- il y a 3 ans
Aujourd'hui dans "Punchline", Laurence Ferrari et ses invités débattent de la possibilité que Gabriel Attal succède à Élisabeth Borne à Matignon.
Retrouvez "Punchline" sur : http://www.europe1.fr/emissions/punchline
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NewsTranscription
00:00 - Europe 1, 18h-19h, Punchline, Laurence Ferrari.
00:05 - 18h39, on est de retour en direct dans Punchline sur CNews et sur Europe 1.
00:09 Bonsoir Jean-Pierre Raffarin.
00:10 - Bonsoir et bonne année.
00:12 - Et bonne année, tous mes voeux pour 2024.
00:14 Ancien Premier ministre, tout va bien quand on quitte Matignon,
00:18 quand on est comme Elisabeth Borne, remerciée par le président.
00:21 On survit ou c'est difficile à vivre quand même ?
00:23 - Franchement, la vie est meilleure après que pendant.
00:25 - C'est vrai.
00:26 - Il faut la consoler pour ça, parce qu'on va le dire, ça s'arrange après.
00:29 Finalement, il y a moins de brutalité, il y a moins de stress,
00:33 il y a moins de pression, partout.
00:36 À Matignon, on n'a pas plus d'une demi-heure de satisfaction.
00:40 Vous avez un bon sondage, une bonne nouvelle, tout ça,
00:42 et puis une demi-heure après, arrive un accident d'autobus
00:46 avec des enfants qui vont à l'école, une difficulté, tout ça.
00:49 Il n'y a pas toujours des drames en permanence qui font qu'on est secoué.
00:53 - Alors, je suis sûre que vous avez quelques idées sur qui pourrait remplacer Elisabeth Borne.
00:57 On est aussi encore avec Catherine et Eric Revelle.
00:59 On va juste partir à Matignon, rejoindre Florian Tardif et Raphaël Lasreg.
01:02 Bonsoir à tous les deux.
01:03 Florian, vous avez quelques informations supplémentaires ou pas ?
01:06 - Bonsoir.
01:06 Oui, j'ai pu prendre connaissance de la lettre de démission d'Elisabeth Borne
01:13 qu'elle a adressée au président de la République.
01:17 Et on comprend aisément, on le savait ces dernières heures,
01:20 à l'aune des remontées d'informations que nous pouvions obtenir
01:23 avant l'officialisation de la démission d'Elisabeth Borne,
01:26 qu'elle était poussée vers la sortie.
01:28 On le comprend très clairement à la lecture de cette lettre qui débute ainsi.
01:32 "Monsieur le Président de la République,
01:33 vous m'avez fait part de votre volonté de nommer un nouveau Premier ministre
01:36 alors qu'il me faut présenter la démission de mon gouvernement.
01:39 Je voulais vous dire combien j'ai été passionné par cette mission,
01:43 guidé par le souci constant que nous partageons
01:46 d'aboutir à des résultats rapides et tangibles pour nos concitoyens."
01:50 Donc, vous voyez qu'Elisabeth Borne, suite à l'échange qu'elle a pu avoir
01:53 avec le Président de la République en milieu d'après-midi,
01:56 a accepté en quelque sorte le scénario qu'ils ont décidé ensemble,
02:00 c'est-à-dire qu'elle quitte Matignon.
02:02 Reste à savoir qui pour la remplacer et avec quelle équipe.
02:06 Réponse dans les toutes prochaines heures.
02:07 Merci Florian Tardif, Raphaël Lazarek.
02:09 C'est un scénario qui est choisi surtout par le Président de la République, Jean-Pierre Raffarin.
02:13 C'est rarement le Premier ministre qui dit "je m'en vais".
02:15 Ça peut arriver.
02:16 Non, ça a existé.
02:18 C'est arrivé une fois.
02:18 Jacques Chirac.
02:20 Pour la petite anecdote, simplement pour l'histoire,
02:23 moi, quand j'ai apporté ma démission au Président,
02:26 je lui ai demandé de pouvoir faire une intervention à Matignon.
02:30 Il pouvait difficilement me le refuser parce qu'il savait que j'avais la mémoire giscardienne.
02:34 Donc, il m'a autorisé à faire une déclaration à Matignon après.
02:37 Mais parce qu'en effet, c'est le Président qui est l'homme en charge de l'essentiel,
02:41 dit De Gaulle.
