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  • il y a 14 minutes
Ce vendredi 23 octobre, Cyrille Collet, directeur de la gestion quantitative actions chez CPR AM, et Laurent Chaudeurge, membre du comité d’investissement chez BDL Capital Management, étaient les invités de l’émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Nos experts du club viennent de nous rejoindre, Laurent Chauderge pour BDL Capital Management.
00:08Bonsoir Laurent, bienvenue.
00:09Bonsoir Guillaume.
00:09Il va falloir réapprendre à dire bonsoir à 17h parce qu'on va passer à l'heure d'hiver
00:13et il fera bientôt nuit à 7h06.
00:14Cyril Collet, bonsoir.
00:16Bonsoir.
00:16Directeur de la gestion quantitative action de CPR Asset Management.
00:20On va évoquer bien sûr toutes ces grandes thématiques ensemble.
00:24La tech ou les taux ?
00:25Allez, démarrons par les taux parce qu'on a beaucoup parlé tech dans la demi-heure précédente.
00:29Les taux français là, on est à 5,04 sur le disant français.
00:32On est donc toujours ancré au-delà des 5%.
00:34Ce soir, Modis va actualiser la note de la France.
00:37Cyril, vous tremblez, vous avez peur, vous êtes angoissé, vous êtes inquiet plus profondément,
00:43préoccupé pour l'avenir du pays.
00:44Comment vous regardez ces taux français désormais au-delà des 5%
00:47et au-delà des taux américains d'ailleurs depuis hier également ?
00:50Je pense que malheureusement c'est dans la lignée de ce qui s'est passé récemment aux Etats-Unis,
00:54même si ce n'est pas exactement pour les mêmes raisons.
00:55On sait surtout que d'un point de vue marché financier, quand les taux passent au-dessus
00:59d'une certaine limite, les obligations et les actions qui d'habitude vivent chacun leur vie
01:03malheureusement se recorrelent et donc tout le monde baisse.
01:07Le seuil totalement critique, c'est 5% aux Etats-Unis.
01:10Le seuil critique en Europe, il est un peu plus haut, entre 5,5 et demi.
01:14Mais globalement, on rentre dans un endroit ou dans un espace où chaque mouvement de taux
01:19fera baisser les marchés, qu'ils soient des marchés obligataires ou des marchés d'action.
01:22Accessoirement, ça a des impacts intermédiaires qui sont non neutres,
01:26c'est-à-dire tous les gens qui détiennent des emprunts d'Etat,
01:29les banques, les assurances et tout un tas d'assurances français,
01:32voient ce qu'ils avaient encore en plus-value potentiellement être réduit.
01:35Donc ça fragilise les bilans.
01:37Donc c'est quand même un phénomène qui est non neutre pour l'ensemble des investisseurs.
01:40Oui, d'un point de vue rendement à venir, mais surtout pour les détenteurs de dettes françaises aujourd'hui.
01:44Oui, dont les banques.
01:45Les banques françaises publieront leurs résultats la semaine prochaine.
01:47Ce sera intéressant.
01:48BNP mercredi, Société Générale jeudi, Crédit Agricole vendredi de la semaine prochaine.
01:51Elles vont forcément devoir dire combien tout ça leur coûte.
01:53Alors ce sont des banques très solides, mais il se trouve qu'en bourse,
01:56elles sont de plus en plus décotées.
01:57Elles n'arrêtent pas de baisser, Laurent.
01:59C'est vrai.
01:59Et on n'a pas d'investissement dans les banques françaises en ce moment dans les portefeuilles.
02:04Pour ces raisons-là, entre autres, vous posez la question
02:06si on était enthousiaste ou pas à l'économie française, on est très prudent.
02:09L'exposition qu'on a à l'économie française est au plus bas depuis 10 ans,
02:13je pense sur notre fonds principal,
02:15parce qu'on voit la conjonction d'une économie un peu moribonde,
02:18d'attente des chefs d'entreprise qui va ne faire que se dégrader,
02:22et ces taux qui montent et qui prennent un petit peu en étau finalement le gouvernement,
02:27au sens où la dette est tellement élevée maintenant
02:29que chaque point de base de taux qui monte, ça augmente la charge financière
02:33et il y a un bout de cercle vicieux qui s'installe avec un déficit budgétaire
02:37qui devient de moins en moins facile à gérer avec ces taux qui montent en fait.
02:40Et alors comment vous voyez tout cela s'inverser ou se stabiliser ?
02:43Est-ce que vous voyez tout cela s'inverser ou se stabiliser ?
02:45Ou au contraire, on est dans une dynamique, vous connaissez les marchés par cœur,
02:48leurs mécaniques, leurs techniques ?
02:49Est-ce que vous vous dites que là, ça va être compliqué d'arrêter ce mouvement,
02:52compte tenu qu'on a six mois d'incertitude jusqu'à l'élection ?
02:56On a six mois d'incertitude, on a beaucoup d'incertitude sur le résultat potentiel des élections,
03:01il y a tellement, il y a beaucoup de candidats.
03:03Une des choses qui pourrait nous faire être peut-être un peu plus, comment dire, constructif,
03:08ce serait qu'on ait une vraie primaire centre-droit
03:11et qu'un vrai candidat émerge de cette primaire
03:14et qu'on réduise un petit peu les risques, comment on dit, les fat tales, vous savez,
03:18pour qui pourraient être élus président.
03:21Donc ça, c'est un sujet potentiel.
03:24Et puis, vous l'avez dit, il y a les décotes.
03:26Les décotes deviennent de plus en plus importantes.
03:27On n'a pas non plus rien en France, on a à peu près une quinzaine de pourcents du portefeuille
03:31sur la France.
03:32Parce qu'effectivement, vous avez cité les banques, c'est vrai sur les assureurs,
03:35c'est vrai sur quasiment la plupart des secteurs.
03:37Vous prenez l'entreprise équivante en Europe, la française est 30% décotée.
03:4130% ?
03:42Plus ou moins, vous prenez par exemple AXA, dont on est actionnaire,
03:45par rapport à Allianz en Allemagne, il y a 30% de décote.
03:48Vous prenez les banques françaises par rapport à des banques italiennes ou anglaises,
03:51vous avez plus ou moins 30% de décote.
03:53Donc, il y a quand même une partie du chemin qui a été faite,
03:55et notamment depuis 2024, si vous regardez depuis 2024,
03:58les flux en fait sur le marché français,
04:01ça n'a fait que décollecter, beaucoup plus que les autres pays européens.
