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  • il y a 2 mois
Eric Malenfer, président de Gexpertise, et Julie Neuville, présidente de Materrup, étaient les invités de Brigitte Boucher, ce vendredi 28 août. Ils sont revenus sur le grand oral des candidats à l'élection présidentielle lors de la REF, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h43 sur BFM Business et RMC Live, Canal 25.
00:03Jacques-Julie Neuville, bonjour.
00:05Bonjour.
00:05Vous êtes présidente de Mater-Up, spécialisée dans le ciment bas carbone.
00:08Et Eric Malenfer, bonjour.
00:10Bienvenue, vous êtes président de G'Expertise, ingénierie dédiée à la topographie, à la construction et à l'immobilier.
00:15Si vous êtes réunis ce matin sur ce plateau, c'est parce que vous faites partie des patrons chanceux
00:21qui ont pu interviewer hier à l'AREF sept candidats à l'élection présidentielle.
00:25C'était le premier débat, on peut dire, de cette élection.
00:28Donc vous les avez auditionnés.
00:30D'abord, donnez-nous chacun une première impression.
00:33Est-ce qu'ils vous ressemblaient tous au niveau face aux défis qui s'offrent à la France ?
00:39Alors on a senti des prémices de programmes des débuts.
00:45Mais c'est vrai que nous les avons interrogés sur des points très spécifiques, concrets, pragmatiques.
00:51Et on a eu des réponses dans l'ensemble plutôt générales.
00:55Donc moi j'attends pour ma part que ça soit creusé un petit peu plus que ce qu'on a
01:00entendu hier sur les sujets économiques
01:03et particulièrement sur l'industrie.
01:05Et pour vous Éric Malenfer ?
01:06Écoutez, j'ai trouvé très intéressant déjà qu'ils viennent.
01:09Que la campagne démarre en n'oubliant pas que l'économie c'est quand même le cœur battant, si vous
01:13voulez, du fonctionnement du pays.
01:14Et ça touche tout le monde.
01:15On croit souvent qu'en fait c'est hors sol.
01:17Non, ça touche tout le monde.
01:18Parce que tout le monde a besoin d'un salaire, etc.
01:21Ça a été plutôt convivial, il y a eu des petites tricks, mais ils se sont écoutés, il y a
01:27eu des propositions.
01:28Vous en avez qui répondent aux questions, d'autres qui ne répondent pas.
01:31Donc c'est amusant.
01:32Alors Julie Neville, vous attendiez des propositions pour simplifier la vie des entreprises dans le domaine de l'écologie ou
01:37sur la formation.
01:38Est-ce que vous avez été, on peut dire, heureusement surprise ?
01:41Oui, alors spécifiquement sur l'industrie, sur la transition écologique dans l'industrie.
01:48On a besoin aujourd'hui de décarboner.
01:50C'est ce qu'on fait d'ailleurs, on fait du ciment bas carbone, qui est au même prix, qui
01:53est compétitif.
01:55Et aujourd'hui, ma question était simple, c'était comment on déploie des usines en France.
01:59Et pourquoi les déployer en France, plutôt qu'ailleurs en Europe ou même hors Europe, de façon très concrète.
02:07Parce qu'aujourd'hui, c'est long, c'est complexe, c'est fastidieux pour avoir les autorisations avant même de
02:12commencer à construire.
02:13Tout le monde était au niveau ou c'était plutôt Marine Tondelier qui était en pointe sur ce côté plus
02:16écologique ?
02:17Alors, j'allais dire sur la décarbonation de l'industrie, c'est pas un sujet qui tend à l'écologie,
02:25c'est un sujet qui tend à nous tous.
02:27On le voit avec les derniers mois qu'on a passé, on a tous vécu, je pense, des difficultés.
02:31Donc on voit que la décarbonation de l'industrie, ça touche en fait tous les sujets, tous ces transpartisans.
02:37Ces transpartisans et tout le monde doit se saisir du problème.
02:41Réindustrialiser, oui, mais réindustrialiser vers compétitif, c'est aussi la question que nous, chefs d'entreprise et que nos dirigeants
02:48doivent se poser.
02:49Comment on réussit ça ?
02:50Alors vous, Éric Malenfer, vous aviez des doutes sur la capacité, vous l'avez dit, des politiques à répondre à
02:54vos questions.
02:55Sur quoi vous êtes resté sur votre faim, par exemple ?