02:42 Donc, c'est le Président.
02:44 Et dans sa lettre, son premier paragraphe, c'est
02:46 "en fait, vous avez fait part de votre intention d'un nouveau Premier ministre, donc".
02:50 C'est-à-dire qu'elle reconnaît que c'est le choix du Président.
02:53 Alors, est-ce qu'on l'évoquait depuis le début de cette émission,
02:57 il y a beaucoup de noms qui circulent pour remplacer Elisabeth Borne.
03:00 Est-ce que le nom de Gabriel Attal,
03:02 c'est une question que vous posez à Catherine Ney pendant la pub,
03:04 serait un choix judicieux, Jean-Pierre Raffarin ?
03:07 Bon, sur le fond, je vais répondre tout de suite.
03:09 Sur le fond, je trouve qu'il est dommage qu'on ne mette pas en avant le "pourquoi faire"
03:14 avant le "avec qui".
03:15 Ça, je pense que c'est très important.
03:17 On a 40 mois.
03:18 On a une victoire de Mme Le Pen qui devient extrêmement probable.
03:23 Si on veut l'éviter, comment on gère ces 40 mois ?
03:26 Ces 40 mois, c'est sans doute quatre ou cinq grandes réformes.
03:29 Lesquelles ?
03:30 Qu'est-ce que l'on veut et qu'est-ce que l'on peut avec l'Assemblée que nous avons ?
03:34 Donc, c'est ça qui est vraiment le débat politique de cette rentrée au début de janvier,
03:39 c'est qu'est-ce qu'on fait par rapport au pouvoir d'achat,
03:40 qu'est-ce qu'on fait sur la décentralisation ?
03:42 Il y a quatre ou cinq grands sujets, santé, école, qui sont à prioriser.
03:46 Et c'est ensuite, quand on a priorisé ça, qu'on peut choisir l'équipe pertinente.
03:50 Procéder à l'envers, c'est difficile.
03:52 Donc, je vois bien que cependant, nous sommes dans une crise politique.
03:56 On veut en faire une crise personnelle contre le président.
03:58 C'est une crise, je pense, qui est plus profonde que le cas du président.
04:02 C'est une crise où, finalement, on voit une certaine forme d'impuissance
04:06 et où on voit une démocratie qui est très brutale, très hachurée,
04:11 avec des 49-3, avec des motions de rejet, avec...
04:14 Il n'y a pas de continuité.
04:15 Une motion de censure, même.
04:17 Elle est fidèle, il votera la motion de censure,
04:19 le prochain Premier ministre.
04:20 Donc, je crois qu'il y a cette grosse difficulté.
04:24 Donc, on est quand même un peu dans une impasse
04:26 et il faut que le président prenne des initiatives.
04:28 Alors, pour répondre à votre question,
04:30 Gabriel Attal est quelqu'un de sérieux.
04:32 Je crois qu'il a deux atouts dans un moment comme ça.
04:35 Un, c'est la loyauté initiale du président.
04:39 Et donc, un Premier ministre a besoin d'être loyal à son président.
04:43 Quand il n'y a pas loyauté, il y a un moment ou un autre une crise.
04:46 Donc, il y a la loyauté.
04:47 Et puis, il faut incarner l'avenir.
04:50 Parce que nous sommes dans une situation absurde, de mon point de vue,
04:54 c'est que le président ne peut pas se représenter.
04:56 Donc, le président n'est plus un chef de guerre.
04:59 Et donc, ses partisans, ils ont besoin d'un leader.
05:02 Ils ont besoin qu'on dise "Nous avons un avenir".
05:05 Et nos idées et notre pratique ont un avenir.
05:08 Et le maître le plus jeune, souvent le plus talentueux,
05:11 ce n'est pas, de ce point de vue-là, absurde.
05:12 Donc, une incarnation d'un côté,
05:15 au fond, une sorte de talent et de loyauté,
05:18 je pense que tout ça fait que c'est quelqu'un d'important.
05:22 Mais c'est le président qui choisit.
05:23 Je sais qu'il y a d'autres noms qui sont très compétents aussi.
05:26 - C'est un accord du Julien Denormandie.
05:28 Catherine, vous êtes d'accord avec Jean-Pierre Affarin sur Gabriel Attal
05:30 ou vous pensez que c'est trop tôt, au contraire ?
