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  • il y a 6 jours
Philippe Brun, député PS de l’Eure et candidat à la primaire socialiste pour la présidentielle, était l'invité de Brigitte Boucher dans Good Morning Business, ce lundi 24 août. Il est revenu sur ce qui différencie son programme de celui de Raphaël Glucksmann, qui vient d'annoncer sa candidature à l'élection présidentielle, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Le grand entretien c'est avec vous Philippe Brun, merci d'être avec nous ce matin, député socialiste de l
00:05'heure, candidat à la primaire du PS.
00:07Raphaël Glucksmann s'est déclaré hier soir candidat à la présidentielle en passant par la primaire, vous allez donc l
00:13'affronter.
00:14Qu'est-ce qui vous différencie parce qu'il veut augmenter les salaires, il veut taxer les grosses successions ?
00:19C'est quoi votre différence ?
00:19Oui, il a pompé le salaire brun que j'ai créé, il propose la même chose maintenant que ce que
00:24j'ai proposé, j'ai fait campagne tout l'été sur ce sujet-là.
00:28Donc baisser la CSG pour remonter le salaire net ?
00:31Voilà, rapprocher le salaire net du salaire brut en détaxant.
00:37Donc moi je suis heureux que Raphaël Glucksmann reprenne mes propositions, j'espère qu'il en reprendra d'autres.
00:41C'est bien la preuve que ma candidature est utile.
00:44Donc il n'y a pas de différence entre vous ?
00:45S'il y a des différences entre nous, je pense qu'il incarne une gauche très parisienne, très urbaine, européenne,
00:50libérale, la gauche des années 90.
00:52Et moi j'incarne un peu les nouveaux sujets, ce que j'ai proposé sur les retraites, ce que j
00:56'ai proposé sur le pouvoir d'achat.
00:58Gauche qui regarde la réalité en face de la situation du pays.
01:01On va revenir sur votre programme, mais juste une chose, François Bayrou a évoqué une primaire qui pourrait aller des
01:05socialistes aux gaullistes.
01:07Pour vous c'est quoi le bon périmètre ?
01:09Le périmètre c'est d'avoir une démocratie qui fonctionne, il y a la droite, il y a la gauche.
01:13Moi je pense que le drame de notre pays, c'est que la gauche républicaine n'est pas de candidat
01:16crédible,
01:17et que la droite républicaine est un candidat très faible aussi.
01:19Et je crois qu'on rendra service à la démocratie en ayant des candidatures fortes,
01:24pas avec ce mélange des genres que propose François Bayrou.
01:28Les écologistes, vous les invitez à vous rejoindre ?
01:30En tout cas, il y aura deux candidatures de gauche, on le sait très bien.
01:33Il y aura celle de Jean-Luc Mélenchon, qui représente l'extrême gauche, qui est respectable,
01:36que je ne mets pas sur le même plan que l'extrême droite.
01:37Et puis il y aura la candidature socialiste.
01:40Et moi j'espère que les écologistes nous rejoindront, comme ils l'ont fait au sénatorial,
01:43comme ils le font dans toutes les collectivités en France.
01:45Leur famille politique, c'est celle de la social-démocratie, ce n'est pas celle de l'extrême gauche.
01:48Il y a un rendez-vous qui est fixé mardi pour affiner les contours de la primaire.
01:52La question du prix, c'est un problème pour vous ?
01:54C'est trop cher aujourd'hui pour participer ?
01:56Oui, les précédentes primaires c'était 2 euros, et là on passe à 15 euros,
02:01puisque Raphaël Glucksmann veut mettre en place une sorte de suffrage censitaire pour être sûr de gagner.
02:05Moi je pense qu'il faut qu'il fasse attention, parce que ça peut se retourner contre lui.
02:08Moi j'ai lancé la caisse populaire, caissepopulaire.fr, on a déjà récolté plus de 20 000 euros,
02:12pour aider des gens qui n'ont pas les moyens pour aller voter.
02:14Aujourd'hui vous êtes un couple d'ouvriers intérimaires à moins de 2 000 euros par mois,
02:19vous ne pouvez pas aller voter à la primaire pour 15 euros.
02:21Donc il faut un tarif social, et c'est ce qui est permis grâce à la caisse que j'ai
02:25lancée.
02:26Est-ce que vous vous engagez à soutenir le gagnant ?
02:28Oui, bien sûr.
02:30Je me souviens qu'Emmanuel Valls n'avait pas soutenu Benoît Hamon ?
02:32Bien sûr, moi je m'engage à soutenir le gagnant quoi qu'il arrive.
