
32:19Pour eux,
32:20ça va évidemment.
32:21Pour nous,
32:23carton rouge,
32:23il n'y a pas
32:24qu'on trouve un moyen
32:25de faire qualifier
32:26Starlink
32:27d'opérateur télécom.
32:28Or,
32:28aujourd'hui,
32:29ils sont over the top,
32:30c'est-à-dire littéralement
32:31par-dessus
32:31et donc,
32:32ils contournent
32:35nos opérateurs locaux.
32:37Donc,
32:37il y a un vrai sujet
32:38de la même manière.
32:38ils sont obligés
32:38d'utiliser
32:40nos opérateurs mobiles
32:41pour passer
32:42par les bases terrestres.
32:44Bien sûr,
32:45mais...
32:46Si demain,
32:46ils sont totalement indépendants,
32:48qu'ils achètent
32:48leurs propres fréquences,
32:50qu'ils deviennent
32:50un véritable opérateur mobile...
32:52C'est là que ça devient intéressant.
32:52C'est-à-dire que globalement,
32:53il faut que la totalité
32:54de l'activité
32:55soit régie
32:55par les règles actuelles.
32:58Oui.
32:58Donc,
32:59c'est le régulateur français
33:01et le régulateur européen
33:02qui vont avoir
33:03tout le travail là-dessus.
33:04Ça n'arrivera.
33:04tout le travail.
33:05Ça n'arrivera jamais.
33:06C'est pour ça que je rejoins.
33:06Ça n'arrivera jamais,
33:07nous dit Julien.
33:08C'est pour ça que je rejoins.
33:09Effectivement,
33:11j'allais dire
33:12qu'il faudrait
33:12une troisième couleur
33:13parce que c'est quand même...
33:15Voilà.
33:15Il faudrait effectivement...
33:17On voit
33:19l'influence
33:19plus au-delà
33:21de l'influence
33:21de Starling
33:22et de sa puissance économique
33:25aux États-Unis.
33:26Donc,
33:27je vais dire,
33:27ça fait partie
33:28effectivement
33:28de ses projets,
33:29de ses ambitions
33:30et des nombreuses ambitions
33:31qui sont dites
33:32par Starling
33:33après quid
33:34du questionnement européen.
33:36Iris 2.
33:36Et du consommateur,
33:37en fait.
33:38Oui.
33:38Pour le final,
33:39nous,
33:40quid...
33:41On peut se poser la question
33:42du point de vue
33:42d'Iris 2
33:42et de Telsat.
33:43Oui, absolument.
33:44C'est vraiment...
33:45Pourquoi Julien dit
33:46que ça n'arrivera jamais ?
33:47Je lui dis
33:47que ça n'arrivera jamais
33:48parce que jusqu'à présent,
33:49on a démontré
33:49notre incapacité
33:50à pouvoir contrer
33:51les lois extraterritoriales
33:54ou statut extraterritorial
33:55de certains opérateurs.
33:56On a la main qui tremble
33:57à chaque fois qu'il faut réguler
33:58de façon extrêmement forte.
33:59Mais là,
33:59l'Europe a quand même décidé
34:00de réserver des bandes de fréquence
34:01aux opérateurs européens.
34:03Mais tu sais,
34:04on a parlé précédemment
34:06dans l'émission.
34:08Mais ce qui doit arriver
34:10arrive fatalement.
34:12Lors d'une émission précédente,
34:13on se posait la question
34:14de savoir si Starling
34:15allait devenir
34:15un opérateur mobile.
34:17J'avais déjà exprimé mon avis
34:18pour dire oui,
34:19c'est écrit.
34:20Et l'effet me donne raison.
34:22Et donc,
34:22ce que tu peux empêcher,
34:23il faut l'embrasser.
34:24Et en tant qu'économiste
34:26concurrentialiste par ailleurs,
34:27la concurrence,
34:28ça ne me fait pas peur.
34:29Moi, je l'embrasse,
34:29c'est la concurrence.
