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  • il y a 24 minutes
Ce vendredi 6 novembre, Laurent Chaudeurge, membre du comité d'investissement chez BDL Capital Management, et Florian Roger, head of CIO office chez BNP Paribas, étaient les invités de l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou à écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:04Et nos experts y sont là, Florian Roger pour BNP Paribas, bonsoir Florian.
00:08Bonsoir.
00:08Bienvenue, il est avec nous aussi Laurent Chauderge, membre du comité d'investissement de BDL Capital Management.
00:13Bonjour Laurent, ravi de vous trouver.
00:15Bonsoir Guillaume.
00:16Vous vous direz comment vous vivez la semaine tech parce que ça fait des semaines, des mois et plus encore
00:20que vous partagez sur le plateau de BFM Business votre méfiance face à l'envolée des valeurs tech.
00:26Vous nous direz comment vous vivez ce qui est en train de se passer, la chute hier, Florian, du Nasdaq
00:30de 6%.
00:31Le Nasdaq 100, pire séance depuis le Covid.
00:33Le Nasdaq est en train de signer une quatrième semaine de baisse d'affilée.
00:37Et ce qui est intéressant, c'est que vous suivez de près les flux justement.
00:40Quand on regarde en détail les flux qui ont nourri cette baisse et la tentative de rebond aujourd'hui, qu
00:45'est-ce qu'ils nous disent ces flux ?
00:46C'est assez intéressant parce que ce qu'on voit depuis octobre, c'est un désengagement des hedge funds, de
00:51la tech américaine.
00:52C'est ce qu'on voit chez BNP Paribas dans les flux.
00:55Et à chaque fois qu'on a eu des creux de marché, ça a été racheté par le retail.
00:59Et hier, en fait, pour la première fois, c'est le retail finalement qui a conduit la baisse des marchés
01:06sur la tech.
01:07Le mouvement a été brutal.
01:09Quand on a un mouvement aussi brutal, généralement, il tend à être suivi par une zone de volatilité.
01:15Donc là, on risque quand même d'avoir de la volatilité.
01:17Nous, on y reviendra pendant l'émission, on reste quand même assez constructif là sur les niveaux actuels.
01:25On trouve qu'en termes de valorisation, on arrive quand même sur des niveaux qui peuvent être assez intéressants.
01:30On prend par exemple les semi-conducteurs aux Etats-Unis.
01:34On est sur des métriques de valorisation qui sont inférieures avant le lancement de l'intelligence artificielle.
01:38On est sur des métriques à un chiffre là.
01:40Donc, on est quand même sur des niveaux qui sont extrêmement faibles.
01:44Maintenant, il faut des éléments qui permettent de faire remonter les marchés.
01:48Donc, on verra les prochains résultats.
01:51La fête peut être quand même assez importante.
01:53Donc là, le chiffre d'emploi était fort.
01:57Néanmoins, une telle correction de marché amène un durcissement des conditions financières,
02:00puisqu'on a des effets de richesse négatives pour les ménages.
02:04Le fait qu'on ait une vague bleue, ça tend à faire baisser les prix du pétrole.
02:08Donc, il y a moins de perspectives inflationnistes.
02:11Et là, on a eu des très bons chiffres de l'emploi.
02:12Mais vous le mentionnez, Guillaume, tout à l'heure.
02:14Pour l'instant, si vous faites heure travaillée fois salaire OER fois création d'emploi,
02:18le revenu du travail, il ne suffit pas pour compenser l'inflation.
02:22Donc là, on va avoir Thanksgiving.
02:25On pourrait avoir un petit ralentissement de la consommation sur la fin de l'année.
02:29D'après nous, la fête va monter ses taux sur le mois de décembre.
02:32Mais après, on pourra avoir un message qui soit finalement un petit peu plus accommodant
02:36et qui aide à restaurer, disons, un marché un petit peu moins volatil au cours des années.
02:42Donc, ce que vous nous dites, c'est que la correction sur la tech
02:48peut encourager peut-être une détente des taux sur le marché américain.
02:51En tout cas, moins de croissance peut-être.
02:53Si la tech souffre, peut-être qu'il y aura un peu moins d'investissements
02:56que ce que tout le monde attend.
02:57En plus, moins de data centers.
02:59Vu que les démocrates proposent des moratoires dans certains états sur les data centers.
03:02Donc, tout cela ralentirait la croissance, avec en plus un consommateur américain
03:05qui a du mal à suivre la hausse des prix de la vie, tout simplement, les prix de la consommation.
03:09Donc, tout cela favoriserait une détente globale obligataire
03:12qui, elle, serait à terme, pas tout de suite,
03:14parce qu'on souffrirait d'abord du ralentissement de la tech,
03:16mais à terme, finalement, plutôt positif pour l'économie.
03:18Exactement.
03:19Le point vraiment clé, c'est quand même les prix du pétrole pour les taux américains.
03:22C'est-à-dire que là, tout est lié, puisqu'on a eu ce résultat,
03:26cette vague bleue, en fait, au mid-terms.
03:28Donc, on a ces inquiétudes sur le déploiement de la tech aux Etats-Unis,
03:31mais on a aussi un scénario, en fait, un peu de détente des prix du pétrole.
03:35Et je pense que cette détente des prix du pétrole,
03:37c'est le point qui est clé pour les taux longs américains.
03:39Donc, le risque, c'est que ce week-end, finalement, on ait une réescalade.
03:42En Iran, là, oui.
03:43Voilà.
03:44Mais le scénario un peu central, si on a une détente qui se continue,
03:48c'est plutôt des prix du pétrole qui viendraient sur 80-90, d'après nous,
03:52et donc qui permettent de limiter les pressions sur les taux longs.
03:54Mais dans ce cas, alors, ma question va vous paraître provocatrice,
03:56mais est-ce que plus important encore que d'éventuels moratoires sur les data centers,
04:03plus important encore le sujet iranien ?