04:03Et si vous prenez la valorisation du marché français par rapport au marché européen,
04:06on a perdu à peu près 15% en moins de deux ans.
04:09Vous dites 2024, c'est la dissolution, c'est ça ?
04:11Oui, 2024, exactement.
04:12On a perdu 15% de valorisation en deux ans par rapport aux autres marchés européens,
04:16et ça ne s'est jamais vu en 20 ans.
04:18Donc, une partie du travail a été faite.
04:19Maintenant, une fois que j'ai dit ça, comme vous l'avez dit,
04:21il y a de quoi se prendre encore les pieds dans le tapis dans les semaines qui viennent.
04:24Il y a les reviews de la dette de Moody's, de S&P,
04:27il y a le budget qui est loin d'être fait.
04:29Donc, il y a encore beaucoup de choses à venir,
04:31et c'est pour ça qu'on a réduit la France,
04:33et c'est dangereux de ne pas en avoir du tout, pour la raison que je viens d'évoquer.
04:37Mais on n'est pas aujourd'hui à déployer beaucoup plus de capital sur le pays.
04:40Qu'est-ce qui est le plus dangereux, de ne pas avoir du tout de France dans les portefeuilles,
04:42ou d'en avoir au stade, surtout compte tenu du fait qu'on va rester dans cette incertitude
04:46pendant des semaines ou des mois ?
04:48Ça dépend de la nature du portefeuille.
04:49Je suis désolé, mais s'il y a 5% de France dans l'indice,
04:53que vous en avez 2,5%, vous en avez, mais vous êtes sous-pondérés.
04:56Donc, si ça fait moins bien, vous allez gagner un petit peu d'argent relatif.
04:58Bref.
04:59Non, mais c'est sûr que la situation française n'est pas forcément viable dans le concert européen.
05:05Mais d'un point de vue global,
05:06on a quand même une prise en compte, indépendamment du cas français,
05:09si on ramène à ce que je disais avant sur les taux,
05:12les marchés actions, nous, avec nos outils entre guillemets comptent,
05:15depuis 3 mois, on voit que les valeurs défensives font mieux que les valeurs techno.
05:18On simplifie, mais je vais prendre l'exemple d'aujourd'hui,
05:20l'Oréal fait mieux que le semi-conducteur sur 3 mois.
05:23Ça viendra le bon dire, mais on peut prendre d'autres exemples.
05:26Mais ce que je veux dire, c'est que...
05:26Non, c'est énorme ce que vous venez de nous dire.
05:28L'Oréal fait mieux que les semi-conducteurs depuis 3 mois.
05:29Oui, forcément, mais les semi-conducteurs, ils sont négatifs sur 3 mois.
05:32Ce que je veux simplement dire, c'est que,
05:35même si au niveau global, on ne voit pas les marchés énormément bouger,
05:38le marché européen l'a corrigé de 4% depuis le début du mois,
05:40mais le S&P 500, il est peu au pro sur les niveaux qu'il avait à fin juin.
05:43On a un marché qui stagne un peu au-dessus.
05:46Mais à l'intérieur, il y a une énorme rotation qui se passe.
05:48Il y a un gros, gros retour des valeurs défensives.
05:51Donc c'est lié aussi à la marge des taux, c'est sûr.
05:53Mais aussi, vous l'avez déjà abordé, je pense qu'on va finir par en parler,
05:56à le financement de l'écosystème AI.
06:00Ça vient, Cyril.
06:01Oui, ça vient, ça vient.
06:02Bien sûr, on y va.
06:03Mais donc, le marché anticipe ça, en plus d'être prudent,
06:07parce qu'il y a les mi-termes,
06:08et parce qu'il y a, pour reboucler sur ce qu'on disait juste avant,
06:11pas mal d'échéances.
06:12On ne va pas se mentir,
06:13ce n'est pas l'élection du président français
06:15qui va changer quoi que ce soit sur les marchés financiers, a priori.
06:17Sauf pour nous.
06:18Alors, sauf pour nous, si on parle au global.
06:20Si on parle au global, mais oui, il y a quand même des grosses échéances.
06:24Mais le marché est déjà prudent.
06:26Et je pense, là, je viens d'expliquer un peu
06:27comment il était prudent d'un point de vue relatif,
06:29c'est-à-dire par rapport à lui-même.
06:30Mais je pense que même en absolu,
06:33on voit quand même de plus en plus,
06:34nous, on a quelques clients en fonds de pension en Asie
06:37qui nous demandent notre position, la justifier.
06:39Est-ce qu'on va continuer à être exposé à 100% ?
06:42Est-ce qu'on va baisser un peu ?
06:44Je trouve qu'il y a une petite anxiété qui monte.
06:46C'était un peu présent dans l'été,
06:47mais c'était plus pour moi d'un choc de volatilité,
06:50au mois de juillet,
06:51que c'est résorbé au mois d'août.
06:52Là, depuis 15 jours, 3 semaines,
06:53c'est beaucoup plus fort que ça.
06:54Il y a une vraie tension chez les investisseurs,
06:56mais pas monsieur Tout-le-Monde,
06:58pardon, pas l'investisseur français classique,
07:00mais chez le fonds de pension en Asie,
07:02enfin, chez des gros, gros clients qui sont...
07:03Quel est le déclencheur de leur petite inquiétude qui monte ?
07:06Ce n'est pas la France ?
07:07Non, ce n'est pas la France.
07:07C'est pour ça que je me suis permis de faire un petit tour avant.
07:09L'ensemble des élections à venir, ou c'est la tech ?
07:11C'est quoi le déclencheur ?
07:12C'est un mélange de tout ça.
07:13C'est s'il y a des incertitudes sur la tech
07:17avec des taux très élevés
07:19qui, de toute façon, vont finir par embêter tout le monde,
07:21tech ou pas tech.
07:22Alors évidemment, vu la demande de refinancement de la tech,
07:26aujourd'hui, c'est plus facile de les montrer du doigt,
07:28mais ça concerne quand même plein d'autres entreprises.
07:30Et un calendrier politique
07:32et un calendrier des banques centrales
07:34qui est quand même assez épineux.
07:35Mi-Term aux Etats-Unis,
07:36je pense qu'on va en parler aussi après,
07:38mais le calendrier banque centrale,
07:40les taux ne devaient pas monter en début d'année.
