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  • il y a 3 ans
Les invités de Lionel Rosso débattent de l'actualité dans #180minutesInfoWE le samedi et le dimanche

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00:00:00 Bonjour à tous et ravis de vous retrouver pour 180 minutes info week-end en direct sur CNews avec nos invités.
00:00:07 Rachel Flore Pardo est avec nous, bonjour.
00:00:10 - Bonjour. - Soyez la bienvenue.
00:00:11 En face de vous, il y a également Bernard Cohen Haddad, bienvenue, bonjour.
00:00:15 - Bonjour. - Eliott Mamann est avec nous, ravi de vous retrouver, bonjour.
00:00:18 - Moi aussi. - Et David-Olivier Kaminsky, bonjour, membre du comité directeur du CRIF,
00:00:23 car nous allons parler d'antisémitisme encore, d'autres actes antisémites il y a encore quelques heures.
00:00:28 On l'évoque dans le débat dans un instant.
00:00:30 Mais d'abord, le point complet sur l'information avec Isabelle Piboulot. Bonjour Isabelle.
00:00:35 - Bonjour Lionel, bonjour à tous.
00:00:37 Pour lutter contre la délinquance, le ministre de l'Intérieur a ordonné l'instauration dès demain
00:00:42 d'un couvre-feu pour les mineurs à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe,
00:00:45 une mesure déjà en application à Cagnes-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes.
00:00:49 Depuis 20 ans, les jeunes de moins de 13 ans ont l'interdiction de sortir seuls la nuit,
00:00:55 leurs parents s'exposant à une amende. Reportage de Stéphanie Rouquier.
00:00:59 Elle fait partie des villes les plus sûres de France.
00:01:04 Cagnes-sur-Mer œuvre quotidiennement pour la sécurité de ses 50 000 habitants,
00:01:09 avec un dispositif spécifique pour les moins de 13 ans.
00:01:12 Depuis 2004, tous les ans, un couvre-feu est mis en place pour ces jeunes non accompagnés,
00:01:18 de 23h à 6h, d'avril à fin octobre.
00:01:22 La raison principale au début, c'est la protection des enfants.
00:01:26 Parce qu'il est, selon moi, inadmissible qu'un gosse de 8 ans, 9 ans,
00:01:31 se balade à 3h du matin tout seul dans la ville.
00:01:34 Aujourd'hui, on a confirmation, j'allais dire tous les jours,
00:01:37 de ce qui se passe dans nos villes. Vous imaginez ? Moi non.
00:01:41 Et tout le monde sait que l'éducation du trottoir n'est pas favorable pour les enfants.
00:01:46 Trois secteurs de la ville sont concernés.
00:01:48 En cas de constatation de non-respect du couvre-feu,
00:01:51 un signalement est transmis au procureur de la République.
00:01:54 Mais depuis 2011, aucune interpellation n'a été réalisée.
00:01:58 Les jeunes et les parents saluent le dispositif.
00:02:01 Franchement, oui, ça aide trop les parents. Ça leur rassure en fait.
00:02:05 C'est la porte ouverte à tout. Après, voilà, ils font des bêtises,
00:02:11 beaucoup de bêtises même, parce qu'il y a des effets de groupe, ils s'entraînent entre eux.
00:02:14 Et s'il y a des enfants dehors, ils peuvent se faire kidnapper ou je sais pas.
00:02:18 - Tu respectes ? - Oui, je respecte.
00:02:20 - Cet arrêté de Cagnes-sur-Mer a déjà inspiré d'autres communes,
00:02:24 dans le Calvados, le Gard ou en Gironde.
00:02:27 - Le ministère de l'Intérieur a communiqué de nouvelles statistiques
00:02:31 concernant la violence en France.
00:02:33 Et vous allez le voir, les chiffres de l'année 2023 démontrent
00:02:36 qu'une augmentation de la délinquance et de l'insécurité
00:02:39 en fait le point avec Noemi Hardy et Dounia Tengour.
00:02:42 - L'année dernière, le nombre de victimes d'homicides était de 1010 victimes
00:02:47 contre 823 en 2020. En 2023, les coups et blessures volontaires
00:02:52 sur personnes de 15 ans ou plus augmentent fortement dans le cadre familial,
00:02:56 +9% contre 4% hors du cadre familial, une croissance qui s'observe depuis des années.
00:03:02 - Il y a un retournement de tendance accéléré et intensifié,
00:03:05 avec des gens plus jeunes, plus violents, plus souvent condamnés,
00:03:09 qu'on ne le dit mais très tardivement, en fait la justice n'est pas laxiste, elle est lente.
00:03:13 - Selon les statistiques du ministère de l'Intérieur,
00:03:16 la plupart des délinquances commises par les étrangers est en hausse depuis 2016,
00:03:20 38% pour les cambriolages en 2023, contre 26% il y a 8 ans,
00:03:25 40% des vols dans les véhicules, contre 18%,
00:03:29 31% pour les vols violents sans armes, contre 21%.
00:03:33 En France, la plupart des indicateurs de la délinquance enregistrés
00:03:37 par la police et la gendarmerie nationale sont en hausse en 2023,
00:03:41 mais en ralentissement par rapport à l'année précédente.
00:03:44 - Hier soir, à Tel Aviv, des milliers d'Israéliens sont descendus dans les rues
00:03:48 pour protester contre le gouvernement de Benyamin Netanyahou.
00:03:51 La population appelle à de nouvelles élections et exige davantage d'actions
00:03:55 de la part de l'État pour ramener les otages détenus à Gaza,
00:03:59 alors que la Pâque juive débute demain.
00:04:02 Et justement, à l'occasion de Pessar, les familles des otages appellent les Israéliens
00:04:06 à laisser une chaise vide demain soir lors du traditionnel repas du Céder.
00:04:11 Une initiative encouragée par le président israélien Isaac Herzog.
00:04:15 Reportage de notre envoyé spécial Régine Telfour.
00:04:18 - Cela fait 197 jours que Michael Levy vit un enfer.
00:04:23 Son frère Or a été kidnappé le 7 octobre au festival Nova.
00:04:27 Il s'apprête pour la première fois à vivre Pessar, la Pâque juive, sans lui.
00:04:33 - Ce ne sera pas la fête de la libération.
00:04:36 C'est impossible cette année de donner cette signification
00:04:39 que mon frère est otage dans la bande de Gaza.
00:04:42 Nous n'allons pas célébrer Pessar comme d'habitude.
00:04:45 Il y aura le repas lundi soir et les prières, mais ce ne sera pas festif.
00:04:48 On sera chez mes parents avec mes frères et sœurs, seulement la famille proche.
00:04:51 - Sur cette place de Tel Aviv, rebaptisée la place des otages,
00:04:54 des milliers d'Israéliens sont rassemblés comme chaque samedi.
00:04:58 La célébration de Pessar est dans tous les esprits.
00:05:04 - C'est la fête de la libération en plus.
00:05:07 C'est un cauchemar de ce qu'on peut faire pour la libération sans que 133 otages soient libérés.
00:05:13 - Cette année, dans chaque famille israélienne,
00:05:16 une place à table restera libre pour le dîner de Pessar.
00:05:19 - De tout notre cœur, on va penser aux soldats et aux otages.
00:05:25 On sera encore plus émus que d'habitude.
00:05:28 On va laisser une chaise vide.
00:05:31 On prie tous les matins pour la libération des otages.
00:05:35 - Parmi les 133 otages retenus dans la bande de Gaza, 3 sont français.
00:05:41 - J'ai le plaisir de vous retrouver à 15h pour un prochain journal.
00:05:46 Mais avant, Lionel Rousseau et ses invités pour 180 minutes Info Weekend.
00:05:50 - Merci Isabelle Piboulou, le plaisir est partagé.
00:05:52 A 15h pour votre retour afin de nous donner toutes les informations.
00:05:55 On marque une pause, on se retrouve avec Elliot Mamann, Rachel Flor-Pardot,
00:05:58 Bernard Kouanadade et David-Olivier Kaminsky dans quelques instants
00:06:01 pour nos débats sur l'antenne de CNews.
00:06:03 A tout de suite.
00:06:05 Retour en direct sur le plateau de CNews 180 minutes Info Weekend
00:06:12 avec Rachel Flor-Pardot, Elliot Mamann, Bernard Kouanadade et David-Olivier Kaminsky.
00:06:17 Première information, première thématique de débat pour nos invités.
00:06:21 Le maire de Mionz dans la région lyonnaise qui démissionne
00:06:24 parce qu'il est victime d'insultes antisémites récurrentes depuis plusieurs années.
00:06:28 Claude Cohen affirme être régulièrement traité de "sale juif" par les habitants de la commune
00:06:34 ainsi que sur les réseaux sociaux.
00:06:36 Ses plaintes ont été classées sans suite à chaque fois,
00:06:38 même si la préfecture dit ne pas en avoir connaissance.
00:06:41 On écoute le maire l'intéresser.
00:06:43 - J'ai été la première fois à déposer plainte parce qu'on a voulu me décapiter.
00:06:47 La personne a été entendue deux heures en gendarmerie, libérée.
00:06:51 On lui a fait un rappel à la loi.
00:06:53 Un jour on a fait un dessin de moi ratatouille, c'était le rat,
00:06:57 avec tous les dessins que vous connaissez,
00:07:01 tous les dessins qui venaient des propagandes nazies.
00:07:05 J'ai été déposé plainte, j'ai pris un avocat.
00:07:07 La personne a été condamnée à trois mois de prison et ensuite non lieu
00:07:12 parce qu'il y a eu une erreur de procédure.
00:07:15 Comme je m'apercevais que la justice ne suivait pas,
00:07:18 dans la mesure où ces gens-là n'avaient que des rappels à la loi,
00:07:21 systématiquement quand j'avais des insultes, des propos antisémites,
00:07:26 je ne voulais plus y aller.
00:07:28 Rachel Flore-Pardot, avez-vous le sentiment que ce maire démissionne
00:07:32 parce qu'il est tabou ou parce qu'il veut aussi marquer les esprits ?
00:07:35 En tout cas, moi j'entends son témoignage et j'entends ce qu'il nous raconte ce maire.
00:07:38 Il nous dit quoi ?
00:07:39 Monsieur Claude Cohen, il nous dit qu'il démissionne notamment
00:07:42 parce qu'il est la cible, et ce depuis des années, d'injures, d'attaques antisémites.
00:07:46 Et que depuis le 7 octobre, parce que c'est aussi ce qu'il dit,
00:07:49 eh bien ces attaques antisémites, elles se sont amplifiées.
00:07:52 Et quand on regarde un peu ce qu'il se passe, au-delà de son cas particulier,
00:07:56 eh bien c'est vrai, il y a une explosion des actes antisémites depuis le 7 octobre
00:08:00 qui ont augmenté de plus de 1000%.
00:08:02 Et on voit bien à travers ce témoignage qu'en fait les actes antisémites,
00:08:04 les attaques antisémites, visent absolument tous les ressortissants
00:08:07 de la communauté juive, peu importe leur fonction, qu'ils soient maires,
00:08:11 ou qu'ils soient, on en a aussi déjà parlé, dans des écoles ou dans des universités,
00:08:15 ce qui crée un climat qui est très difficile au quotidien
00:08:18 et qui doit susciter une forme de sursaut.
00:08:20 - Vous avez raison, ce chiffre on peut le voir, d'ailleurs depuis le 7 octobre,
00:08:23 cette augmentation, ce bond incroyable, plus de 1000% des agressions antisémites.
00:08:28 Et ce témoignage, ce maire qui démissionne, David-Olivier Kaminski,
00:08:32 c'est malheureusement la démonstration d'une forme de banalisation aussi
00:08:36 de l'antisémitisme au quotidien.
00:08:38 - Jonathan Arfie, le président du CRIF, a eu le maire, monsieur Cohen, au téléphone
00:08:43 et il a rappelé que le maire était un homme blessé.
00:08:46 On peut penser qu'il est blessé à la fois en tant que maire,
00:08:49 parce que s'attaquer à un maire, c'est attaquer à la République,
00:08:52 mais on peut aussi penser qu'il est profondément blessé en tant que juif,
00:08:57 c'est-à-dire se faire traiter de sale juif, il faut le rappeler,
00:09:00 c'est pas une opinion, c'est une infraction.
00:09:02 - C'est un délit.
00:09:03 - C'est un délit.
00:09:04 Et il faut rappeler à toutes ces personnes, que ce soit à l'encontre du maire
00:09:09 ou de n'importe qui, que la justice doit faire son travail,
00:09:13 doit poursuivre, doit condamner.
00:09:15 Et on peut inviter les juges à prononcer des peines d'intérêt général
00:09:21 en plus des autres sanctions, et d'aller faire une visite du mémorial de la Shoah,
00:09:26 de se rendre compte la portée, la signification, que de traiter quelqu'un de sale juif.
00:09:30 - Mais David Ollier-Kaminsky, il y a quand même tout de même quelque chose d'assez gênant,
00:09:34 car ces insultes antisémites, dit le maire, existent depuis de nombreuses années,
00:09:38 il a porté plainte, certaines personnes ont été entendues, et rien ne se passe.
00:09:43 - Ce qui est gênant, c'est l'absence de mesure de la situation,
00:09:48 sur le plan local tout au moins, de la justice.
00:09:51 Il n'est pas normal que la justice n'ait pas prise en considération
00:09:56 les plaintes d'un maire, lorsqu'elles sont répétées, récurrentes,
00:09:59 et qu'elles vont toucher à l'essentialisation de ce qu'il est,
00:10:03 c'est-à-dire le fait d'être juif.
00:10:05 Je rappelle les paroles d'un premier ministre,
00:10:07 qui disait "Lorsqu'on s'attaque à un juif, on s'attaque à la République".
00:10:11 On s'attaque doublement à la République,
00:10:13 on s'attaque à la République parce qu'il est maire,
00:10:15 un symbole local important,
00:10:17 et on s'attaque à la République parce que, justement,
00:10:20 on fait état de menace, on l'a vu, menace de mort, de décapitation,
00:10:25 et on fait état aussi de cette injure, insulte, sale juif,
00:10:29 qui n'est plus acceptable, il faut que cela cesse.
00:10:31 - Absolument, et voilà pourquoi on en parle,
00:10:33 voilà aussi pourquoi peut-être que ce maire a voulu envoyer un signal,
00:10:37 il a communiqué sa démission à ses administrés,
00:10:39 notamment sur son compte Facebook,
00:10:41 on va pouvoir regarder le message ensemble,
00:10:44 il est très attristé, évidemment, par cette situation.
00:10:46 Bernard Cohenadade, cette affaire, tout de même,
00:10:49 parmi tant d'autres, malheureusement,
00:10:51 donne le sentiment qu'une certaine partie de la population
00:10:54 est tout bonnement antisémite,
00:10:56 mais peut-être par bêtise, même pas par opinion,
00:10:59 le débat n'est pas là,
00:11:01 mais qu'une certaine partie est antisémite.
00:11:03 - Vous savez, Lionel Rousseau,
00:11:05 je m'appelle Bernard Cohenadade,
00:11:07 je suis en train de faire un article sur l'antisémitisme
00:11:09 un 21 avril à 14h sur CNews,
00:11:11 j'espère que vous en avez conscience.
00:11:13 - Tout à fait.
00:11:15 - Pas plus tard que la semaine dernière,
00:11:17 suite à une altercation avec un client le soir,
00:11:19 ça s'est terminé par sale juif,
00:11:21 le crash au visage, ce genre de problèmes, les menaces,
00:11:24 je le vis régulièrement depuis un certain nombre d'années,
00:11:26 ceci étant, j'ai le sentiment, le sentiment sincère,
00:11:30 que depuis peu, pas uniquement depuis le 7 octobre,
00:11:34 mais depuis 2, 3, 4 ans, ce type d'intervention se multiplie.
00:11:39 C'est au quotidien, sur des menaces, sur les personnes,
00:11:42 sur les sites, sur notre entourage,
00:11:44 que ce soit dans les associations,
00:11:46 que ce soit dans l'entreprise,
00:11:48 que ce soit dans la cité, que ce soit dans les immeubles,
00:11:50 c'est régulier.
00:11:52 L'antisémitisme est banalisé, il est normalisé,
00:11:55 il est aussi, comme l'a dit le maire de Nyons,
00:11:58 il est aussi exclu de certaines poursuites pénales
00:12:01 parce qu'un certain nombre d'affaires sont classées sans suite.
00:12:03 C'est là ce qui est en sale.
00:12:05 Ce que dit notre maire aussi,
00:12:07 la préfecture Est-Normal ne lui a manifesté aucune attention.
00:12:11 Que faisait madame la préfète ?
00:12:12 Il faut quand même le reconnaître,
00:12:13 et c'est dans le cas pour l'ensemble de ceux qui exercent
00:12:16 des fonctions publiques ou tout simplement des fonctions privées.
00:12:19 On est dans un moment de notre société
00:12:22 où l'antisémitisme est devenu tout simplement
00:12:25 le geste de celui qui veut blesser,
00:12:27 et des femmes et des hommes sont blessés
00:12:29 dans une pratique religieuse ou citoyenne
00:12:32 qui devrait être d'une domaine privée.
00:12:33 Vous dites que l'antisémitisme augmente depuis 2, 3, 4 années
00:12:38 et pas seulement depuis le 7 octobre,
00:12:40 mais manifestement il y a tout de même des chiffres
00:12:41 qui expliquent qu'il y a un effet de rebond,
00:12:43 mais vous n'y voyez pas d'importation
00:12:45 de ce qui peut se passer en Israël, au Proche-Orient,
00:12:47 qui se réplique directement en France.
00:12:49 Bien entendu, le conflit israélo-palestinien,
00:12:51 surtout dans certains quartiers, dans certains immeubles
00:12:53 de fortes populations étrangères ou maghrébines,
00:12:57 est bien entendu porté en exergue par un islamo-gauchisme,
00:13:01 dont les choses qui est devenu aussi antisémite.
00:13:03 Ça c'est vrai.
00:13:04 Ceci étant, moi je vois que depuis un certain nombre d'années,
00:13:07 on a une normalisation d'un certain nombre d'actes
00:13:11 qui sont parfois sous le compte de l'absence de compétence,
00:13:15 la volonté de blesser, la volonté de différence.
00:13:17 C'est devenu une normalisation.
00:13:19 Ça a été exacerbé, bien entendu, depuis le 7 octobre.
00:13:21 Sur l'idéologie, je vous cède la parole dans un instant,
00:13:23 sur l'idée en tout cas de l'antisémitisme
00:13:26 que certains s'en font,
00:13:28 mais je voudrais qu'on écoute tout de même
00:13:29 le témoignage de certains habitants
00:13:31 de la commune de Nyon, à côté de Lyon,
00:13:33 qui manifestement sont assez outrés.
00:13:36 Mais quand on est devant une caméra,
00:13:37 voilà comment on réagit. Écoutez.
00:13:39 Moi je trouve ça inadmissible.
00:13:41 C'est très très triste que quelqu'un,
00:13:44 qu'il n'y ait plus de respect pour rien,
00:13:46 et en particulier pour les élus qui se consacrent aux autres.
00:13:51 Ça c'est toujours choquant de toute façon.
00:13:53 De toute façon c'est choquant.
00:13:55 Après, est-ce qu'il faut partir ?
00:13:58 Est-ce que c'est la raison ?
00:14:00 Il vaut mieux lutter,
00:14:02 il va faire voir qu'on est là quand même,
00:14:03 que de partir.
00:14:05 C'est un bon maire, il n'y a pas de soucis.
00:14:07 Peut-être qu'il en a la casquette, je suppose.
00:14:12 Oui, on peut comprendre qu'il y a une forme de ras-le-bol
00:14:15 sur fond d'antisémitisme,
00:14:16 d'autant que ce maire,
00:14:18 donc Lédille de Myons,
00:14:19 accuse un élu communiste d'avoir porté une écharpe du Hamas
00:14:22 lors d'un récent conseil métropolitain.
00:14:24 C'est-à-dire qu'il fait bien la différence, dit-il,
00:14:26 entre les couleurs du Hamas et les couleurs de la Palestine.
00:14:29 Ce qui est tout de même une différence s'il en est.
00:14:33 Il dénonce également le climat de violence envers les élus
00:14:35 et il avait été attaqué par un homme armé au couteau en 2022.
00:14:38 Alors là, ce n'était pas de l'antisémitisme,
00:14:39 mais tout de même on est dans un climat très compliqué
00:14:42 et sur fond, Eliott Mamann, d'antisémitisme,
00:14:45 cela complexifie la chose.
00:14:47 Oui absolument, et je pense en effet que les références au 7 octobre
00:14:49 sont tout de même importantes
00:14:50 parce qu'elles montrent qu'il peut y avoir des pressions exogènes
00:14:52 quant à la hausse des actes antisémites en France.
00:14:55 Ce qui témoigne tout de même du fait qu'il y a bien
00:14:57 une conviction idéologique qui accompagne ces actes antisémites
00:15:01 qui ne sont pas uniquement le fruit, par exemple, de la bêtise
00:15:04 et auxquels on ne peut pas uniquement répondre
00:15:06 qu'une réponse pénale suffira.
00:15:08 Parce que je suis bien d'accord avec vous,
00:15:10 l'antisémitisme est un délit avant d'être une opinion.
00:15:12 Le problème est que certains sont absolument convaincus
00:15:14 de leur antisémitisme.
00:15:15 Donc il faut parvenir à avoir un discours intellectuel
00:15:18 qui puisse répondre à cet antisémitisme-là.
00:15:20 Par ailleurs, il y a tout de même autre chose,
00:15:22 c'est que cela rappelle la difficulté de la fonction
00:15:25 en tant qu'édile, en tant que maire.
00:15:26 On le répète souvent, il est à portée de baffe.
00:15:28 Vous savez, si vous cherchez le nom de la moindre personne
00:15:31 qui a un minimum d'importance médiatique
00:15:34 ou qui a la moindre responsabilité politique
00:15:36 et dont le nom est à consonance juive,
00:15:38 vous cherchez son nom sur les réseaux sociaux,
00:15:40 vous tomberez sur des milliards d'horreurs antisémites.
00:15:42 Quoi qu'il arrive, ça fonctionne avec absolument n'importe qui.
00:15:45 Simplement, la différence, c'est qu'en théorie,
00:15:47 le maire, c'était auprès de lui que l'on fait directement
00:15:49 remonter nos remontrances, que l'on fait témoignage
00:15:53 de nos doléances, etc.
00:15:55 Et donc, il est d'une certaine manière obligé,
00:15:57 du fait de sa fonction, d'affronter en première ligne
00:16:00 les messages qu'on lui fait parvenir.
00:16:02 Lorsqu'en l'occurrence, les messages sont de manière majoritaire
00:16:06 à caractère antisémite, je comprends naturellement
00:16:08 le désespoir qui est le sien, mais au-delà de ce désespoir,
00:16:11 il ne faut pas négliger la conviction idéologique
00:16:13 qui accompagne ce cadre-là.
00:16:15 Et un désespoir ou des formes de tensions
00:16:16 dans certains conseils municipaux ?
00:16:18 Alors, il ne s'agit sans doute pas de ce dont on va parler maintenant,
00:16:21 d'antisémitisme, mais tout de même, l'acte, indirectement,
00:16:25 pourrait l'attester, puisque c'est ce qui s'est déroulé
00:16:28 en plein conseil municipal à Villeneuve-Saint-Georges,
00:16:31 cette fois-ci, hier, c'est en région parisienne,
00:16:33 où le maire a fait un salut en conseil municipal.
00:16:37 Et depuis, il s'est excusé, le conseil municipal
00:16:40 était particulièrement houleux, mais tout de même,
00:16:43 un salut nazi.
00:16:44 Philippe Baudin, le maire de Villeneuve-Saint-Georges,
00:16:46 s'exprime pour la première fois, en exclusivité,
00:16:49 sur l'antenne de CNews, au micro de Fabrice Lesner.
00:16:52 Écoutez sa version.
00:16:54 C'était en conseil municipal, c'est toujours un petit peu chaud,
00:16:57 un peu houleux, parce qu'il y a une opposition
00:16:59 qui joue son rôle, c'est normal, et tout.
00:17:01 Et puis, dans la déclaration de M. Billig-Birol,
00:17:03 un soi-disant écologiste, s'adressant à la majorité municipale,
00:17:07 il parle d'élus d'extrême droite.
00:17:09 Ça m'a forcément contrarié, parce qu'évidemment,
00:17:12 c'est une liste citoyenne que j'ai montée,
00:17:14 avec des gens de toute tendance, de gauche, de droite, du milieu,
00:17:17 mais à aucun moment, il n'y a eu un qualificatif d'extrême droite,
00:17:20 quel qu'il soit.
00:17:21 Donc, ce n'est pas la première fois.
00:17:23 Moi, il m'attaque aussi personnellement
00:17:25 sur des problèmes qui n'ont rien à voir, enfin bref.
00:17:28 Il commence... Il ne joue pas son rôle d'élu.
