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  • il y a 4 semaines
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accomagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On va justement retrouver nos équipes sur place à Katmandou, puisque BFM TV est sur place avec Angie Luata et
00:06Willem Gay.
00:07Angie, vous êtes précisément avec une personne qui continue à attendre des nouvelles de ses proches et qui cherche désespérément.
00:17Et on sent bien que les bilans sont évolutifs. On se trouve ici dans un lieu, comme il en existe
00:21plusieurs, nous sommes dans un hôpital
00:23où des gens viennent alerter les autorités, se renseigner également pour savoir s'ils ont des nouvelles de leurs proches
00:31disparus.
00:32Je vais aller voir un jeune homme qui est dans cette situation, qui travaille à Katmandou.
00:37Bonjour.
00:38Hello. So you told me that you are now looking for two people, two relatives.
00:45Oui, c'est ça. Deux de mes proches. Ils se rendaient à Kailash avec d'autres touristes.
00:50La dernière fois que j'ai pu leur parler, c'était aux alentours de 8h30, le jour de l'inondation.
00:56Depuis, je n'ai pas eu un seul contact avec eux et sont toujours portés disparus. On ne les a
01:00pas retrouvés.
01:05Oui, aucune nouvelle de leur part ou du groupe avec lequel ils étaient. Tous sont des touristes. Je dirais qu
01:12'ils étaient entre 25 et 30.
01:17Oui, un groupe de touristes. Et ils sont tous portés disparus. Nous n'avons aucune nouvelle d'eux. On ne
01:21sait pas s'ils sont vivants, s'ils ont été retrouvés. Nous n'avons aucune information.
01:32Il n'y a pas que moi. Il y a toutes les autres familles, pas que la mienne, qui ont
01:40aussi été touchées par les inondations.
01:42Nous vivons tous un moment très tragique. Je n'ai pas vraiment les mots pour en parler, mais nous sommes
01:49vraiment dévastés.
01:49Merci beaucoup. Thank you very much. Et évidemment, beaucoup de courage à vous, à ce jeune homme, comme à des
01:58dizaines de personnes qu'on a pu voir aujourd'hui.
02:00Certains d'ailleurs, et on va se quitter sur cette image, allant placarder sur le mur des affiches de leurs
02:06proches disparus,
02:07dans l'espoir que quelqu'un puisse les alerter en leur disant qu'ils les ont vus, par exemple, qu
02:13'ils les ont croisés.
02:15Et pourquoi pas même ici, dans cet hôpital de Katmandou.
02:23We are in deep sorrow, cette tristesse infinie, cette attente interminable, évidemment.
02:30Petite note d'espoir dans cette tragédie, parce que dans ce genre de drame, il y a toujours une petite
02:35histoire dans l'histoire.
02:36Regardez ces images, c'est l'une des images qui nous est parvenue aujourd'hui,
02:40de cette mère de famille qui pensait avoir perdu son fils de 8 ans.
02:45Eh bien, en fait, elle l'a retrouvée deux jours après, parce qu'il avait réussi à grimper sur un
02:49arbre.
02:52J'avais complètement perdu espoir. Je n'avais plus mes enfants.
02:56Je traversais une période de deuil. Je ne parvenais même plus à me contrôler.
03:00Et je pensais que ça ne servait à rien de rester en vie.
03:09Mon chéri, comment ça va maintenant ?
03:14Ta jambe a été soignée, mon chéri.
03:20Je vais venir te voir.
03:26Qu'est-ce que tu voudrais que je t'apporte ? Tu aimerais manger quelque chose ?
03:31Là, voilà donc cette maman qui a pu échanger avec son fils, qui se trouve à l'hôpital.
03:36Regardez, il a été blessé malgré tout, mais il est vivant, ce petit garçon de 8 ans, Thierry Arnault.
03:41Il s'en est sorti parce qu'il a eu le réflexe de grimper sur un arbre pour se protéger.
03:48Malheureusement, il ne risque pas d'y en avoir beaucoup, des histoires comme ça, ces prochains jours.
03:53Non, non, on est évidemment heureux de le voir.
03:56On se dit aussi que c'est un miraculé, Alice, parce qu'on a tous vu les images absolument terrifiantes
04:02de ce torrent qui se déverse sur plusieurs dizaines de mètres de large.
04:07Et comme on a eu l'occasion de l'expliquer, Gaël notamment, à de très nombreuses reprises,
04:11ce qui déferle avec une violence inouïe, ce n'est pas seulement de l'eau et de la boue,
04:17ce sont des déchets, c'est du béton, c'est du métal, c'est des morceaux de maison,
04:21ce sont des voitures, des camions.
04:23Et donc, il y a là-dedans suffisamment d'éléments charriés pour broyer tous ceux qui sont sur le passage.
04:30Et effectivement, on a déjà un bilan très lourd.
04:33Et il ne fait aucun doute que ce bilan, il va malheureusement s'alourdir dans les heures et dans les
04:37jours qui viennent.
04:38D'autant qu'il y ait une nouvelle menace qui plane sur cette région.
04:43C'est l'une des informations de la soirée et on va en parler ensemble, Gaël Musquet.
04:47On va se lever pour essayer de comprendre précisément ce qui est en train de se jouer.
04:51C'est une vaste retenue d'eau qui est en fait la conséquence de ce qui s'est passé il
04:57y a deux jours,
04:57qui menace maintenant, ce soir, dans les heures qui viennent, de déborder sur la région.
05:03Expliquons comment cette vaste retenue d'eau s'est formée.
05:06On le voit en fait ce pierrier, ce morceau de massif qui s'est effondré dans le lit de cette
05:13rivière qui coule.
05:15Et ce que vous voyez ici, c'est ce pierrier qui apparaît et qui s'est effondré dans le lit
05:20de cette rivière.
