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  • il y a 6 jours
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:01C'était de l'impertinence, c'était de l'humour, c'était aussi beaucoup de culture générale.
00:06Si on devait résumer Philippe Bouvard, 70 ans de radio, de télévision, de presse écrite.
00:12Il s'est éteint aujourd'hui à l'âge de 96 ans.
00:14Celui qui a incarné pendant tant et tant d'années aussi le succès radiophonique des grosses têtes sur RTL.
00:20Philippe Bouvard, c'est une carrière commencée à la fin des années 50.
00:25Je ne voudrais pas qu'on aille penser qu'il s'agit là seulement d'une déformation optique.
00:30Ça vous envoie qu'on vous prenne pour un maniaque ?
00:31Oui, ce n'est pas exactement ça.
00:32Voyez-vous, la réalité est quand même plus complexe.
00:35Étant appelé professionnellement à fréquenter sans cesse des célébrités, des célébrités diverses,
00:42j'en suis arrivé très souvent à m'interroger sur les raisons de cette célébrité.
00:47Et dans la mesure où mes questions restaient sans réponse,
00:49j'ai pensé qu'il la devait d'abord, surtout à leur physique, à ce qu'on nomme, vous savez,
00:55le physique de l'emploi.
00:58Alain, vous étiez à côté, vous l'avez côtoyé Philippe Bouvard à RTL.
01:00Mais simplement sur, vous disiez, le ton de l'époque de ces années 50 à la télévision.
01:06Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais à cette époque-là, âge comparable, on parlait du nez.
01:12Et maintenant, on parle la voix est plus basse.
01:14Vous l'avez côtoyé à RTL ?
01:16Oui, souvent, souvent. Et puis dans d'autres circonstances, il avait une passion pour la langue française.
01:26Il s'était totalement fabriqué lui-même, évidemment.
01:30C'est un autodidacte.
01:31Complet, complet. Et un jour, on était invité pour recevoir une distinction, pas la même,
01:38mais on se trouvait être installé côte à côte à l'Académie française.
01:42Et moi, j'étais très content d'avoir reçu une distinction, mais je veux dire, je n'étais pas bouleversé.
01:48Lui, au moment où on a prononcé son nom, donc il a dû se lever et on lui a dit,
01:54on vous remet cette médaille pour, en gros, le service que vous rendez à la langue française.
01:59Il avait les larmes aux yeux.
02:01Et il m'a dit après, mais pour moi, c'est tellement important, moi qui n'ai jamais eu de
02:05titre universitaire,
02:06d'être traité comme ça à l'Académie, etc.
02:09Et c'était, il était très drôle, mais c'était aussi un émotif.
02:13Il était passionné de littérature.
02:16Il avait une collection dingue de livres.
02:18D'ailleurs, lui-même se présentait comme étant un bibliophile.
02:21Oui, alors, c'était les deux.
02:23C'est-à-dire que c'était un bibliophile en ce sens qu'il avait une collection de livres qui
02:27était exceptionnelle.
02:28Il me l'a fait visiter, donc j'en ai vraiment, je me rappelle vraiment bien.
02:32Il avait une collection de livres magnifiques.
02:34Mais en même temps, c'était, ce qui est autre chose, un grand lecteur.
02:38Et un lecteur qui assimilait incroyablement ce qu'il lisait.
02:42Ce qui fait qu'alors qu'au départ, il n'avait pas une culture extraordinaire,
02:46il intégrait au fur et à mesure des connaissances qui étaient impressionnantes.
02:50– On a Muriel Robin qui est avec nous en ligne par téléphone.
02:54Bonsoir, Muriel Robin.
02:56– Bonsoir.
02:56– Merci de prendre quelques instants pour nous.
02:58C'est vrai que Philippe Bouvard, ça a été le découvreur de talent.
03:02Ça a été le petit théâtre de Bouvard qui, tous les soirs, était regardé.
03:05Il faut se souvenir des scores de l'époque.
03:07Plus de 10 à 12 millions de téléspectateurs le soir.
03:10Est-ce que vous dites merci, Philippe Bouvard, de ce qu'il a fait pour les jeunes,
03:14pour les comiques, pour des gens comme vous ?
03:16– Oui, tout à fait pour moi.
03:18Moi, je dis merci, Philippe Bouvard, parce que j'ai entré à écrire
03:21parce que j'ai voulu rentrer au clité.
03:22Après le conservatoire, aussi bizarre que ça puisse paraître.
