- il y a 1 an
Les Vraies Voix de l'emploi avec Jean-Claude Delgènes, président de Technologia, qui a publié un rapport intitulé “La romance au travail : Amour, sexe et autres histoires” ; Philippe Pataux, avocat associé chez Barthélémy Avocats.
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NewsTranscription
00:00Sud Radio, les vraies voies de l'emploi.
00:04Bienvenue dans les vraies voies de l'emploi avec Philippe Davide.
00:06On est ensemble jusqu'à 20h sur un sujet qui devrait vous intéresser.
00:11On en parle ou pas ?
00:12Oh oui, sans aucun tabou.
00:15Sans aucun tabou puisque nous allons évoquer l'amour au travail.
00:20Alors ça c'est une vraie question.
00:22Vous avez certainement entendu parler de ce directeur général de Nestlé, en Suisse.
00:28Laurent Freix.
00:29Voilà exactement, il s'est fait limogé.
00:33A la démission parce qu'il avait eu une relation consentie avec une collaboratrice
00:37qui pourtant entre-temps avait quitté l'entreprise.
00:41Et sa hiérarchie l'avait appris par délation de ses collègues.
00:45Ce qui pose une vraie question.
00:47Alors on vous pose ces questions.
00:48En France, on va se les poser ensemble.
00:50Que dit la loi sur les relations au travail ?
00:53Le respect de la vie privée est protégé par la loi ?
00:55Jusqu'où ?
00:56Le règlement intérieur peut-il aller plus loin que le droit ?
01:00Et auquel cas, dans ces cas-là, vous retournez après avoir été viré devant les tribunaux.
01:04Et jusqu'où peut aller l'appel, l'incitation à ce qu'il faut bien appeler la délation entre collègues ?
01:10Vous avez vécu ce type d'histoire en tant que salarié, en tant que patron, en tant que protagoniste ?
01:17Venez témoigner au 0826 300 300.
01:20Et avec nos invités, Jean-Claude Delgène qui est avec nous.
01:23Bonsoir Jean-Claude.
01:24Bonsoir.
01:25Et Philippe Pateau.
01:26Oui, Philippe Pateau, avocat associé chez Barthélémy Avocat, qui a plaidé sur ce type de dossier.
01:32Et Jean-Claude Delgène, président de Technologie A, qui a publié un rapport passionnant intitulé
01:36« La romance au travail, amour, sexe et autres histoires »
01:41et qui vient de sortir un livre.
01:42Ce livre, magnifique.
01:43« Face aux risques psychosociaux, guide pratique pour comprendre, prévenir et agir »
01:47publié chez Airol.
01:48Voilà, on vous souhaite la bienvenue, on est ensemble jusqu'à 20h.
01:55Alors, on est très intéressé, parce que c'est vrai que quand on a lu cette information,
02:01comme beaucoup de Français d'ailleurs, de dire, voilà, on a une relation consentie au bureau,
02:07mais il y a plein de choses, il y a plein de paramètres qu'il faut savoir.
02:12Bien entendu qu'on ne peut pas agir sur la vie privée des gens,
02:15quand on est patron d'entreprise, en tout cas d'un grand groupe,
02:18mais malheureusement, il y a un cadre qui fait que ça peut poser des problèmes.
02:23Jean-Claude Delgène ?
02:24Oui, ce qu'il faut savoir, c'est que les deux tiers de notre vie éveillée,
02:27on les passe au travail.
02:28Alors, pour ceux qui en ont un, bien sûr.
02:30Et donc, l'avantage du travail, c'est quoi ?
02:34C'est qu'on peut voir les gens en réel, authentiques.
02:37On voit ce qu'ils font, on voit comment ils se comportent dans telle situation.
02:40Est-ce qu'ils sont mesquins ? Est-ce qu'ils sont généreux ?
02:42Est-ce qu'ils sont joyeux ? Est-ce qu'ils sont chiants ?
02:44Et donc, à partir de là, on peut dire...
02:46Il vous regarde quand il dit ça, Philippe David.
02:48À partir de là, on peut considérer que le travail est une fabuleuse agence matrimoniale.
02:54D'ailleurs, l'étude que nous avons menée montre que 46% des salariés français
02:59ont connu une histoire soit romantique, soit plutôt sexuelle au travail.
03:0646%, c'est-à-dire un sur deux.
03:08Et ce qui est très intéressant de voir, c'est que sur ces personnes qui ont eu une histoire au travail,
03:1580% considèrent que c'est une histoire sérieuse.
03:18simplement 17% qui sont en fait un coup d'un soir.
03:21Absolument.
03:21Voilà.
03:22Bon.
03:22Donc, c'est quand même intéressant.