05:21Et ce pierrier, tout ce massif qui s'est effondré, va provoquer le blocage de cette rivière.
05:28Et ce sont près de 3 millions de litres d'eau qui sont stockés dans le lit de cette rivière
05:34par ce barrage, ce nouveau barrage qui s'est formé.
05:38Est-ce que plus les heures passent, plus le risque est important ?
05:41Et oui, parce qu'on est en la période de la mousson.
05:44On a 20 à 30 litres de précipitation par mètre carré qui sont attendus sur ce massif.
05:49Ce qui veut dire que cette rivière est en train de remplir ce barrage.
05:53Évidemment, plus ce barrage sera rempli, plus il y aura un potentiel de destruction important.
05:59Et donc c'est aussi pour ça que les autorités ont ordonné l'arrêt ce matin, même si ça a
06:05repris, mais l'arrêt des opérations de secours.
06:07On va revenir aussi, et on reviendra bien sûr sur cette menace-là des prochaines heures, mais revenons aussi sur
06:13ces images.
06:14Important de ça, c'est le comté de Girong, c'est le poste frontière en fait.
06:18Et ça fait partie vraiment des images emblématiques de ce drame parce que ce bâtiment est très imposant.
06:24Et on voit à quel point l'eau dévore tout ce qui se trouve sous elle, autour d'elle.
06:32On voit que tout disparaît.
06:33On a des images satellites qui nous montrent avant, après le drame, au niveau de ce poste frontière.
06:39On voit le bâtiment ici.
06:40Tout à fait, les parkings que l'on voit avec ces bus qui ont disparu dans cette vague.
06:47Et ici, ce bâtiment qui fait plus de 25 mètres de haut.
06:50Donc c'est dire à quel point, et évidemment sur sa taille imposante, il faut imaginer qu'ici, ce pont
06:58est celui qui relie justement la Chine au Népal.
07:02C'est une voie de trafic, évidemment, de personnes, de marchandises, de véhicules, de matériel et d'enrées agricoles.
07:10C'est une voie stratégique entre ces deux pays.
07:12Et ce poste frontière, cette porte qui servait de transit, toute cette zone a complètement été engloutie ici.
07:22Il n'y a plus aucun bâtiment debout.
07:26On a ces bâtiments, ces édifices qui ont été rasés au niveau des fondations.
07:31Autre image, autre illustration des dégâts au niveau de ce village.
07:36Voilà, ce village qui se trouve dans la vallée et qui est donc totalement enseveli, détruit par l'eau.
07:44Ça, c'est les images le jour même du drame.
07:47Images satellites maintenant, avant, après, au niveau de ce village.
07:53Et là aussi, évidemment, c'est saisissant.
07:55On va voir à quel point l'eau peut tout dévorer.
07:59Parce qu'aujourd'hui, il ne reste plus rien de ce village.
08:03Alors, il faut imaginer dans ce massif, ce qu'ont subi, beaucoup de ces villages qui sont le long, en
08:08fait, de cette rivière.
08:10Avec ce décrochage de ce massif.
08:13Là, on revient au poste frontière.
08:15Évidemment, comme on le disait précédemment, tout a disparu.
08:18Et là, vous avez quelques villages qui, après le passage de cette submersion, ont complètement, complètement disparu.
08:26Des zones agricoles aussi.
08:28Ce pays, le Népal, est extrêmement dépendant du riz.
08:32Et donc, il faut imaginer les calamités agricoles qui sont aussi associées à ces destructions.
08:38C'est toute une vie, beaucoup de vies, évidemment, qui ont disparu.
08:43Mais aussi des infrastructures, des ponts, des usines hydroélectriques qui permettaient à ce pays d'avoir aussi une production électrique
08:52à partir de ces cours d'eau,
08:53en termes de ressources naturelles.
08:55C'est tout ça qui a été balayé et qui rend d'autant plus compliqués, aujourd'hui, les secours,
08:59parce que ces ponts permettaient de faire transiter des engins de chantier, de faire transiter des camions.
09:04Et donc, ils ne disposent plus, aujourd'hui, des capacités.
09:08Et donc, ce sont des hélicoptères, aujourd'hui, qui permettent d'amener les secours
09:11et de permettre, évidemment, de chercher les quelques personnes qui auraient pu survivre à ce désastre.
09:17On verra dans un instant, tout à l'heure, cette première équipe de secouristes chinois
09:21qui a pu pénétrer vraiment sur la zone du drame.
09:23On verra dans quelles conditions elle travaille, cette équipe de secouristes.
09:27Mais d'abord, peut-être un mot, Boris Eliashev, sur le risque actuel, à très court terme,
09:35cette possible rupture d'une vaste retenue d'eau qui a donc été formée sur ce territoire.
09:40Plus les heures passent, plus la situation est inquiétante.
09:43Est-ce que ça pourrait causer les mêmes dégâts que ce qu'on voit derrière vous,
09:47que ce à quoi on a assisté il y a deux jours ?
09:49C'est tout à fait possible, c'est très probable, d'ailleurs,
09:52puisque ça dépend de la quantité d'eau, en fait, qu'il y aura.
09:55Et puis, de toute façon, le barrage naturel qui s'est formé,
09:58qui bloque l'écoulement de la petite rivière qui coulait dans la vallée,
10:06en fait, l'eau va s'accumuler, la pression va augmenter jusqu'à ce que ce barrage cède.
10:11Ce sont des événements qui sont déjà arrivés par le passé.
10:14La Chine en a vécu un très important il y a quelques dizaines d'années de ça.
10:17Ils ont réussi in extremis à pouvoir sauver des milliers et des milliers de personnes
10:23qui étaient en dessous en érodant le barrage très rapidement.
10:26C'est le seul moyen qu'on a peut-être de...
10:30En érodant le barrage, en créant des failles dans ce barrage, c'est ça qu'il faut faire ?