00:17:32 Sur ce point-là, ça m'a un petit peu agacé.
00:17:34 Je lui ai répondu que je n'admettais pas
00:17:36 qu'il s'adresse à cette manière,
00:17:38 qu'il qualifie la majorité municipale d'extrême droite.
00:17:41 Bon, il m'a répondu, le ton est monté.
00:17:43 J'ai suspendu le conseil municipal pour aller le voir.
00:17:46 Je suspends le conseil.
00:17:48 Bon, les gens bougent.
00:17:50 Moi, je me lève, je vais le voir.
00:17:52 Je le vois, il me regarde, et là, j'ai ce geste malheureux.
00:17:55 Je lève le bras.
00:17:57 Le salut hitlérien.
00:17:59 Bon, que je regrette.
00:18:01 Mais j'étais excédé, poussé à bout, j'étais en colère.
00:18:04 Et je voulais lui dire ce que je pensais de lui.
00:18:06 J'ai dérapé.
00:18:08 Je le regrette 10 fois, 20 fois, 1 000 fois, si vous le souhaitez.
00:18:11 Mais j'ai eu ce geste.
00:18:13 Voilà, le témoignage en exclusivité au micro de Fabrice Lesner
00:18:16 sur l'antenne de CNews de ce maire, qui dérape, il le dit,
00:18:20 Rachel Flore-Pardot, il dérape, mais il reproduit,
00:18:23 alors pour vous expliquer, évidemment, à l'antenne,
00:18:26 ce geste-là, qui tout de même est assez gênant, pour le moins.
00:18:30 C'est extrêmement choquant que ce geste ait pu avoir lieu
00:18:33 au cours d'un conseil municipal, qu'il ait à nouveau lieu
00:18:36 lors de cette interview-là.
00:18:38 C'est dire à quel point, aujourd'hui, on est dans un climat
00:18:41 de tension du débat public, et comment, aujourd'hui,
00:18:44 on peut avoir un salut nazi de la part d'un maire
00:18:47 pendant un conseil municipal. Je le découvre à l'instant.
00:18:50 Peut-être parce que les maires sont tabous,
00:18:52 comme celui de Nyon tout à l'heure.
00:18:54 Sa réaction, dans un climat houleux, ça a été, malheureusement,
00:18:57 de déraper.
00:18:59 C'est un symbole, Lionel, quand même.
00:19:01 On est bien d'accord, et c'est pour ça qu'on en parle.
00:19:03 Sinon, on n'aurait rien dit.
00:19:05 Fort d'histoire, de malheur, de la Shoah.
00:19:08 On ne peut pas avoir un double discours.
00:19:11 Moi, ça ne me viendrait pas à l'esprit, par une algarade,
00:19:14 avec des gens que je n'apprécie pas,
00:19:16 ou parce qu'on m'insulte, et ça, c'est quand même régulier.
00:19:18 Ça a été dit par Eliott tout à l'heure,
00:19:20 dès qu'on a un nom inconstituant juif,
00:19:22 faire le salut nazi, enfin, quand même,
00:19:24 il y a un minimum de valeur, ou une quenelle.
00:19:26 - Bien sûr. - Parce que ça fait partie
00:19:28 du même akabi, ce type de geste.
00:19:30 Je crois qu'il faut... On voit bien les excuses,
00:19:32 il est gêné, mais le refaire,
00:19:34 c'est quand même limite aussi.
00:19:36 - Qu'est-ce qu'il risque, d'ailleurs ?
00:19:38 Est-ce que son opposant,
00:19:40 celui qui se sent peut-être victime,
00:19:42 peut porter... - Oui, il y aura probablement
00:19:44 une forme de signalement, et en toute et à toute cause,
00:19:46 on attend aussi des maires, et c'est aussi l'enjeu ici,
00:19:48 une certaine exemplarité. Donc, qu'en plus,
00:19:50 un maire, c'est pas n'importe qui,
00:19:52 fasse un salut nazi, c'est d'autant plus problématique.
00:19:55 - Mais est-ce que ce maire réalise
00:19:57 que ce salut nazi,
00:19:59 c'était sous le signe
00:20:01 de ce même salut
00:20:03 que des millions de Juifs
00:20:05 ont été assassinés durant la Shoah ?
00:20:07 C'est-à-dire qu'on en oublie l'histoire.
00:20:09 - Et non-juifs.
00:20:11 - Et non-juifs. On en oublie
00:20:13 les symboles.
00:20:15 Et aujourd'hui, si je puis dire,
00:20:17 tout s'est complètement renversé.
00:20:19 Alors, c'est pas une question de règles,
00:20:21 c'est une question de principes.
00:20:23 Et ces principes, ce sont des principes fondateurs
00:20:25 au sein d'une société.
00:20:27 Avec aussi, il faut le dire,
00:20:29 certains interdits. La loi encadre
00:20:31 la parole raciste et antisémite.
00:20:33 L'acte raciste et antisémite.
00:20:35 C'est-à-dire que ce n'est pas
00:20:37 une simple opinion. Ce n'est pas
00:20:39 simplement un coup de colère.
00:20:41 C'est un hors-jeu pénal.
00:20:43 Et, peut-être aussi,
00:20:45 mais ça, les électeurs lui diront,
00:20:47 peut-être un hors-jeu politique.
00:20:49 Mais ce geste n'est pas anodin.
00:20:51 - D'autant qu'il a
00:20:53 forcément la référence. Je ne sais pas,
00:20:55 je ne suis pas à sa place, mais on peut imaginer
00:20:57 qu'il sait ce que représente
00:20:59 un salut nazi. Si d'ailleurs,
00:21:01 qui que ce soit, dans la rue, venait à refaire
00:21:03 ce geste-là, même ne serait-ce que
00:21:05 pour plaisanter, ce qui serait
00:21:07 une plaisanterie, évidemment, de très mauvais goût,
00:21:09 que risque-t-il ? Que risque cette personne ?
00:21:11 - Mais, il y a toute une série...
00:21:13 - Est-ce qu'on peut dire que c'est, dans la rue,
00:21:15 reproduire ce geste-là, c'est un geste antisémite ?
00:21:17 - Il y a toute une série d'infractions qui ont été
00:21:19 dernièrement toilettées, et il faut rendre hommage
00:21:21 à certains députés,
00:21:23 Mathieu Lefebvre, Caroline Yadant,
00:21:25 qui ont estimé, justement, que tout
00:21:27 impôt de la
00:21:29 poursuite de ce type d'infractions
00:21:31 méritait d'être toilettée
00:21:33 et d'être, si je puis dire, mis au goût
00:21:35 du jour des pratiques. Donc, aujourd'hui,
00:21:37 le risque pénal
00:21:39 est encouru. Tout dépend,
00:21:41 évidemment, des circonstances, tout dépend
00:21:43 du mobile explicité, tout dépend
00:21:45 de la personne visée, tout dépend aussi
00:21:47 des réquisitions du parquet,
00:21:49 des juges, mais
00:21:51 il faut se dire qu'on ne peut pas
00:21:53 être dans le hors-jeu d'une société
00:21:55 sans que la justice ne fasse pas
00:21:57 son travail. Bien sûr, j'entends, il y a
00:21:59 l'éducation, mais c'est une course de fond,
00:22:01 c'est sur le long terme. - Oui.
00:22:03 - Mais le court terme, c'est la réponse judiciaire.
00:22:05 - Est-ce que c'est inexcusable,
00:22:07 Eliott Mamann, surtout parce que
00:22:09 c'est un élu, parce que c'est un maire,
00:22:11 un représentant de la population ?
00:22:13 - En tout cas, ce qui est intéressant, c'est que je vous disais
00:22:15 tout à l'heure que je considérais que l'antisémitisme
00:22:17 n'était pas uniquement le fruit de la bêtise,
00:22:19 pour peut-être modérer mes propos,
00:22:21 même si je pense qu'il faut vraiment insister sur le fait
00:22:23 qu'il y a des gens qui sont convaincus par leur antisémitisme,
00:22:25 on comprend qu'il y a de plus en plus
00:22:27 et de manière partagée une incapacité
00:22:29 à mettre en verbe un certain nombre de problématiques
00:22:31 politiques. Là, le témoignage du maire
00:22:33 est intéressant, il explique qu'il était
00:22:35 absolument...
00:22:37 qu'il ne savait pas comment réagir face à des
00:22:39 élus d'Europe Écologie Verte... - Mis sous pression,
00:22:41 en colère, parce qu'accusé d'extrême droite. - C'est ça.
00:22:43 C'est-à-dire qu'il y a, en effet, une partie
00:22:45 du néoprogressisme, si vous voulez,
00:22:47 qui ne comprend pas la différence entre le
00:22:49 désaccord politique et l'appartenance de son adversaire
00:22:51 à l'extrême droite. Ce qui est déjà
00:22:53 un problème quand on a envie d'avoir une
00:22:55 discussion plus ou moins ouverte et un débat
00:22:57 en bonne et due forme démocratique.
00:22:59 Et, en face, face à
00:23:01 ce manque de culture manifeste d'un point
00:23:03 de vue politique, on se retrouve avec
00:23:05 un maire dont la seule réponse est de faire
00:23:07 un geste absolument
00:23:09 intolérable, on est bien d'accord,
00:23:11 et qui là aussi peut-être montre
00:23:13 une forme d'absence de profondeur,
00:23:15 de réflexion politique, même si évidemment je ne veux pas
00:23:17 jeter l'opprobre contre des maires qui...
00:23:19 - Qui font un métier extrêmement
00:23:21 difficile, en tout cas, qui est une fonction
00:23:23 extrêmement difficile. Merci à David
00:23:25 et Olivier Kaminski d'être venus sur le plateau de
00:23:27 CNews. On marque une pause, d'autres débats dans quelques
00:23:29 instants avec nos invités. A tout de suite.
00:23:31 On se retrouve en direct
00:23:37 sur le plateau de CNews, 180 minutes
00:23:39 Info Weekend avec nos invités Elliot Mamann,
00:23:41 Rachel Flor-Pardo et Bernard Cohen
00:23:43 Haddad. Et nous allons prendre la direction de
00:23:45 l'autoroute A13. Entre les deux sens,
00:23:47 sur l'axe Paris-Normandie,
00:23:49 fermé jusqu'à demain inclus.
00:23:51 C'est particulièrement problématique pour les automobilistes
00:23:53 puisqu'une fissure a été découverte au niveau
00:23:55 du tunnel de Saint-Cloud, en plein cœur des retours
00:23:57 de vacances et de week-ends. Ça va
00:23:59 très sérieusement compliquer la situation dans
00:24:01 l'ouest parisien. La préfecture appelle
00:24:03 les automobilistes à privilégier les actes
00:24:05 alternatifs. Mathilde Ibanez, sur place.
00:24:07 - On se trouve
00:24:09 à Vaucrescent, à l'entrée de l'A13
00:24:11 qui voit habituellement sa circulation
00:24:13 assez dense, mais vous pouvez voir
00:24:15 juste derrière moi, ici,
00:24:17 il n'y a pas un chat. Pourtant,
00:24:19 l'autoroute A13 voit à chaque jour
00:24:21 plus de 120 000 véhicules
00:24:23 circuler ici, mais depuis
00:24:25 vendredi matin, cet axe important
00:24:27 qui arrive dans la capitale
00:24:29 est fermé à la circulation dans les deux sens.
00:24:31 Direction Paris, mais également
00:24:33 direction la Normandie. Les
00:24:35 Franciliens vont donc devoir s'armer
00:24:37 de patience aujourd'hui
00:24:39 en ce dimanche de retour
00:24:41 de vacances scolaires. Une autoroute
00:24:43 fermée qui fait suite
00:24:45 à la découverte d'une fissure importante
00:24:47 et inquiétante au niveau de la
00:24:49 jonction entre l'autopont
00:24:51 et le tunnel de Saint-Cloud.
00:24:53 Une autoroute qui pourrait rester
00:24:55 fermée au-delà de lundi si
00:24:57 les conditions de sécurité
00:24:59 ne sont pas rétablies, a indiqué
00:25:01 Bison Futé, puisque cette fissure,
00:25:03 je vous le disais, reste très importante.
00:25:05 Elle fait plusieurs mètres de long
00:25:07 avec une profondeur de 50 à
00:25:09 80 cm selon les endroits.
00:25:11 Cette situation est le résultat
00:25:13 de multiples mouvements de terrain
00:25:15 dont les causes sont toujours en cours
00:25:17 de diagnostic. Les travaux
00:25:19 ont certes commencé hier,
00:25:21 mais cette autoroute n'est pas prête
00:25:23 de s'ouvrir. Les autorités invitent
00:25:25 les automobilistes à se
00:25:27 reporter sur d'autres voies,
00:25:29 l'A12, la N12, la
00:25:31 N118 ou encore l'A14.
00:25:33 Mais attention, cette autoroute est payante.
00:25:35 L'A14 en effet
00:25:37 est payante. Voilà pourquoi le député
00:25:39 Karl Olive réclame sa gratuité
00:25:41 le temps des travaux. Bonjour Karl Olive,
00:25:43 merci d'avoir accepté notre invitation et d'être en direct
00:25:45 sur CNews. Vous réclamez
00:25:47 la gratuité effectivement de cette
00:25:49 axe A14 qui est particulièrement
00:25:51 chère en général, mais cela vous
00:25:53 semble frapper du coin du bon sens.
00:25:55 Merci Lionel
00:25:57 Rousseau de cette invitation.
00:25:59 10,60€, c'est
00:26:01 le prix de l'autoroute A14.
00:26:03 Je dis souvent que l'ouverture d'esprit
00:26:05 n'est pas une fracture du crâne. Aujourd'hui,
00:26:07 dans cette situation exceptionnelle,
00:26:09 cette fermeture de la 13, ça peut arriver.
00:26:11 Mais vraiment, ça peut arriver. Mais on a le droit
00:26:13 aussi d'anticiper.
00:26:15 Et anticiper avec la
00:26:17 gratuité de l'autoroute A14
00:26:19 me semble frapper du bon sens, comme
00:26:21 d'ailleurs la gratuité du duplex
00:26:23 A86. Pourquoi ?
00:26:25 Parce qu'aujourd'hui, nous avons le retour
00:26:27 des vacances scolaires, qui
00:26:29 s'ajoutent au retour des week-ends en Normandie.
00:26:31 Et on en sait quelque chose quand on est une plateforme
00:26:33 finalement en croisement avec
00:26:35 la F1, cette fois-ci, en direction de la Normandie.
00:26:37 C'est la raison pour laquelle j'appelle
00:26:39 évidemment les responsables de la société
00:26:41 des autoroutes Paris-Normandie
00:26:43 à faire en sorte de pouvoir faire la gratuité
00:26:45 de cette autoroute A14
00:26:47 jusqu'à la réouverture, mardi,
00:26:49 de l'autoroute A13.
00:26:51 Une société privée qui devrait donc
00:26:53 être généreuse, faire un don
00:26:55 en quelque sorte, alors que son activité, c'est
00:26:57 de faire payer les véhicules,
00:26:59 alors que c'est une affaire qui est liée
00:27:01 aux travaux de l'État,
00:27:03 notamment en Carle-Olive.
00:27:05 Oui, enfin, excusez-moi,
00:27:07 mais ça ne va pas faire un saignement de nez
00:27:09 à la société d'autoroutes Paris-Normandie
00:27:11 de pouvoir alléger
00:27:13 un tant soit peu le bénéfice.
00:27:15 Les concessionnaires des autoroutes,
00:27:17 c'est près de 4 milliards d'euros.
00:27:19 Ça va, ça va bien se passer pour eux.
00:27:21 Il n'y a pas de sujet. Et c'est
00:27:23 vraiment dommage, pardon de le dire,
00:27:25 qu'il faille titiller pour dire
00:27:27 "faites un effort, s'il vous plaît, de grâce
00:27:29 pour que les Français ne soient pas entassés,
00:27:31 pour que les Français ne soient pas pris
00:27:33 dans les bouchons, en long, en large, en travers",
00:27:35 parce qu'on va le dire, on est dimanche,
00:27:37 il est 14h30,
00:27:39 mais ce soir, accessoirement, il y a un petit match
00:27:41 du Paris Saint-Germain-PG Lyon
00:27:43 avec des supporters qui vont venir
00:27:45 de l'autoroute de l'Ouest,
00:27:47 de Parisien, avec des supporters lyonnais
00:27:49 qui vont venir de l'autoroute A6, qui vont donc
00:27:51 emprunter un tant soit peu
00:27:53 le duplex A86, et puis
00:27:55 le retour des vacances scolaires pascales
00:27:57 pour la région parisienne. Enfin bref,
00:27:59 vous voyez, je vois sur vos images, vous avez la sortie
00:28:01 de Saint-Cloud chez mon collègue maire
00:28:03 Berdoati, lui il réclame
00:28:05 exactement la même chose. Enfin franchement,
00:28:07 à un moment donné, si on peut s'éviter
00:28:09 d'être au pied du mur et qu'on puisse
00:28:11 un tant soit peu anticiper,
00:28:13 je pense que les Français nous en seraient agréés.
00:28:15 Absolument, et je le répète encore une fois,
00:28:17 c'est frapper du coin du bon sens, donc vous craignez,
00:28:19 vous redoutez un très grand embouteillage,
00:28:21 c'est déjà le cas en général,
00:28:23 mais là, s'il n'y a pas l'autoroute A13 qui est particulièrement
00:28:25 empruntée, cela risque d'être compliqué.
00:28:27 Est-ce que cela pourrait impacter d'ailleurs
00:28:29 d'autres communes de votre circonscription,
00:28:31 Karl-Olive ?
00:28:33 D'abord Lionel Rousseau, je veux simplement dire quelque chose.
00:28:35 C'est suffisamment compliqué chaque
00:28:37 week-end, et moi je ne suis pas là pour
00:28:39 dénigrer les bénéfices
00:28:41 records de la Société des Autoroutes
00:28:43 par une horreur dite, des concessionnaires des autoroutes,
00:28:45 parce que tant mieux, ils font un très
00:28:47 beau boulot, c'est un excellent
00:28:49 service, je suis abonné, je sais de quoi je parle.
00:28:51 Simplement, ce que je veux dire
00:28:53 par là, c'est si on peut alléger,
00:28:55 alléger, à titre
00:28:57 exceptionnel, la régularisation
00:28:59 du trafic par rapport à
00:29:01 des conditions exceptionnelles
00:29:03 de fissures sur l'autoroute A13, qui va
00:29:05 être fermée jusqu'à mardi, a priori,
00:29:07 et je suis en lien direct avec le préfet
00:29:09 des Évines qui fait un excellent boulot, Frédéric Rose,
00:29:11 pour ne pas le nommer, je trouve
00:29:13 que ce serait, voilà, frappé
00:29:15 du bon sens. Quand on est sur le terrain, vous savez,
00:29:17 j'aime bien dire, on va
00:29:19 s'en tire le cul des vaches. Moi ce matin, j'ai fait
00:29:21 trois marchés dans ma circonscription.
00:29:23 Sur les trois marchés, on me dit "mais évidemment que c'est frappé
00:29:25 du bon sens, et évidemment que ça devrait
00:29:27 être le cas". Il va falloir attendre
00:29:29 quoi ? Que ce soit le bordel ce soir,
00:29:31 pour que les Français soient, encore une fois,
00:29:33 embués dans tout le trafic,
00:29:35 dans tous les bouchons ? Franchement,
00:29:37 est-ce qu'on peut rassembler tout ce qui
00:29:39 nous rassemble plutôt que diviser tout ce qui nous divise ?
00:29:41 Ce serait bien, dit. - Sans oublier, Karl-Oliv,
00:29:43 et on termine avec ça, la question environnementale,
00:29:45 parce que les gens qui vont s'engluer, comme vous le dites,
00:29:47 sur d'autres axes périphériques
00:29:49 à l'A13, cela va provoquer
00:29:51 plus de pollution encore.
00:29:53 - Je suis très heureux, Léonard Rousseau,
00:29:55 que vous parliez de transition écologique
00:29:57 à demi-mot dans ce que vous dites, parce qu'effectivement,
00:29:59 l'embarque carbone ce soir, celle-là, il va falloir
00:30:01 la calculer. Et on va, encore une fois,
00:30:03 être les diplômés du dernier rang.
00:30:05 Moi, j'aimerais bien qu'il y ait des actes en face des mots.
00:30:07 Et on est tous responsables.
00:30:09 On ne peut pas déléguer
00:30:11 aux concessionnaires d'autoroutes, comme on le dit,
00:30:13 l'entretien,
00:30:15 la gestion, et finalement
00:30:17 la fluidité du trafic, et puis à un moment donné,
00:30:19 quand ça va mal, ne rien dire.
00:30:21 Moi, j'espère qu'on va être vraiment
00:30:23 avec une main ferme par rapport à cela,
00:30:25 parce que sinon, les Français vont gueuler,
00:30:27 et pardon de le dire, et je suis parti de la majorité présidentielle,
00:30:29 ils auront raison de gueuler.
00:30:31 - Merci, Karl-Oliv.
00:30:33 Merci d'être intervenu sur l'antenne de CNews.
00:30:35 Et à bientôt. Bon dimanche,
00:30:37 sur CNews, notamment. On marque une pause
00:30:39 et on se retrouve pour de nouveaux débats
00:30:41 avec nos invités. A tout de suite.
00:30:43 ...
00:30:45 On se retrouve sur le plateau
00:30:47 de 180 minutes Info Week-end
00:30:49 en direct avec Elliot Mamann, Rachel Florpardo,
00:30:51 Bernard Cohen, Haddad, et d'ailleurs,
00:30:53 je recommande votre nouvel ouvrage,
00:30:55 le dernier, qui est paru jeudi.
00:30:57 L'avenir appartient au PME,
00:30:59 aux éditions du Nau. Donc voilà
00:31:01 votre nouveau livre. On aura peut-être l'occasion
00:31:03 d'en parler sur l'antenne de CNews. Et Elodie Huchard,
00:31:05 qui nous a rejoint du service politique.
00:31:07 Merci d'être avec nous, Elodie, puisque Jordan Bardella
00:31:09 s'est entenu avec nos confrères du JDD
00:31:11 dans l'hebdomadaire
00:31:13 d'aujourd'hui. Le président du Rassemblement
00:31:15 national est largement en tête dans les sondages
00:31:17 aux européennes. Que faut-il retenir
00:31:19 de cette interview ?
00:31:21 D'abord, sur un angle un peu plus personnel, peut-être
00:31:23 on voit que Jordan Bardella tente de créer sa légende
00:31:25 parce que dans les reproches qui lui sont souvent faits
00:31:27 dans la classe politique et parmi nos confrères
00:31:29 journalistes, c'est que finalement, on ne sait pas grand-chose
00:31:31 de lui et qu'il apparaît parfois comme un homme
00:31:33 un peu sans émotions. Donc il raconte
00:31:35 un petit peu son enfance. Il parle aussi
00:31:37 de ce qu'il aime, de ce qu'il représente selon lui la France. Par exemple,
00:31:39 le film, selon lui, qui représenterait le plus sa France
00:31:41 à lui, ce sont les choristes.
00:31:43 Et puis évidemment, il parle très largement de politique
00:31:45 et il explique que depuis que le Rassemblement national
00:31:47 est haut dans les sondages, il constate
00:31:49 que le gouvernement va sur ses
00:31:51 thèmes à lui, mais que selon lui, le gouvernement
00:31:53 aurait une mauvaise lecture de tout ça parce qu'il ne parlerait
00:31:55 pas assez d'immigration, qu'il ne prend pas les problèmes
00:31:57 par ce spectre-là. Il explique aussi
00:31:59 qu'Emmanuel Macron et Gabriel Attal sont responsables
00:32:01 de la situation migratoire actuelle
00:32:03 et évidemment, c'est à nuancer. On rappelle que les gouvernements
00:32:05 précédents et les présidents précédents
00:32:07 aussi ont contribué à cela. Et puis,
00:32:09 il parle de l'état de la société, il parle d'un djihadisme
00:32:11 par le bas, il estime qu'un certain nombre de jeunes,
00:32:13 notamment, qui s'en prennent aux forces de l'ordre, je le cite,
00:32:15 ne redeviendront probablement jamais des
00:32:17 citoyens français pleinement intégrés.
00:32:19 Il veut des sanctions implacables, il rappelle aussi
00:32:21 la volonté de supprimer les allocations familiales
00:32:23 aux parents d'enfants délinquants
00:32:25 et puis, il parle un peu aussi des Européennes.
00:32:27 Il explique que s'ils arrivent en tête, qu'il demandera
00:32:29 une dissolution. On rappelle qu'il n'a aucun moyen
00:32:31 de demander une dissolution, ni
00:32:33 évidemment de la mettre en place. Et puis,
00:32:35 il dit aussi, si on en doutait,
00:32:37 qu'il veut non seulement, avec le Rassemblement national,
00:32:39 conquérir le pouvoir, mais également l'exercer.
