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00:09C'est un vagabond du rail soupçonné d'être un tueur en série notoire.
00:13A l'été 1999, le FBI lance une traque nationale pour retrouver Andréel Rezendiz Ramirez.
00:21Une des plus grandes chasses à l'homme aux Etats-Unis.
00:24On l'appelait le tueur du rail.
00:27C'était un fantôme qui se déplaçait en train.
00:30Il a tué quelqu'un que j'aimais et je ne comprends pas pourquoi.
00:34Les gens étaient sur les nerfs, surtout aux alentours des voies ferrées.
00:38Je me barricade et je dors avec une arme.
00:42Il n'y a qu'une personne qui a survécu à son face-à-face avec le tueur du rail.
00:47Et elle a aidé les autorités à mettre un terme à sa folie meurtrière.
01:22Je m'appelle Holly Dunn et je viens d'Evansville dans l'India.
01:27On a grandi sur une propriété de 5 hectares.
01:30Il y avait tellement d'espace pour jouer et s'amuser.
01:33C'était un endroit idéal pour les enfants.
01:36Mes parents étaient très drôles et très amoureux l'un de l'autre.
01:40Ils nous offraient un exemple formidable du genre de vie qu'on voulait avoir.
01:45J'avais un demi-frère qui s'est tué dans un accident de voiture.
01:50Il a fallu apprendre à se rétablir et à vivre avec ça.
01:53Mais ma sœur et moi avons toujours été très proches.
01:57Elle n'avait que 19 mois de plus que moi.
02:00Je me suis toujours sentie aimée et protégée.
02:03Ma vie était très insouciante à la fac.
02:09En 1995, à 18 ans, Holly Dunn a hâte d'entrer à l'université du Kentucky à Lexington.
02:18J'adorais Lexington.
02:21Je m'y sentais en sécurité.
02:23J'étais place là-bas.
02:25C'est exactement ce qu'on veut ressentir quand on va à l'université.
02:30Ma sœur faisait partie d'une sororité.
02:32J'ai postulé aussi et j'ai été recrutée par les Kappa Kappa Gamma.
02:39J'ai rencontré Holly par l'intermédiaire d'une amie mutuelle qui était aussi dans notre sororité.
02:45Elle est vraiment très drôle.
02:46Elle fait partie de ces gens avec qui on est sûr de bien rigoler.
02:50Je suis du genre bout en train.
02:53Quand j'arrive quelque part, j'ai envie qu'on me remarque.
02:55J'étais exubérante.
03:00À la fin de sa deuxième année, Holly passe l'été à Lexington.
03:04Et un soir, elle sort fêter le 21e anniversaire de son amie Annie.
03:10J'avais hâte de pouvoir enfin boire de l'alcool en toute légalité et de voir mes amis qui étaient
03:16venus exprès.
03:18J'avais envie de m'éclater.
03:20Je me souviens dans le premier bar où on est allés, ils ne voulaient pas laisser entrer Holly parce qu
03:25'elle avait un an de moins que moi.
03:26Je n'avais que 20 ans, je suis plus jeune qu'elle.
03:30Mais quand on a une copine qui fête sa majorité, c'est une date importante.
03:34On voulait vraiment lui offrir un verre pour son anniversaire.
03:39On était super déçus et il était déjà minuit.
03:42Qu'est-ce qu'on fait à minuit l'été quand il n'y a personne à Lexington ?
03:46On a donc repris la voiture pour rentrer chez nous, juste à côté de la maison des Capas.
03:51Et on a vu un bar au coin de la rue qui faisait aussi laverie, si vous voyez ce que
03:57je veux dire.
03:58Donc on a décidé d'y aller.
04:01C'était un gros bar de quartier, ce que j'appellerais maintenant un bistrot.
04:07En arrivant à l'intérieur, on était un peu mal à l'aise parce qu'on ne connaissait personne et
04:12qu'on ne savait pas comment se comporter.
04:15On essayait de ne pas se faire remarquer pour pouvoir payer un verre à Annie.
04:20Mais personne ne nous a demandé notre carte d'identité.
04:24Je me suis dit, il faudra qu'on revienne ici.
04:26Tout le monde se fiche de mon âge.
04:29On est entrés et on a pris une table un peu excentrée.
04:32Il y avait un groupe de mecs à côté.
04:34Holly est allée les voir et elle a commencé à discuter avec eux.
04:38On leur a dit que c'était l'anniversaire d'Annie et qu'on était des Capas.
04:41Ils faisaient aussi partie d'une fraternité.
04:44On avait tellement de choses en commun.
04:46C'était étonnant qu'on ne se soit encore jamais rencontrés.
04:49L'un d'entre eux, Chris Meyer, âgé de 21 ans, tape dans l'œil de Holly.
04:55Chris avait un petit côté hippie, assez décontracté, comme Holly.
05:00Ils se sont tout de suite bien entendus.
05:04J'ai remarqué qu'il était très grand.
05:05Je le trouvais mignon.
05:07Il était sympa et il avait de la conversation.
05:09Je suis repartie de ce bar en me disant « Ce mec est super mignon.
05:14J'ai envie de le revoir. »
05:17C'était génial.
05:18Holly a une personnalité explosive et Chris était tout aussi sociable et intrépide.
05:24Je trouvais qu'ils allaient très bien ensemble.
05:28C'était le début d'une jolie petite histoire.
05:34Le lendemain, on avait prévu de faire un pique-nique, mais il pleuvait.
05:38Chris a commencé à sauter dans les flaques.
05:42J'ai découvert qu'il avait gardé son âme d'enfant.
05:46Je n'avais encore jamais rencontré de garçons comme ça.
05:50Et ça me plaisait.
05:53Il trouvait chaque jour une bonne raison de s'amuser.
05:57Je ne connaissais absolument rien à l'amour.
06:00J'avais simplement envie de passer du temps avec lui.
06:04Quelques mois plus tard, les cours ont repris.
06:07Le 29 août 1997, Chris passe prendre Holly pour aller à une soirée.
06:14Il était 22 heures.
06:17Chris avait des bières et d'autres trucs dans son sac à dos.
06:21On est restés environ une heure à la soirée, mais on ne pouvait pas vraiment discuter.
06:26C'était trop bruyant.
06:27Il m'a proposé d'aller faire un tour près de la voie ferrée.
06:33J'étais ravie de passer du temps toute seule avec lui.