10:33Il faut réussir à évacuer l'eau sans qu'elle s'évacue brutalement.
10:36Ce n'est pas une rupture de barrage, en fait.
10:39On va créer des fuites ?
10:40Oui, on va créer des fuites.
10:41On va essayer de faire s'écouler l'eau, d'évacuer l'eau de ce lac.
10:44Parce que plus ce lac va monter, plus la quantité d'eau, plus la masse d'eau va être importante,
10:48plus la pression va être importante.
10:50Et là, si ça cède d'un seul coup, c'est à nouveau une véritable catastrophe.
10:53Et c'est ce qu'ils sont en train de faire, très probablement, en ce moment, malgré l'étendue de
10:58la catastrophe ?
10:59Les Chinois ont de l'expérience là-dedans, parce que ça leur est déjà arrivé, ce genre d'événement.
11:02Donc je suppose que c'est ce qui va être entrepris sur ce barrage naturel qui s'est...
11:07Maintenant, il faut voir la possibilité d'accès de cette zone.
11:12Ça, c'est très difficile, puisqu'il n'y a qu'une seule route, en général, dans ces vallées,
11:15qui sont extrêmement escarpées, qui sont...
11:17On a affaire quand même à un relief extrêmement abrupt, etc.
11:21Donc il faut pouvoir monter du matériel.
11:23Dans l'ancien cas dont je vous parlais, il était possible d'amener du matériel sur place.
11:27Maintenant, il faut voir si, dans ce cas-là, il est possible d'amener du matériel sur place.
11:30Ce qui risque d'être le plus délicat.
11:31On est avec Hugo Nani, qui est glaciologue, chargé de recherche au CNRS.
11:37Bonsoir, monsieur Nani. Merci d'être avec nous.
11:39Je voudrais vous entendre, vous aussi, évidemment, sur cette nouvelle menace,
11:43celle que l'on craint dans les heures qui viennent,
11:45cette vaste retenue d'eau, ce barrage qui s'est formé, qui pourrait céder à nouveau.
11:50Ce que ça prouve, en fait, c'est que la catastrophe, elle est encore en cours,
11:55puisque c'est l'une des conséquences de ce qui s'est passé il y a deux jours.
11:57C'est loin d'être terminé.
12:00Oui, ce que ça montre, en effet, c'est deux lacs.
12:02Donc un qui est assez proche du glacier et l'autre qui est un peu plus en aval.
12:06Même si les volumes d'eau qu'on a à l'intérieur sont relativement faibles,
12:09quelques millions de mètres cubes, faibles par rapport en tout cas aux 200 millions de mètres cubes
12:13qui ont généré cette crue dévastatrice,
12:16le risque, c'est potentiellement d'avoir un sur-accident,
12:19même si un des lacs a l'air de se drainer petit à petit au fil des heures de la
12:24journée.
12:24Ce que ça vient montrer, comme vous dites, c'est surtout la complexité de ce genre de catastrophe,
12:31à la fois un effondrement de glaciers, une disponibilité des sédiments,
12:35une vulnérabilité de la population et des risques, en fait, de sur-catastrophes
12:39qui viennent d'autant plus impacter ce genre d'environnement de haute montagne
12:44très fragilisé par le changement climatique.
12:47Mais est-ce que ce drame-là, il peut encore être évité ?
12:52Alors, le gros avantage maintenant, c'est qu'on sait d'où vient le risque,
12:56ce qui n'était pas du tout le cas pour l'effondrement du glacier.
13:00Il y a des milliers de glaciers qui sont susceptibles d'avoir de telles instabilités
13:04à travers l'Himalaya et puis l'échelle de montagne dans le monde.
13:07Ici, il y a deux lacs qui sont suivis de très près leur niveau d'eau.
13:13On a vu le premier lac ce matin.
13:15Les autorités chinoises avaient conseillé justement d'arrêter les activités de secours.
13:21Donc, on sait d'où vient le risque, ce qui est déjà un gros facteur.
13:24Et les populations sont aussi prêtes, elles, à évacuer si besoin.
13:29Donc, on a à la fois l'aspect connaissance d'où ça vient,
13:32mais aussi des gens qui sont prêts à le faire et qui ne seront pas pris par surprise
13:36de la telle manière que ce qu'on a eu mercredi matin.
13:39On revoit justement ces images saisissantes de ce qui s'est passé ce 27 août, ce mercredi matin.
13:45Je vous garde encore un instant, Hugo Nadi.
13:48Différents scénarios ont été évoqués pour expliquer cette tragédie.
13:53Est-ce que vous, aujourd'hui, vous avez un scénario clair en tête
13:57et vous êtes capable d'expliquer parfaitement ce qui s'est déroulé
14:01et comment tout cela s'est produit ?
14:04Alors, ce ne sera pas forcément moi.
14:06On est vraiment un consortium de scientifiques internationaux
14:09qui sommes réunis depuis mercredi matin.
14:12En particulier, une de mes collègues, Christiane Cook,
14:14à l'Institut des sciences de l'environnement et des sciences de la Terre de Grenoble.
14:19Ce qu'on voit pour l'instant, ce qui s'est passé,
14:22la chaîne d'événements qu'on a reconstruite,
14:25que ce groupe a reconstruit,
14:26c'est d'abord justement cette paroi qui est localisée sous ce glacier,
14:31à 5200 mètres d'altitude,
14:33de l'autre côté, la frontière népalaise, du côté tibétain.
14:36Cette paroi s'est déstabilisée et a emmené avec elle
14:39une grande partie du front du glacier.
14:42Dans sa chute, en fait, ça a accumulé énormément d'énergie,
14:45ce qui a permis à la glace de fondre.
14:47D'emmagasiner tous les sédiments,
14:50toutes ces roches qu'on peut voir qui étaient disponibles
14:53dans cette vallée glaciaire.