00:32:41 - Et le film "Les choristes", vous validez ?
00:32:43 - C'est étonnant comme choix pour un politique,
00:32:45 c'est pas souvent cité, c'est souvent des films
00:32:47 un peu plus classiques,
00:32:49 mais pourquoi pas ? C'est une nouvelle génération
00:32:51 aussi, ça. - C'est pas impossible.
00:32:53 Vous validez également ? - C'est un choix très étonnant,
00:32:55 surtout qu'il dit que c'est le film qui représenterait
00:32:57 sa France. Je rappelle que "Les choristes", c'est quand même un film
00:32:59 qui est sur une école de garçons, moi je m'interroge
00:33:01 donc sur la place des femmes dans la France
00:33:03 de Jordane Bardella.
00:33:05 - Effectivement, Jordane Bardella, qui ne veut plus que son
00:33:07 parti soit systématiquement critiqué
00:33:09 par le reste de la classe politique, il dit que son
00:33:11 combat, c'est la normalisation de son
00:33:13 parti. Et Eliott Mamann, mais cette normalisation,
00:33:15 on y est maintenant, non ?
00:33:17 Avec le Rassemblement national. - Oui, il me
00:33:19 semble en tout cas que le Rassemblement national est parvenu
00:33:21 de manière assez large
00:33:23 à intégrer la plupart des institutions
00:33:25 politiques. On se rappelle par ailleurs
00:33:27 l'étape assez cruciale de normalisation
00:33:29 au cours des rencontres de Saint-Denis, il y a environ un an,
00:33:31 où le président de la République lui-même avait reconnu
00:33:33 que Jordane Bardella était un interlocuteur
00:33:35 particulièrement efficace,
00:33:37 on va dire. En réalité,
00:33:39 je crois d'ailleurs que, même si
00:33:41 le Rassemblement national est en effet assez prompt
00:33:43 à demander des dissolutions dès
00:33:45 lors qu'ils ont l'impression que le
00:33:47 moment politique peut leur être favorable,
00:33:49 ce ne serait pas tout à fait dans l'intérêt
00:33:51 du RN, puisqu'en réalité,
00:33:53 précisément, l'un des arguments majeurs
00:33:55 de campagne de Marine Le Pen en amont
00:33:57 de 2027 est de dire que
00:33:59 elle est la nouveauté et qu'à l'heure actuelle,
00:34:01 il s'agirait d'essayer un parti qui a toujours
00:34:03 été exclu précisément
00:34:05 du spectre du pouvoir.
00:34:07 Ce n'est d'ailleurs pas pour rien
00:34:09 que c'est précisément Jordane Bardella qui
00:34:11 serait éventuellement Premier ministre dans
00:34:13 les espoirs de dissolution entretenue par le
00:34:15 RN et non Marine Le Pen, puisqu'il
00:34:17 s'agit au moins de conserver cet
00:34:19 argument de la nouveauté du côté de Marine Le Pen.
00:34:21 Donc je pense qu'il faut modérer
00:34:23 un peu cette revendication-là.
00:34:25 Et une
00:34:27 dernière chose, par ailleurs,
00:34:29 je crois que, si vous voulez, le discours
00:34:31 de normalisation du Rassemblement
00:34:33 National est également
00:34:35 encouragé par une droitisation
00:34:37 des Français de manière générale, si vous voulez.
00:34:39 Lorsque Jordane Bardella
00:34:41 dit qu'il remarque qu'à mesure que le RN augmente
00:34:43 dans les sondages, le gouvernement va dans son
00:34:45 sens, c'est aussi que, de manière générale,
00:34:47 les sondages d'opinion montrent
00:34:49 que les Français se sentent plus proches
00:34:51 des qualificatifs politiques de droite
00:34:53 que le
00:34:55 contraire. On a environ 70%
00:34:57 des Français qui se disent plutôt appartenir à la droite.
00:34:59 Donc ce n'est pas uniquement, si vous voulez,
00:35:01 le RN se modère à mesure que la France
00:35:03 se droitise. C'est aussi cette
00:35:05 dialectique-là qu'il nous faut comprendre.
00:35:07 - Mais Lodi Bouchard, dans l'histoire politique
00:35:09 de France, est-ce que les Français n'ont pas
00:35:11 été plutôt de droite la plupart
00:35:13 du temps ? - Si, il y a
00:35:15 effectivement ça. Et on voit, en fait, souvent
00:35:17 une différence entre les Français et leur
00:35:19 thème de préoccupation et ce qu'en pense la classe politique.
00:35:21 C'est-à-dire que quand aujourd'hui on voit certains
00:35:23 qui expliquent qu'il y a un arc républicain dont
00:35:25 le RN devrait ne pas faire partie,
00:35:27 on peut déplorer que le RN, par exemple,
00:35:29 ait des élus au Parlement. C'est le
00:35:31 cas pourtant. Et donc on voit souvent, en fait, les Français
00:35:33 qui ont un avis. D'un autre côté, les élites, parce que ça ne les arrange
00:35:35 pas franchement. Il serait que la force jusque-là du
00:35:37 RN, ça a été de rester
00:35:39 plutôt sur ces thématiques qui, aujourd'hui,
00:35:41 deviennent majoritaires, qui en réalité
00:35:43 l'étaient davantage. Sauf que peut-être que la colère d'une
00:35:45 partie aussi de cette France, classe moyenne ou classe populaire,
00:35:47 on l'entendait peut-être un peu moins avant.
00:35:49 - Bernard Cohen, à date, le RN n'est encore
00:35:51 pas, ou toujours pas, un parti comme les autres ?
00:35:53 - Ah ben je crois que
00:35:55 à travers cet entretien
00:35:57 qui est paradoxalement extrêmement humain
00:35:59 puisqu'on a l'impression, et Charles
00:36:01 l'a bien dit, que c'est
00:36:03 une opération où on fend l'armure.
00:36:05 On cite Max Gallo, quand même.
00:36:07 Il ne faut pas l'oublier.
00:36:09 Ministre socialiste. Donc c'est quand même assez
00:36:11 nouveau. Le RN
00:36:13 passe, pour certains,
00:36:15 de l'extrême droite à une droite
00:36:17 particulière, mais à une droite
00:36:19 dans le cadre des droites. Et ça, c'est
00:36:21 ce que je sens dans cet entretien. Et ça a été
00:36:23 dit par Eliott. On rentre dans le cadre
00:36:25 d'une droite de gouvernement
00:36:27 et c'est sans doute une attente des Français.
00:36:29 C'est bien ça, aujourd'hui, la question qu'il faut se poser.
00:36:31 - Je crois qu'il y a une volonté qui
00:36:33 manifeste de la part du RN
00:36:35 de se dédiaboliser, de faire oublier
00:36:37 un passé qu'on ne saurait oublier. Et qu'en réalité,
00:36:39 quand on regarde les alliés du RN
00:36:41 à l'échelle européenne,
00:36:43 et bien ça nous le rappelle, ce passé.
00:36:45 Sans en douter, c'est qui les alliés du RN ?
00:36:47 Je crois qu'il faut le dire.
00:36:49 C'est l'AFD en Allemagne qui parlait, il n'y a pas
00:36:51 eu d'avortement depuis longtemps de rémigration.
00:36:53 C'est Giorgia Meloni en Italie qui,
00:36:55 cette semaine, et c'est important d'en parler,
00:36:57 a autorisé les militants
00:36:59 qui sont anti-avortement à entrer
00:37:01 dans les cliniques qui pratiquent l'IVG
00:37:03 pour tenter de convaincre, de dissuader
00:37:05 les femmes de choisir pour elles-mêmes les alliés
00:37:07 du RN. C'est encore Victor Orban
00:37:09 en Hongrie qui, lui aussi,
00:37:11 limite largement la liberté d'avorter.
00:37:13 - Est-ce que ce sont les seuls
00:37:15 alliés du RN ? Et est-ce que,
00:37:17 pour vous, à travers ces alliances,
00:37:19 le RN reste un parti
00:37:21 d'extrême droite ? - Absolument, le RN
00:37:23 reste un parti d'extrême droite
00:37:25 et ces alliances sont une des dimensions
00:37:27 qu'il démontre. - Eliott Mamad ? - Oui, je
00:37:29 rappelle tout de même que, typiquement, au
00:37:31 Parlement européen, Giorgia Meloni,
00:37:33 qui est donc membre du Parti Fratelli d'Italia,
00:37:35 siège au groupe ECR,
00:37:37 groupe contre lequel Marine Le Pen
00:37:39 a de nombreuses critiques
00:37:41 à exprimer et qu'elle a régulièrement
00:37:43 exprimé, puisque le RN est membre du groupe
00:37:45 Identité et Démocratie, qui est donc
00:37:47 un autre groupe, où par ailleurs siège
00:37:49 la Ligue du Nord. Donc je ne dis pas que c'est mieux,
00:37:51 mais simplement, il y a une différence.
00:37:53 Je rappelle également que Marine Le Pen a exprimé son
00:37:55 désaccord et même son mépris à l'égard de l'AFD
00:37:57 lorsque l'AFD a en effet participé
00:37:59 à une séance
00:38:01 très étrange à Wannsee
00:38:03 où, manifestement, des membres du parti
00:38:05 ont exprimé la volonté
00:38:07 de pratiquer la remigration à l'égard
00:38:09 des citoyens allemands. Marine Le Pen a dit qu'elle n'était pas
00:38:11 d'accord avec cela. Et enfin, sur la question du
00:38:13 conservatisme, je rappelle que l'intégralité
00:38:15 des figures traditionnalistes, membres du
00:38:17 RN, qu'on soit d'accord ou non avec ce
00:38:19 parti, mais on peut tout de même le reconnaître,
00:38:21 ont été écartés. Marine Le Pen est allée jusqu'à
00:38:23 écarter son propre père. D'ailleurs, une majorité
00:38:25 des membres des députés du parti ont
00:38:27 voté en faveur de la constitutionnalisation de
00:38:29 l'IVG il y a quelques semaines
00:38:31 et même ceux qui ont voté contre la constitutionnalisation
00:38:33 de l'IVG ont dit qu'ils ne remettaient
00:38:35 pas en cause la loi Veil. J'insiste sur ça
00:38:37 non pas pour défendre le parti, mais simplement parce qu'il y a
00:38:39 encore une vingtaine ou une trentaine d'années,
00:38:41 des membres du RN, du Front
00:38:43 National à l'époque, remettaient explicitement en cause
00:38:45 la loi Veil. Donc on ne peut pas dire qu'il n'y a pas eu
00:38:47 de changement tout de même, et
00:38:49 simplement les gens, les cadres du parti qui étaient
00:38:51 sur ces positions-là, ont
00:38:53 été écartés. Ce n'est pas uniquement une stratégie
00:38:55 électorale a priori. Il y a eu une mutation
00:38:57 manifestement. Sur la constitution,
00:38:59 sur l'interruption volontaire de grossesse, sur les droits
00:39:01 des femmes en général, et je crois que c'est important d'en parler parce qu'aujourd'hui
00:39:03 d'ailleurs, on marque les 80 ans
00:39:05 de l'obtention du droit de vote par les femmes
00:39:07 françaises. Et je veux juste
00:39:09 dire très rapidement qu'en fait, non, on ne peut
00:39:11 pas dire que le RN
00:39:13 soit clair sur cette question.
00:39:15 Et on voit encore que ces dernières années, Marine
00:39:17 Le Pen a parlé d'avortement de confort, c'est opposé
00:39:19 à l'allongement du délai d'accès à
00:39:21 l'interruption volontaire de grossesse, et aujourd'hui, on voit
00:39:23 que partout, l'extrême droite est au pouvoir, la liberté
00:39:25 d'avorter des femmes, la liberté des femmes de choisir
00:39:27 leur destin est remise en cause.
00:39:29 Autre thématique dans l'entretien du JLD, le patron du RN,
00:39:31 Jordan Bordela, qui a assuré qu'en
00:39:33 cas de victoire aux élections européennes le 9
00:39:35 juin, ce qui est fort probable selon
00:39:37 les sondages, il demanderait, dès le
00:39:39 soir même, la dissolution de l'Assemblée nationale
00:39:41 et un retour au peuple et l'Odisha.
00:39:43 Qu'est-ce que cela veut dire, et surtout, est-ce
00:39:45 que c'est possible ? - Non, c'est un peu comme si moi
00:39:47 j'annonce maintenant sur votre plateau que
00:39:49 je dissous l'Assemblée nationale, je peux le dire.
00:39:51 - Essayez ! - Pourquoi pas ? - Je le dis,
00:39:53 je dissous l'Assemblée nationale, pour autant, ça ne va pas
00:39:55 être suivi des faits. Il y a deux choses. Premièrement, non, il n'a aucune
00:39:57 capacité de le faire, pas plus lui que Marine Le Pen,
00:39:59 c'est au Président de la République d'en décider.
00:40:01 Et d'ailleurs, je rejoins ce que vous disiez, c'est-à-dire que c'est pas
00:40:03 forcément extrêmement stratégique, parce que l'avantage du Rassemblement national,
00:40:06 c'est de se dire, nous sommes, nous n'avons jamais gouverné,
00:40:09 donc il faut essayer, par exemple, pour la Présentielle, le Rassemblement national,
00:40:12 parce qu'on a d'autres solutions. Si vous arrivez à une
00:40:15 dissolution de l'Assemblée nationale, avec un Rassemblement national
00:40:17 qui arrive en tête, vous aurez donc une cohabitation.
00:40:19 Donc forcément, le Rassemblement national, dans l'action,
00:40:22 ça sera compliqué, avec une majorité sans doute relative,
00:40:24 donc on va avoir certes une expérience du Rassemblement national,
00:40:27 mais où ils vont être assez entravés, ils pourront rien mettre
00:40:30 finalement réellement en place, et donc, en 2027,
00:40:33 les Français peuvent se dire, ben oui, finalement, on a eu deux ans et demi,
00:40:35 trois ans de Rassemblement national, ça n'a pas servi à grand-chose.
00:40:38 Donc, il faut faire attention, parce que, évidemment, c'est tentant
00:40:40 d'avoir l'impression peut-être de récupérer le pouvoir un peu plus tôt.
00:40:43 Attention à ce que finalement, ça ne se retourne pas contre eux,
00:40:46 et que donc, l'alternance en 2027, ça ne soit plus le Rassemblement national,
00:40:49 puisqu'ils sont eux-mêmes au pouvoir.
00:40:50 - Bernard Cohen à date, le Rassemblement national est-il prêt
00:40:53 à diriger la France ? Il n'a jamais été au pouvoir, rappelons-le.
00:40:56 - Non, mais ce que dit Richard est frappé au coin du bon sens,
00:41:00 c'est au président de la République de décider une dissolution,
00:41:03 à moins qu'il y ait une motion de censure, bien entendu,
00:41:06 qui sera votée, et il le dit d'ailleurs, dans son intervention,
00:41:09 qu'il pourrait y avoir une motion de censure.
00:41:11 Moi, ce qui m'a intéressé particulièrement, c'est les trois questions
00:41:14 sur l'économie, et là, il reste encore du chemin à faire.
00:41:18 On voit bien qu'ils ont une orientation qui a abandonné
00:41:22 un certain nombre de diables, la sortie de l'Europe, la sortie de l'euro,
00:41:26 ce genre de choses, le Frexit et compagnie, et qu'il y a une politique
00:41:30 tournée vers les PME. Comment tout cela va se manifester ?
00:41:34 C'est encore de grandes questions. La partie économique, pour ma part,
00:41:37 va être l'élément central, qui est la normalisation de la vie publique
00:41:43 du Rassemblement national.
00:41:44 - Et le Rassemblement national, on lui reproche souvent, Elodie Bichard,
00:41:46 de ne pas être au niveau sur les questions économiques.
00:41:49 Est-ce qu'il a rattrapé son retard ?
00:41:50 - C'est effectivement quelque chose de compliqué, parce que souvent,
00:41:53 sur l'économie, il y a un manque de propositions, et deux, des propositions,
00:41:56 quand il y en a, qui ont toujours été un petit peu au gré du vent.
00:41:59 Il tente aujourd'hui de mettre en place des propositions.
00:42:01 En réalité, il dénonce beaucoup, pour l'instant, plus qu'il ne propose.
00:42:05 On ne peut pas dire, à l'heure actuelle, que le Rassemblement national
00:42:08 a un parti avec des propositions économiques, véritablement,
00:42:11 sur tous les sujets. Il y a, en réalité, un vrai retard à rattraper.
00:42:14 Ce n'était pas vraiment leur sujet principal jusque-là.
00:42:16 - Dans le JDD, Jordane Bardella propose aussi de suspendre
00:42:19 les allocations familiales aux parents de mineurs délinquants.
00:42:22 Qu'est-ce que vous pensez de cette proposition ?
00:42:24 Ce n'est pas encore une mesure, mais cela pourrait venir, Rachel Fort, pardon.
00:42:28 - Je pense que cette proposition n'a rien de raisonnable et d'utile.
00:42:31 En réalité, ce serait quoi, sanctionner une famille entière,
00:42:33 potentiellement des frères et sœurs, si une personne commet une infraction ?
00:42:36 Non. La peine, c'est quelque chose de personnel,
00:42:38 qui est attaché aux actes que vous commettez,
00:42:40 et un parent peut être sanctionné s'il ne répond pas,
00:42:44 s'il ne satisfait pas ces obligations légales qu'il a auprès de ses enfants.
00:42:47 C'est quelque chose qui est déjà aujourd'hui dans le code pénal,
00:42:50 et c'est une infraction que d'ailleurs Éric Dupond-Moretti,
00:42:53 c'était dans les propositions la semaine dernière,
00:42:56 il propose d'en augmenter les sanctions.
00:42:58 On verra si à l'issue de ces deux mois de concertation, ça avancera.
00:43:01 Mais ce qui m'a marquée aussi dans cet entretien,
00:43:03 c'est à quel point la question européenne semble être anecdotique en réalité,
00:43:07 parce qu'on parle beaucoup d'enjeux nationaux et moins d'enjeux européens.
00:43:10 Je ne crois pas qu'il y ait de mention des enjeux de la guerre en Ukraine,
00:43:13 sauf erreur de ma part, ce n'est pas mentionné.
00:43:15 Donc il y a quand même ce prisme-là.
00:43:17 On a le sentiment qu'en fait, on veut un petit peu confisquer
00:43:19 cette élection européenne aux Français.
00:43:21 On veut leur dire "non, ce n'est pas une élection européenne,
00:43:23 c'est une élection de mi-mandat pour ou contre le gouvernement".
00:43:25 Mais en réalité, non, ce n'est pas le cas, et je crois que c'est important de le dire.
00:43:27 C'est une élection européenne.
00:43:29 On choisit les députés européens, ceux qui vont siéger,
00:43:33 ceux qui vont voter la législation européenne pendant les cinq prochaines années.
00:43:36 Et c'est peut-être les élections européennes les plus importantes
00:43:38 depuis la création de l'Union européenne,
00:43:40 parce que jamais, en effet, l'extrême droite n'a été susceptible
00:43:44 à travers toute l'Europe d'être aussi représentée au Parlement européen.
00:43:47 Cette remarque sur les élections, Elodie Huchard, est très très juste en effet.
00:43:51 Mais peut-être qu'ils ont fait ce constat parce qu'on estime que Jordan Bardella a déjà gagné.
00:43:56 Et surtout parce que, vous l'avez dit hier même sur ce plateau,
00:43:59 les candidats, et Jordan Bardella en tête également,
00:44:02 n'ont pas vraiment de programme dans le cadre de ces élections européennes.
00:44:05 Non, c'est le problème.
00:44:07 Là où vous avez totalement raison, c'est qu'on parle peu d'Europe avec Jordan Bardella,
00:44:10 comme malheureusement avec beaucoup d'autres candidats actuellement.
00:44:12 Parce qu'en fait, il y a beaucoup d'invectives de parti à parti ou de candidat à candidat.
00:44:16 Effectivement, vous avez raison aussi, on est en train d'en faire une élection pour ou contre Emmanuel Macron.
00:44:21 Et d'ailleurs, c'est intéressant parce que François-Xavier Bellamy était à la mi-journée
00:44:24 l'invité de nos confrères de France 3.
00:44:26 Et lui, quand on l'interrogeait justement avec les mêmes questions qu'à Jordan Bardella,
00:44:28 par exemple sur la dissolution ou ce genre de choses, il disait
00:44:30 "Attention, ne nous trompons pas, on est dans une élection européenne
00:44:34 et donc ce qui se passe aux élections européennes ne doit pas non plus avoir de conséquences sur la politique française".
00:44:39 Il y a deux façons de voir les choses.
00:44:41 Forcément, pour le Rassemblement National, ils ont tout intérêt à ne pas trop parler d'Europe finalement
00:44:44 et à aller attaquer le camp macroniste.
00:44:46 Merci pour toutes ces précisions.
00:44:48 Elodie Huchard, merci à Rachelle Flor-Pardoux et à Bernard Cohen.
00:44:50 À date, je renvoie d'ailleurs celles et ceux qui nous regardent à votre ouvrage,
00:44:53 le dernier qui est paru jeudi dernier.
00:44:56 Eliott Mamann, vous restez avec nous, on va être renforcés par d'autres membres de l'élu.
00:45:00 Vous laisserez tout de suite.
00:45:02 Merci, à tout de suite. Vous ne resterez pas tout seul.
00:45:08 Toujours en direct pour votre après-midi sur CNews, 180 minutes info, week-end.
00:45:12 Eliott Mamann toujours avec nous, nous en rejoint sur le plateau.
00:45:15 Hélène Bidart, bonjour, soyez la bienvenue.
00:45:17 À vos côtés, Alain Branlant également, bonjour, bienvenue également.
00:45:19 Et Jean-Baptiste Souffrand qui nous a rejoint.
00:45:21 Bonjour, comment allez-vous ?
00:45:22 Bonjour, ça va très bien. Je vous remercie.
00:45:24 Et les débats, dans quelques instants.
00:45:25 Mais d'abord, pour info, immédiatement en direct avec Isabelle Piboulot.
00:45:29 Dans le Loir-et-Cher, la fête foraine de Blois a tourné au drame.
00:45:33 Une femme de 27 ans est décédée la nuit dernière après avoir été éjectée d'un manège aux alentours de 23h.
00:45:39 Ouverte depuis le 30 mars au parc des expositions, la fête foraine de Blois devait s'achever aujourd'hui,
00:45:45 mais n'a pas rouvert ses portes.
00:45:47 Une enquête judiciaire est en cours.
00:45:49 En ce dernier week-end de vacances scolaires pour la zone C, on le rappelle,
00:45:53 l'autoroute A13 est en partie toujours fermée, au moins jusqu'à demain.
00:45:57 Un mouvement de terrain a creusé une importante fissure au niveau de Saint-Cloud.
00:46:01 Les automobilistes se sont appelés à revoir leurs itinéraires.
00:46:05 Antoine Durand et Corentin Allonzo.
00:46:07 Sur plusieurs mètres, la fissure traverse l'autoroute.
00:46:11 Elle a été découverte lors de travaux programmés dans la nuit de jeudi à vendredi.
00:46:16 Selon une première hypothèse, elle aurait été provoquée par un mouvement de terrain dû à une fuite d'eau.
00:46:22 Qu'est-ce qu'il va falloir faire maintenant ?
00:46:24 Aller voir ce qui s'est passé dessous.
00:46:26 Pour aller voir ce qui se passe dessous, il y a deux méthodes.
00:46:28 La première, on fait affleurage. Et la deuxième, on fait un trou et on met une petite caméra.
00:46:33 On va ausculter le terrain et on va faire une radiographie par ultrason.
00:46:37 Ça c'est tout à fait classique.
00:46:39 Et après, il faut remblayer et refaire la dalle de béton.
00:46:42 La préfecture des Hauts-de-Seine a décidé de fermer le tunnel de Saint-Cloud.
00:46:46 Fermeture de l'autoroute A13 sur le segment Vaucreçon et Paris est dans les deux sens de circulation,
00:46:51 confirmée jusqu'au lundi 22 avril inclus.
00:46:54 La préfecture de Saint-Cloud a décidé de reporter tout déplacement conduisant à traverser ce secteur, sauf nécessité.
00:47:00 Pour les automobilistes, la situation risque d'être compliquée.
00:47:04 Ici, plus de 120 000 véhicules passent chaque jour direction Paris.
00:47:08 Il faudra donc emprunter des itinéraires alternatifs.
00:47:11 L'autoroute A14, mais l'option est payante.
00:47:14 Autre possibilité conseillée par la préfecture, la A12 et la N12 en direction de Versailles,
00:47:20 puis la N118 pour rejoindre la capitale.
00:47:23 La France estime que la 13 pourrait rester fermée jusqu'en milieu de semaine prochaine.
00:47:28 Ce 21 avril marque les 80 ans du droit de vote des femmes en France,
00:47:33 durement obtenu grâce au mouvement des suffragettes.
00:47:36 Un premier pas vers l'égalité des sexes, mais le début d'un long combat.