06:36On a dû parcourir un demi-paté de maison jusqu'à la voie ferrée.
06:47C'est seulement la deuxième fois que je reviens à cet endroit.
06:53Ça vous fait quoi de revenir ici ?
06:55Tout a l'air très différent.
06:57À la lumière du jour, on ne dirait pas le même endroit.
07:01Ce n'est pas si terrible.
07:06Il faisait nuit noire.
07:08Il n'y avait même pas de lune pour nous éclairer.
07:12Mais je ne regardais que Chris.
07:14J'avais les yeux plongés dans les siens.
07:16On a discuté pendant une trentaine de minutes près des voies et ensuite, on a décidé de retourner à la
07:23soirée.
07:25On ne s'est pas aperçus que quelqu'un nous observait jusqu'à ce que ce type surgisse de derrière
07:30une armoire électrique.
07:35Il a demandé si on avait de l'argent.
07:38Il avait un accent qui m'a donné l'impression qu'il n'était pas américain.
07:43J'ai pensé qu'il était peut-être mexicain.
07:47Il avait une arme, une sorte de pique à glace ou de tournevis qu'il pointait sur Chris.
07:58Chris a commencé à lui dire, si vous voulez de l'argent, on peut vous donner nos cartes de crédit.
08:04On a une voiture, on peut aller retirer de l'argent.
08:07J'ai aussi des trucs dans mon sac à dos.
08:09Qu'est-ce que vous voulez ?
08:12Manifestement, l'homme n'a pas l'intention de les dévaliser.
08:15Il semble nourrir des projets beaucoup plus inquiétants.
08:19Il a obligé Chris à s'agenouiller pour fouiller son sac à dos.
08:24Et tout à coup, il s'est mis à lui ligoter les mains avec les lanières de son sac à
08:29dos.
08:30J'avais peur.
08:32Je ne savais pas ce qu'il faisait.
08:33Je ne comprenais pas.
08:36On est dans une confusion terrible.
08:39On se sent paralysé.
08:41Vous n'avez pas fui ?
08:42Je n'allais pas laisser Chris.
08:44Il le retenait.
08:45Je n'allais pas l'abandonner.
08:48Après quoi, l'homme s'est approché de moi.
08:51Il a pris ma ceinture et il m'a attaché les mains dans le dos avec.
08:58Ensuite, il a attrapé Chris par sa chemise et l'a traîné jusqu'au fossé à côté de la voie.
09:04Alors, je les ai suivis en bas.
09:07Je ne savais pas quoi faire d'autre.
09:12Il nous a obligés à nous allonger sur le ventre, dans le fossé.
09:16Je me souviens à l'avoir entendu déchirer une chemise pour nous ligoter les jambes et nous baïonner.
09:25Notre agresseur disait « Je viens de m'enfuir de prison ».
09:29Il avait l'air fou.
09:31Il n'arrêtait pas de remonter sur la voie en nous laissant seuls quelques secondes.
09:35Puis il revenait, puis il repartait.
09:38J'ai profité de son absence pour me libérer les mains et desserrer nos baillons.
09:42J'avais perdu mes chaussures et j'essayais de me libérer les pieds, mais je n'y arrivais pas.
09:48Je me démenais pour détacher les mains et les jambes de Chris.
09:51J'avais l'impression que rien de ce que je faisais ne fonctionnait.
09:58Je me disais « Comment on va l'empêcher de nous faire du mal ? »
10:03J'avais peur, je paniquais.
10:06Comment réagissait Chris ?
10:08Il était super calme et serein.
10:12Il ne pouvait pas imaginer ce qu'il attendait, mais...
10:16La dernière chose qu'il m'est dite, c'est « Tout va bien se passer ».
10:22À ce moment-là, notre agresseur a ramassé une pierre de 25 kilos.
10:27Je le revois en train de la porter vers nous.
10:29C'était irréel.
10:32Je me souviens qu'il la portait avec difficulté.
10:37Il l'a soulevée aussi haut qu'il a pu et l'a lâchée sur la tête de Chris.
10:49Quand elle est tombée, Chris a laissé échapper une sorte de gargouillement.
10:56Je savais au fond de moi qu'il était mort.
11:00Il était...
11:02Je ne peux même pas vous expliquer.
11:05Mais je sais qu'à ce moment-là, je me suis dit « Ok, je vais mourir. »
11:11Je vais mourir.
11:13Après avoir frappé Chris, il s'est approché de moi et m'a grimpé dessus.
11:17J'ai compris qu'il voulait me violer.
11:19Alors je me suis débattue.
11:21J'essayais de viser l'entrejambe et de lui faire mal.
11:25Je hurlais, je me débattais, je faisais tout ce que je pouvais.
11:30Il a attrapé son arme et m'a poignardée dans le cou.
11:35Je ne sentais rien, mais je savais qu'il l'avait fait.
11:39Il m'a dit « Tu vois comme ce serait facile de te tuer ? »
11:43Alors j'ai arrêté.
11:44Je me suis dit « Ok, je n'ai pas le choix. »
11:47Il m'a violée et...
11:51Je me souviens m'être détachée de mon corps.
11:55Je flottais au-dessus et je ne sentais rien.
12:00La seule chose que je pouvais faire, c'était mémoriser ses traits.
12:04Si je m'en sors, je connaîtrai ton visage dans le moindre détail et je te retrouverai.
12:12Au bout d'un certain temps, il m'a remis mon pantalon.
12:15Et à ce moment-là, il a attrapé quelque chose pour me frapper.
12:19Mais il n'a pas utilisé la pierre qui lui avait servi à tuer Chris.
12:22Il a pris autre chose.
12:24Il m'a frappé cinq ou six fois au visage.
12:27J'ai sans doute essayé de me protéger avec ma main parce qu'elle était enflée.
12:31Ensuite, j'ai dû détourner le visage et il m'a frappé cinq ou six fois à l'arrière de
12:35la tête.
12:37Il m'a assommée.
12:40Je ne sais pas combien de temps a duré l'agression, ni combien de temps je suis restée inconsciente.
12:46J'ai mis un bon moment à reprendre connaissance.
12:51J'ai fini par me relever sans même me rendre compte que j'étais blessée.
12:57Je sentais simplement qu'il y avait quelque chose de bizarre avec ma mâchoire.
13:01Je ne pouvais pas mordre ni parler correctement.