14:56Et ce début de crue,
14:57c'est ça qui a permis à la crue de générer énormément d'énergie,
15:00d'arriver dans une rivière très chargée en eau,
15:02on en perd de son,
15:03et de générer cette crue qui a charrié
15:05à près de 150, 180 kilomètres heure,
15:08près de 200 millions de mètres cubes.
15:10Donc ça, aujourd'hui,
15:11on est capable de reconstruire cette chaîne d'événements.
15:14On est capable aussi de comprendre, en fait,
15:16quelles sont les conditions qui ont favorisé
15:18ce type d'instabilité.
15:20Dans cette zone,
15:21les températures ont augmenté de quelques degrés
15:24depuis les dernières décennies,
15:26ce qui est significatif,
15:27car à partir de quand on passe zéro degré,
15:30la glace devient de l'eau,
15:32les montagnes sont moins tenues par les glaciers
15:34qui disparaissent,
15:35et potentiellement,
15:36ça crée des risques d'effondrement
15:38dans des zones géologiquement fragiles.
15:41– David Ducoin,
15:43expert Népal auprès de l'agence Tamera,
15:44vous vous êtes rendu plusieurs fois dans cette région.
15:47Je me mets à votre place.
15:50Lorsque vous voyez ces images,
15:52vous vous dites quoi ?
15:53Est-ce que ça ressemble à ce que vous avez vécu en 2015,
15:59alors que la région avait déjà été touchée par une tragédie,
16:02ou c'est totalement différent ?
16:04Qu'est-ce qui vous vient en tête
16:06lorsque vous voyez ces images ?
16:07– Ce qui me vient en tête,
16:09c'est une catastrophe de plus,
16:11dont le Népal n'avait pas besoin,
16:14que de plus, ce n'est pas la dernière,
16:16on sait qu'il y en aura d'autres,
16:17on est au pied de l'Himalaya,
16:19ce genre d'événements,
16:20des lacs glaciaires avec des verrous
16:24qui vont sauter,
16:25qui sont suivis déjà au Népal,
16:26il y en a plusieurs.
16:27– Mais ça, ceux qui vivent sur place,
16:29ils sont préparés,
16:30ils sont conditionnés pour ça ?
16:32– On voit bien qu'ils ne sont pas préparés,
16:34tout comme le tremblement de terre,
16:35on savait que le tremblement de terre allait arriver,
16:37personne n'était préparé,
16:39il n'y avait rien d'antisismique,
16:40quasiment rien,
16:41et tout le monde a reconstruit après,
16:43sans forcément faire de gros efforts.
16:45Là, ce que je me dis,
16:45c'est quand ils vont reconstruire,
16:47se réapproprier la vallée,
16:49est-ce qu'ils vont faire des routes
16:50beaucoup plus hauts ?
16:51Est-ce qu'ils vont reconstruire
16:52des villages beaucoup plus hauts ?
16:54Est-ce qu'ils vont continuer à construire
16:55des vallées, des villages en fond de vallée ?
16:59Après, ce que je me dis,
17:00c'est que c'est dans la zone du Langtang
17:02qui était la zone la plus touchée
17:04pendant le tremblement de terre,
17:05où justement,
17:06dans cette même chaîne de montagne
17:08qu'on appelle le Langtang,
17:11une partie d'un glacier
17:12était tombée de la montagne
17:13et avait enseveli un village
17:14de 350 habitants.
17:16Donc ça, ça avait été un drame national
17:18et que c'est encore dans cette région
17:20qui semble un peu maudit.
17:22Cette fois-ci,
17:23par rapport à d'autres drames du Népal,
17:25c'est assez ciblé.
17:27C'est-à-dire que là,
17:27on a beaucoup de gens
17:28qui nous appellent
17:29pour demander des nouvelles
17:30de nos équipes,
17:31de personnes sur place.
17:33Et en fait,
17:34moi, je rassure les gens
17:35dans le sens où,
17:36dans la région de l'Everest,
17:37du Manaslu,
17:38des Annapurna,
17:39il ne se passe absolument rien.
17:40Donc tout est extrêmement ciblé
17:42sur la zone de la Trichouli.
17:44Donc c'est un axe nord-ouest
17:45depuis le Tibet
17:46vers l'Inde,
17:48le long de cette rivière.
17:49On va regarder les images
17:50des secouristes,
17:51des premières images,
17:52des interventions
17:53de secouristes Thierry Arnault,
17:56notamment une équipe
17:57de secouristes chinois
17:58qui s'est rendue vraiment
18:00au cœur de la tragédie.
18:03On voit dans quelles conditions
18:06ces secouristes doivent travailler.
18:08Et quand on voit d'ailleurs
18:09ces images, finalement,
18:11de paysages métamorphosés
18:12où la boue et l'eau
18:13ont pris le dessus,
18:13on se demande
18:14si on peut encore trouver
18:16des gens deux jours après,
18:17s'il y a encore des choses
18:18à trouver deux jours après ?
18:19On peut l'espérer.
18:21Moi, j'ai entendu comme vous,
18:22Alice, ces dernières heures,
18:23les experts se succéder
18:25sur notre antenne
18:25et répondre à votre question
18:27de manière pessimiste.
18:29Les chances sont évidemment
18:31très faibles.
18:32Donc cette équipe chinoise
18:33a été effectivement déployée.
18:35Pour l'instant,
18:37la Chine dit ne déplorer
18:38que cinq victimes
18:39de son côté de la frontière,
18:41ce qui est un bilan
18:42qui paraît assez étonnant,
18:44mais c'est celui
18:44que nous livrent
18:45les autorités chinoises
18:47jusqu'à présent.
