- il y a 4 heures
Ce mardi 20 octobre, Wilfrid Galand, directeur stratégiste chez Montpensier Arbevel, et Olivier de Berranger, directeur général et co-CIO de La Financière de l’Échiquier, étaient les invités de l’émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Nos experts du club, ils viennent de nous rejoindre.
00:05Wilfried Galland, directeur stratégiste de Montpensier Arbevel.
00:08Bonsoir Wilfried, bienvenue.
00:10Et Olivier de Béranger, bonsoir Olivier.
00:12Bonsoir Guillaume.
00:13Directeur général, la financière de l'échiquier.
00:16Par quoi souhaitez-vous commencer ?
00:17Tiens, je vous laisse le choix.
00:18La tech qui sous-performe ou les taux qui nous étonnent ?
00:22Wilfried.
00:22Je pense que la clé, effectivement, vous l'avez bien deviné,
00:25ce sont ces deux mouvements-là.
00:26On va peut-être commencer par les taux.
00:28Allez, les taux.
00:28Voilà, c'est effectivement ce qui est un arriveur général de marché.
00:32Dix ans français à 4,95.
00:33Alors, ils étaient un peu là, mais il y a une heure, il était à 4,95.
00:35Et l'écart de taux avec l'Allemagne, trois jours après les émeutes,
00:38l'écart de taux a atteint 154 points, nouveau plus haut de 2012 aujourd'hui.
00:41Oui, en fait, c'est à la fois le signe d'une grande nervosité,
00:47en général, sur le marché obligataire,
00:49mais plus spécialement sur la dette française.
00:52Alors, elle n'est pas nouvelle, cette nervosité,
00:54mais c'est vrai que jusqu'à présent,
00:55on avait un élément qui nous protégeait,
00:58je vais dire à demi depuis la dissolution,
01:00qui était la sensation que le tissu social français était certes agité,
01:07mais que globalement, les pouvoirs publics tenaient une structure qui était solide
01:12par rapport justement aux défis financiers et économiques de la France.
01:18Depuis ce week-end, il y a quand même beaucoup d'interrogations
01:22sur justement les fractures de ce tissu social,
01:26sur la capacité de l'État à reprendre la main.
01:29Et effectivement, dans le cadre d'une perte de contrôle,
01:33à la fois de nos finances publiques,
01:36notre trajectoire économique, notre trajectoire budgétaire en général,
01:40c'est vrai que ça inquiète quand même pas mal.
01:41Et on voit, comme vous le mentionniez en introduction,
01:45que l'Italie n'est pas à l'abri.
01:47Alors déjà parce qu'il y a eu effectivement là aussi des manifestations
01:51moins élargies quand même.
01:53Ça a fait également des dégâts,
01:56mais disons qu'on n'a pas brûlé la mairie de sienne
02:00par rapport à la France.
02:02Donc voilà, les Italiens ont des problèmes,
02:05mais les nôtres sont encore plus importants.
02:07Néanmoins, on voit que les investisseurs,
02:10là aussi, mettent les Italiens un peu dans le même panier que les Français.
02:14Et donc globalement, sur la zone euro,
02:16ce qu'on voit, c'est quand même un écartement général des spreads
02:19avec l'Allemagne, cette Europe du Nord, Europe du Sud
02:22qui commence à se créer.
02:23Ça, effectivement, il va falloir suivre
02:24parce que c'est un indicateur de fragmentation
02:27que la BCE ne peut pas totalement ignorer.
02:29Et donc on va suivre quand même de façon assez étroite
02:32les réactions de la Banque centrale européenne.
02:34Elle a des outils pour ça.
02:36Il ne va pas falloir non plus attendre trop, trop longtemps
02:38avant des prises de parole qui sont aujourd'hui très attendues.
02:40Qu'est-ce qu'il se dit, le marché,
02:42quand il voit la France qui s'est passée ce week-end,
02:44les taux français, donc on le disait,
02:46quasiment à 5% à nouveau.
02:48On était à 4,95% tout à l'heure,
02:49l'écart de taux avec l'Allemagne.
02:50Quelles sont les questions que désormais le marché se pose
02:53qui ne se posaient peut-être pas avant ce week-end,
02:55d'après vous, Olivier ?
02:56J'appuierais peut-être ce que Wilfried vient de dire,
02:59que pendant longtemps, la France a toujours eu des problèmes de déficit,
03:04des problèmes d'endettement excessif,
03:06mais il n'y a jamais eu de doute sur sa capacité à lever l'impôt.
03:09Jamais.
03:10Quand il y a eu la crise en Grèce entre 2011 et 2012,
03:13il y a des experts du fisc français qui sont allés voir leurs homologues grecs
03:17pour leur apprendre à comment on fait pour lever l'impôt.
03:20Et ce qui se passe ce week-end,
03:22il y a quand même, de mon point de vue,
03:23une certaine question qui se pose chez les investisseurs
03:25sur le pouvoir régalien de l'État français, tout simplement.
03:29Si on n'est pas capable de maintenir la sécurité dans la rue,
03:33de maintenir les biens et la sécurité physique des personnes,
03:36est-ce qu'à terme, on sera vraiment capable de lever l'impôt ?
03:39Donc je pense que ces questions sont un peu exagérées,
03:41mais elles sont un peu naissantes quand même.
03:43Et Wilfried, tu disais à l'instant
03:44qu'on était peut-être dans le même panier que l'Italie,
03:47où l'Italie nous rejoignait dans le même panier,
03:51je pense que c'est la grande menace pour l'économie française
03:54dans les 10, 15, 20, 30 ans qui viennent.
03:56C'est qu'on soit comme l'Italie depuis ses taux d'endettement excessifs,
04:01c'est-à-dire avec une croissance complètement à tône,
04:04avec des déficits d'investissement interne,
04:09et que finalement l'Italie tient grâce auprès de l'Europe actuellement.
04:13Sinon, elle aura une croissance qui serait probablement assez proche
04:18de la croissance française.
04:19Ce qui nous manque pour être dans le même panier que l'Italie,
04:22c'est un excédent ou au moins un budget primaire à peu près équilibré.
