00:00Le grand entretien c'est avec vous Philippe Brun, merci d'être avec nous ce matin, député socialiste de l
00:05'heure, candidat à la primaire du PS.
00:07Raphaël Glucksmann s'est déclaré hier soir candidat à la présidentielle en passant par la primaire, vous allez donc l
00:13'affronter.
00:14Qu'est-ce qui vous différencie parce qu'il veut augmenter les salaires, il veut taxer les grosses successions ?
00:19C'est quoi votre différence ?
00:19Oui, il a pompé le salaire brun que j'ai créé, il propose la même chose maintenant que ce que
00:24j'ai proposé, j'ai fait campagne tout l'été sur ce sujet-là.
00:28Donc baisser la CSG pour remonter le salaire net ?
00:31Voilà, rapprocher le salaire net du salaire brut en détaxant.
00:37Donc moi je suis heureux que Raphaël Glucksmann reprenne mes propositions, j'espère qu'il en reprendra d'autres.
00:41C'est bien la preuve que ma candidature est utile.
00:44Donc il n'y a pas de différence entre vous ?
00:45S'il y a des différences entre nous, je pense qu'il incarne une gauche très parisienne, très urbaine, européenne,
00:50libérale, la gauche des années 90.
00:52Et moi j'incarne un peu les nouveaux sujets, ce que j'ai proposé sur les retraites, ce que j
00:56'ai proposé sur le pouvoir d'achat.
00:58Gauche qui regarde la réalité en face de la situation du pays.
01:01On va revenir sur votre programme, mais juste une chose, François Bayrou a évoqué une primaire qui pourrait aller des
01:05socialistes aux gaullistes.
01:07Pour vous c'est quoi le bon périmètre ?
01:09Le périmètre c'est d'avoir une démocratie qui fonctionne, il y a la droite, il y a la gauche.
01:13Moi je pense que le drame de notre pays, c'est que la gauche républicaine n'est pas de candidat
01:16crédible,
01:17et que la droite républicaine est un candidat très faible aussi.
01:19Et je crois qu'on rendra service à la démocratie en ayant des candidatures fortes,
01:24pas avec ce mélange des genres que propose François Bayrou.
01:28Les écologistes, vous les invitez à vous rejoindre ?
01:30En tout cas, il y aura deux candidatures de gauche, on le sait très bien.
01:33Il y aura celle de Jean-Luc Mélenchon, qui représente l'extrême gauche, qui est respectable,
01:36que je ne mets pas sur le même plan que l'extrême droite.
01:37Et puis il y aura la candidature socialiste.
01:40Et moi j'espère que les écologistes nous rejoindront, comme ils l'ont fait au sénatorial,
01:43comme ils le font dans toutes les collectivités en France.
01:45Leur famille politique, c'est celle de la social-démocratie, ce n'est pas celle de l'extrême gauche.
01:48Il y a un rendez-vous qui est fixé mardi pour affiner les contours de la primaire.
01:52La question du prix, c'est un problème pour vous ?
01:54C'est trop cher aujourd'hui pour participer ?
01:56Oui, les précédentes primaires c'était 2 euros, et là on passe à 15 euros,
02:01puisque Raphaël Glucksmann veut mettre en place une sorte de suffrage censitaire pour être sûr de gagner.
02:05Moi je pense qu'il faut qu'il fasse attention, parce que ça peut se retourner contre lui.
02:08Moi j'ai lancé la caisse populaire, caissepopulaire.fr, on a déjà récolté plus de 20 000 euros,
02:12pour aider des gens qui n'ont pas les moyens pour aller voter.
02:14Aujourd'hui vous êtes un couple d'ouvriers intérimaires à moins de 2 000 euros par mois,
02:19vous ne pouvez pas aller voter à la primaire pour 15 euros.
02:21Donc il faut un tarif social, et c'est ce qui est permis grâce à la caisse que j'ai
02:25lancée.
02:26Est-ce que vous vous engagez à soutenir le gagnant ?
02:28Oui, bien sûr.
02:30Je me souviens qu'Emmanuel Valls n'avait pas soutenu Benoît Hamon ?
02:32Bien sûr, moi je m'engage à soutenir le gagnant quoi qu'il arrive.
02:35Alors, en tant que candidat, vous proposez une révolution productive.
02:38En restaurant, par exemple, le monopole d'EDF, à quoi bon ?
02:41Alors qu'EDF reste de très loin le premier fournisseur d'électricité de France,
02:44et produit aussi une très grande majorité d'électricité nucléaire.