03:25Après Michel Bouquet, je suis allée vers Philippe Bouvard pour travailler.
03:31Et j'ai appris l'écriture.
03:32J'ai appris à être efficace dans l'écriture, rapide.
03:36Il disait j'achète quand on passait un sketch.
03:39Il n'y avait pas de discussion.
03:40Il n'y avait pas non, il faudrait le retravailler comme ci ou comme ça.
03:43Ça le faisait rire ou pas.
03:46Et comme il s'était en fait, il avait le goût du grand public.
03:51Donc il ne se trompait pas.
03:52Il ne se trompait pas.
03:53Et quand il achetait, souvent, si la mission a marché,
03:56c'est que tous les sketchs qui passaient plaisaient aussi au public, évidemment.
03:59– Il était comment avec vous, avec ces jeunes humoristes ?
04:03– Durs, parce que rire n'est pas synonyme d'être brôle.
04:09Donc il riait beaucoup, on faisait rire beaucoup.
04:11Mais il était dur.
04:13Ce n'est pas quelqu'un du tout de…
04:15Ça se pressentait un peu, peut-être, pour les gens qui nous écoutent.
04:19Mais il n'y avait jamais de démonstration d'affection,
04:22ni dans les mots, ni dans les actes.
04:25Voilà, c'était un travailleur.
04:28C'était une machine de guerre, il avançait.
04:31On passait les auditions, les sketchs dans un couloir,
04:34en bas de l'escalier par lequel on arrive au studio Gabriel.
04:38Il avait un chrono à la main.
04:40Il nous donnait 20 minutes, paf, paf, paf, on passait les sketchs.
04:43Et puis qu'il repartait, il montait dans sa 604,
04:46avec le téléphone, on savait qu'il y avait un bureau à l'arrière.
04:50On a l'impression que tout d'un coup, on était avec un Américain
04:53qui était très, très, très moderne,
04:54qui partait écrire des papiers pour je ne sais quel journal.
04:59Mais bon, encore une fois, à titre personnel,
05:02moi, il m'a d'abord donné confiance,
05:03parce qu'il me présentait, quand on faisait des galas sur scène
05:07dans lesquelles il nous accompagnait,
05:11il me présentait comme la comédienne la plus drôle de l'émission,
05:17donc de la télé, donc de la France.
05:19Donc, moi, pendant mon vie de bouvard,
05:22qui était client de Thierry Luron,
05:25parce que je regardais ça en noir et blanc, évidemment, à l'époque,
05:28j'étais adoubée, et entre la confiance,
05:31et encore une fois, le fait d'avoir appris à écrire,
05:34d'être lancée dans l'écriture pour rentrer dans cette émission,
05:39je lui dois, et je n'ai pas cessé, d'ailleurs,
05:42tout au long de toutes ces années,
05:44ça fait 40 ans, maintenant, Thierry Luron, un peu plus, même, je crois,
05:48mais de l'appeler et de le remercier,
05:51et il était très fier, il a fini quand même par lâcher quelques mots
05:54par me dire qu'il était très fier,
05:56et m'a-t-il dit particulièrement de vous,
05:58et je lui ai répondu, je pense que vous dites ça
06:00à chaque artiste qui vous appelle,
06:04mais vous avez bien raison,
06:05mais ça fait plaisir d'entendre.
06:07Mais justement, puisque vous disiez,
06:09ça doit faire 40 ans,
06:10ça fait 40 ans, effectivement,
06:11on a un petit extrait qui date de 1985.
06:16Nous avons mis toute notre troupe féminine
06:19sur le pied de guerre
06:20pour vous présenter la prochaine mode d'hiver.
06:25Voici Samantha dans un modèle en mousseline,
06:28une très jolie toilette
06:31présentée avec un gant de toilette.
06:50Le petit théâtre de Bouvard,
06:52c'est de 1982 à 1987,
06:54ça a duré que finalement 5 ans,
06:56et pourtant, ça reste une émission culte,
06:59parce qu'effectivement, à l'époque,
07:01il y avait peu de chaînes de télé,
07:02et tout le monde regardait,
07:02c'était le rendez-vous incroyable.
07:03Il y avait 12 millions de téléspectateurs
07:05le soir, Muriel.