04:27Les Italiens le font depuis une vingtaine d'années,
04:30et bien c'est pour ça qu'ils n'ont pas de croissance.
04:32Et en fait, c'est ça le risque, à mon avis,
04:34que voient les investisseurs dans la France.
04:36Je ne pense pas qu'il y ait un risque d'effondrement de la dette française,
04:40il n'y a pas un risque de craque de la dette française.
04:43Mais il y a un lent d'élabrement de l'état de l'économie,
04:48de l'état de la société, de l'état du pouvoir régalien.
04:51Dans la voiture en venant, j'entendais Christopher Dembitt
04:54qui nous rappelait que le PIB polonais par habitant
04:58va nous dépasser d'ici deux ans.
04:59Voilà, c'est, je pense, une bonne photo d'où on en est aujourd'hui.
05:03Mais alors vous disiez, la crainte qu'on doit avoir pour la France,
05:06c'est que l'Italie nous rejoigne dans les difficultés,
05:08ou que la France devienne comme l'Italie quelque part.
05:10Mais est-ce qu'au contraire, le fait que les taux italiens se tendent
05:13autant que les taux français en ce moment,
05:14justement, ne pourraient pas, et vous en parliez un petit peu, Wilfried,
05:17alerter la BCE, la réveiller et la pousser à agir ?
05:20Et pour une fois de plus, on en profiterait.
05:22C'est-à-dire que si la France seule avait des problèmes
05:24sur le marché obligataire, la BCE sans doute aurait du mal
05:27à agir pour un pays seul, surtout la France qui n'a pas fait beaucoup d'efforts.
05:30Mais si l'Italie aussi a des difficultés,
05:32là la BCE peut-être sortirait-elle du bois et agirait-elle ?
05:34Et la France en profiterait une fois de plus.
05:36Est-ce qu'on peut imaginer ce scénario-là, où la France profite de la BCE
05:39parce que l'Italie aussi aurait des tensions ?
05:41Sans doute.
05:42C'est toujours possible d'être un peu un passager clandestin,
05:45mais si tout le monde est passager clandestin,
05:47ceux qui conduisent le navire vont commencer à dire
05:50qu'il y a peut-être un petit problème.
05:51Donc oui, ça peut pousser évidemment la BCE à agir de manière ponctuelle.
05:57Mais si la France ne réforme pas son système de fonctionnement,
06:03n'a pas de réforme structurelle plus importante,
06:05je ne vois pas la BCE nous aider durablement.
06:07Rappelez-vous les cures d'austérité que la Grèce, le Portugal, l'Espagne ou même l'Italie ont eu à
06:14subir.
06:15Il faut toujours le rappeler, le PIB italien a rejoint son niveau de 2007 en 2023,
06:20en dollars constants, en dollars courants pardon.
06:23Donc ça veut dire que pendant des années,
06:25pendant que nous on dépensait de manière impécunieuse,
06:28eux ont fait quand même des efforts.
06:30Le Portugal a fait des efforts énormes,
06:32l'Espagne également, la Grèce aussi.
06:34Le seul pays en difficulté d'Europe du Sud qui n'a pas fait d'efforts pour l'instant, c
06:39'est la France.
06:39Le petit problème, c'est qu'on n'a pas commencé les vrais efforts,
06:41mais qu'on a déjà ce spectacle dans la rue.
06:43Donc est-ce que la France en sera capable de mener ces efforts-là ?
06:46Et si elle n'en est pas capable, il se passera quoi ?
06:48Le 10 ans français montera à 5, 5,5, 6 ?
06:50Et après, il se passera quoi, Wilfried ?
06:52Non mais c'est effectivement, les questions que vous posez sont parfaitement légitimes
06:56et extrêmement vertigineuses en fait, dans les réponses potentielles.
07:02Pour renchirer sur ce que vient de dire Olivier,
07:05la question de la BCE est une question qui peut être à double tranchant pour la France.
07:09Parce que si la BCE fait le constat que l'Italie est entraînée par les mouvements sur la dette française,
07:16que les mouvements sur la dette française sont justifiés par l'impécuniosité du pays,
07:21mais qu'en revanche, les mouvements sur la dette italienne ne sont pas justifiés,
07:24alors elle peut déclencher ces outils, mais uniquement pour l'Italie.
07:27Et dire, moi je déclenche l'outil de transmission de politique monétaire, le fameux outil de TPI,
07:32pour m'assurer que la dette italienne n'est pas entraînée à son insu,
07:37de façon indue, pardon, de façon indue par la dette française,
07:40parce qu'il n'y a aucune raison.
07:42Et là vous imaginez les conséquences en termes de taux d'intérêt sur la France
07:47et de défiance de la part des investisseurs.
07:49Donc il ne faut surtout pas jouer à ce jeu-là.
07:52Et effectivement, les questions que vous posez sont parfaitement légitimes.
07:55Il faut que le pays reprenne le contrôle de sa trajectoire,
07:59que ce soit une trajectoire politique, une trajectoire économique, une trajectoire financière,
08:03de façon urgente.
08:04Et effectivement, c'est difficile,
08:05mais on a connu dans l'histoire des moments extraordinairement compliqués.
08:09Alors certes, sans la monnaie unique,
08:10donc il y avait ce levier monétaire qu'on pouvait actionner,
08:13mais quand on se replonge dans la France de 1958,
08:16on avait un poutch à Alger,
08:18on avait une instabilité extraordinaire,
08:20on avait le FMI qui tapait aux portes de la France,
08:25ce n'était pas encore Bercy, c'était Rodrigue Chelieu à l'époque.
08:27On avait un véritable sujet multidimensionnel.
08:32On a réussi à le traiter.
08:33Les personnels politiques n'étaient peut-être pas exactement le même qu'il est aujourd'hui.
08:37Et la société était peut-être plus pilotable,
08:39c'est facile à dire, 50 ans après.
08:41Je ne suis pas du tout certain de ça.
08:42Voilà, je pense qu'avec, si on se replonge effectivement dans les commentaires de l'époque,
08:47avec les turbulences liées à l'Algérie,
08:50c'était quand même extrêmement compliqué.