05:32 - Moi, personnellement, je pense que c'est trop tôt.
05:34 Mais évidemment, au point de vue de communication,
05:36 c'est celui qui incarne le plus le renouvellement,
05:40 l'initiative, les idées.
05:43 Mais comme le dit très bien le monsieur le Premier ministre,
05:47 c'est avec qui, pour quoi faire ?
05:48 Est-ce qu'il va vouloir ouvrir son gouvernement
05:53 à la droite républicaine ?
05:55 Parce que ça ne peut être qu'à ça, que au LR.
05:57 Est-ce qu'ils vont accepter ? Ce que je ne crois pas.
05:59 Donc, il se retrouve...
06:00 Sinon, il va se retrouver dans la même configuration
06:02 qu'était Elisabeth Borne.
06:04 Donc, ça va être très difficile pour lui.
06:06 Alors, est-ce qu'il sera...
06:08 Est-ce que son charme peut jouer ?
06:10 Je veux dire, je...
06:11 Et que veut-il faire ?
06:12 Ça, on va voir son discours...
06:15 Son discours de Premier ministre.
06:18 Voilà ce qu'il va pouvoir dire.
06:19 Et pour l'instant, on est dans le...
06:22 Alors, le président, lors de ses voeux, a dit
06:24 que maintenant, c'est le réarmement civique,
06:25 sur le réarmement.
06:27 Et c'était drôle, puisque vous le dites vous-même,
06:29 c'est plus un chef de guerre.
06:30 Mais donc, ce sera... Voilà.
06:33 - Moi, je pense que ce qui est très important aujourd'hui,
06:36 c'est qu'en effet, on choisisse un peu
06:40 la manière de gouverner,
06:42 soit en continu,
06:43 c'est-à-dire une sorte de marche chaotique,
06:47 une sorte de cross politique,
06:49 ou alors, on a un deal politique,
06:52 une coalition politique.
06:54 Je ne crois pas que les LR
06:56 soient forcément hostiles à une participation.
06:59 Parce que si vous prenez quelqu'un comme M. Ciotti
07:01 ou quelqu'un comme M. Retailleau,
07:02 ce sont des gens qui doivent avoir autour de 60 ans.
07:05 Et donc, s'ils ne prennent pas des positions
07:08 d'action politique gouvernementale à cet âge-là,
07:11 ça veut dire qu'ils auront fait leur parcours politique
07:14 sans le prendre.
07:15 Donc, il faut bien réfléchir,
07:16 parce que là, il y a une séance politique très importante.
07:19 Et il est évident que pour leur capacité,
07:22 quand je vois quelqu'un comme M. Retailleau,
07:24 quelqu'un qui a des qualités politiques évidentes,
07:27 mais aussi au-dessus de Ciotti également.
07:28 Moi, j'ai eu des désaccords importants avec Eric Ciotti,
07:30 mais je reconnais sa qualité.
07:32 Donc, est-ce que ces gens-là vont passer à côté
07:35 des responsabilités politiques toute leur vie ?
07:38 Donc, je pense qu'il faut réfléchir à ça,
07:40 surtout qu'il faut sortir le pays de la difficulté,
07:43 que ce n'est pas la victoire de Le Pen
07:45 qui leur donnera un avenir.
07:46 Donc, ils ont peut-être aussi à sauver la République aujourd'hui.
07:50 Donc, si du côté présidentiel,
07:53 on ouvre sur les sujets qui sont les leurs,
07:56 je pense à l'immigration, je pense à la décentralisation,
08:00 je pense à quelque chose qui me paraît très important aujourd'hui,
08:03 c'est de refaire venir le maire dans la fabrique de la loi.
08:07 On a exclu les maires,
08:09 qui sont les élus politiques les mieux respectés,
08:11 de la fabrique de la loi.
08:13 Ils ne peuvent pas être à l'Assemblée.
08:14 Et donc, c'est quelque chose qui est, je crois, dommageable
08:17 et qui va opposer la classe politique locale
08:19 à la classe politique nationale.
08:21 Ce n'est pas bon du tout pour le pays.
08:23 Donc, je crois qu'il y a quand même des possibilités
08:26 de discussion et de cognition.
08:27 Et c'est vrai qu'un jeune Premier ministre peut essayer...
08:30 34 ans. Le plus jeune Premier ministre de la Ve.
08:33 Il bat Fabius.