04:05Et effectivement, si à un moment, une paix finit par arriver,
04:07les négociations avec Washington finissent par vraiment avancer,
04:10ça, pour le coup, ça relancerait vraiment la tech,
04:13même si on a des moratoires sur les data centers.
04:14Est-ce qu'on peut imaginer que la question iranienne soit plus importante que ces moratoires ?
04:18Les moratoires, ça va prendre du temps.
04:20Là, sur le temps très court, après le choc qu'on a eu pour un peu rediminuer la zone de
04:26volatilité,
04:27oui, sur la partie taux, c'est important,
04:28et ce qui se passe sur les prix du pétrole est très important.
04:31Et ce qu'on peut avoir, par ailleurs, c'est quand même une rotation de marché.
04:34On va en parler tout à l'heure, il y a quand même des thèmes qui peuvent en profiter.
04:38On a la construction, on a en gros tout ce qui est sensible au taux d'intérêt,
04:44qui peut quand même rebondir et prendre un relais.
04:47Donc nous, là, on se dit, il faut des éléments pour vraiment stabiliser les choses.
04:52Quand vous avez un tel choc, c'est suivi souvent de volatilité.
04:54Donc on ne se dit pas que c'est terminé, un peu sur la correction de marché.
04:57Mais on se dit qu'il y a quand même des éléments pour avoir un rallye de fin d'année.
05:00Nous, on est plutôt là-dessus.
05:01Donc quand j'étais venu sur votre plateau, j'étais plutôt dans un mode en disant,
05:05voilà, il y a un peu de complaisance de marché quand même, notamment sur l'Iran.
05:09Là, vous voyez, je suis plutôt constructif sur la fin de l'année.
05:13Effectivement, avec quand même tous ces phénomènes techniques,
05:14hier, les hedge funds qui ont dérisqué une partie de leur portefeuille,
05:17ce qui a expliqué l'accélération baissière sur la tech.
05:19On va donner la parole dans un instant à Laurent, mais ça marche comment ?
05:22C'est-à-dire, est-ce qu'il y a un risque que les hedge funds aillent beaucoup plus loin
05:25quand même
05:26dans la volonté de dérisquer leur portefeuille ?
05:28Qu'est-ce qui pourrait provoquer des effets de seuil ?
05:30Et donc, pourquoi pas, même si les nouvelles sur la tech étaient favorables,
05:32même si les valos aujourd'hui sur la tech sont extrêmement attractives,
05:36qu'est-ce qui pourrait entraîner les hedge funds à aller encore plus loin dans leur mouvement de vente ?
05:39Des déceptions sur les résultats. Là, je pense que c'est le point qui peut être le plus négatif.
05:46Et une Fed qui vient stresser le système si les chiffres d'inflation la semaine prochaine sont au-delà des
05:52attentes.
05:52Je pense que c'est les deux éléments qu'il va falloir regarder sur les prochaines séances.
05:57Laurent, la question est simple. La tech est-elle cassée après ce qui s'est passé ?
06:01Est-ce le début du krach ? Vous nous parlez depuis longtemps d'une bulle prête à éclater.
06:04Est-ce que ça vient de démarrer là ?
06:08Je pense qu'on est rentré dans une phase qui est plus compliquée.
06:14Alors, ça fait plusieurs mois qu'on parle de ça ensemble, effectivement.
06:16Et je vous avais dit, nous, on a trois sources d'inquiétude.
06:19Il y a le sujet du financement de l'IA avec ces investissements colossaux,
06:23le sujet de l'exécution une fois qu'on a annoncé qu'on allait faire des data centers,
06:26et le sujet de la rentabilité.
06:28Et là, je pense que les deux premiers sujets, ils ont été un peu fragilisés sur le mois d'octobre.
06:34Je trouve que le mois d'octobre, c'est la première fois, finalement,
06:36qu'on a des vrais signes de tensions sur le marché du financement.
06:39On l'a vu, évidemment, sur les CDS des Neoclubs qui se sont envolés.
06:43On l'a vu sur certains retards, annulations même d'introduction en bourse.
06:47Je pense notamment à une grosse société de data centers en Australie.
06:50On l'a vu vendredi dernier, au OpenAI, plus ou moins, enfin, les nouvelles,
06:53c'est qu'ils vont lever moins de prévus, 20 milliards ou 30 milliards,
06:57c'est une valorisation plus faible.
06:58Aujourd'hui même, il y a des rumeurs comme quoi Anthropik fera son IPO,
07:02mais sur une valuation beaucoup moins élevée aussi.
07:04Donc, on voit bien que le sujet de financement, il devient prégnant.
07:07Et là, je pense qu'on est qu'au début, en fait.
07:09Et sur le sujet d'exécution, effectivement, là, c'est le déclencheur,
07:12ça a été la victoire des démocrates,
07:14et qui était un sujet un peu patent, que tout le monde avait en tête,
07:17mais que le marché n'avait pas actionné.
07:19Et donc là, maintenant, il le prend en compte.
07:21Donc, je pense qu'après, il y a la dynamique industrielle,
07:23qui, à mon avis, est en partie cassée ou va ralentir, en tout cas.
07:26Et puis, il y a la dynamique boursière.
07:28Et c'est vrai que c'est allé très vite, très fort.
07:31Donc, il y a un cas de figure où il y a un peu de respiration.
07:33Nous, on avait des positions sur lesquelles on a gagné de l'argent
07:37parce que les sociétés de technologie ont baissé.
07:40Donc, on a pris des profits à court terme.
07:41Mais on reste très prudent sur le marché dans son ensemble.
07:44Très prudent, même si, peut-être, le marché va-t-il trop loin
07:47dans ses craintes autour des démocrates
07:49et d'éventuels moratoires sur les data centers.
07:50Morgan Stanley calme le jeu, là.