00:47:40 Bamba Gueye et Sarah Varney.
00:47:43 Le 21 avril 1944, quelques mois avant la fin de l'occupation allemande,
00:47:48 les femmes devenaient électrices et éligibles.
00:47:51 C'est grâce à l'ordonnance du général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire français à Alger,
00:47:56 que les femmes obtenaient le droit de vote il y a tout juste 80 ans.
00:48:00 Un an plus tard, le 29 avril 1945, les Françaises déposaient pour la première fois leur bulletin dans l'urne
00:48:06 pour les élections municipales.
00:48:08 Dans les bureaux de vote, l'enthousiasme était important.
00:48:11 Aujourd'hui, les Françaises et les Françaises sont fières de ce droit acquis.
00:48:15 "Quand je suis née, les femmes n'avaient pas le droit de vote.
00:48:18 J'ai voté dès que j'ai pu, dès que j'étais majeure. J'ai toujours voté tout au long de ma vie, à tous les votes possibles."
00:48:24 "On a perdu beaucoup de temps, parce que les femmes devraient avoir le droit de voter depuis toujours,
00:48:31 parce que je suis purement et simplement pour l'égalité des sexes."
00:48:35 "Ça a impacté plusieurs pays européens à la même époque.
00:48:40 Moi, je viens d'Italie, et les votes des femmes étaient en 1946.
00:48:46 Une grande libération, une grande affirmation des femmes."
00:48:50 La France n'était pas pionnière dans ce domaine.
00:48:53 Dès 1893, la Nouvelle-Zélande a été le premier pays dans le monde à accorder le droit de vote aux femmes.
00:48:59 En Europe, c'est la Finlande qui garantit en premier ce droit en 1906.
00:49:03 Une étape importante est tout de même franchie, même s'il faut attendre 1965
00:49:08 pour que la loi autorise les femmes à ouvrir un compte en banque à leur nom, sans l'autorisation de leur mari.
00:49:13 Et on poursuit avec cette polémique à Nantes.
00:49:16 La métropole a demandé un euro symbolique au mouvement écologiste "Dernière Rénovation"
00:49:22 au lieu de 8200 euros prévus.
00:49:25 Un euro pour des dommages et intérêts.
00:49:27 L'an dernier, le collectif avait repeint plusieurs bâtiments en rouge, dont la préfecture de Nantes.
00:49:32 Les habitants reprochent à la mairie socialiste d'épargner les activistes écologistes.
00:49:37 Reportage de Jean-Michel Decaze.
00:49:40 La façade de la préfecture de Nantes a retrouvé sa couleur habituelle.
00:49:45 En mars 2023, les écologistes de "Dernière Rénovation" l'avaient repeint en rouge
00:49:50 pour exiger du gouvernement un plan massif de rénovation thermique des logements.
00:49:55 Des images aujourd'hui oubliées.
00:49:57 Je ne m'en souviens pas, non, ça ne me dit rien.
00:49:59 Nantes Métropole avait réclamé à l'association écologiste 8200 euros pour couvrir les frais de nettoyage.
00:50:06 Mais la demande devant le tribunal correctionnel a été réduite à un euro de dommages et intérêts.
00:50:12 La mairie socialiste de Nantes explique que l'angoisse face à l'urgence climatique est légitime.
00:50:18 L'opposition LR répond qu'entre les activistes saccages, ce sont les Nantais qui payent la facture.
00:50:25 Renaissance à Nantes dénonce une concession inadmissible faite à la violence politique.
00:50:31 Résistez, Vital, la pollution tue.
00:50:33 Des actions identiques ont eu lieu à Marseille.
00:50:36 Dernière rénovation se positionne comme lanceur d'alerte non violent, à visage découvert
00:50:42 et plaide pour son droit à la liberté d'expression.
00:50:45 Dans le cas de la mobilisation pacifique militante, l'action juridique est un sujet politique.
00:50:49 Les institutions ne doivent pas porter plainte par automatisme.
00:50:53 À Tours, 5 militants ont été condamnés à 34 000 euros de dommages et intérêts.
00:50:58 Et à Lyon, 3 écologistes devront payer 80 000 euros au département et à la préfecture.
00:51:05 Et on termine ce journal avec l'émotion en Australie.
00:51:09 Des centaines de personnes se sont rassemblées à Sydney pour rendre hommage aux 6 victimes décédées le 13 avril
00:51:15 à l'issue d'une attaque au couteau dans un centre commercial.
00:51:18 Il s'agissait de 5 femmes et d'un agent de sécurité pakistanais.
00:51:22 L'auteur de l'attaque, un homme de 40 ans souffrant de troubles mentaux, avait été abattu par une policière.
00:51:29 Voilà pour l'essentiel de l'actualité. Je vous retrouve à 15h30 pour un prochain point.
00:51:33 La suite c'est avec vous Lionel.
00:51:35 Merci Isabelle Pibelot. A tout à l'heure une pause.
00:51:37 On se retrouve avec nos invités et juste après la publicité, nos grandes thématiques, nos débats
00:51:41 et notamment retour sur cette nouvelle agression dans la nuit de vendredi à samedi à Grande-Synthe dans le Nord
00:51:47 et des projets notamment de couvre-feu, voire des tests déjà qui sont effectifs pour garder les mineurs à la maison le soir et la nuit.
00:51:56 Notamment à tout de suite.
00:51:58 En direct sur le plateau de CNews, 180 minutes infos avec nos invités Hélène Bidart, Albane Branlon, Jean-Baptiste Souffron et Elliot Mamann.
00:52:09 Retour sur cette nouvelle agression dans la nuit de vendredi à samedi à Grande-Synthe dans le Nord.
00:52:14 La victime est un adolescent de 15 ans qui a été passé à tabac le cousin de l'un des deux mineurs mis en examen pour l'assassinat de Philippe Koopman.
00:52:21 Les derniers éléments avec Pierre Emko et Sarah Varney.
00:52:24 Un adolescent de 15 ans a été agressé dans la nuit de vendredi à samedi à Grande-Synthe.
00:52:30 Retrouvé sur la chaussée sans son survêtement et ses baskets, il a été transporté à l'hôpital.
00:52:35 Pour la procureure de Dunkerque, le jeune garçon a été victime de violences aggravées entraînant une incapacité totale de travail supérieure à 8 jours.
00:52:42 Une nouvelle agression à Grande-Synthe qui interroge.
00:52:45 La victime est le cousin de l'un des deux mineurs mis en examen vendredi pour l'assassinat de Philippe Koopman en début de semaine.
00:52:52 Placés en détention provisoire, ces deux mineurs âgés de 14 et 15 ans sont déjà connus des services de police.
00:52:58 Pour les habitants, ces mineurs doivent être sévèrement sanctionnés.
00:53:02 Qu'ils soient jugés oui parce qu'ils n'en sont pas à leur premier effet.
00:53:05 Ils devraient être sévèrement punis parce qu'actuellement on n'entend que ça, les agressions des jeunes.
00:53:10 Le but c'était carrément prémédité, ils devraient être jugés comme des adultes.
00:53:15 Les deux mineurs ont affirmé avoir fixé un rendez-vous avec la victime via un site de rencontre en se faisant passer pour une jeune fille mineure.
00:53:22 Selon la procureure de Dunkerque, il existe des raisons de penser qu'il s'agit d'un meurtre aggravé par la circonstance de guet-apens.
00:53:29 Et à Grande-Synthe, nos envoyés spéciaux Charles Pousseau et Pierre Emko sont sur place.
00:53:34 Charles, les dernières informations sont que la police est déployée, notamment à Grande-Synthe et dans ces quartiers-là.
00:53:41 Et la psychose également s'installe au sein de la population.
00:53:45 Oui bien sûr, les forces de l'ordre qui sont plus présentes depuis ces dernières 24 heures ici à Grande-Synthe.
00:53:52 Après cette agression qui est survenue dans la nuit du vendredi au samedi.
00:53:56 Celle de l'adolescent de 15 ans, le cousin de l'un des mis en cause dans l'agression mortelle de Philippe.
00:54:01 On ne connaît pas encore les raisons de ce geste, s'il s'agit d'une vengeance ou pas.
00:54:06 En tout cas, le maire, lui, n'a pas voulu commenter, mais il appelle une nouvelle fois au calme.
00:54:10 Il a demandé à ses habitants de ne pas faire justice eux-mêmes et d'être dignes.
00:54:15 Excusez-moi, en fait, la mairie a peur justement que cette psychose s'installe.
00:54:21 On a demandé l'avis à des commerçants qui nous disent effectivement que les riverains sont inquiets.
00:54:27 Mais pas de quoi en fait arrêter de vivre. C'est surtout les parents qui sont inquiets pour leurs enfants.
00:54:32 Un jeune nous confie aussi que ce n'est pas un événement récent.
00:54:35 C'est des choses qui sont déjà arrivées dans le passé.
00:54:37 Tous s'accordent à dire qu'ils veulent un retour au calme le plus rapidement possible.
00:54:41 Charles Pousseau et Pierre Emko en direct de Grande-Synthe.
00:54:45 Merci pour ces précisions.
00:54:46 Avant d'avancer dans le débat d'ailleurs et de parler notamment de ce qui peut être mis en place
00:54:50 pour que cette ultra-violence des mineurs soit endiguée,
00:54:54 j'aimerais avoir votre regard sur cette situation et sur cette violence notamment chez les mineurs.
00:54:59 On fait un rapide tour de table avec vous Hélène Bidart pour commencer.
00:55:02 Est-ce que vous êtes inquiète par rapport à cette augmentation notamment de la violence
00:55:06 et particulièrement chez les jeunes ?
00:55:08 Évidemment, c'est des drames qui ne sont pas d'effet divers
00:55:13 et qui sont des drames qui se multiplient.
00:55:15 L'agression de Samara, le passage à tabac de Shams Eddin avec suivi de sa mort,
00:55:23 d'autres drames qui se multiplient.
00:55:25 Je suis inquiète, mais ce qui m'inquiète le plus,
00:55:29 c'est que le plan Atal n'annonce pas justement d'étudier précisément ce qui se passe.
00:55:35 Et je crois qu'il se passe quelque chose dans cette génération, chez ces jeunes,
00:55:39 il se passe quelque chose.
00:55:41 Les jeunes, on s'en rappelle, pendant le Covid, n'étaient pas les premières victimes du Covid-19,
00:55:46 mais à la fin de la première année, on a vu les drames augmenter,
00:55:51 le nombre de tentatives de suicide augmenter,
00:55:54 un jeune sur six qui arrête ses études,
00:55:56 le chômage qui explose chez les jeunes.
00:55:58 Il se passe quelque chose réellement dans cette génération-là.
00:56:02 Et il y a des études à faire, je pense, qui n'existent pas aujourd'hui,
00:56:05 sur l'impact des réseaux sociaux et sur ce qui se passe sur Internet pour ces jeunes.
00:56:10 Ma génération, nous n'avons pas connu ça.
00:56:12 J'ai 40 ans, nous n'avons pas connu ça.
00:56:14 Même ceux qui ont 30 ans aujourd'hui n'ont pas connu ça.
00:56:17 Il se passe quelque chose vraiment chez les moins de 25 ans,
00:56:20 qui sont plus exposés à la violence sur Internet,
00:56:23 qui utilisent aussi les réseaux sociaux pour organiser de la violence réelle et physique.
00:56:31 Et là, on voit, dans Grande-Synthe, tout part de,
00:56:35 tout semble partir, parce que je ne vais pas faire l'enquête à la place d'Anthèlette,
00:56:38 mais d'un site Internet où il n'y avait aucune modération.
00:56:41 - Oui, le fameux Coco-GG, qui normalement est un site homophobe,
00:56:45 et dans lequel il pourrait même y avoir de la pédophilie.
00:56:48 - Mais comment de la pédocriminalité et de l'homophobie
00:56:52 peuvent comme ça fleurir sur Internet sans que ce soit interdit ?
00:56:56 - Parce que le site est hébergé à l'étranger.
00:56:58 - Voilà. Et donc, moi, je pense qu'on a besoin réellement d'étudier les choses
00:57:02 pour faire des annonces, parce que les jeunes,
00:57:05 il y a des jeunes qui agressent, et les jeunes en souffrent également.
00:57:10 Les jeunes sont victimes de cette situation aussi,
00:57:13 et donc du coup, je pense qu'il est urgent d'avoir des études
00:57:17 et d'avoir un ensemble d'annonces qui soient faites
00:57:20 et de ne pas circonstruire les choses uniquement à la justice,
00:57:24 parce que quand on en est à la justice, c'est qu'il est déjà trop tard,
00:57:28 que les drames ont déjà eu lieu. Donc il faut intervenir bien en amont.
00:57:32 - Albane Branlon, votre regard. Les réseaux sociaux, l'effet Covid également,
00:57:37 dont on vient de parler, pourraient-être les raisons,
00:57:39 ou l'une ou quelques raisons, qui font que les jeunes aujourd'hui
00:57:42 sont à la fois désœuvrés, mais qu'ils deviennent hyper violents ?
00:57:46 - Cela peut être des raisons et des facteurs aggravants totalement.
00:57:49 Pour repartir du constat, les 13 à 17 ans représentent
00:57:53 un mis en examen sur 10 pour les coups et blessures,
00:57:56 un mis en examen sur 5 dans le trafic de drogue,
00:57:59 et un mis en examen sur 3 pour vol avec arme.
00:58:02 Je pense qu'il y a des choses qui ont été mises en place,
00:58:06 comme le recrutement de 10 000 policiers,
00:58:09 et encore, on va arriver à 8 500 policiers supplémentaires
00:58:13 dans les prochaines années. Je pense au budget de plus de 50%
00:58:18 pour la justice, ou à la réforme de la justice pénale des mineurs.
00:58:21 Mais Gabriel Attal a aussi rappelé à quel point c'était important
00:58:24 de prendre ce sujet à bras-le-corps de l'hyper-violence des jeunes,
00:58:28 avec des mesures fortes qu'il a rappelées jeudi.
00:58:30 Je pense à celle des internats, pour couper les jeunes
00:58:35 des mauvaises fréquentations. Je pense au travail d'intérêt général
00:58:38 pour responsabiliser les parents. Je pense à restreindre
00:58:43 les réseaux sociaux. Je suis assez étonnée par ce que j'ai entendu
00:58:47 à ma droite, parce qu'il y a des études qui sont en train d'être faites,
00:58:50 et qui sont faites depuis très longtemps sur l'impact des jeunes.
00:58:53 Et justement, Gabriel Attal les a rappelées, et va faire des mesures
00:58:56 en ce sens pour restreindre. - Manifestement, le contrôle est difficile.
00:58:59 - Très difficile. - Sur les réseaux sociaux, et notamment
00:59:01 sur les sites hébergés à l'étranger. C'est la démonstration,
00:59:03 sous nos yeux, à grande scinte. - Mais il a rappelé la majorité
00:59:06 numérique à 15 ans, et je pense que ça va dans le bon sens,
00:59:09 parce qu'on l'a vu pendant les émeutes de juillet dernier,
00:59:12 ces violences peuvent être décuplées avec les effets des réseaux sociaux.
00:59:15 - Je vous cède la parole Jean-Baptiste Souffran, Eliott Mamann,
00:59:17 dans quelques instants sur ce sujet. Mais d'abord, toujours dans le cadre
00:59:19 de cette violence, de cet ultra-violence, je voudrais vous faire écouter
00:59:22 un témoignage qui a été diffusé sur RTL aujourd'hui.
00:59:24 C'est la mère de l'adolescent qui a été agressé, passé à tabac
00:59:28 d'un ami de vendredi à samedi, qui raconte les circonstances
00:59:31 de l'agression de son fils. Écoutez.
00:59:34 - Je suis dévastée, parce que quand je vois que mon fils a été retrouvé nu,
00:59:39 et quand on l'a déposé devant chez moi et qu'il est monté tout nu,
00:59:42 et qu'il s'est écroulé sur le sol de la cuisine, du salon pardon,
00:59:46 quand il est arrivé, et là ma fille elle a hurlé, elle a dit
00:59:50 "Maman, réveille-toi, regarde", et mon fils on l'a retrouvé
00:59:53 dans un état pitoyable, plein de sang, tout nu, sans vêtements,
00:59:56 sans téléphone portable, c'est franchement...
00:59:59 Moi je suis dévastée, vraiment. Et hier, Noah il dit "Maman, regarde,
01:00:02 il y a un copain, il me demande pour faire un tour en voiture,
01:00:05 il me dit "T'inquiète, ça craint pas", et je dis "Ouais mais Noah,
01:00:08 j'ai pas confiance, tu sais très bien", et il me dit "Mais non maman,
01:00:11 t'inquiète pas", alors vers 23h il vient chercher mon fils en bas de chez moi,
01:00:15 et en fait ce garçon-là, mon fils est monté dans la voiture,
01:00:18 il a mis sa ceinture de sécurité, et il s'est mis à rouler à vive allure,
01:00:22 ça veut dire que mon fils il m'a dit "Maman, j'ai eu une peur,
01:00:24 j'ai reçu un pressentiment en moi, tellement qu'il roulait vite,
01:00:28 je voulais ouvrir la portière de la voiture et sauter,
01:00:31 j'ai pas eu le courage", et en fait il a ramené mon fils près d'Emmaüs,
01:00:35 dans un endroit où il n'y a pas de passage du tout, c'est comme une forêt,
01:00:39 et il a fait un frein à main, il a jeté mon fils de la voiture,
01:00:42 et il y a 6 personnes, 6 personnes qui lui ont sauté dessus.
01:00:45 Une fois qu'ils ont tabassé mon fils, ils ont vu qu'il ne bougeait pas,
01:00:48 ils l'ont laissé comme ça, mon fils il est resté par terre pendant,
01:00:51 on va dire une bonne heure à peu près.
01:00:53 - Voilà, et évidemment il a été passé à tabac, et les blessures ne sont pas graves,
01:00:57 fort heureusement, mais il est particulièrement amoché.
01:01:00 Jean-Baptiste Souffrond, parmi les mesures d'ailleurs du gouvernement
01:01:03 pour essayer d'endiguer cette ultra-violence, notamment chez les mineurs,
01:01:06 il y a, et Gabriel Attal en a parlé, l'établissement d'un couvre-feu,
01:01:10 c'est déjà testé dans certaines villes, est-ce que c'est une bonne idée ?
01:01:13 - Ecoutez, c'est vraiment le manque d'imagination au pouvoir à ce moment-là,
01:01:17 parce que le premier responsable de la situation actuelle,
01:01:19 ce ne sont pas les parents, ce ne sont pas les réseaux sociaux, c'est l'État.
01:01:22 C'est l'État qui depuis des années applique une politique
01:01:24 qui est un échec permanent qu'on mesure chaque année à nouveau
01:01:27 avec, si c'est admissible, de nouveaux scandales, de nouvelles affaires, de nouveaux sujets.
01:01:31 Et donc instaurer un couvre-feu, ben attendez, c'est le moment, pourquoi pas à ce moment-là
01:01:36 aller encore plus loin éventuellement, et créer des centres fermés
01:01:40 dans lesquels se réparquaient les familles. Vous voyez ce que je veux dire ?
01:01:43 - Mais enfin il n'est pas normal que des enfants de 13, 14, 15 ans soient dehors après 23h30.
01:01:48 - Est-ce que les Français sont prêts à accepter que l'État décide
01:01:52 comment ils doivent éduquer, élever leurs enfants ?
01:01:55 - Il semble que oui, si je puis me permettre. Le sondage CSA pour CNews Europe 1JDD,
01:01:59 on va le voir, 67% des Français estiment qu'il faut généraliser
01:02:02 le couvre-feu pour les mineurs à partir de 23h dans les communes du pays.
01:02:05 - Bien sûr, mais est-ce que les gens sont prêts à accepter cette mesure pour leurs propres enfants ?
01:02:09 Est-ce qu'ils y réfléchissent de cette façon ?
01:02:11 Si vous voulez, là dans les mesures qui avaient été proposées depuis janvier,
01:02:14 et qui pour l'instant ne sont toujours pas mises en œuvre,
01:02:17 nous avions donc les TIG pour les parents, les travaux d'intérêt général,
01:02:19 et les fameuses internats.
01:02:22 Maintenant apparemment il faudrait aussi garder les enfants à l'école
01:02:25 en passant par des associations.
01:02:27 Toutes ces mesures, si vous voulez, ce sont à chaque fois des annonces de papier,
01:02:31 qui se terminent par quoi ? Eh bien par pas grand-chose.
01:02:34 Mais vous savez, une bonne partie de cette violence des mineurs,
01:02:37 elle n'a pas lieu la nuit, elle a lieu le jour.
01:02:40 Donc qu'est-ce que c'est qu'un couvre-feu à ce moment-là,
01:02:42 qui va essayer d'avoir lieu comme ça pendant la journée ?
01:02:44 Comment est-ce qu'on va faire pour le mettre en oeuvre ?
01:02:46 En quoi est-ce que ça va réduire la violence ?
01:02:48 Comment est-ce que ça va faire peur à des délinquants,
01:02:50 vous voyez bien, qui aujourd'hui sont prêts à tuer quelqu'un, à le piéger ?
01:02:54 Ce n'est pas la solution.
01:02:56 La solution, bien évidemment, c'est d'abord de remettre ces gens
01:03:00 dans le droit chemin de l'éducation.
01:03:02 C'est de leur permettre de passer par des apprentissages,
01:03:04 c'est de leur permettre de recommencer à travailler.
01:03:07 Mais le souci c'est qu'aujourd'hui...
01:03:09 - Donc il faut les former, les accompagner, les cajoler peut-être ?
01:03:12 - Non, certainement pas les cajoler, mais le souci c'est qu'aujourd'hui...
01:03:14 - Si la répression c'est de leur donner une formation supplémentaire,
01:03:17 pour les sortir du droit chemin...
01:03:19 - C'est en leur donnant une formation...
01:03:21 - Mais non, mais toutes les études le montrent, c'est en leur donnant une formation
01:03:23 et en leur donnant des perspectives que vous arrivez à leur éviter
01:03:26 de tomber dans la délinquance.
01:03:28 Le souci, c'est que pour une bonne partie de la politique de l'enfance
01:03:30 et des jeunes, on a l'impression que les juges, notamment,
01:03:33 sont toujours les juges des mesures fictives.
01:03:35 C'est-à-dire qu'on prend des décisions qui ne sont jamais appliquées
01:03:38 et qui ne servent strictement à rien.
01:03:40 - Je vous fais réagir dans un instant, Eliott Mamann,
01:03:42 mais j'aimerais avoir le sentiment d'une élue, d'une mère,
01:03:44 puisque c'est vrai que les mères sont souvent confrontées,
01:03:47 elles sont au contact de la population, mais sont confrontées sur leur sol
01:03:50 par ces ultra-violences, notamment chez les mineurs.
01:03:53 C'est Sonia Brault, maire de Saint-Cyr-l'École dans les Yvelines,
01:03:56 qui est avec nous. Merci d'avoir accepté notre invitation.
01:03:58 Est-ce qu'il faudrait, selon vous, généraliser ce couvre-feu
01:04:01 à l'ensemble du pays, car la violence touche tout le pays.
01:04:05 Est-ce que, donc, sur votre commune, vous êtes favorable au couvre-feu ?
01:04:11 - Écoutez, moi, je suis favorable au fait que les parents comprennent
01:04:14 que leur enfant à 13 ans n'a rien à faire dehors après 21h.
01:04:18 Ça, c'est la première mesure.
01:04:20 Après, je comprends que l'opinion des Français puisse amener
01:04:23 à des sondages où ils sont favorables à un couvre-feu.
01:04:27 Depuis le début de la semaine, au regard aux violences qu'on a pu subir,
01:04:31 on entend des tas de mesures proposées.
01:04:34 Moi, je pense qu'il est surtout l'urgence d'agir.
01:04:37 On ne va pas pouvoir continuer à supporter que des jeunes meurent de couteau,
01:04:44 que des jeunes filles se fassent agresser.
01:04:46 C'est juste pas possible.
01:04:48 Donc, un couvre-feu jusqu'à 23h, pourquoi pas ?
01:04:51 Dans le pays de la liberté, je trouve ça assez intéressant
01:04:55 de voir qu'il nous faut des garde-fous pour penser
01:05:00 que notre enfant mineur ne doit pas être dans la rue après 23h.
01:05:05 A titre personnel, sur ma ville, je peux vous dire que si le couvre-feu est à 23h,
01:05:10 entre 17h et 18h, il va s'en passer de belle.
01:05:14 Effectivement. D'ailleurs, y a-t-il, après 23h ou dans la soirée dans votre ville,
01:05:19 des mineurs qui déambulent le soir ? Le savez-vous d'ailleurs ?
01:05:22 Y a-t-il des exactions ou des agressions ?
01:05:26 Avez-vous le sentiment que dans votre commune, il y a une forme d'insécurité ?