08:52Et donc effectivement, c'est possible,
08:54mais il va falloir qu'on trouve à la fois une personnalité politique qui fasse le travail
08:59et l'équivalent d'un Jacques Reuf, un économiste,
09:02qui convainque le personnel politique de dire
09:04qu'il va falloir faire des réformes,
09:06et des réformes qui sont, comme le disait Olivier, parfois douloureuses,
09:08mais nécessaires pour nous redonner les moyens de notre ambition,
09:11les moyens de notre puissance,
09:13et les moyens d'être écoutés en Europe.
09:15Le problème aussi qu'on va rapidement constater,
09:17c'est que la voix de la France,
09:19du fait de cet effritement,
09:21de fait même de cet effondrement d'un certain nombre de paramètres,
09:24porte de moins en moins en France et peut-être dans le monde.
09:27Il va falloir se redresser.
09:29Est-ce qu'on a six mois ? J'en suis pas sûr.
09:31En tout cas, il faut le faire vite.
09:32Mais est-ce qu'on est obligé d'être hyper pessimiste
09:34quand on regarde les différents programmes de la présidentielle ?
09:36Il y a comme ça une petite musique de fond qui dit
09:38« il n'y a aucun programme qui soit à la hauteur ».
09:40Pas évident d'être à la hauteur des enjeux pour calmer, réduire les déficits,
09:44mais la retraite par capitalisation, l'idée avance.
09:47Dans plein de parties, pas seulement à droite,
09:49ça commence au centre-gauche, au PS,
09:51certains en parlent discrètement,
09:53mais quand même certains en parlent.
09:55On voit l'idée, pourquoi pas, d'une règle d'or
09:56qui apparaît aussi dans des parties
09:58qui désormais se trouvent une forme de volonté vertueuse
10:01vis-à-vis des finances publiques.
10:02Alors ça ne veut pas dire que tout est parfait dans la règle d'or,
10:03mais au moins ça montre une ambition,
10:05une prise de conscience aussi.
10:07Est-ce que de ce point de vue, on peut quand même se rassurer
10:09en disant qu'il y a un début de prise de conscience
10:10et un certain nombre de parties,
10:12qui, même si leurs solutions ne seront pas forcément
10:14les plus efficaces, parfois peuvent être populistes,
10:16mais ces parties, malgré tout, montrent
10:18qu'ils prennent conscience du problème
10:19et partagent des diagnostics des difficultés financières,
10:22ce qui n'était peut-être pas le cas avant, Olivier.
10:24Oui, alors ça c'est si on veut voir des choses
10:26de manière positive, effectivement.
10:28Il y a des règles d'or qui arrivent
10:29dans plusieurs programmes politiques,
10:31il y a des réflexions sur la retraite.
10:34Je rappelle toujours qu'on a en France
10:35la retraite par capitalisation,
10:37ça s'appelle le PER,
10:38ou la préfond si vous êtes fonctionnaire.
10:40Mais c'est la même chose.
10:42Mais je crois que ce qui inquiète plus les marchés,
10:45ce n'est pas tellement la présidentielle.
10:47Si on en croit les sondages,
10:48je ne vais pas vous dire que c'est joué,
10:49mais en tout cas, on a l'air de connaître
10:52quel est le nom de la future présidente de la France.
10:56Ce qui inquiète les sondages,
10:57c'est les législatives.
10:59C'est quelle assemblée va arriver
11:02à l'Assemblée nationale française.
11:05Depuis 1958,
11:06Wilfried en parlait à l'instant,
11:08depuis la Ve République,
11:10normalement, quand il y a un nouveau président
11:11et un changement de politique important,
11:15il y a toujours une assemblée
11:16qui lui est donnée
11:17pour valider le programme du candidat.
11:21Mais là, on a, depuis 1958,
11:23pour la première fois,
11:24on va avoir des législatives
11:25dans lesquelles on va avoir
11:26un nombre de triangulaires
11:27et de quadriangulaires
11:29qu'on n'a jamais connus.
11:30D'habitude, c'était gauche contre droite.
11:33D'habitude, c'était centre-gauche
11:34contre centre-droite.
11:35Dans toute, pas dans toute,
11:37mais dans la quasi-totalité
11:38des circonscriptions françaises.
11:40Cette année, vous allez avoir
11:41des triangulaires avec l'extrême-gauche,
11:43l'extrême-droite,
11:44le centre-gauche représenté
11:46par telle ou telle partie
11:47et le centre-droit représenté
11:49par telle ou telle partie.
11:50Et en fait, ça va être la pièce en l'air
11:51sur la composition de l'Assemblée.
11:53Et je pense que la peur des marchés,
11:56c'est d'avoir une assemblée
11:57qui ressemble à celle qu'on a aujourd'hui.
11:59Un gros changement de cap
12:01sur le président ou la présidente
12:03de la République française,
12:04mais une assemblée ingouvernable.
12:06Et là, ce serait vraiment problématique.
12:07Pour le marché, il vaut mieux,
12:08quelle que soit la majorité absolue,
12:10il vaut mieux une majorité absolue claire,
12:12quelle qu'elle soit, à peu près en tout cas,
12:14plutôt qu'effectivement,
12:15un morcellement de l'Assemblée
12:17comme on le connaît aujourd'hui ?
12:18Je pense que ça dépend quand même
12:20de qui est la majorité absolue.
12:22Voilà, ça dépend de qui gagne.
12:24En fait, toute la question
12:25qui va se poser,
12:27et pour reposir sur votre première analyse,
12:36effectivement, il y a quand même
12:38une prise de conscience
12:38que le sujet existe,
12:40le sujet financier existe.
12:42Dans la plupart des partis,
12:44ils acceptent d'être à la table.
12:46Alors, ils ne savent pas nécessairement,
12:47ils n'ont pas nécessairement
12:48les bonnes cartes,
12:49ils ne savent pas nécessairement
12:49comment les jouer,
12:50ils ne connaissent pas nécessairement
12:51les règles,
12:51mais au moins,
12:51ils acceptent de venir à la table.
12:53C'est déjà une première chose.
12:55Ensuite, effectivement,
12:57tout va dépendre.
12:58Est-ce que le résultat
12:59de l'élection présidentielle,
13:00ce sera un vote contre ?