34:30Parce que la concurrence,
34:31ça veut dire généralement
34:31des prix qui baissent
34:32pour les utilisateurs,
34:33qu'ils soient en B2B
34:34ou en B2C.
34:35Et c'est généralement
34:35une concurrence sur la qualité
34:36pour se démarquer.
34:37Donc, je dis bienvenue Starling.
34:39Bienvenue Starling.
34:40Et le plus haut sera le mieux.
34:42Oui.
34:42Mais ça ne pose pas
34:43un petit problème
34:44que tout ça soit entre les mains
34:45d'Elon Musk
34:46et que ça fragilise
34:47le secteur des télécoms français ?
34:49Ça rejoint la discussion
34:49qu'on a eue tout à l'heure
34:50sur nos niveaux de dépendance.
34:52Nos dépendances actuelles
34:53sont le résultat
34:54d'une inaction
34:54sur 20, 30, 40 ans.
34:56Donc, encore une fois,
34:57on ne peut pas s'exonérer
34:58de notre propre turpitude.
34:59Et aujourd'hui,
35:00on est bien content
35:00de trouver Starling
35:01partout où Starling
35:02est absolument nécessaire,
35:04voire complètement incontournable,
35:05notamment sur la ligne
35:05de front ukrainienne.
35:06Moi, je veux bien
35:07qu'on s'inquiète
35:09de nos opérateurs
35:10plus ou moins stratégiques
35:11d'ailleurs européens,
35:12mais que ne les avons-nous
35:13pas soutenus
35:14sur les 20 dernières années ?
35:15C'est ça.
35:16Et le danger
35:17de laisser un opérateur
35:18full stack,
35:18c'est-à-dire
35:19qu'il s'intègre verticalement
35:20et va ressembler bientôt
35:22à un Big Tech,
35:24GAFAM ou autre
35:24qui sont des acteurs
35:26redoutables
35:26sur l'ensemble
35:27de leur stack.
35:28Donc, il faut se préparer
35:29à la compétition, là.
35:30On termine avec
35:31le nouvel Ops
35:32qui titre
35:33sur les 48% de colis
35:35en moins en 3 mois,
35:36selon le ministre
35:37Serge Papin
35:38qui dressait
35:38donc le bilan
35:39d'un an de lutte
35:40contre l'ultra-fast fashion.
35:42Bravo au gouvernement
35:44pour son action
35:45contre cette
35:46ultra-fast fashion.
35:48Ou alors,
35:49carton rouge,
35:50vous trouvez que
35:51c'est un peu
35:51de l'autosatisfaction
35:52rapide, là ?
35:55Allez,
35:56on est tous
35:57très satisfaits
35:59de l'action
36:00gouvernementale.
36:01Ah !
36:02Quand même,
36:03un insatisfait.
36:04Alors, pourquoi ?
36:05Qu'est-ce qui ne va pas
36:05là-dedans, Yann ?
36:06C'est un cache-misère.
36:08C'est un cache-misère.
36:09Donc, oui,
36:10peut-être localement,
36:11mais tout ça
36:12est très vite contourné
36:12en réalité.
36:13Oui.
36:15Passé par un autre
36:15pays européen
36:16et du transit terrestre.
36:18Bref,
36:20un petit peu
36:20comme dans tous les sujets,
36:21globalement,
36:22on n'a pas fait émerger
36:22d'acteurs locaux
36:24pertinents
36:25et on se fait
36:27inonder,
36:28tout simplement.
36:29Oui, mais là,
36:29on pose des digues.
36:30On essaie quand même
36:31de poser des digues.
36:31Et puis,
36:32la lutte contre
36:32les petits colis,
36:33c'est écolo.
36:34Oui,
36:34j'ai fait un petit lapsus,
36:35d'accord,
36:35je me suis trompé.
36:37Localement,
36:37c'est mignon,
36:38ça ne va pas
36:38te dire très longtemps.
36:39D'accord.