01:05:29 Seriez-vous prête, si ça a été proposé, si c'est du cas par cas,
01:05:32 et si ce sont les maires qui décident, d'appliquer ce couvre-feu ?
01:05:36 Je serais prête à l'appliquer, évidemment.
01:05:39 Ça passera par une consultation avec mes élus.
01:05:43 Mais oui, en effet, je serais prête à l'appliquer.
01:05:46 Est-ce qu'il y a des exactions après 23h ? Bien sûr qu'il y en a.
01:05:49 On a deux cesses en ce moment, et à Saint-Cyr l'école comme ailleurs,
01:05:54 puisque aujourd'hui, la grosse difficulté qu'on a,
01:05:58 c'est des problématiques de territoire.
01:06:01 Donc des jeunes qui se tentent des embuscades pour sauvegarder un territoire.
01:06:09 Alors ça va de ville en ville, ça va de quartier en quartier.
01:06:13 Oui, pourquoi pas, si jamais c'est la solution.
01:06:17 Mais vraiment, moi je pense qu'il y a un vrai sujet sur le fait que les parents se disent
01:06:23 que non, ce n'est pas cohérent de laisser son enfant mineur après 21h dehors.
01:06:28 Il y a aussi autre chose, c'est qu'un couvre-feu, c'est bien,
01:06:31 mais il faut quand même avoir les forces de police nécessaires
01:06:34 pour pouvoir le faire respecter.
01:06:36 Oui, exactement. Ça c'est encore une autre étape en effet.
01:06:39 Mais pour vous, c'est d'abord l'éducation des parents eux-mêmes qu'il faudrait faire,
01:06:43 pour qu'eux-mêmes puissent dire à leurs enfants,
01:06:45 vous restez à la maison, vous ne sortez pas.
01:06:47 Mais il n'y a plus d'autorité, ou cette autorité en tout cas s'est amenuisée.
01:06:50 Eh bien, je pense que tout à l'heure on parlait de statistiques,
01:06:55 de comment c'est arrivé. On a peut-être un filon là ?
01:06:58 Comment c'est arrivé ?
01:07:00 Comment c'est arrivé justement ? Alors dites-nous, est-ce que vous le savez ?
01:07:03 Peut-être qu'on se rend compte que les parents ont de moins en moins d'autorité,
01:07:07 que le braquet a changé, que quand un enfant revient avec une punition à la maison,
01:07:14 la première réaction c'est d'aller voir le professeur et de lui dire
01:07:17 "mais je ne comprends pas pourquoi".
01:07:21 Alors, moi je m'interroge, je suis comme tout le monde,
01:07:25 mais peut-être que oui, il y a un manque d'autorité, oui, clairement.
01:07:29 Et quand on ne respecte pas ses parents qui nous ont donné l'éducation,
01:07:32 les bases, la façon de se construire en tant qu'adulte,
01:07:37 comment peut-on respecter l'autorité d'un professeur,
01:07:41 d'un policier qui vous demande de vous garer sur le côté pour vous contrôler ?
01:07:45 C'est un tout.
01:07:48 Merci Sonia Brouault, merci d'être intervenue sur l'antenne de CNews.
01:07:51 On va continuer le débat avec nos invités sur cette thématique qui concerne tout le monde
01:07:55 et qui paraît très compliquée, en tout cas très complexe à appliquer,
01:07:59 même si elle semble complètement simple.
01:08:02 Avant le rappel des titres, et tout le monde aura la parole encore une fois
01:08:05 pour réagir à ce qu'a dit la maire de Saint-Cyr-l'École dans quelques instants,
01:08:08 juste avant les infos, peut-être votre regard,
01:08:10 puisque vous n'avez pas pu vous exprimer encore sur le sujet.
01:08:12 Ce qui me semble intéressant d'abord, c'est de remarquer que c'est une demande
01:08:15 qui vient de la base et non du haut.
01:08:17 Cela fait longtemps qu'un certain nombre d'associations réclament en effet
01:08:20 l'établissement d'un couvre-flou pour les mineurs,
01:08:22 et que des élus locaux expliquent l'avoir déjà appliqué à l'échelle de leur commune.
01:08:27 On peut par exemple penser à Robert Ménard, dont le prosélytisme médiatique
01:08:30 en faveur de cette mesure-là s'exprime depuis longtemps.
01:08:33 Il rappelle d'ailleurs que dans l'expérimentation qu'il a mise en place à Béziers,
01:08:37 évidemment il ne s'agit pas d'interdire l'accès à la rue à toute personne,
01:08:41 simplement parce qu'elle a moins d'un certain âge,
01:08:43 mais à partir du moment où, à partir d'une certaine heure,
01:08:46 elle n'est pas accompagnée de ses parents.
01:08:48 Donc l'autorité parentale n'est pas dépassée par l'État, si vous voulez.
01:08:52 Dans la proposition en tout cas que j'ai pu entendre de manière générale,
01:08:55 un mineur aurait le droit d'être dehors dès lors qu'il est accompagné d'un adulte.
01:08:58 Ce qui me semble tout de même relever du bon sens.
01:09:00 Et ce qui est intéressant par rapport au sondage, c'est qu'en réalité,
01:09:03 on comprend bien que pour une majorité de parents,
01:09:05 il n'est évidemment pas possible que son enfant sorte du moment
01:09:09 qu'il a moins de 15 ans après 22 heures.
01:09:11 Et simplement, le problème est que les sociologies
01:09:14 où les parents seraient tout à fait d'accord avec l'idée
01:09:17 que leur enfant ne soit absolument pas encadré
01:09:19 et donc sorte à n'importe quelle heure,
01:09:21 sont également celles où il peut y avoir de la délinquance.
01:09:24 Et je crois donc que c'est en fait l'intérêt de cette mesure avant tout,
01:09:27 c'est que le simple fait pour un mineur de moins de 15 ans,
01:09:30 il me semble que c'est la proposition de Gabriel Attal,
01:09:33 d'être dehors seul, en tout cas non accompagné de tout parent
01:09:36 après une certaine heure, serait déjà une infraction.
01:09:38 Et pourrait donc permettre aux forces de l'ordre d'intervenir.
01:09:41 Alors qu'on sait bien que la plupart des malfrats s'en sortent précisément
01:09:44 puisqu'ils font jouer des vis de procédure
01:09:46 qui ensuite discréditent leur interpellation, etc.
01:09:49 En l'occurrence, à partir du moment où le simple fait d'être dehors
01:09:52 est un problème, ça peut aider tout de même parfois
01:09:55 l'impuissance de la justice que l'on peut dénoncer.
01:09:57 Très bien, on va essayer d'éclaircir tout cela dans quelques instants.
01:09:59 Mais d'abord, on fait un point sur l'information avec Isabelle Piboulot.
01:10:05 Le bilan de Gabriel Attal peine à convaincre ce mois-ci.
01:10:08 60% des Français se disent insatisfaits du Premier ministre
01:10:12 qui perd 4 points par rapport à mars.
01:10:14 Résultat d'un sondage IFOP pour le JDD.
01:10:16 Et ce n'est pas mieux pour le président de la République.
01:10:19 72% des Français sont déhors sans mécontent.
01:10:22 La Chambre américaine des représentants a adopté hier
01:10:25 un énorme plan d'aide à l'Ukraine, Israël et Taïwan.
01:10:28 Une enveloppe totale de 95 milliards de dollars.
01:10:32 Le texte prévoit 61 milliards pour venir en aide à Kiev.
01:10:36 Plusieurs milliards également pour Israël afin de renforcer son domme de fer.
01:10:40 Ce plan d'aide doit encore être examiné mardi par le Sénat.
01:10:44 Et puis ce crash de deux hélicoptères des forces japonaises d'autodéfense.
01:10:48 Les appareils participaient à un exercice nocturne de lutte anti-sous-marine.
01:10:52 Ils se sont écrasés au large des îles Izu hier soir.
01:10:56 Un membre d'équipage a été retrouvé mort.
01:10:58 Sept autres sont toujours portés disparus.
01:11:01 A ce stade, la cause de l'accident reste inconnue.
01:11:04 Merci Isabelle Piboulot.
01:11:07 Vous revenez à 16h pour un point complet sur l'information.
01:11:09 Avec nos invités, nous continuons à débattre autour de la thématique des couvre-feu,
01:11:13 du projet de couvre-feu.
01:11:14 Encore que ce n'est pas un projet ou ce n'est plus un projet à canne sur mer.
01:11:17 Car depuis 20 ans, dans cette commune des Alpes-Maritimes,
01:11:20 le maire a pris un arrêté pour interdire les jeunes de moins de 13 ans
01:11:24 de sortir seuls la nuit.
01:11:25 Et selon lui, ce couvre-feu est très efficace.
01:11:28 Reportage de Stéphanie Rouquier.
01:11:31 Elle fait partie des villes les plus sûres de France.
01:11:34 Canne sur mer oeuvre quotidiennement pour la sécurité de ses 50 000 habitants,
01:11:39 avec un dispositif spécifique pour les moins de 13 ans.
01:11:42 Depuis 2004, tous les ans, un couvre-feu est mis en place pour ces jeunes non accompagnés,
01:11:48 de 23h à 6h, d'avril à fin octobre.
01:11:52 La raison principale au début, c'est la protection des enfants.
01:11:56 Parce qu'il est, selon moi, inadmissible qu'un gosse de 8 ans, 9 ans,
01:12:01 se balade à 3h du matin, tout seul dans la ville.
01:12:04 Aujourd'hui, on a confirmation, j'allais dire tous les jours,
01:12:07 de ce qui se passe dans nos villes.
01:12:09 Vous imaginez ? Moi non.
01:12:11 Et tout le monde sait que l'éducation du trottoir n'est pas favorable pour les enfants.
01:12:16 Trois secteurs de la ville sont concernés.
01:12:18 En cas de constatation de non-respect du couvre-feu,
01:12:21 un signalement est transmis au procureur de la République.
01:12:24 Mais depuis 2011, aucune interpellation n'a été réalisée.
01:12:28 Les jeunes et les parents saluent le dispositif.
01:12:31 Franchement, ça aide trop les parents. Ça leur rassure en fait.
01:12:35 C'est la porte ouverte à tout. Après, ils font des bêtises,
01:12:39 beaucoup de bêtises, même parce qu'il y a des effets de groupe,
01:12:43 ils s'entraînent entre eux.
01:12:44 Et s'il y a des enfants dehors, ils peuvent se faire kidnapper, je ne sais pas.
01:12:48 - Tu respectes ? - Oui, je respecte.
01:12:50 Cet arrêté de Cagnes-sur-Mer a déjà inspiré d'autres communes,
01:12:54 dans le Calvados, le Gard ou en Gironde.
01:12:57 Apparemment, c'était une nécessité. Est-ce que ça fonctionne, Hélène Bidart ?
01:13:01 Qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'il faut faire du cas par cas ?
01:13:04 Si d'aventure, on devait établir un couvre-feu,
01:13:07 s'il y avait une proposition d'établir un couvre-feu,
01:13:09 après 23h, après 22h, peu importe, dans les communes de France ?
01:13:12 D'abord, je vois que le discours s'affine.
01:13:14 Parce que je pense que tous et toutes ici, quand on a 16-17 ans,
01:13:19 le vendredi soir, on est dehors après 23h pour faire la fête,
01:13:22 ça ne veut pas dire qu'on est un danger pour la société,
01:13:25 ni qu'on est en danger soi-même, d'ailleurs.
01:13:27 Donc, voilà, le discours s'affine, on est passé des mineurs au moins de 15 ans.
01:13:31 Ensuite, je pense que... J'ai du mal à comprendre qu'on arrive à ça,
01:13:37 parce qu'il est évident qu'un enfant de 13 ans,
01:13:40 il a le collège le lendemain matin,
01:13:42 et donc il doit être allé, il doit être chez lui,
01:13:45 il doit même être probablement dans son lit à 23h,
01:13:49 puisqu'il y a école le lendemain.
01:13:51 Donc, on ne va pas s'amuser, je pense, à faire des écoles, des parents, etc.
01:13:57 Je crois vraiment que les solutions, elles passent par le service public.
01:14:01 Or, le gouvernement a un souci, c'est que s'il annonce comme ça
01:14:06 des dispositifs de couvre-feu, c'est parce que tout le reste,
01:14:10 il réduit les services publics.
01:14:12 En 2024, dans le projet de loi de finances,
01:14:15 le gouvernement supprime 1000 postes d'assistants d'éducation.
01:14:19 1000 postes d'assistants d'éducation en moins en France.
01:14:22 Il n'y a pas d'augmentation.
01:14:24 Nous, nous demandons, par exemple, qu'il y ait 30 000 fonctionnaires de police formés en plus.
01:14:28 Comment ils vont aller contrôler leur couvre-feu,
01:14:30 alors qu'il y a Vigipirate, alors qu'il y a tant d'insécurité ?
01:14:33 Ils vont demander aux policiers de faire ça ?
01:14:35 - On en parlera avec nos policiers dans un instant.
01:14:37 - On a besoin de 30 000 fonctionnaires policiers formés en plus.
01:14:40 On a besoin de magistrats et d'éducateurs.
01:14:43 Ce n'est pas que la justice n'agit pas.
01:14:45 La justice, elle prononce des peines.
01:14:47 Entre le moment où la justice prononce des peines contre des mineurs,
01:14:50 en Seine-Saint-Denis, et le moment où le mineur rencontre enfin un éducateur,
01:14:56 la mise en œuvre de la justice, il peut s'écouler plus d'un an.
01:14:59 Parce qu'il n'y a pas de fonctionnaire pour mettre en œuvre les décisions de justice.
01:15:04 Donc c'est ça qui est dramatique.
01:15:05 Il manque des éducateurs.
01:15:06 L'aide sociale à l'enfance, elle est ruinée.
01:15:09 Il n'y a quasiment plus d'aide sociale à l'enfance.
01:15:12 Donc il faut renforcer l'ASE, il faut renforcer les postes d'éducation.
01:15:16 On va mettre les jeunes, moi je suis totalement pour, à l'école,
01:15:19 qu'on renforce le temps où les jeunes sont à l'école,
01:15:22 8h, 18h, pourquoi pas.
01:15:24 Ça fait plus que 35 heures sur la semaine, je vous signale.
01:15:26 C'est bien au-dessus du taux d'horaire de travail.
01:15:30 Donc on va les mettre.
01:15:31 OK, avec quels adultes en face ?
01:15:33 Il n'y a plus les professeurs.
01:15:35 Là aussi, je reprends l'exemple de la Seine-Saint-Denis.
01:15:37 Je suis désolée, ce n'est pas pour stigmatiser la Seine-Saint-Denis,
01:15:39 parce que c'est le cas dans d'autres départements,
01:15:41 et qu'il se passe des choses formidables.
01:15:43 Mais en Seine-Saint-Denis, sur l'ensemble de la scolarité,
01:15:46 par absence de professeurs qui ne sont pas remplacés,
01:15:50 les jeunes perdent un an de scolarité.
01:15:52 Donc c'est ça la réalité.
01:15:54 Aujourd'hui, c'est que toutes les autres mesures...
01:15:56 On n'aurait pas besoin de couvre-feu.
01:15:57 Si il y avait tous ces moyens, on n'aurait pas besoin de couvre-feu.
01:15:59 Je pense qu'on n'en serait absolument pas là,
01:16:01 et que la jeunesse ne serait pas dans le désespoir dans lequel elle est,
01:16:03 aujourd'hui, si les services publics étaient renforcés.
01:16:07 Bruno Le Maire fait 20 milliards d'économies sur les services publics.
01:16:10 Annonce ça, ils en ont déjà fait 10.
01:16:12 Si vous supprimez les fonctionnaires partout,
01:16:14 que l'État n'a plus d'autorité, parce qu'il est en incapacité d'agir.
01:16:17 L'État n'incarne plus l'autorité à cause de cela.
01:16:20 - Pardonnez-moi, il y a peut-être une situation d'urgence
01:16:21 par rapport à cette ultra-violence des mineurs dont on parle,
01:16:24 et des mineurs qui se retrouvent le soir,
01:16:26 quel que soit leur âge d'ailleurs, mais ils sont mineurs,
01:16:28 dans les rues, qu'il y ait embuts dans la rue,
01:16:29 ce n'est pas normal, et ça vous en conviendrait.
01:16:31 Est-ce que si d'aventure ce projet venait à passer,
01:16:34 que ce soit proposé ou imposé aux municipalités et aux mairies
01:16:39 d'établir un couvre-feu, est-ce que ce serait possible à Paris ?
01:16:42 - Je souhaite bonne chance à la préfecture de police
01:16:45 si elle devait l'établir.
01:16:47 Est-ce que vous voyez la fête parisienne,
01:16:49 le vendredi et le samedi soir, dans nombre de rues,
01:16:52 il y aurait... - Pourquoi devrait-il y avoir des mineurs ?
01:16:55 - Mais il y aura, parmi les jeunes, il y aura aussi des mineurs.
01:17:00 Et je pense que, très honnêtement, vous voyez,
01:17:03 l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques,
01:17:05 ce n'est pas le sujet aujourd'hui, mais très honnêtement,
01:17:07 les forces de l'ordre auraient peut-être autre chose à faire.
01:17:10 Par contre, on a des suppressions de classes,
01:17:12 au même moment où vous me dites ça.
01:17:14 On nous supprime des classes à Paris,
01:17:16 et on n'a pas les professeurs remplacés.
01:17:18 Donc il y a ce sujet-là qui est central, je pense.
01:17:21 Les adultes doivent être restaurés dans leur attitude d'adulte,
01:17:26 et ça, ça passe par le travail, par la fonction publique
01:17:28 et par le rôle de l'État.
01:17:29 - Jean-Baptiste Souffrand, est-ce que ce qui est proposé avec ce couvre-feu,
01:17:33 cela ressemble aussi à un état d'urgence ?
01:17:35 Et peut-être que cela fait peur, et que la liberté des mineurs aussi,
01:17:38 c'est un peu ce que j'entends en filigrane dans notre débat,
01:17:40 serait altérée ?
01:17:41 - Mais écoutez, vous motez les mots de la bouche, en fait,
01:17:43 car ce qui est proposé là, on a l'impression que c'est effectivement un état d'urgence.
01:17:46 Et ce qui inquiète, c'est cette espèce de rabotage permanent des libertés,
01:17:50 et avec les libertés, c'est l'autonomie et l'individualité des Français
01:17:54 qui est mise en danger.
01:17:56 Si vous voulez, on est face à une mesure, encore une fois,
01:17:58 qui est une mesure de papier.
01:18:00 Et sur la délinquance des mineurs, qui est un vrai sujet,
01:18:02 et surtout quand on voit la détresse des familles qui en sont victimes,
01:18:05 il faut avoir des mesures qui seront efficaces.
01:18:08 Or, ce qui est proposé aujourd'hui, ça n'a rien d'efficace.
01:18:12 Il faut bien que les Français le comprennent, que vos téléspectateurs le comprennent,
01:18:15 le couvre-feu des mineurs, c'est une fausse mesure.
01:18:17 Vous parliez de Cannes-sur-Mer, mais Cannes-sur-Mer, c'est charmant,
01:18:21 c'est une ville médiévale avec un petit château au sommet,
01:18:24 il y a une jolie ville centrale, et puis vous avez un petit village de pêcheurs.
01:18:27 Vous avez moins de 30% de la population qui a moins de 30 ans dans cette ville.
01:18:30 Et bien évidemment, si vous voulez, il y a 4,5% de HLM à Cannes-sur-Mer.
01:18:35 Donc là, évidemment, vous êtes sur une mesure, on va dire,
01:18:38 qui est en quelque sorte simple à appliquer,
01:18:40 puisque, en fait, à délinquance des mineurs à Cannes-sur-Mer, il n'y en a pas.
01:18:43 Donc finalement, autant aller dans ce sens-là.
01:18:45 Mais, dans une ville normale, qui est en proie à une vraie délinquance des mineurs,
01:18:50 avec des enfants déscolarisés, issus de familles elles-mêmes déjà déscolarisées,
01:18:55 vous pensez vraiment que c'est l'administration d'un professeur
01:18:57 ou que c'est le rapport avec le professeur qui va régler quelque chose ?
01:19:00 Vous pensez que c'est le fait d'inscrire quelque chose sur Parcoursup qui va leur faire peur ?
01:19:04 Vous pensez vraiment que ces gens pensent un jour qu'ils feront l'ENS ou Polytechnique ?
01:19:07 Mais pas du tout ! Il faudrait qu'ils puissent le faire.
01:19:11 C'est ça qui serait bien.
01:19:13 Mais pour ça, et c'est ce qui est important,
01:19:16 il faut réussir à remettre tout le monde sur le chemin de la formation et de l'apprentissage.
01:19:22 En faisant très attention, parce qu'on s'adresse à des jeunes et à des familles qui ne respectent plus la République.
01:19:28 Et dans ce cas-là, ce qu'il faut, c'est que la République propose des mesures qui sont applicables et sérieuses.
01:19:33 À force de faire des symboles, des mesures de papier,
01:19:36 on va se retrouver avec des choses qui ne serviront à rien,
01:19:38 et on s'en reparle dans six mois, avec des couvre-feu qui ne seront pas appliquées,
01:19:41 parce que bon courage d'ailleurs aux policiers qui vont devoir déterminer les âges des gens, etc.
01:19:47 Arrête, ça va être n'importe quoi.
01:19:49 Ils ne sont pas formés à ça, ils ne sont pas prêts à faire ça.
01:19:52 Et naturellement, ça sera très très difficile.
01:19:54 J'attends impatiemment les réactions des syndicats de policiers à qui on va confier cette nouvelle mission,
01:19:59 et qui vont nous expliquer comment ils vont le faire en même temps qu'ils luttent contre le trafic de cannabis,
01:20:03 en même temps qu'ils préparent les gilets jaunes, etc.
01:20:05 On leur pose la question, nous, c'est en direct sur CNews.
01:20:07 Bruno Bartocchetti, secrétaire national Unité Police Zone Sud, est avec nous.
01:20:11 Merci d'avoir accepté notre invitation.
01:20:13 Je crois savoir, Bruno Bartocchetti, que vous avez pu tendre l'oreille et écouter notre débat.
01:20:17 Effectivement, si d'aventure il devait y avoir des couvre-feu établis pour contrôler les mineurs dans certaines communes,
01:20:23 est-ce que ce serait beaucoup plus compliqué encore pour vos collègues ?
01:20:27 Oui, bonjour.
01:20:29 Très très compliqué, mais il y a juste un sujet, si vous permettez, avant de répondre à la question.
01:20:33 C'est que j'ai du mal à comprendre comment on peut aujourd'hui parler d'une manière générale,
01:20:38 je dis bien d'une manière générale, l'interdiction aux mineurs de sortir en soirée,
01:20:41 parce que c'est pénalisé finalement la grande majorité aujourd'hui en France des mineurs qui sont responsables.
01:20:46 Et parallèlement, depuis le 1er janvier 2024, accordé le permis de conduire à un jeune de 17 ans.
01:20:52 Donc ça veut dire qu'on sait responsabiliser nos jeunes dans certaines situations et pas dans d'autres.
01:20:57 Alors avant de parler, je crois, des mineurs, c'est qu'on peut parler aussi d'une…
01:21:01 Alors vous savez, il y a une vingtaine d'années, on parlait d'une police de proximité.
01:21:04 Je crois qu'on devrait parler de parents de proximité.
01:21:06 Et c'est important aujourd'hui, j'ai entendu parler sur le plateau, d'abord, avant de parler de notre travail,
01:21:11 et je vais y venir très vite, d'éduquer et de responsabiliser, de travailler.
01:21:15 Maintenant, si ce n'est pas entendu, ce sera aussi de sanctionner.
01:21:18 Mais quand on parle de sanction, c'est tout un travail qu'il va y avoir autour de la famille.
01:21:22 Et lorsqu'on a un mineur de 13 ans ou 14 ans qui déambule dans certains quartiers sensibles de ville,
01:21:27 c'est pas comme, effectivement, un mineur de 17 ans qui, le soir, peut retrouver ses amis à 22h ou 23h.
01:21:36 Donc je crois qu'il va falloir faire à la part des choses.
01:21:38 Et c'est pas une loi, encore une fois, qui va être appliquée,
01:21:41 en tout cas où on va demander de l'appliquer sur l'hexagone qui va résoudre les problèmes,
01:21:45 parce que nous saurons, et là je vais répondre à votre question,
01:21:47 nous saurons dans l'incapacité de pouvoir fonctionner sur ce thème-là,
01:21:51 puisqu'on doit prioriser énormément de missions, aujourd'hui, comme on le sait en France,
01:21:55 les réseaux de stupéfiants, les plans de gilets pirates, les Jeux olympiques, bien sûr, à venir,
01:21:59 mais là, ça reste ponctuel sur une année.
01:22:01 En fait, il y a toutes ces missions du quotidien qui nous accaparent,
01:22:05 et il faudrait donc deux, trois fois plus de policiers,
01:22:07 aujourd'hui, pour être dans tous les quartiers et contrôler tous les mineurs.