02:35Alors, en tant que candidat, vous proposez une révolution productive.
02:38En restaurant, par exemple, le monopole d'EDF, à quoi bon ?
02:41Alors qu'EDF reste de très loin le premier fournisseur d'électricité de France,
02:44et produit aussi une très grande majorité d'électricité nucléaire.
02:48Le but c'est de garantir d'avoir l'électricité la moins chère d'Europe,
02:52parce que dans la grande bataille, vous receviez juste avant le patron d'une grande entreprise de robotique,
02:58dans la grande bataille industrielle du 21e siècle, ce sera le prix d'électricité qui sera déterminant.
03:03Ce combat là, il n'est pas déjà gagné ?
03:04Il n'est pas gagné, puisque l'électricité est trop chère aujourd'hui en France, par rapport à d'autres
03:07pays européens.
03:08Et je pense que EDF doit être notre Aramco français.
03:12Aramco, vous savez, c'est les producteurs de pétrole saoudiens,
03:15qui fournissent aux entreprises saoudiennes un carburant à très faible prix.
03:18Nous, je dis qu'EDF doit fournir à nos entreprises le prix le moins cher d'Europe.
03:21Et comment le faire ?
03:22Eh bien, en réduisant tous les coûts de commercialisation, les coûts de mise en concurrence,
03:26les coûts de marché, pour revenir aux coûts de production.
03:28Si on a l'électricité la plus proche du coût de production,
03:30alors il faut rétablir le monopole public d'EDF.
03:32Donc, vous le parliez du salaire brun tout à l'heure,
03:35c'est donc baisser la CSG sur les salaires de moins de 4 000 euros pour augmenter le net.
03:40La CSG, on le sait, ça sert à financer la protection sociale,
03:42que ce soit les retraites, l'assurance chômage, la sécurité sociale aussi.
03:46Comment vous financez ça, alors ?
03:47Je propose d'augmenter la CSG sur les revenus du capital,
03:50et puis de taxer davantage le capital.
03:53Aujourd'hui, le capital est beaucoup moins taxé que le travail.
03:56Il n'est pas normal qu'il y ait une différence...
03:57Retour de l'ISF, taxation des successions ?
03:59Absolument, il n'y a pas de raison qu'aujourd'hui, quand un salarié soit la vache à l'aide
04:03du système.
04:03Vous avez une différence de 60% entre ce que l'employeur paye et ce que le salarié touche à
04:07la fin.
04:07Il faut qu'aujourd'hui, les gens puissent travailler et vivre de leur travail.
04:10Et la grande bataille de 2027, ce sera la question du salaire.
04:13Savoir, est-ce qu'on veut que le travail paye, ou est-ce qu'on veut que la rente paye
04:16?
04:16Moi, je préfère qu'on taxe la rente et qu'on décharge le travail.
04:19Alors, les retraités, justement, vous défendez une forte dose de capitalisation.
04:23C'est un programme de droite, ça, non ?
04:25Ça fait d'ailleurs jaser dans votre camp.
04:26Non, c'est le retour à Lionel Jospin qui avait prévu les choses en 1997.
04:30Il avait dit qu'on va avoir un problème démographique, on le vit aujourd'hui.
04:33Il faut donc qu'on mette en réserve, il avait mis en réserve à l'époque sur un fonds
04:36qui s'appelait le Fonds de réserve des retraites, une partie des cotisations.
04:39Et ce fonds rapporte 4% par an aujourd'hui.
04:42Nicolas Sarkozy a vidé ce fonds qui, aujourd'hui, n'a plus que 20 milliards sur ce fonds.
04:46Moi, je propose de le doter de 15 milliards par an pour arriver à 700 milliards
04:49afin de financer nos retraites.
04:51On a un déséquilibre démographique.
04:52Quand on a 1,4 travailleurs actifs pour un retraité,
04:57on voit bien qu'on n'arrivera pas à financer le système.
04:59Donc, on peut mettre la poussière sous le tapis ou mettre la tête dans le sable
05:02en faisant semblant qu'on va financer nos retraites.
05:04Qu'est-ce qui va se passer si on ne fait pas ce que je propose ?
05:06On va voir le système, l'ISNAR, Marine Le Pen, Edouard Philippe.
05:09Qu'est-ce que c'est ?
05:10C'est-à-dire que la répartition, on la garde, pas de problème.
05:12Ça sera le RSA ou le minimum vieillesse.
05:13Et puis, à côté, allez prendre un contrat chez AXA
05:16pour avoir votre vraie retraite par capitalisation.