07:42Finalement, ils sont bien hauts
07:43et ils ne sont pas prêts de retomber.
07:44En tout cas, sur les derniers chiffres d'inflation qu'on a vus,
07:47je trouve qu'on est un peu au paroxysme.
07:49Alors, je ne vais pas défaiter ce thal,
07:51mais on est un peu au paroxysme
07:53sur différents sujets comme ceux-là.
07:55On n'est pas du tout en crise,
07:56mais on est quand même en situation d'extrême prudence
07:58parce qu'il y a pas mal de choses
07:59qui doivent se décanter.
08:01Et le seul point positif dans tout ça,
08:03et on en parlera aussi juste après, j'imagine,
08:05mais c'est la publication de résultats.
08:06Pour l'instant, ça délivre.
08:08Mais il y a quand même pas mal de choses.
08:09Je trouve que l'environnement est beaucoup plus incertain
08:11que ce que disent les entreprises.
08:13Oui, oui, effectivement.
08:14On va parler des entreprises et de leur publication dans un instant,
08:16mais un de nos auditeurs, c'est Conan,
08:18nous dit qu'au rythme, les taux français,
08:20je reviens aux taux français,
08:21puis après, on va parler du reste, promis,
08:22montent.
08:23Pourquoi pas 6% avant Noël sur le 10 ans français ?
08:25Oui, on peut...
08:26Et la France continuerait de vivre en s'appauvrissant,
08:28on est d'accord, mais elle vivrait toujours.
08:30Il n'y aurait pas besoin de voir le FMI
08:31frapper à la porte de la France
08:32ou même la BCE nous aider à 6%.
08:34On paierait l'addition toujours plus cher,
08:35on s'appauvrirait,
08:36mais la BCE ne viendrait pas pour autant nous secourir automatiquement, Laurent ?
08:40Je pense que c'est difficile de voir le seuil limite.
08:43La dernière fois, sur ce plateau,
08:44on avait dit qu'effectivement, ça pouvait continuer à monter.
08:46Je pense qu'un référentiel que les gens commencent à regarder,
08:48c'est l'Italie de 2018.
08:51Par certains aspects,
08:52on y ressemble un petit peu,
08:54sur le niveau d'endettement en pourcentage du PIB.
08:57On est même moins bien placés en termes de déficit budgétaire
09:00parce qu'ils avaient un excellent primaire,
09:01ce qui n'est pas du tout notre cas.
09:02En revanche, ils avaient un déficit courant qu'on n'a pas.
09:07Donc moi, je pense que le scénario le plus probable,
09:09c'est que le spread continue de monter graduellement
09:13pour aller tester un petit peu,
09:16justement, jusqu'où va à la fois
09:17la prise de conscience politique et gouvernementale,
09:20puisque pour l'instant, je trouve que la prise de conscience
09:21est relativement limitée en fait,
09:23et justement, à quel moment,
09:25peut-être que les institutions européennes
09:27vont commencer à regarder de plus près le sujet.
09:30On est actuellement à 175 points de spread
09:32entre la France et l'Allemagne.
09:34la BCE avait commencé à dégainer des armes pour l'Italie
09:37quand elle était à 200 points d'écart de taux.
09:39Vous pensez que ça pourrait être ça,
09:40le spread France-Allemagne sur lequel la BCE réagirait ?
09:42Je pense que c'est une première étape, effectivement.
09:45Après, il y a une différence quand même,
09:47c'est qu'à l'époque, de mémoire,
09:49la BCE n'avait pas encore l'outil
09:51pour empêcher la transmission rapide du stress,
09:55les TPI, qu'elle a aujourd'hui,
09:56donc elle pourrait actionner plus rapidement.
09:59Mais pas sans contrepartie ?
10:00Mais pas sans contrepartie.
10:00Pas sans réforme ?
10:01Non, parce que sinon,
10:02il y a ce qu'on appelle le hasard moral qui va jouer.
10:04Donc je pense qu'effectivement,
10:05il faut malheureusement que le seuil de douleur soit plus élevé.
10:07Sauf que le pays n'a pas l'air prêt du tout.
10:09Pas du tout, enfin, Cyril.
10:11C'est-à-dire qu'on pourrait souhaiter,
10:13d'abord, premièrement,
10:14ne pas avoir besoin de la BCE pour que les choses se calment.
10:16Mais si la BCE venait à nous secourir,
10:18très bien, ça ne se ferait pas sans contrepartie.
10:20Sauf que le pays n'est pas prêt à les payer
10:21ces contreparties, manifestement.
10:22Il y aura encore des mouvements sociaux.
10:24Oui, priori, côté budget et retraite,
10:25l'évolution, ce n'est pas tout de suite.
10:28Mais d'un autre côté,
10:29faire une évolution six mois avant les présidentielles,
10:31ce ne serait pas très sérieux non plus.
10:32Donc il faut quand même...
10:33Enfin, je pense qu'on ne peut pas dissocier les deux.
10:36C'est-à-dire qu'il va falloir que la personne
10:38qui va être élue l'an prochain,
10:39elle ait un programme de budget,
10:40elle ait un programme sur les retraites.
10:41Pas d'intervention BCE avant la présidentielle,
10:43c'est ce que vous nous dites ?
10:44Je ne sais pas si c'est aussi simple que ça,
10:46mais je trouve que...
10:47Mais peut-être pas d'intervention BCE tout court.
10:48La BCE a aidé des États qui ont fait d'énormes efforts.
10:50Si elle venait à aider la France qui n'a pas fait d'efforts,
10:52ça ferait un drôle d'effet en Europe, peut-être.
10:54Oui, oui, pour le coup, je suis assez d'accord.
10:56Mais on ne peut pas dissocier les deux,
10:57c'est-à-dire les programmes à venir et l'élection.
11:01Dix ans français actuellement à 5,03.
11:03Effectivement, les mid-terms ensuite arrivent,
11:05ce sera dans 11 jours.
11:06Les mid-terms, c'est un facteur de stress
11:07ou de déstresse pour le marché ?
11:09Le dix ans américain, lui, il déstresse total, là.
11:11Il est bien, il s'est bien détendu cette semaine.
11:13On est sous les 5% de dix ans américains à 4,99.
11:16Est-ce que ça peut être, ou pas,
11:18lié à ces mid-terms,
11:19l'éventualité d'une victoire démocrate
11:21dans une ou deux chambres ?
11:23Laurent, comment vous voyez ça ?
