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Ce vendredi 6 novembre, la revalorisation du SMIC au-delà de 1 500 euros ainsi que le manque de confiance des Français dans l’avenir économique du pays ont été abordés par Carine Rouvier, PDG d’EuropAmiante et Domaine LEO, Laurent Vronski, directeur général d’Ervor, et Olivier Garnier, expert associé à l’Institut Montaigne, dans l'émission Les Experts, présentée par Laure Closier sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Laurent Vonsky, bonjour, directeur général d'Airvor en face de vous, Olivier Garnier.
00:04Bonjour, expert associé à l'Institut Montaigne, et Karine Rouvier, PDG d'Europe Amiante et Domaine L.E.O.
00:09Je commence avec vous, Karine Rouvier, augmentation du SMIC, 1500 euros.
00:12Alors, le décret n'est pas passé, mais c'est ce que dit Farandou ce matin dans les médias.
00:16Je pense que le décret n'est pas passé, mais qu'on ne va sûrement pas y couper de toute
00:19façon,
00:19puisque c'est souvent, on n'a pas le choix en tant que chef d'entreprise que de subir les
00:22augmentations du SMIC.
00:23Oui, on vous l'impose.
00:24On nous l'impose, voilà.
00:25Après, ce qui est dérangeant dans le SMIC, c'est qu'à la base, c'était censé être un plancher
00:30haut,
00:31et aujourd'hui, c'est devenu un seuil bas,
00:33puisque dès que vous passez avec le système de diminution des charges sociales en fonction du salaire,
00:38plus le salaire monte, et moins on a de diminutions de charges,
00:42ce qui fait qu'aujourd'hui, il faudrait plutôt libérer les exonérations de charges,
00:49pour nous permettre de continuer d'augmenter les gens,
00:51parce qu'augmenter le SMIC, ça va bloquer,
00:54parce que celui qui était à 10% du SMIC, du coup, il va devenir de plus en plus SMICard.
00:58Si vous allez vous retrouver avec des gens qui avaient un salaire convenable,
01:00et puis au fil du temps, ils deviennent SMICard,
01:01parce que le SMIC monte, mais le reste ne monte pas.
01:03Et puis vous avez un seuil au-dessus duquel, d'un seul coup, vous payez beaucoup plus de charges sociales.
01:07Dès que vous passez le seuil de calcul de l'exonération,
01:10d'un seul coup, vous donnez 50 euros de plus à un salarié,
01:12mais vous prenez 150 euros de plus de charges sociales.
01:14Donc il faut, si on veut augmenter le SMIC,
01:16il va quand même falloir faire quelque chose sur l'allègement des charges sociales.
01:19Un, avoir une vraie politique d'allègement de charges sociales,
01:21et ensuite arrêter de détricoter des calculs qui sont déjà très compliqués,
01:24parce que derrière les calculs très compliqués,
01:26se cache, encore une fois, un alourdissement de nos charges.
01:29À chaque fois, c'est la même chose.
01:31C'est le même jeu qui gagne à chaque fois.
01:32Ce n'est pas nous qui gagnons, bien sûr.
01:34Mais concrètement, vous dites si demain,
01:36enfin, si à partir de lundi, le SMIC passe à 1500,
01:38vous savez déjà que la catégorie d'après chez vous, elle va être bloquée ?
01:42Le vrai, c'est que ça bloque le reste des salaires.
01:44Ce n'est pas juste augmenter le SMIC,
01:45c'est que vous êtes obligés d'augmenter tout le reste.
01:47C'est ça, en fait, l'effet du SMIC.
01:48Sinon, je vous dis, tout le monde devient SMICard.
01:50Comment vous pouvez expliquer à quelqu'un
01:51qui était à 150 euros du SMIC il y a 5 ans,
01:54d'un seul coup, il devient SMICard ?
01:55Enfin, on est carrément...
01:57C'est carrément à l'inverse du but recherché, en fait.
01:59Laurent Wonski.
02:00Je pense que tout ce débat autour du SMIC,
02:03si vous voulez, ça occulte le vrai débat,
02:05il est l'éléphant au milieu de la pièce.
02:06C'est-à-dire que vous avez aujourd'hui...
02:07Le vrai problème, c'est l'écart entre le brut et le net.
02:10C'est-à-dire que tout ce qui part, direction État.
02:13Donc, l'État est très fort pour donner des injonctions,
02:16pour donner des liçons.
02:17Non, il faut augmenter ci, il faut augmenter ça.
02:19Mais je veux dire que c'est lui qui capte quand même
02:21une très très grosse partie de cette richesse.
02:23Et cet argent, aujourd'hui, est absolument colossal.
02:26Il faut savoir que ça capte tout ce qui est charges sociales, etc.
02:29Alors, on nous dit à chaque fois,
02:30oui, mais c'est le coût de la protection sociale, etc.
02:32Donc, c'est l'éternel débat de l'efficacité de la dépense publique.
02:36C'est-à-dire que vous avez des gens...
02:37Tous les gens, si vous voulez, qui sont salariés,
02:39savent faire la différence entre le brut et le net.
02:41Et ce qu'ils font aussi, c'est une équation extrêmement simple.
02:44On n'arrête pas de leur dire que les services publics français
02:46sont formidables et ils en font l'expérience
02:49avec l'école, la santé, la sécurité, récemment, etc.
02:52Et je pense que plutôt que de faire des injonctions
02:55et des bras de fer avec les entreprises
02:57sur combien on augmente et qui va augmenter,
03:00je pense qu'il est grand temps aujourd'hui
03:02que l'État s'attaque à la sainte trinité sociale
03:04qui est chômage, santé, retraite.
03:06Et comme on sait que politiquement,
03:08c'est une bombe nucléaire...
03:09Oui, ce n'est pas du tout ce qui va se passer cet après-midi.
03:11Ben non, donc si vous voulez,
03:12on refile le bébé au gouvernement suivant,
03:14qui le refile au gouvernement suivant,
03:16jusqu'au jour où on peut...
03:17Enfin, j'espère que ça n'arrivera pas,
03:18il y aura un chaos technique.
03:20Parce que madame l'a très bien expliqué.
03:22Alors pour comprendre le SMIC, les charges, les paliers,
03:24ça donne mal à la tête à une aspirine.
03:26Il faut avoir fait...
03:27Non mais c'est la trappe à bas salaire, quoi.
03:28C'est ça qui se passe.
03:31C'est la trappe à bas salaire, ouais.
03:32Ce n'est pas aussi simple qu'on veut bien nous le dire.
03:34Ce n'est pas juste, j'augmente 2, 23 euros ou 100 euros.