05:18Ça, je ne peux pas l'accepter.
05:19Je veux garder un modèle collectif, souverain.
05:22Et donc, on va créer ce fonds.
05:23On va rénover le Fonds de réserve des retraites.
05:25Il sera géré par les syndicats.
05:27Il investira dans l'économie réelle.
05:28Et puis, ce sera 15 milliards de capitaux pour l'économie française chaque année.
05:31On parle du budget.
05:32Il sera présenté le 30 septembre dans une lettre au parlementaire.
05:34Sébastien Lecornu appelle à adopter un budget sous peine de désordre.
05:37Jean-Luc Mélenchon, lui, promet déjà la censure.
05:40Le RN ne l'exclut pas.
05:41Tout dépendra un peu des socialistes.
05:43Qu'est-ce que vous lui répondez à Sébastien Lecornu ?
05:44On est d'accord qu'il faut qu'il y ait un budget pour la France.
05:47On va faire nos propositions ce samedi à Blois,
05:50aux universités du Parti Socialiste.
05:51On présentera notre budget à nous, si nous étions aux responsabilités.
05:54C'est quoi, vos lignes rouges ?
05:55Eh bien, vous verrez les propositions que nous ferons.
05:57Et ce sera au gouvernement de se positionner par rapport à ces propositions.
05:59En tout cas, pas de censure systématique comme Jean-Luc Mélenchon ?
06:02On n'a jamais été là-dessus.
06:03Je rappelle que le pays tient grâce aux socialistes depuis maintenant deux ans.
06:06On a obtenu beaucoup de choses.
06:08Et on sera évidemment toujours dans la discussion.
06:10Mais il faut que le gouvernement comprenne
06:11qu'il y a une grave crise du pouvoir d'achat aujourd'hui.
06:14Une vraie baisse de la consommation.
06:15Souvent en tant qu'on en parlait.
06:160,7 au premier trimestre.
06:180,2 au deuxième trimestre.
06:19Il faut aujourd'hui redonner de l'air aux Français.
06:23Et des priorités budgétaires qui ne peuvent pas se faire
06:25au détriment des classes populaires et des classes moyennes.
06:27Donc on aura ces discussions.
06:28Réduire le déficit, réduire la dette.
06:303 500 milliards.
06:31Jean-Luc Mélenchon envisage, je cite,
06:33de foutre au feu 600 milliards de dettes.
06:3518% de la dette française détenue par la Banque de France.
06:38Vous êtes sur cette ligne, c'est faisable ?
06:39De toute façon, ce n'est pas possible avec les traités aujourd'hui.
06:42Il faudrait que la Banque Centrale Européenne l'accepte,
06:44que tous les pays européens l'acceptent.
06:45Néanmoins, on pourrait imaginer,
06:46mais il faudrait que ce soit accepté par les autres pays européens,
06:49que par un modèle mathématique,
06:51on décide la dette qui relève du Covid.
06:54On pourrait imaginer que tous les pays européens
06:57qui ont dû subventionner très massivement leur économie pendant le Covid
07:00décident d'annuler une partie de cette dette
07:01qui est aujourd'hui détenue dans les caisses de la Banque Centrale.
07:04Et donc, ça n'aura aucun impact sur l'économie réelle.
07:06Il n'y aura aucun créancier qui sera lésé.
07:08Mais il faut que ce soit une règle objective,
07:09parce que personne n'acceptera qu'on annule les dettes
07:11d'un pays qui est dispendu et qui ne tient pas ses comptes.
07:14Donc, il faut bien sûr tenir nos comptes.
07:15Il y a la question de la dette Covid,
07:17qui n'est qu'une toute petite partie de la dette créée par Emmanuel Macron
07:19sur les dix dernières années, je me permets de le dire.
07:21Le reste, c'est de la dette créée,
07:23à part une mauvaise politique économique,
07:25par des dépenses sans doute inconsidérées.
07:27Et cela, il faut le rappeler.
07:29Le gouvernement a prémis qu'il n'y aurait pas d'impôts
07:31ni de nouvelles taxes.
07:32Il réfléchirait à reconduire la surtaxe d'IS.
07:35Vous y êtes favorable ?
07:36Oui.
07:37Bon, une année supplémentaire.
07:39C'est un expédient.
07:40Là aussi, il faut trouver, je crois,
07:42maintenant d'autres manières de boucler le budget.