13:02Ou est-ce que le résultat
13:02de l'élection présidentielle,
13:03ce sera un vote pour ?
13:04Si c'est un vote pour,
13:06probablement que l'élan traditionnel
13:08dont parle Olivier va jouer.
13:09Si c'est un vote contre,
13:11ce sera beaucoup plus compliqué.
13:12Mais d'abord,
13:13les marchés vont être attentifs,
13:15effectivement,
13:15un, au programme,
13:17comme vous le soulignez,
13:18au programme économique
13:19et financier,
13:20le fait déjà de se dire
13:22qu'il y a un sujet
13:23et que ce sujet-là,
13:24on l'aborde de la façon
13:25la plus rigoureuse possible.
13:27Encore des sujets.
13:28Et ensuite, savoir
13:30quand est-ce que l'élection
13:32va se cristalliser ?
13:34Probablement, historiquement,
13:36on sait que c'est entre
13:37fin janvier et mi-février
13:39et que les choses
13:39se cristallisent un peu.
13:41Là, effectivement,
13:41on va voir comment les choses
13:43vont se dérouler sur les marchés.
13:44Jusque-là,
13:45on va probablement avoir
13:46beaucoup de volatilité,
13:47en particulier sur la dette française
13:48et sur le marché français
13:49tout spécialement.
13:50Effectivement,
13:50le CAC 40 est en baisse
13:52de 0,2%.
13:53C'est après-midi,
13:53dans la moyenne des marchés européens,
13:54l'euro 50 à moins 0,2%
13:56et donc le 10 ans français
13:57détend un peu en cette fin de journée,
13:59mais on était à 4,95%.
14:00L'écart de taux avec l'Allemagne,
14:01c'est quand même le chiffre du jour.
14:02On le répète donc,
14:04atteint 154 points.
14:05154 points,
14:06c'était aux alentours
14:07de 16h tout à l'heure
14:08entre les 10 ans français et allemands.
14:10Beaucoup de politique à venir
14:11ici en France,
14:12en Italie,
14:12il ne faut pas oublier
14:13qu'il y a des législatives
14:14à venir en Italie,
14:14en Espagne.
14:15N'oublions pas l'Espagne aussi,
14:16dans un peu plus d'un mois,
14:17les Espagnols vont voter
14:18et puis bien sûr,
14:19les midtermes,
14:19ça c'est dans pile deux semaines,
14:20jour pour jour,
14:21les midtermes.
14:21Sans parler de l'Allemagne
14:22qui pourrait être
14:23dans une situation
14:24un peu compliquée aussi,
14:25politiquement.
14:26Donc on a les 4 grands pays
14:28qui sont dans une situation
14:30effectivement où
14:30la politique pose question.
14:35même identique,
14:35pas du tout
14:36dans les différents pays,
14:37mais la stabilité politique
14:40à demande
14:40ne faisait pas de doute.
14:42Il était extrêmement rare
14:44d'avoir une instabilité
14:45à l'intérieur d'un mandat
14:46de coalition
14:48ou de chancelier.
14:49Là, on le redécouvre
14:51avec des programmes
14:54qui sont parfois
14:55extrêmement différents
14:57par rapport à ce qu'on a connu
14:58en Allemagne.
14:59L'Allemagne européenne,
15:01garante du ciment
15:01et la bonne amie
15:04qui s'arrange
15:05pour arranger tout le monde
15:06autour de la table,
15:07ça semble être un peu fini
15:09et donc il va falloir
15:10que les nouveaux équilibres
15:11se mettent en place.
15:12C'est l'agrégation de tout ça
15:13qui fait que l'euro
15:13a pas mal reculé
15:14quand même depuis quelques jours.
15:15On est en 1,12$ là.
15:16Il y a ça,
15:17Olivier parlera,
15:18mais il y a aussi le fait
15:19que les performances économiques
15:20de la zone euro
15:21sont quand même bien inférieures
15:22aux performances économiques
15:24des Etats-Unis.
15:25Même si,
15:26vu de France particulièrement,
15:27même si ce n'est pas si mal,
15:28on a un peu plus d'1% de croissance
15:30en Europe.
15:31Des deux côtés de l'Atlantique,
15:32qu'il n'y a pas photo.
15:33Olivier,
15:34dans pile deux semaines,
15:35les mid-terms aux Etats-Unis,
15:36bon,
15:36Wilfried à l'instant disait
15:37le mandat,
15:38le scrutin le plus important
15:39en Europe,
15:39ce sera le scrutin français
15:41mais aussi allemand
15:42si jamais il devait y avoir
15:43un moment un scrutin avancé
15:44en Allemagne.
15:44Vous diriez que c'est quoi
15:45pour vous le principal scrutin
15:46à suivre à part la France ?
15:47C'est les mid-terms,
15:48c'est clairement les mid-terms
15:49américains.
15:49De toute façon,
15:50le drame qui nous arrive
15:51sur les taux
15:52dont on vient longuement de parler
15:53vient du drame américain.
15:55C'est-à-dire que les taux
15:55montés aux Etats-Unis,
15:56de toute façon,
15:57c'est les Etats-Unis,
15:58c'est le T-Note,
15:59c'est le T-Bond,
15:59c'est le T-Bille
16:00qui drive les niveaux de taux
16:02dans le monde entier
16:03et le problème qu'est la France
16:04c'est que notre écartement de spread
16:06il arrive à un moment
16:07où il y a également
16:07une hausse des taux d'intérêt
16:08aux Etats-Unis.
16:09Si on était dans une période
16:10de taux zéro,
16:11ça se verrait entre guillemets
16:12beaucoup moins
16:13et ce serait nettement moins douloureux.
16:14On ne peut pas avoir de la chance
16:15à chaque fois ?
16:15On ne peut pas effectivement
16:16être éternellement
16:17un passager clandestin.
16:19Je pense qu'effectivement
16:20les mi-termes
16:20c'est un gros enjeu,
16:22c'est un gros enjeu
16:22pour beaucoup de secteurs,
16:23pour le secteur de la défense,
16:25pour le secteur de l'énergie,
16:27pour tout ce qui peut être
16:29relocalisation aux Etats-Unis,
16:31pour la pharma,
16:32il y a beaucoup de secteurs
16:33qui vont quand même
16:33être très impactés
16:35par un changement éventuel
16:36d'une voire deux chambres.