07:06Oui, et mettre en avant le rire,
07:09en fait, je réalise,
07:12rétrospectivement,
07:12parce que le rire, maintenant,
07:13c'est devenu,
07:15c'est vraiment le truc, quoi,
07:17il faut être drôle,
07:18et on en met partout,
07:19à toutes les sauces,
07:20voilà, tout le monde est drôle,
07:21et pourquoi pas,
07:22mais à cette époque,
07:24mettre le rire en avant à ce point-là,
07:27bon, alors, ça ne plaisait pas beaucoup.
07:28Il ne fallait d'ailleurs pas mettre
07:30en haut de son CV,
07:32à l'époque, on disait,
07:33oh, c'est pas,
07:34ne met pas que tu fais le théâtre de Bouvard,
07:35parce que c'est pas bien.
07:36Évidemment, j'ai toujours mis,
07:38après Michel Bouquet,
07:39que je faisais le théâtre de Bouvard,
07:41parce que,
07:42parce que je n'aime pas trop cracher
07:43dans une soupe
07:44dans laquelle je mange,
07:46mais c'était pas,
07:46ça ne s'était pas bien, quoi,
07:47parce que c'était populaire,
07:49en fait,
07:49et ce qui est populaire,
07:50évidemment,
07:50ne plaît pas toujours.
07:52– Merci Muriel Robin,
07:54merci d'avoir été avec nous.
07:55Autre personnalité,
07:57merci de cet hommage
07:58à Philippe Bouvard.
07:59– Un mot quand même,
08:00Sylvain,
08:00parce qu'on parle beaucoup
08:01depuis ce matin
08:02de ces 37 ans
08:04passés à la tête des grosses têtes,
08:05créés en 77,
08:07mais il faut rappeler quand même
08:08que Philippe Bouvard,
08:09il a inventé,
08:10en quelque sorte,
08:10l'impertinence à la télévision.
08:12S'il y a ensuite,
08:13il y a eu des Thierry Ardisson,
08:15des Laurent Ruquier,
08:16des Fogiel,
08:16c'est parce qu'il y a eu avant
08:18Philippe Bouvard…
08:18– Il a ouvert un champ des possibles.
08:20– …qui mêlait le journalisme,
08:22le divertissement
08:22et qui avait l'art de poser
08:24parfois des questions qui fâchent.
08:25– Pas qu'un petit peu,
08:26d'ailleurs,
08:26il a mis la grivoiserie,
08:29l'espièglerie,
08:31la gauloiserie,
08:32vraiment dans ce métier,
08:34en essayant de créer
08:36une sorte de style
08:36où tout se mêlait,
08:37on ne savait pas vraiment
08:38si c'était du journalisme
08:39ou de l'animation.
08:40En fait,
08:41il était l'un des précurseurs
08:42de ce qu'on appelle aujourd'hui
08:43l'infotainment.
08:44Il s'amusait à mettre
08:45Salvador Dali
08:46sur un même plateau.
08:48Il s'était un meneur de bandes,
08:49il savait faire des tablés,
08:51construire comme ça,
08:52comme un bon dîner,
08:53une émission.
08:55Il parlait de ses sociétaires
08:56et de mélanger des gens
08:57qui n'avaient rien à voir ensemble
08:58et pourtant,
08:59une certaine magie opérait.
09:01Il posait des questions
09:02parfois extrêmement dérangeantes.
09:04Il a été très violent
09:05avec des gens comme
09:06Lynn Renaud,
09:07Mireille Mathieu,
09:07Brigitte Bardot.
09:08C'était un de ses premiers patrons
09:09qui lui avait dit
09:09« il faut être méchant,
09:10c'est comme ça
09:11qu'on se fait reconnaître
09:12d'une certaine manière ».
09:13Donc, il avait créé
09:14ce style très cynique,
09:16très acerbe
09:16et en même temps,
09:18son puits de connaissances,
09:20sa soif d'une certaine manière.
09:22Il a raté le bac trois fois,
09:23il n'avait que le certificat d'études,
09:25il est viré de sept lycées parisiens,
09:27il est viré de son école de journalisme
09:29et donc,
09:30il a cette soif
09:30tout au long de sa vie finalement
09:31de tenter de prouver
09:33qu'il était aussi un intellectuel.
09:36Elle n'a jamais été épargnée
09:38par Philippe Bouvard
09:39mais elle est une figure historique
09:41des grosses têtes.
09:42C'est Amanda Lyre
09:43qui est en ligne avec nous.
09:44Bonsoir Amanda Lyre.
09:47Merci d'être en direct.
09:48Si je vous dis,
09:50Philippe Bouvard,
09:50pour vous,
09:51il incarne quoi Philippe ?