11:25Je trouve que c'est un peu à double tranchant,
11:26parce que d'un côté, ça, au moins,
11:28on aurait passé le cap
11:29et on aurait un bout de visibilité
11:30sur est-ce que c'est des démocrates ou républicains.
11:32Donc le marché aime la visibilité.
11:34Dans les côtés positifs,
11:35on pourrait imaginer que peut-être
11:38c'est l'introduction à trouver une solution
11:41au Moyen-Orient.
11:42Et ça, on pourrait revenir à ce que je pense que...
11:43Et le pétrole, le pétrole monte 116 dollars, le baril.
11:46Et on parle de la tech et de l'IA,
11:47mais je pense que le pétrole, à ce niveau-là,
11:49c'est presque le plus gros danger du marché aujourd'hui.
11:52Donc ça, ça pourrait militer
11:54dans le sens d'une baisse du pétrole.
11:55Et ça change tout, en fait, si le pétrole baisse.
11:57Parce que l'inflation baisse,
11:58la pression haussière sur les taux baisse aussi.
11:59Donc ça change pas mal de choses.
12:01Donc je pense que c'est un peu à double tranchant.
12:04Et c'est pour ça qu'on est positionnés, nous,
12:06pour le fait que, à mon avis,
12:07si les démocrates passent,
12:08ça sera un peu mauvais pour l'IA.
12:11C'est pour ça qu'on n'a toujours pas d'IA
12:12dans les portefeuilles.
12:14Ah oui, ils pourraient vouloir réglementer un peu,
12:15demander plus de transparence avec l'IA.
12:18Et puis ça peut être peut-être bon pour le pétrole,
12:20et donc des taux qui baissent,
12:21et on devra en profiter un petit peu aussi.
12:23D'accord.
12:23Et vous, Cyril,
12:24si les démocrates gagnaient les deux chambres,
12:26ce qui devient probable,
12:27enfin en tout cas tout à fait possible.
12:28Ça ne l'était pas il y a quelques semaines.
12:29Là, on voit dans les sondages,
12:30ça devient possible.
12:31J'avoue, je ne sais pas trop.
12:33Parce que je pense que si jamais,
12:36enfin la victoire démocrate est un peu comme attendue,
12:38voire un peu plus,
12:40ça va être finalement deux années frites pour lui.
12:43C'est-à-dire qu'il va pouvoir faire un peu ce qu'il veut.
12:45De toute façon, il n'aura aucune chance d'être réélu.
12:47Alors que si c'est encore en discussion ou en ballotage,
12:50peut-être qu'il peut y avoir un petit peu plus de...
12:52Enfin, je ne sais pas,
12:53j'ai un peu peur d'une surréaction suite à...
12:56D'un Donald Trump complètement débridé, désinhibé,
12:58si les démocrates remportent les deux chambres.
13:00Je ne sais pas,
13:00si on peut dire qu'ils soient inhibés aujourd'hui.
13:02Mais ce que je veux dire,
13:04c'est que, ouais, moi je ne suis plus...
13:05Enfin, je suis un peu plus perplexe.
13:07Je me dis que de toute façon,
13:10si ça gagne d'un côté ou de l'autre,
13:11il aura une bonne raison de faire un truc un peu fou.
13:14Et donc à court terme,
13:15je ne suis pas forcément plus rassuré sur les élections,
13:18que ce soit dans un sens ou dans l'autre.
13:19Parce que ça va quand même, effectivement,
13:21enteriner une situation jusqu'à deux ans.
13:24Et que là, ça devrait donner, j'espère, un peu de...
13:28Et si les démocrates gagnent,
13:29est-ce que c'est mauvais pour la tech ?
13:30Ou pas ?
13:31Parce que certaines voix se disent que,
13:32oui, ça va ralentir un peu la tech.
13:34Les démocrates, pour le pouvoir d'achat,
13:36pourraient vouloir ralentir la construction de data centers
13:38parce que tout ça consomme de l'électricité
13:40et fait monter les prix de l'électricité.
13:41Ce n'est pas bon pour le pouvoir d'achat.
13:42Et d'autres disent...
13:42C'est vrai, sauf si c'est les hyperscalers qui payent l'électricité.
13:45Là, ils ont lancé un programme de financement du nucléaire aux États-Unis.
13:49Ils font, d'un point de vue privé,
13:51ce que la plupart des États n'arriveraient pas à faire dans le reste du monde.
13:53Je parle de l'engagement.
13:54Donc, il peut y avoir un plus.
13:56Maintenant, c'est vrai que si vous installez un data center
13:58à côté d'une petite ville
13:59et qu'elle pompe 95% de l'électricité de la ville
14:02et que, du coup, la facture explose pour les cinq prochaines années,
14:05ce n'est pas démocrate, c'est sûr.
14:06Mais d'un autre côté, ils sont tous engagés.
14:09Enfin, toutes les grandes boîtes technologiques
14:11sont aujourd'hui investis dans des programmes de financement,
14:14de production d'électricité, quelles qu'elles soient,
14:16même si c'est souvent le nucléaire qui ressort.
14:17Et les démocrates, eux, sont engagés aussi dans la suprématie.
14:20L'accord, c'est la suprématie technologique face à la Chine.
14:22Et donc, d'autres voix nous disent...
14:24Non, mais les démocrates, même s'ils arrivent au pouvoir,
14:26ne feront rien pour ralentir la tech et l'IA
14:28parce que c'est un enjeu de suprématie face à la Chine.
14:30L'ancien gouverneur de la Californie,
14:32quelqu'un que personne ne connaît, qui s'appelle Arnold Schwarzenegger,
14:36disant qu'il faut faire venir, lui qui avait voulu faire venir le gaz
14:39et tout un tas de choses à l'époque,
14:41il faut faire venir le nucléaire en Californie.
14:43Donc oui, il y a quand même un consensus à partir de ça.
14:45Et je pense que, de toute façon, après,
14:50les Magnificent Sevens, les grandes valeurs technologiques,
14:52ce ne sont pas bêtes.
14:53Elles joueront du pouvoir politique que ce soit républicain ou démocrate.
14:56Et ils l'ont toujours fait, il ne faut pas...
14:57On les présentait, les acteurs de la Silicon Valley,
14:59comme plutôt démocrates, et puis ils ont viré complètement Trumpiste.
15:02Parce qu'on s'adapte.