16:37Parce qu'effectivement,
16:38il semble que les démocrates
16:40aient une vraie chance
16:40de remporter les deux chambres,
16:42la chambre des présentants
16:42mais aussi le CELA,
16:44c'est désormais
16:44une hypothèse majoritaire.
16:45Ça, ça changerait quoi ?
16:46Ça changerait quelque chose
16:47ou ça ne changerait rien ?
16:48Parce que Donald Trump
16:48pourrait faire obstruction
16:49sur à peu près tout.
16:51Alors techniquement,
16:52il ne peut pas vraiment
16:53faire obstruction sur tout.
16:54C'est-à-dire,
16:54il a la politique étrangère
16:55effectivement,
16:56il peut continuer
16:57sa guerre d'Iran
16:58mais pour la financer,
16:59ce sera quand même
17:00beaucoup plus compliqué
17:01que ça ne l'est aujourd'hui.
17:04Du coup,
17:04il lui resterait quoi
17:05à l'international ?
17:06Il lui resterait
17:07la guerre tarifaire,
17:08l'Europe ?
17:08Même si c'est attaqué
17:10et attaquable,
17:12normalement,
17:13les taxations,
17:14les importations,
17:15c'est toujours du privilège
17:16du président,
17:17toute la politique étrangère.
17:18Mais c'est sûr
17:19qu'on aurait là aussi
17:21possiblement un climat
17:23pas excellent aux États-Unis.
17:24C'est-à-dire que
17:25quand on se rappelle
17:28ce qui s'est passé
17:29au Capitaine et au Hôtre,
17:30on peut se dire
17:31si les électeurs
17:32de Donald Trump
17:33ont l'impression
17:34de s'être fait voler
17:35l'élection,
17:36ce ne sera pas non plus
17:37aussi paisible
17:38que ça peut l'être.
17:40Donc, tout ça pour dire
17:41que le climat
17:43est assez anxiogène
17:45pour les investisseurs
17:48et pourtant,
17:48les marchés boursiers
17:49sont au plus haut.
17:51Quasiment au plus haut,
17:52la S&P doit être
17:53à 1,5-2%.
17:54Je ne l'ai pas en direct.
17:55Vous allez dire
17:56parce qu'il y a l'IA,
17:56mais peut-être aussi
17:57parce que justement,
17:58les démocrates
17:58pourraient remporter
17:59les deux chambres.
17:59Peut-être une politique
18:00un peu plus dépensière
18:01sur la santé,
18:02un peu plus dispendieuse
18:03qui viendrait nourrir
18:05aussi le pouvoir d'achat.
18:06Donc, un petit boost
18:06supplémentaire
18:07sur une croissance américaine
18:08déjà solide.
18:09Est-ce que d'un point
18:09de vue marché-action,
18:10ça ne pourrait pas être
18:11une bonne nouvelle justement ?
18:12Je ne dis pas que c'est très bien
18:12pour les déficits américains,
18:14mais du point de vue marché-action
18:15et pour soutenir la croissance
18:16à court terme,
18:16si les démocrates
18:17remportaient les deux chambres.
18:18Non, pas plus que ça.
18:19Non, ce n'est pas du tout
18:20mon scénario.
18:21En tout cas,
18:23historiquement,
18:24les marchés aiment bien
18:25quand le pouvoir
18:25est un peu partagé.
18:26Donc, si vous avez
18:27les deux chambres
18:28d'un côté,
18:29d'un côté ou de l'autre d'ailleurs,
18:30ce n'est pas
18:31les scénarios préférés
18:32des marchés
18:32et en particulier
18:33les démocrates
18:34qui ont
18:35la tendance aujourd'hui
18:37qui est claire
18:38en fait
18:38à réguler davantage,
18:41à être beaucoup plus intrusifs
18:43vis-à-vis du business
18:44que peuvent l'être
18:45la majorité aujourd'hui,
18:46le type de parti républicain
18:48qu'on a en ce moment
18:49aux commandes,
18:51y compris d'ailleurs
18:52pour des sujets
18:53qui sont des vrais sujets
18:53de campagne
18:54comme tout ce qui tourne
18:55autour des data centers
18:56et de l'IA,
18:57ça peut avoir un impact
18:58qui soit assez négatif
19:01sur les marchés.
19:02Peut-être que les démocrates
19:03pourraient demander
19:03beaucoup plus de transparence
19:05sur leur business model
19:05aux acteurs de l'IA,
19:06réglementer la construction
19:08de data centers,
19:09ou ça pourrait être
19:09des freins à l'IA.
19:10Oui,
19:10et en plus,
19:12il peut y avoir,
19:12alors il y a beaucoup
19:13de choses de réglementations
19:14qui ne sont pas
19:15du ressort du Congrès,
19:16mais certains,
19:18en particulier
19:18sur la partie fiscalité,
19:20pourraient mettre
19:21un tour de vis
19:22sur la nécessité
19:24effectivement
19:24de redistribuer
19:26un certain nombre de choses,
19:27d'être beaucoup plus
19:28à l'écoute
19:29des populations.
19:30Il y a beaucoup
19:32d'éléments
19:33qui sont des éléments
19:34également de pouvoir
19:35d'achat aux Etats-Unis
19:36parce que les prix
19:37de l'électricité
19:37dans les comtés
19:40qui ont beaucoup
19:40passé à être data centers
19:41augmentent beaucoup.
19:42Il faut savoir
19:43que le prix de l'électricité
19:45est un prix très local
19:46aux Etats-Unis.
19:46On n'a pas,
19:47comme en France,
19:48une interconnexion générale
19:49des réseaux électriques.
19:51Donc en fait,
19:51on a quelque chose
19:52qui est très local.
19:54Et c'est ça
19:55qui est compliqué
19:56à travailler aujourd'hui.
19:58C'est-à-dire que
19:58toutes ces élections
19:59sont des élections
20:00extrêmement locales
20:02avec beaucoup d'incertitudes.