13:05L'homme qui a tué Chris et agressé Holly a disparu.
13:10Mais elle sait pertinemment qu'il peut revenir à tout moment.
13:15Holly comprend qu'elle doit se relever et laisser Chris derrière pour aller chercher de l'aide.
13:22Elle est en sang et elle a mal.
13:25Elle se relève et après avoir parcouru une centaine de mètres, elle voit une maison avec de la lumière.
13:32Je ne sais pas comment je suis arrivée jusqu'à la maison où j'ai demandé de l'aide.
13:37Surtout que mes pieds étaient intacts alors que j'ai marché sur une voie ferrée pleine de cailloux et de
13:42morceaux de verre.
13:44Je n'ai pas sonné. Je n'ai pas frappé à la porte. Je suis directement entrée dans la maison.
13:50Je me souviens avoir vu quelqu'un assis à un bureau.
13:54Je n'arrivais pas à parler mais je sais que j'ai dit « Appelez la police, mon ami est
13:58là-bas ».
14:00Je me souviens que j'avais terriblement envie de dormir.
14:05Je ne pouvais penser à rien d'autre.
14:11Quelques minutes plus tard, des voitures de police et une ambulance arrivent chez le jeune homme.
14:16J'étais dans les vapes.
14:18Je me souviens qu'on m'a mis sur un brancard et monté dans l'ambulance.
14:22Il y avait un type à l'arrière qui s'activait.
14:25J'entendais des bips.
14:27J'ai pris une profonde inspiration et je me suis dit « Ça y est, je suis sauvée ».
14:36J'étais de service ce soir-là.
14:39C'est moi qui me suis rendu sur les lieux, en bordure de la voie ferrée,
14:43où on nous avait signalé une victime d'homicide.
14:48Il y avait beaucoup de buissons et d'arbres.
14:50Il faisait très sombre.
14:52J'ai marché le long de la voie et j'ai vu Chris allonger par terre,
14:56avec des lésions traumatiques.
15:00On l'avait frappé à mort avec une grosse pierre.
15:03Il avait une énorme plaie à la tête.
15:05Les patrouilleurs m'ont informé qu'une victime du nom de Holly Dunn
15:10avait été transportée à l'hôpital pour recevoir des soins.
15:14On a collecté plusieurs pièces à conviction,
15:17des lacets, des chaussures,
15:19et un bâton dont on pensait qu'il avait servi à la frapper.
15:26On n'avait pas d'empreinte digitale.
15:28Il fallait que je parle à Holly Dunn.
15:31Elle était la seule à pouvoir identifier un suspect.
15:36Holly est conduite en urgence à l'hôpital de l'université du Kentucky.
15:43Elle a la mâchoire brisée et une fracture de l'orbite,
15:46ainsi que de multiples plaies au cou.
15:49Il y a du sang partout.
15:51Elle est en mauvais état.
15:54À l'hôpital, je n'étais qu'à moitié consciente.
15:56Je ne me souviens pas de grand-chose.
15:59Il m'avait fait des entailles profondes à l'arrière du crâne,
16:01si bien qu'il a fallu m'agrafer.
16:05Quand je suis arrivée à l'hôpital,
16:08elle faisait peine à voir.
16:10Mais si elle était en état de parler,
16:12je voulais obtenir un maximum d'informations sur le suspect
16:15avant que les médecins ne prennent la main.
16:18Je me méfiais, bien sûr,
16:20et je ne me sentais pas bien.
16:21J'avais envie de vomir.
16:23Je me disais,
16:24ce n'est pas le moment de me parler.
16:26Elle luttait pour communiquer.
16:29J'imagine à quel point ça doit être traumatisant
16:31d'être entravé
16:32et de voir votre petite amie se faire frapper à mort.
16:36Mais j'ai demandé à Holly de me décrire le suspect.
16:39Je lui ai dit,
16:40il mesure entre 1m70 et 1m73,
16:44il a les yeux noirs
16:45et porte une chemise blanche.
16:47C'est un Mexicain,
16:48mais il parle anglais.
16:50Et il a des lunettes.
16:53Je lui ai donné un maximum de détails.
16:55Je savais qu'on allait me faire un examen post-viol
16:58et j'appréhendais beaucoup.
17:00Surtout que j'étais en état de choc.
17:03Mais j'ai accepté de le faire
17:05parce qu'il fallait récolter des preuves.
17:08Ces prélèvements étaient le seul moyen
17:10de conserver les preuves ADN
17:11et d'identifier l'agresseur.
17:15Une fois l'ADN du suspect recueilli
17:17grâce au kit de collecte des preuves,
17:19la police laisse Holly se reposer.
17:22À ce stade,
17:24la terrible réalité
17:25commence à la rattraper.
17:29Mes parents sont arrivés
17:30à 5h du matin.
17:32Mon père m'a pris la main
17:33et je lui ai demandé
17:34« Chris est mort, n'est-ce pas ? »
17:37Et il a dit
17:38« Oui, il est mort. »
17:42C'était injuste.
17:45Je ne comprenais pas
17:46pourquoi j'étais en vie
17:47et pas lui.
17:57La première fois que j'ai vu Holly
17:58à l'hôpital,
17:59elle était couverte du sang
18:01et elle avait le visage très enflé.
18:03Elle était totalement
18:04méconnaissable.
18:07C'était horrible.
18:09Je n'arrivais pas à imaginer
18:11comment.
18:21Cinq jours plus tard,
18:22à sa sortie de l'hôpital,
18:25Holly repart dans l'Indiana
18:26avec sa famille.
18:30J'ai vraiment commencé
18:32à ressentir
18:32non seulement
18:33la douleur physique
18:34mais aussi
18:35la douleur émotionnelle
18:36de toutes ces épreuves.
18:39Je crois que je dormais
18:4120 heures par jour.
18:44À Lexington,
18:45la police
18:46entre l'ADN du suspect
18:47dans le système CODIS,
18:49la base de données
18:50génétiques nationales.
18:51Mais la recherche
18:52ne donne aucun résultat.
18:53Les enquêteurs
18:54se tournent alors
18:55vers Holly.
18:58Le portraitiste robot
19:00est venu me voir
19:01chez moi
19:02au bout de quelques jours
19:03pour faire un portrait
19:05de mon agresseur.
19:06Je savais que ça
19:08allait être difficile.
19:09Mais la seule chose
19:10que j'avais pu faire
19:11pendant l'attaque
19:12c'était mémoriser
19:14son visage.