15:03Je ne sais pas si c'était complètement Trumpiste, mais en tout cas,
15:05pour vendre plus à l'autre bout du monde,
15:07ils se sont tombés d'accord.
15:08Donc c'est bien l'idée.
15:09Bon, alors la tech, ne soyez pas impatients.
15:11Je sais que vous brûlez d'en parler, je sais.
15:13Non, forcément, non, non.
15:14Laurent est un adepte de la bulle tech.
15:17Il pense, Laurent, vous allez me dire,
15:18ce qu'on est en train de vivre dans la tech,
15:20confirme qu'on est en bulle,
15:21mais je vous promets, ce sera dans cinq minutes.
15:25D'abord le pétrole.
15:26Non, mais quand même, il faut qu'on fasse un zoom spécifique.
15:28116 dollars, on ne l'avait pas vu venir, ça.
15:29116 dollars, aujourd'hui, le baril de Brent.
15:30Brent, quasiment, au plus haut depuis le début de cette guerre en Iran,
15:33se rapproche du top, du pic.
15:35Peut-être dans l'anticipation d'un Donald Trump
15:37qui se lâcherait après les mid-termes
15:39et qui reprendrait ses bombardements sur l'Iran.
15:41Les réserves stratégiques de pétrole aux Etats-Unis
15:43sont sur de nouveau plus bas aussi.
15:45On apprend ça.
15:46Et puis on voit les contrats à terme sur le pétrole
15:48à horizon fin 2027 monter.
15:51Les cours à horizon fin 2027 ne cessent de monter.
15:54Est-ce que le marché est en train d'ancrer l'idée
15:55que les cours élevés, ça va durer ?
15:58On a l'impression que le marché anticipe peut-être deux choses.
16:02Un, qu'effectivement, ça dure de plus en plus
16:05et on ne voit pas forcément bien l'issue.
16:07Et deux, je pense que la différence par rapport à avril-mai peut-être
16:10où à l'époque, on pouvait aussi imaginer que ça allait durer.
16:13Sauf que les réserves stratégiques qu'il y avait,
16:15chaque jour passant, la marge de sécurité sur ces réserves baisse.
16:19Donc je pense que la somme des deux
16:21exerce effectivement une pression haussière sur le pétrole.
16:23Et à court terme, ce n'est pas évident de voir
16:26comment la tendance s'inverse.
16:28Et pour moi, je pense que c'est le gros sujet
16:31qui, s'il continue à se dégrader,
16:34sera le catalyste pour potentiellement une récession.
16:37Parce qu'il faut bien voir qu'historiquement,
16:39les récessions quasiment tout le temps sont déclenchées
16:41par des hausses de taux, des politiques monétaires de resserrement.
16:44Et là, ce qui est très embêtant, en fait,
16:45c'est que l'économie va bien pour l'instant
16:47et les résultats d'entreprise sont très bons.
16:49Donc c'est ce qui nous protège.
16:50Mais à l'inverse, les taux sont en train de monter
16:52et les taux ont du mal à baisser
16:54tant que le pétrole restera à des niveaux aussi élevés
16:56et les banques centrales seront contraintes,
16:59malheureusement, de continuer à hausser les taux.
17:00C'est pour ça que je dis qu'il y a l'IA, effectivement,
17:02mais il y a aussi ce sujet du pétrole.
17:04Bien sûr.
17:04Et la somme des deux, je trouve que ça rend la situation très fragile.
17:08117 dollars, là, le baril de Brent.
17:11Cyril.
17:11Et sur le pétrole, je pense qu'à la question
17:13est-ce que les gens s'attendent à ce que ça continue à rester haut
17:16en termes de prix ?
17:17La réponse est oui.
17:17Parce que si on regardait au niveau du Q2
17:19dans les différentes publications aux États-Unis,
17:21ça fait trois ans que c'est la tech et les banques
17:24qui lient la croissance largement au-dessus du S&P 500
17:26et qui emmènent les bénéfices américains sur les plus hauts.
17:29Sauf que là, c'est le premier trimestre
17:30où on attend 130% de croissance
17:32pour les entreprises pétrolières
17:34et évidemment la techno.
17:36Donc maintenant, le pétrole a pris la place des banques.
17:38Et si vous regardez au Q1 et au Q2,
17:40il y avait déjà des très fortes attentes.
17:41Alors pas au Q1.
17:42Sur au Q1, ça commençait, pardon.
17:43Mais surtout au Q2,
17:44il y avait des très fortes attentes
17:45sur les croissances de bénéfices
17:46des entreprises pétrolières mondiales en 2026.
17:50La croissance était négative en 2027.
17:52Sous-entendu, vous allez gagner beaucoup d'argent en 2026
17:54parce que ça va se passer rapidement.
17:55Et après, en 2027, ça va décroître.
17:57Aujourd'hui, on est passé à 135% de croissance
17:59sur les boîtes pétrolières américaines.
18:01Et on est revenu à déjà plus de 10% pour 2027.
18:05Sous-entendu, ça ne va pas du tout s'arrêter à 2026.
18:07Donc les analystes, via leurs estimations,
18:10commencent à dire, non, finalement,
18:11le pétrole est haut.
18:12Je suis complètement d'accord sur le risque
18:13qui fait peser d'un point de vue macro.
18:15Mais surtout, ce n'est pas forcément fini.
18:17Et ça ne s'arrêtera pas le 1er janvier 2027.
18:19Et oui, dans les anticipations maintenant,
18:21on a un pétrole qui continue à être élevé
18:22pour encore peut-être un ou deux trimestres.
18:24Résultat, les PMI zone euro qui ont été publiés
18:26se ralentissent, se dégradent un tout petit peu.
18:28PMI zone euro composite à 51,9 en octobre.
18:31Donc un net ralentissement par rapport à septembre.
18:33Puis alors, il y a carrément une mauvaise surprise
18:35sur la France.
18:36Un PMI composite qui carrément se contracte à 48,4
18:39dans le contexte politique dont on a déjà beaucoup parlé.
18:41Ce soir, Moody's à suivre
18:42qui devrait dégrader la note française.
18:45Le CAC 40, on est à 12 minutes maintenant de la clôture.
18:47Père 0,6%.
18:50Voilà, CAC 40 dans la moyenne des autres marchés.
18:53Aujourd'hui à moins 0,6.
18:54Le Ressoc 50 aussi perd 0,5%.
18:56Des publications sanctionnées.
18:57On va en parler des publications dans un instant.