09:52Alors,
09:52il a incarné quoi ?
09:54Vous savez,
09:55je lui dois tellement,
09:56je lui dois tellement.
09:57Merci,
09:57merci Philippe.
09:58Il a incarné
10:00cette culture extraordinaire,
10:01cette insolence
10:02dont vous venez de parler justement.
10:04Mais c'est surtout,
10:05moi,
10:05ce qui m'est attaché chez lui,
10:06c'est cette immense culture.
10:07Il était passionné
10:09de littérature,
10:10il adorait écrire
10:11et c'est pour ça d'ailleurs
10:12que les gens
10:13qui étaient reçus
10:14en tant que sociétaires,
10:15parce qu'on était invités une fois
10:16et puis peut-être jamais plus,
10:18mais une fois qu'on est sociétaires,
10:19c'est parce que vraiment
10:19on avait prouvé
10:20à Philippe Bouvard
10:21qu'on pouvait,
10:23qu'on avait de la répartie,
10:25qu'on avait de l'humour
10:25mais aussi qu'on avait
10:26de la culture
10:27parce qu'il y avait quand même
10:28des questions
10:31assez difficiles
10:31à répondre parfois.
10:32Et donc,
10:33une fois que Philippe
10:34avait compris
10:35que vous étiez capable
10:36de tenir la route,
10:38après,
10:38c'était extraordinaire.
10:39Mais Amanda,
10:40vous avez eu...
10:40de sa dureté,
10:41on parle souvent
10:43de sa dureté,
10:44mais en fait,
10:44avec moi,
10:45il a toujours été
10:45très bienveillant.
10:46Je lui dois vraiment beaucoup.
10:47Vous avez beaucoup...
10:48Mais Amanda,
10:49comment on tient autant de temps ?
10:50Parce que vous avez commencé
10:51dans les années 80,
10:52je crois jusqu'en 2014.
10:53Oui, oui.
10:54Et c'était quand même...
10:55Pardon,
10:55mais les femmes étaient minoritaires
10:56dans les grosses têtes,
10:57c'était parfois quand même
10:58assez macho comme ambiance.
11:00Écoutez,
11:01nous étions pas nombreuses.
11:02C'est vrai.
11:03On était trois-quatre.
11:04Il y avait Evelyne Leclerc,
11:05il y a Machamerie,
11:05il y avait Isabelle Mergot.
11:06On était comme ça,
11:07trois-quatre,
11:08à leur tenir tête.
11:09Je dis bien,
11:09tenez leur tête
11:09parce qu'on en prenait
11:10plus de la tranche.
11:11Ils se moquaient de nous.
11:13Et bon,
11:14il ne fallait pas se vexer.
11:15Il fallait accepter ça
11:16et savoir surtout
11:18leur tenir tête
11:18et leur répondre.
11:19Et ça,
11:20ce n'était pas facile.
11:21Mais une fois qu'on avait
11:22prouvé à Philippe
11:22qu'on pouvait faire ça,
11:24on s'était gagné.
11:24Parce que moi,
11:25quand je suis arrivé,
11:25j'étais une chanteuse disco.
11:27Très bien.
11:27Alors,
11:27personne ne savait
11:28que j'étais drôle
11:30ou cultivé ou pas.
11:31On me voyait à la télé
11:32pour mes chansons.
11:33Le fait que Philippe
11:34Bouvain a commencé
11:35à m'inviter,
11:36les gens ont découvert
11:37brusquement
11:37que je pouvais être drôle,
11:38que j'avais de la répartie,
11:40que je pouvais raconter
11:40des histoires.
11:41Et ça,
11:42je dois dire,
11:42ça a beaucoup,
11:43beaucoup,
11:43beaucoup changé ma carrière
11:44parce que ça m'a orientée
11:46justement vers le théâtre,
11:47vers la comédie.
11:49Et il aimait aussi
11:51qu'on se moque de lui
11:52parce qu'il y avait
11:54beaucoup de vin
11:54dans les grossettes
11:55mais il était souvent
11:56pris pour cible
11:57et je crois qu'on a
11:58un extrait quand même
11:58assez savoureux.
11:59On a un extrait justement
12:00avec Jean-Yann et Jacques...
12:02Écoutez, Amanda,
12:02c'est Jean-Yann et Jacques Martin
12:04qui chambrent Philippe Bouvard
12:05sur sa future épitaphe.
12:07Je vous écoute.