19:15Je disais
19:16le nez n'est pas
19:17tout à fait comme ça.
19:19Mettez-lui des lunettes.
19:21Une monture carrée.
19:23Et tout à coup
19:23je lui ai dit
19:24voilà, c'est bien lui.
19:25il ressemble
19:27exactement à ça.
19:29On a pu concentrer
19:31nos investigations
19:32sur un homme hispanique
19:34âgé de 25 à 30 ans.
19:40Le portrait robot
19:42circule dans tout Lexington
19:43et très vite
19:44les renseignements
19:45affluent.
19:47Lexington
19:47possède plusieurs industries
19:50qui emploient
19:51des travailleurs migrants.
19:53pour circuler
19:54ces travailleurs migrants
19:55utilisent le chemin
19:56de fer.
19:59On avait des traces ADN
20:00qui liaient sans aucun doute
20:01possible
20:02le suspect au crime.
20:06On a donc commencé
20:07à interroger
20:08les hispaniques
20:09qui voyageaient en train
20:10et à prélever
20:11leur ADN.
20:12Mais malgré
20:13les nombreux échantillons
20:14d'ADN recueillis
20:15on n'a pas trouvé
20:16de correspondance.
20:18C'était frustrant
20:20parce qu'on cherchait
20:21une aiguille
20:21dans une botte de foie.
20:23Il y a un parc
20:23de mobilhomes
20:24sur Gibson Avenue
20:25qui accueille
20:26beaucoup d'hispaniques.
20:27On va aller distribuer
20:28des affichettes.
20:29On a des renforts
20:30qui arrivent
20:31et on ne devrait pas
20:32manquer d'hommes.
20:34On savait que
20:35si le suspect
20:36tombait sur des policiers
20:37qui entraient
20:38son ADN dans le système
20:40on pourrait l'identifier.
20:43Il n'était pas sûr
20:44de pouvoir l'attraper
20:45tant qu'il n'aurait
20:46pas recommencé.
20:49C'était terrifiant
20:50de savoir
20:51qu'il risquait
20:52d'attaquer à nouveau.
20:56À peine un mois
20:57après l'agression
20:59Holly retourna
21:00à l'université
21:01à Lexington.
21:03Je suis retournée
21:04à la fac
21:05parce que j'avais besoin
21:06de reprendre
21:07le contrôle de ma vie
21:08et de faire quelque chose
21:10qui me mettait à l'aise.
21:13Mais chaque fois
21:14que je croisais un homme
21:15je le dévisageais
21:16en me disant
21:17est-ce que c'est toi
21:18ou toi
21:19ou toi
21:21j'étais hyper vigilante.
21:23Je n'aimais pas ça
21:24mais c'était plus fort
21:25que moi.
21:27Les facteurs déclencheurs
21:28étaient difficiles
21:29à anticiper.
21:31Parfois
21:31j'entendais un train
21:32et je paniquais.
21:34J'avais des sueurs froides
21:35et j'hyperventilais.
21:37Je ne pouvais plus respirer.
21:41J'allais parfois
21:42au poste de police
21:43voir mon inspecteur.
21:46Il m'a dit
21:47vivez votre vie
21:48ne vous focalisez pas
21:49là-dessus.
21:50Nous on va faire
21:51notre travail.
21:52Vous continuez
21:53simplement à vivre
21:54votre vie.
21:56Alors j'ai continué
21:58à vivre.
21:59Je voyais souvent
22:01les anciens
22:01colocataires de Chris
22:02et ses amis
22:03parce qu'on avait besoin
22:05les uns des autres.
22:06On cuisinaient tous ensemble
22:07et on parlait de Chris.
22:10Ça a été une année
22:10très thérapeutique.
22:13Pendant que Holly
22:14continue à se rétablir
22:15le temps passe
22:16et l'enquête
22:17sur l'identité
22:18de son agresseur
22:19reste au point mort.
22:21Est-ce que la police
22:22vous tenait au courant
22:22des progrès
22:23de l'enquête ?
22:24S'ils ont reçu
22:26des informations
22:26ils ne me l'ont pas dit.
22:28Je venais d'obtenir
22:29mon diplôme
22:30et je ne savais toujours
22:31pas où ils en étaient.
22:35Et puis presque
22:36deux ans après
22:36le meurtre de Chris
22:37quelqu'un frappe
22:39à la porte
22:39de Holly.
22:42C'est un inspecteur
22:43de la police
22:44de Lexington.
22:46Il m'a dit
22:47on a comparé
22:49l'ADN
22:50de votre cas
22:51avec d'autres affaires
22:54et on a un suspect.
22:58L'ADN recueilli
22:59lors de l'examen
23:00post-viol de Holly
23:01correspond à celui
23:02d'un homme
23:03soupçonné
23:03d'avoir commis
23:04quatre meurtres
23:04au Texas
23:05au cours des douze
23:06derniers mois.
23:07Il y avait eu
23:08un homicide au Texas
23:09et sur la scène
23:10de crime
23:11on avait relevé
23:12des empreintes
23:13et des traces ADN.
23:14Cet ADN
23:15correspondait au nôtre.
23:18Il a dit
23:19on est sûr
23:20à 99,9%
23:22que l'auteur
23:23de ce crime
23:24au Texas
23:25est aussi
23:26votre agresseur.
23:27Il s'appelle
23:28Anjel Rezendiz Ramirez.
23:32Quand j'ai appris
23:33qu'ils avaient
23:34un suspect
23:35j'ai ressenti
23:36un mélange
23:37de peur
23:38et de joie.
23:40Holly apprend
23:41qu'à l'automne
23:421998
23:43plus d'un an
23:44après son viol
23:44et le meurtre
23:45de Chris
23:45une femme
23:46de 87 ans
23:47appelée
23:48Liffy Mason
23:48a été battue
23:49à mort
23:49chez elle
23:50au Texas.
23:54Je suis devenu
23:55ami avec Liffy
23:56l'année
23:57de mes 16 ans.
23:58L'été
23:59je tondais la pelouse
24:00pour me faire
24:00de l'argent de poche.
24:02Liffy m'apportait
24:02toujours du thé.
24:04Je buvais mon thé
24:04et je tondais
24:05sa pelouse.
24:07Liffy était
24:07vraiment gentil.
24:09J'aimais bien
24:09aller la voir
24:10et parler avec elle.