03:24Alors, en revanche, autre aspect très intéressant, c'est en plein dans notre sujet,
03:29c'est que la moitié de ceux qui ont eu cette histoire, c'est-à-dire à peu près 25%,
03:33se retrouvent avec vraiment des conséquences assez terrifiantes au niveau de leur travail,
03:39des rumeurs, des jalousies, des caractérisations un peu hâtives, etc.,
03:45qui peuvent effectivement entraîner des impacts sur le travail.
03:48Et ça, on va en parler, mais ce n'est quand même pas normal,
03:51parce que moi, je considère que l'amour au travail ne doit pas subir de prohibition.
03:56On n'est pas donc dans un pays pudibon.
03:59Totalitaire, un peu pudibon.
04:00Voilà.
04:01Et donc, on doit pouvoir laisser s'exprimer les émotions au travail.
04:04Maître Philippe Pateau, que dit le droit, vous qui êtes avocat associé au cabinet Barthélémy,
04:09et vous avez plaidé dans ce type de dossier, que dit le droit dans ce domaine ?
04:13Il y a des règles ou pas ?
04:15Oui, absolument, il y a des règles.
04:16Alors, d'abord, quand on va au travail, on y va en principe pour travailler.
04:21Mais comme le rappelle Jean-Claude Delgène,
04:24la vie privée ne s'arrête pas aux frontières de l'entreprise.
04:27Mais évidemment, les relations intrapersonnelles, les relations sentimentales,
04:32elles peuvent aussi se vivre au travail.
04:35Simplement, il faut qu'il y ait des règles, évidemment.
04:37C'est-à-dire que la vie privée, elle doit pouvoir s'exercer au travail,
04:40mais dans des règles qui sont fixées par l'employeur.
04:43C'est l'employeur qui fixe l'organisation du travail,
04:46qui par voie de conséquences, et vous en avez parlé par le biais du règlement intérieur,
04:51codifie ce dispositif.
04:53C'est-à-dire que chaque, pardon je vous coupe,
04:55chaque entrepreneur, en tout cas patron d'entreprise,
04:57décide de son cadre de travail ?
04:59Oui, pour une bonne raison, c'est qu'il est seul à assumer la responsabilité pénale
05:04qui, pour autant, peut être engagée lorsqu'il est défaillant.
05:09Donc, évidemment, il se doit, c'est une obligation, d'organiser le travail
05:13et par voie de conséquence, à un moment donné,
05:16d'aborder la question de la vie privée au travail,
05:18au-delà des relations sentimentales,
05:21c'est l'utilisation des nouvelles technologies de l'information,
05:24puis j'utilisais mon portable,
05:26puis j'allais sur les réseaux sociaux pendant mon travail,
05:28puis j'utilisais mon ordinateur personnel
05:30à jouer pendant mon temps de travail,
05:33ou à faire mes courses, etc.
05:35Bref, tous ces éléments-là,
05:37qui, il y a 20 ans, n'existaient pas,
05:39ont pénétré le monde du travail.
05:42Et donc, il appartient aujourd'hui aux employeurs
05:44simplement de fixer la règle,
05:46avec une limite,
05:46qui est la liberté fondamentale,
05:48liée à la vie privée,
05:49mais on va sans doute en reparler.
05:51Oui, alors, moi, j'avais une question.
05:53Alors que, quels sont les paramètres ?
05:55Parce que j'imagine qu'entre les liens de subordination
05:58des uns, des autres,
05:59en fonction de votre métier
06:02et de votre niveau, entre guillemets, dans l'entreprise,
06:05si un subordonné est avec un de ses patrons,
06:08s'il est...
06:08Parce qu'on a vu des cas,
06:09des cas avec des DRH,
06:11avec des syndicats,
06:13donc ça aussi,
06:15ça veut dire qu'il faut le prévoir en amont, en fait.
06:17Alors, il y a des règles qui s'imposent.
06:20Il y a des règles qui sont issues du droit constitutionnel,
06:23du bloc de constitutionnalité.
06:26On a des règles qui sont issues de nos obligations internationales,
06:29l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
06:31D'accord.
06:31Et puis, il y a des règles de notre Code civil,
06:33l'article 9,
06:33qui caractérisent la vie privée,
06:38qui caractérisent plus exactement la protection de la vie privée.
06:41Et le Code civil parle même de vie intime.
06:44Alors, jusque-là,
06:45le texte était précis.
06:48Évidemment, c'est la casuistique
06:50qui fait qu'à un moment donné,
06:52la jurisprudence,
06:54et c'est du droit prétorien pour l'essentiel,
06:56est confrontée à la réalité.
06:57Alors, vous faites allusion à quelque chose
06:59qui a beaucoup agité l'endorné ou juridique,
07:01à une affaire précise que je peux relater devant vous.