18:59Kering perd 15% en ce moment
19:01avec toujours cette déception Gucci.
19:03On se demandera tout à l'heure s'il y a moins 15.
19:05Kering n'est pas en train de vendre.
19:06Les investisseurs, les actionnaires, les marchés
19:09ne sont pas en train de vendre.
19:10Non seulement Kering, mais en plus Luka Demeo.
19:12Enfin, il y a eu un bénéfice du doute quand même
19:13et positif de la part des marchés
19:15depuis l'arrivée de Luka Demeo sur le titre Kering.
19:17Là, aujourd'hui à moins 16.
19:18Est-ce qu'une partie du marché vend Luka Demeo ?
19:20On va se poser la question.
19:21Un peu tôt, il est arrivé il n'y a pas longtemps.
19:23Mais voilà, on se demandera
19:24s'il y a un peu de ça dans le comportement du jour sur Kering.
19:26À l'inverse, à la hausse, L'Oréal
19:27dont toutes les divisions accélèrent en termes de croissance.
19:30C'est vraiment costaud.
19:31L'Oréal gagne 5,4%.
19:33On en parle avec Laurent Chauderge et Cyril Collet.
19:35Les premières publications,
19:36quels sentiments vous avez l'un et l'autre pour l'instant ?
19:38Ici en Europe, on va parler de la tech américaine dans un instant.
19:42C'est plutôt correct.
19:43Il y a quelques épiphénomènes, on va dire.
19:46Mais on voit que c'est plutôt cohérent, je trouve.
19:49Il ne faut pas oublier qu'on est sur une année
19:50où il y a plus de 20% de croissance attendue
19:53pour les entreprises de la zone euro.
19:54Un petit 16-17% pour les entreprises de la zone européenne.
19:57Pour faire ce métier-là depuis quelques années,
19:58moi je n'avais jamais vu ça.
19:59Donc on est quand même sur une phase d'accès.
20:01On a moins de techno que d'autres
20:03et on n'a pas les mêmes thèmes d'investissement.
20:04Mais on est quand même sur une grosse année de publication en Europe, inclus.
20:08Laurent, sur l'Europe ?
20:10Moi je trouve que pour l'instant,
20:11les résultats sont corrects.
20:14Et confirme en fait, il n'y a pas de vraie surprise.
20:17C'est-à-dire que je trouve que sur la partie écosystème de l'IA,
20:21donc pas juste la tech,
20:23tout ce qui est bien d'équipement, énergéticien, etc.
20:25Les chiffres sont très bons.
20:27Forcément, parce que c'est un des plus gros trimestres de dépenses
20:29des hyperscalers.
20:31Les carnets de commandes sont pleins.
20:33La visibilité sur les carnets de commandes augmente.
20:35Donc tout ça, c'est un peu attendu.
20:36Ce qui je trouve est différent des trimestriels précédents,
20:39c'est que les cours de bourse ne réagissent pas bien.
20:41Vous l'avez vu avec Schneid, vous l'avez vu avec ABB,
20:43on l'a vu avec toutes ces sociétés-là.
20:45On l'a vu avec ASML, on l'a vu avec CFC.
20:47Ça fera au moins 10% alors qu'ils publient des résultats tout à fait corrects, moins 10.
20:50Donc le marché, c'est ce qui confirme que le marché a des très grosses attentes
20:54et que même ces attentes-là ne sont pas forcément satisfaites.
20:56Sur le consommateur, il y a encore beaucoup de choses à venir,
20:59mais je trouve que ça confirme que le consommateur est un peu moribond quand même.
21:03Si on a un consommateur un peu de base, je trouve que les résultats sont en ligne,
21:07mais il n'y avait pas beaucoup d'attentes.
21:09Et après, le luxe, nous, on n'a pas, ils sont dans le luxe depuis plusieurs années maintenant.
21:13Et pour l'instant, on voit bien, le situation reste très difficile.
21:18La Chine ne repart pas.
21:20Le problème d'avoir autant augmenté les prix, ça reste un vrai sujet.
21:23Ils ne sont plus capables d'augmenter les prix dans le mix.
21:26Comme les volumes sont un peu moribonds, finalement, les chiffres ne sont pas très bons.
21:30Et après, on rajoute une couche sur Kering,
21:33où là, ce n'est pas juste un problème de l'industrie.
21:36C'est qu'en plus, eux, ils ont des problèmes eux-mêmes.
21:39Donc, ils sont malades dans une industrie un peu malade.
21:41Et effectivement, Lucas Dimeo, il est arrivé avec un très gros historique.
21:46Après, ça prend du temps de renflouer une marque comme Gucci.
21:49Il n'y a pas tant que ça d'exemple dans l'histoire, je pense,
21:52où une si grosse marque qui perd beaucoup en perte de vitesse repart aussi facilement.
21:57Et puis, à mon avis, il y a un choc culturel entre quelqu'un qui est un industriel
22:00et qui veut, à juste titre, amener des bonnes pratiques industrielles
22:04pour mieux gérer l'entreprise, mieux gérer les coûts, etc.
22:06dans une industrie du luxe qui n'est pas du tout habituée à ça.
22:09Kering perd 16% aujourd'hui.
22:12Est-ce que c'est la fin du bénéfice du doute positif
22:14qui profitait à Kering depuis l'arrivée de Lucas Dimeo ?
22:17Comment vous regardez, en tout cas, la façon qu'a le marché de réagir ?
22:20C'est vrai.
22:21Bon, la Kering, c'est particulier, mais grosso modo,
22:23même des résultats en ligne, corrects, positifs,
22:26sont parfois sanctionnés d'un moins 9, moins 10.
22:29Alors, je ne suis pas un spécialiste de Kering.
22:31Nous, on regarde plutôt à l'intérieur du luxe.
22:33Vous portez déjà ton luxe, vous portez le luxe, mais vous n'y investissez pas.
22:37Mais bref.
22:38Alors, je vais donner deux pendants différents,
22:41si on reste dans les actions européennes.
22:43Moi, j'ai bien aimé les publications d'Essilor et les publications d'UCB.
22:47Essilor, on nous a quand même rappelé que,
22:50il y a deux ans, c'était une entreprise qui allait tout péter,
22:52blablabla, parce qu'ils vendaient des lunettes avec Google
22:54et que ça allait être formidable.
22:55Puis, le cours a été divisé par deux.