02:48Le but c'est de garantir d'avoir l'électricité la moins chère d'Europe,
02:52parce que dans la grande bataille, vous receviez juste avant le patron d'une grande entreprise de robotique,
02:58dans la grande bataille industrielle du 21e siècle, ce sera le prix d'électricité qui sera déterminant.
03:03Ce combat là, il n'est pas déjà gagné ?
03:04Il n'est pas gagné, puisque l'électricité est trop chère aujourd'hui en France, par rapport à d'autres
03:07pays européens.
03:08Et je pense que EDF doit être notre Aramco français.
03:12Aramco, vous savez, c'est les producteurs de pétrole saoudiens,
03:15qui fournissent aux entreprises saoudiennes un carburant à très faible prix.
03:18Nous, je dis qu'EDF doit fournir à nos entreprises le prix le moins cher d'Europe.
03:21Et comment le faire ?
03:22Eh bien, en réduisant tous les coûts de commercialisation, les coûts de mise en concurrence,
03:26les coûts de marché, pour revenir aux coûts de production.
03:28Si on a l'électricité la plus proche du coût de production,
03:30alors il faut rétablir le monopole public d'EDF.
03:32Donc, vous le parliez du salaire brun tout à l'heure,
03:35c'est donc baisser la CSG sur les salaires de moins de 4 000 euros pour augmenter le net.
03:40La CSG, on le sait, ça sert à financer la protection sociale,
03:42que ce soit les retraites, l'assurance chômage, la sécurité sociale aussi.
03:46Comment vous financez ça, alors ?
03:47Je propose d'augmenter la CSG sur les revenus du capital,
03:50et puis de taxer davantage le capital.
03:53Aujourd'hui, le capital est beaucoup moins taxé que le travail.
03:56Il n'est pas normal qu'il y ait une différence...
03:57Retour de l'ISF, taxation des successions ?
03:59Absolument, il n'y a pas de raison qu'aujourd'hui, quand un salarié soit la vache à l'aide
04:03du système.
04:03Vous avez une différence de 60% entre ce que l'employeur paye et ce que le salarié touche à
04:07la fin.
04:07Il faut qu'aujourd'hui, les gens puissent travailler et vivre de leur travail.
04:10Et la grande bataille de 2027, ce sera la question du salaire.
04:13Savoir, est-ce qu'on veut que le travail paye, ou est-ce qu'on veut que la rente paye
04:16?
04:16Moi, je préfère qu'on taxe la rente et qu'on décharge le travail.
04:19Alors, les retraités, justement, vous défendez une forte dose de capitalisation.
04:23C'est un programme de droite, ça, non ?
04:25Ça fait d'ailleurs jaser dans votre camp.
04:26Non, c'est le retour à Lionel Jospin qui avait prévu les choses en 1997.
04:30Il avait dit qu'on va avoir un problème démographique, on le vit aujourd'hui.
04:33Il faut donc qu'on mette en réserve, il avait mis en réserve à l'époque sur un fonds
04:36qui s'appelait le Fonds de réserve des retraites, une partie des cotisations.
04:39Et ce fonds rapporte 4% par an aujourd'hui.
04:42Nicolas Sarkozy a vidé ce fonds qui, aujourd'hui, n'a plus que 20 milliards sur ce fonds.
04:46Moi, je propose de le doter de 15 milliards par an pour arriver à 700 milliards
04:49afin de financer nos retraites.
04:51On a un déséquilibre démographique.
04:52Quand on a 1,4 travailleurs actifs pour un retraité,
04:57on voit bien qu'on n'arrivera pas à financer le système.
04:59Donc, on peut mettre la poussière sous le tapis ou mettre la tête dans le sable
05:02en faisant semblant qu'on va financer nos retraites.
05:04Qu'est-ce qui va se passer si on ne fait pas ce que je propose ?
05:06On va voir le système, l'ISNAR, Marine Le Pen, Edouard Philippe.
05:09Qu'est-ce que c'est ?
05:10C'est-à-dire que la répartition, on la garde, pas de problème.
05:12Ça sera le RSA ou le minimum vieillesse.
05:13Et puis, à côté, allez prendre un contrat chez AXA
05:16pour avoir votre vraie retraite par capitalisation.
05:18Ça, je ne peux pas l'accepter.
05:19Je veux garder un modèle collectif, souverain.
05:22Et donc, on va créer ce fonds.