03:37Parce que quand on dit ça, on se dit, mais on chipote.
03:39Mais non, le problème, c'est que ça, c'est un Rubik's Cube.
03:42Vous touchez une petite face et puis ça change tout.
03:44Il y a aussi des gens, je le rappelle,
03:46qui ne veulent pas augmenter leur salaire
03:48parce que quand ils augmentent leur salaire,
03:49ils n'ont plus le droit à certaines aides.
03:52Donc c'est beaucoup plus compliqué qu'il n'y paraît.
03:54Olivier Garnier.
03:55Non, il y a effectivement...
03:56Le problème, ce n'est pas uniquement
03:58le niveau du SMIC, mais c'est aussi...
04:00On a en France un SMIC qui,
04:02par rapport aux autres salaires,
04:04est relativement élevé.
04:06C'est-à-dire qu'en France, à peu près
04:08le salaire minimum, c'est 60%
04:10du salaire médian.
04:12C'est-à-dire ce qu'on appelle le salaire médian,
04:13c'est la moitié des salariés
04:14qui sont en-dessous.
04:18Alors que dans les autres pays,
04:19on est plus proche de 50%.
04:21Ce qui veut dire que chaque fois qu'on augmente le SMIC,
04:23on écrase les salaires
04:26et avec, en plus,
04:27comme on a fait un système,
04:28puisqu'on a un peu une machine
04:31où plus on augmente le SMIC,
04:32plus on est obligé de faire des allégements de charges
04:34pour atténuer le coût,
04:36mais avec un système, après, en sifflet,
04:39qui fait que pour les salariés
04:40juste au-dessus du SMIC,
04:42une hausse de salaire,
04:44là, augmente fortement le coût
04:47pour l'entreprise,
04:48donc rend très coûteux.
04:49Donc c'est ce qu'on appelle
04:50la trappe à bas salaire.
04:52Et donc, on a une sorte un peu
04:54de ce que les économistes appellent
04:56un peu de triangle d'incompatibilité.
04:58Là, on n'arrive pas à avoir quelque chose
04:59qui soit à la fois peu coûteux
05:00pour les finances publiques,
05:02qui permette d'augmenter
05:06les salaires au-dessus du SMIC
05:08et puis aussi qui permette aussi
05:10d'avoir un niveau de SMIC
05:12qui augmente,
05:13parce qu'on ne peut pas avoir
05:14les trois à la fois.
05:15Donc dès que vous touchez un paramètre,
05:17ça affecte les autres.
05:18Là, il y a un coût aussi.
05:19Il faut voir aussi
05:20que quand on augmente le SMIC
05:22assez nettement,
05:23il va y avoir un coût
05:24pour les finances publiques
05:25qui va être aussi important,
05:27puisque dans ce cas-là,
05:28comme les salaires au-dessus,
05:29ça va augmenter les allégements
05:31de charges dessus,
05:32c'est un peu ce qu'on a vu
05:33où les allégements de charges
05:34s'est passé au cours
05:35des 10-15 dernières années,
05:37s'est passé de quelque chose
05:39qui était plus de l'ordre
05:40d'un point de PIB.
05:41Aujourd'hui, c'est 2,7% de PIB.
05:43D'où le gouvernement
05:43qui voulait geler
05:44les allégements de charges.
05:45Mais là, ça devient l'enfer.
05:48Vous augmentez le coût du travail.
05:49On a un peu une machine infernale
05:53de laquelle on n'arrive pas à sortir.
05:55Après, il y a des solutions.
05:57Il y avait eu le rapport
05:57Bozio-Vassmer
05:58qui avait été remis
06:00à Elisabeth Borne
06:02qui visait un peu
06:03à réduire un tout petit peu
06:05les allégements au niveau du SMIC,
06:06mais après, atténuer la pente
06:07pour que la taxation,
06:09en quelque sorte,
06:10quand on augmente les salaires
06:11au-dessus du SMIC,
06:12soit moins élevée.
06:13Mais Karine Rouvier,
06:14vous iriez cet après-midi
06:15à la réunion à Matignon
06:16où le gouvernement va dire
06:18« Bon ben, en gros,
06:19moi, je n'ai plus les moyens,
06:20je ne peux rien faire,
06:20je ne peux pas faire de dépenses. »
06:22C'est à vous, entreprise,
06:23de faire quelque chose
06:24pour le pouvoir d'achat des Français.
06:25Qu'est-ce que vous répondez ?
06:26Si vraiment, je suis invité à Matignon,
06:28je vais leur dire
06:28« Ok, on va arrêter les normes,
06:30les contraintes dans tous les sens. »
06:31On va déjà arrêter ça
06:32parce que ça va nous permettre,
06:33nous, de dégager un peu de productivité
06:34parce que le temps que vous passez
06:36à essayer de gérer
06:37tout ce qui est contrainte,
06:38tout ce qui est norme,
06:38tout ce qu'on nous impose
06:39toute la journée,
06:40ne serait-ce que la facturation électronique
06:41parce que ça,
06:42c'est un peu passé sous le tapis
06:43mais ça coûte beaucoup d'argent
06:44aux entreprises,
06:45notamment aux PME, aux TPE.
06:47Voilà, ce que je veux dire,
06:48c'est qu'on pourrait faire un effort,
06:49mais je pense qu'on a déjà fait
06:50beaucoup en France,
06:51on a fait beaucoup d'efforts,
06:52on pourrait faire un effort
06:53mais en échange,
06:53il faut qu'on ait quelque chose.
06:54C'est-à-dire,
06:55il faut arrêter de nous taxer,
06:56arrêter de nous prendre
06:56pour le précepteur des impôts,
06:58arrêter de nous prendre
06:58pour ceux qui doivent tout calculer
06:59à la place de tout le monde.
07:00En fait, ok,
07:01on veut bien faire des choses,
07:02on veut bien augmenter.
07:03Moi, je n'ai pas de problème
07:04à augmenter les salaires
07:04mais en échange,
07:05qu'est-ce que vous me donnez ?
07:06Est-ce que je récupère
07:07de la productivité derrière ?
07:08Est-ce que vous arrêtez
07:08de nous coller des contrôles
07:09dans tous les sens ?
07:10Est-ce qu'on peut alléger
07:11notre charge de travail
07:12et notre charge mentale ?
07:13Parce que les TPE et les PME
07:15en France,
07:15aujourd'hui,
07:16elles ont beaucoup de mal
07:17à continuer de faire le métier
07:18pour lequel elles se sont positionnées.