18:47Encore une fois,
18:48c'est important de rappeler
18:49que là où ça se passe,
18:50c'est vraiment la frontière
18:51du Népal et du Tibet
18:53et que l'on voyage beaucoup
18:56depuis le Népal
18:57vers le Tibet
18:58et notamment vers le mont Kelach
19:00qui est un lieu de pèlerinage
19:02très important
19:03pour plusieurs religions,
19:05en particulier les hindous
19:06et les bouddhistes.
19:07Et donc,
19:07il y a,
19:08outre ceux qui vont là
19:09pour faire du tourisme
19:10et du trekking,
19:11il y a également
19:11de très nombreux pèlerins
19:13qui sont dans cette région
19:15et qui franchissent
19:15ce poste frontière
19:18quotidiennement.
19:18Et ça,
19:19ça se passe du côté chinois
19:20et c'est la raison
19:21pour laquelle on voit
19:23cette équipe
19:24se déployer.
19:25Se déployer
19:25et qui n'essaient pas encore
19:27de trouver
19:27d'éventuels survivants,
19:28mais simplement
19:28de traverser
19:32cette rivière.
19:33Il faut expliquer
19:33ce qui est en train
19:34de se passer
19:34sur ces images.
19:35Dans un instant,
19:35on sera avec justement
19:37le fondateur d'une ONG
19:38de pompiers humanitaires,
19:39mais décryptons ces images,
19:40Gaël Musquet.
19:41Là,
19:41on n'est pas dans la recherche
19:42de survivants.
19:43Déjà,
19:43il faut traverser
19:44la rivière.
19:44On n'avait plus de ponts.
19:45On a des dizaines de ponts
19:47qui pouvaient faire circuler
19:48des véhicules
19:50qui ont disparu,
19:51plus d'une trentaine de ponts.
19:52On a des ponts
19:54qui permettent
19:54de faire traverser
19:55uniquement des personnes,
19:56des ponts suspendus.
19:57On a perdu le poids
19:58d'une quarantaine.
19:59Donc,
19:59il faut imaginer
20:00qu'aujourd'hui,
20:01pour pouvoir passer
20:02d'une rive à l'autre
20:03et d'un village
20:04d'une rive à une autre,
20:06il faut déployer
20:07des moyens de passage.
20:09C'est des cordages,
20:10ça va être des barques,
20:11des systèmes d'ancrage
20:13qui permettent évidemment
20:14d'éviter
20:15qu'un de ces sauveteurs
20:16soit emporté.
20:17Les débits sont quand même
20:18importants
20:18et qu'ils ne se noient.
20:21Sécuriser évidemment
20:23ces zones aussi
20:24parce que ces sauveteurs
20:26sont sous la menace
20:27d'éboulement.
20:29Les terrains ne sont pas
20:30toujours totalement stabilisés.
20:32Vous voyez la taille
20:33de ces blocs rocheux
20:34qui peuvent représenter
20:36à leur tour
20:37des menaces
20:38pour ces sauveteurs.
20:40Et enfin,
20:40ils sont aussi
20:41sous la menace
20:42de ce lac
20:43qui est en train
20:43de se constituer
20:44et qui a commencé
20:44à se vidanger
20:45un petit peu ce matin
20:47avant de s'arrêter.
20:48Et donc,
20:49évacuer en urgence
20:51ces zones
20:53nécessiterait
20:53qu'ils regagnent
20:55très vite les hauteurs
20:55et donc chaque pas,
20:57chaque avancée
20:58que vont faire
20:59ces sauveteurs
21:01nécessite
21:01de la prudence,
21:02de la sécurité
21:03pour éviter évidemment
21:04d'aggraver le bilan.
21:06On est avec Thierry Velu,
21:08fondateur d'une ONG
21:09de pompiers humanitaires
21:11qui connaît bien
21:12les difficultés
21:13du terrain.
21:14Justement,
21:15bonsoir M. Velu.
21:17Bonsoir.
21:17Est-ce que deux jours après,
21:19vous vous pensez,
21:19on rappelle quand même
21:20ce bilan,
21:21600 personnes tuées,
21:222500 toujours portées,
21:24disparues.
21:25Deux jours après,
21:26dans de tels paysages
21:28dévastés,
21:29il est encore possible
21:30de trouver des survivants ?
21:32Alors actuellement,
21:33la fenêtre,
21:34elle se compte en heures,
21:35elle ne se compte pas en jours,
21:36contrairement à un séisme.
21:39Malheureusement,
21:39la force de l'eau,
21:42des boues et des pierres
21:45ont malheureusement
21:46entraîné de nombreuses personnes.
21:49Et là, actuellement,
21:50on ne sait pas,
21:51et les sauveteurs,
21:52on le voit bien,
21:52elles ne savent pas
21:53où chercher.
21:54Et vous avez des tonnes de boues
21:55qui ont enseveli
21:58sûrement des personnes.
21:58Donc, vraiment,
22:00les chances sont moindres
22:02et ça va être compliqué,
22:04je pense.
22:05Par quoi on commence,
22:07précisément,
22:07dans ces moments-là ?
22:08Comment on s'organise ?
22:10Vous le disiez,
22:12il y a tellement de missions,
22:14tellement de chaos.
22:16Par quoi on commence ?
22:18Alors, par quoi on commence ?
22:20La première des choses,
22:21on va quadriller le secteur.
22:23Donc là, c'est une catastrophe
22:24qui ne ressemble pas
22:25à un séisme
22:26ou à une catastrophe
22:27comme les autres.
22:28parce que, tout simplement,
22:29l'urgence est actuellement
22:30de rétablir les accès,
22:33de pouvoir accéder
22:35aux zones
22:36où vous avez
22:36des personnes disparues.
22:38Les moyens
22:39sont les hélicoptères,
22:40mais on est en période
22:41de mousson,
22:42ce qui veut dire
22:42que la journée,
22:44les hélicoptères
22:45peuvent avoir
22:45des difficultés
22:46avec des plafonds bas
22:47pour survoler,
22:49pour amener des sauveteurs.