07:53Morgan Stanley nous dit, bon, en réalité,
07:56seuls 8% des projets de data centers sont véritablement à risque
07:59avec ces moratoires évoqués par les démocrates
08:02parce que beaucoup de ces data centers et de ces projets
08:05ont déjà été signés et sont non annulables.
08:07Et donc, on a la plupart des projets jusqu'à mi-2028
08:10qui sont quasi garantis, même dans les États
08:12où des moratoires pourraient être annoncés.
08:14Et puis, pour la suite, malgré tout,
08:16ça devrait tenir pour pas mal de projets,
08:18en tout cas pour la dynamique,
08:20même si seulement 8% des projets des data centers
08:23pourraient être remis en cause.
08:24Ça va, si c'est que 8%, c'est presque pour rien.
08:27Hier, Laurent, et donc, pourquoi pas un potentiel de rebond à venir ?
08:31Donc, à très court terme, ce que j'ai dit,
08:32je pense que c'est un peu survendu.
08:33Il y a eu effectivement des liquidations
08:34de position de hedge funds assez importantes.
08:36On a eu pas mal d'informations là-dessus.
08:38Il y a effectivement le retail qui a vendu
08:40pour des montants très élevés
08:42par rapport à leur volume historique.
08:45Après, c'est toujours une question d'attente.
08:46Et même si c'est 8% seulement,
08:48les attentes étaient pour une croissance
08:49assez exponentielle des CAPEX sur les prochaines années.
08:52Et ça, je pense que, malheureusement,
08:53les analystes vont devoir réviser.
08:55Après, on parle beaucoup de l'IA,
08:57mais au-delà de l'IA,
08:58et quand je vous dis qu'on est prudent,
08:59c'est que nous, ce qui nous ennuie presque plus
09:01que l'IA, c'est le Moyen-Orient.
09:04C'est-à-dire que le Moyen-Orient,
09:05c'est très ennuyé qu'on n'arrive pas à se mettre d'accord
09:07parce que ça maintient les prix des matières premières
09:09très élevés, ça maintient l'inflation élevée,
09:11ça force les banques centrales à monter les taux
09:13sans qu'elles le veuillent forcément.
09:15Et donc, il y a un cas de figure où,
09:16tant que ça continue,
09:17le scénario 2027, ça pourrait être stagflation.
09:21Donc, c'est ça qui fait qu'à court terme,
09:22on est prudent, on a beaucoup de cash dans les fonds,
09:25on a des options si jamais
09:27il devait y avoir un conflit qui accélérer.
09:30Et donc, pour moi, c'est l'élément binaire.
09:33C'est-à-dire que si jamais ça se résout,
09:35ça change un peu tout
09:36parce que les matières premières baissent,
09:38l'inflation baisse,
09:39la présence sur les taux baisse.
09:40Et là, vous avez un scénario
09:41beaucoup plus intéressant en 2027.
09:43Mais je ne sais pas si ce scénario-là
09:45serait forcément bien meilleur pour la tech
09:47en relative des autres secteurs
09:48parce que ça veut dire que l'économie
09:51va mieux se porter,
09:52il y a moins de risques de récession.
09:53Et donc, on aura aussi un élargissement
09:55à d'autres secteurs, je pense.
09:57Oui, effectivement.
09:57Bon, les champs sont ouverts là, effectivement.
10:00Les champs pétroliers,
10:01on espère qu'ils le seront de plus en plus à nouveau
10:02pour voir les cours du baril reculer.
10:03On est à 96 dollars en ce moment.
10:05On est repassés sous les 100 dollars.
10:06On a perdu 20 dollars sur le baril de Brent
10:08en à peine une grosse quinzaine de jours.
10:1020 dollars de moins.
10:11Là, on reste stable à peu près 96-97.
10:14Mais même si le baril restait autour des 100 dollars
10:16en termes de dynamique d'inflation,
10:18l'effet de base sera beaucoup plus élevé l'an prochain.
10:21C'est-à-dire que là, cette année,
10:23l'inflation est importante
10:24parce que l'an dernier,
10:25la guerre en Iran n'avait pas démarré.
10:26En 2027, on aura déjà l'effet de base
10:28de la guerre en Iran.
10:28Donc l'inflation, j'imagine,
10:30Florian, sera mécaniquement,
10:32sauf si les prix du pétrole flambaient à nouveau,
10:34mais mécaniquement, à cours égales,
10:36l'inflation va se calmer, non ?
10:37J'imagine.
10:38Là, en fait, on sait qu'on a des effets de base
10:40qui sont énormes sur février-mars.
10:41C'est-à-dire qu'au moment de mars,
10:43sur l'inflation totale,
10:44je vais quand même chuter.
10:46L'inflation va s'effondrer en mars ?
10:47Va baisser sur la composante totale.
10:49Après, on a vu le chiffre d'emploi cet après-midi.
10:52Il est fort.
10:53On a des révisions,
10:54vous le mentionnez,
10:55sur les deux derniers mois,
10:5680 000 emplois en plus.
10:58On a 165 000 emplois créés au total,
11:00159 000 sur le secteur privé.
11:03On a une augmentation du taux de participation
11:05et une baisse du taux de chômage.
11:07Donc on a quand même un marché du travail qui est tendu.
11:09Donc avec un marché du travail tendu,
11:12le risque, c'est quand même d'avoir
11:15les banques centrales qui se disent
11:16qu'on peut avoir des effets de second tour
11:18et une inflation sous-jacente
11:19qui reste entre, disons,
11:212,5 et 3% sur la fin de l'année 2027.
11:24Donc vous avez raison sur l'inflation totale.
11:26Sur l'inflation sous-jacente,
11:28on aura du mal à rebaisser, en fait,
11:30d'après nous,
11:31de façon marquée sur l'année 2027.
11:33Pour revenir sur ce que disait Laurent,
11:34je trouve ça vraiment intéressant.