24:13ensuite j'ai terminé
24:14mes études
24:15et en 97
24:16je suis devenu
24:18chef de la police
24:18ici à U-Springs.
24:22Liffy vivait seul
24:23juste en face
24:24de la voie ferrée
24:25et Randy Kennedy
24:26venait souvent
24:27lui rendre visite.
24:29Je n'avais pas vu
24:29Liffy depuis quelques jours
24:31alors j'ai décidé
24:32de passer voir
24:32si tout allait bien.
24:39Excusez-moi.
24:41Ne vous excusez pas.
24:42C'est juste que
24:44je ne sais pas
24:45ce que j'aurais pu faire
24:46de plus.
24:46Peut-être
24:48je ne sais pas
24:49j'ai l'impression
24:50de l'avoir laissé tomber.
24:55Liffy avait été
24:56battu à mort.
24:59J'ai vu
25:00un vieux fer à repasser
25:01auquel il manquait
25:02la poignée
25:02dans le fauteuil
25:03près de la porte d'entrée
25:06et ensuite
25:07j'ai retrouvé
25:07la poignée du fer
25:08tachée de sang
25:09sur son lit.
25:11J'ai tout de suite
25:12compris
25:12que c'était avec ça
25:14qu'on l'avait assassiné.
25:17C'était très violent.
25:18Elle avait reçu
25:19un grand nombre
25:20de coups au visage
25:21et à la tête.
25:23C'était vraiment
25:23une boucherie.
25:26J'ai trouvé
25:26le sac à main
25:27de Liffy sur place
25:29avec une carte
25:30de sécurité sociale
25:32posée en évidence
25:34dessus.
25:35Ça m'a interpellé.
25:36C'est-à-dire ?
25:37Pourquoi ça ?
25:38Je suis convaincu
25:40que c'est lui
25:41qui l'avait laissé là.
25:43C'était une façon
25:44de nous montrer son pouvoir
25:45et de nous dire
25:45« Regardez ce que j'ai fait,
25:48c'est moi le coupable
25:51et je veux que vous sachiez
25:53que cette fois encore
25:55vous n'avez pas réussi
25:56à m'arrêter. »
25:59C'était comme une gifle
26:00en pleine figure.
26:02Quand je suis arrivé
26:04derrière la maison,
26:05j'ai découvert
26:06que la fenêtre
26:07avait été partiellement
26:07arrachée.
26:08Il y avait des empreintes
26:10de paume pressées
26:11contre le carreau.
26:13C'était énorme.
26:15C'était le principal lien
26:16avec mon suspect
26:17si on le retrouvait
26:19un jour.
26:23L'empreinte de paume
26:24laisse également supposer
26:26que l'homme est entré
26:26dans la maison
26:27par la fenêtre.
26:28Le chef de police
26:29remarque que la fenêtre
26:31donne directement
26:32sur la voie ferrée.
26:35J'ai transmis
26:36ces informations
26:37à d'autres services
26:37de police
26:38et aux médias.
26:39Et quelques jours plus tard,
26:42j'ai été contacté
26:42par le sergent Ken Macca
26:44de la police
26:45de West University
26:46à Houston.
26:47Il m'a dit
26:48« Votre affaire
26:49a beaucoup d'éléments
26:50en commun
26:51avec le meurtre
26:52de Claudia Benton. »
26:55Le 17 décembre
26:571998,
26:58un mois et demi
26:59après le décès
27:00de Liffey,
27:01le docteur Claudia Benton
27:03est retrouvé violée
27:04et battue à mort
27:05chez elle
27:06en banlieue de Houston.
27:10La victime
27:11a été frappée
27:12avec une statuette
27:13trouvée sur place.
27:15Là encore,
27:16la maison est située
27:17à proximité
27:17de la voie ferrée.
27:19Après avoir attaqué Claudia,
27:22son meurtrier
27:22a volé sa voiture.
27:24Il a ensuite
27:25abandonné le véhicule
27:26mais les autorités
27:27ont pu relever
27:27des empreintes digitales
27:28dessus.
27:29Le sergent Macca
27:30m'a dit
27:31« On tient
27:31notre suspect. »
27:33Le FBI possède
27:34une base de données
27:35nationale qui centralise
27:36les empreintes digitales
27:37enregistrées
27:38par les différents services,
27:40y compris les services
27:41d'immigration.
27:43On savait que les empreintes
27:45de la scène de crime
27:46de Claudia Benton
27:47correspondaient à quelqu'un
27:49qui avait passé
27:49la frontière
27:50depuis le Mexique.
27:53Les empreintes digitales
27:55et l'ADN
27:55relient
27:56Annel Rezendiz Ramirez,
27:59un homme de 39 ans,
28:00au meurtre
28:01de Liffy Mason,
28:03Claudia Benton,
28:04et au double homicide
28:07des époux Norman
28:08et Karen Cernick,
28:09tous commis
28:10en l'espace de sept mois.
28:13J'ai vraiment
28:14beaucoup de mal
28:15à accepter l'idée
28:17que Liffy
28:18a été victime
28:19d'un tueur en série.
28:22Après deux ans
28:23au point mort,
28:24on nous a soudain annoncé
28:25qu'il y avait
28:26un suspect
28:26dans notre affaire.
28:28C'était fou.
28:29Je n'arrivais pas
28:30à y croire.
28:31Et il n'arrêtait pas
28:32d'ajouter d'autres affaires.
28:33Ça prenait
28:34de plus en plus
28:35d'ampleur.
28:36Ça m'a confirmé
28:38qu'il était bien
28:38le monstre
28:39que j'avais vu
28:40en lui.
28:46En 1999,
28:48je faisais partie
28:49de l'unité spéciale
28:50chargée d'interpeller
28:51Angel Rezendiz Ramirez.
28:53Le FBI a commencé
28:55par établir
28:55un profil criminel.
28:58Dans ces affaires,
29:00les meurtres
29:00résultaient
29:01de coups portés
29:02à la tête
29:02avec un objet contondant.
29:06et toutes les victimes
29:08vivaient
29:08à proximité
29:09d'une voie ferrée.
29:10Les passagers
29:11clandestins
29:12savent exactement
29:13où s'installer
29:14quand ils voyagent
29:15en train.
29:15Ils se cachent
29:16dans cet espace
29:16minuscule
29:17sur ce qu'on appelle
29:18un wagon trémie
29:19où leur présence
29:20passe totalement
29:21inaperçue.