07:05C'est un arrêt important du 29 mars 2024,
07:08dont la doctrine se pose la question
07:10de savoir si c'est un arrêt de principe
07:11ou un arrêt parmi d'autres.
07:14Effectivement, un patron de site DRH
07:18avait caché sa relation intime,
07:22dont on ne sait pas d'ailleurs
07:23si elle était extra-conjugale ou pas,
07:27avec le représentant du personnel.
07:31Et l'employeur avait appris...
07:32Donc, syndicaliste.
07:34Probablement syndicaliste,
07:36et qui avait été amené d'ailleurs
07:37à discuter,
07:38compte tenu des délégations
07:39de ce directeur de site,
07:40en direct avec celui-ci,
07:42sur des opérations d'ailleurs
07:44de réduction d'effectifs,
07:45de négociations d'accords collectifs, etc.
07:48Et donc, cet employeur apprenant
07:50cette relation intime
07:51avait engagé une procédure de licenciement
07:54pour faute grave,
07:55ce qui n'est pas rien,
07:55et assez extraordinaire.
07:57sur l'obligation de loyauté.
08:00Et donc, il avait considéré
08:01que le salarié,
08:02en ne révélant pas
08:03cette relation intime,
08:06avait été défaillant
08:08par rapport à cette obligation.
08:09Et la Cour de cassation,
08:10de manière assez inattendue,
08:11devrais-je dire,
08:12pour moi qui suis témoin
08:13de la vie juridique,
08:16a validé le licenciement,
08:18considérant que,
08:20compte tenu de l'implication
08:21de ce représentant du personnel
08:23dans la négociation
08:24d'un certain nombre d'accords,
08:26des délégations
08:27que ce directeur avait,
08:29il aurait dû révéler
08:30à qui, comment,
08:31sous quelle protection,
08:33la Cour de cassation ne le dit pas.
08:35Et donc, surtout,
08:35il est licencié
08:36pour violation
08:37d'une obligation de loyauté,
08:38sans pour autant
08:39qu'il soit demandé,
08:40c'est ce qui me choque le plus,
08:41en quoi le salarié avait failli
08:43du fait de cette relation intime.
08:45Mais quand on voit
08:47que chez Nestlé,
08:49il aurait eu l'obligation
08:51de dévoiler une relation
08:52avec une subordonnée,
08:53mais à partir de quel moment
08:54doit-on dire une relation ?
08:56Jean-Claude Delgène,
08:57c'est une question.
08:58Après la première nuit d'amour,
08:59après le premier dîner,
09:00après quoi ?
09:01Non mais c'est quand même intéressant.
09:03Là, dans le cas de Nestlé,
09:04Bien dans le micro, Jean-Claude.
09:05Dans le cas de Nestlé,
09:06il y a quand même deux différences.
09:08La première,
09:09c'est qu'on n'est pas en France,
09:11le droit français,
09:12C'est en Suisse, absolument.
09:12Oui, c'est en Suisse.
09:13Deuxièmement,
09:14dans le cas de Nestlé,
09:16c'est un mandataire social.
09:17Donc c'est un peu différent.
09:19Mais c'est vrai
09:20que certaines législations,
09:22vous prenez par exemple
09:22les Etats-Unis,
09:23aux Etats-Unis,
09:25la réglementation
09:27de l'acte, disons amoureux,
09:29de l'acte de la relation intime
09:31est très sérieusement contrôlée
09:34puisque la moitié des sociétés
09:36exigent
09:37qu'il y ait une déclaration
09:41lorsque vous avez une relation
09:43avec un partenaire
09:45au sein de l'entreprise.
09:47La moitié,
09:48c'est énorme.
09:48Et donc,
09:49vous avez donc une obligation
09:51de faire une déclaration
09:52à votre DRH,
09:53vous avez l'obligation
09:56de signer ce qu'on appelle
09:56un love contract,
09:58c'est-à-dire que
09:58vous devez en fait...
09:59Oui, mais à partir de quoi ?
10:03De quel moment ?
10:04Et si vous ne le faites pas,
10:05vous pouvez vous exposer
10:06à un licenciement.
10:07Et donc,
10:08non, c'est très sérieux.
10:09Vous avez des boîtes
10:09aux Etats-Unis par exemple.
10:11Tout cela,
10:11on le voit très bien
10:12dans l'étude
10:13que nous avons menée
10:13dont on a parlé au départ.
10:16Une étude qu'on a faite
10:16avec le centre de recherche.
10:17Je vais vous parler dans un instant
10:18parce qu'il me reste 30 secondes.
10:20Laissez-nous le teasing.
10:22Allez, on fait une petite pause.