02:58Sur la compréhension qu'on devra de toute façon consommer moins, à un moment ou à un autre, moins de
03:06services publics.
03:07La France est un pays riche qui, on a quand même un taux de prélèvement qui est exceptionnel, 45%
03:13c'est exceptionnel.
03:14On a un coût de dépense publique de 57% qui est exceptionnel.
03:18Face à ça, remettre en question ce qui doit relever du service public, quelle est la qualité de service qu
03:25'on a en face,
03:26ils refusent presque tous de réellement le remettre en cause.
03:29Pourquoi ? Parce qu'il va falloir, pas montrer du doigt, mais il va falloir dire là où ça dysfonctionne.
03:33Et puis alors le traitement des retraites, qui est quand même l'explosion, si vous voulez, des dépenses au cours
03:38de ces trois dernières années,
03:393,4 points de pipe de plus.
03:43C'est vraiment très compliqué à aborder, on le sent, avec des positions qui sont assez diamétralement opposées.
03:49Oui, effectivement, parce que autant Jean-Luc Mélenchon voudrait que la retraite revienne à 60 ans,
03:54autant, il ne l'a pas confirmé hier à Édouard Philippe, mais il avait proposé que ça aille jusqu'à
03:5867 ans.
03:59Ce sera effectivement crucial, cette question de la retraite, pour vous Julie Neuville.
04:04Est-ce que vous avez été convaincu par ce qu'ils vous ont dit sur le fait qu'il fallait
04:09travailler plus longtemps ?
04:12J'ai trouvé que c'était plutôt flou, en tout cas ça n'est pas chiffré.
04:17Et nous, chefs d'entreprise, ce dont nous avons besoin, c'est de la visibilité.
04:22De savoir sur les cinq prochaines années, et je dirais même en industrie, sur les 10, 20, 30 prochaines années,
04:29vers où on se dirige.
04:31Donc il faut à la fois avoir un cap qui est clair, et là le cap n'est pas toujours
04:34clair,
04:35et d'avoir des mesures qui sont chiffrées, et surtout de savoir quand est-ce qu'elles vont être mises
04:39en place,
04:39combien de temps elles vont mettre pour effectivement produire leurs effets,
04:44et quels sont les effets mesurables attendus.
04:47Je crois vraiment que ce pragmatisme et cette précision dans les calculs et les chiffres
04:53est importante pour nous, chefs d'entreprise au quotidien,
04:56mais on en attend pas moins de la part de nos futurs dirigeants,
05:00pour qu'on puisse s'engager sur des choses qui sont très claires.
05:03Alors vous, vous avez des revendications assez fortes.
05:06Il y a une étude qui est sortie au Pignanouet à l'occasion de la REF,
05:09qui dit qu'effectivement vous avez besoin de moins de charges, moins de fiscalité,
05:13que vous souhaitez moins de bureaucratie, c'est ce qui ressort en majorité de cette étude.
05:18Est-ce que là il y a eu des engagements précis ?
05:20Est-ce que vous avez l'impression qu'il y a une prise de conscience des candidats
05:23sur ces besoins que vous avez et ces inquiétudes ?
05:25Vous vous doutez que ça dépend un petit peu des candidats et de leur façon de voir la chose.
05:30Certains nous disent très clairement, vous n'avez aucun problème, c'est faux,
05:34vous pouvez dire tout ce que vous voulez, tout marche très bien.
05:36Donc là c'est plutôt Jean-Luc Mélenchon qui vous a dit augmenter les salaires ?
05:39Un petit peu, alors nous augmenter les salaires, il faut juste se dire une chose,
05:41c'est que la dépense que nous préférons faire, c'est celle de payer nos collaborateurs à la fin du
05:45mois.
05:45Et on aimerait tous les payer plus cher.
05:47Après vous avez un delta entre le brut chargé et le net qui est quand même très important.
05:52Alors il y a du service au milieu dans toutes ces charges.
05:55Il faut simplement que ces charges correspondent à un véritable service et qu'il n'y en ait pas trop.
05:58Donc oui, là-dessus on a eu quelques réponses.
06:01Maintenant, la prise de conscience qu'il faut regarder ce qui se passe ailleurs,
06:07et qu'ailleurs ils ne sont pas plus malheureux, et les statistiques montrent le contraire,
06:11tout en acceptant de travailler un peu plus, de s'engager un peu plus,
06:16arrêtant de faire du misérabilisme si vous voulez sur le temps de travail,
06:18ça marche très bien ailleurs.