11:36Nous, à court terme,
11:37on se dit, voilà,
11:38si on a une baisse des prix du pétrole,
11:40on peut voir quand même une réaccélération.
11:42On a une correction qui était forte.
11:43Donc ça, c'est assez positif.
11:45Après, quand vous avez une innovation,
11:47vous avez des fenêtres un peu de sidération
11:50et puis de fascination.
11:51C'est ce qu'on a vu avec l'IA.
11:53Après, pour vraiment qu'on ait de la productivité,
11:55il faut que la technologie soit absorbée dans l'économie,
11:58soit intégrée dans l'économie.
12:00Et ça, ça nécessite,
12:01de la part des entreprises,
12:02énormément de transformation.
12:03Et c'est sûr que,
12:04quand vous regardez les prévisions des analystes
12:06sur moyen terme,
12:07on n'a pas du tout d'effet de courbe en J.
12:09C'est-à-dire,
12:09quand vous transformez une économie,
12:11ça coûte au départ.
12:12Et donc, il y a un moment,
12:13on risque d'avoir un creux de cycle.
12:15Donc nous, on se dit,
12:16vu les indicateurs avancés,
12:18on ne le voit pas à court terme,
12:19mais c'est sûr que sur la deuxième partie
12:21d'année prochaine,
12:22on peut avoir des déceptions
12:24sur finalement l'intégration de l'IA.
12:26Donc là, on se dit,
12:27les résultats devraient être assez bien orientés.
12:29On a un phénomène un peu d'illusion nominale
12:32dans les chiffres de l'IA,
12:33parce qu'ils s'achètent entre eux.
12:35Il y a un phénomène comme ça,
12:37en fait,
12:37qui permet de gonfler les résultats.
12:39Mais quelle est la capacité d'absorption
12:41de l'économie réelle
12:43et le coût de cette transformation ?
12:44Et le coût de cette transformation
12:46n'est pas assez pris en compte par les marchés.
12:48Et ça, ça peut amener effectivement
12:49davantage de volatilité
12:50sur le deuxième semestre
12:52de l'année prochaine, après nous.
12:53Oui, le timing,
12:54vous le partagez, Laurent ?
12:56Oui, et d'ailleurs,
12:57je suis tout à fait d'accord
12:58avec Florian sur ce sujet-là.
13:00J'ai un chiffre intéressant pour vous
13:01que j'aurais pu utiliser pour la data row,
13:02mais je vais le donner dès maintenant.
13:04C'est que 1% des entreprises
13:08représentent 80% du chiffre d'affaires
13:10de OpenAI et d'Enthropic.
13:12Donc, il y a un côté optimiste
13:13de dire, ah oui, c'est super.
13:14Donc, du coup,
13:15il y a l'essentiel économique
13:16qui n'utilise pas encore l'IA.
13:18Mais il y a l'autre côté
13:19qui est de dire, en fait,
13:19c'est très fragile
13:20parce qu'ils s'achètent
13:21leurs produits entre eux.
13:22Et c'est surtout les sociétés
13:23de technologie
13:24qui consomment ce produit.
13:26Enfin, c'est LLM.
13:27Et tout le reste, en fait,
13:29pour l'instant,
13:29il ne se passe pas grand-chose.
13:31Et donc, ça va dans le sens de Florian
13:32où moi, je pense qu'on sous-estime massivement
13:34le déploiement à grande échelle
13:36de l'IA dans l'économie
13:38au-delà de la tech.
13:40Ou en tout cas,
13:40sa vitesse de déploiement.
13:41Et donc, les effets à terme
13:43sur la productivité.
13:44On a déjà quand même
13:44une amélioration de la productivité.
13:46Je voyais les chiffres du mois dernier.
13:47On est à 3,7% de productivité aux États-Unis.
13:50Les chiffres là-dessus me gènent un peu
13:51parce que quand vous avez
13:52autant d'investissements,
13:54mécaniquement, en fait,
13:55vous avez un gain de productivité.
13:57Après, c'est la productivité
13:58qui va rentrer dans la croissance potentielle,
14:00c'est-à-dire la croissance
14:01de moyen terme.
14:02Ça, c'est la manière
14:03dont votre économie
14:04va réellement intégrer l'innovation.
14:07Et dans les entreprises,
14:08aujourd'hui, l'IA, c'est un plus.
14:10Il y a un moment,
14:11il y aura une réorganisation
14:12entre les facteurs du production,
14:14entre le facteur capital
14:14et le facteur travail.
14:16Ça peut entraîner des chocs
14:17sur la consommation,
14:18ça peut entraîner de l'incertitude.
14:19Et généralement,
14:20quand on a une innovation si forte,
14:21on a quand même une crise de milieu de cycle.
14:23La Banque des Règlements Internationaux
14:24avait fait un papier
14:25assez intéressant là-dessus
14:26qui montrait que le risque
14:29pouvait arriver en fait
14:30sur en gros la deuxième partie
14:32de l'année 2027.
14:33On parlait tout à l'heure
14:34de financement,
14:34c'est très important.
14:36On va avoir beaucoup
14:37de financements externes
14:39l'année prochaine pour l'IA.
14:40Là, sur la fin de l'année,
14:41financements externes, c'est-à-dire ?
14:42C'est-à-dire en fait
14:43des émissions obligataires
14:45de la part des entreprises.
14:47Là, sur la fin de l'année,
14:48c'est assez limité.
14:49C'est-à-dire,
14:50il reste 20-25 milliards.
14:51Donc, on n'aura pas trop
14:52de stress de financement
14:53a priori d'ici la fin de l'année 2026.
14:55Mais alors, c'est ça la grande différence
14:56peut-être par rapport à il y a six mois.
14:58C'est que cette fois,
14:59le Nasdaq chute
15:00et vit un petit cauchemar quand même.
15:02Hier, dans une phase
15:03où on commence à voir
15:03les limites de l'IA.