10:24On revient dans un instant.
10:25Si vous avez, vous aussi,
10:26eu une relation au bureau
10:27et que ça a été compliqué
10:28pour des raisons...
10:29X, Y, Z.
10:31Oui, peu importe.
10:320,826, 300, 300.
10:35On vous l'annonce,
10:35le Premier ministre
10:37devrait tomber
10:37dans quelques instants.
10:38Il se peut,
10:39à un moment donné,
10:39qu'on lâche l'affaire
10:41de l'amour au bureau.
10:43Et on reviendra
10:44sur l'actualité politique.
10:46Mais bien entendu,
10:46on garde nos deux invités
10:47avec Jean-Claude Delgène
10:49avec ce livre
10:50« Faire face aux risques psychosociaux »
10:52aux éditions Top Management.
10:54On revient dans un instant.
10:55Sud Radio,
10:56votre attention
10:57est notre plus belle récompense.
10:59Merci de nous écouter
11:00sur Sud Radio.
11:01Non, c'est normal
11:02parce que vous êtes
11:03une radio sympa,
11:04diversifiée et tout.
11:06Donc, c'est très bien.
11:07Sud Radio,
11:08parlons vrai.
11:09Sud Radio,
11:10les vraies voix de l'emploi.
11:12Et les vraies voix de l'emploi
11:13ce soir avec ce sujet
11:14sur l'amour au travail.
11:16et c'est une bonne
11:17ou une mauvaise nouvelle.
11:18Oui, on salue Valérie,
11:19expert que vous retrouverez
11:20tous les matins
11:21en l'embrasse de 10h à midi
11:22qui nous envoie.
11:24En fait,
11:24l'ancien patron de Nestlé
11:25a été surpris
11:26à l'hôtel
11:27par son autre maîtresse
11:29avec son autre maîtresse.
11:31Mais qu'est-ce qu'elle faisait
11:32à l'hôtel ?
11:33C'est une bonne question.
11:34Si elle était avec son mari,
11:35je ne sais pas.
11:35Ouh là là !
11:36C'est un peu compliqué.
11:38Mais justement,
11:38une question à mettre.
11:39Attendez, attendez.
11:40Jean-Blaude Delgen
11:41est avec nous,
11:41président de Technologia.
11:43Et ce livre,
11:43je le rappelle,
11:44Faire face aux risques psychosociaux,
11:46guide pratique pour comprendre,
11:47prévenir et agir
11:48chez Top Management.
11:50Et notre avocat du jour,
11:52Philippe Pateau,
11:53qui est avocat associé
11:54chez Barthélémy Avocat.
11:55Philippe Pateau,
11:56est-ce que là,
11:57par exemple,
11:57a priori,
11:57il y aurait plusieurs aventures ?
11:59Est-ce que quelqu'un,
12:00homme ou femme,
12:01il n'y a pas de question,
12:03qui collectionnerait les conquêtes,
12:05ça peut être un motif de licenciement
12:07ou considéré comme faute grave ?
12:09Qu'est-ce que ça dit ?
12:10Alors,
12:11la jurisprudence,
12:12puisque vous l'avez compris,
12:13c'est essentiellement
12:14un droit jurisprudentiel.
12:16Oui.
12:16La jurisprudence
12:18consacre la vie privée,
12:20le respect de la vie intime,
12:22car elle en fait
12:22une liberté fondamentale,
12:23et donc un licenciement
12:25du fait de la vie intime
12:26est nul et de nul effet.
12:28Sauf.
12:29Sauf exception.
12:30Ah d'accord.
12:30Et ce sont donc
12:32ces exceptions,
12:33du fait de,
12:34finalement,
12:34des faits divers
12:35que la jurisprudence traite,
12:37qui font évoluer le droit.
12:40Exemple,
12:41le trouble caractérisé
12:42à l'entreprise.
12:43Imaginons
12:44qu'un séducteur,
12:45un grand séducteur
12:46dans l'entreprise,
12:47multiplie les conquêtes,
12:49et que ces conquêtes,
12:50déçues pour certaines,
12:52ou pour certains,
12:53d'abord aussi,
12:53pourraient le faire,
12:54fassent valoir
12:57qu'elles sont dérangées
12:59dans leur travail
13:00et que ça les perturbe,
13:01ils pourraient donc
13:02en tirer comme conséquence,
13:04l'employeur pourra
13:05en tirer comme conséquence,
13:06qu'il y ait un trouble caractérisé,
13:07sous réserve que ce trouble
13:08soit caractérisé,
13:09ce n'est plus
13:10un licenciement disciplinaire,
13:11c'est un licenciement
13:12pour causer les sérieuses,
13:13mais qui pourrait
13:14venir sanctionner
13:15une conduite,
13:17par exemple,
13:18particulièrement séductrice,
13:19au temps et au lieu de travail
13:22d'un collaborateur,
13:24ce serait envisageable.