08:34 Il bat Fabius qui avait 37 ans, absolument.
08:36 Une question d'Éric Revelle.
08:37 Quelle performance.
08:38 Premier ministre, ramener évidemment des LR dans le Bercail,
08:41 c'est votre grand rêve.
08:43 Et tout votre talent politique s'y emboît depuis plusieurs mois.
08:47 Il y en a déjà eu pas mal.
08:48 Oui, mais pas suffisamment pour avoir une majorité à l'Assemblée nationale.
08:52 Et ce nouveau Premier ministre se heurtera évidemment
08:55 au même sujet que Mme Borne qui vient de démissionner.
08:59 Ma question est la suivante.
09:00 Vous avez parlé d'incarnation.
09:02 Parmi les mots que le chef de l'État a employé dans ses voeux,
09:04 il a parlé de régénération.
09:05 Vous vous souvenez ?
09:07 Régénération, ça veut dire rendre plus jeune.
09:10 Et en fait, dans l'incarnation de Gabriel Attal, si c'est lui,
09:14 il y a peut-être aussi cette volonté du chef de l'État
09:16 d'avoir un Premier ministre qui puisse, j'allais dire,
09:20 d'amener le pion à l'image que Bardella,
09:23 avec sa jeunesse et son talent,
09:25 est en train d'ancrer dans la politique française.
09:29 Ça, c'est ma première question.
09:30 Est-ce que cette incarnation, vous diriez qu'elle peut aller jusque-là ?
09:33 C'est-à-dire que le président d'un public a en tête
09:35 le casting auquel il va peut-être surter ?
09:38 Puis deuxième question, pardonnez-moi, comme ça je prends plus la parole.
09:40 - Mais non, je ne pense pas à ça, je ne vous crois pas. - Mais si.
09:43 Mais M. le Premier ministre, faire un remaniement
09:45 avant des élections européennes qui ne s'annoncent catastrophiques
09:47 pour le parti présidentiel, ça va servir à quoi ?
09:51 - Alors, sans pire rapport. - Ah, bon.
09:54 Relax sur les élections européennes.
09:56 Vous le savez, comme moi, les élections européennes,
09:58 ça occupe le pays, c'est dommage d'ailleurs,
10:01 mais ça occupe le pays une semaine.
10:02 On n'a jamais vu des élections européennes
10:04 structurer la vie politique nationale.
10:06 Ce n'est pas vrai.
10:08 En dehors d'avoir conduit Simone Veil à la présidence du Parlement européen,
10:12 15 jours après, on ne parle plus des élections européennes.
10:14 - Allez, fermez le banc. - Et des journalistes.
10:16 Est-ce que vous allez souvent voir les débats parlementaires
10:18 à Strasbourg ou à Bruxelles ?
10:19 Tout le monde est à l'Assemblée nationale le mardi, le mercredi,
10:22 et personne n'est là.
10:24 Donc, la vie politique européenne, elle est importante.
10:26 Je pense que ça devrait être dommage d'être dans cette situation,
10:29 mais la réalité, c'est là.
10:31 Je pense que sur l'incarnation dont vous parlez,
10:33 vous avez une bonne analyse de mon point de vue.
10:36 Je ne connais pas du tout ce que le président a décidé.
10:39 Je ne suis pas en train de vous cacher les choses.
10:40 Je ne sais pas du tout.
10:42 Je ne sais pas du tout si c'est le Cornu, si c'est...
10:44 - Attal. - Attal.
10:45 - De Normandie. - De Normandie,
10:47 que c'est l'Ambassade d'Agriculture.
10:48 Donc, je ne sais pas du tout.
10:49 Mais ce que je comprendrais, si on me demandait mon avis,
10:53 c'est de dire qu'en effet, l'incarnation,
10:54 c'est l'incarnation de l'avenir.
10:56 Et pour un président qui ne peut pas se représenter,
10:59 il faut quelqu'un à qui il puisse donner,
11:02 pas forcément le témoin présidentiel,
11:05 mais au moins la culture politique
11:07 qui fut celle de ces deux quinquennats.
11:09 Et donc, de ce point de vue-là,
11:11 la loyauté, elle est dans le camp de cette jeune génération
11:15 qui a soutenu le président dès le début.