01:22:10 Est-ce que c'est cette société qu'on veut ? Je ne crois pas.
01:22:12 Je crois qu'il faut vraiment travailler au cas par cas,
01:22:14 et surtout, surtout ne pas pénaliser les mineurs de 16, 17, 18 ans
01:22:18 qui sont responsables, qui se tiennent bien,
01:22:23 mais surtout donner aussi des sanctions, lorsqu'on a des mineurs récidivistes,
01:22:27 avec des établissements spécialisés, lorsqu'eux sont un trouble à l'ordre public.
01:22:32 Une autre proposition, effectivement, il y a d'autres méthodes, en effet,
01:22:35 pour endiguer cette ultra-violence des mineurs, ou le cap spécifique des mineurs.
01:22:39 Donc, vous nous dites, Bruno Bartocetti, que ce serait du travail supplémentaire
01:22:42 pour la police, dans un couvre-feu qui ne serait peut-être d'ailleurs pas respecté,
01:22:46 parce qu'il serait délinquant, en fait, qu'il soit d'ailleurs mineur ou majeur.
01:22:50 Ce couvre-feu, s'il est généralisé du 1er janvier au 31 décembre,
01:22:55 il ne sera pas applicable.
01:22:58 Pour qu'il ait de la valeur, ce couvre-feu, c'est de l'appliquer
01:23:02 dans des moments bien spécifiques, lorsqu'on a eu les émeutes, par exemple,
01:23:05 l'été dernier, lorsqu'on a les émeutes à Guadeloupe.
01:23:08 On peut comprendre une application de couvre-feu,
01:23:10 si aujourd'hui on commence à interdire à un jeune de moins de 18 ans
01:23:14 de sortir toute l'année, ça va être inapplicable.
01:23:17 Il va forcément vouloir se débrider et sortir à 17 ans,
01:23:20 et pas forcément pour commettre des actes de délinquance.
01:23:23 Donc, on doit, aujourd'hui, faire vraiment, j'insiste bien, faire la part des choses,
01:23:27 et nous, policiers, on n'attend pas un texte de loi.
01:23:29 Si on voit un gamin de 12 ans déambuler dans la rue,
01:23:32 vous comprenez bien qu'on ne va pas attendre un texte de loi
01:23:34 pour le remettre à ses parents, ou en tout cas, pour demander
01:23:37 une enquête sociale autour de cette famille, autour de cet enfant,
01:23:40 après en espérant que ces enquêtes aient les moyens de fonctionner
01:23:45 et de cibler les familles qui ont abandonné et lâché prise.
01:23:49 Il faut en effet encore affiner la méthodologie autour de ce qui est proposé
01:23:54 et de la réalité des choses que vous venez de décrire.
01:23:56 Merci Bruno Bartolcetti d'être intervenu sur l'antenne de CNews.
01:23:59 D'ailleurs, vous faisiez allusion à Pointe-à-Pitre et à la Guadeloupe,
01:24:03 d'ailleurs, où une violence particulièrement endémique sévit depuis quelque temps.
01:24:08 Et pour le maire, vous allez l'entendre, de Pointe-à-Pitre,
01:24:10 ce couvre-feu qui a été établi, là, ça peut être du cas par cas
01:24:13 ou quand il y a une situation d'urgence, en effet, c'est une mesurette.
01:24:17 On écoute le maire de Pointe-à-Pitre.
01:24:19 Le ministre a cru devoir mettre en avant une mesurette
01:24:23 et ça est présenté comme étant la réponse à une criminalité,
01:24:28 à une violence qui est en train d'embraser non seulement notre ville, notre pays,
01:24:33 la Guadeloupe, mais partout.
01:24:35 J'entends ce qui se passe dans l'Hexagone
01:24:37 et je me dis que c'est une ambiance générale de violence
01:24:40 qui a chez nous ses répercussions.
01:24:44 Outre le couvre-feu qu'on a demandé pour les mineurs,
01:24:48 mais les mineurs ne sont pas les seuls en cause,
01:24:51 nous avons vu des braquages opérés en plein jour,
01:24:54 donc ce n'est pas une question de couvre-feu.
01:24:57 Nous avons vu des actes de violence qui sont perpétrés au sein de familles
01:25:02 liées à des problèmes, des divisions qu'on n'arrive pas à résorber.
01:25:06 La ville de Pointe-à-Pitre est une ville qui est quasiment en faillite.
01:25:11 Albane Branlon, est-ce que ce serait effectivement une mesurette
01:25:15 adaptée aussi à la métropole et à toutes les communes ?
01:25:18 Ou peut-il faire du cas par cas ?
01:25:19 J'ai entendu dire que c'était une fausse mesure.
01:25:22 Je pense que les Français ne sont pas dupes.
01:25:24 Lors des émeutes l'an dernier en juillet,
01:25:27 cette mesure de couvre-feu a beaucoup aidé et a rassuré les Français.
01:25:31 Maintenant, sur le sondage qu'on a publié,
01:25:34 je pense que ce couvre-feu doit être en dernier recours,
01:25:39 il doit être ponctuel.
01:25:41 Emmanuel Macron disait en 2020 qu'il était difficile d'être jeune en 2020,
01:25:47 je pense que c'est toujours le cas en 2024.
01:25:49 Je pense notamment aux jeunes de 16-17 ans qui, comme moi,
01:25:53 grandissent ou ont grandi dans la ruralité,
01:25:56 et qui ont besoin de ces moments pour débattre,
01:25:58 qui ont besoin de se retrouver.
01:26:00 Je suis totalement d'accord avec ce que disait le policier,
01:26:03 pourquoi il serait pénalisé pour une minorité délinquante ?
01:26:06 Donc il faudrait faire du cas par cas ?
01:26:07 A mes yeux, oui.
01:26:08 De commune en commune ou peut-être de quartier à quartier ?
01:26:11 Vraiment en cas de dernier recours.
01:26:13 Là, si on en vient là-dessus...
01:26:14 Et réfléchir à l'âge aussi, c'est ce qui a été dit.
01:26:16 Ça va sans doute s'orienter vers une forme de stigmatisation
01:26:19 qui sera totalement ingérable, politiquement parlant déjà.
01:26:22 En tout cas, dans le dernier recours, et c'est ce qu'on a fait pour le moment.
01:26:25 Et je pense aussi à ce qui n'a pas été dit,
01:26:27 parce que sur le plateau, on a dit qu'il y avait des difficultés,
01:26:30 notamment liées à l'apprentissage,
01:26:32 alors que l'apprentissage a été triplé ces dernières années.
01:26:36 Je pense qu'il y a un manque de civisme à travers la société
01:26:39 qui ne touche pas uniquement les jeunes.
01:26:40 Quand je vais dans la Somme, là où je suis née,
01:26:43 là où j'habite,
01:26:45 les secrétaires médicales me disent quoi ?
01:26:46 Elles me disent que depuis le Covid,
01:26:48 nous, on se fait de plus en plus insulter,
01:26:50 on se fait de plus en plus agresser.
01:26:51 Pour autant, il n'y a pas de bouc émissaire,
01:26:53 comme on peut voir parfois sur le plateau CNews.
01:26:55 On n'a pas d'immigration,
01:26:57 au fond de la ruralité, dans la Somme.
01:26:59 On a très peu de diversité.
01:27:01 Et pour autant, elle est là, cette agressivité,
01:27:03 pas seulement sur la jeunesse.
01:27:04 Jérôme Fourquet a écrit un livre qui s'appelle "La France d'après",
01:27:08 où il dit qu'on est passé d'enfants rois à clients rois,
01:27:11 et qu'on est tellement individualistes
01:27:13 qu'on ne dit pas aux gens qu'ils ont des droits,
01:27:15 mais qu'on oublie parfois de leur dire qu'ils ont aussi des devoirs.
01:27:17 Je pense que c'est important de rappeler que,
01:27:19 dans notre société, on doit tous prendre notre part
01:27:21 pour éviter les violences,
01:27:23 et aussi dire qu'il y a des mesures,
01:27:24 comme celle du Service National Universel,
01:27:26 qui vont dans le bon sens,
01:27:27 pour qu'on se reparle et qu'on recrée du lien.
01:27:29 - Hélène Bidart, vous vouliez réagir ?
01:27:30 - C'est marrant, j'allais réagir justement sur ça.
01:27:32 Juste un fait amusant,
01:27:34 c'est que Gabriel Attal, ministre en charge de la jeunesse,
01:27:37 annonce le SNU, il y a plus de 5 ans.
01:27:40 Or, le Service National Universel ne fait pas partie du plan
01:27:44 pour les jeunes qu'il vient d'annoncer,
01:27:47 pour lutter contre les violences,
01:27:49 ce SNU dans lequel tous les fronts sont passés.
01:27:53 Donc, il faut que Gabriel Attal parle à Gabriel Attal.
01:27:57 - 90% des jeunes qui ont participé au SNU disent que c'était génial,
01:28:01 et qu'ils le recommandent.
01:28:02 Donc il faut qu'on le généralise,
01:28:04 et là-dessus, les jeunes avec Macron...
01:28:06 - C'est pour ça que les jeunes avec Macron demandent
01:28:08 que ça généralise.
01:28:09 - Je pense qu'on peut tous constater que le SNU a effectivement
01:28:12 permis de faire baisser la violence des jeunes.
01:28:14 Incroyable !
01:28:15 - En 5 ans, ça a été généralisé.
01:28:17 - On a bien compris le rôle de l'ISANA.
01:28:19 - C'est pour ça qu'on doit le généraliser.
01:28:21 - Hélène Bidart, vous avez été interrompue.
01:28:23 - C'est vrai qu'il ne l'est pas encore généralisé.
01:28:24 A Paris, par exemple, j'ai vu 2 personnes en SNU en 5 ans.
01:28:27 - Mais allez, alors, par contre, demandez-leur comment ça s'est passé.
01:28:30 On doit recréer du lien entre la jeunesse.
01:28:32 - Moi, je veux bien...
01:28:33 Mais que Gabriel Attal écoute plus les jeunes avec Macron,
01:28:36 c'est peut-être ça.
01:28:38 Mais en tout cas, ce que je vois, c'est que ça a été lancé il y a 5 ans
01:28:43 et que ça n'est pas opérationnel et pas fonctionnel 5 ans plus tard
01:28:47 par le même Gabriel Attal.
01:28:49 Et qu'à un moment, les responsabilités doivent être pointées.
01:28:52 On ne peut pas toujours dire que c'est la faute des parents.
01:28:54 Il y a des responsabilités de l'État.
01:28:56 C'est là où on peut agir.
01:28:57 C'est là où le gouvernement doit agir.
01:28:59 Soit il fait le bilan que le SNU ne fonctionne pas.
01:29:03 Et à ce moment-là, il utilise les fonds jeunesse
01:29:05 pour les associations jeunesse et d'éducation populaire.
01:29:07 Soit il fait le bilan que ça fonctionne et il le met dans son plan.
01:29:10 Mais il y a un problème de cohérence.
01:29:11 - Je laisse conclure Eliott Mamann sur cette thématique
01:29:14 ou forcer de constater que cette mesure,
01:29:17 si elle venait à être appliquée, ces couvre-feu,
01:29:20 ce serait sur du court terme.
01:29:21 En tout cas, c'est pour essayer de gérer une situation d'urgence
01:29:24 que le gouvernement ne maîtrise pas.
01:29:26 - Non, mais ce qui est évident, c'est qu'il est illusoire
01:29:28 de considérer que ça réglera l'intégralité de nos problèmes
01:29:30 parce que si l'on parle d'un couvre-feu pour les mineurs,
01:29:33 c'est parce qu'il y a à l'heure actuelle des mineurs qui sont délinquants
01:29:36 et s'ils enfreignent des lois qui existent déjà,
01:29:38 ils n'auraient aucun mal à enfreindre une loi
01:29:41 qui pourrait être ajoutée à celle contre lesquelles ils se battent déjà.
01:29:44 Donc ça, je suis tout à fait d'accord.
01:29:46 Néanmoins, ce serait tout de même un signal assez important.
01:29:48 Comme je le disais, ça simplifierait tout de même la tâche
01:29:50 puisque cela voudrait dire que le simple fait,
01:29:52 pour ces gens-là, d'être dehors à partir d'une certaine heure
01:29:54 serait tout de même précisément considéré comme illégal.
01:29:57 J'insiste sur une autre chose, c'est que je considère qu'à partir du moment
01:30:01 où des parents ne sont eux-mêmes plus en mesure de dire à leurs enfants de 12 ans
01:30:05 qu'ils n'ont rien à faire dehors, peut-être que précisément,
01:30:07 il ne serait pas inintéressant que l'État ait tout de même son mot à dire.
01:30:11 En tout cas, je n'en ferai pas un cas.
01:30:13 À qui ? À ses parents qui n'arrivent pas à dire à leurs enfants de 12 ans de ne pas sortir ?
01:30:17 Mais oui, par exemple...
01:30:18 Les ministres vont aller dans les maisons, dans les immeubles,
01:30:22 pour dire à ses parents, dites à vos enfants de 12 ans de ne pas sortir ?
01:30:24 Vous n'avez pas... J'imagine que vous avez remarqué que généralement,
01:30:28 la loi est certes édictée par le politique, mais qu'ensuite,
01:30:30 le propos est qu'elle s'applique à tous.
01:30:31 Et surtout qu'elle est inapplicable, de par le fait.
01:30:34 Je ne suis pas certain qu'elle soit inapplicable.
01:30:36 Mais oui, si vous voulez, évidemment qu'elle est inapplicable,
01:30:38 mais ça renverrait tout de même le signal qui est, je crois, réclamé.
01:30:42 Je me permets de dire aussi quelque chose sur la spécificité de la situation.
01:30:46 En Outre-mer, vous avez bien vu qu'en l'occurrence,
01:30:49 c'est donc le maire Les Écologistes de Pointe-à-Pitre
01:30:51 qui demande davantage de fermeté dans la réponse de la justice.
01:30:54 On voit qu'il y a ainsi une forme de spectre politique qui est inversée
01:30:57 parce qu'il est assez rare en métropole que Les Écologistes soient sur cette ligne-là.
01:31:01 Les Écologistes aiment la violence en fait.
01:31:03 Alors ils laissent les mineurs...
01:31:05 C'est ce que j'ai compris, moi, en tout cas.
01:31:07 Ah bon, d'accord.
01:31:08 Je ne comprends pas que vous déformiez mes propos.
01:31:10 Je préfère les préciser pour que ce soit les plus spectateurs
01:31:13 qui ne les déforment pas, Eliott Mamann.
01:31:15 C'est-à-dire qu'on a l'impression que dans la bouche du maire écologiste,
01:31:18 il se félicite finalement qu'on aggravienne pour qu'il n'y ait pas de violence.
01:31:24 Alors, pardon, je ne comprends pas du tout votre position.
01:31:27 On va marquer une pause. Je pense que ce sera beaucoup plus simple.
01:31:29 Merci. Jean-Baptiste Souffran est d'accord avec moi.
01:31:31 Il demande plus de fermeté parce qu'il estime que le couvre-feu est en mesure de battuer.
01:31:34 Il voudrait des mesures réelles et concrètes qui permettraient de s'appliquer.
01:31:37 Mais quel rapport avec le fait qu'il soit écologiste ?
01:31:39 Parce que généralement, Les Écologistes considèrent que la réponse judiciaire
01:31:43 et la réponse de la police est plutôt à déconstruire.
01:31:46 D'ailleurs, il nous parle constamment de violences policières.
01:31:49 Je pense qu'il y a beaucoup d'écologistes qui ne seront pas d'accord avec vous.
01:31:52 Permettez-moi de vous exiger un mot.
01:31:53 En tout cas, le cas des municipalités vertes en France, on vous renseigne de tout même.
01:31:56 C'est une accusation en définant le maire écologiste.
01:31:59 Je me permets de rappeler que nous parlons régulièrement des mairies écologistes sur ces news,
01:32:02 précisément parce que dans ces mairies-là, il y a parfois des mesures qui sont prises
01:32:05 qui ne nous semblent pas tout à fait pertinentes quant à l'objectif de politique publique
01:32:09 de réduction de la délinquance.
01:32:10 Je me dois quand même de vous reprendre, Eliott Mamann, car vous accusez directement un maire écologiste
01:32:12 qui a au point à couler en politique en disant "Ah vous savez quoi ?"
01:32:15 Oui, mais en critiquant la philosophie de son parti.
01:32:18 C'est ça qui est plus...
01:32:19 On n'a pas le droit de critiquer des philosophies politiques ?
01:32:21 Bien sûr que vous avez le droit, mais c'est très compliqué de pouvoir jouer sur l'ambiguïté.
01:32:24 On marque une pause.
01:32:25 Mais il y a plein d'ambiguïsmes dans mes propos.
01:32:27 Mais si nous avons à écouter, nous sommes en direct.
01:32:29 On marque une pause. Merci Eliott Mamann.
01:32:30 On marque une pause. A tout de suite.
01:32:31 On se retrouve en direct sur le plateau d'autres thématiques, d'autres invités dans quelques instants.
01:32:40 D'abord Isabelle Piboulot pour l'information.
01:32:42 A la une, ce dérapage d'un maire hier à Villeneuve-Saint-Georges.
01:32:46 En plein conseil municipal, le lutton est monté entre le maire d'Yverdroite de la commune et un élu écologiste excédé.
01:32:53 Philippe Gaudin a répondu par un salut nazi, un geste qu'il regrette aujourd'hui.
01:32:58 Pour CNews, il s'est exprimé au micro de Fabrice Elsner. On l'écoute.
01:33:03 C'était en conseil municipal. C'est toujours un petit peu chaud, un peu houleux,
01:33:07 parce qu'il y a une opposition qui joue son rôle. C'est normal et tout.
01:33:10 Et puis dans la déclaration de M. Bilyk Birol, un soi-disant écologiste, s'adressant à la majorité municipale,
01:33:17 il parle d'élu d'extrême droite.
01:33:19 Ça m'a forcément contrarié, parce qu'évidemment, c'est une liste citoyenne que j'ai montée,
01:33:23 avec des gens de toute tendance, de gauche, de droite, du milieu.
01:33:26 Mais à aucun moment, il n'y a eu un qualificatif d'extrême droite, quel qu'il soit.
01:33:30 Donc ce n'est pas la première fois.
01:33:32 Moi, il m'attaque aussi personnellement sur des problèmes qui n'ont rien à voir.
01:33:36 Il ne joue pas son rôle d'élu.
01:33:40 Sur ce point-là, ça m'a un petit peu agacé.
01:33:43 Je lui ai répondu que je n'admettais pas qu'il s'adresse à cette manière
01:33:46 qui qualifie la majorité municipale d'extrême droite.
01:33:50 Bon, il m'a répondu. Le ton est monté.
01:33:52 J'ai suspendu le conseil municipal pour aller le voir.
01:33:56 Je suspends le conseil. Bon, les gens bougent.
01:33:59 Moi, je me lève. Je vais le voir.
01:34:01 Il me regarde et là, j'ai ce geste malheureux. Je lève le bras.
01:34:06 Le salut hitlérien que je regrette.
01:34:10 Mais j'étais excédé, poussé à bout. J'étais en colère.
01:34:13 Et je voulais lui dire ce que je pensais de lui.
01:34:15 J'ai dérapé. Je le regrette 10 fois, 20 fois, 1000 fois, si vous le souhaitez.
01:34:20 Mais j'ai eu ce geste.
01:34:22 Afin de lutter contre la délinquance, le ministre de l'Intérieur a ordonné
01:34:26 l'instauration dès demain d'un couvre-feu pour les mineurs à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe.
01:34:31 Une mesure déjà en application à Cagnes-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes.
01:34:35 Depuis 20 ans, les jeunes de moins de 13 ans ont l'interdiction de sortir seuls la nuit,
01:34:40 leurs parents s'exposant à une amende.
01:34:42 Reportage de Stéphanie Rouquier.
01:34:44 Elle fait partie des villes les plus sûres de France.
01:34:49 Cagnes-sur-Mer œuvre quotidiennement pour la sécurité de ses 50 000 habitants
01:34:54 avec un dispositif spécifique pour les moins de 13 ans.
01:34:57 Depuis 2004, tous les ans, un couvre-feu est mis en place pour ces jeunes non accompagnés
01:35:03 de 23h à 6h d'avril à fin octobre.
01:35:07 La raison principale au début, c'est la protection des enfants.
01:35:11 Parce qu'il est, selon moi, inadmissible qu'un gosse de 8 ans, 9 ans,
01:35:17 se balade à 3h du matin tout seul dans la ville.
01:35:19 Aujourd'hui, on a confirmation, j'allais dire tous les jours, de ce qui se passe dans nos villes.
01:35:24 Vous imaginez ? Moi non.
01:35:26 Et tout le monde sait que l'éducation du trottoir n'est pas favorable pour les enfants.
01:35:31 Trois secteurs de la ville sont concernés.
01:35:33 En cas de constatation de non-respect du couvre-feu,
01:35:36 un signalement est transmis au procureur de la République.
01:35:39 Mais depuis 2011, aucune interpellation n'a été réalisée.
01:35:43 Les jeunes et les parents saluent le dispositif.
01:35:47 Franchement, ça aide trop les parents.
01:35:49 Ça leur rassure en fait.
01:35:51 C'est la porte ouverte à tout.
01:35:53 Après, ils font des bêtises, beaucoup de bêtises,
01:35:57 même parce qu'il y a des effets de groupe, ils s'entraînent entre eux.
01:36:00 Et s'il y a des enfants dehors, ils peuvent se faire kidnapper ou je ne sais pas.
01:36:03 - Tu respectes ? - Oui, je respecte.
01:36:05 Cet arrêté de cagnes sur mer a déjà inspiré d'autres communes,
01:36:09 dans le Calvados, le Gard ou en Gironde.
01:36:12 Le ministère de l'Intérieur a communiqué de nouvelles statistiques
01:36:16 concernant la violence en France.
01:36:18 De toute évidence, les chiffres de l'année 2023 démontrent
01:36:21 une augmentation de la délinquance et de l'insécurité dans le pays.
01:36:25 On fait le point avec Noemi Hardy et Dunia Tengour.
01:36:28 L'année dernière, le nombre de victimes d'homicides
01:36:31 était de 1010 victimes contre 823 en 2020.
01:36:35 En 2023, les coups et blessures volontaires sur personnes de 15 ans ou plus
01:36:39 augmentent fortement dans le cadre familial,
01:36:41 +9% contre 4% hors du cadre familial.
01:36:45 Une croissance qui s'observe depuis des années.
01:36:48 Il y a un retournement de tendance accéléré et intensifié
01:36:51 avec des gens plus jeunes, plus violents, plus souvent condamnés
01:36:54 qu'on ne le dit mais très tardivement.
01:36:56 En fait, la justice n'est pas laxiste, elle est lente.
01:36:58 Selon les statistiques du ministère de l'Intérieur,
01:37:01 la part de délinquance commise par les étrangers est en hausse depuis 2016.
01:37:05 38% pour les cambriolages en 2023 contre 26% il y a 8 ans.
01:37:10 40% des vols dans les véhicules contre 18%.
01:37:14 31% pour les vols violents sans armes contre 21%.
01:37:18 En France, la plupart des indicateurs de la délinquance
01:37:21 enregistrés par la police et la gendarmerie nationale
01:37:24 sont en hausse en 2023, mais en ralentissement par rapport à l'année précédente.
01:37:29 On termine par un mot de sport.
01:37:32 En Formule 1, Max Verstappen a remporté le Grand Prix de Chine
01:37:35 sur le tracé de Shanghai.
01:37:37 Le match est aujourd'hui parti en pole position.
01:37:40 Le néerlandais s'est imposé devant le britannique Lando Norris
01:37:43 et son coéquipier, le mexicain Sergio Perez.
01:37:46 Il s'agit de la 58e victoire en GP pour le leader du championnat du monde de F1.
01:37:51 Rendez-vous le 5 mai pour le Grand Prix de Miami à suivre sur Canal+.
01:37:56 Je vous donne rendez-vous à 16h30 pour un prochain point sur l'actualité.
01:38:00 Merci Isabelle Piboulot.
01:38:02 A tout à l'heure, le rendez-vous est pris.
01:38:04 Nous sommes toujours en compagnie de Jean-Baptiste Souffran et d'Hélène Bidart.
01:38:06 Bruno et Christian Proutot nous ont rejoints.
01:38:08 Bonjour à tous les deux.
01:38:09 Et Noémie Schultz du service de la justice de CNews, merci d'être là.
01:38:12 Car nous allons évoquer, avec ce sujet maintenant à l'approche des JO
01:38:16 et avec l'augmentation des agressions à l'arme blanche,
01:38:18 ce que propose le ministère de la Justice dans une note
01:38:20 adressée à la police et à la gendarmerie
01:38:22 qui tente une vaste expérience qui a commencé ce mercredi.