20:03Si on regarde,
20:04effectivement,
20:05je vous suis totalement,
20:06si on regarde
20:06les sondages
20:07à l'instant T,
20:09État par État,
20:10Comté par Comté,
20:11on a une majorité
20:12d'à peu près
20:1210 voix largement
20:14à la Chambre
20:15pour les démocrates
20:16et peut-être
20:17de 3 voix
20:18de 3 au Sénat,
20:20ce qui serait énorme.
20:21Mais à chaque fois,
20:22on est dans
20:22des grosses incertitudes locales.
20:24On ne peut pas du tout
20:24exclure le fait
20:25qu'à la fin,
20:26ce soit le Parti républicain
20:28qui est 51 contre 49
20:30pour le Parti démocrate,
20:31ce qui ne serait pas
20:31un mauvais résultat
20:32dans l'absolu
20:33pour le Parti démocrate,
20:33mais ce qui serait
20:34pour eux une déception.
20:35Donc attendons,
20:36non pas le 3 probablement,
20:38mais je pense au moins
20:39le 4, 5 ou 6,
20:40le temps que les votes
20:41par correspondance
20:42soient tous comptés
20:43pour avoir un peu
20:43le cœur net.
20:44Et là, effectivement,
20:45on aura des impacts marché.
20:46On aura tout le temps
20:47de le commenter.
20:48Oui, bien sûr,
20:49on est à deux semaines
20:49de ce scrutin des mi-terms,
20:51mais si les démocrates
20:51remportent les deux chambres,
20:52pas une bonne nouvelle
20:54pour l'IA,
20:54pas une bonne nouvelle
20:55pour la tech ?
20:55Non, sans doute pas,
20:56et d'autant pour renforcer
20:57ce que disait
20:58Will Fried à l'instant,
20:59c'est que le Parti démocrate
21:01américain,
21:02Parti républicain,
21:03bon gré, mal gré,
21:04c'est plutôt mis
21:04derrière Trump
21:05qui est pro-business,
21:06donc il a plein de défauts,
21:07mais comme il est pro-business,
21:08on ferme les yeux
21:09sur tout le reste.
21:10Le Parti démocrate,
21:12je ne vais pas faire
21:13un parallèle un peu audacieux
21:15en disant que ça ressemble
21:15à la NUPES française,
21:17mais un petit peu par moment,
21:18il y a des,
21:20si vous regardez
21:20le maire de New York
21:21ou certains élus locaux,
21:24ils ne sont pas du tout
21:25dans des...
21:27Ce n'est pas Clinton.
21:28Voilà,
21:28ce n'est pas les années Clinton,
21:30ce n'est pas Obama non plus,
21:32c'est quand même
21:32beaucoup plus radical.
21:34Donc ça,
21:34ça pourrait effectivement
21:36provoquer
21:36des régulations
21:39un peu supérieures,
21:42les data centers,
21:43c'est un très bon exemple,
21:46on en parle tout le temps,
21:47mais maintenant,
21:48le salaire d'un électricien
21:49au Texas,
21:50ça dépasse ses 250 000 dollars,
21:52ça commence à être embêtant
21:53quand vous voulez simplement
21:54refaire le réseau électrique
21:56de votre maison
21:57pour les lecteurs locaux.
21:58Ça, ça cartonne,
21:59effectivement,
22:00un de nos experts
22:01était venu il y a 10 jours
22:01nous expliquer
22:02le salaire d'un électricien,
22:03à part tous les électriciens,
22:04mais un électricien de bon niveau
22:05dans le Michigan,
22:06300 000 dollars annuels,
22:07300 000 annuels
22:08dans le Michigan,
22:09la vidéo a fait quasiment
22:104 millions de vues.
22:12Voilà,
22:13ça interpelle beaucoup de monde,
22:14effectivement,
22:14on voit que c'est un autre monde
22:16là-bas qui est en train
22:16de se dessiner,
22:18mais tout aussi fragile
22:18sans doute qu'ici en Europe,
22:20c'est que tout ça
22:20est encore extrêmement instable
22:21et on ne sait pas complètement
22:22où l'IA nous mène.
22:23D'ailleurs,
22:23les marchés s'interrogent aussi,
22:24il se trouve que le Nasdaq
22:25sort d'une semaine compliquée,
22:27on va y revenir dans un instant.
22:28Auparavant,
22:28et à 10 minutes de la clôture,
22:30on accélère,
22:30dans cette dernière ligne droite
22:32de la séance,
22:33le CAC perd 0,3% en ce moment.
22:35Schneider Electric,
22:36on parlait de la tech,
22:37et bien est lanterne rouge
22:38avec Legrand
22:39avec pas mal de valeurs tech
22:40aujourd'hui,
22:41après cette IPO ratée
22:42d'un acteur en Corée du Sud,
22:43on en parlera dans un instant.
22:44Schneider en plus annonce
22:456 milliards d'euros
22:46d'augmentation de capital,
22:47mais qui avait été quand même
22:48plus ou moins prévu.
22:49Schneider perd 3,7%.
22:50Legrand aussi perd 2,4%.
22:52A la hausse,
22:53Sanofi,
22:53Accor,
22:54Accor qui avait souffert
22:55hier après les émeutes du week-end,
22:56le secteur du tourisme,
22:57aujourd'hui petit rebond,
22:58quand même 2,4% de hausse Accor.
23:01Sanofi aussi récupère 3,4%.
23:03Et puis OVH Cloud
23:04qui a publié
23:05et qui annonce des perspectives
23:06au-dessus des attentes,
23:07OVH gagne carrément 18%.
23:09En ce moment,
23:10on y consacre un article complet
23:11d'ailleurs si vous souhaitez
23:12en savoir plus sur bfmbourse.com.
23:14Olivier de Béranger
23:14et Wilfried Galland
23:15nous accompagnent.
23:15Ouais, la tech.
23:16Est-ce que le meilleur
23:17est passé là pour la tech ?
23:18On voit que les introductions
23:19en bourse,
23:19certaines d'entre elles
23:20sont reportées.
23:21Un acteur australien
23:22qui voulait s'introduire
23:22finalement s'est reporté.
23:23Et puis là,
23:24en Corée du Sud,
23:25pire introduction de l'histoire
23:26de la bourse de Séoul.