13:25Jean-Claude Elgène,
13:26il y a cette étude
13:27qui existe,
13:28que vous avez réalisée,
13:30qui dit quoi
13:31sur tous ces chiffres ?
13:33Elle dit simplement
13:33que l'attractivité,
13:36l'acceptabilité
13:37de la relation
13:38dépend de trois grands critères.
13:41Le premier,
13:42c'est plus simple
13:44d'avoir une relation
13:45avec un collègue
13:45quand il n'y a pas
13:46trop de relations hiérarchiques.
13:48D'accord.
13:49Voilà.
13:50C'est inversement proportionnel
13:51la relation hiérarchique,
13:52en fait.
13:53Plus vous êtes...
13:54Éloigné,
13:55pas dans le même service.
13:56Voilà.
13:57Donc ça,
13:57c'est la première chose.
13:58La deuxième chose,
13:59c'est les relations...
14:00Après, on ne choisit pas non plus
14:01de qui on tombe amoureux.
14:03Voilà.
14:03Voilà, c'est ça.
14:04Ceci dit...
14:05Alors attendez,
14:05je regarde si vous êtes assez loin.
14:06Non, je ne ferai rien avec vous.
14:08Non, non,
14:08je parle au point de vue hiérarchique.
14:10Oui, c'est ça.
14:10En fait,
14:11par exemple,
14:12l'encadrement
14:12a du mal.
14:15Il y a très peu de cas,
14:16de cadres supérieurs
14:18qui sortent
14:18avec des personnes
14:20de rang hiérarchique
14:23très inférieur.
14:24D'accord.
14:24Ça existe,
14:25mais c'est assez rare.
14:26La deuxième chose,
14:27le deuxième critère,
14:28ça c'est très intéressant,
14:29c'est qu'il y a
14:30bon nombre de relations,
14:32mais très souvent,
14:33pour qu'il y ait relation,
14:34il faut qu'il y ait connexion
14:35en dehors de l'entreprise.
14:36Par exemple,
14:37dans les after work,
14:42ou par exemple,
14:43dans les voyages organisés
14:44par le comité d'entreprise.
14:46Voilà.
14:46Donc ça,
14:46c'est très intéressant.
14:47La troisième chose,
14:48c'est le genre.
14:49En particulier,
14:50les femmes sont quand même
14:51beaucoup moins réceptives
14:52à cette acceptabilité
14:54de la relation,
14:55parce qu'en fait,
14:5625% des femmes
14:58ont subi,
14:59très souvent,
15:00des dragues très lourdes,
15:01des actions de séduction,
15:03entre guillemets,
15:04vraiment disproportionnées.
15:07Et donc,
15:07elles sont plus rétives
15:09à ces actions,
15:10je dirais,
15:11relationnelles,
15:12amoureuses,
15:12que les hommes.
15:15Mais ceci dit,
15:16malgré tout,
15:16ça se fait,
15:17puisqu'encore une fois,
15:18il y a énormément
15:19de relations.
15:20C'est dans le non-dit.
15:22C'est une relation
15:23qui est dans le non-dit.
15:24Le problème,
15:25c'est que quand ça commence
15:26à poser,
15:26c'est souvent,
15:27le problème,
15:28c'est quand il y a une rupture.
15:29Ah oui,
15:29c'est ce que j'allais dire.
15:30Quand vous êtes dans une équipe
15:32et qu'il y a la rupture,
15:33rupture et rancœur.
15:34Voilà.
15:34Et là,
15:35la personne qui,
15:36en fait,
15:37je dirais,
15:38perd l'amour,
15:40elle peut aussi souvent
15:41perdre le boulot.
15:42C'est souvent la double peine.
15:43Pourquoi ?
15:44Parce qu'elle est mal,
15:45elle va s'adresser à l'autre.
15:47Souvent,
15:48elle va déraper,
15:49elle va même parfois
15:50tomber dans le harcèlement sexuel.
15:51Et comme la réglementation,
15:52elle n'est pas prévue pour cela
15:54et que les RH
15:56ne sont pas formés aussi
15:57à gérer ces situations-là,
15:58ça se termine par,
15:59souvent,
16:00un coup près,
16:00c'est-à-dire que la personne,
16:01elle est virée.
16:03Et donc,
16:03c'est souvent la double peine.
16:04Et là,
16:04il faut faire attention.
16:05Il faut donc gérer ça
16:06en informant,
16:08en gérant,
16:08en anticipation.