12:08Mais moi,
12:08j'irais au vôtre.
12:10Je dirais le mot
12:10sans la tombe.
12:11C'est l'épitaphe
12:12qui va être dur à trouver.
12:13Pour Bouvard ?
12:14Ah oui.
12:14Eh oui,
12:15parce qu'il va falloir
12:15la graver en tout petit.
12:16Si,
12:16ça va être très dur.
12:21Enfin,
12:21si on vous met dans une urne,
12:23on n'a pas besoin
12:24de vous préparer.
12:24Mais vous ne voulez pas
12:24qu'on vous enterre debout,
12:25non ?
12:27Non,
12:27ils vont le prendre
12:28pour une borne.
12:32Parce qu'il le vanait
12:34sur sa petite taille.
12:36Ça,
12:36c'était souvent...
12:36Oui,
12:36c'était très drôle
12:38parce qu'une année,
12:39d'ailleurs,
12:40Philippe nous avait tous
12:40invités dans sa maison,
12:42très jolie maison à Cannes,
12:44parce qu'au lieu
12:44d'enregistrer
12:45les grosses têtes
12:46de la rue Bayard,
12:47il avait dit
12:48tiens,
12:48on va les enregistrer
12:49chez moi à Cannes.
12:49Donc toute l'équipe
12:50est descendue,
12:51il y avait Sim,
12:51il y avait Carlos,
12:52il y avait Bernard Mabie,
12:53etc.
12:54On était très bien logés
12:55et puis on montait
12:56chez lui déjeuner
12:57à leur repas magnifique
12:58et puis après,
12:59tout le monde
12:59en maillot de bain
13:00était autour de sa piscine
13:01et on enregistrait
13:02les grosses têtes.
13:03Alors c'était rigolo
13:04parce que je n'avais jamais
13:05vu les grosses têtes
13:05en maillot,
13:06déjà c'était rigolo.
13:07Donc on se baignait
13:08et dans la piscine,
13:09le seul qui n'avait pas pied
13:10c'était Philippe,
13:10évidemment.
13:12Tout le monde
13:13se moquait de lui
13:14mais il prenait ça
13:15très joyeusement.
13:16Vous savez,
13:16en fait c'était
13:17une espèce de petite famille
13:18très agréable
13:20et très nécessaire
13:22parce que Philippe
13:23le répétait sans arrêt
13:24il faut rire,
13:24il faut rire,
13:25c'est une thérapie,
13:26il faut rire tous les jours.
13:27C'est ça le rire de tout,
13:29ne pas avoir peur
13:30d'y aller franchement
13:31et ça,
13:32ça m'a beaucoup,
13:32beaucoup aidé.
13:33Merci Amanda Lierre,
13:35l'hommage à Philippe Bouvard.
13:36Merci à Philippe Bouvard surtout.
13:37Merci.
13:38Merci Amanda.
13:39Steven,
13:40l'épitaphe,
13:41il avait trouvé son épitaphe ?
13:42Vivant,
13:42j'étais assez petit,
13:44sous la pierre,
13:44je fais figure de monument,
13:45il y a donc un progrès.
13:47C'était un homme
13:48de culture générale,
13:49Philippe Bouvard,
13:49avant d'en parler
13:50avec Bernard Mabille.
13:51Oui,
13:51il l'avait acquise,
13:53mais bien acquise,
13:54effectivement,
13:55et puis il a travaillé,
13:56moi,
13:57je l'ai vu certaines fois,
13:59préparer l'émission,
14:00enfin,
14:01relire ses notes
14:02juste avant d'entrer
14:03dans une émission
14:04et il vérifiait
14:05chaque petit point,
14:06mais il est arrivé
14:07qu'il m'interroge
14:08en me demandant
14:08c'est bien ça,
14:09etc.
14:11Ce n'était pas
14:12de l'improvisation
14:13ou plutôt,
14:13c'était de l'improvisation
14:15sur un terrain
14:16bien labouré.
14:18Bernard Mabille
14:19était avec nous aussi,
14:20compagnon de route
14:21historique
14:22de Philippe Bouvard.
14:23Question un petit peu
14:24personnelle,
14:25vous aviez pu échanger
14:26ces dernières semaines
14:27avec lui
14:28ou pas Bernard,
14:29justement ?
14:29Non,
14:30impossible,
14:30impossible.
14:30J'étais à Cannes
14:32avant les vacances
14:34et j'aurais voulu le voir
14:36mais on m'avait expliqué
14:38qu'il n'entendait plus,
14:40il ne voyait plus,
14:40il était très très fatigué.