22:50Vous avez des sauveteurs
22:51qui ne peuvent pas accéder
22:52ou simplement
22:53peuvent accéder à pied.
22:55Donc là,
22:55on commence tout simplement
22:56à recenser,
22:58à quadriller,
23:00à pouvoir accéder.
23:01Et après,
23:02il faut également
23:03s'occuper des vivants
23:05parce que l'eau potable
23:07va être un besoin
23:08dans les prochains jours
23:10où c'est très important.
23:12Vous allez avoir également
23:13les abris.
23:14N'oubliez pas qu'on est
23:14en période de mousson
23:15et aussi éventuellement
23:17les contaminations
23:18et aussi le risque
23:20d'un sur-accident.
23:21Ça, c'est également
23:22quelque chose
23:23qu'il faut prendre
23:23en considération
23:24et je pense
23:25qu'actuellement,
23:26l'objectif est
23:28pour les sauveteurs,
23:29pour les autorités
23:30de quadriller la zone,
23:31de préserver
23:32les personnes
23:33qui sont vivantes,
23:34éventuellement
23:34les mettre en sécurité.
23:36C'est une catastrophe
23:38qui ne ressemble pas
23:39à d'autres catastrophes
23:41où on peut...
23:41Est-ce que le drone
23:42est devenu un outil déterminant,
23:44Thierry Velu ?
23:44En un mot, s'il vous plaît,
23:45on en a aperçu plusieurs
23:47lors de ces images
23:48qui nous parviennent
23:49du terrain sur place.
23:50C'est devenu un outil déterminant
23:51dans ce genre de catastrophe ?
23:53Bien sûr,
23:54le drone est devenu
23:55un outil déterminant
23:56pour la recherche,
23:57pour le quadrillage,
23:58pour la reconnaissance
23:59dans des zones
24:00totalement isolées.
24:02Donc oui,
24:02c'est totalement déterminant
24:03et c'est vraiment
24:04un outil
24:05qui est très utile
24:07pour les secours
24:08quels qu'ils soient.
24:10Merci beaucoup,
24:11Thierry Velu.
24:12Évidemment,
24:13on a tous été marqués,
24:15frappés par ces images
24:16depuis deux jours
24:17qui nous parviennent
24:18et aussi,
24:18je voulais qu'on prenne
24:19le temps de revenir
24:20grâce au travail
24:20des équipes de Ligne Rouge
24:21sur ce qui s'est passé.
24:23Donc,
24:23le choc des images
24:24de cette coulée
24:26enfuerie plus haute
24:27qu'un immeuble
24:27de quatre étages,
24:28c'est le travail
24:29des équipes de Ligne Rouge
24:30et c'est un long format
24:32qui est signé
24:32Raphaël Redon,
24:33Bertrand Ségué.
24:34On se retrouve
24:34dans quelques minutes.
24:39Dans ce corridor,
24:41les traces encore visibles
24:43d'une crue colossale
24:44qui a effacé
24:45une partie de la végétation.
24:50Sur plusieurs mètres
24:51de hauteur,
24:52le pied de la vallée
24:53a été englouti
24:54par la vague.
24:57plus bas,
24:58des centaines de maisons
25:00ont perdu leur couleur
25:01au cœur de villages
25:04devenus des îlots
25:05inhabités.
25:09Au Népal,
25:10plus de deux jours
25:11ont passé
25:12depuis l'impensable
25:13cauchemar.
25:20mercredi autour de 10h30
25:22local,
25:22un pan de la montagne
25:24s'effondre
25:24et provoque
25:26tremblements de terre
25:27puis inondations
25:28dans une rivière
25:29à la frontière
25:30avec la Chine.
25:32Une immense vague
25:34se forme alors
25:35et se déchaîne
25:38dans la vallée.
25:42Rien ne résiste.
25:45En aval,
25:46à l'aide de sifflets,
25:51ces ouvriers tentent
25:53d'alerter leurs collègues
25:54qui ne voient pas
25:55la coulée arriver.
26:01Le barrage en construction
26:03finit par céder.
26:10Les ponts,
26:12puis les maisons
26:13sont englouties
26:14tour à tour.
26:17Les habitants,
26:19impuissants,
26:20disparaissent
26:20par centaines
26:21sous la boue
26:22dans des scènes
26:23terrifiantes
26:24filmées par les Népalais.
26:32Depuis,
26:33c'est une interminable
26:34attente
26:35qui a démarré
26:35pour les familles.
26:38À Katmandou,
26:39dans la capitale,
26:40certains tentent
26:41d'obtenir
26:42des nouvelles
26:42de leurs proches.
26:45Cette femme
26:46est à la recherche
26:47de son fils
26:48de 26 ans.
26:48Il travaillait
26:49au moment du drame.
26:55Il est chauffeur
26:56de camion
26:56et il m'a dit
26:57qu'il était au volant.
26:59Nous nous sommes
26:59parlé pour la dernière fois,
27:01je crois,
27:01vers 8h30.
27:03Depuis,
27:04nous n'avons plus
27:04aucune nouvelle de lui.
27:05Nous n'arrivons pas
27:06à obtenir
27:07la moindre information.
27:10Selon le dernier bilan,
27:12près de 600 personnes
27:13auraient perdu la vie.
27:16et au moins 2 500
27:18seraient toujours
27:19portées disparues.
27:21Alors,
27:22les opérations
27:23de secours
27:23continuent.
27:25Partout,
27:26cela est possible.
27:28Dans ce terrain
27:29rendu difficile,
27:30les tractopelles
27:32sont très utiles.
27:33Comme lorsqu'hier,
27:35cette retraitée
27:35de 94 ans
27:37est miraculeusement
27:38retrouvée indemne,
27:40seule survivante
27:41de son EHPAD,
27:42ravagée par la boue.