01:38:25 Le port d'un couteau qui sera désormais puni d'une amende.
01:38:29 Explication de Mathilde Ibaniez.
01:38:31 Pour aider au mieux les forces de l'ordre et faciliter leur travail de terrain,
01:38:35 les policiers et gendarmes ont depuis mercredi un nouvel outil à leur disposition,
01:38:39 leur permettant de réprimer immédiatement une personne porteuse d'une arme de catégorie D,
01:38:44 comme une matraque, l'acrymogène ou encore un couteau-poignard.
01:38:47 Avec une amende de 500 euros et la destruction immédiate de l'arme
01:38:51 sans forcément l'emmener en garde à vue et entamer des poursuites pénales.
01:38:55 Le recours à l'amende forfaitaire délictuelle est une des réponses judiciaires possibles
01:38:59 à la commission de certaines infractions et ne prive en rien le parquet d'engager des poursuites judiciaires
01:39:04 s'il estime opportun en lieu et place de l'amende forfaitaire délictuelle.
01:39:08 Un placement en garde à vue et des poursuites pénales peuvent ainsi être décidées
01:39:12 dès lors que la nature de l'arme, le profil de l'auteur ou toute autre circonstance particulière le justifie.
01:39:18 L'application de l'expérimentation a été prévue par l'article 25 de la loi du 24 janvier 2023,
01:39:24 portée par le ministre de l'Intérieur puis adoptée par le Parlement à une large majorité.
01:39:29 L'amende forfaitaire délictuelle s'inscrit dans une logique de répression accrue de ce type de comportement.
01:39:34 Il ne s'agit donc aucunement de baisser les bras, bien au contraire.
01:39:38 Il s'agit d'une expérimentation qui pourra conduire à un amendement de la doctrine d'emploi
01:39:42 communiqué au parquet et aux forces de l'ordre par le ministère de l'Intérieur.
01:39:47 Pour bien comprendre Noemi Schultz, la loi durcit donc l'infraction.
01:39:52 On rajoute cette amende à ce qui était déjà répréhensible quand on porte une arme blanche sur soi dans la rue.
01:39:58 En fait, on offre un outil de plus, en tout cas c'est l'esprit de la loi,
01:40:02 puisqu'on rappelle que c'est la loi d'orientation et de programmation du ministre de l'Intérieur qui a été votée en juillet 2023.
01:40:07 On offre un outil supplémentaire aux forces de l'ordre concernant les infractions de port et transport
01:40:13 sans motif légitime d'arme de catégorie D.
01:40:16 Jusqu'à présent, si vous étiez interpellé, c'était garde à vue et poursuite éventuellement décidée par le parquet.
01:40:24 Là, les forces de l'ordre, si elles interpellent une personne en possession d'une arme sans motif légitime,
01:40:29 une arme de catégorie D, pourront décider de lui donner immédiatement une amende,
01:40:35 c'est-à-dire lui faire payer 500 euros, et de lui confisquer son arme qui sera ensuite détruite.
01:40:40 Après, en fonction du profil de la personne interpellée, si on est sur quelqu'un qui est récidiviste,
01:40:45 qui a un profil inquiétant, qui semble fragile psychologiquement,
01:40:50 qui donne l'impression qu'il avait une mauvaise intention,
01:40:54 cette personne-là ne va pas juste repartir avec une amende et circuler à rien à voir.
01:40:59 Cette personne-là pourra toujours être interpellée, placée en garde à vue,
01:41:02 avec des suites judiciaires qui pourront être données.
01:41:04 Mais c'est un outil supplémentaire, c'est une demande, ce qu'on nous explique,
01:41:08 dans l'entourage du garde des Sceaux qui a eu en charge la mise en application,
01:41:12 mais encore une fois, la loi, c'est Gérald Darmanin qui l'a portée,
01:41:14 c'était une demande des forces de l'ordre,
01:41:17 notamment dans les opérations de maintien de l'ordre,
01:41:20 en marge d'une manifestation, en marge d'une grande manifestation sportive,
01:41:23 où vous contrôlez beaucoup de monde,
01:41:25 de pouvoir confisquer directement, donner une amende,
01:41:29 ce qui est quand même assez dissuasif,
01:41:30 et encore une fois, le cas échéant, décider d'interpeller la personne
01:41:34 s'il apparaît que son profil est inquiétant.
01:41:36 Voilà, ce n'est pas annuler en place.
01:41:38 Sur la formulation au départ, on peut croire que
01:41:40 c'est remplacer le port d'une arme blanche dans la rue,
01:41:42 est remplacé par juste une amende.
01:41:44 Il peut y avoir, en fonction du profil et de l'enquête,
01:41:47 une suite à cette chose-là.
01:41:50 Il y a les armes blanches, évidemment, Noémie Schultz,
01:41:52 mais il y a aussi les tasers, les bombes lacrymo,
01:41:55 qui rentrent dans ce registre-là ?
01:41:57 Oui, les armes de catégorie D, c'est un certain nombre d'instruments,
01:42:02 dont certains couteaux, vous l'avez dit,
01:42:04 les tasers, les bombes lacrymogènes,
01:42:06 c'est effectivement la loi qui encadre tout cela.
01:42:10 Effectivement. Est-ce que ça peut être dissuasif, Christian Proutaud,
01:42:13 le fait qu'il y ait une amende à devoir payer 400 ou 500 euros
01:42:16 directement si on porte un couteau sur soi ?
01:42:19 D'ailleurs, est-ce que porter un couteau sur soi,
01:42:22 pardonnez-moi Christian, mais on peut avoir un canif sur soi,
01:42:25 un couteau suisse, donc c'est interdit ça maintenant ?
01:42:28 Ah ben, ça a toujours été interdit, donc le problème n'est pas là,
01:42:31 sauf si vous avez un papier comme quoi vous venez de l'acheter.
01:42:34 Tous les randonneurs se baladent avec un canif dans leur sac ?
01:42:37 Absolument, tous, sauf qu'ils sont randonneurs,
01:42:39 et ils ne vont pas dans un stade de fête.
01:42:41 Ils vont pas dans un stade de foot en se disant
01:42:44 "on sait jamais ce qui peut arriver", en sortant.
01:42:47 Parce que c'est au-delà de l'intention coupable,
01:42:52 c'est le raisonnement qui est mis en échec à travers cela.
01:42:56 Et ça vient des services, il ne faut pas croire que...
01:43:00 Noemi l'a très très bien expliqué, au départ,
01:43:04 c'est une demande qui a été faite par les services de police,
01:43:08 parce qu'on sait que les procédures, après elles durent,
01:43:12 il y en a tellement qu'on se demande même si les gens finissent par être contrôlés,
01:43:17 surtout après des manifestations ou des grands événements,
01:43:20 où, comme je le disais tout à l'heure, on se promène à quelque chose
01:43:24 en se disant "on sait jamais", là ça va être dissuasif.
01:43:28 Et moi je crois beaucoup plus à ce type de dissuasion
01:43:31 qu'à une procédure Tartampion, dont on sait que, d'abord,
01:43:35 elle écrase de papelard les services...
01:43:39 - Oui, les policiers ont autre chose à faire que de passer en garde à vue.
01:43:41 Encore une fois, toutes les personnes qui se promènent avec un couteau
01:43:44 n'ont pas forcément des véléités de passer à l'acte et de s'en prendre à quelqu'un d'autre.
01:43:48 Donc il faut faire la part des choses.
01:43:51 - Bien sûr, il faut faire la part des choses, et d'où la psychologie des policiers,
01:43:55 mais on peut aussi se promener avec un couteau de cuisine,
01:43:58 si on est cuisinier ou cuisiniste, et à ce moment-là,
01:44:00 si on est interpellé par la police, Jean-Baptiste Souffron, on dit quoi ?
01:44:03 - On doit payer 500 euros. - Non, si vous avez un motif légitime.
01:44:06 - On n'a pas de difficulté, mais...
01:44:08 - Les malfaiteurs peuvent avoir des motifs légitimes, enfin, mentir en tout cas.
01:44:11 - On peut mentir, mais ne vous inquiétez pas que, tout de même,
01:44:14 les enquêteurs ont souvent les moyens de déceler les gens qui exagèrent.
01:44:17 Mais attention à une chose, c'est que, pour ceux qui seraient tentés
01:44:20 par l'exercice du motif légitime, par exemple, le fait d'avoir sur soi
01:44:23 une arme blanche pour se défendre, ce n'est pas un motif légitime.
01:44:27 Donc il faut être attentif là-dessus, les motifs légitimes,
01:44:30 si vous êtes un campeur, vous vous baladez, vous transportez un couteau de cuisine
01:44:33 parce que vous venez de l'acheter, parce que vous en avez besoin ailleurs, etc.
01:44:36 Il y a plein de raisons légitimes d'avoir une arme de catégorie D,
01:44:39 c'est-à-dire, en fait, un couteau, notamment, mais attention,
01:44:42 le fait de se défendre ne peut pas être considéré comme motif légitime,
01:44:45 en aucun cas. - Et encore une fois, on parle, là,
01:44:48 notamment les JO, puisque l'expérimentation va aussi concerner Paris,
01:44:51 à partir du 2 mai, donc on imagine des rassemblements de beaucoup de monde,
01:44:54 on l'a dit, des manifestations aux abords d'un stade de foot,
01:44:57 effectivement, ça va être plus difficile de justifier que vous ayez avec vous un couteau
01:45:00 pour peler votre pomme ou tailler un bâton en bois.
01:45:03 Et dans ces cas-là, en même temps, était-il justifié
01:45:06 d'envoyer la personne en garde à vue avec toutes les paperasses
01:45:09 que ça implique ensuite pour les policiers ? Sans doute que frapper au portefeuille,
01:45:12 faire payer 500 euros et récupérer en plus le couteau qui va être détruit,
01:45:17 est une solution, encore une fois, c'est une solution, ça ne veut pas dire
01:45:20 qu'on ne pourra pas interpeller ces personnes. - Et taper aux porte-monnaies,
01:45:22 évidemment, ça peut être une solution dissuasive, en effet.
01:45:25 On voit ça aussi en Italie, à l'Huberto Toscano.
01:45:27 - Il y a des régions d'Italie où le port du couteau fait partie de la tradition.
01:45:31 - Est obligatoire, il faut le clore.
01:45:34 - Mais là, je crois qu'il faut éviter, comment dirais-je, la pandémie du couteau,
01:45:42 l'épidémie, l'habitude, c'est-à-dire on croit qu'amener un couteau sur soi,
01:45:47 c'est une façon de se protéger, et non, c'est une façon,
01:45:52 dans une situation de dispute, de risquer de passer à l'état supérieur de la violence.
01:45:59 Donc, il faut empêcher l'habitude, et je crois que cette logique est juste,
01:46:05 et cette disposition est bien compréhensible.
01:46:09 - Oui, Hélène Bidart, les agressions au couteau en France sont malheureusement
01:46:13 en nette augmentation, 120 attaques quotidiennes par jour.
01:46:17 - Malheureusement, beaucoup chez les jeunes, ça rejoint le débat que nous avions précédemment,
01:46:20 nous avons eu le malheur à Paris d'avoir une RICS,
01:46:26 où il y a eu des drames, notamment dans le 18ème arrondissement, avec des jeunes,
01:46:32 et moi, avec les éducateurs avec lesquels j'ai pu parler,
01:46:35 les animateurs jeunesse avec qui j'ai pu parler,
01:46:37 il y a, vous parliez tout à l'heure d'une sorte de pandémie,
01:46:41 il y a une vraie mode chez de nombreux jeunes, qui suivent des influenceurs,
01:46:46 qui lancent la mode d'avoir un couteau toujours sur soi.
01:46:52 Et ça, malheureusement, c'est un vrai risque,
01:46:56 parce que ça peut faire qu'il y ait un drame, en effet,
01:47:00 donc je pense que c'est vraiment quelque chose qui peut être très dangereux.
01:47:04 On est vraiment très loin des passionnés de couteau, de camping,
01:47:10 et même de ceux qui adorent cet objet-là, on est très loin de ça,
01:47:14 on est sur quelque chose d'extrêmement dangereux pour la jeunesse,
01:47:18 donc il faut absolument faire de la prévention sur ça.
01:47:21 Ce qui est pernicieux, c'est que l'objet est banal, en fait,
01:47:23 on en a tous dans notre cuisine, mais il est utilisé à des fins différentes
01:47:27 en fonction des personnes.
01:47:29 Si Zidane Materazzi avait eu un couteau la finale de la Coupe du Monde de 2006,
01:47:35 peut-être il y aurait eu du sens.
01:47:37 Peut-être que Zidane en aurait eu un aussi, de couteau,
01:47:39 les choses auraient été différentes,
01:47:41 donc on va rester sur le sport et uniquement sur le ballon et le terrain.
01:47:44 - C'est bien invité la diffusure des couteaux.
01:47:46 - On a compris tout à l'heure avec Noémie Schultz qu'il y avait différentes catégories d'armes.
01:47:50 Quelles sont-elles ? Viviane Hervier s'est penchée sur la question.
01:47:53 - Le contrôle des armes en France est soumis à une législation stricte.
01:47:58 Elles sont classées en différentes catégories selon leur dangerosité.
01:48:01 Ainsi, la catégorie A regroupe les armes à feu
01:48:04 qui permettent le tir de plusieurs munitions sans réapprovisionnement.
01:48:07 Leur détention est interdite sauf autorisation pour un usage essentiellement
01:48:12 destiné aux forces de l'ordre et aux militaires.
01:48:14 Les armes de catégorie B, de type pistolet ou arme d'épaule avec tir à répétition,
01:48:19 sont réservées exclusivement aux tirs sportifs
01:48:22 et sont soumises à autorisation avec port d'armes.
01:48:25 La catégorie C regroupe les carabines fusil à pompe
01:48:28 ou des armes longues semi-automatiques destinées aux chasseurs ou aux collectionneurs.
01:48:32 Elles sont soumises à déclaration
01:48:34 et nécessitent d'avoir un permis de chasse ou une licence de tir.
01:48:37 Il faut de plus ne pas être inscrit au fichier national des interdits d'acquisition d'armes
01:48:42 et ne pas avoir commis certaines infractions inscrites sur son casier judiciaire.
01:48:45 Enfin, les armes de catégorie D sont les seules qui peuvent être achetées ou détenues librement.
01:48:51 Elles regroupent les poignards, couteaux, bombes à aérosols incapacitantes ou lacrymogènes
01:48:56 ou les armes à impulsion électrique.
01:48:58 Le port et le transport d'une arme de catégorie D hors de son domicile sont interdits
01:49:02 sans motif légitime.
01:49:04 L'examen du motif légitime se fait au cas par cas
01:49:07 en tenant compte de la personne, du lieu et du contexte.
01:49:10 Avez-vous le sentiment Noémie Schultz qu'à l'avenir,
01:49:13 la loi sera peut-être encore plus dure en matière de répression,
01:49:16 de répression préventive aussi, puisque c'est de cela dont on parle,
01:49:18 de ne pas avoir un couteau sur soi ou une arme de cette catégorie notamment ?
01:49:22 Je ne sais pas, en tout cas là ce qui est sûr c'est que la philosophie
01:49:28 c'est de permettre de pouvoir plus facilement notamment confisquer
01:49:33 et sanctionner plus rapidement des personnes.
01:49:36 Et donc je pense quelque part qu'il y a un effet, vous l'avez dévisé peut-être,
01:49:39 pédagogique, dissuasif de ne pas se déplacer en se disant
01:49:42 peut-être que ça pourra me servir.
01:49:44 Il y a des endroits où ce n'est absolument pas adapté de se déplacer avec un couteau.
01:49:48 On se souvient bien sûr de l'ARICS à Crépole
01:49:50 où certains participants avaient sur eux des couteaux.
01:49:53 Là, vous n'aurez jamais un motif légitime justifiant
01:49:56 que vous ayez un couteau sur vous.
01:49:59 Mais encore une fois, les forces de l'ordre sont très vigilantes.
01:50:03 La difficulté aujourd'hui, on parle beaucoup des attaques au couteau,
01:50:07 c'est parce qu'on ne peut pas contrôler tout le monde
01:50:09 et que vous n'aurez jamais un policier derrière chaque personne
01:50:11 se promenant dans la rue.
01:50:12 Et on pense à l'attaque d'Annecy, on pense à l'attaque la semaine dernière en Alsace
01:50:17 avec là une personne très fragile psychologiquement.
01:50:20 Si cette personne avait été contrôlée quelques instants auparavant,
01:50:24 sans doute serait-il parti en garde à vue
01:50:26 et n'aurait-il pas été laissé dans la rue juste avec une amende et le couteau confisqué.
01:50:31 Donc c'est un outil, encore une fois, qu'on donne aux forces de l'ordre.
01:50:34 Christian Proutaud, est-ce que ça va faciliter la tâche des forces de l'ordre
01:50:37 pour intervenir ou pour appréhender ?
01:50:39 Parce que ça ne veut pas dire, parce qu'il y a une amende désormais,
01:50:42 qu'ils ne vont plus se contrôler ?
01:50:43 Non, mais le problème, c'est qu'on l'évoquait tout à l'heure,
01:50:46 c'est les contrôles qui sont presque systématiques dans les grands événements
01:50:49 où justement on fouille les gens et à ce moment-là on découvre.
01:50:53 Évidemment, ça ne va rien changer au fait du contrôle a priori.
01:50:57 Et en fait, le contrôle a priori, il ne faut pas se balader la face,
01:51:01 il se fait par rapport à l'aspect de la personne
01:51:04 et ce qu'elle peut avoir de potentiellement trouble,
01:51:07 à la fois dans son comportement,
01:51:09 ce qui change complètement du contrôle systématique
01:51:12 que nous avons autour des grands événements.
01:51:15 Et c'est vrai que là, il y a une profusion de gens qui portent des choses
01:51:20 qu'ils ne devraient pas amener avec eux dans le cadre d'un événement.
01:51:25 Je pense que cette sanction est utile.
01:51:28 Même pour les Jeux Olympiques, ça peut dissuader aussi,
01:51:31 alors les Français aussi, mais les étrangers, Jean-Baptiste Souffron,
01:51:33 qui vont venir, les touristes notamment.
01:51:35 Dissuader, je ne suis pas sûr, mais dissuader d'amener une arme blanche
01:51:38 typiquement à un événement, oui, parce que, attention,
01:51:41 non seulement l'amende est de 500 euros,
01:51:43 mais en fait, elle peut être majorée à 1000 euros
01:51:45 si vous ne payez pas dans les délais.
01:51:47 - Et c'est une sanction ? - Pardonnez-moi, Jean-Baptiste Souffron,
01:51:49 dans un stade, notamment, on est fouillé,
01:51:51 donc amende ou pas amende, on est contrôlé.
01:51:53 - Oui, mais vous êtes contrôlé, vous avez une arme blanche sur vous,
01:51:57 vous n'avez pas de motif légitime, et effectivement, en toute théorie,
01:52:00 à ce moment-là, vous êtes passible de l'amende,
01:52:03 déjà de 500 euros, voire de 1000 euros majorés.
01:52:05 Donc, bien évidemment que ça va être dissuasif assez rapidement
01:52:08 pour pas mal de monde.
01:52:09 - Ça peut faire suffisamment de pédagogie, Alberto Toscano ?
01:52:11 - Ça peut faire de la pédagogie, mais en plus,
01:52:14 il faut considérer que dans un contexte sportif,
01:52:18 sur des stades, des finales d'une coupe européenne,
01:52:24 ou dans le cas spécifique, de l'Olympique,
01:52:26 il y a aussi le risque de l'alcool.
01:52:28 Et alors, l'alcool, plus le couteau dans la poche,
01:52:32 ça peut donner un mix, un cocktail explosif.
01:52:36 Parce que la personne qui a un couteau,
01:52:39 et qui a bu, et trop bu, ne se contrôle pas.
01:52:43 Et elle risque, passer, encore une fois,
01:52:45 à l'étage supérieur de la violence.
01:52:47 - Hélène Bidart, toutes les polices,
01:52:48 et même les polices municipales,
01:52:50 je ne parle pas que de Paris,
01:52:51 peuvent avoir le droit de contrôler, de saisir,
01:52:54 de mettre une amende de 500 euros ?
01:52:56 Est-ce que ce serait une bonne chose
01:52:57 pour la sécurité de tous ?
01:52:59 - Je crois que ce qui est...
01:53:01 J'en reviens un peu à ça.
01:53:02 Ce qui est flagrant, là, je trouve,
01:53:04 c'est que ça vient des policiers
01:53:06 qui veulent une simplification
01:53:08 pour pouvoir agir mieux et plus vite.
01:53:10 Tant mieux, tant mieux qu'on puisse aider
01:53:13 les fonctionnaires à pouvoir être plus efficaces.
01:53:16 Ça n'empêche que, même si on ne peut pas
01:53:18 être derrière tout le monde,
01:53:19 il manque quand même 30 000 policiers en France
01:53:22 pour pouvoir être présents sur le terrain,
01:53:25 et pour leur permettre de pouvoir travailler
01:53:26 dans de meilleures conditions.
01:53:28 Et quand je dis 30 000 policiers,
01:53:29 c'est 30 000 policiers nationaux, avant tout.
01:53:32 On a fait le choix, à Paris,
01:53:33 d'une police municipale, de proximité.
01:53:36 Son rôle n'est pas celui de la police nationale.
01:53:38 Il ne faut pas confondre la capacité
01:53:41 à chacun de pouvoir agir.
01:53:43 Et je pense surtout qu'il faut renforcer
01:53:45 de 30 000 policiers en France.
01:53:47 - Jean-Baptiste Soufron, pour conclure.
01:53:48 - Après, attention au niveau politique.
01:53:49 Cette disposition est issue de la LOPMI de 2023,
01:53:53 donc la Loi d'Orientation et de Proclamation
01:53:54 du Ministère de l'Intérieur.
01:53:55 Elle vise essentiellement, si vous voulez,
01:53:57 à agir dans le cadre des grands événements
01:53:58 où on ne veut absolument pas qu'il y ait d'armes blanches.
01:54:00 En revanche, pour tout ce qui est
01:54:02 la délinquance à l'arme blanche
01:54:03 qu'on voit de temps en temps, aujourd'hui,
01:54:06 eh bien, il ne vous aura pas échappé
01:54:08 que la plupart des gens qui avaient une arme blanche
01:54:10 et qui s'en sont servis, malheureusement,
01:54:11 pour commettre des attentats, des attaques, etc.,
01:54:14 n'avaient pas été contrôlés précédemment.
01:54:16 Et donc, de ce fait, que la loi leur impose
01:54:18 une amende ou pas, ça ne changera strictement rien.
01:54:20 Et ce qu'il faut, c'est bien évidemment
01:54:22 renforcer la capacité des policiers
01:54:24 à pouvoir agir sur le terrain.
01:54:25 - Merci, Noémie Schultz, pour ces précisions.
01:54:27 On se retrouve juste après la pause
01:54:29 avec nos invités.
01:54:30 Il y a 80 ans, les Français obtenaient le droit de vote
01:54:33 et le droit d'être élu.
01:54:34 On en parle dans quelques instants.
01:54:36 À tout de suite.
01:54:37 Pour la dernière partie de C News de 180 minutes Info Week-end,
01:54:43 on se retrouve sur le plateau avec Alberto Toscano,
01:54:45 avec Christian Proutot, Jean-Baptiste Souffron
01:54:47 et Hélène Bidart.
01:54:48 Mais d'abord, Isabelle Piboulot,
01:54:50 pour un point sur l'information.
01:54:51 - Une marche contre le racisme,
01:54:56 contre l'islamophobie et pour la protection des enfants
01:54:59 a eu lieu à Paris, suivie d'un concert.
01:55:01 Une mobilisation à l'appel de 51 organisations
01:55:04 auxquelles se songeont l'NPA, l'LFI
01:55:06 ou encore l'Observatoire national des pratiques
01:55:08 et des violences policières.
01:55:10 La marche a été autorisée par la justice
01:55:12 après une interdiction préfectorale
01:55:14 invoquant de forts risques de troubles à l'ordre public.
01:55:17 Dans le Loir-et-Cher, la fête foraine de Blois
01:55:19 a tourné au drame.
01:55:20 Une femme de 27 ans est décédée la nuit dernière
01:55:23 après avoir été éjectée d'un manège
01:55:25 aux alentours de 23h.
01:55:27 Ouverte depuis le 30 mars au parc des expositions,
01:55:30 la fête foraine de Blois devait s'achever aujourd'hui
01:55:33 mais n'a pas rouvert ses portes.
01:55:35 Une enquête judiciaire est en cours.
01:55:37 Et puis l'émotion en Australie.
01:55:39 Des centaines de personnes se sont rassemblées à Sydney
01:55:42 pour rendre hommage aux 6 victimes décédées le 13 avril
01:55:45 à l'issue d'une attaque au couteau dans un centre commercial.
01:55:48 Il s'agissait de 5 femmes et d'un agent de sécurité pakistanais.