07:20Aujourd'hui,
07:20vous voyez un boulanger,
07:21il passe plus de temps
07:22à faire de la paperasse,
07:22à gérer l'hygiène,
07:23la sécurité,
07:24répondre aux dossiers,
07:25etc.,
07:26qu'à faire vraiment
07:26de la créativité
07:27autour de son métier.
07:28Et donc aujourd'hui,
07:29si on admet l'idée
07:31d'augmenter le SMIC,
07:31de toute façon,
07:32on va l'admettre,
07:33on n'y passe pas le choix,
07:33je pense,
07:33on n'y passera.
07:34On va vous l'imposer,
07:34je pense.
07:35On va nous l'imposer.
07:35Du coup,
07:35qu'est-ce qu'on nous donne en face ?
07:36À chaque fois,
07:37on nous impose quelque chose,
07:38on ne nous donne rien en face.
07:39La facturation électronique,
07:40je reparle de ça,
07:42parce que c'est récent,
07:43on nous donne la facturation électronique,
07:44on a quoi en face ?
07:45On n'a rien du tout en fait.
07:47On n'a que dalle.
07:47Il y a 3 ou 4 ans,
07:48on nous a dit
07:49maintenant vous allez récolter
07:50les impôts pour l'État,
07:52on a eu quoi en face ?
07:52Rien du tout.
07:53Donc on nous en donne,
07:54on nous en colle
07:55et en fait,
07:55on n'a rien du tout en face.
07:56Il ne faut pas oublier
07:57que les entreprises
07:57créent de la richesse en France.
07:59Mais à force de nous obliger
08:00à faire des choses
08:00qui ne créent pas de richesse,
08:02parce que pendant qu'on fait ça,
08:02on ne crée pas de richesse,
08:03ça c'est sûr,
08:04puisqu'on n'augmente pas
08:05notre productivité.
08:06Du coup,
08:07qu'est-ce qu'on nous donne ?
08:07Donc le Matignon,
08:08qu'est-ce que vous nous donnez en face ?
08:10Laurent ?
08:10Vous aussi,
08:11vous m'invitez à Matignon ?
08:11Allez-y,
08:12vous y allez ?
08:12On y va ensemble.
08:13Il faut augmenter les salaires,
08:14qu'est-ce que vous demandez ?
08:16Alors je vais vous dire,
08:16moi je pense que c'est du bon sens,
08:18vous ne pouvez pas demander,
08:20je dirais,
08:21à des gens qui bénéficient du système
08:22de réformer le système.
08:23Et ça,
08:23je crois que tout le monde le comprend.
08:25Et je pense qu'aujourd'hui,
08:26monsieur citait les rapports,
08:27mais je pense qu'il y a plus de rapports
08:29sur toutes ces questions-là.
08:30C'est bon,
08:31on le sait.
08:32Si vous voulez,
08:32qu'à la bibliothèque Sainte-Genevieve,
08:34ça on ne manque pas de rapports.
08:35Par contre,
08:36je pense qu'on manque peut-être
08:37un petit peu d'hormones du courage,
08:39de ce genre de choses.
08:40Et je crois qu'aujourd'hui,
08:41sur tous ces sujets,
08:42si vous voulez,
08:43que madame et monsieur ont évoqués,
08:45je pense qu'il faut clairement,
08:46le seul moyen de s'en sortir,
08:47c'est le mode de fonctionnement
08:48Notre-Dame.
08:49C'est-à-dire que de faire
08:51des groupes de projets,
08:51il y en a un qui va réformer,
08:53qui va s'intéresser aux retraites,
08:54d'autres à la santé, etc.
08:55Et de pouvoir fonctionner
08:56en mode accéléré,
08:57avec en plus le mandat
08:58pour réformer le système.
09:00Parce que je vous parie mon billet
09:02que dans cinq ans,
09:03il y aura les mêmes débats,
09:04avec les mêmes questions.
09:05Si la France a réussi
09:07à traverser ce jugement-là.
09:09on n'en va déjà pas avoir 15 jours.
09:11Si j'étais à Matignon,
09:12je demanderais si vous voulez ce mandat,
09:14comme on l'a octroyé
09:15pour la reconstruction de Notre-Dame,
09:16ça a très bien fonctionné.
09:18Là, personne ne s'est mêlée de rien
09:19et tout le monde s'est tapé dans l'eau.
09:20Et pour faire quoi ?
09:21Pour faire la fiscalité du travail ?
09:23Pour remettre tout à plat ?
09:23Oui, parce que si vous voulez,
09:24là, regardez,
09:25une fois de plus,
09:26on fait des frappes chirurgicales.
09:28Je crois que mes contradicteurs
09:30l'ont très bien expliqué.
09:31La raison pour laquelle
09:32c'est d'une complexité hors normes,
09:34c'est qu'on a fait une usine à gaz.
09:35Alors, on a mis en place
09:37une politique,
09:38on a passé une loi
09:38qui a été mortifère.
09:40Après, il y a un génie illuminé
09:42qui s'est dit
09:43oulala, mais ça, c'est pas bien.
09:44Alors, on a créé la contre-loi
09:46et on arrive à un espèce de truc
09:47auquel personne ne comprend rien,
09:50même ceux qui les ont créés d'ailleurs.
09:51Bon, donc,
09:52tant qu'il n'y aura pas
09:53de réforme structurelle d'ensemble
09:55avec des gens
09:55qui auront le courage de le faire,
09:57et je pense qu'aujourd'hui,
09:59comme vous avez des politiques
10:01qui gèrent avant tout
10:02leur carrière politique
10:03plutôt que la carrière du pays,
10:05je veux dire,
10:05le seul moyen de s'en sortir,
10:07c'est d'avoir des gens
10:07qui ne sont pas des politiques,
10:09qui n'ont pas d'ambition politique,
10:10à qui on va confier
10:11une mission concrète.
10:12C'est ce qui se passe d'ailleurs
10:13dans le monde de l'économie
10:15et qui vont être là
10:16pour une durée déterminée
10:17avec une autorité déterminée.
10:18C'est le seul moyen
10:19parce que là,
10:20ça commence à urger.
10:21Oui, mais un grand
10:22big bang officiel sur le travail,
10:23il faut le faire voter quand même.
10:24C'est-à-dire que c'est pas juste...
10:26J'ajouterais quand même
10:27que je suis assez d'accord
10:28avec votre vision
10:29de mettre des groupes de travail.
10:30Je pense qu'il va falloir aussi
10:31accepter l'été
10:32de mettre des chefs d'entreprise
10:33dans les groupes de travail
10:34parce qu'aujourd'hui,
10:35les chefs d'entreprise,
10:35on est peu visibles
10:37en termes de gouvernement, etc.