16:10Par exemple,
16:10en évitant de mettre,
16:12par exemple,
16:12dans les équipes commerciales,
16:13c'est souvent le cas,
16:14des gens qui sont ensemble,
16:16de les garder
16:16sur les projets ensemble.
16:18On peut gérer,
16:19en fait,
16:19ces questions-là.
16:20Maître Pateau,
16:22quand quelqu'un
16:22vient voir son patron
16:24en disant,
16:25voilà,
16:25moi je suis DRH,
16:26par exemple,
16:27j'ai une relation consentie
16:29avec quelqu'un de mon bureau
16:31ou du bureau d'à côté,
16:33ok,
16:33c'est déclaré,
16:34c'est une liaison officielle.
16:36Et si ça dérape ?
16:38Oui,
16:39alors,
16:39je vais revenir
16:41sur ce que vient de dire
16:42Jean-Claude Delgène,
16:43mais je vais répondre
16:44à votre question,
16:45c'est en lien.
16:45Ça m'arrangerait ?
16:46Dans l'affaire suisse,
16:48ce qu'il ne m'a pas échappé,
16:49dans l'affaire Nestlé,
16:51c'est qu'il s'agissait
16:52d'une charte interne
16:53qui obligeait les dirigeants
16:55à déclarer
16:55les relations intimes
16:57avec leurs subordonnés
16:59directes.
17:00Directe, d'accord.
17:00Et donc,
17:01derrière tout ça,
17:01il y a la notion de harcèlement.
17:02C'est-à-dire que les anglo-saxons
17:03et le droit suisse
17:04n'est pas totalement étranger non plus,
17:06sont terrorisés
17:07par les affaires de harcèlement.
17:08Si vous permettez,
17:09Sébastien Lecornu
17:10vient d'être nommé
17:11officiellement Premier ministre.
17:13Voilà.
17:13Donc,
17:13on fera un petit papier
17:14dans un instant.
17:15Selon TF1.
17:16Donc,
17:17je suis à peu près certain
17:19que dans la tête
17:20des dirigeants de Nestlé,
17:22il y avait l'idée
17:23que ne pas respecter
17:25cette règle,
17:25c'était admettre
17:26qu'un grand patron
17:27pouvait avoir une emprise
17:28sur une subordonnée directe
17:30et que cette déclaration
17:30n'avait que d'intérêt
17:32que de protéger éventuellement
17:33cette personne
17:35pour illustrer
17:37les propos
17:38de Jean-Claude Delgède.
17:39Il y a beaucoup
17:40de harcèlement au travail,
17:41de harcèlement sexuel au travail.
17:43Et les anglo-saxons
17:44sont terrorisés
17:45puisque les dommages
17:45et intérêts en la matière
17:46sont absolument
17:47colossaux.
17:49Mais alors,
17:50vous parlez des Etats-Unis.
17:52Il y a une affaire
17:52qui a fait
17:53beaucoup parler.
17:55Le couple illégitime
17:56PDG et DRH
17:57d'astronomeurs,
17:58une entreprise américaine,
18:00filmé à leur insu
18:01lors de concerts
18:01de Colplay aux USA,
18:03mais là,
18:04ils n'ont rien demandé.
18:05Ils sont filmés
18:05et ils ont dû
18:07démissionner
18:08tous les deux
18:08de leur poste.
18:09Il y aurait eu
18:09même cause,
18:10même effet en France
18:11à votre avis ou pas ?
18:11Non, pas du tout.
18:12D'abord parce que
18:13le rapport entre le droit
18:14et la morale
18:14n'est pas le même
18:15en France et aux USA.
18:17Et puis,
18:18il faut compléter
18:18l'information
18:19par dire que
18:20ce couple-là
18:20engage une action
18:22d'hommage et intérêt
18:23contre Colplay.
18:25Vous avez dû le voir.
18:25Contre Colplay, oui,
18:26c'est vrai.
18:27Allez, si vous permettez,
18:28allez, place au direct.
18:31Les vraies voix
18:31Sud Radio.
18:34Et Alban,
18:34Texera,
18:35on vient de l'apprendre
18:35dans un communiqué
18:36de l'Elysée.
18:37Sébastien Lecornu
18:37vient d'être donc
18:38nommé Premier ministre.
18:40C'est donc un très proche
18:41conseiller d'Emmanuel Macron
18:42qui a été choisi,
18:43Alban.
18:44C'est la consécration
18:45d'un fidèle
18:46du macronisme.
18:47Sébastien Lecornu,
18:4839 ans,
18:49vient de passer
18:50huit années consécutives
18:51au gouvernement
18:52sans jamais en sortir.
18:54Entré en 2017
18:55comme secrétaire
18:56d'État à l'écologie,
18:57il a ensuite dirigé
18:58les collectivités territoriales,
19:00les Outre-mer,
19:01les armées,
19:02poste qu'il a conservé
19:03même après les remaniements
19:04issus de la droite.