15:04Les précédentes corrections
15:05du Nasdaq,
15:06on se disait
15:07c'est beaucoup trop cher,
15:08les valorisations étaient
15:08plus élevées souvent.
15:09Là, on part de valorisations
15:11pas forcément aussi élevées
15:12que sur les précédentes corrections.
15:13En revanche,
15:14on voit plus de limites à l'IA.
15:15Quelles sont-elles ces limites ?
15:16Vous le disiez,
15:17les sources de financement.
15:18Désormais, il y a des doutes
15:19sur la capacité des acteurs
15:20à se financer de façon saine.
15:22Il y a la question
15:23de la consanguinité.
15:24Et du coup,
15:24j'ai envie de vous demander
15:25lequel des quatre murs
15:26est le pire pour l'IA ?
15:27Lequel des quatre murs
15:28dans lequel elle fonce
15:29est le pire ?
15:30Est-ce que ce sont justement
15:30les problèmes de consanguinité,
15:32d'accès au financement,
15:34l'arrivée des démocrates
15:35ou quatrième mur,
15:36la limite énergétique ?
15:37C'est lequel le pire des quatre murs ?
15:39Si je devais mettre une hiérarchie,
15:41c'est ce que vous appelez
15:41la consanguinité.
15:42C'est-à-dire le fait que là,
15:44dans les prix de l'IA,
15:47il y a un phénomène,
15:47ce que j'appelais tout à l'heure
15:48les illusions nominales.
15:50C'est-à-dire qu'en fait,
15:52on a un secteur
15:53qui se finance lui-même
15:54entre participation croisée
15:56et puis achat croisé,
15:57ce qui a tendance
15:58à faire monter les prix de vente.
16:00Et après,
16:00quelle est la capacité réelle
16:02d'absorption de l'économie
16:04en termes de coûts de l'IA
16:05vu toutes les transformations
16:07qu'elles doivent entraîner ?
16:08Donc pour moi,
16:08c'est le principal challenge
16:09pour cette innovation.
16:10Et pour vous, Laurent,
16:11le principal plafond pour l'IA
16:12parmi ces quatre plafonds.
16:14Je vais plutôt dire plafond
16:14que mur,
16:15c'est moins anxiogène.
16:17Moi, je pense que
16:18c'est le financement.
16:20C'est une des thématiques
16:21des prochains mois,
16:22mais qui est liée
16:22à la consanguinité.
16:23C'est-à-dire que
16:23quand il n'y a pas
16:24de problème de financement,
16:26la consanguinité est moins sujet.
16:27Mais quand vous avez
16:28le problème qui arrive,
16:30alors là,
16:31ça accroît,
16:31en fait,
16:32ça décuple
16:32le problème de financement
16:33à cause de la consanguinité.
16:35Là, voilà.
16:36Vous aurez répondu
16:36l'un à l'autre.
16:37On continuera à parler
16:37de la tech dans un instant.
16:39Est-ce que l'IPO d'Enthropic
16:39est remise en cause ?
16:40C'est une bonne ou une mauvaise nouvelle
16:45Messieurs,
16:45dans un instant,
16:46je vous la poserai cette question.
16:47D'abord,
16:48la clôture dans un instant.
16:49Dans 14 minutes,
16:50on accélère
16:51dans la dernière ligne droite
16:52de cette séance
16:53et on s'oriente vers une baisse
16:54pour le CAC,
16:54mais une baisse très modérée.
16:56On ne perd que 0,9% à Paris.
16:57Le CAC avait résisté hier
16:59à la chute des marchés.
17:00Il avait progressé.
17:01Aujourd'hui,
17:02moins 0,9%.
17:038131 points.
17:03Capgemini,
17:04lanterne rouge,
17:04moins 3%.
17:05On a aussi le luxe.
17:06LVMH perd 2,5%.
17:07Et puis,
17:08Téléperformance
17:08qui, pour la énième fois,
17:10abaisse ses prévisions
17:11et surtout révise
17:12Profit Tourning
17:13pour Téléperformance.
17:14Le titre perd 14%.
17:16A la hausse,
17:17en revanche,
17:18Stellantis gagne 1,1%.
17:19Legrand,
17:20qui hier a publié positivement,
17:22mais le titre a été emporté
17:23par la baisse de la tech.
17:24Legrand,
17:24aujourd'hui,
17:25récupère 1,3%.
17:26Noté aux Etats-Unis,
17:28Moderna
17:28qui relève ses prévisions
17:30de chiffre d'affaires
17:30pour cette année.
17:31Un chiffre d'affaires
17:32qui, sur le dernier trimestre,
17:33est déjà supérieur aux attentes.
17:34Le titre Moderna
17:35qui gagne 900%
17:36en moins d'un an.
17:37C'est quand même très spectaculaire.
17:38Moderna gagne encore 7%.
17:40Donc,
17:40après sa publication Moderna,
17:41une des stars du jour
17:42à Wall Street.
17:43Avec Airbnb aussi
17:44qui a publié,
17:45le titre gagne 10%.
17:46En revanche,
17:48TripAdvisor,
17:48là,
17:49c'est plus compliqué,
17:49moins 5%
17:50des prévisions
17:51dans le tourisme
17:51un peu décevantes
17:52de la part de TripAdvisor.
17:53Dans les jouets aussi,
17:54c'est plus compliqué.
17:54Mattel abaisse ses prévisions
17:55et Mattel
17:56tient quand même
17:57en hausse de 3%.
17:58On en parle donc
17:58avec Laurent Chauderge
17:59et Florian Roger.
18:01L'IPO d'Anthropic,
18:02d'abord,
18:02vous y croyez toujours
18:03avant Thanksgiving,
18:04nous disait-on jusqu'ici.
18:05Est-ce que vous y croyez toujours ?
18:06C'est annoncé,
18:10difficile de savoir
18:14exactement ce qui va se passer
18:15là-dessus.