10:39Je pense qu'il est vraiment temps
10:40d'aller chercher des chefs d'entreprise.
10:41Alors, c'est vrai que vous et moi,
10:42on a tous des occupations
10:44à haut rendement,
10:45mais il faut quand même
10:46qu'à un moment donné,
10:46on mette des chefs d'entreprise
10:47parce que notre bon sens
10:48d'entrepreneur
10:49fait quand même tourner la France.
10:51Donc, à un moment donné,
10:52il va falloir qu'on mette
10:53des entrepreneurs dans la cause aussi
10:54pour réussir à sortir de ça.
10:57Olivier, allez-y.
10:58Le sujet par rapport
10:59à ce que vous proposez,
11:00il faut qu'il y ait
11:00un mandat politique aussi.
11:01Dans le contexte politique actuel,
11:04on voit bien sans majorité,
11:06aujourd'hui, c'est pour ça
11:07que le gouvernement
11:08mette des Russines.
11:09La question,
11:10est-ce qu'après les élections,
11:12sortira,
11:12puisque il peut être fait
11:14ce que vous proposez,
11:15il faut qu'il y ait aussi,
11:16est-ce que dans le pays,
11:17il y a une majorité
11:18pour faire ça ?
11:20C'est un peu la question
11:21qui se pose aujourd'hui
11:22et où personne,
11:23un peu,
11:23n'y voit clair.
11:25Est-ce que le pays,
11:26je suis tout à fait d'accord
11:28pour dire qu'il faut
11:28le type de choc structurel
11:30que vous évoquez,
11:31la question,
11:32c'est est-ce qu'il y a
11:34un mandat politique
11:35pour faire cela,
11:36une majorité politique
11:37pour faire cela ?
11:38Laurent ?
11:39Alors, je vais répondre
11:39à deux questions.
11:40Vous allez répondre
11:41à des questions
11:41par des questions.
11:42La concision est l'âme de l'esprit.
11:43Alors d'abord,
11:44par rapport à ce que dit madame,
11:46elle a raison,
11:46mais pas que.
11:47C'est-à-dire que ce qu'on a fait
11:48dans nos entreprises,
11:48et on s'en rend compte
11:49tous les jours,
11:50c'est que les personnes
11:50qui sont au contact
11:51d'un problème,
11:52ceux qui sont en première ligne,
11:53ils ont une connaissance
11:54très très pointue du problème.
11:57Et par exemple,
11:58moi l'hôpital,
11:59c'est pas mon rayon,
11:59j'y connais rien,
12:01mais je peux vous dire
12:01qu'à chaque fois
12:02que vous parlez
12:08que toutes ces idées,
12:09si vous voulez,
12:09s'évaporent.
12:10Donc, si demain,
12:11on doit gérer ça
12:12en mode projet,
12:13il faut faire venir des gens
12:14qui sont vraiment
12:15au cœur des problèmes
12:16et qui les vivent.
12:17Et il va y avoir
12:18des choses extraordinaires.
12:18C'est ce qu'on fait
12:19dans nos entreprises
12:20depuis 40 ans.
12:21La grande révolution,
12:22l'une des grandes révolutions
12:23dans le monde du travail,
12:23c'est qu'on a complètement aboli,
12:25si vous voulez,
12:26les strates hiérarchiques
12:27et qu'on a fait
12:27des circuits courts.
12:28Ça, c'est la première chose.
12:29Après, la question que pose,
12:30monsieur, évidemment,
12:31je ne suis pas en train
12:31de proposer un coup d'État.
12:33Non, mais sinon,
12:33ça fait un énième rapport.
12:35Si vous n'avez pas
12:35de mandat politique...
12:36On est d'accord.
12:36Par contre,
12:37la question qu'il faut se poser,
12:38c'est très intéressant.
12:39Il y a les enquêtes d'opinion
12:41qui sont très bien faites
12:43et qui posent la question
12:44ouvertement
12:45à qui faites-vous confiance
12:47pour redresser le pays ?
12:49Et il y a eu,
12:50depuis le Covid,
12:51il y a eu vraiment
12:51une révolution.
12:52C'est-à-dire que,
12:52si vous voulez,
12:54les politiques étaient en haut
12:55et les chefs d'entreprise
12:55étaient en bas
12:56et on a renversé les tables
12:57et maintenant,
12:58c'est l'inverse.
12:58Je pense que l'une des raisons,
13:00c'est que les gens ont vu
13:00pendant le Covid
13:01qui était à la manœuvre.
13:03Donc,
13:04je suis d'accord avec vous.
13:05Évidemment,
13:06on va faire un coup d'État.
13:07Mais regardez,
13:08pour Notre-Dame,
13:08ça s'est bien fait.
13:10Il n'y a pas eu
13:10un débat parlementaire
13:11qui a duré des mois
13:12et des mois
13:13et des mois
13:13et des mois.
13:14On fait des lois
13:15et après,
13:15on fait des comités
13:16qui évitent
13:17qu'on applique les lois.
13:18C'est complètement schizophrène.
13:20C'est un peu dur.
13:21Donc,
13:22je pense que
13:23le mode de fonctionnement
13:24que nous décrivons
13:25peut,
13:26si vous voulez,
13:27aboutir à des résultats
13:28concrets
13:30et pas des avis
13:30et pas des opinions.
13:31Mais là,
13:31ça urge.
13:32Mais Olivier Garnier,
13:33hier,
13:33on était avec
13:35Odoxa Aguel Slimane
13:36qui nous faisait part
13:37de son dernier sondage.
13:4090% des Français
13:41n'ont pas confiance
13:42dans l'avenir économique
13:43du pays,
13:43peu importe
13:45ce qui sortira
13:46des urnes.
13:46C'est-à-dire qu'il n'y a
13:48aucun espoir
13:48sur aucun candidat
13:50sur potentiellement
13:51ma situation économique
13:52peut s'améliorer
13:53dans le futur.
13:54Alors que quand il mesure
13:55sur les 20 dernières années,
13:56à chaque fois qu'il y a une élection,
13:57il y a un petit espoir
13:58de changement,
13:59peu importe tel qu'il est,
14:00mais il y a une sorte
14:00de motivation économique.
14:02Là,
14:03les Français
14:03ne voient pas
14:05de sortie de crise.
14:07Non,
14:07mais je pense
14:08que les investisseurs
14:09d'ailleurs ont la même
14:09perpacité.