05:23On va rénover le Fonds de réserve des retraites.
05:25Il sera géré par les syndicats.
05:27Il investira dans l'économie réelle.
05:28Et puis, ce sera 15 milliards de capitaux pour l'économie française chaque année.
05:31On parle du budget.
05:32Il sera présenté le 30 septembre dans une lettre au parlementaire.
05:34Sébastien Lecornu appelle à adopter un budget sous peine de désordre.
05:37Jean-Luc Mélenchon, lui, promet déjà la censure.
05:40Le RN ne l'exclut pas.
05:41Tout dépendra un peu des socialistes.
05:43Qu'est-ce que vous lui répondez à Sébastien Lecornu ?
05:44On est d'accord qu'il faut qu'il y ait un budget pour la France.
05:47On va faire nos propositions ce samedi à Blois,
05:50aux universités du Parti Socialiste.
05:51On présentera notre budget à nous, si nous étions aux responsabilités.
05:54C'est quoi, vos lignes rouges ?
05:55Eh bien, vous verrez les propositions que nous ferons.
05:57Et ce sera au gouvernement de se positionner par rapport à ces propositions.
05:59En tout cas, pas de censure systématique comme Jean-Luc Mélenchon ?
06:02On n'a jamais été là-dessus.
06:03Je rappelle que le pays tient grâce aux socialistes depuis maintenant deux ans.
06:06On a obtenu beaucoup de choses.
06:08Et on sera évidemment toujours dans la discussion.
06:10Mais il faut que le gouvernement comprenne
06:11qu'il y a une grave crise du pouvoir d'achat aujourd'hui.
06:14Une vraie baisse de la consommation.
06:15Souvent en tant qu'on en parlait.
06:160,7 au premier trimestre.
06:180,2 au deuxième trimestre.
06:19Il faut aujourd'hui redonner de l'air aux Français.
06:23Et des priorités budgétaires qui ne peuvent pas se faire
06:25au détriment des classes populaires et des classes moyennes.
06:27Donc on aura ces discussions.
06:28Réduire le déficit, réduire la dette.
06:303 500 milliards.
06:31Jean-Luc Mélenchon envisage, je cite,
06:33de foutre au feu 600 milliards de dettes.
06:3518% de la dette française détenue par la Banque de France.
06:38Vous êtes sur cette ligne, c'est faisable ?
06:39De toute façon, ce n'est pas possible avec les traités aujourd'hui.
06:42Il faudrait que la Banque Centrale Européenne l'accepte,
06:44que tous les pays européens l'acceptent.
06:45Néanmoins, on pourrait imaginer,
06:46mais il faudrait que ce soit accepté par les autres pays européens,
06:49que par un modèle mathématique,
06:51on décide la dette qui relève du Covid.
06:54On pourrait imaginer que tous les pays européens
06:57qui ont dû subventionner très massivement leur économie pendant le Covid
07:00décident d'annuler une partie de cette dette
07:01qui est aujourd'hui détenue dans les caisses de la Banque Centrale.
07:04Et donc, ça n'aura aucun impact sur l'économie réelle.
07:06Il n'y aura aucun créancier qui sera lésé.
07:08Mais il faut que ce soit une règle objective,
07:09parce que personne n'acceptera qu'on annule les dettes
07:11d'un pays qui est dispendu et qui ne tient pas ses comptes.
07:14Donc, il faut bien sûr tenir nos comptes.
07:15Il y a la question de la dette Covid,
07:17qui n'est qu'une toute petite partie de la dette créée par Emmanuel Macron
07:19sur les dix dernières années, je me permets de le dire.
07:21Le reste, c'est de la dette créée,
07:23à part une mauvaise politique économique,
07:25par des dépenses sans doute inconsidérées.
07:27Et cela, il faut le rappeler.
07:29Le gouvernement a prémis qu'il n'y aurait pas d'impôts
07:31ni de nouvelles taxes.
07:32Il réfléchirait à reconduire la surtaxe d'IS.
07:35Vous y êtes favorable ?
07:36Oui.
07:37Bon, une année supplémentaire.
07:39C'est un expédient.
07:40Là aussi, il faut trouver, je crois,
07:42maintenant d'autres manières de boucler le budget.
07:44Comme le gouvernement ne veut pas faire
07:45les efforts qui s'imposent,
07:47notamment sur la justice fiscale,
07:49je rappelle, la suppression des ISF,
07:51la mise en place de la flat tax,
07:53des baisses d'impôts qui ont été un peu inconsidérées.