29:24Il descendait
29:25sur la voie,
29:26assassinait quelqu'un
29:27et remontait
29:28dans un autre train
29:29pour partir ailleurs.
29:31C'est pour ça
29:31qu'on l'a surnommé
29:32le tueur du rail.
29:35Le FBI apprend
29:36qu'Andreel Rezendiz Ramirez
29:38est entré
29:39pour la première fois
29:40sur le territoire
29:40américain
29:41illégalement
29:4221 ans plus tôt
29:43en 1976.
29:46Au fil des ans
29:47et de ses voyages
29:48en train,
29:49il avait commis
29:49plusieurs crimes.
29:51Mais il utilisait
29:52de nombreux pseudos.
29:55Si bien que même
29:57s'il était connu
29:58des services de police,
30:00personne n'avait fait
30:01le lien
30:02entre toutes
30:03ces différentes affaires.
30:06Rezendiz Ramirez
30:07se faisait parfois
30:08embaucher
30:08comme ouvrier agricole.
30:11Mais il n'avait
30:12pas d'adresse fixe.
30:14C'est devenu
30:15une chasse à l'homme.
30:16Il est beaucoup
30:17plus difficile
30:18de localiser
30:18une personne itinérante
30:20que quelqu'un
30:20qui a une adresse connue,
30:22un téléphone,
30:23une carte de crédit
30:24ou une voiture.
30:28Il cherche aussi
30:29depuis les airs
30:30et vérifie
30:30sous les trains
30:31et entre les wagons.
30:32je pars avec ma fille
30:34en même temps
30:34que mon mari
30:34le matin
30:36et on l'attend
30:36pour rentrer le soir
30:37parce qu'on vit
30:38juste au-dessus
30:39de la voie ferrée.
30:40On prend ça
30:41très au sérieux.
30:42La place de cet homme
30:43est en prison.
30:46L'inspecteur m'a appelée.
30:48Il va passer
30:48dans America's Most Wanted
30:50ce soir.
30:51Je veux que vous regardiez
30:52pour me dire
30:53si son visage
30:53vous est familier.
30:55On est sûr
30:55à 99,9%.
30:57Tout ce que vous avez
30:58à faire,
30:59c'est de regarder la télé
31:00pour voir si c'est lui.
31:03J'ai réuni
31:04une quarantaine
31:05d'amis chez moi
31:06et on a regardé
31:06l'émission.
31:09Mon agresseur
31:10changeait souvent
31:11d'apparence.
31:12Il avait
31:13de nombreux pseudos.
31:14C'était
31:15un délinquant
31:16récidiviste.
31:18Mais je savais
31:20sans aucun doute
31:21possible
31:22que c'était
31:23bien lui.
31:25J'étais à la fois
31:26impatiente
31:27et anxieuse.
31:28Personne ne savait
31:29où il était.
31:30J'avais peur
31:31qu'il s'en prenne
31:31à moi.
31:34Le 3 juin
31:351999,
31:37Resendiz Ramirez
31:38frappe deux fois
31:39dans la même journée.
31:41À Houston,
31:42il tue
31:43une institutrice,
31:44Noemi Dominguez,
31:45avec une pioche.
31:47Le meurtre
31:48est brutal.
31:49Il vole
31:50ensuite sa voiture
31:51et roule
31:51jusqu'à Schulenburg,
31:52au Texas.
31:55Armé
31:55de la même pioche,
31:56il tue
31:57une grand-mère
31:57de 73 ans,
31:58Joséphine Konvitschka.
32:01Sur les lieux
32:02du crime,
32:03il laisse
32:03un train
32:04miniatur.
32:06Il avait
32:07aussi posé
32:07sur le canapé
32:08un article
32:09de journal
32:09consacré
32:10aux sœurs
32:10Nick,
32:11le couple
32:12qu'il avait
32:13assassiné
32:13à Weimar,
32:14au Texas.
32:17Comme beaucoup
32:18d'autres tueurs
32:18en série
32:19avant lui,
32:20il semblait
32:21prendre plaisir
32:22à montrer
32:22à la police
32:23que c'était
32:23lui
32:23qui tirait
32:24les ficelles.
32:25Il était fier
32:26de lui,
32:26vous comprenez ?
32:27Il se vantait.
32:29Vous ne pouvez
32:29pas m'arrêter,
32:30regardez ce que
32:31j'ai fait.
32:33Rezendis Ramirez
32:34est recherché
32:35pour être interrogé
32:36dans le sud-est
32:37du Texas.
32:38Sa présence possible
32:39inquiète même
32:39les cheminots.
32:40Les résidents
32:41prennent aussi
32:41des précautions.
32:43Je me barricade
32:44et je dors
32:45avec une arme.
32:48Les meurtres
32:49étaient de plus
32:49en plus rapprochés.
32:52Il faisait preuve
32:53d'une témérité
32:54croissante.
32:56on savait
32:57que si on ne
32:58l'interpellait
32:59pas,
32:59il y aurait
33:00d'autres victimes.
33:02Un tueur
33:02en série
33:03n'arrête pas
33:03de tuer
33:04comme ça.
33:05Il y avait
33:05des vies
33:06en jeu.
33:09On offrait
33:10jusqu'à
33:10126 000 dollars
33:11de récompense
33:12en échange
33:13d'informations
33:13menant
33:14à sa capture.
33:16Il était
33:17recherché
33:17au Mexique
33:18et aussi
33:18aux Etats-Unis.
33:20Comme
33:20ils l'espéraient,
33:22les enquêteurs
33:23reçoivent
33:23beaucoup de renseignements,
33:24dont un qui semble
33:25prometteur.
33:28Quelqu'un
33:28qui s'est présenté
33:29comme le cousin
33:30de Rezendis Ramirez
33:31nous a informé
33:33que sa soeur
33:33Manuela
33:34vivait à Albuquerque,
33:35au Nouveau-Mexique.
33:38Pendant que
33:39le FBI
33:39tente de localiser
33:40Manuela,
33:41son frère
33:42est toujours
33:42en fuite.
33:43Le 15 juin,
33:44l'ADN
33:45relie Rezendis Ramirez
33:47à deux autres
33:47homicides
33:48à Gorham,
33:49dans l'Illinois,
33:50à seulement
33:50deux heures de route
33:51de la ville natale
33:52de Holiday.