23:27Ce matin,
23:28le titre Élis,
23:29un acteur de l'IA,
23:30a perdu 33%
23:31pour sa première journée.
23:32Pas forcément top
23:34pour le tapis rouge
23:35d'Anthropic
23:36le mois prochain.
23:37Alors,
23:37pas forcément,
23:38je suis d'accord avec vous.
23:39Et ça fait penser un peu
23:40au film Le Sucre,
23:41le dernier petit sou.
23:42On a l'impression
23:43qu'il y a des entreprises
23:45qui essayent
23:47d'aller se faire coter
23:48en bourse
23:49sans vraiment avoir
23:50de business model
23:51ou de chiffres
23:52clairement établis.
23:53Ce film est fabuleux,
23:54Le Sucre,
23:54il faut le regarder.
23:55Ouais, il est top.
23:55Mais je vous rappelle
23:56quand même
23:57que Nvidia devrait publier
23:58ses résultats,
23:59donc c'est en janvier,
24:00l'année est décalée,
24:01enfin, c'est pas l'année
24:01calendaire,
24:02il faut rajouter un mois.
24:04On devrait avoir
24:05un résultat
24:05selon les estimations
24:06très ultanettes
24:07entre 220 et 240 milliards
24:09de dollars.
24:10C'est tout simplement
24:11le plus gros résultat
24:12annuel de l'histoire
24:13de n'importe quelle
24:14entreprise au monde.
24:15Avant, c'était
24:15Saudi Amramco
24:16avec 160 milliards
24:17de dollars
24:18et je pense que
24:18Alphabet a dû faire
24:20130 ou 140 une année
24:21mais là,
24:22on est dans des montants
24:24qui sont juste
24:26incroyables.
24:27Le deuxième meilleur
24:28résultat de 2027,
24:30ce sera probablement
24:31Micron
24:31qui fera entre
24:32125 et 140 milliards
24:34de dollars.
24:35Donc, en fait,
24:36on a une concentration
24:37du S&P
24:38sur les valeurs
24:38que vous citez
24:40liées à l'intelligence
24:40artificielle
24:41et en tout cas
24:42à la fourmature
24:43de pellets de pioches
24:44pour l'intelligence
24:45artificielle
24:45qui est phénoménale.
24:48On attend tous
24:49une croissance
24:50des résultats
24:52pour 2027
24:52mais si vous prenez
24:54le stock de résultats
24:55du S&P 500
24:56sur 2027,
24:57deux valeurs
24:59Nvidia et Micron,
25:00c'est un tiers
25:01du stock de résultats.
25:02Vous prenez
25:02les huit valeurs suivantes,
25:03vous avez deux tiers
25:04du stock de résultats.
25:05Donc, le S&P 490
25:07ne fait qu'un tiers
25:08des résultats
25:09du S&P 500.
25:10C'est pour ça qu'il ne faut pas
25:10que les acteurs de la tech
25:12se loupent
25:12à l'occasion des résultats.
25:16On attend 27%,
25:17plus de 27%
25:18de hausse des bénéfices.
25:19Mais ces 27%,
25:20ils sont concentrés
25:20sur quelques valeurs.
25:22Vous me direz
25:23si on enlève
25:23ce qui monte,
25:24évidemment,
25:25ça finit par ne pas bouger.
25:27Et c'est un peu pareil
25:28en Europe d'ailleurs
25:28si vous enlevez
25:29les banques
25:29et l'énergie,
25:31c'est le même genre
25:32de choses.
25:33Mais ce que je veux dire
25:34par là,
25:34c'est que oui,
25:35il y a une incertitude
25:36qui est en train
25:36d'augmenter indéniablement
25:37parce que quand même
25:38on est en train
25:39de pousser des traits
25:41toujours plus haut.
25:42C'est-à-dire
25:42si Nvidia gagne
25:43225 milliards de dollars
25:44cette année,
25:46qu'est-ce qu'ils vont gagner ?
25:46300, 400, 500
25:47l'année prochaine ?
25:48Quand est-ce que ça s'arrête
25:49et quand est-ce que
25:50la régulation
25:51commence à s'intéresser
25:53à ce genre d'entreprise ?
25:53Et quand est-ce que
25:54les hausses de taux
25:55finissent par peser
25:56sur la capacité
25:56à financer tout ça ?
25:57Il y a les acteurs
25:57du NeoCloud,
25:58CoreWeave
25:59qui a perdu 25%
26:00la semaine dernière
26:00qui commencent à poser
26:01de vraies questions.
26:03Les investisseurs
26:04qui allaient dans la tech
26:05Elias disaient
26:06c'est magnifique,
26:06c'est un salon immense
26:07et ils commencent peut-être
26:09à en voir les limites,
26:09le périmètre,
26:10les murs là.
26:11Il y a le mur de la demande,
26:12est-ce qu'elle sera
26:12à la hauteur des attentes ?
26:13Le mur de la production
26:14d'énergie,
26:15est-ce qu'il y aura assez
26:15d'énergie pour fournir
26:16l'IA et monétiser tout ça ?
26:18Et puis le mur du financement
26:19avec des taux qui montent
26:20comme ils sont en train
26:21de monter en l'occurrence
26:21Wilfried ?
26:22Oui, c'est vraiment
26:25la grosse incertitude.
26:26C'est-à-dire que
26:26ce qu'on voit se déployer,
26:29c'est un phénomène
26:29qu'on connaît très peu
26:31sur les marchés.
26:32C'est-à-dire
26:33on a une hausse très forte
26:39décrite
26:40et on a en parallèle
26:41une baisse des cash flows.
26:43Et donc ça,
26:44à un moment donné,
26:45il faut réconcilier les deux.
26:46C'est-à-dire qu'il faut
26:47qu'à un moment,
26:48on ait effectivement
26:48les cash flows
26:49qui rejoignent
26:50les bénéfices par action
26:51ou l'inverse.
26:52Et c'est toute la question
26:53des marchés aujourd'hui.