36:41Alors,
36:41peut-être plus positif
36:42de ce côté-là
36:43de la table.
36:43Oui,
36:43alors on va essayer
36:44d'être positif.
36:45Satisfaction,
36:47satisfacité,
36:48avoir,
36:48je ne sais pas,
36:49c'est juste que l'Europe
36:50a repris la main
36:51au niveau européen
36:52puisqu'effectivement,
36:53sinon,
36:54il y avait une mesure
36:55de contournement
36:56qui était extrêmement
36:58notable et visible
36:59puisque les acteurs
37:00ne s'en cachaient pas.
37:02Donc,
37:03l'Europe a repris la main.
37:05Après,
37:05il faut voir les effets,
37:07il faut voir les conséquences.
37:08Oui,
37:08sur le long terme
37:09parce que là,
37:09on constate une baisse
37:10en fait de l'activité
37:11sur ces sites
37:12mais au mois de juillet,
37:13moi,
37:13j'ai dit mois de juillet,
37:14est-ce que c'est vraiment
37:14un mois parlant
37:15pour l'Ultra Fast Fashion ?
37:16Je ne sais pas.
37:17Julien ?
37:18Effectivement,
37:18en lien avec ce que tu viens de dire,
37:19Delphine,
37:20c'est plutôt à l'issue
37:21du Black Friday
37:22et des fêtes de fin d'année
37:23qu'on pourra vraiment
37:24mesurer l'impact
37:26d'une telle mesure.
37:27Ça,
37:27c'est évident
37:28mais juste pour rebondir
37:30sur ce qui a été dit aussi,
37:31c'est l'extrême niveau
37:32de réactivité
37:33de ces acteurs-là
37:34qui sont capables
37:35de modifier
37:36leurs organisations logistiques
37:37de façon extrêmement
37:38véloce et rapide
37:39et on voit que
37:40dès lors que l'Europe
37:41a repris la main,
37:42comme le disait Garance,
37:43sur la taxation,
37:44on a revu
37:46des flux logistiques
37:48entrant en très forte progression
37:49en France.
37:50Mais quand je dis
37:50en très forte progression,
37:51c'est plus de 214%.
37:52Donc, quelque part,
37:54il y a cette capacité
37:55et cette plasticité
37:56de ces acteurs-là
37:57à pouvoir s'adapter
37:59à à peu près tout,
38:00quasiment en temps réel
38:01et tant qu'on n'aura pas résolu
38:02notre problématique
38:03de dépendance,
38:04ça perdurera.
38:05Moi, j'ai un livre
38:06à vous conseiller là-dessus.
38:07C'est pour comprendre
38:08comment ça fonctionne
38:08les entreprises chinoises
38:09et justement leur agilité
38:10face à ce genre
38:11de transformation.
38:13ça s'appelle
38:14Danse avec les dragons.
38:15Allez,
38:16c'est le moment
38:16d'accueillir quand même
38:17notre invitée spéciale.
38:18On va parler
38:19de biomimétisme
38:20tout de suite.
38:27C'est Anna Dumont
38:28qui nous a rejoint,
38:29chef de projet
38:30chez Bionove.
38:31Avec vous,
38:32on va parler
38:32des chaussures de trail
38:33et des sabots
38:35de la chèvre de montagne.
38:37Tout à fait.
38:38Ok.
38:38Bonjour à tous.
38:39Bonjour Delphine.
38:40Le trail,
38:41ça tombe bien,
38:41c'est la grande mode.
38:42Tout à fait.
38:44Et la chèvre,
38:45donc cette espèce
38:46qui vit dans les montagnes,
38:47donc on parle bien
38:47de la chèvre des montagnes,
38:48pas de la chèvre des fermes,
38:50elle passe sa journée
38:51à gravir des pentes
38:52qui ont à peu près
38:5360 degrés d'inclinaison,
38:54donc quelque chose comme ça,
38:56en s'appuyant
38:56sur des toutes petites surfaces,
38:57en fait,
38:58sur les arêtes des montagnes
39:00et le tout,
39:00sans jamais tomber.