33:54Toutes ces affaires
33:55qui se succédaient
33:56s'étaient effrayants.
33:58On ne savait pas
33:59où il était.
33:59Je me sentais
34:00très coupable
34:01d'avoir survécu.
34:02Il entrait
34:03chez les gens
34:03et les tuait
34:04dans leur sommeil.
34:06On aurait dit
34:07qu'il était
34:08plus violent
34:08avec les autres.
34:10Comme s'il se disait
34:11« Je n'aurais pas
34:12dû la laisser en vie.
34:13Je ne referais pas
34:14la même erreur. »
34:17Je me demandais
34:18s'il allait venir
34:18me chercher.
34:19J'avais tellement peur
34:21que j'ai décidé
34:22d'aller passer
34:22l'été en Europe.
34:24Je suis partie.
34:28Quelques jours
34:29après le départ
34:29de Holly,
34:30l'agent
34:31Barkhausen
34:32et son partenaire
34:33reçoivent
34:34un coup de fil
34:34décisif
34:35de Manuela,
34:36la sœur d'Andrelle.
34:37Manuela.
34:40Elle nous a dit
34:41« Il est au Mexique,
34:43mais je pense
34:45qu'il envisage
34:46de revenir
34:46aux États-Unis
34:47pour se rendre. »
34:51On était sidérés.
34:52Vous en connaissez
34:53combien de tueurs
34:54en série
34:54qui se rendent.
34:56C'est du jamais vu.
34:58On a mis ça
34:59sur le compte
35:00de la récompense,
35:01de la pression,
35:03des médias
35:03et du fait
35:04que les services
35:05de police
35:06le recherchaient.
35:08Il ne jouissait
35:08plus de la même
35:09liberté qu'avant.
35:10Il savait
35:11qu'il risquait
35:12d'être emprisonné.
35:14Et dans une prison
35:15mexicaine,
35:16on n'a pas
35:17les mêmes droits
35:17qu'ici.
35:20Le lendemain,
35:21le FBI
35:22organise
35:23une conférence téléphonique
35:24avec Rezendis Ramirez
35:26et Manuela.
35:28Manuela
35:29traduit
35:29pour son frère,
35:31qui finit
35:32par accepter
35:32de se rendre
35:33aux autorités
35:33à la frontière,
35:35à El Paso,
35:36au Texas.
35:43Presque deux ans
35:44après l'agression
35:44de Holly Dunn
35:45et le meurtre
35:46de Chris Meyer,
35:47des agents
35:48du FBI,
35:48des Texas Rangers
35:49et des US Marshals
35:51arrivent à El Paso.
35:57Il était censé
35:58traverser la frontière
35:59d'un instant à l'autre.
36:00et on priait
36:01tous pour le voir
36:02arriver.
36:04Unité 2 en position.
36:06Mon cœur battait
36:08à tout rompre.
36:09Cible possible en vue.
36:11Je redoutais
36:12que ce soit un piège
36:14et que ça finisse mal.
36:17Au bout d'un moment,
36:19on a vu un pick-up
36:20s'approcher.
36:23on savait que c'était
36:24lui.
36:25La portière
36:26s'est ouverte
36:28et il est sorti.
36:33Un Texas Ranger
36:34lui a passé
36:35les menottes.
36:37Il n'a pas dit
36:38un mot.
36:39Il était
36:40totalement
36:42impassible.
36:46On l'a fait
36:46monter dans la voiture
36:48et on a poussé
36:49un soupir
36:50de soulagement.
36:52Ça,
36:53c'était fait.
36:54C'est un vagabond
36:55du rail
36:55soupçonné
36:56d'être un tueur
36:57en série notoire.
36:58C'est la fin
36:59d'une des plus grandes
37:00chasses à l'homme
37:00jamais organisées
37:01aux Etats-Unis.
37:03Après sa reddition,
37:05Rezendiz Ramirez
37:06est transféré
37:07à Houston
37:07pour y être jugé.
37:09Il se voit
37:09attribué à un avocat
37:10et plaide non coupable
37:12pour cause de folie.
37:12Quand il s'est rendu,
37:14j'étais encore en Europe.
37:15Je l'ai appris aux infos
37:16comme tout le monde.
37:17J'étais soulagée.
37:19La vague de crimes
37:20a eu lieu
37:20entre 1997
37:21et 1999.
37:23Les enquêteurs
37:24disent avoir
37:24des empreintes digitales
37:26et des traces ADN
37:27qui relient Rezendiz
37:28au crime du tueur
37:29du rail.
37:31J'étais presque
37:32ivre de joie
37:33à l'idée
37:34qu'il ne ferait
37:35plus jamais
37:36de mal à personne.
37:40Rezendiz Ramirez
37:41a sévié
37:42dans trois états,
37:43le Texas,
37:44le Kentucky
37:45et l'Illinois.
37:46Au Texas,
37:47où il est mis
37:47en examen
37:48pour meurtre aggravé,
37:49il risque
37:50la peine de mort.
37:52Il savait
37:53que s'il traversait
37:54la frontière américaine,
37:56il s'exposait
37:57à la peine de mort.
38:00mais un procès
38:02pour meurtre
38:02mobilise
38:03de vastes ressources.
38:06Et au Texas,
38:07si vous êtes
38:08condamné
38:08dans une affaire
38:09de meurtre aggravé,
38:11à moins d'une annulation,
38:13les autres affaires
38:13n'ont pas besoin
38:14d'être jugées.
38:16Dans l'affaire
38:18du meurtre
38:18de Claudia Benton,
38:19on avait des preuves ADN
38:21et des empreintes digitales.
38:23Les procureurs
38:25ont décidé
38:25que le dossier
38:26le plus solide
38:27était celui
38:28de l'affaire
38:28Claudia Benton
38:29à Houston,
38:31au Texas.
38:33S'il est condamné
38:34pour le meurtre
38:35du docteur de Houston
38:36récindice 40 ans,
38:38risque l'injection létale.
38:41Sachant que le Texas
38:42appliquait la peine de mort,
38:44j'étais contente
38:45qu'il se soit rendu là-bas
38:47et que l'affaire
38:47soit aux mains du Texas.
38:51Au procès,
38:53mon témoignage
38:54a été très bref
38:55parce que je n'étais pas
38:57directement impliquée
38:58dans cette affaire,
38:59j'avais simplement
38:59participé à son arrestation.