19:06Il a commencé sa carrière politique
19:08comme maire de Vernon,
19:09une commune de 24 000 habitants
19:10dans l'heure,
19:12proche de Bruno Le Maire.
19:13Il a milité très jeune
19:14à l'UMP
19:15avant de rejoindre
19:15Emmanuel Macron.
19:16Il est aussi lié personnellement
19:18à Gérald Darmanin,
19:19son ami de 20 ans
19:20avec qui il partage
19:21une fidélité sans faille
19:22au président,
19:23surnommé Le Cornichon,
19:25vous avez bien entendu
19:26par ses collègues.
19:28Il est gendarme
19:28de réserve à ses heures.
19:30Sébastien Lecornu
19:31devient donc aujourd'hui
19:32Premier ministre.
19:34Chose à retenir,
19:35il y a neuf mois,
19:35il était déjà favori
19:36pour Matignon,
19:37mais il a dû s'effacer
19:38au dernier moment
19:38au profil d'un certain
19:40François Bayrou.
19:41Reste à voir
19:42si lui aura plus de succès.
19:44Voilà,
19:44dans quelques instants
19:45nous aurons Luc Gras
19:46en direct
19:47au 0826 300 300.
19:49Pardon messieurs,
19:50on est obligé de le direct,
19:51je rappelle votre livre.
19:52Jean-Claude Delgène
19:53et Françoise Maréchal
19:54qui co-écrit ce livre
19:57Faire face aux risques
19:59psychosociaux,
19:59guide pratique
20:00pour comprendre,
20:01prévenir et agir
20:02aux éditions Erol.
20:04Et merci beaucoup,
20:05en tout cas,
20:06Maître Philippe Pateau,
20:07avocat associé
20:08chez Barthélémy.
20:09Avocat,
20:09on vous réinvitera
20:10bien entendu.
20:10C'est le direct
20:12et avec nous,
20:14bien entendu,
20:14Luc Gras.
20:15Bonsoir Luc.
20:16Luc Gras,
20:16politologue.
20:18Bonsoir.
20:18Merci d'avoir accepté
20:19en tout cas
20:20ce direct
20:21de dernière minute.
20:21Ça y est,
20:22Sébastien Lecornu,
20:23alors on imaginait
20:24peut-être
20:24Yael Bourron-Pivet
20:26ou quelqu'un de la gauche
20:28et on sent quand même
20:28que c'est encore
20:29le camp
20:30d'Emmanuel Macron
20:32qui aujourd'hui
20:33est à la tête
20:34de Matignon.
20:35Oui,
20:36si l'on considère
20:36l'attitude
20:37d'Emmanuel Macron
20:38à chaque fois
20:39qu'il a un choix
20:39à faire,
20:40ce n'est pas
20:41une surprise.
20:42Il souhaitait
20:43le nommer
20:44il y a neuf mois
20:45et François Béroux
20:47a imposé
20:49sa candidature
20:50donc il revient
20:51à M. Lecornu.
20:54C'est un homme
20:54de confiance.
20:56Simplement,
20:57on peut observer
20:58que trois Français
20:59sur quatre
21:00lorsqu'ils avaient été
21:00sondés
21:01sur le nom
21:01de Lecornu
21:03avaient dit
21:04qu'ils ne le souhaitaient
21:05pas.
21:06Donc Emmanuel Macron
21:07continue dans une dynamique
21:09qui est celle
21:10de ne pas écouter
21:11les Français
21:12et donc
21:13pour Sébastien Lecornu
21:14ça ne va pas être facile
21:15de remonter la pente.
21:17Luc Gras,
21:17vous êtes auteur
21:18notamment du livre
21:19La démocratie en péril.
21:20Est-ce que
21:21les bonnes relations
21:22entre Sébastien Lecornu
21:24et Marine Le Pen
21:25qui ne sont un secret
21:25pour personne
21:26ont joué
21:27dans sa nomination
21:27en espérant
21:29éviter à l'avenir
21:30une censure
21:31des 120 députés RN ?
21:33Vous avez raison
21:34de rappeler
21:34que Sébastien Lecornu
21:36a du savoir-faire
21:37et notamment
21:38avec son ami
21:39Thierry Solaire
21:40il a pu
21:41à plusieurs reprises
21:42rencontrer
21:43Marine Le Pen.
21:44Toutefois
21:45si on écoute
21:45cette dernière
21:46ce ne sera pas suffisant.