06:20Il faut qu'on remette la France effectivement bien au travail.
06:22Alors on n'a pas besoin de la remettre au travail, elle est déjà au travail, elle travaille bien.
06:25La seule chose, il faut qu'on arrête de croire que c'est un tabou,
06:29et que comme depuis 1993 qu'on essaye d'avoir 5 réformes pour réformer le régime des retraites,
06:35toujours dans la douleur, jamais de façon harmonieuse,
06:38et là c'est encore bloqué.
06:39Donc en fait on ne fait que reporter.
06:40Je vais juste ajouter une chose, c'est que le remboursement de la dette,
06:43qui est un faux sujet parce que ça ne marchera jamais, déjà.
06:47Comment ça, c'est-à-dire qu'on ne peut absolument pas l'annuler ?
06:50On ne peut absolument pas dire qu'on va annuler le remboursement de la dette,
06:54geler la dette, et en même temps, grâce à ça, on n'aurait plus de nouveaux intérêts.
06:58Il y a juste un truc, c'est que le déficit structurel de la France, il est de 124 milliards.
07:01Donc de toute façon, tous les ans, on dit à nos enfants, sur la génération, sur les 25 ans qui
07:06viennent,
07:06tous les ans, nous empruntons pour payer nos dépenses de fonctionnement.
07:10C'est vous qui allez rembourser.
07:11C'est inaudible.
07:13Les patrons, on l'entend, et Patrick Martin l'a dit,
07:16le problème c'est la défaillance de l'État aussi,
07:19qui doit faire des efforts et balayer devant sa porte.
07:23Ils sont prêts à les faire, ces efforts, les politiques ?
07:26Je l'espère.
07:27Je l'espère, je pense que les efforts, il faudra tous les faire.
07:32Pour ma part, je pense qu'on ne réussira, collectivement,
07:37salariés, chefs d'entreprise,
07:40politique, fonctionnaire,
07:41que si on coopère et qu'on travaille ensemble dans un même intérêt.
07:46Il y a des intérêts pour le pays qui sont transpartisans.
07:49Il y a des réformes qu'il va falloir faire parce qu'on n'aura pas le choix,
07:52que ça va s'imposer à nous,
07:54la dette, les retraites, la transition écologique.
07:58Tout ça, il va le faire.
08:00Il va falloir le faire.
08:01Et là, ce qui était intéressant, en tout cas hier,
08:02c'est au moins de mettre les sujets sur la table.
08:05Donc, quand bien même, on n'a pas eu des réponses forcément sur tout,
08:09pas suffisamment chiffrés, en tout cas étayés, à mon sens.
08:12En tout cas, les sujets ont pu être mis sur la table
08:15et vont permettre d'être dans le débat public
08:17et d'entendre ce que chacun a à dire et à apporter pour construire.
08:22Et pour construire, il faut être tous ensemble.
08:23Mais après, il faudra agir, il faudra faire.
08:25Est-ce que vous avez le sentiment qu'ils vous ont dit ce que vous aviez envie d'entendre ?
08:29Je ne cherche pas à nous dire ce qu'on a envie d'entendre.
08:31Maintenant, il va falloir surtout trouver des solutions qui ne soient pas des solutions simplistes.
08:34Parce que quand les chefs d'entreprise demandent de la simplification,
08:38c'est très souvent plus dans le mode d'interaction avec l'administration.
08:42Le risque qu'il peut y avoir, c'est ce que disent certains candidats,
08:45c'est oui, on va casser les normes.
08:46On va supprimer des normes, etc., qui ne servent à rien.
08:50Écoutez, moi, j'ai entendu l'exemple d'il faut absolument supprimer la R20-20.
08:53La R20-20, elle est juste là pour affirmer le confort d'été.
08:56Donc, supprimer ça quand on voit ce qu'on vient de vivre,
08:58ça me paraît totalement en contradiction avec ce dont ont besoin les citoyens.
09:02Donc, ce serait quand même bien de faire un petit peu attention.
09:04Il y a des sujets qui sont techniques.
09:05Il ne faudrait pas dire n'importe quoi par populisme.
09:08Merci à tous les deux d'être venus nous débriefer dans ce grand oral
09:12des sept candidats à la présidentielle,
09:13puisque vous les avez auditionnés hier à la REF.

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