39:02Je n'avais aucun mal
39:04à le regarder
39:04parce que j'avais fait ma part.
39:07Ce n'était pas à moi
39:08de le juger.
39:10Le 18 mai 2000,
39:12Rezendis Ramirez
39:13est jugée coupable.
39:15Nous, les jurés,
39:17déclarons l'accusé coupable
39:18du meurtre aggravé
39:20qui lui est reproché.
39:21vient ensuite
39:22le prononcer de la peine.
39:23Holly,
39:24comparez alors
39:25en tant que témoin
39:26et rescapé.
39:27La veille du jour
39:27où j'ai témoigné,
39:28j'ai failli faire
39:29une crise de panique.
39:30J'étais en larmes,
39:31je hurlais
39:32que je n'y arriverais pas.
39:33Pourquoi ?
39:34Parce que je ne pouvais pas
39:35me retrouver
39:35dans la même pièce que lui.
39:37Je ne voulais pas
39:38le revoir.
39:40Mais je me suis dit,
39:41Holly, tu peux le faire.
39:43Il y avait ma famille,
39:44il y avait ma soeur,
39:46tout le monde m'entourait
39:47et me soutenait.
39:50Je ne l'ai pas regardé.
39:51J'ai raconté toute l'histoire.
39:55À un moment donné,
39:57ils m'ont dit,
39:57votre agresseur
39:58est-il présent aujourd'hui ?
40:00Dites-nous ce qu'il porte.
40:03Alors je l'ai regardé.
40:05Son visage était
40:06dénué d'expression.
40:07Il avait presque un rictus.
40:11J'ai dit,
40:12il porte une chemise blanche.
40:14Et aussitôt,
40:15mes oreilles se sont mises
40:16à bourdonner.
40:17Une sueur froide
40:18m'a inondé.
40:19J'étais au bord
40:20de l'évanouissement.
40:21Je connaissais cette sensation.
40:23J'allais m'évanouir.
40:26Le juge a compris
40:28ce qui se passait
40:28parce qu'il a rapidement
40:30demandé à l'avocat
40:31de la défense
40:31s'il avait des questions.
40:33Non.
40:34L'huissier m'a attrapée
40:35et il m'a amenée
40:36hors du tribunal.
40:41Le 22 mai 2000,
40:43Holly rentre chez elle
40:45dans l'Indiana
40:45avec sa famille.
40:46J'ai appris le verdict
40:48quand on a atterri.
40:49Il m'incombe maintenant
40:50de prononcer votre peine.
40:52La mort.
40:53Il a été condamné
40:55à la peine de mort
40:56et je me suis dit,
40:57merci le Texas.
40:58Il n'y aura plus besoin
41:00de le juger ailleurs.
41:02Avant sa mort,
41:04Angel Resendiz Ramirez
41:05a avoué neuf meurtres.
41:07Mais la police estime
41:09que le bilan total
41:10s'élèverait plutôt
41:11à 15 victimes
41:12après l'avoir relié
41:14à six autres homicides
41:15en Géorgie,
41:18en Floride
41:18et en Californie.
41:22Angel Resendiz Ramirez
41:23Angel Resendiz Ramirez
41:24autrement appelé
41:25le tueur du rail
41:26a été exécuté
41:27par l'État du Texas
41:28le 27 juin 2006.
41:33On m'a dit
41:33que le jour
41:34de son exécution
41:35ses derniers mots
41:36ont été
41:37« Je vous demande
41:38de me pardonner.
41:40Je demande au Seigneur
41:41de me pardonner
41:42pour avoir laissé
41:43le diable me tromper. »
41:49Ça m'aide
41:49à tourner la page
41:51et ça me soulage
41:53de savoir
41:53qu'il ne pourra
41:54plus jamais
41:55tuer quelqu'un d'autre.
41:57Je pense que
41:58Chris et moi
41:59avons obtenu justice
42:00et tous ceux
42:01qui ont été tués.
42:03Je me sens
42:03à nouveau en sécurité.
42:06Quand j'ai vu
42:08de quelle résilience
42:09elle faisait preuve,
42:10je me souviens
42:10m'être dit
42:11« Si ça m'était arrivé,
42:12je n'aurais jamais réussi
42:14à surmonter ça
42:15comme Holly.
42:16Elle est incroyable. »
42:20En 2008,
42:21Holly s'est associée
42:22à un inspecteur
42:23de sa ville natale
42:24de l'Indiana
42:24pour créer
42:25une association
42:26appelée
42:26Holly's House.
42:28C'est un centre
42:29de soutien
42:30qui vient en aide
42:31aux victimes
42:31d'agressions sexuelles
42:32et de viols.
42:34On a ouvert
42:35juste après
42:36Labor Day
42:37le 2 septembre 2008
42:38à 8h du matin.
42:40À 8h30,
42:42notre première victime
42:44de violences conjugales
42:45est entrée
42:45et on a su
42:47qu'on avait bien fait.
42:50Holly Dunn
42:51est une des femmes
42:52les plus courageuses
42:52que je connaisse.
42:53Malgré tout ce
42:54qu'elle a vécu,
42:55c'est resté
42:55une bonne personne.
42:59Holly a réussi
43:00à se construire
43:01une belle vie.
43:02Elle est mariée
43:03et elle a des enfants.
43:06J'ai un mari merveilleux
43:08qui m'a accompagnée
43:09tout au long
43:10de ma guérison.
43:12On a deux fils
43:13extraordinaires
43:14qui sont la lumière
43:16de notre vie.
43:18Quand je rentre
43:19chez moi,
43:20je commence par leur
43:21faire un énorme câlin.
43:24Ils sont ma joie
43:25de vivre.
43:29J'ignore
43:30quelle personne
43:30je serais aujourd'hui
43:31si ça ne m'était pas arrivé.
43:34Il y a des moments
43:35où je sens
43:36l'énergie de Chris.
43:38J'agis moi-même
43:39comme une grande enfant,
43:40surtout avec mes garçons.
43:42Je suis capable
43:43de voir le monde
43:44comme eux
43:44parce que j'ai gardé
43:45une part de mon âme
43:46d'enfant.
43:47Et c'est grâce à Chris.
43:49C'est lui
43:49qui m'a enseigné ça.
43:52Si Chris
43:53était encore parmi nous,
43:54on serait toujours amis.
43:57Il me manque.
43:58I miss him.
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