14:10C'est-à-dire que
14:10quand on discute aujourd'hui
14:11avec des investisseurs étrangers,
14:14ils ne voient pas
14:14ce qui peut se passer
14:16après les élections.
14:17D'ailleurs,
14:17est-ce qu'il y aura
14:17une majorité au Parlement ?
14:19Donc tout le monde...
14:20C'est vrai que
14:21normalement,
14:21les élections
14:22devraient être
14:22un peu le moment
14:23où on repart
14:24d'un nouveau pied
14:24où il va y avoir...
14:25Et donc,
14:26il y a un nouvel espoir,
14:27comme vous évoquiez.
14:28À chaque fois,
14:28on a vu souvent
14:29dans le passé,
14:30il y a,
14:30dans un premier temps,
14:32il y a un effet confiance.
14:33Et là,
14:34ce n'est pas du tout
14:36le cas.
14:36c'est pour ça
14:38qu'en même temps,
14:41il y a urgence,
14:44et notamment
14:44du côté des finances publiques.
14:46Parce que
14:46dans tous ces débats,
14:48ce qu'on oublie,
14:49parce qu'on dit
14:50dans les manifestations,
14:51hier,
14:52il y avait l'école,
14:52etc.
14:53Certes,
14:53il faudrait dépenser plus,
14:55mais aujourd'hui,
14:56de toute façon,
14:56l'État n'a plus d'argent
14:57pour dépenser plus,
14:59pour faire plus
14:59d'allègements de charges
15:00ou pour faire plus de dépenses
15:02pour l'éducation.
15:03C'est pour ça qu'il faut
15:04complètement réorganiser,
15:05il faut moins dépenser.
15:06Il faut faire des économies
15:08pour pouvoir réorganiser,
15:09restructurer la dépense.
15:11Mais ça,
15:11c'est un travail
15:12qui suppose
15:13un fort mandat politique.
15:15C'est un peu
15:15la différence
15:17entre l'État
15:18et une entreprise.
15:19Dans une entreprise,
15:20le chef d'entreprise,
15:21là,
15:21il décide seul,
15:23il a après ses équipes,
15:24etc.
15:25Là,
15:26en politique,
15:27il faut convaincre,
15:28il faut avoir aussi
15:30un mandat
15:30et la foule derrière,
15:32c'est pas
15:33on décide pas seul
15:34et puis après,
15:35on est viré
15:35si jamais
15:36on échoue
15:37ou ses actionnaires
15:38vous virent.
15:39En politique,
15:40c'est différent.
15:41Il faut convaincre
15:43avant de pouvoir
15:44exécuter aussi.
15:45Et c'est ça qui nous bloque
15:46depuis pas mal de temps.
15:47Karine,
15:48vous le sentez,
15:48ce moral économique,
15:50on est à des niveaux,
15:5090% des Français,
15:52c'est en gros,
15:52tous les Français
15:53pensent que leur situation
15:54économique ne peut pas
15:55s'arranger.
15:56Alors,
15:56il y a les Français
15:57en termes particuliers,
15:58alors évidemment,
15:59oui,
15:59ça se ressent partout,
16:01mais on a aussi
16:01le moral des investisseurs
16:02et le moral des chefs
16:03d'entreprise.
16:04Alors,
16:04malgré que les chefs
16:04d'entreprise
16:05continuent de faire avancer,
16:06parce qu'on a quand même
16:07des chiffres qui sont intéressants
16:08selon les secteurs,
16:10mais les investisseurs
16:11sont vraiment,
16:11enfin,
16:11tout est à l'arrêt,
16:12là,
16:12tout le monde attend la fin,
16:13tout le monde attend,
16:14la fin de quoi d'ailleurs,
16:14on ne sait pas,
16:15parce que la fin de M. Macron
16:16sera sûrement le début
16:17de quelque chose de pas mieux,
16:18c'est 90% des gens le pensent,
16:20donc c'est vrai qu'au niveau
16:21entreprise,
16:21c'est un peu compliqué,
16:22heureusement que dans le monde,
16:23il y a quand même pas mal
16:24de pays sur lesquels
16:25il y a des choses qui sont,
16:25monsieur,
16:26on parlera sûrement mieux que moi
16:27parce que vous travaillez
16:27sur l'étranger,
16:28moi moins,
16:29mais dans le monde,
16:29il y a quand même
16:30des pays qui sont encore
16:33des locomotives,
16:34donc moi je sais
16:34qu'en tant qu'entrepreneur,
16:35je me tourne justement
16:36vers ces pays en me disant
16:37ok,
16:38ce sont des locomotives,
16:39ils avancent,
16:39les investissements sont là,
16:40comment est-ce que nous
16:41on peut bénéficier de ça ?
16:42L'idée,
16:43c'est aller chercher
16:43la croissance ailleurs,
16:44mais c'est un peu dommage
16:44parce que la France mérite
16:45qu'on s'intéresse à elle
16:47sérieusement
16:47et qu'on puisse investir
16:49en France,
16:49mettre des choses intéressantes,
16:50vous parlez des data centers,
16:52il y a des choses intéressantes
16:52aussi au niveau
16:53des data centers,
16:54la France bénéficie
16:55de plein de choses très bien,
16:56le problème c'est que le moral
16:57casse les belles histoires
17:00qu'on pourrait se raconter,
17:01alors je n'ai pas les chiffres
17:03parce que je ne suis pas
17:03un économiste,
17:04je ne suis pas économiste,
17:05mais quand je croise
17:06tous les jeunes
17:07qui ont envie
17:08de devenir chef d'entreprise,
17:09je me dis
17:09il y a quelque chose quand même,
17:13à se passer,
17:13mais en parallèle de ça
17:14il y a un tas de jeunes
17:14qui veulent prendre des risques,
17:16qui sont prêts à prendre des risques,
17:17qu'est-ce qu'on fait
17:17de toutes ces valeurs fortes,
17:20tout ce qui arrive
17:21là sur le marché,
17:21tous ces jeunes
17:22qui sont déjà en auto-entreprise
17:23et même ceux qui ont
17:24des PME, des TPE,
17:25moi des belles histoires,
17:26j'en entends tous les jours,
17:26des industries qui se montent,
17:27des choses comme ça,
17:28il y a des belles histoires
17:28tous les jours,
17:29quand est-ce que ça
17:30on va le mettre en avant
17:31et aussi se servir de ça
17:32comme d'un levier
17:33pour repartir,
17:34mais pour ça je redis à nouveau,
17:36il faut entendre les entreprises
17:37et nous laisser un peu travailler,
17:38enfin vraiment
17:39c'est un leitmotiv chez moi,
17:40laissez-nous travailler en fait.