22:57Et puis là, on regarde les chiffres et on se dit,
23:00finalement, ça vend.
23:03Les perspectives sont bonnes, et ainsi de suite, et le titre repart.
23:06Donc, ça veut dire qu'il y a un moment donné,
23:08il y a quand même toujours une forme de spéculation qui se fait.
23:10C'est un monde difficile, puisque c'était un peu monocliant.
23:13Enfin bon, je dirais que la pérennité du job était remise en question.
23:18Et là, on regarde ça différemment.
23:20Et si vous regardez UCB dans la pharmacie,
23:22qui n'est pas le truc le plus sexy du monde,
23:23vous ne connaissez pas la valeur,
23:24elle a rebondi de 15%.
23:26Simplement parce que, pareil, c'est une valeur pharmaceutique
23:28qui est vue d'un point de vue défensif,
23:30qui n'avait pas la croissance,
23:32qui n'avait pas, entre guillemets, la mode des autres valeurs à l'époque.
23:35Notamment, il ne se faisait pas des choses
23:36où on peut maigrir quand on les mange, accessoirement.
23:39Aujourd'hui, ça publie correctement
23:40et ça a été revalorisé de 15% à 15%
23:42pour une valeur pharmaceutique.
23:43Je ne parle pas d'ingénérique.
23:45Pas mal de valeurs de santé remontent en ce moment.
23:46Oui, donc ça veut dire quoi ?
23:47Ça veut dire que sur les publications,
23:49il y a quand même un travail de fait
23:51avec « on rêve un petit peu moins,
23:52on regarde un peu plus les chiffres »
23:53et c'est ce que je disais tout à l'heure,
23:55on a un vrai retour, je dirais,
23:56aux fondamentaux dans la partie sélection
23:59à l'intérieur des différents secteurs.
24:00On regarde ce qui dégage de la valeur ou pas
24:02et je trouve que c'est plutôt pas mal.
24:03Alors, comme vous êtes très bavard sur tous ces thèmes,
24:04il ne nous reste malheureusement que 4 minutes
24:06pour parler de la tech,
24:06c'est de votre faute.
24:08De toute façon, on a dit que c'était une bulle,
24:10tu t'es dit ?
24:10Ben voilà, tu t'es dit.
24:11C'est une bulle ou pas ?
24:12Est-ce qu'on a la preuve de la bulle
24:13à travers ce qui se passe depuis deux semaines,
24:15Laurent ?
24:15C'est vrai que régulièrement,
24:16vous nous dites que la tech va trop,
24:17trop vite, le marché s'emballe trop.
24:18Depuis deux semaines, au contraire,
24:20le Nasdaq perd 8% en deux semaines.
24:22Est-ce que c'est le signe
24:23qu'effectivement le marché prend conscience
24:24que c'est peut-être une bulle
24:25ou au contraire,
24:26le fait de perdre 8% en deux semaines,
24:28bon, ça reste assez ordonné.
24:29Le signe que tout va bien encore,
24:31malgré la baisse.
24:37Je crois qu'il y a eu au moins trois épisodes
24:39de très fortes corrections,
24:40de 20-25%,
24:41et derrière, c'est reparti.
24:44Nous, on reste consistant
24:45sur le message qu'on a donné
24:46depuis plusieurs mois,
24:47c'est que pour nous,
24:47il y a deux grands sujets dans l'IAS.
24:49Il y a un problème de financement
24:50et il y a un problème
24:51de rentabilité potentielle.
24:53Et je vous rappelle
24:53qu'en termes de rentabilité,
24:55nous, on estime qu'il faut
24:56qu'ils trouvent 3 600 milliards de dollars
24:58de chiffre d'affaires d'ici 2030
25:00pour avoir un rendement cohérent.
25:02Donc même si on annualise
25:03les chiffres d'affaires
25:03de Open AI et d'Enthropique,
25:05on y est très, très, très, très loin.
25:07Donc ça, ça reste le cas.
25:09Et le financement,
25:09qui était un peu un sujet théorique,
25:11on avait beau montrer les...
25:12Je vous rappelle quand même une chose,
25:13quand on prend les cinq hyperscalers,
25:14donc Amazon, Microsoft,
25:15Meta, Oracle et Alphabet,
25:18ceux qui vont publier
25:19la semaine prochaine, d'ailleurs.
25:20Tous ceux-là, ils vont publier.
25:20En moyenne, avant le chat de GPT,
25:22ils avaient ensemble
25:23130 milliards de trésorerie.
25:25On estime, on calcule
25:26qu'ils vont avoir 2 000 milliards de dollars
25:28d'engagement de passifs
25:29l'année prochaine,
25:30entre la dette
25:30et les futures locations
25:32de data centers.
25:34Donc, c'est en train de prendre forme
25:36et pour l'instant,
25:37ça prend la forme.
25:37C'est comme d'habitude
25:38quand il y a des sujets de financement,
25:39ça attaque un peu les plus faibles,
25:41donc les corps weave, etc.
25:42Mais même, on l'a vu,
25:43même les spreads
25:44des bons hyperscalers
25:45commencent à monter
25:46un petit peu aussi.
25:46Donc, je pense que c'est la première fois,
25:48je trouve que finalement,
25:49c'est la première correction
25:50où il y a quand même
25:51quelques petits éléments tangibles
25:52de petites fragilités.
25:55Le CDS,
25:55on a vu une ou deux IPOs,
25:57grosses IPOs,
25:57notamment en Australie,
25:58qui ont été annulées.
25:59On voit aujourd'hui
26:00que manifestement,
26:01il y a des négociations
26:04pour sa levée de fonds,
26:05qui dit quand même
26:06qu'ils ont besoin
26:06juste d'un bridge avant l'IPO.
26:08Enfin, le bridge,
26:08c'est 30 milliards,
26:09ce n'est pas 10 millions.
26:11Donc, je trouve
26:12qu'il y a quelques signes à voir.
26:13Et Meta,
26:14qui annonce des investissements
26:15encore supérieureuses attentes
26:17alors que son cashflow est négatif
26:18et qui,
26:19compte tenu des taux d'intérêt
26:20très élevés,
26:21le capital coûte
26:22de plus en plus cher
26:22pour trouver l'argent
26:23a annoncé une augmentation de capital,
26:25ce qui va diluer les actionnaires.
26:26C'est-à-dire que maintenant,
26:26on voit un acteur,
26:27un hyperscaler,
26:28quand même annoncer
26:28une augmentation de capital dilutif
26:30pour financer
26:31tous ces investissements.