18:16Et vous la préféreriez
18:17à 2 000 milliards
18:17de valorisation de Capi
18:19comme on l'imaginait
18:19ou plutôt à 1 200,
18:201 300 comme on l'imagine
18:21après la chute d'hier
18:22du Nasdaq ?
18:24C'est pareil,
18:24difficile de se projeter.
18:25Je disais tout à l'heure,
18:26la problématique,
18:27c'est l'illusion nominale.
18:28Là,
18:29on aimerait plutôt
18:29que les choses se stabilisent
18:30donc plutôt que ça se passe bien.
18:32Après,
18:33ce qui est intéressant,
18:33si je peux rebondir
18:34sur ce que disait Laurent
18:35sur le financement,
18:36c'est un gros sujet
18:37sur l'année prochaine.
18:38Nous,
18:39ça nous amène à penser
18:39qu'il y a un moment,
18:41les banques centrales
18:41devront intervenir.
18:42C'est-à-dire,
18:43on ira sur ce qu'on appelle
18:44un « yield curve control »,
18:46c'est-à-dire des interventions
18:47de la Fed
18:48pour gérer cette problématique
18:50d'offres.
18:51C'est-à-dire qu'il y a
18:51beaucoup de papiers
18:52à refinancer
18:52et donc la banque centrale
18:54avait tendance
18:54à réduire leur bilan.
18:56On pourra difficilement
18:57continuer
18:57et je pense qu'on ira
18:59vers des interventions
18:59des banques centrales.
19:00C'est-à-dire un quantitative easing
19:01pour des acteurs privés ?
19:02Pour la tech ?
19:06Ça peut être, par exemple,
19:08un changement des règles bancaires
19:09qui amène les banques américaines
19:11à acheter des T-bills
19:12et davantage
19:13d'émissions de T-bills
19:14de la part des trésors
19:15pour gérer l'ensemble
19:16de la dette.
19:18Là où je veux arriver,
19:19c'est que si on a ça,
19:20c'est baissier dollar
19:21et vu ce qui vient de se passer,
19:24là, on a une très forte correction
19:25de l'or, en fait,
19:26au cours des derniers mois.
19:27Je trouve qu'on a des points d'achat
19:28qui sont quand même
19:29assez intéressants.
19:30C'est-à-dire que si on a
19:30un scénario qui est très négatif,
19:32l'or peut quand même rebondir
19:33là comme actif de réserve.
19:35Si on a un scénario, finalement,
19:37où on a une intervention
19:37des banques centrales
19:38qui gère le stress
19:39sur le financement,
19:41ça, ça peut être
19:41fortement baissier dollar
19:42et ça peut aussi
19:44amener un rebond de l'or.
19:45Donc là, on arrive
19:45sur une configuration
19:46qui peut être quand même
19:47assez intéressante.
19:48L'intéressant, comme tout
19:49est interconnecté
19:50et puis votre capacité
19:50à synthétiser les choses,
19:51c'est quand même merveilleux.
19:52C'est comme voir un réseau
19:53routier extrêmement complexe
19:54d'en haut, d'un seul coup,
19:55les choses se dessinent
19:57et apparaissent plus clairement.
19:57Bravo pour la clarté
19:59de vos propos l'un et à l'autre.
20:01On va quitter la tech
20:01dans un instant.
20:02Juste une dernière question dessus.
20:03Vous nous disiez, vous,
20:04vous êtes plutôt optimiste.
20:05Florian, si j'ai bien suivi au début.
20:06J'étais assez neutre
20:07sur la question.
20:08J'ai un peu illudé les choses.
20:09Mais sur la chute d'hier,
20:10je ne me sentais pas
20:11spécialement en panique.
20:13Loin de là, Laurent peut-être
20:15estime au contraire
20:15que c'est le début
20:16d'un phénomène baissier
20:17plus durable.
20:18Est-ce que dans la tech,
20:19vous pensez que cette nouvelle phase
20:20dans laquelle on entre
20:21avec l'arrivée en plus
20:22des démocrates au Congrès
20:22sera favorable
20:23aux hyperscalers,
20:24le retour des sept magnifiques ?
20:26On voit que les sept magnifiques
20:27sur la semaine
20:28ont beaucoup mieux résisté
20:29à la chute de la tech
20:30que les autres,
20:31les sept magnifiques.
20:32Est-ce qu'il y a un avantage
20:33concurrentiel
20:33qui sortira encore grandi
20:35avec l'arrivée des démocrates
20:36pour les sept magnifiques ?
20:37Là, si c'est un risque
20:39vraiment de capex,
20:40effectivement,
20:41il faut être plutôt
20:41sur les hyperscalers.
20:44Parce qu'ils ont déjà
20:45les data centers
20:45et la puissance de calcul.
20:46Ils l'ont déjà.
20:47Ça, en relatif, c'est mieux.
20:49Après, là,
20:50la séance d'hier
20:51a montré aussi l'intérêt
20:51de la diversification.
20:53Et on se dit,
20:54si on a un peu moins
20:55de tensions,
20:56en fait,
20:57sur les taux,
20:58je le disais tout à l'heure,
20:59on peut avoir des secteurs
21:00comme la construction,
21:01on peut avoir des secteurs
21:02comme les banques
21:03qui rebondissent.
21:04Là, vous citiez tout à l'heure
21:05qu'on avait sur la partie
21:08loisirs, voyages,
21:08plutôt des déceptions.
21:09C'est un secteur
21:10qui peut rebondir.
21:11Voilà, on a quand même
21:12des thèmes
21:13où on peut avoir
21:14un peu une rotation,
21:15en fait,
21:15qui s'opère
21:16au cours des prochains trimestres.
21:18Et l'Europe est peut-être
21:19pas trop mal positionnée là-dedans.
21:20Alors justement,
21:20c'est quoi un bon portefeuille ?