27:48D'autres secouristes,
27:50Elitreuillers,
27:51doivent ramper doucement
27:53jusqu'à ce tunnel
27:54car une centaine
27:55d'ouvriers
27:56est bloqué
27:56à l'intérieur.
27:59Un par un,
28:00ils sont secourus
28:01à bout de force.
28:04La Croix-Rouge
28:05indique ce vendredi
28:06que 93 000 personnes
28:08pourraient avoir été
28:08affectées
28:09par cette crumeur trière,
28:11y compris du côté chinois
28:13dans la région du Tibet.
28:15Là-bas,
28:15les opérations de sauvetage
28:17ont été suspendues
28:18en raison d'une menace
28:20de nouvelles inondations.
28:24579 morts
28:25et plus de 2 500
28:27personnes toujours portées
28:29disparues.
28:29Des informations
28:30ce soir
28:30du Quai d'Orsay
28:31sur BFMTV,
28:33on en sait un peu plus
28:35sur les ressortissants
28:36français présents
28:36dans la région.
28:37Oui, 4 français portés
28:39disparus,
28:394 français sur les 80
28:41qui ont fait cette démarche
28:42de s'inscrire
28:43sur le fil d'Ariane.
28:45C'est un système
28:46mis en place
28:46par le Quai d'Orsay.
28:47On va sur le site
28:48internet du Quai d'Orsay,
28:49on remplit un formulaire
28:51et on indique
28:52dans quel pays
28:52on se trouve,
28:53à quelle date.
28:53Ils sont 80
28:54à avoir accompli
28:55cette démarche
28:56et sur les 80,
28:5876 ont été
28:59identifiés,
28:59localisés
29:00et 4 sont portés
29:02disparus.
29:02Alors ça n'est évidemment
29:03pas un bilan définitif.
29:04On n'est pas certain
29:05que tous les français
29:06qui se trouvent
29:07dans cette région
29:08ont fait cette démarche
29:09de s'inscrire.
29:10Il y a ceux
29:11qui sont évidemment
29:11aussi les résidents
29:13sur place
29:13et c'est la raison
29:14pour laquelle
29:14le centre de crise
29:15du Quai d'Orsay,
29:16évidemment l'ambassade
29:17sur place,
29:18continue de travailler,
29:19d'arracher pied
29:20pour essayer
29:20de localiser
29:21les français,
29:22non seulement ceux
29:23qui étaient inscrits,
29:23ceux qui ne l'étaient pas
29:25et ceux dont les familles
29:26ont pu évidemment
29:28signaler la présence
29:29et la difficulté
29:30à les contacter aussi.
29:31Parmi les français
29:32présents dans cette région,
29:33Malo Cordier,
29:34témoin des inondations
29:36au Népal.
29:36Vous étiez parti au Népal
29:38pour soutenir
29:39une association française
29:40partie au Népal
29:41en vélo,
29:42Malo.
29:42Bonsoir,
29:43vous êtes sain et sauf
29:44mais vous nous faites vivre
29:45ce drame
29:47depuis mercredi.
29:49Maintenant,
29:50vous êtes à Pokhara
29:51précisément
29:52dans la région
29:53de cette tragédie.
29:54Quelles sont les informations
29:55dont vous disposez,
29:56vous,
29:57ce soir,
29:58sur place,
29:58sur la situation ?
30:01Bonsoir.
30:02Tout d'abord,
30:03ces derniers jours,
30:04surtout ces dernières heures,
30:05les choses ont évolué
30:07à une vitesse
30:07que je ne m'attendais pas
30:08personnellement.
30:09Aujourd'hui,
30:10avec l'association
30:11avec laquelle je travaille,
30:12un objet qu'il faut demain,
30:13je devais me rendre
30:14sur les lieux de la Seine.
30:16Mais en l'espace
30:18de quelques heures,
30:19la route principale
30:21entre Pokhara
30:22et Katmandou
30:22s'est complètement effondrée.
30:24donc aucun véhicule
30:26ne peut traverser
30:27la route principale
30:28du pays.
30:29Donc,
30:30on arrive dans une problématique
30:32où il y a très peu
30:33de personnes
30:34qui peuvent se rendre
30:34dans la zone
30:35et je me suis renseigné
30:37auprès des autorités
30:38policières de Pokhara.
30:40La zone
30:41dans la vallée
30:42de l'Artang
30:42où s'est passée
30:43malheureusement
30:44les inondations
30:45vont être de plus en plus
30:46restreints
30:47et l'association
30:48à laquelle je suis
30:49qui est actuellement
30:50une partie
30:51de ces bénévoles
30:53qui sont sur place
30:54ont dû reculer
30:55car les autorités
30:57policières
30:57ont fait le choix
30:58d'interdire
31:01l'entrée
31:02à certaines personnes.
31:04Le souci,
31:05c'est que certaines
31:05parties de la vallée
31:06maintenant
31:07sont complètement
31:08coupées du monde.
31:09Il est aussi
31:10évoqué,
31:11Malo,
31:12la possible rupture
31:13d'une vaste
31:14retenue d'eau
31:15qui s'est formée
31:17depuis deux jours,
31:18ce barrage artificiel
31:19qui pourrait déborder.
31:21Est-ce que ça,
31:22c'est aussi
31:23le sujet
31:23dont tout le monde
31:24parle ces dernières heures
31:25alors que les gens
31:26sont encore évidemment
31:27sonnés,
31:28certains cherchent
31:29encore leurs proches
31:29mais est-ce qu'il y a
31:30aussi l'inquiétude
31:31ce soir
31:32d'un nouveau drame ?
31:34En effet,
31:35tout à fait,
31:36j'en discutais
31:36avec l'organisme
31:38avec lequel je travaille.