39:03Et donc...
39:04Et donc on rêverait
39:05d'être une chèvre de montagne.
39:06C'est ça,
39:07on rêverait de faire ça.
39:08Et toute l'ingéniosité
39:10du mécanisme
39:10se situe au niveau
39:11de son sabot.
39:12Bon alors,
39:12quel rapport avec le trail ?
39:14On commence à voir
39:14où ça va,
39:15mais le trail,
39:16comme vous disiez Delphine,
39:17activité très en vogue
39:18ces 20 dernières années
39:20parce qu'elle permet
39:21le dépassement de soi
39:22et une reconnexion
39:23à la nature.
39:24Mais bon,
39:24comme toute activité sportive,
39:26elle peut exposer
39:27à des risques de blessures,
39:28on espère le moins possible.
39:29Mais dans le cadre du trail,
39:31les blessures,
39:32la cause numéro 1,
39:33ça va être dû
39:33en fait aux défauts
39:34d'adhérence
39:35aux surfaces et au terrain.
39:37Que le trail,
39:38en fait,
39:38on est à la fois
39:39sur des roches,
39:40on est à la fois
39:40sur de l'air mouillé,
39:41on est à la fois
39:41sur de la terre.
39:42Bon,
39:43toutes les opportunités
39:44possibles de glisser.
39:46Et donc,
39:47finalement,
39:49comment on...
39:50Et c'est vrai
39:50qu'on dit souvent
39:51qu'il faut avoir
39:52les bonnes chaussures
39:53déjà quand on pratique
39:54un sport nouveau.
39:54C'est ça.
39:55Et pour avoir
39:55les bonnes chaussures,
39:56en fait,
39:56il y a un vrai dilemme
39:57pour les constructeurs
39:58de la semelle,
39:59c'est-à-dire qu'il faut
40:00plutôt une semelle souple
40:02qui va permettre
40:02en fait d'adhérer
40:03et de se déformer
40:04à toutes ces aspérités
40:05du terrain.
40:06Le problème,
40:06c'est qu'une gomme souple,
40:08c'est une gomme
40:08qui va très vite
40:09s'éroder,
40:10se casser.
40:11Et donc,
40:11de fait,
40:12forcément,
40:13il y a un vrai équilibre
40:14à trouver
40:14entre dureté
40:15et souplesse.
40:16Et donc,
40:17les ingénieurs se sont dit
40:18comment on trouve
40:19ce compromis,
40:20ce graal ?
40:20Et ils se sont donc
40:21intéressés
40:22à cette fameuse chèvre
40:23de montagne
40:24et à son fameux sabot.
40:26Donc là,
40:26c'est la magie
40:27du biomimétisme.
40:27On va regarder
40:28dans la nature
40:28pour avoir
40:29une inspiration
40:30de technologie.
40:31C'est ça.
40:31Et voir comment
40:32on peut le transposer
40:33par la suite.
40:33Donc,
40:34la chèvre,
40:35comme je le disais,
40:35tout se situe
40:36dans le sabot.
40:37Le sabot,
40:38il est fait
40:38dans une couche
40:39en bimatériaux,
40:40c'est-à-dire
40:40qu'à l'extérieur
40:41du sabot,
40:42on va avoir
40:43de la corne,
40:44donc très dure,
40:45un petit peu rugueuse,
40:46donc qui va accrocher
40:47à peu près n'importe quoi.
40:49Et à l'intérieur
40:50du sabot,
40:51une couche
40:52beaucoup plus souple,
40:52beaucoup plus déformable
40:53qui va permettre
40:55de faire justement
40:55cet effet ventouse
40:56et adhérence
40:57et donc de venir
40:58consolider l'accroche.