11:17 Donc, de ce point de vue-là,
11:19 je crois que mettre un jeune face à Bardella,
11:23 dont vous parliez tout à l'heure,
11:25 je suis en effet tout à fait comme vous,
11:27 même si j'ai des accords fondamentaux avec lui,
11:30 je note qu'il a une certaine percée.
11:33 Je vois même que parfois, ça irrite un peu
11:36 à l'intérieur même du Rassemblement national,
11:38 cette percée de M. Bardella.
11:41 Et donc, ce n'est pas, de ce point de vue-là,
11:44 une mauvaise analyse.
11:45 Si, M. Revelle, vous inspiriez M. Macron,
11:49 ce qui n'est pas impossible.
11:51 - Oui.
11:51 - Donc, positionner Gabriel Arnal
11:54 pour affronter Jordan Bardella dans les prochaines années.
11:57 Ce serait une des hypothèses.
11:59 - Vous pensez que c'est pour en faire son successeur
12:02 dans trois ans ?
12:03 - Non, je ne crois pas.
12:04 Je ne crois pas.
12:06 Mais, Catherine Né,
12:07 vous connaissez la politique merveilleusement bien.
12:09 Est-ce que vous croyez qu'on peut être Premier ministre
12:12 dans la deuxième partie d'un quinquennat
12:14 sans que la présidentielle se pose ?
12:16 Non pas forcément comme numéro un,
12:18 mais à un moment, comme un acteur important.
12:20 Il est clair que le premier ministre qui peut finir,
12:25 ça dépend si on nomme quelqu'un pour 12 mois
12:27 ou si on nomme quelqu'un pour la fin du quinquennat.
12:29 Mais si on nomme quelqu'un pour la fin du quinquennat,
12:32 ça veut dire que c'est un acteur de la présidentielle.
12:34 Il n'est pas forcément acteur candidat,
12:36 mais soit à la tête d'un parti, soit à la tête d'un mouvement,
12:39 soit dans une négociation, de toute façon,
12:41 c'est quelqu'un qui sera un acteur de la phase finale du quinquennat.
12:46 Oui, mais c'est après,
12:48 parce que quand on est premier ministre si jeune,
12:50 on continue la politique,
12:53 mais quel est l'avenir d'un président
12:57 qui est un ancien premier ministre à 36 ans ?
13:01 Déjà, c'est difficile d'être un ancien président de la République à 47.
13:06 Je pense que vous avez raison de douter un peu de ce scénario,
13:13 je ne sais pas du tout.
13:14 Je trouve, comme vous,
13:16 que mon maître politique local,
13:19 qui était le président du Sénat, M. Bonnory,
13:21 disait toujours "Montez les marches une à une,
13:24 ne faites pas comme certains autres jeunes qui les montent quatre à quatre,
13:27 et vous verrez, ils n'iront pas jusqu'au bout.
13:28 Allez une à une."
13:29 Et c'est vrai qu'une des façons de tuer quelqu'un en politique,
13:34 c'est de donner des responsabilités trop importantes,
13:36 trop tôt.
13:37 Donc ça, le problème, c'est est-ce qu'on a d'autres solutions
13:41 aussi bonnes que celles-ci ?
13:42 Il se trouve que c'est la rançon du talent de M. Attal
13:46 d'être dans cette situation.
13:47 Mais M. de Normandie a été un très bon ministre d'Agriculture,
13:51 vraiment assez remarquable,
13:53 parce que j'ai souvent entendu des agriculteurs me dire
13:58 qu'après Chirac, c'était un très bon ministre.
14:01 Mais Jean-Pierre Raffarin,
14:03 est-ce que ça changera quelque chose dans la vie des Français ?
14:05 Ce soir, ils sont très circonspects.
14:07 Qu'est-ce que ça va changer ?
14:08 Un nouveau Premier ministre ?
14:10 L'inflation, ça ne changera rien.
14:11 Le pouvoir d'achat, ça ne changera pas grand-chose.
14:13 Sécurité, immigration, toutes ces questions concrètes qu'ils se posent.
14:16 Je pense que ça peut changer,
14:18 parce qu'en tout cas, on a beaucoup de sujets
14:22 qui sont entre les mains du pouvoir aujourd'hui.
14:24 On a la réussite des Jeux olympiques, évidemment.
14:27 On a un sujet très important,
14:29 qui est la sécurité dans le monde international aujourd'hui.
14:32 Donc, il faut pouvoir être capable
14:35 d'apaiser un certain nombre de tensions aujourd'hui.