07:55Du coup, on met toujours à contribution
07:57les très grandes entreprises.
07:58Alors, elles ont dit oui la première année.
07:59Elles ont dit oui la deuxième année.
08:01Là, c'est une troisième année.
08:02Il faut reconduire pour vous.
08:04On peut le faire.
08:05Mais bon, je crois que c'est à la fin,
08:08on va avoir des difficultés.
08:09Et les compagnies pétrolières ?
08:10Parce qu'il y a six pays,
08:11dont l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne,
08:12qui demandent à l'Union européenne
08:13de taxer les super profits
08:15des compagnies pétrolières.
08:17Oui, c'est intéressant.
08:18C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
08:19il n'y a plus que la France
08:19qui n'est pas d'accord
08:21pour taxer les super profits
08:22des compagnies pétrolières.
08:23Il faut se rendre compte
08:24qu'aujourd'hui, l'explosion,
08:25j'ai fait un rapport sur le sujet
08:27à l'Assemblée nationale,
08:27l'explosion du prix du carburant
08:30n'est pas tellement lée, en vérité,
08:31à la crise du Détroit d'Ormousse.
08:32Elle est deux fois plus importante
08:33que la réalité de la baisse
08:36de la pénurie créée
08:37par la crise du Détroit d'Ormousse.
08:38Donc, on voit bien
08:39qu'il y a eu une explosion,
08:40notamment de la rémunération
08:42sur les filiales de trading
08:43des énergéticiens.
08:44Donc, il faut absolument taxer
08:46cette rente indue.
08:47C'est les Français
08:48qui vont travailler tous les jours,
08:49qui se sont mis à payer
08:50ces super profits
08:51et qui ont vu l'explosion
08:52des prix du carburant.
08:53Moi, je suis d'une circonscription
08:54rurale,
08:55je suis d'une circonscription
08:56qui ne peut pas vivre
08:57avec une essence
08:57à 2 euros le litre.
08:59C'est impossible.
09:00On fait 65 kilomètres
09:01de trajet d'homicide
09:02de travail par jour.
09:03Donc, aujourd'hui,
09:03il faut que les compagnies
09:06de recarbures
09:07prennent leur part
09:07au redressement des déficits
09:09et en tout cas,
09:09aident des mesures
09:10de pouvoir d'achat
09:10urgentes pour les Français.
09:11Dernière question,
09:12c'était le ministre des Finances.
09:15Les retraités aisés,
09:17est-ce que c'est une bonne idée ?
09:18Et est-ce qu'on est aisé
09:19à partir de 2 000 euros ?
09:20C'est le chiffre
09:21avancé par le parisien.
09:23Bon, 2 000 euros,
09:24c'est beaucoup trop bas,
09:25à mon avis.
09:26Mais on peut tout à fait
09:28essayer de réfléchir
09:29à comment essayer
09:31d'équilibrer
09:31pour éviter que le budget
09:33prenne complètement l'eau
09:34en désindexant
09:35de manière temporaire
09:36seulement un an
09:37les retraités très aisés.
09:38Mais on ne peut pas dire
09:39d'un côté,
09:40on désindexe
09:41le retraité à 3 000 euros
09:42et à 3 000 euros,
09:42on est riche.
09:43Et dans le même temps,
09:44dire non à la rétabition
09:46non à une taxation du capital
09:47quand même un peu supérieure.
09:49Même Alain Minck
09:50propose de mettre
09:51la flat tax à 40%.
09:52Même Alain Minck,
09:53non à toute mise
09:56à contribution
09:57aujourd'hui du grand capital.
09:58Mais par contre,
09:58on va vous expliquer
09:59qu'à 3 000 euros,
09:59vous êtes riche.
10:00Donc moi,
10:00j'aimerais bien
10:01qu'il y ait de l'équilibre.
10:02C'est-à-dire qu'on peut dire,
10:03et soyons honnêtes,
10:05qu'on peut désindexer
10:06pendant un an.
10:06On peut le faire,
10:07c'est déjà arrivé.
10:08Nicolas Sarkozy l'avait fait,
10:09François Hollande l'avait fait.
10:11Donc ça peut arriver,
10:12mais il faut que ce soit
10:12équitablement réparti.
10:14Merci Philippe Brat
10:14d'avoir été avec nous ce matin.
10:16Merci à vous.
10:16Merci à vous.
10:16Merci à vous.
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