17:41Juste sur les résultats
17:42des entreprises,
17:43Olivier Garnier,
17:43quand on regarde
17:44le troisième trimestre,
17:45notamment sur les grosses entreprises,
17:47il y avait les résultats
17:47d'Air France par exemple
17:48ceux d'hier,
17:49ça va quand même,
17:50c'est-à-dire pour celles
17:50qui vont chercher la croissance
17:52ailleurs à l'international,
17:53je ne sais pas si on peut encore dire
17:54que c'est des boîtes français,
17:55je n'en sais rien,
17:55celles du CAC,
17:57mais les résultats sont bons
17:59pour le troisième trimestre.
18:00Et même si on est temps,
18:01parce que bon,
18:02là c'est souvent les résultats,
18:03c'est les grandes entreprises
18:04internationales
18:05et dont l'activité
18:05dépend largement plutôt
18:06de ce qui se passe
18:08dans le monde,
18:09mais même quand vous regardez
18:10les enquêtes de conjoncture
18:11faites par l'INSEE
18:12ou par la Banque de France
18:13et là auprès des entreprises
18:15de toutes tailles,
18:17les enquêtes nous donnent
18:18une photographie
18:19de l'économie française,
18:21je dirais,
18:21qui est moins défavorable
18:23que celle qui est ressortie
18:24des derniers chiffres de PIB
18:25avec une baisse du PIB
18:27au troisième trimestre.
18:29Donc le sous-jacent
18:30de l'activité tient encore,
18:32mais avec ce qu'on voit,
18:34c'est que c'est l'investissement
18:35qui s'est complètement arrêté.
18:37Ça c'est les profits de demain quand même.
18:38Donc il y a toujours,
18:41pour le moment,
18:41il y a encore un peu d'élan
18:44qui vient notamment aussi
18:46de l'international,
18:47qui vient de ce qui se passe
18:49dans le secteur de la défense,
18:50dans le secteur de l'IA,
18:52les data centers
18:52qui ont des effets aussi indirects,
18:54y compris après pour un certain nombre
18:57de catégories d'entreprises.
18:58L'aéronautique aussi,
18:59qui marche fort,
19:00même si dans les chiffres
19:01du troisième trimestre,
19:01mais ça c'est plus
19:02quelque chose de temporaire.
19:04Il y a eu un coup d'arrêt,
19:05mais là c'est des problèmes
19:05de livraison,
19:07d'approvisionnement, etc.
19:08Donc il y a encore du mouvement,
19:11mais là si la situation actuelle perdure,
19:16là ce momentum ne va pas tenir.
19:18Laurent ?
19:19Moi je vais revenir sur le moral
19:21qui est une question absolument essentielle.
19:23C'est là où le passé éclaire l'avenir.
19:24Moi mon grand-père a fait deux guerres,
19:26mon père en a fait une,
19:28et moi je suis la première génération
19:29qui n'est pas fait la guerre.
19:31Et donc à chaque fois,
19:32si vous voulez,
19:32il y avait des gens
19:32qui avaient toutes les raisons
19:33de ne pas y croire.
19:34Je rappelle que notre pays,
19:35il n'y a encore pas si longtemps,
19:36a été occupé pendant quasiment cinq ans.
19:40Donc vous regardez l'histoire de France,
19:41il y a eu des périodes extrêmement difficiles.
19:44Et si vous voulez,
19:44ce qui ressort,
19:45si je fais un petit peu la synthèse
19:46de ce que vient dire madame et monsieur,
19:49c'est que quand vous regardez la France,
19:50je veux dire,
19:50il y a évidemment qu'il y a des choses extraordinaires,
19:52il y a des idées,
19:53il y a des talents,
19:53il y a plein de choses.
19:55Simplement,
19:55il va falloir changer le logiciel.
19:58Et l'un des changements du logiciel,
20:00c'est d'arrêter de considérer
20:02qu'on a un État nounou
20:03qui peut tout,
20:04qui devient ventripotent,
20:06qui capte toutes les ressources.
20:07Ce n'est pas que maintenant
20:08les riches et les grandes entreprises,
20:10ça touche tout le monde.
20:11Je veux dire qu'on parlait du SMIC
20:12en début d'émission,
20:13quand vous avez,
20:14si vous voulez,
20:15entre le brut et le net,
20:16il y a 20% qui s'en va,
20:18je veux dire,
20:18c'est tout le monde qui est concerné.
20:20Et c'est pour ça qu'aujourd'hui,
20:21je pense qu'il y a une prise de conscience
20:22que cet argent
20:24qui est déboursé par tout le monde,
20:26finalement,
20:27n'est pas utilisé
20:28de manière aussi efficace
20:29que soi-même
20:31quand on gère son budget.
20:32Et donc,
20:33il y a une espèce
20:34de shopping politique
20:35de gens qui se disent
20:36« qui va pouvoir redresser le pays ?
20:38Qui va pouvoir s'y attaquer ? »
20:39C'est la question
20:39que vous nous posez
20:40depuis le début de l'émission.
20:41Et c'est pour ça,
20:42si vous voulez,
20:42il y a une forme de désespérance
20:43et de résignation.
20:46Je pense,
20:47et j'espère,
20:48que justement,
20:49tous ces constats
20:49vont faire prendre conscience
20:51à certains
20:51qu'il est temps peut-être
20:53de s'engager,
20:54vous avez raison,
20:56mais chacun à son niveau,
20:57il n'y a pas que les chefs
20:58d'entreprise,
20:58vous savez.
20:59Je vais prendre un exemple très simple,
21:01regardez une copropriété.
21:02Quand il faut décider
21:03de la date
21:03de la mise en route
21:04du chauffage,
21:05on a l'impression
21:05que c'est une décision
21:07géostratégique.
21:08Il y en a deux
21:08qui s'en occupent
21:09et puis 98%
21:11qui râlent.
21:12C'est pareil
21:12au niveau du pays.
21:13Donc je pense que
21:14si on veut changer les choses
21:15en profondeur
21:16et il faut les changer
21:16en profondeur,
21:17il va falloir revoir le logiciel
21:19et évidemment,
21:19ça va se passer
21:20avec l'ensemble
21:20de nos concitoyens.
21:21Je ne suis pas en train
21:22de faire de la politique,
21:22c'est du pragmatique.
21:23Mais justement, Olivier,
21:24sur la question de l'écart
21:25entre le brut et le net
21:25sur les 20%,
21:26quand on voit ce chiffre,
21:28il faudrait aujourd'hui
21:2980 ans pour doubler
21:30son niveau de vie
21:30contre 15 ans
21:31dans les années 50.