26:31Mais ça veut dire
26:32qu'il a appelé la banque
26:33ou qu'on lui a dit non.
26:34Ça veut dire qu'il a voulu
26:34émettre des obligations
26:35avec les agences
26:36qui lui ont dit non.
26:36Ça veut dire qu'il a appelé
26:37le capital risque
26:38et que même les gens
26:39un petit peu foufous
26:40ou adventuriers ont dit non.
26:41Et là, il va émettre des actions.
26:42Je voudrais juste rajouter
26:43un truc important, je pense.
26:45Le mode de financement
26:46et la façon dont on se finance
26:47est effectivement très, très important.
26:48Par contre,
26:48ce qui est en train de se passer,
26:49et notamment,
26:50ça touche Meta entre autres,
26:51c'est qu'il y a quelques années,
26:58en train de se dire
26:59que peut-être ils investissent
27:00dans des puces
27:01dont la durée de vie
27:02sera inférieure
27:03à leur période d'amortissement.
27:05Donc, si vous amortissez
27:06sur 6 ans
27:07quelque chose qui est obsolète
27:08au bout de 3 ans
27:08et que vous devez refinancer,
27:10ça va changer un tout petit peu
27:12votre stream de cash flow
27:13et la rentabilité future
27:14de vos investissements.
27:15Et je pense que c'est un sujet
27:16qui commence à être vu
27:17de plus en plus important
27:18et je pense que c'est
27:20financement,
27:20mais surtout,
27:21obsolescence
27:22de ce qui est acheté
27:23des infrastructures,
27:23quelles qu'elles soient,
27:24par rapport à la date
27:25de paiement du financement
27:26et au moins son amortissement.
27:27Et ça, ça commence
27:29à avancer tout doucement.
27:31Les investisseurs
27:31commencent à regarder
27:32les comptes de cette façon-là
27:33et ça change tout.
27:34Et c'est ce qui a sanctionné Meta,
27:35mais ça ne va pas être
27:36les seuls sanctionnés.
27:37Tout le monde va regarder Microsoft.
27:38Si Microsoft passe
27:39de 6 ans à 5 ans et demi
27:40ou de 5 ans et demi à 5 ans,
27:41pardon, j'ai oublié
27:42le chiffre exact, bref,
27:43ça veut dire qu'on va vers
27:44une forme d'obsolescence
27:46du matériel qui est acheté
27:47et donc les investissements
27:49vont devoir se faire différemment
27:50ou en tout cas amortir
27:51beaucoup plus vite,
27:51sous-entendu,
27:52plus de ventes et ainsi de suite.
27:53Et on en est très loin.
27:54Et donc la baisse du marché
27:55vous inquiète
27:56ou finalement elle vous rassure
27:57en vous disant
27:57ça y est, le marché ouvre les yeux,
27:58heureusement qu'il le fait maintenant
27:59et pas dans...
28:00Je pense que ce qui se passe
28:01pour l'instant est très sain.
28:03La Corée a perdu 30%,
28:04ils étaient à plus 100%,
28:05ils sont à plus 60%.
28:05Non mais c'est pour une provocation
28:06évidemment.
28:07Sky Nice, Samsung,
28:08ça continue de bien marcher.
28:09La question c'est,
28:10tous ces gens qui achètent
28:11ce que j'ai dit juste avant,
28:12à Sky Nice et Samsung,
28:13est-ce qu'eux,
28:14ils vont arriver
28:14à être rentables ou pas ?
28:16Et il dit,
28:1717h32,
28:18on est bientôt à la clôture,
28:20mais Chris nous écoute,
28:21notre réalisateur,
28:22vous écoute en douce
28:22manifestement depuis la régie
28:24et veut vous interroger.
28:25Salut Chris.
28:26Salut Guillaume.
28:27Bonsoir messieurs les clubeurs.
28:2811 semaines de baisse
28:29pour la Chine.
28:30Opportunité à saisir
28:31ou piège à éviter ?
28:32Est-ce le moment d'acheter ?
28:3411 semaines de baisse d'affilée
28:35pour l'indice
28:36des 300 plus grosses valeurs chinoises.
28:3711 semaines de baisse d'affilée,
28:38c'était jamais...
28:40C'est de nouveau,
28:41c'est la première fois que ça arrive.
28:4211 semaines de baisse d'affilée.
28:43Laurent.
28:44Je vais être assez rapide
28:44parce que je ne me prononcerai pas
28:45dans le sens où on fait
28:46essentiellement des actions européennes
28:47donc je n'ai pas d'opinion
28:48sur les actions chinoises.
28:50Donc nous on fait du quantitatif,
28:51on ne comprend pas grand-chose non plus
28:52mais on parle plus large
28:53donc je vais y aller.
28:56Vos équipes seront ravies
28:57d'entendre qu'elles ne comprennent rien.
28:58Allez-y.
28:58Bien sûr.
28:59Pour être très concret,
29:00on a un client institutionnel
29:01qui la semaine dernière
29:01nous a demandé à faire une évolution
29:03d'un MSCI World,
29:04tous les pays développés,
29:05vers un MSCI World,
29:06All Country,
29:07tous les pays développés
29:07et émergents,
29:08hors Chine.
29:10Donc il y a 3-4 ans,
29:11les Américains avaient lancé
29:12un peu cette mode-là,
29:13c'est un peu compliqué
29:14au niveau de regarder les comptes
29:15et ainsi de suite.
29:17Après la deuxième chose
29:18sur la Chine qu'on puisse dire
29:19c'est que oui,
29:21ça baisse effectivement,
29:22c'est souvent basé
29:23sur de la conso ou de l'immobilier,
29:25enfin les conséquences
29:26de la conso ou de l'immobilier
29:27donc ce n'est pas complètement
29:29on va dire un comportement classique.
29:31Je dirais qu'il y a la grosse partie,
29:33pour terminer,
29:34il y a la grosse partie
29:35de l'IA chinois
29:37qui n'est pas cotée.
29:39Si on veut comparer
29:40les choses qui sont comparables,
29:41ce n'est pas l'IA
29:42qui fait baisser la Chine
29:43et il y a plus de potentiel.
29:44Allez, dans un instant,
29:45la clôture, messieurs,
29:46passionnant comme toujours,
29:47ce club que vous retrouverez
29:48tout au long du week-end
29:49dans le podcast série Play.
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