40:59Mais le troisième point
41:00qui est super intéressant,
41:01c'est que la chèvre,
41:02à l'inverse
41:03par exemple
41:04du sabot d'un cheval,
41:06je vais y arriver,
41:07qui est plein,
41:07la chèvre,
41:08elle a deux petits doigts,
41:09un petit peu
41:10comme les chaussures
41:10tabies pour ceux
41:11à qui sa femme.
41:11Oui, très jolie.
41:13Et donc,
41:14ça permet en fait
41:15d'avoir une possibilité
41:17de déformation
41:19très importante
41:20et même de venir
41:21pouvoir en fait
41:22pincer des arêtes
41:23de montagne,
41:24ce qui fait en fait
41:24qu'elle ne va
41:26finalement jamais tomber.
41:28D'accord.
41:29Et donc,
41:29comment on transpose ça
41:31à notre chaussure de trail ?
41:33Tout simplement
41:33en essayant de reproduire
41:35cette architecture
41:37et ces fameux deux doigts
41:39en coupant finalement
41:40la semelle en deux
41:41dans le sens de la longueur
41:42pour avoir non plus
41:44cette fois une semelle
41:45en un monobloc rigide
41:47mais avoir
41:48ces deux parties
41:49amovibles
41:50qui vont venir
41:51accrocher la structure.
41:53Et donc,
41:53ce design,
41:54il a été validé
41:55par un collège
41:55de podologues,
41:58kinésithérapeutes
41:58et aussi ingénieurs
42:00biomécaniciens
42:00puisque l'idée,
42:01c'est vraiment
42:02que cette structure
42:04inspirée du sabot
42:05de la chèvre
42:05vienne amplifier
42:06le mouvement
42:06du pied humain.
42:08Donc,
42:08cette chaussure,
42:08elle existe ?
42:09Alors,
42:09il y a des prototypes
42:10qui existent,
42:12qui ont été testés
42:12dans des laboratoires
42:13à Annecy.
42:14Bon,
42:14Annecy,
42:15région montagneuse
42:16donc prédilection
42:17pour le trail
42:18et les résultats,
42:19ils sont déjà là.
42:20C'est-à-dire qu'en fait,
42:22on s'aperçoit
42:23qu'avec ce type
42:23de semelle,
42:24on a un vrai gain
42:25au niveau de la stabilité latérale
42:27et aussi une meilleure accroche
42:29sur les surfaces fuyantes
42:30et mouillées.
42:32Et donc ça,
42:32ça ouvre énormément
42:33de perspectives
42:33pour le marché
42:34de l'équipement outdoor.
42:36Donc,
42:36on parlait du trail
42:37mais ça pourrait totalement
42:39aller sur le milieu
42:40du trekking,
42:41de l'alpinisme,
42:42de l'escalade.
42:43Ou des secours aussi,
42:44des secours en montagne.
42:46Peut-être,
42:46oui,
42:46ça pourrait être...
42:47On parle du sport
42:48mais fantastique Delphine,
42:51je vois que vous avez
42:51l'habitude maintenant
42:52de nous recevoir.
42:54Et donc finalement,
42:55c'est là la force
42:55du biomimétisme,
42:56c'est de réussir
42:57ce travail de transposition
42:59et pour trouver
43:00la meilleure innovation
43:02pour l'équipement du sport,
43:04on peut s'inspirer.
43:05Ça va intéresser Julien
43:06parce qu'il habite
43:07pas loin de la montagne.
43:08Absolument.
43:08Merci beaucoup à tout le monde,
43:10merci surtout Anna Dumont
43:12de nous avoir fait découvrir
43:13encore une nouveauté
43:13grâce au biomimétisme.
43:15Je rappelle que vous êtes
43:15la chef de projet
43:16chez Bionove.
43:17Merci à Garance Mathias
43:18d'avoir été avec nous,
43:20Yann Lechelle et Julien Pillot
43:21et à vous pour votre fidélité.
43:23On se retrouve pour le direct
43:24la semaine prochaine
43:25à 11h30 sur Bsmart
43:26et sinon à demain
43:27pour de nouvelles discussions
43:27sur la tech.