21:33C'est un chiffre
21:33de l'Institut Montaigne
21:35auquel vous êtes associé.
21:37Ça, c'est les 20%
21:40d'écart entre le brut et le net ?
21:41Il faut voir d'ailleurs
21:41au niveau du SMIC,
21:42il faut bien se rappeler déjà,
21:44au niveau du SMIC,
21:44au niveau des charges patronales,
21:46il n'y a quasiment
21:46plus de charges là
21:47puisque c'est la politique
21:49d'allègement.
21:49Donc après,
21:50il reste l'écart
21:51entre le brut et le net
21:52dans les cotisations salariales.
21:54Mais cet écart-là,
21:55il a aussi une contrepartie.
21:57On pourrait dire,
21:59cette partie-là,
22:00c'est notamment,
22:01après,
22:01c'est du salaire différé
22:02puisque ça correspond
22:03aux retraites.
22:04Après,
22:04il y a des interrogations
22:05sur le système de retraite,
22:06etc.
22:07Mais il faut bien distinguer
22:08dans les charges sociales
22:09ce qui est du contributif
22:10et du non-contributif.
22:11La partie,
22:12notamment,
22:13qui finance
22:14les retraites,
22:15ça,
22:15ça existe dans tous les pays.
22:17Ça ne veut pas dire
22:17qu'il ne faut pas,
22:18on sait bien
22:19que notre système
22:19est déséquilibré
22:20donc il va falloir rééquilibrer.
22:22Ça,
22:22ce n'est pas forcément
22:24la partie qui est la,
22:25disons,
22:26la plus choquante
22:27dans l'écart.
22:29Après,
22:30sur la question un peu
22:31de progression
22:32que vous évoquez,
22:34il y a quand même,
22:35ce qu'il faut quand même rappeler
22:36quand on dit,
22:37parce qu'on a toujours tendance
22:37à dire,
22:38c'était mieux il y a 20 ans,
22:39il y a 30 ans,
22:39etc.
22:40En termes de niveau de vie,
22:41le niveau de vie
22:42est plus élevé aujourd'hui
22:43qu'il ne l'était
22:44il y a 30 ans
22:44où on parlait
22:45de l'après-guerre.
22:47Donc,
22:47il y a eu une progression
22:49considérable
22:49du niveau de vie
22:50qu'il ne faut pas oublier.
22:51Alors,
22:51ce n'est pas complètement
22:52anormal aujourd'hui
22:53que l'escalateur
22:55marche moins vite
22:56qu'il ne marchait
22:57il y a 30 ans
22:59parce que
23:00tout le monde
23:00est plus haut.
23:02Le problème,
23:02après,
23:03c'est effectivement,
23:04c'est l'écrasement
23:05un peu,
23:06justement,
23:07le salaire minimum
23:08qui était vu un peu
23:09comme la voiture
23:10balai,
23:11aujourd'hui,
23:13on va l'augmenter,
23:14on l'avait déjà vu
23:15d'ailleurs pendant
23:16lorsqu'il y a eu
23:17la vague d'inflation
23:18où la hausse du salaire minimum
23:19a été beaucoup plus forte
23:20que celle des salaires au-dessus.
23:23Le pourcentage de salariés
23:25est passé de 12% à 17%.
23:27Là,
23:28il était redescendu
23:29aux alentours
23:29de 12%,
23:31là,
23:31il va y avoir à nouveau
23:32une augmentation.
23:33Ce qui fait aussi,
23:34là,
23:34tout de suite,
23:35on se met à parler politiquement
23:36de smicardisation
23:37mais qui vient du fait
23:38de la smicardisation,
23:39c'est le fait
23:40qu'on augmente
23:41le salaire minimum.
23:43Mais ça crée aussi,
23:45mais ça,
23:46bien sûr,
23:46dans les aspirations,
23:48le fait.
23:49Et dernière remarque,
23:51après,
23:51pourquoi le niveau de vie
23:53progresse moins vite
23:53qu'il ne progressait
23:55il y a 30 ans,
23:55c'est parce qu'on a moins
23:56de gains de productivité.
23:57Il n'y a pas de mystère.
23:58Ça n'a pas de sens
23:58de dire
23:59il faut que les salaires
23:59augmentent plus
24:00s'il n'y a pas plus
24:01de gains de productivité.
24:02C'est de ça
24:04le pouvoir d'achat.
24:05Il dépend d'abord
24:06et avant tout
24:06de l'évolution
24:07des gains de productivité.
24:08Et donc,
24:08il dit,
24:09dans ce cas-là,
24:09il faut soit pour gagner plus,
24:10il faut soit travailler plus,
24:11soit être plus productif.
24:12Le pouvoir d'achat,
24:12ça se produit,
24:13ça ne se distribue pas.
24:14Et le mieux,
24:14c'est les deux à la fois.
24:23sur le coût de l'EDF
24:24et du gaz
24:25parce que je suis concerné
24:26par ce sujet en ce moment.
24:27Et quand on voit
24:28que le gaz a multiplié
24:29par trois ses tarifs
24:30en quelques années,
24:31l'EDF en par deux,
24:32j'imagine que les particuliers
24:34ont subi le même affront
24:35parce que je n'ai pas été
24:36regardé de près.
24:36Mais on ne peut pas dire
24:37que le niveau de vie augmente.
24:39Quand on parle du pouvoir d'achat
24:40et du niveau de vie,
24:41on ne peut pas dire
24:41que le niveau de vie augmente.
24:42Je parlais sur 20 ans
24:43ou 30 ans.
24:44Après, dans les années récentes,
24:45il y a eu des chocs
24:46sur les prix de l'énergie.
24:47Quand vous voyez aujourd'hui
24:47un jeune qui sort de l'école
24:48même au SMIC,
24:49aujourd'hui,
24:49vous avez des gens pauvres
24:50au SMIC en fait.
24:51Alors qu'avant,
24:51on pouvait se loger.
24:52Maintenant,
24:52vous avez des jeunes
24:53même au-dessus du SMIC,
24:54même 10% au-dessus du SMIC.
24:55Quand vous travaillez tout seul,
24:56vous ne pouvez pas vous loger
24:56en fait aujourd'hui.
24:57Donc le niveau de vie
24:58a peut-être augmenté
24:58mais dans la réalité des faits,
25:00C'est la dépense contrainte
25:01du coup Olivier Garnier
25:02qui a beaucoup augmenté
25:03le logement,
25:04les factures énergétiques,
25:05votre téléphone
25:05que vous n'aviez pas
25:06il y a 30 ans.
