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  • il y a 3 ans
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Chaque matin dans son édito, Vincent Trémolet de Villers revient sur l'actualité politique du jour. Ce mercredi, il s'intéresse aux risques encourus par la majorité sur le sujet de l'immigration.

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Transcription
00:00 - Le journal de l'éluto-politique sur Europe 1 avec Le Fligaro, bonjour Vincent Trémolet de Villers. - Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:06 - Alors depuis qu'hier matin, le journal Libération a publié l'appel à régulariser les clandestins,
00:11 appel dans lequel on trouve aux côtés d'élus socialistes des écolos, des communistes aussi,
00:15 six députés Modem et six députés Renaissance dont Sacha Houllier, président de la commission des lois tout de même.
00:22 La majorité et le gouvernement sont en ébullition. Cette loi immigration, c'est en train de devenir une malédiction pour Emmanuel Macron, Vincent.
00:29 - Plus qu'une malédiction, je dirais que c'est un révélateur. L'immigration est un sujet pour lequel le syncrétisme macronien est impossible.
00:36 D'ailleurs le macronisme est une proposition politique qui est née en faisant abstraction des problèmes d'immigration.
00:43 C'était un sujet pour les ploucs, un thème qui salit les doigts.
00:46 Surtout c'est le sujet qui empêche le dépassement du clivage gauche-droite.
00:50 À droite l'immigration est envisagée comme une menace, à gauche comme une chance.
00:54 C'est pour cela qu'Emmanuel Macron évite le plus possible d'en parler
00:57 et que depuis 2017 il a dit sur ce thème "tout est le contraire de tout".
01:02 Mais sur fond des meutes, de crimes commis par des étrangers sous OQTF non exécutés, d'immigration anarchique,
01:07 la question est devenue inévitable et des membres de la majorité qui vivaient côte à côte sur l'immigration se retrouvent face à face.
01:14 - Mais selon vous Vincent, jusqu'où peut aller cette division de la macronie ?
01:17 - Politiquement cette loi c'est une bombe à fragmentation.
01:20 D'abord en cas de motion de censure après un passage de la loi par le 49-3, il est tout à fait concevable que le gouvernement soit renversé.
01:26 Mais à l'intérieur même de la majorité, ce projet de loi oblige les prétendants pour 2027 à prendre position.
01:33 Edouard Philippe affiche sa fermeté en proposant de revenir sur l'accord franco-algérien de 68.
01:37 François Bayrou s'oppose à l'UJAS du 49-3 et reste flou sur les métiers en tension.
01:43 Gérald Darmanin, à force de poursuivre à la fois Matignon et l'Elysée, est très difficile à suivre.
01:47 Quant à Bruno Le Maire, il prône carrément l'évitement, c'est-à-dire oublier le projet de loi pour se concentrer sur des décisions réglementaires.
01:54 L'enjeu pour eux est très simple, celui qui sera associé à une politique migratoire laxiste d'Emmanuel Macron risque d'être automatiquement disqualifié par l'électorat de droite.
02:05 En revanche, toute décision ferme concernant les sujets migratoires ou plus largement l'insécurité culturelle sera immédiatement récompensée.
02:12 Il suffit de voir l'envol de Gabriel Attal dans les sondages après sa décision sur la BAYA pour prendre la mesure de l'attente de l'opinion sur tous ces sujets.
02:19 - Bon, est-ce que vous pensez, Vincent, qu'Emmanuel Macron pourrait renoncer à sa loi immigration ?
02:24 - Je pense qu'Emmanuel Macron a plus d'un tour démocratique dans son sac, plus d'une astuce participative en réserve.
02:31 Après l'itinérance mémorielle, le grand débat, les conventions citoyennes, le CNR, les rencontres de Saint-Denis,
02:37 il peut inventer les déjeuners de Compiègne, les palabres de Cherbourg ou les adieux de Fontainebleau.
02:42 Je vous rappelle que sur les retraites, il a fallu six ans et deux projets de loi dont le contenu n'avait rien à voir avant que le chef de l'État se décide à légiférer.
02:53 Et encore, il y avait la pression de Bruxelles et des marchés financiers.
02:56 La seule pression sur l'immigration vient de l'opinion et de Marine Le Pen qui prospère sur la procrastination du gouvernement.
03:02 Pour le moment, le texte devrait revenir en octobre au Sénat et en janvier à l'Assemblée,
03:06 mais il y a un an, il devait être examiné à l'automne, puis il fut saucissonné, puis réécrit, puis reporté, puis abandonné, puis ressuscité.
03:13 Et à tout cela s'ajoute maintenant le référendum pour faire entrer l'immigration dans le champ des référendums.
03:19 Cette perspective a été évoquée dans les rencontres de Saint-Denis et elle a le mérite d'ouvrir un parcours parlementaire interminable
03:26 qui a 9 chances sur 10 de ne déboucher sur rien.
03:29 On peut tout à fait imaginer que d'une manière ou d'une autre, le chef de l'État tente de repousser cette loi jusqu'après les élections européennes.
03:36 Vous savez, Emmanuel Macron a une lecture très personnelle de Marcel Proust.
03:40 Il ne recherche pas le temps perdu, il cherche pour éviter d'avoir à décider, à gagner du temps.
03:45 L'édito politique sur Europe a signé Vincent Trémolet de Villers. Merci beaucoup Vincent.

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