31:40Il compte partir
31:42dès demain
31:42à 7h,
31:44donc de 4 mandous
31:45une équipe
31:45pour se rendre
31:46sur place
31:46mais les informations
31:47encore sont
31:48très très floues.
31:49les autorités
31:50policières
31:51vont potentiellement
31:52interdire
31:53l'entrée
31:54aux personnes
31:55qui souhaitent
31:55se rentrer
31:56dans la vallée
31:57de l'Artangue.
31:58Déjà qu'on peut voir
31:59que la Croix-Rouge
32:01n'est pas l'aise
32:01a déjà beaucoup de mal
32:02à pouvoir travailler
32:04sur place.
32:06Aux informations
32:07que j'ai actuellement
32:08avec les locaux
32:09avec qui je travaille,
32:11malheureusement,
32:12il y a très forte chance
32:13que dans quelques heures
32:15soit même très prochainement
32:16qu'il y a une très forte
32:19inondation
32:19et peut-être encore
32:20plus violent même.
32:22Merci beaucoup Malo
32:23pour votre témoignage.
32:24Évidemment,
32:26si vous avez du nouveau,
32:27vous nous rappelez
32:28Boris Eliashev
32:29sur ce barrage
32:31qui pourrait céder,
32:32il était indiqué,
32:33il est toujours indiqué
32:34d'ailleurs à l'écran
32:35à la une de BFMTV,
32:37chaque minute compte,
32:38c'est vraiment le cas.
32:39Là, ça peut se jouer
32:41à une minute près
32:42pour éviter ce nouveau drame ?
32:43Il est très difficile
32:44d'évaluer
32:45si le barrage naturel
32:47qui s'est formé
32:48cède ou pas.
32:49Quand est-ce qu'il va céder ?
32:50Il y a un risque potentiel
32:51qui vient aggraver
32:53la situation actuelle.
32:54Sur une échelle
32:55de 1 à 10 ?
32:56On ne peut pas se prononcer,
32:57c'est très difficile
32:58de se prononcer.
32:59Ce sont des pronostics
33:01quasiment impossibles
33:02à évaluer.
33:03Tout dépend aussi
33:03de la pluie,
33:04des crues ?
33:05Ça dépend, oui,
33:06de la pluie,
33:07de la crue,
33:07de la stabilité
33:08de l'éboulement
33:11qui s'est créé
33:12devant cette masse d'eau,
33:13du fait que l'eau
33:14qui soit plus ou moins poreux
33:15et que l'eau s'évacue
33:16progressivement par elle-même,
33:17ça c'est possible aussi.
33:18Il peut y avoir
33:19une vidange
33:19qui se fait doucement.
33:21La quantité, oui,
33:22comme vous le disiez,
33:25des précipitations
33:26qui vont se faire en amont
33:27et qui vont remplir
33:28ce lac.
33:29Donc, si les précipitations
33:30sont inférieures
33:32à ce que le lac
33:33arrive à vidanger,
33:34à ce moment-là,
33:34on est plus en sécurité.
33:36Mais si par contre,
33:37c'est l'inverse,
33:38à ce moment-là,
33:39le danger est accru.
33:40On est dans une phase
33:41de logistique énorme.
33:42C'est qu'en ce moment,
33:42il s'agit...
33:43On va essayer de chercher
33:44des personnes,
33:45mais il faut savoir
33:45que, comme ça a été dit,
33:46les routes sont coupées,
33:47les accès sont bloqués.
33:49pour mieux sécuriser
33:50la zone, c'est ça ?
33:51On le voit sur certaines
33:52images.
33:53La première des choses
33:54à faire,
33:55c'est de monter
33:55de la logistique,
33:56c'est de monter
33:57du matériel
33:58pour pouvoir secourir
34:00des gens,
34:00pour ramener des vivres,
34:01pour ramener
34:02des médicaments,
34:03pour mettre en sécurité
34:04des populations
34:04et pour pouvoir
34:05éventuellement les évacuer
34:06en cas de seconde catastrophe.
34:08Thierry, en un mot ?
34:08Oui, simplement
34:09pour vous donner
34:10un ordre d'idée,
34:10Malo évoquait
34:11la mise en place
34:12de secours
34:13qui viennent de Katmandou
34:15pour se rendre
34:15dans la région,
34:16pour aller de Katmandou
34:17au lieu où la catastrophe
34:19s'est produite,
34:20il y a moins de 200 km
34:21et avant la tragédie
34:23en temps normal,
34:24si j'ose dire,
34:25pour parcourir
34:25cette distance allée
34:26de 170 à 180 km,
34:28il fallait compter
34:296-7 heures,
34:30je pense,
34:31ce recontre-là à peu près.
34:32Oui, même 8-9.
34:33Même 6-7 heures
34:34en allant plutôt vite.
34:36Donc, c'était
34:37avant la catastrophe,
34:38avant que les routes
34:39ne soient mises
34:41hors d'état
34:41d'usage,
34:42hors d'usage.
34:43Donc, vous imaginez
34:44la difficulté
34:46pour acheminer
34:46les secours
34:47sur place,
34:48ceux qui ne sont pas là.
34:50Les moyens routiers,
34:51ça ne fonctionne plus.
34:52Les moyens arrière
34:53en étant en période
34:54de mousson,
34:54c'est très difficile
34:55de faire voler
34:56des hélicoptères.
34:57Même les drôles,
34:57c'est compliqué.
34:58Donc, l'acheminement
34:59de ces secours,
35:00c'est vraiment
35:00un casse-tête logistique
35:02majeur,
35:03extraordinairement difficile.
35:04C'est même difficile
35:06de poser des hélicoptères.
35:07Rien que cela, évidemment.
35:08On reviendra évidemment
35:09sur ce drame.
35:10Les dernières informations,
35:11les images,
35:12à partir de 22h50
35:14dans BFM.
35:15Grand soirée.

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