07:44Comme le gouvernement ne veut pas faire
07:45les efforts qui s'imposent,
07:47notamment sur la justice fiscale,
07:49je rappelle, la suppression des ISF,
07:51la mise en place de la flat tax,
07:53des baisses d'impôts qui ont été un peu inconsidérées.
07:55Du coup, on met toujours à contribution
07:57les très grandes entreprises.
07:58Alors, elles ont dit oui la première année.
07:59Elles ont dit oui la deuxième année.
08:01Là, c'est une troisième année.
08:02Il faut reconduire pour vous.
08:04On peut le faire.
08:05Mais bon, je crois que c'est à la fin,
08:08on va avoir des difficultés.
08:09Et les compagnies pétrolières ?
08:10Parce qu'il y a six pays,
08:11dont l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne,
08:12qui demandent à l'Union européenne
08:13de taxer les super profits
08:15des compagnies pétrolières.
08:17Oui, c'est intéressant.
08:18C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
08:19il n'y a plus que la France
08:19qui n'est pas d'accord
08:21pour taxer les super profits
08:22des compagnies pétrolières.
08:23Il faut se rendre compte
08:24qu'aujourd'hui, l'explosion,
08:25j'ai fait un rapport sur le sujet
08:27à l'Assemblée nationale,
08:27l'explosion du prix du carburant
08:30n'est pas tellement lée, en vérité,
08:31à la crise du Détroit d'Ormousse.
08:32Elle est deux fois plus importante
08:33que la réalité de la baisse
08:36de la pénurie créée
08:37par la crise du Détroit d'Ormousse.
08:38Donc, on voit bien
08:39qu'il y a eu une explosion,
08:40notamment de la rémunération
08:42sur les filiales de trading
08:43des énergéticiens.
08:44Donc, il faut absolument taxer
08:46cette rente indue.
08:47C'est les Français
08:48qui vont travailler tous les jours,
08:49qui se sont mis à payer
08:50ces super profits
08:51et qui ont vu l'explosion
08:52des prix du carburant.
08:53Moi, je suis d'une circonscription
08:54rurale,
08:55je suis d'une circonscription
08:56qui ne peut pas vivre
08:57avec une essence
08:57à 2 euros le litre.
08:59C'est impossible.
09:00On fait 65 kilomètres
09:01de trajet d'homicide
09:02de travail par jour.
09:03Donc, aujourd'hui,
09:03il faut que les compagnies
09:06de recarbures
09:07prennent leur part
09:07au redressement des déficits
09:09et en tout cas,
09:09aident des mesures
09:10de pouvoir d'achat
09:10urgentes pour les Français.
09:11Dernière question,
09:12c'était le ministre des Finances.
09:15Les retraités aisés,
09:17est-ce que c'est une bonne idée ?
09:18Et est-ce qu'on est aisé
09:19à partir de 2 000 euros ?
09:20C'est le chiffre
09:21avancé par le parisien.
09:23Bon, 2 000 euros,
09:24c'est beaucoup trop bas,
09:25à mon avis.
09:26Mais on peut tout à fait
09:28essayer de réfléchir
09:29à comment essayer
09:31d'équilibrer
09:31pour éviter que le budget
09:33prenne complètement l'eau
09:34en désindexant
09:35de manière temporaire
09:36seulement un an
09:37les retraités très aisés.
09:38Mais on ne peut pas dire
09:39d'un côté,
09:40on désindexe
09:41le retraité à 3 000 euros
09:42et à 3 000 euros,
09:42on est riche.
09:43Et dans le même temps,
09:44dire non à la rétabition
09:46non à une taxation du capital
09:47quand même un peu supérieure.
09:49Même Alain Minck
09:50propose de mettre
09:51la flat tax à 40%.
09:52Même Alain Minck,
09:53non à toute mise
09:56à contribution
09:57aujourd'hui du grand capital.
09:58Mais par contre,
09:58on va vous expliquer
09:59qu'à 3 000 euros,
09:59vous êtes riche.
10:00Donc moi,
10:00j'aimerais bien
10:01qu'il y ait de l'équilibre.
10:02C'est-à-dire qu'on peut dire,
10:03et soyons honnêtes,
10:05qu'on peut désindexer
10:06pendant un an.
10:06On peut le faire,
10:07c'est déjà arrivé.
10:08Nicolas Sarkozy l'avait fait,
10:09François Hollande l'avait fait.
10:11Donc ça peut arriver,
10:12mais il faut que ce soit
10:12équitablement réparti.
10:14Merci Philippe Brat
10:14d'avoir été avec nous ce matin.
10:16Merci à vous.
10:16Merci à vous.
10:16Merci à vous.
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