25:07Oui, parce qu'il y a aussi
25:08parce qu'il y a des prix
25:09qui baissent.
25:10Justement,
25:10vous citez le téléphone,
25:12le prix de la communication
25:12téléphonique,
25:13il s'est effondré.
25:14La seule chose,
25:15c'est qu'aujourd'hui,
25:16dans un foyer,
25:17chaque personne
25:18a son téléphone.
25:20Donc vous avez,
25:20si vous avez 2 enfants,
25:22il y a 4 abonnements.
25:23Alors qu'avant,
25:23vous n'aviez qu'un seul
25:24abonnement fixe.
25:25Donc le prix,
25:26c'est pour ça,
25:27le prix baisse.
25:29Alors après,
25:29éventuellement,
25:30vous dépensez plus
25:30parce que vous avez
25:31plus d'abonnements.
25:33Donc il y a toujours aussi
25:34effectivement ce type
25:35de distinction.
25:36C'est la dépense contrainte
25:37qui prend de plus en plus
25:38de place dans le...
25:39La dépense contrainte
25:40ou les modes aussi
25:41de consommation.
25:44À quel point,
25:45sur la facture de gaz
25:46et d'électricité,
25:47là,
25:47à quel point ça vous impacte,
25:49Karine,
25:49sur votre entreprise ?
25:50Là,
25:51ça m'impacte fortement
25:53parce qu'en plus,
25:54je découvre,
25:54je ne m'étais pas intéressé
25:55à ça jusqu'ici,
25:56je découvre que tous
25:57les fournisseurs de gaz
25:58aujourd'hui vous obligent
25:59à signer sur des contrats
26:00de 3 à 4 ans.
26:01Donc c'est sympa
26:02avec des tarifs...
26:02Après fixe.
26:03Après fixe,
26:03mais 3 à 4 ans.
26:04Donc on n'a même plus
26:05la possibilité aujourd'hui
26:06de se dire,
26:07ok, je signe seulement
26:07pour un an,
26:08je vois ce qui se passe.
26:09Est-ce que, par exemple,
26:10moi, je m'interroge
26:11sur remplacer le gaz
26:12par d'autres systèmes
26:15qui permettraient peut-être
26:15d'être à l'électrique
26:16ou peut-être avec des panneaux
26:17photovoltaïques, etc.
26:18Du coup,
26:18en termes d'investissement,
26:19je me dis,
26:20si je signe tout de suite,
26:21c'est 4 ans.
26:22Et donc, bien sûr,
26:23il y a des clauses,
26:23parce que sinon,
26:24ce n'est pas marrant,
26:24il y a des clauses
26:25qui vous disent
26:25si vous arrêtez avant la fin,
26:26vous remboursez 50%
26:27de ce qu'ils avaient projet,
26:28etc.
26:28Bon, voilà.
26:29Je vois que ça vous fait sourire.
26:31Après, ça peut vous protéger aussi
26:32si jamais il y a une hausse très forte.
26:34Après, ça peut me protéger des hausses,
26:35mais si on pouvait
26:35ne pas m'infliger
26:37une pénalité de 50%
26:39de ce que je n'ai pas consommé,
26:40enfin, est-ce qu'on peut...
26:41En fait, c'est là où
26:42vraiment tout est compliqué.
26:43Vous voulez faire de la productivité,
26:45vous voulez faire des investissements,
26:46sauf que derrière,
26:47vous êtes coincé par des pratiques
26:49qui ne sont pas réglo.
26:50Et je ne parle pas
26:51d'une petite entreprise,
26:52je parle des contrats de gaz
26:53et des contrats d'électricité.
26:55Donc, à chaque fois,
26:55vous avez tout le temps des contraintes.
26:56Ça se rajoute, ça se rajoute,
26:57ça se rajoute.
26:58Et voilà, vraiment,
26:58c'est très difficile.
27:00Je pense qu'il faut libérer ça,
27:02en fait, en France.
27:02Il faut libérer le commerce, en fait.
27:05Moi, je suis un gros consommateur de gaz
27:07parce que nous utilisons
27:08dans nos process de peinture
27:09du gaz du 1er janvier au 31 décembre.
27:11Donc, je connais très, très bien
27:12ce sujet-là.
27:13Mais vous, vous avez ça ?
27:14Vous achetez des volumes à l'avance ?
27:17Ça ne se passe comment ?
27:17Non, je n'ai pas,
27:19si vous voulez,
27:19de traitement préférentiel.
27:20On est obligé de s'engager
27:21sur des durées minimales.
27:23C'est 12, 24, 36 mois.
27:25Et c'est un sujet.
27:27Alors, à la fois, oui,
27:27on a, on va dire,
27:29la sérénité de savoir
27:30quel va être le coût,
27:32je dirais, sur 3 ans.
27:33Mais si vous voulez,
27:34vous avez parfois,
27:35vous êtes obligé de signer.
27:36Là, bientôt,
27:36l'échéance se termine
27:37au 31 décembre.
27:38En ce moment,
27:39le cours du gaz,
27:40il est au maximum.
27:41C'est ça ?
27:41Ça a baissé un peu hier.
27:42Ça a fait c'est remonté.
27:43Oui, c'est quand même...
27:44Ça, ce n'est pas un problème
27:45de réglementation.
27:46Non, ça, c'est un problème
27:46de coût mondial.
27:48Vous mettez pratique concurrentielle.
27:50Après, les contrats,
27:51c'est les fournisseurs
27:53qui...
27:54C'est un peu...
27:54Non, mais c'est des pratiques
27:55commerciales, Karine.
27:56C'est des pratiques commerciales
27:57des fournisseurs.
27:57La réglementation,
27:58elle autorise quand même
27:59les fournisseurs
27:59à vous bloquer des contrats
28:00sur 4 ans, quoi.
28:01Donc, est-ce qu'on ne peut pas
28:02mettre la réglementation
28:03du côté des entrepreneurs
28:04et dire, ok,
28:04tout comme les forfaits téléphoniques
28:06où maintenant...
28:06Vous êtes en train
28:06de réclamer des réglementations.
28:08Non, je réclame
28:09qu'on la libère, justement.
28:10Qu'on arrête
28:11de ne mettre des choses.
28:11Non, mais là, justement,
28:12ça, c'est libéré.
28:20Ça va de 1 an
28:21à 36 mois, si vous voulez.
28:23Alors, 12, moi,
28:23je n'ai pas trouvé encore,
28:24mais je n'ai pas trouvé 12 mois.
28:25Mais bien, Laurent va vous donner
28:26son tournisseur
28:27pendant la publicité.
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