21:48On est à un tel niveau
21:49de crise démocratique
21:51dans ce pays
21:52où le président
21:53n'écoute pas
21:54ni les électeurs
21:56ni les représentants
21:58de la souveraineté nationale
22:00à l'Assemblée nationale
22:01que je crois
22:02que le fait
22:03de la qualité
22:04de relationnel
22:05entre Marine Le Pen
22:07et Sébastien Lecornu
22:09il ne faut pas
22:10en tirer l'enseignement
22:11que ça va permettre
22:12au RN
22:14d'adopter
22:15une attitude conciliante
22:18vis-à-vis de lui.
22:19Ce sont véritablement
22:20les engagements
22:21que va prendre maintenant
22:22Sébastien Lecornu
22:24qui vont ou pas
22:25changer les choses.
22:26Alors est-ce qu'on nous dit
22:27que Sébastien Lecornu
22:29est chargé de consulter
22:30les partis
22:31en vue de bâtir
22:31les accords indispensables
22:33aux décisions
22:33des prochains mois
22:35c'est un communiqué
22:36de presse
22:37de l'Elysée
22:37est-ce que ça veut dire
22:38que Sébastien Lecornu
22:39est un homme de compromis
22:40entre la gauche
22:41et la droite ?
22:43Alors Sébastien Lecornu
22:44a fait toute sa carrière
22:45à droite
22:46principalement
22:48au RPR
22:49et à l'UMP
22:50mais c'est vrai
22:52qu'il a une certaine
22:53habileté relationnelle
22:54qui est indiscutable
22:56et par conséquent
22:58il va tenter
22:59sa chance
22:59là où
23:00le Bérou
23:01Béarnet
23:02Bourru
23:03s'est cassé
23:05les dents
23:06on attendait
23:07de Bérou
23:07que ce soit
23:09un bon négociateur
23:10il n'en a rien
23:11été
23:11Sébastien Lecornu
23:13ne peut pas faire pire
23:14On dit qu'il est assez discret
23:17Sébastien Lecornu
23:18et pourtant
23:19on dit de lui
23:20qu'il est assez travailleur
23:22est-ce qu'il va falloir
23:22en tout cas
23:23est-ce que ça va
23:24changer quelque chose
23:25de se dire
23:25que c'est un besogneux ?
23:27Moi j'ai eu l'occasion
23:28de le côtoyer
23:29lorsque j'étais
23:30à l'Assemblée Nationale
23:31c'est quelqu'un de travailleur
23:32c'est quelqu'un de sérieux
23:33il l'a d'ailleurs montré
23:35au ministère de la Défense
23:36mais j'ai peur
23:38que dans
23:38les circonstances
23:40actuelles
23:40et l'équation
23:41politique
23:42cela ne suffise pas
23:44Il pourrait être renversé
23:46rapidement
23:46c'est ça que vous dites ?
23:47Le choix
23:48d'Emmanuel Macron
23:49c'est encore
23:50un choix de confort
23:51c'est de choisir
23:52quelqu'un
23:52en qui il a confiance
23:54et qui ne lui fera pas d'ombre
23:55la question
23:56c'est
23:57est-ce qu'il
23:57c'est vraiment
23:58la dernière possibilité
24:01qu'il essaye
24:01avec Sébastien Lecornu
24:04et si celui-ci
24:06est défait
24:06d'une manière
24:07ou d'une autre
24:07soit au moment du budget
24:08on peut espérer
24:09que le budget
24:09passera par le 49-3
24:11mais à l'occasion
24:12de tout autre texte
24:14à ce moment-là
24:15en choisissant
24:16Lecornu
24:16encore plus
24:17si cette fois-ci
24:18il y a une défection
24:20à l'Assemblée nationale
24:21on comprend bien
24:22qu'il sera encore plus exposé
24:24et finalement
24:25avec le choix
24:26de Lecornu
24:27Emmanuel Macron
24:28choisit
24:29de se corneriser
24:30encore plus
24:31et davantage
24:31elle est pas mal
24:32celle-là
24:32voilà
24:33c'est effectivement
24:34officiel
24:34Sébastien Lecornu
24:36est donc
24:38nommé
24:38à la tête
24:39de Matignon
24:40encore
24:40merci beaucoup
24:41Luc Gras
24:42merci à Jean-Claude Delgène
24:43président de Technologia
24:44aussi
24:45et pardon
24:45à Philippe Pateau
24:47avocat associé
24:48chez Barthélémy
24:49avocat
24:50merci beaucoup
24:50on leur a fait une infidélité
24:51en plein débat
24:52mais vous reviendrez
24:53on n'a pas fini
24:54sur l'amour au travail
24:55passez une très belle soirée
24:57on se retrouve demain
24:58à partir de 18h
24:59avec Philippe
24:59et nos vrais voix
25:00merci de votre fidélité
25:02à demain
25:02salut