21:22Un portefeuille démocrate
21:23compatible avec l'arrivée
21:24des démocrates,
21:24quand même très large victoire,
21:26Laurent,
21:26aux États-Unis,
21:27au Congrès.
21:28Est-ce qu'on doit revoir
21:29les portefeuilles ?
21:30Et comment est-ce qu'on ajuste ?
21:31Comment est-ce qu'on arrive
21:32à aujourd'hui faire émerger
21:33un portefeuille
21:34moins Trump compatible,
21:35même s'il reste là
21:36avec beaucoup de pouvoir
21:37quand même,
21:37mais plus davantage,
21:38enfin, plus davantage,
21:40démocrate compatible,
21:41on va y arriver.
21:42Et ça veut dire quoi ?
21:42Plus d'Europe ?
21:43Ça veut dire d'autres valeurs
21:44aux États-Unis ?
21:45Comment vous ajustez le tir là ?
21:46Alors nous, Guillaume,
21:48je vous rappelle,
21:48on est tous sur les actions
21:51européennes,
21:52même si on peut faire
21:53un peu action américaine,
21:54mais ce n'est vraiment pas
21:54notre terrain de jeu au départ.
21:56Je reviens juste par contre
21:56sur la question des hyperscalers
21:57qui était intéressante.
21:59Effectivement,
22:00je pense que c'est à choisir
22:02dans l'IA,
22:02c'est probablement l'endroit
22:03où c'est intéressant
22:04d'investir,
22:06parce que si la thématique
22:08de l'IA ne fonctionne pas,
22:09ce sera essentiellement
22:10parce que les CAPEX
22:12sont réduits
22:13ou retardés.
22:15Et donc,
22:15ce qui a pesé
22:16sur les hyperscalers
22:16depuis deux ans,
22:17c'est de voir que tout d'un coup,
22:18ces machines à cash
22:20engloutissaient tout ce cash
22:20dans leur CAPEX
22:22et que ça devenait
22:23un cash flow négatif
22:23et que ça leur procurait
22:25des besoins de financement
22:26colossaux.
22:27Si jamais elle disait demain
22:28pour des questions
22:29d'autorisation,
22:30de permis,
22:31etc.,
22:31je dois ralentir
22:33mon CAPEX,
22:33je n'abandonne pas,
22:34mais je ralentis juste
22:35le cash flow à revenir
22:37et ça devrait bénéficier
22:38à ces gens-là.
22:40Donc ça,
22:40c'est déçu.
22:41Oui, parce qu'après nous,
22:43je vous dis honnêtement,
22:44on trouve qu'il y a un
22:45qui n'est pas facile
22:47à traiter en ce moment,
22:48c'est que la valorisation
22:51des acteurs qui étaient
22:52soi-disant les gagnants
22:53de l'IA,
22:54donc on va dire
22:55les capitales Gouze,
22:56les SM, etc.,
22:57en Europe,
22:58a beaucoup corrigé.
22:59Et à l'inverse,
23:00les sociétés plus défensives
23:01qu'on avait achetées,
23:02on n'en avait pas l'ensemble,
23:03ont bien monté.
23:04Et donc aujourd'hui,
23:05il n'y a plus d'écart
23:05entre les deux.
23:06Et donc il n'y a plus
23:07de vrai arbitrage facile à faire.
23:09Et donc ce qu'on fait nous,
23:11je peux vous dire,
23:11on réduit progressivement
23:12un petit peu
23:13les valeurs défensives
23:14au fur et à mesure
23:14qu'elles montent.
23:15Et on commence à s'intéresser
23:17à certaines valeurs industrielles
23:19qui sont liées en partie à l'IA
23:22parce qu'on pense
23:22que la tendance industrielle
23:23va être là.
23:25Mais il faut acheter des valeurs
23:27qui, dans le cours actuel,
23:29n'anticipent pas
23:29la croissance prévue.
23:31Oui.
23:32Des valeurs qui,
23:33vous voyez ce que je veux dire,
23:34où le prix anticipe déjà
23:35que les CAPEX vont ralentir.
23:38Exemple.
23:38Et on commence à avoir
23:39des exemples.
23:40Par exemple,
23:41je vous donne un exemple.
23:42Le Grand.
23:43Le Grand,
23:43quand vous parlez au management,
23:45normalement,
23:45le marché vous dit
23:46120 gigawatts vont être installés
23:48sur les cinq prochaines années.
23:50Eux,
23:50ils ont 30 gigawatts
23:51dans le budget
23:51et dans les estimations.
23:53Et nous aussi.
23:54Donc,
23:54ils sont déjà en train de dire
23:56même s'il y a deux tiers
23:57des gigawatts
23:58qui ne sont pas installés,
24:00on pourrait faire nos chiffres.
24:02Je vous prends
24:02un autre exemple.
24:03Siemens Energy
24:03qui font les turbines à gaz.
24:05Ils ont un carnet de commandes
24:06saturé jusqu'à 2030.
24:08Donc là,
24:08vous avez une bonne visibilité.
24:10Et après,
24:10vous imaginez,
24:11imaginez qu'à partir 2030,
24:12tout s'arrête.
24:13Ils ne vendent plus jamais
24:13une seule turbine à gaz.
24:14Mais ils vivent
24:15sur leur parc installé
24:17de turbines
24:17juste la maintenance.
24:19Juste en faisant ça,
24:20vous faites les calculs,
24:21vous êtes à seulement
24:21dix fois les bénéfices.
24:23Donc là,
24:23vous vous dites,
24:24voilà,
24:24même si ça s'arrête,
24:25j'ai quand même
24:26un socle solide
24:27et j'ai une option gratuite
24:29si jamais la croissance
24:30est finalement là.
24:31Quelques options
24:32effectivement intéressantes.
24:33en termes sectoriels,
24:34qu'est-ce que vous privilégiez
24:35au-delà de la tech ?
24:36Parce qu'on a beaucoup
24:36parlé de tech, Florian.