14:42Donc,
14:43j'ai préféré rester
14:44sur une image
14:46d'un bouvard
14:47tel que je l'aimais.
14:49Bernard,
14:49vous avez dit
14:50que c'était quelqu'un
14:51de curieusement
14:52très attachant.
14:53Je n'ai jamais su
14:54s'il nous aimait ou pas.
14:56Ce qui est vrai,
14:56oui,
14:57ce qui est vrai
14:57parce qu'il était très froid
15:00et si vous voulez,
15:02moi je l'ai connu
15:03avec le sourire
15:04que lors des émissions,
15:06dès que le micro
15:06était ouvert,
15:08il posait sa montre
15:09sur le bureau
15:11et tout roulait
15:12et après il remettait
15:14sa montre au poignet
15:15et il partait immédiatement.
15:18Alors,
15:18je n'ai jamais su,
15:19c'est d'ailleurs
15:19une question
15:20que je me poserais toujours
15:22parce que j'ai travaillé
15:24pendant une trentaine d'années
15:25avec lui quand même
15:26et je me suis dit
15:27est-ce qu'un jour
15:29j'ai été son ami
15:30ou pas ?
15:31Je ne sais pas.
15:31Alors justement,
15:32j'ai une question
15:33moi qui écoutais
15:34pendant très très longtemps
15:35les grosses têtes
15:35du temps de Bouvard.
15:36Je voudrais savoir
15:37la fameuse auditrice
15:38Madame Belper de Loche,
15:40c'est vous
15:41ou c'est lui
15:41qui l'avait trouvé ?
15:43Ah non, non,
15:43c'est lui, c'est lui.
15:44Moi je suis arrivé après,
15:46vous savez,
15:46moi j'étais dans le...
15:47Je suis arrivé,
15:48il y avait déjà
15:49tous les gimmicks
15:51des grosses têtes
15:52et surtout
15:53toutes les stars,
15:54des gens énormes.
15:55Vous vous rendez compte
15:56de ma première émission,
15:56il y avait Cime,
15:58il y avait Jean-Yann,
15:59il y avait Jacques Martin,
16:00il y avait Kersozon.
16:02Et alors Bouvard vous disait
16:03bon ben,
16:03moi il m'a appelé,
16:04il m'a dit une émission,
16:05si ça marche,
16:06il y en aura une deuxième,
16:07sinon au revoir quoi.
16:09Ah ça vous mettez pas le moral.
16:11Ça vous a appris quoi Bernard ?
16:13Tout.
16:14Il m'a tout appris.
16:15Il m'a appris à écrire
16:16parce que j'étais
16:17un petit journaliste.
16:18Il m'a appris à écrire,
16:19il m'a appris à parler,
16:22il m'a appris la scène,
16:23il m'a appris le rire.
16:25Il m'a tout appris.
16:26Vous savez,
16:27Philippe,
16:27j'ai eu la chance
16:28d'être dans son ombre
16:29longtemps
16:30et j'en ai,
16:31j'ai ouvert les yeux,
16:32les oreilles,
16:33j'ai regardé,
16:34j'ai écouté,
16:34j'ai tout appris.
16:35Après il m'a produit
16:36moi un Bobineau
16:38parce qu'il avait acheté
16:39la salle de Bobineau
16:40donc j'étais son premier
16:43premier artiste
16:44et ça c'était pas du gâteau
16:45non plus.
16:45Il vous aimait alors,
16:46il vous aimait Bernard.
16:48– Oui,
16:50il était difficile à vivre
16:53mais vivre sans lui
16:54ça va être difficile
16:55mais il était quand même
16:56difficile à vivre.
16:57– Merci Bernard.
16:58– Vous savez la première fois
16:58que je suis allé,
16:59juste un mot,
17:00la première fois
17:00que je suis allé
17:01dans son bureau bibliothèque
17:04ou bibliothèque bureau,
17:05il y avait 4000 bouquins
17:07et il avait tout lu,
17:09tout lu,
17:10tout lu,
17:10tout lu.
17:10C'était un autodidacte flamboyant.
17:14Voilà ce que je voulais dire de lui.
17:15– Merci Bernard Mabille,
17:17merci d'avoir été avec nous,
17:19merci bien de cet hommage.
17:21Merci Alain Duhamel.
17:22– Merci.
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  1. BFM
    il y a 4 heures