01:55:52 L'auteur de l'attaque, un homme de 40 ans
01:55:54 souffrant de troubles mentaux,
01:55:56 avait été abattu par une policière.
01:56:00 Merci Isabelle, 17h pour le prochain point complet
01:56:04 sur l'information sur CNews.
01:56:06 À présent, il y a 80 ans, les françaises
01:56:08 obtenaient le droit de voter, d'être élues
01:56:10 et donc devenaient des citoyennes à part entière.
01:56:13 C'était un premier pas vers l'égalité des sexes,
01:56:15 la parité, le début d'un long combat qui continue.
01:56:18 D'ailleurs, on va en parler dans quelques instants.
01:56:20 Mais d'abord, retour sur cette date historique
01:56:22 avec Bamba Gay et Sarah Varney.
01:56:26 Le 21 avril 1944, quelques mois avant la fin de l'occupation allemande,
01:56:30 les femmes devenaient électrices et éligibles.
01:56:33 C'est grâce à l'ordonnance du général de Gaulle,
01:56:35 chef du gouvernement provisoire français à Alger,
01:56:38 que les femmes obtenaient le droit de vote
01:56:40 il y a tout juste 80 ans.
01:56:42 Un an plus tard, le 29 avril 1945,
01:56:45 les françaises déposaient pour la première fois
01:56:47 leur bulletin dans l'urne pour les élections municipales.
01:56:50 Dans les bureaux de vote, l'enthousiasme était important.
01:56:53 Aujourd'hui, les françaises et les français sont fiers de ce droit acquis.
01:56:57 Quand je suis née, les femmes n'avaient pas le droit de vote.
01:57:00 J'ai voté dès que j'ai pu, dès que j'étais majeure.
01:57:02 J'ai toujours voté tout au long de ma vie, à tous les votes possibles.
01:57:06 On a perdu beaucoup de temps,
01:57:08 parce que les femmes devraient avoir le droit de voter depuis toujours.
01:57:13 Parce que je suis purement et simplement pour l'égalité des sexes.
01:57:17 Ça a impacté plusieurs pays européens à la même époque.
01:57:22 Moi je viens d'Italie, et le vote des femmes était en 1946.
01:57:28 Une grande libération, une grande affirmation des femmes.
01:57:32 La France n'était pas pionnière dans ce domaine.
01:57:35 Dès 1893, la Nouvelle-Zélande a été le premier pays dans le monde
01:57:39 à accorder le droit de vote aux femmes.
01:57:41 En Europe, c'est la Finlande qui garantit en premier ce droit en 1906.
01:57:45 Une étape importante est tout de même franchie,
01:57:47 même s'il faut attendre 1965 pour que la loi autorise les femmes
01:57:51 à ouvrir un compte en banque à leur nom, sans l'autorisation de leur mari.
01:57:55 Et avant d'en parler avec nos invités en plateau,
01:57:58 Yael Melou, présidente de l'association Femmes et Libres, nous arroge en direct.
01:58:01 Merci d'avoir accepté notre invitation.
01:58:03 D'abord, première question très basique,
01:58:05 est-ce que c'est important de célébrer cet anniversaire, si tant est que ce n'en soit un ?
01:58:09 Oui, bien sûr, c'est absolument essentiel de rappeler que le droit de vote
01:58:13 est un combat qui date de la Révolution,
01:58:16 et que c'est un des fondements de l'égalité entre les femmes et les hommes.
01:58:22 C'est un droit fondamental pour lequel les femmes se sont battues
01:58:27 depuis que les hommes ont obtenu le suffrage universel en 1848.
01:58:33 Donc c'est dire s'il a fallu du temps, du courage, de la force pour ces femmes-là,
01:58:40 pour réussir à faire inscrire le droit de vote pour les femmes,
01:58:45 et aussi pour faire inscrire l'égalité entre les femmes et les hommes en 1946.
01:58:50 Il faut se rappeler que pendant la Révolution,
01:58:53 il y a Olympe de Gouges qui était une précurseur sur la question,
01:58:57 qui a d'ailleurs fait la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791,
01:59:02 et à qui l'on doit cette célèbre phrase "la femme a le droit de monter sur l'échafaud,
01:59:07 elle doit également avoir le droit de celui de monter à la tribune".
01:59:12 C'est absolument essentiel de rappeler toutes ces décennies,
01:59:17 ces centaines d'années pour arriver à avoir ce qui nous semble être aujourd'hui un acquis.
01:59:22 Oui, c'est un acquis en effet.
01:59:25 Il y a encore d'autres combats à mener, on va en parler dans quelques instants,
01:59:28 mais ce droit de vote a été obtenu donc de haute lutte.
01:59:31 De quelle manière ? Comment les femmes se sont battues pour y arriver finalement ?
01:59:36 On a en mémoire le combat des suffragettes.
01:59:41 Elles ont été torturées, elles ont été emprisonnées, il y en a qui en sont mortes.
01:59:48 Ça a été vraiment une lutte à la vie, à la mort, pour arriver à avoir ce droit citoyenne
01:59:56 et de faire en sorte que les femmes en réalité ne soient pas considérées comme une sous-catégorie d'êtres humains.
02:00:03 Avez-vous le sentiment aujourd'hui que l'on est proche de la parité ?
02:00:07 Où l'a-t-on obtenu ? Est-ce que cette égalité homme-femme existe véritablement dans notre société ?
02:00:13 Alors absolument pas, hélas, parce que le réel vient cogner et nous montrer que déjà dans la sphère politique,
02:00:24 nous avons 37% de femmes députées, 36% de sénatrices à peine.
02:00:31 Il y a une véritable résistance encore aujourd'hui des comportements sexistes au cœur même du pouvoir,
02:00:40 alors même que le président de la République et ce depuis son premier quinquennat
02:00:46 a considéré, a affiché que l'égalité femme-homme était une grande cause de ces quinquennats.
02:00:54 Sauf que le président de la République lui-même ne montre pas l'exemple puisqu'il est lui-même avec ses conseillers,
02:01:01 il est entouré quasi exclusivement d'hommes.
02:01:06 Il a, j'ai vu ça, il a 58 hommes qui le conseillent sur les postes régaliens évidemment
02:01:13 et 21 femmes pour la majorité sur des sujets qui sont sociaux.
02:01:20 On voit bien que le pouvoir sur les postes les plus importants et sur les postes régaliens sont occupés par des hommes.
02:01:28 Donc quand Macron écrit aujourd'hui qu'il célèbre le droit de vote, les 80 ans du droit de vote et qu'il parle d'un trésor,
02:01:38 un trésor c'est aussi des objets précieux qu'on met en réserve, qu'on cache.
02:01:43 Donc il faudrait arrêter que le président de la République nous cache en réalité et qu'il donne l'exemple.
02:01:50 Il faudrait qu'il y ait ce devoir d'exemplarité au plus haut sommet de l'État pour que ça puisse ruisseler sur toute la société.
02:01:58 Des trésors qu'il raréfie ou que la société raréfie en tout cas ou cache comme vous le dites.
02:02:03 Je demande à Hélène Bidart qui est adjointe à la mairie de Paris pour l'égalité femme-homme, on est bien d'accord,
02:02:09 vous partagez le sentiment de notre invité en duplex, c'est-à-dire qu'aujourd'hui on n'est pas du tout à la parité,
02:02:16 que ce n'est pas satisfaisant ce qui est mené notamment par le gouvernement comme action ?
02:02:21 Tout à fait, on n'y est pas. Mené par le gouvernement, par l'ensemble des partis politiques, c'est un travail de toute la société.
02:02:28 Alors Olympe de Gouges a été cité, je voudrais revenir juste en quelques secondes sur l'histoire.
02:02:35 En 1925, je voulais parler de Joséphine Pancalet de Douarnenez qui est la première élue en France en 1925 par le parti communiste français
02:02:45 et le Conseil d'État va annuler cette élection et je trouve qu'il y aurait des panthéonisations à réfléchir à ces femmes comme Olympe de Gouges qui se sont battues.
02:02:56 Et puis après, il y a le rôle des résistantes aussi beaucoup parce qu'en réalité si ça se déclenche enfin en France entre 1944 et 1945,
02:03:04 c'est l'alliance entre le général de Gaulle et les communistes avec Fernand Grenier qui dépose son amendement
02:03:10 et qui vont enfin porter et reconnaître le rôle des résistantes et enfin porter ce droit de vote des femmes.
02:03:18 Ce qui est flagrant c'est que entre ce droit de vote des femmes et la loi sur la parité qu'il a fallu mettre,
02:03:27 je vais vous dire le chiffre, on était passé de 30 députés à l'Assemblée nationale jusqu'en 1997, on n'avait même pas 5% de femmes élues jusqu'en 1997.
02:03:39 C'est-à-dire que sans la loi sur la parité, même avec le droit de vote, l'égalité n'avançait pas en politique et quels que soient les partis.
02:03:48 Donc il a fallu mettre en place la loi sur la parité et je dois dire que moi qui suis élue municipale avec une liste à parité,
02:03:57 avec un exécutif à parité et même à Paris on a été sanctionnés parce qu'il y avait trop de femmes cadres.
02:04:02 Donc vous voyez, on a eu une amende de l'État parce qu'il y avait trop de femmes cadres à la ville de Paris, avec une mère femme à Paris.
02:04:09 Je voudrais vous dire que la vie est très très différente d'une assemblée qui n'est pas à parité.
02:04:15 Je siège à la métropole où il y a très peu de femmes par rapport au nombre d'hommes, puisque ce n'est pas un scrutin paritaire.
02:04:22 Ça n'a rien à voir. On ne fait pas de la politique de la même manière.
02:04:27 On se passe de la moitié des élus puisqu'elles ne se retrouvent pas dans la métropole.
02:04:31 Il y a beaucoup plus, évidemment, de sous-entendus sexistes qui favorisent derrière les violences sexistes et sexuelles.
02:04:38 Et puis quand même, si on a eu le droit à l'IVG dans la Constitution.
02:04:42 Moi, je crois vraiment que c'est parce que des femmes de tous bords politiques,
02:04:47 Hérène exceptée qui n'a pas voté pour, mais les femmes de tous bords politiques se sont retrouvées
02:04:52 et ont porté ensemble aussi cette alliance pour réaliser le droit à l'IVG dans la Constitution française.
02:04:58 Donc merci beaucoup d'y consacrer ce temps aujourd'hui pour faire ces rappels historiques,
02:05:04 parce que je pense que c'est important pour les jeunes d'entendre qu'il a fallu ce temps-là, ces luttes-là,
02:05:11 et ces combats politiques, parfois avec des alliances politiques entre différents partis, pour faire avancer l'égalité femme-homme.
02:05:17 Et qu'il ait eu même parfois des lois extrêmement surréalistes.
02:05:19 Alberto Toscano, je cède la parole tout de suite et je n'oublie pas Yael Meloune, bien sûr.
02:05:23 Mais le 31 janvier 2013, les femmes ont officiellement obtenu le droit de porter un pantalon.
02:05:28 C'est-à-dire qu'évidemment, mesdames, vous enfreigniez la loi jusque-là en le portant très facilement depuis des années, des dizaines d'années.
02:05:37 Mais l'application de la loi était devenue caduque, donc depuis longtemps, l'ordonnance interdisait aux femmes de porter ce type de vêtements,
02:05:44 ce qui est quand même assez incroyable. Donc il y a des inepties et des aspects surréalistes dans le cadre de la parité.
02:05:50 Mais c'est la loi qui dit ça, Alberto Toscano.
02:05:52 Madame fait un discours historique que je partage, évidemment.
02:05:56 Mais vous avez fait un exemple en 1925 et pendant la Résistance.
02:06:01 Entre-temps, il y a eu le Front populaire, qui a oublié de donner le droit de vote aux femmes.
02:06:06 C'est-à-dire que ce problème du vote aux femmes a divisé la société française et italienne, et a divisé les parties à l'intérieur de ces mêmes parties.
02:06:21 Parce que, évidemment, la gauche française, corrigez-moi si je me trompe, et la gauche italienne, et là je pense ne pas me tromper,
02:06:29 pensaient que le vote des femmes aurait été pour les curés, aurait été pour l'Église, aurait été manipulé.
02:06:35 Donc il n'y a pas eu la confiance vers les femmes.
02:06:38 Tandis qu'un film extraordinaire que je suggère à tout le monde de voir, de Paola Corteles, un film italien,
02:06:45 qui est aujourd'hui dans les salles françaises et tient encore demain, il y a encore demain,
02:06:50 c'est l'histoire d'une femme qui a été vexée et soumise à plein de problèmes dans sa vie de famille,
02:06:57 et qui à la fin trouve sa gloire, sa joie, en 46, en un an, exercer son droit de vote pour la première fois.
02:07:08 Voilà que le droit de vote devient le moment de joie, et pas pour une femme, mais pour l'ensemble des femmes et de leurs droits.
02:07:20 Jean-Baptiste Souffran, la société a évolué par rapport à ce que décrit Alberto Toscano, qui est très juste, évidemment,
02:07:25 aujourd'hui, vous vous doutez de la véracité de ce qu'a raconté Alberto ?
02:07:29 Non, pas du tout, pas du tout.
02:07:30 Ah, pas du tout. D'accord, je vous ai mis à faire une petite...
02:07:32 Non, non, c'est pas ça, vous dites la société a évolué.
02:07:33 C'est là où ça déj' peut.
02:07:34 Lâchons-nous.
02:07:35 La société a évolué, mais elle ne s'enlève pas encore à la parité.
02:07:38 Mais je dois déjà, je dois quand même corriger un point, c'est que en France, au moment où le gouvernement provisoire,
02:07:43 à Alger, en 44, décide d'instaurer la parité, en fait c'est le délégué communiste qui met le sujet à l'ordre du jour,
02:07:50 qui se bat pour ce sujet et qui le fait passer.
02:07:53 Évidemment, les gens se rappellent ensuite du général de Gaulle et du vote du 21 avril 45,
02:07:57 mais il ne faut pas oublier qu'en réalité, c'est un sujet qui était peut-être plus partagé que ce qu'on pense
02:08:01 entre les différentes parties politiques, les uns, les autres, avec à chaque fois des tas d'inquiétudes assez ridicules
02:08:07 quand on les voit depuis aujourd'hui.
02:08:09 Mais en revanche, on constate bien que, actuellement, l'égalité femmes-hommes, elle a encore largement à progresser,
02:08:14 puisque si les femmes votent, il n'échappera à personne qu'actuellement, elles sont toujours moins pillées que les hommes.
02:08:19 Et même, selon les études, on en est à des dizaines, voire plus d'une centaine d'années avant de réussir à rattraper le retard.
02:08:26 Rendez-vous compte que 32% des entreprises n'ont que deux femmes dans la liste des dix salaires les plus importants de leur société.
02:08:34 Donc vous voyez bien qu'en fait le travail, il est continu, et au-delà simplement du droit de vote,
02:08:39 qui est essentiel, qui a fait que les femmes ont pu devenir des citoyennes à part entière,
02:08:43 ben évidemment derrière, il est nécessaire qu'elles puissent en tirer tous les bénéfices normalement, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
02:08:49 Moi je le vois d'autant plus, moi qui fais beaucoup de numérique, si vous voulez, y compris chez les jeunes, dans les secteurs les plus avancés,
02:08:55 on voit bien que les femmes, là aussi, ont toujours du mal à réussir à se faire respecter comme des hommes,
02:09:01 et en réalité, la seule raison qui permet de justifier, c'est une espèce de réaction clanique de la part des hommes en général, et puis des préjugés.
02:09:10 Yael Mehoul, est-ce qu'on peut avoir un espoir ? Est-ce que les femmes, les hommes, en tout cas ceux qui pourraient être féministes,
02:09:17 et finalement est-ce que c'est même un statut ou un postulat, être féministe, est-ce qu'on arrivera un jour à la parité ?
02:09:21 À la parité parfaite, véritablement, parce que là on est d'accord, on n'y est pas.
02:09:25 Alors déjà, à la base, il faut toujours avoir de l'espoir, sinon on arrête tout,
02:09:32 sinon si on n'y croit plus, on ne peut plus s'engager politiquement,
02:09:38 mais il faut bien comprendre que s'il n'y a pas une réelle volonté politique de faire bouger les lignes,
02:09:45 ce sera extrêmement long, c'est-à-dire qu'on ne peut plus se contenter aujourd'hui de discours,
02:09:54 on ne peut plus se contenter aujourd'hui de juste savoir que l'égalité femmes-hommes est une grande cause du deuxième quinquennat du président de la République.
02:10:03 On a encore beaucoup, beaucoup de combats à mener.
02:10:06 Vous l'avez dit sur l'égalité salariale, on est encore très loin du compte, sur la lutte contre les glances faites aux femmes.
02:10:13 Moi, il y a une date que je voudrais quand même rappeler, comme si c'était hier,
02:10:18 ce n'est qu'en 1965 que les femmes ont pu travailler et gérer leur bien sans le consentement de leur mari.
02:10:25 C'est-à-dire hier, il y a un véritable mouvement de fond sociétal qu'il faut accompagner,
02:10:36 et ce n'est pas pour rien qu'encore aujourd'hui on arrive à des chiffres sur les glances faites aux femmes,
02:10:40 sur les féminicides, sur les femmes qui se suicident en ce qui concerne les violences qu'elles ont subies,
02:10:45 qu'elles ont subies qui sont encore beaucoup, beaucoup trop importantes.
02:10:49 Effectivement. Vous vouliez ajouter quelque chose Jean-Baptiste Coufrand, et après je cèderai la parole à Elisabeth.
02:10:53 En fait, on est sur un sujet qui est toujours très difficile, parce que, évidemment, s'il s'agit de libérer les femmes, si vous voulez,
02:10:59 c'est compliqué de défendre un mouvement libéral, une liberté, par des obligations.
02:11:04 Et on est toujours dans cette espèce de contradiction qui n'est pas simple à régler,
02:11:08 et c'est pour ça probablement que le mouvement d'évolution des femmes, c'est pour ça aussi que quand on dit "c'est tel parti, tel parti", c'est difficile.
02:11:14 C'est-à-dire qu'avant tout, c'est un combat activiste. Ce sont des femmes qui s'organisent par elles-mêmes, qui montent des associations, qui montent des fondations.
02:11:20 C'est pas forcément un combat politique, en fait. Bien sûr que si, c'est un combat qui devient politique, mais c'est un combat qui n'a pas à être, si vous voulez...
02:11:26 Pas de politique politicienne. C'est un combat de la base. Et c'est ça qui est absolument essentiel.
02:11:30 C'est un combat culturel. Et qui fait toute sa force, mais pour ça, on voit bien que c'est dans les pays où on peut, justement, avoir une vie démocratique,
02:11:38 un combat associatique, un combat activiste, que les choses avancent. Mais malheureusement, jamais assez vite.
02:11:44 - Christian Proutot, vous l'avez vu évoluer, cette parité, ou en tout cas, cette tentative d'égalité femmes-hommes, dans votre carrière notamment ?
02:11:51 - Je l'ai vue évoluer, puisqu'il n'y avait pas de femmes gendarmes, il n'y avait pas... - Exactement. C'est pour ça que je vous pose la question.
02:11:58 - Il n'y avait pratiquement pas de militaires femmes en dehors des PFAT, Personnel Féminin de l'Armée de Terre, qui avaient surtout des emplois administratifs.
02:12:06 Tout ça est compliqué. Je voudrais avoir une pensée pour quelqu'un que peu de gens connaissent. C'est Victoire Dobier, qui a été la première bachelier,
02:12:14 puisque le mot n'existait pas, en 1861. - On disait pas bachelière. On dit bachelier. D'accord. - Non, on disait bachelier, puisqu'il n'y en avait pas.
02:12:20 Donc on n'avait pas de mot féminisé en 1861. Donc il y a quand même pas mal d'années. Et on parlait, on évoquait le port du pantalon.
02:12:30 Moi, dans mon lycée, en terminale, les filles n'avaient pas le droit, dans le règlement interne, de porter le pantalon à la porte de venve, ici.
02:12:38 J'étais au lycée de la porte de venve. Donc même si j'ai un peu plus d'âge que tout le monde ici autour de cette table, c'était pas la préhistoire.
02:12:46 Et j'en viens à la date de 65 pour le fait que les femmes mariées pouvaient ouvrir un compte en banque avant, sans l'autorisation de leur mari,
02:12:57 et prendre un travail non plus. On pouvait travailler que si le mari donnait son autorisation. C'était que 1965.
02:13:05 Donc ça va très lentement quand même. Voilà. Je trouve ça un peu dommage.
02:13:11 - Mais il y a beaucoup de chemin, même si on est parti, Hélène Bidart, de très très loin. Ça, on est d'accord. Il y a quand même un chemin qui a été fait, qui est considérable.
02:13:17 - Il y a un chemin considérable sur la lutte contre les violences, grâce au mouvement #MeToo.
02:13:23 - Il y a un chemin considérable sur le droit de vote, grâce à celle qu'on a pu citer. Il reste beaucoup à faire. Sur l'égalité professionnelle, ça a été dit.
02:13:31 Pour l'instant, avec les politiques d'austérité, on a même été en recul pendant un temps. On aura l'égalité professionnelle en 2186, pour être précise.
02:13:39 Ce qui, pour moi, est trop loin. Donc j'espère qu'on va pouvoir... - 2186 ? - 2186, à ce rythme-là.
02:13:45 - Comment vous pouvez... Ah oui, voilà. Vous l'avez évalué. - On calcule le rythme d'évolution des égalités.
02:13:50 - Pour que vous puissiez savoir qu'il y a une marge de progression plus rapide. - Donc il y a une grosse marge de progression.
02:13:54 Et elle est politique, et elle est par des choix politiques pour rétablir l'égalité salariale et professionnelle.
02:14:00 Et puis après, sur la parité, je veux juste parler un mot d'Europe. On a les élections européennes bientôt.
02:14:05 Et encourager les Françaises à aller voter le 9 juin pour les élections européennes.
02:14:09 Mais en Suède, 46,6% de femmes élues. En Finlande, 46%. Danemark, 44%. Autriche, 42%.
02:14:17 Espagne, 43,4%. Belgique, 42%. Et malheureusement, en France, nous sommes en dessous de la moyenne des 27%, avec 37% seulement de femmes élues.
02:14:27 Les élections européennes, elles, elles sont à parité, comme les élections municipales.
02:14:32 Donc elles permettent de faire élire de nombreuses femmes élues. Ce sont les scrutins uninominaux, comme les législatives.
02:14:39 Ce sont malheureusement aussi les sénatoriales, quand on élit seulement le maire, qui en fait dégradent la parité.
02:14:47 Mais sur certaines élections, comme sur les élections municipales et les élections européennes, on peut faire élire des femmes massivement.
02:14:53 On est quasiment à la parité sur les têtes de liste. Pas à la parité parfaite, mais on est quasiment à la parité sur les têtes de liste.
02:15:00 Tout parti confondu, évidemment, sur les européennes. Pour conclure, vous voulez rajouter quelque chose ?
02:15:03 Oui, juste pour s'ouvrir un peu, il y a une profession qui justement va à l'encontre de ce qu'on est en train de dire,
02:15:09 ce sont les avocats où les femmes sont majoritaires à 60%.
02:15:13 Jean-Baptiste Souffranc, que se passe-t-il ?
02:15:15 Non, tout à fait, mais je crois que c'est le cas.
02:15:17 Non, mais je crois que c'est également le cas des médecins, mais surtout, et de tout un tas d'autres professions, en fait.
02:15:21 Mais si vous voulez, il faut avoir conscience d'une chose, c'est que quand vous arrivez dans une réunion, et dans cette réunion, vous avez une majorité d'hommes,
02:15:27 60%, 75% d'hommes, vous pouvez penser tout de suite que sur les gens qui sont présents, il y en a 25% qui ne sont peut-être pas là par leurs compétences,
02:15:35 mais qui sont peut-être plutôt là parce qu'en fait, ils ont bénéficié d'un système qui valorise quand même les hommes au fur et à mesure de leur carrière, en règle générale.
02:15:42 Et c'est pour ça que c'est très important d'essayer de restaurer cette parité le plus possible et de la défendre.
02:15:48 Et pourtant, les professions médicales de médecins et d'avocats sont celles où les femmes étaient plus en difficulté il y a un siècle.
02:15:59 Elles étaient totalement boycottées, même à l'université de loi et de médecine, la présence de femmes était rare et elles étaient systématiquement boycottées.
02:16:11 Ce n'est plus le cas aujourd'hui.
02:16:12 Heureusement, ce n'est plus le cas.
02:16:14 Absolument. Merci à Yannick Meloul de nous avoir accompagné, présidente de l'association Femmes et Libres, et donc bon anniversaire.
02:16:20 Merci de nous avoir accompagné. Dans un instant, c'est Olivier Leclerc-Enflec qui nous retrouve sur CNews avec Punchline. Bonne soirée.
02:16:26 soirée.
02:16:26 ♪ ♪ ♪

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