14:38 Et on a des sujets à régler,
14:40 comme en effet la question des bas salaires,
14:43 la question du partage de valeurs,
14:44 comme la question, je parlais tout à l'heure,
14:46 des mers, de la décentralisation,
14:47 comme la question de l'école.
14:49 Donc, on va voir d'ailleurs...
14:51 Qui pourrait remplacer Gabon ?
14:53 Pour l'école, on avait un bon candidat.
14:55 Voilà.
14:55 Mais d'ailleurs, à ce moment-là,
14:58 on peut se souvenir que M. Raymond Barr
15:00 a été Premier ministre et ministre de l'Economie.
15:02 Donc, on peut trouver des solutions à cette question-là,
15:05 si on veut les trouver.
15:06 Un cumul des postes.
15:07 Ça s'est passé à plusieurs reprises.
15:09 Donc, on peut avoir ce type de solution.
15:12 Mais moi, ce que je crois,
15:13 c'est qu'il faut assez vite organiser une discussion,
15:18 un peu comme le président l'a fait avec les familles politiques,
15:21 pour trouver les trois ou quatre mesures d'urgence
15:25 importantes qu'on va faire.
15:26 On n'a que 40 mois.
15:28 40 mois, c'est quatre ou cinq réformes.
15:30 Donc, quelles sont-elles ?
15:31 Et comment on les travaille ?
15:32 Et comment on déclenche un accord important ?
15:35 Je suis sûr que sur un texte de décentralisation,
15:38 on peut avoir un accord avec le groupe élire du Sénat.
15:41 Je crois que c'est tout à fait possible d'avoir un accord.
15:44 Je pense qu'il y a des sujets sur lesquels on peut avoir un accord.
15:47 Le renouveau des institutions.
15:48 Vous rappeliez l'histoire du cumul du mandat député et maire.
15:53 Il y a beaucoup de choses qu'on peut faire avancer.
15:55 Je pense qu'il y a beaucoup de sujets
15:56 qu'on peut essayer de faire avancer aujourd'hui.
15:59 Vous savez, sur le travail,
16:02 sur défiscaliser un certain nombre d'heures supplémentaires,
16:05 on a le seuil de 35 heures.
16:06 On peut choisir d'autres seuils aussi.
16:08 Il y a beaucoup de créativité.
16:10 Mais qu'est-ce qu'on a ?
16:11 On ne peut pas tout faire.
16:12 On n'a pas les moyens de tout faire.
16:13 Mais qu'est-ce qu'on fait en 40 mois ?
16:15 C'est ça, je crois, qu'il faut donner aux Français.
16:16 C'est quelles sont les quatre priorités
16:18 qu'on va essayer d'améliorer vraiment dans la vie concrète.
16:21 Et pour le reste, on assure la régénération,
16:24 on assure la sécurité des Français,
16:27 le rayonnement de la France.
16:29 On a vu Notre-Dame de Paris avec sa célébration
16:32 au début décembre.
16:33 Le président a parlé du sommet de la francophonie,
16:35 des Jeux olympiques.
16:36 La France, dans cette année 2024,
16:39 à la veille d'une année où elle va exister fortement,
16:41 même le président américain,
16:43 ancien président américain, peut-être futur,
16:45 il cite le président Macron dans ses polémiques.
16:48 Il n'y a pas beaucoup de présidents français
16:49 qui ont été cités par des présidents américains.
16:50 Enfin, pour se moquer de lui.
16:51 Non, pour se moquer de lui, pour se valoriser de lui.
16:54 Je ne suis pas d'accord avec l'interprétation.
16:56 Moi, je l'ai regardé, toi.
16:57 Il s'est valorisé, il est dans une situation.
17:01 Comme ça, c'est clair,
17:03 Macron a réussi à être dans le paysage international
17:06 de premier plan.
17:07 Et ça, c'est quelque chose qui peut profiter à la France.
17:10 Alors, qui pourrait remplacer Elisabeth Borne ?
17:12 La réponse, dans quelques instants,
17:14 dans quelques heures, peut-être.
17:15 Évidemment, à suivre sur nos deux antennes,
17:17 CNews et Europe.
17:18 Merci beaucoup, Jean-Pierre Raffarin,
17:19 d'être venu nous faire part de vos analyses
17:20 sur la situation politique actuelle.