26:54C'est-à-dire,
26:55quand on regarde
26:55les prévisions,
26:57les cash flows baissent
26:59en 2027,
27:00encore en 2028
27:01et après en 2026,
27:03encore en 2027
27:03et après 2028,
27:052029, 2030,
27:06ça explose.
27:07Toute la question
27:08que se pose aujourd'hui
27:09les marchés,
27:09c'est comment est-ce que
27:10cette explosion
27:11véritablement
27:14se calcule
27:17avec le business model
27:19d'aujourd'hui
27:19et avec les tendances
27:21qu'on voit se déployer
27:22depuis quelques mois.
27:23En particulier,
27:23le fait que
27:24les grandes entreprises
27:25paraissent un peu plus
27:26réticentes
27:27à dépenser de plus en plus
27:28sur des modèles
27:29de plus en plus chers.
27:30Soit elles dépensent
27:31un peu moins
27:31sur ces modèles-là,
27:32soit elles dépensent
27:33mais sur des modèles
27:34un peu moins chers.
27:35Donc comment est-ce que
27:36on va éviter
27:39la surcapacité
27:39d'une certaine manière
27:40de cette infrastructure
27:41et on sait que
27:42l'ennemi numéro un
27:44de l'investisseur,
27:45c'est la surcapacité.
27:47À partir du moment
27:47où vous êtes en surcapacité
27:48dans un marché,
27:51c'est quasiment impossible
27:52de gagner de l'argent.
27:53Donc,
27:53toute la question
27:54des investisseurs tourne.
27:55Les Chinois en ont souffert
27:56pendant des années.
27:56Mais bien sûr.
27:57Et encore aujourd'hui d'ailleurs,
27:59pourquoi est-ce que
28:00malgré tout leur exploit
28:02en termes de véhicules électriques,
28:03il y a très peu
28:04de constructeurs électriques chinois
28:07qui véritablement
28:07gagnent beaucoup d'argent.
28:09C'est parce qu'effectivement,
28:10il y a une surcapacité.
28:11Donc,
28:11il ne faudrait pas
28:11que le bon vieux proverbe
28:13qui dit
28:13quand la Chine
28:14entre dans un marché,
28:15les profits s'en vont,
28:18se vérifie une fois de plus
28:20dans le domaine
28:21de l'intelligence artificielle.
28:21compte tenu de ce que vient de dire Olivier
28:23qui est parfaitement juste
28:24et extrêmement important,
28:25le fait qu'on a 10 valeurs
28:27largement liées
28:28à cet écosystème
28:28qui tiennent
28:30nos prévisions
28:30et qui tiennent les marchés.
28:31Donc,
28:31attention à tout ça.
28:32On va suivre
28:33effectivement
28:34les résultats
28:35à partir de
28:37demain,
28:37on aura un méta
28:38et puis après,
28:39la semaine prochaine,
28:40on a des hyperscalers.
28:42C'est marrant,
28:42vous ne citez pas Specyx ce soir ?
28:43Non, c'est encore...
28:44C'est différent en fait.
28:45Specyx,
28:46le modèle est extrêmement différent.
28:47On est d'accord.
28:47Vous investissez dans quoi
28:48avant la Data Room
28:49dans 45 secondes, Olivier,
28:50en ce moment ?
28:52On est forcément
28:53un peu plus méfiant
28:53sur l'Europe
28:55alors qu'on était
28:56plutôt positif
28:58depuis le début de l'année.
29:00Rien que l'effet de change
29:01quand même
29:01est assez douloureux.
29:04Je pense que l'incertitude
29:06va rester.
29:07Donc,
29:07les États-Unis,
29:08mine de rien,
29:09ça reste
29:11une zone intéressante.
29:12Je pense que l'Asie
29:13et notamment la Chine
29:15sont toujours sous-cotés.
29:17C'est-à-dire qu'il y a
29:18une sous-pondération
29:19dans tous les portefeuilles
29:20qui est un peu
29:23structurelle maintenant.
29:24Pour faire revenir
29:24un investisseur sur la Chine,
29:26il faut se lever de bonheur.
29:26Et je voyais
29:27l'indice des 300 plus grandes
29:29valeurs chinoises
29:29de Chine continentale.
29:30Cet indice-là
29:31sort de 10 semaines
29:32de baisse d'affilée.
29:33Un record.
29:34Jamais il n'avait fait
29:3510 semaines de baisse d'affilée.
29:36C'est-à-dire que tout le monde
29:37attend une réaction
29:38des autorités
29:39qui, pour l'instant,
29:40n'est pas arrivée.
29:41Il y a eu des mesurettes,
29:42il y a eu des petites tentatives
29:44de relance.
29:47Donc, je pense que la diversification,
29:48c'était le thème du début d'année.
29:52La diversification en début d'année,
29:53ça voulait dire lâcher un peu
29:55des États-Unis
29:55pour revenir sur l'Europe.
29:57Là, malheureusement,
29:57ça veut dire reprendre le bateau
29:59en sens inverse.
29:59Il y a des publications
30:00aux États-Unis aujourd'hui
30:01dans la défense.
30:02Northrop Grumman
30:02qui publie au-dessus des attentes.
30:04Le titre gagne 6%.
30:05La défense américaine,
30:06bien sûr,
30:06avec beaucoup de commandes.
30:08Et puis, General Motors
30:08aussi a publié.
30:09Là, c'est une baisse
30:10de moins 4%
30:10malgré le relèvement
30:12de certaines perspectives
30:12de ses objectifs,
30:13pour être précis.
30:14Et puis, surtout,
30:1420 milliards de dollars
30:15de rachat d'action.
30:16Mais bon, il y a toujours
30:18des doutes sur les derniers
30:19lancements de véhicules
30:20de General Motors.
30:20C'est aussi le cas
30:21pour Volkswagen.
30:22Un démarrage poussif
30:23pour son SUV électrique
30:24co-développé
30:24avec le chinois Xpeng.
30:26Volkswagen espérait
30:27beaucoup de cette alliance
30:28avec Xpeng
30:29dans les SUV électriques.
30:30Et finalement, là,
30:34Volkswagen perd en ce moment
30:350,9%.
30:36Il n'y a vraiment quasiment
30:37que des mauvaises nouvelles
30:38sur Volkswagen
30:38par les temps qui courent.