24:38Le renouvelable,
24:39et ça,
24:39on en est content
24:40chez BNP Paribas.
24:41On se dit que là,
24:42on a une victoire démocrate
24:43qui était prévue
24:44par les sondages
24:44mais qui est beaucoup
24:45plus ample que prévue,
24:46qui met une dynamique
24:48et qui montre la probabilité
24:49que les démocrates
24:50gagnent l'élection présidentielle.
24:52Et donc,
24:52structurellement,
24:53on peut avoir
24:53en fait
24:55une dynamique boursière
24:55qui redevienne
24:56en fait
24:57plus favorable
24:58pour les secteurs
24:58des énergies renouvelables
25:00et en particulier
25:00pour la partie solaire.
25:02Donc voilà,
25:02on se dit que là,
25:03on a le début
25:04d'un virage
25:05et qu'au cours
25:06des prochaines semaines,
25:07on pourrait quand même
25:07avoir une amélioration
25:08de ces valeurs.
25:08Bon voilà,
25:09des perspectives
25:10pour la suite.
25:11Elisabeth Warren,
25:13sénatrice démocrate,
25:15figure de proue
25:15de l'opposition
25:16à Donald Trump,
25:16pour et prend,
25:17elle devient favorite
25:18manifestement
25:18pour prendre la commission
25:19bancaire du Sénat américain,
25:20figurez-vous,
25:21Elisabeth Warren.
25:22C'est une farouche opposante
25:23à la dérégulation bancaire
25:24et financière justement
25:25promise par Donald Trump.
25:26Ça changerait quoi
25:27si elle parvenait
25:27à la tête de la commission
25:28bancaire du Sénat ?
25:30Je pense qu'un des points,
25:31je l'ai mentionné
25:32très rapidement,
25:33ce qui va être important,
25:34c'est le changement
25:35des règles de fonctionnement,
25:36des ratios de solvabilité
25:37en fait aux Etats-Unis.
25:39Donc ça,
25:39c'est le point
25:39qu'il faudra regarder
25:40en fait sur l'année prochaine.
25:42Nous,
25:42on est assez convaincus
25:43quand même
25:43qu'il y aura une volonté
25:46d'inciter les banques américaines
25:47à détenir davantage
25:48de dettes en fait publiques
25:51dans les ratios
25:51avec une pondération
25:52en fait qui donne
25:54un intérêt en fait
25:55de détention de dettes.
25:56C'est ce que j'ai appelé
25:57le curve control tout à l'heure.
25:58C'est l'idée qu'il y a
25:59beaucoup de dettes dans le système
26:00et qu'en fait,
26:01il faut arriver à gérer
26:02en fait ce montant de dettes.
26:03Que les banques
26:03prennent leur part de la dette.
26:04Et si on fait ça,
26:05ça peut libérer du cash
26:06et aider en fait
26:08le crédit de manière globale.
26:10C'était ça le sens
26:10de la réforme un peu envisagée.
26:12Et ce qui sera intéressant aussi
26:12ici en Europe
26:13à suivre à partir de lundi,
26:14Laurent,
26:14c'est que la BCE
26:15va commencer à examiner
26:16les candidatures
26:16pour la succession
26:17de Christine Lagarde
26:18qui partira en février
26:20avec neuf mois d'avance.
26:21la BCE va examiner
26:22les candidatures dès lundi.
26:24Vous voyez quel scénario ?
26:27On n'a pas de scénario
26:28arrêté officiel
26:30sur le prochain gouverneur
26:32de l'AVCE honnêtement.
26:33On se concentre
26:34à plus court terme
26:36sur la dynamique
26:37de taux d'intérêt.
26:38Nous, on a plutôt tendance
26:39à toujours anticiper
26:40une hausse des taux décembre.
26:43Mais on va voir.
26:45De nouveau,
26:46ça dépend pas mal
26:47du Moyen-Orient
26:48et du prix des matières premières,
26:49je trouve.
26:50Sur la succession
26:51de Christine Lagarde,
26:52je ne vous demande pas un nom
26:52bien évidemment,
26:53mais on voit les candidatures.
26:54On a une idée là-dessus
26:56en fonction de leur profil.
26:57Il n'y a pas de Français
26:58manifestement
26:58qui émergerait
26:59pour succéder à Christine Lagarde
27:00mais en fonction de leur profil
27:01ce que pourrait être
27:01la prochaine BCE, Florian ?
27:03Difficile, c'est pareil,
27:04de se projeter.
27:04Oui, oui, on ne sait pas
27:05qui va l'emporter.
27:06Un candidat néerlandais
27:06qui serait plutôt devant
27:09selon nous.
27:10Ce qui est important,
27:11c'est décembre,
27:12dernière hausse de taux
27:12potentiellement.
27:13C'est classe note pour vous
27:14et le favori néerlandais ?
27:15Un petit peu plus favori
27:17mais disons décembre,
27:19dernière hausse de taux
27:20après plutôt une phase
27:21de stabilisation
27:21et ce qu'on a vu
27:23avec la BCE,
27:23c'est vraiment un ancrage
27:25et une stabilité
27:25et en fait,
27:26on a eu une recherche
27:27de consensus là
27:28donc on se dit
27:29que ça ne va pas être
27:30un événement
27:32énormément marquant.
27:33Le dernier événement
27:33marquant,
27:34c'était Draghi
27:36qui avait un peu changé
27:36la manière de communiquer
27:38mais parce qu'on était en crise.
27:39Là, on a eu plutôt
27:40une bonne gestion
27:41de la part de la Banque Centrale Européenne
27:43donc on s'attend
27:43à une succession douce.
27:45Oui, on espère.
27:46Le 10 ans français,
27:46il est stable aujourd'hui
27:474,77
27:48après s'être bien détendu
27:49ces derniers jours
27:50à l'instar de tous les taux.
27:51Le 10 ans américain
27:51lui est à 4,85.

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